lundi 30 décembre 2019 - par L’apostilleur

L’Inde réfrène ses musulmans. Divorcer sur Whatsapp en quelques clics, une pratique islamique pratique

Avec trois « talaq » je te plaque. Les temps devenaient durs pour les musulmanes en Inde, on les répudiait en quelques claquements de doigts sur son smartphone, avec Skype on se quittait aussi, des sms effaçaient les promesses… L’islam n’est pas tendre avec les femmes.

Considérant que "Le triple talaq enfreint le Coran et la charia. Il ne fait pas partie des pratiques religieuses et va à l'encontre de la moralité constitutionnelle", la Cour suprême indienne s’est opposée au "triple talaq", cette dérive musulmane qui autorisait l’homme à répudier sa femme en prononçant trois fois la formule ad-hoc et qui jusque-là était admise dans son expression expresse via internet. La formule indienne, ne s’embarrassait même plus des deux témoins évoqués dans la sourate 65. Probablement au motif suffisant de la sourate 2.228 qui explique que « … les hommes ont une prédominance sur elles »

Ces mœurs sont à considérer à la lumière d’autres usages islamiques qui codifient les comportements des musulmans avec les femmes, comme le contrat de mariage al-mut‘a à durée déterminée chez les chiites dit « de jouissance, de plaisir » ou muwaqqat « provisoire », entre un homme marié ou non et une femme non mariée. Les mariages musulmans sont des contrats, pas des sacrements.

Conscient que l’interdiction de ce divorce immédiat allait déplaire à près de 100 millions d’individus hommes représentant la moitié des musulmans indiens, le Parlement a procédé avec prudence, les autres formes de répudiation un peu moins brutales restent autorisées. Car cette interdiction ne plaisait pas à tout le monde si l’on en juge par l’acceptation de la mesure par seulement trois communautés religieuses indiennes sur cinq (hindouisme, zoroastrisme, christianisme, sikhisme et islam).

La laïcité indienne place toutes les religions à égalité mais, comme le Royaume Uni qui forme des juges pour ses tribunaux islamiques, le droit s’adapte encore à la religion de chacun.

L’Inde envisageait cependant depuis quelques temps déjà de reconsidérer ces singularités pour un « pays laïc », avec le remaniement de son Code civil qui remettrait les droits à l’endroit. Le train de la transformation de leurs habitudes de vie semble donc en marche pour les musulmans où depuis 1987 le droit religieux (émanation de la charia) s’imposait au droit civil pour les affaires de mariage, d’héritage et de divorce...

Mais ces évolutions culturelles ne passent pas sans grincements. L’Inde et son Parlement sont sur la sellette un peu partout à propos du vote d’une loi sur la citoyenneté car discriminant les réfugiés musulmans.

Récemment, le 11 décembre dernier, ils n’y sont pas allés avec le dos de la cuillère. Profitant de son large succès aux dernières élections, le parti hindou de Narendra Modi (ancien petit vendeur de thé à la sauvette dans une gare) met en cohérence ses actes avec ses promesses électorales « nationalistes » d’où les remous avec le « Citizenship Amendment Act » qui accorde la nationalité indienne aux persécutés hindous, chrétiens, bouddhistes, jaïnistes, parsis et sikhs d’Afghanistan, du Pakistan ou du Bangladesh, entrés en Inde avant 2015. Mais qui exclut les musulmans.

Les mêmes musulmans indiens, qui contorsionnent la laïcité en bénéficiant du droit particulier à juger pour eux avec la charia, invoque cette fois l’application sans concession de la laïcité constitutionnelle pour réfuter cette nouvelle loi. 

La réplique indienne à ses voisins musulmans s’éclaire si on mesure leur nettoyage religieux. Il ne reste qu’un peu plus de 3% d’hindous et de chrétiens au Pakistan, et en Afghanistan où on a presque fini l’épuration, les non-musulmans représentent moins de 1%. Ces deux pays sont classés par l’ONG Portes Ouvertes, respectivement 2e et 5e des pays persécuteurs des chrétiens dans le monde. D’évidence, les hindous n’y ont pas échappé.

Quant au Bengladesh ou l’islam est la religion d’Etat, les hindous discriminés ne représentent plus que 15% de la population et fuient le pays.

En France, ici et là dans notre presse on décèle un soupçon de distance envers ces nationalistes hindous au pouvoir qui envisagent depuis plusieurs années de revoir leur relation avec leurs musulmans. Les commentaires soulignent la digression constitutionnelle du gouvernement indien encore laïc et l’opposition musulmane qui s’est levée, sans expliquer le contexte avec ses voisins musulmans, ni rappeler qu’il s’agissait d’une mesure phare du BJP le parti largement réélu, ni parler des soutiens à sa mise en œuvre qui se sont réunis par dizaines de milliers dans le nord-est et dans le sud du pays. On regrettera les oppositions violentes, les lynchages de musulmans rappellent, comme les motifs, ceux des Rohingyas au Myanmar (Birmanie).

Ces manifestants réveillent une conception du début du XXe s. l’Hindutva de l’indépendantiste Savarkar, une idéologie qui protègerait la culture indienne (donc hindoue) contre celles politiques et religieuses de l’étranger. Comme les chinois du XVIe s. qui avaient entièrement détruit leur immense flotte pour se protéger des influences étrangères et Xi Jinping qui veut adapter la Bible de ses 10 millions de chinois chrétiens pour protéger son communisme, le Japon qui a dressé de nombreuses frontières protectrices, l’Arabie Saoudite qui est enfermée dans son carcan religieux, l’Iran, Israël… Quant à l’Europe elle commence à se rappeler que sa culture est d’origine romaine, chrétienne et grecque.

L’Inde n’est pas la première à vouloir enjamber la laïcité pour protéger son identité et ne compte pas s’arrêter là. Elle envisage de redéfinir sa nation avec les critères de l’UNESCO qui garantissent la cohésion sociale : « Ensemble des traits distinctifs spirituels et matériels, intellectuels et affectifs qui caractérisent une société ou un groupe social, englobant outre les arts et les lettres, les modes de vie, les façons de vivre ensemble, les systèmes de valeurs, les traditions et les croyances ». La nation indienne et la population hindoue devant se confondre.

Pour y arriver un vaste programme d’identification a été mis en place avec le Registre National des Citoyens qui a pour effet de déceler les immigrés illégaux ; dans le seul Etat d’Assam près de deux millions d’individus, incapables de prouver leur arrivée légale en Inde avant 1971 (guerre d’indépendance du Bengladesh), deviennent de facto apatrides. Près de la frontière des bengalais musulmans immigrés illégaux sont discriminés…

L’empire britannique avait pourtant bien pris soin de séparer les populations en fonction de leur religion avant d’abandonner sa colonie du sous-continent en organisant « … le déplacement de 12 millions d’individus  », l’Inde regroupait les territoires des hindouistes et le Pakistan ceux des musulmans. Le transfert laissa en Inde des musulmans (10% de la population) qui ne s’intégreront pas plus ici qu’ailleurs. Des conflits éclatèrent sous différents prétextes comme en 1920 pour défendre le statut de Calife du Sultan ottoman contre des hindous… non concernés.

Pour régler les difficultés indiennes, le prédicateur Zakir Naïk (interdit de séjour même au Bengladesh), a proposé la solution « si vous êtes un bon hindou vous devez croire dans Mahomet… ».



17 réactions


  • njama njama 30 décembre 2019 15:57

    Il y a des cas de ruptures conjugales par textos sous nos latitudes aussi...

    pas de quoi en faire un problème islamique...

    Pour ce qui est du divorce dans la religion musulmane, cette possibilité est accordée (...) tant à l’homme qu’à la femme depuis le Coran, c’est à dire depuis presque 14 siècles

    Le droit de divorce sous nos latitudes septentrionales est très récent...

    https://fr.wikipedia.org/wiki/Divorce#En_France


    • titi 30 décembre 2019 17:46

      @njama
      En islam il y a le divorce mais aussi la répudiation.

      En cas de répudiation la femme se trouve à la rue. Eventuellement sa famille peut être amenée à rembourser la douaire du mariage.

      Un des motifs valables pour répudier sa femme c’est si elle n’est pas assez disposée à satisfaire les envies de son mari.
      Madame a la migraine ? Répudiée !

      Quelle religion humaniste !


    • L'apostilleur L’apostilleur 30 décembre 2019 21:09

      @njama

      La répudiation est une spécificité islamique, inaccessible aux femmes et valant divorce.

      « ..sous nos lattitudes » renseignez-vous, on ne divorce pas avec un sms.

      La répudiation est particulièrement choquante pour les occidentaux en ce qu’elle s’adresse à des femmes enfermées chez elles(*), sans ressources, hors du monde, qui n’ont pas choisi leur mari... La condition des femmes musulmanes ne leur a pas laisser le choix pendant 14 siècles ; elles étaient particulièrement soumises. Et ce n’est pas fini, même si une minorité occidentalisée s’éveille et refuse de se soumettre à la charia.

      Les soudiennes, lorsqu’elles obtiennent l’autorisation de leur mari se lâchent ; « ..Fêter son divorce est en passe de devenir tendance côté femmes. Même si les Saoudiennes n’ont encore le droit d’en être à l’initiative... qu’avec le consentement de leur mari... »

      On les comprend, après avoir été mariées sans leurs consentements elles découvrent la liberté !!

      https://information.tv5monde.com/terriennes/divorce-la-saoudienne-les-femmes-la-fete-217324

      (*) j’ai été témoin il y a quelques années en Anatolie d’une scène révélatrice des rapports dans un couple musulman. Dans un village, un mari était sorti de chez lui pour nous aider à pousser notre voiture ensablée. Sa femme sortie sur le pas de la porte pour nous regarder, a reçu des gifles violentes et des coups jusqu’à ce qu’elle rentre chez elle.

      Nul doute qu’elle ait été asservie par son mariage musulman.


    • popov 1er janvier 2020 18:10

      @njama

      c’est à dire depuis presque 14 siècles...

      En supposant que le Coran existait sous sa forme actuelle au VIIe siècle, ce qui est loin d’être prouvé.

  • zygzornifle zygzornifle 31 décembre 2019 09:31

    L’islam n’est pas tendre avec les femmes.

    Le bataclan n’était pas rempli de fatmas aux ventres rebondis , la prom. des anglais non plus , désolé mais en France l’islam a une odeur de charnier n’en déplaise aux gauchos prêts a s’émasculer devant ....


    • L'apostilleur L’apostilleur 31 décembre 2019 11:07

      @OMAR

      « A Nice, un tiers des vitimes étaient des musulmans... » comme 100% des auteurs non ?


    • Jonas 31 décembre 2019 19:15

      @OMAR
      Si les palestiniens de Gaza n’étaien pas poussés par les dirigeants du Hamas , qui eux, restent dans les Abris, comme le disait un général égyptien , rien ne se passerai, mais le rôle d’un Etat est de défendre , son peuple et ses citoyens. 
      Sinon , pourquoi l’Algérie , achète tant d’armes , est-ce pour se défendre , contre son peuple qui manifeste ? Pour défendre ses frontières contre le islamistes ? Ou pour fournir des armes au Polisario ? 
      Sur ce @Omar, je vous souhaite une bonne et heureuse année 2020. La paix et la prospérité pour le peuple Algérien qui le mérite. Bonne année également pour tous les contributeurs et intervenants d’AgoraVox. 


    • L'apostilleur L’apostilleur 1er janvier 2020 12:20

      @OMAR

      شكرا لك عمر ، سنة جديدة سعيدة أيضا

      (merci Omar, bonne année également)


  • Elliot Elliot 31 décembre 2019 19:24

    Ma foi, je me serais abstenu d’intervenir sur cette diarrhée anti-musulmane si l’auteur n’avait eu le front de se revendiquer libre de tout dogme ( mais pas de tout préjugé comme son texte l’indique ) et de tout esprit partisan, ce qui est un comble quand on voit qui s’empresse de soutenir ses divagations.

    Bref pour cet auteur
    - objectif comme il le prétend - l’Islam est responsable de tous les malheurs de l’Inde ( sous-entendu de la terre ) et les mesures indignes qui frappe ses adeptes ne sont que la juste rétribution de sa nuisance.

    L’objectivité à la sauce de l’Extrême-droite masquée comme elle l’est quand elle veut abuser les gens qu’elle prétend servir.


    • Jonas 31 décembre 2019 19:45

      @Elliot
      Non, l’auteur ne dit pas cela. Il ne dit pas que les musulmans sont responsables de tous les maux de l’Inde, il fait ressurgir , ce que les manuels scolaire , et certains historiens n’abordent pas , a savoir que l’expansion de l’islam a été une grande tragédie pour l’Inde, pendant 800 ans en faisant plus de 450 millions d’individus. 

      Je vous rappelle que les pays arabo-musulmans , après plusieurs décennies d’indépendance , mettent les retards accumulés , le manque de modernité et de progrès sur le compte de la colonisation., bien que celle-ci a apporté plus de bienfaits à ces pays que la colonisation musulmane a l’Inde en 800 ans et celle de l’Empire ottoman , sur les pays arabo-musulmans en plus de 400 ans. 

      C’est bien de parlez toujours de la colonisation occidentale , mais il faut aussi parler de celle des pays musulmans.

      Bonne et heureuse année 2020 . 


    • L'apostilleur L’apostilleur 1er janvier 2020 21:54

      @Elliot

      A part éructer votre opprobre,auriez-vous le « front.. » d’argumenter votre désapprobation autrement qu’avec de fausses généralités ?

      Défendez le triple talaq, les tribunaux islamiques dans un pays qui ne l’est pas, l’immigration clandestine, l’épuration religieuse afghane ...

      Sans cela, votre verbiage inconsistant passera pour dogmatique et partisan.


    • Elliot Elliot 2 janvier 2020 14:38

      @L’apostilleur

      Comme je l’indique en préambule, votre diatribe antimusulmane ne m’intéresse pas car elle ne fait jamais que s’inscrire dans un fil qui depuis un certain temps fait florès sur ce site.

      Mais la plupart des auteurs sans se revendiquer clairement de l’Extrême-droite laissent apparaître des signes qui montrent vers qui vont leurs sympathies.


      Ce qui me sidère, c’est votre manière de VOUS présenter que je considère comme abusive voire mensongère : « Ni dogme ni esprit partisan juste le contraire » mais le contraire de quoi, parbleu !


    • JC_Lavau JC_Lavau 2 janvier 2020 14:44

      @Elliot. Il demeure que le truc que tu protèges est optimisé depuis les origines pour la guerre de conquête.


    • L'apostilleur L’apostilleur 2 janvier 2020 18:59

      @Elliot

      « ..le contraire de quoi, parbleu ? »

      Le contraire de ceux qui enfilent des postures. Peut-être avez-vous remarqué que j’essaie d’étayer mes commentaires d’explications qui devraient suffire.

      Sinon les faits évoqués sont ouverts à la contradiction que je n’ai pas lue ici, sauf de partisans. Le dénonciateur des pratiques (que je vous ai proposées de réfuter plus haut) doit-il les taire au motif que d’autres « esprits malmalades » (comme dirait P.Cohen) en font leur miel ? Je vous confirme ma devise que vous pourriez essayer de faire vôtre. Nous pourrions nous rapprocher sur les faits. Peut-être vous convaincrais-je en listant les ouvrages et les voyages en terre musulmane qui m’ont intéressés pendant des années, et qui sont le fond de ma « religion ».


  • popov 1er janvier 2020 02:42

    L’Inde, comme tout pays souverain, a le droit de décider qui s’installe sur son territoire. Si elle rejette les mahométans, c’est qu’elle juge qu’elle en a déjà trop.

    Si on organisait un référendum dans tous les pays non islamiques pour décider si oui ou non il faut laisser l’islam s’y installer, je ne suis pas sûr qu’il y en aurait un seul pour voter en faveur de cette immigration.


  • jocelyne 1er janvier 2020 18:42

    Dites moi, le Pakystan c’est quoi ?


  • ETTORE ETTORE 1er janvier 2020 20:02

    Il doit aussi y avoir un gouffre.....sur les particularismes alimentaires !

    Tuer une vache....« sacrée »..... pour nourrir sa famille...ça doit poser quelques problèmes existentiels de« religion » avec les hindous.


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