samedi 20 juin 2015 - par Newram

La discrimination positive, ce piège

La discrimination positive est souvent brandie comme la solution. Pourtant, celle-ci est un leurre.

A la suite des attentats qui ont touché la France les 7 et 9 janvier derniers, d’aucuns se sont alarmés sur la ghettoïsation vécue par certaines populations. Manuel Valls est même allé jusqu’à parler d’un « apartheid » social qui toucherait la France. Et pour cause, à diplôme égal, les descendants d’immigrés ont deux fois moins de chances de trouver un emploi que les autres. Pire encore, l’adresse serait un élément discriminant de telle sorte que les résidents des quartiers dits sensibles ont bien moins de chance de trouver un emploi que des personnes venant de quartiers plus huppés.

Finalement, la vie des populations de ces quartiers n’est pas si éloignée du tableau très sombre que décrivait Mathieu Kassovitz, il y a près de 20 ans, dans La Haine. Malgré toutes les promesses faites par l’Etat à la suite des émeutes de 2005, rien ou presque n’a changé et comme le rappait déjà Akhenaton dans Demain c’est loin en 1999 : « C’est toujours la même merde derrière la dernière couche de peinture ».

Pour répondre à cette situation, la solution la plus envisagée est celle de la discrimination positive. Ainsi, fraichement élu, François Hollande a mis en place une politique d’accès aux classes préparatoires : il s’agit de faire intégrer une classe préparatoire à au moins 5% d’élèves dans chaque lycée. Si cette mesure peut être vue comme un cadeau et une chance accordée aux lycéens issus d’établissements classés en ZEP, elle est en réalité un cadeau empoisonné et un piège pervers.

 

Où est la méritocratie ?

 

Instaurer des quotas dans des domaines aussi variés que l’éducation ou le marché de l’emploi coupe nécessairement court à tout principe d’égalité et de mérite. Accorder automatiquement des places à telle ou telle communauté ethnique ou sociale va, en effet, à l’encontre de la valeur républicaine d’égalité. En réalité, mettre en place une politique de discrimination positive revient à travestir l’idéal d’égalité porté par la nation en un égalitarisme potentiellement vecteur de nivellement par le bas.

En outre, comment expliquer à une personne qui a de meilleurs résultats qu’une autre qu’elle doit laisser sa place en vertu de l’origine de la personne que l’on accepte à sa place ? Eriger la discrimination positive en idéologie revient à jouer aux apprentis sorciers et à accentuer les tentatives communautaires et les tensions entre groupes ethniques, sociaux ou géographiques.

 

Une discrimination, même positive, reste une discrimination

 

Mettre en place une politique de discrimination positive aboutit nécessairement à différencier la population et à pointer du doigt telle ou telle communauté. Accorder une place réservée en prépa ou sur le marché de l’emploi à des personnes issues de certains quartiers, c’est finalement leur nier la capacité à réussir à le faire sans aide.

De plus, mettre en place de telles politiques conduit paradoxalement à renforcer la mise en retrait de ces populations. Les Zones d’Education Prioritaire sont à ce titre un exemple frappant. Comme l’explique Eric Maurin dans son ouvrage Le Ghetto Français, la mise en place des ZEP, loin de réduire les inégalités, les a accrues dans la mesure où les populations des classes moyennes mettent en place des stratégies d’évitement de ces établissements scolaires, laissant les populations des quartiers populaires entre elles au sein de ces établissements.

 

La discrimination positive : agir sur les effets plutôt que sur les causes

 

Bien souvent, la discrimination positive ne conduit qu’à agir sur les effets des inégalités sans pour autant s’attaquer à leurs causes. Aussi la discrimination positive ne se résume-t-elle qu’à un saupoudrage de diversité sans pour autant changer le fond des problèmes. En ce sens la proposition de réserver des places en classes préparatoires aux lycéens issus de lycées ZEP symbolise bien la vacuité de la discrimination positive.

Il est, en effet, bien beau de permettre aux lycéens des ZEP d’intégrer une classe préparatoire mais si ces derniers n’ont pas pu acquérir les armes nécessaires à la réussite dans cette filière, leur intégration est vouée à l’échec. Plutôt que d’envoyer un quota minimum de ces élèves en prépas, il me semble plus judicieux de réformer en profondeur l’éducation pour donner les mêmes chances aux élèves de ZEP qu’aux autres, sans compter que l’extrême majorité de ces élèves ne sont pas au courant de la possibilité de faire une classe préparatoire.

 

Pratiquer la discrimination positive revient donc à masquer les effets sans se préoccuper des causes réelles d’inégalités. Finalement, mettre en place une telle politique, c’est casser le thermomètre pour dire qu’on n’a plus la fièvre.

 



12 réactions


  • baron 20 juin 2015 12:48

    C’est déjà le cas, elle existe, sauf que si tu n’a pas le niveau c’est une arnaque.

    Certains diplomés se plaindront de ne pas être embauchés, en fait il ne réussissent pas aux tests de recrutements et aux entretiens, la réalité fini toujours par nous rattraper.
    On donne des diplomes non mérités parfois par compassion, ou par convictio politique, mais cela ne reste que du papier.

  • jef88 jef88 20 juin 2015 13:10

    ALLEZ ! le master pour tout le monde .....
    Pourquoi vouloir des diploooomes qui officialisent un savoir(?) théorique et ne pas valoriser le savoir faire ?
    PARCE QUE cela remettrait l’ascenseur social en route ce qui est la plus grande crainte des classes aisées. Leurs pauvres petits n’auraient plus les bonnes places !


  • eric 20 juin 2015 13:48

    Quelle naïveté ! Mais qu’est ce que vous croyez ? Que ce sont des gamins pauvres de ZEP qui profitent de ces mesures ?

    Mes gosses sont en prépa ; et dans des bonnes, leurs camarade de classe « discriminés positivement » c’est par exemple, un gosse d’ex ministre de la majorité actuelle. Son père à un logement je crois vers Montmartre, la mère un logement de fonction intra muros Paris, mais le gamin est domicilié dans la circonscription d’un parent, et bénéficie du truc pour être dans un lycée parisien du centre hors carte scolaire puis en prépa pour les mêmes raisons.

    Avec le blocage des loyers réservé au « sous prolétaria locataire dans le quartier Latin », il n’est pas impossible que la gauche au pouvoir ne finissent par revenir à une interprétation plus stricte de la carte scolaire.....

    Il se trouve que parallèlement, à Science. Po. leurs idéologues ont pris ce truc au sérieux et il commence à y avoir des gosses qui sont exclut, malgré leur niveau scolaire, parce que leur parents habitent trop dans le centre ..... !
    Déclassement rapide du diplôme ou indignation des parents bobo dont la progéniture est exclue sur délit de sale gueule ou en fonction de « l’origine » des parents  ? On se demande ce qui ira le pus vite.

    A droite, on passe déjà aux prépas commerciales pour grandes écoles privées.

    La politique de gauche dans ces domaines visent à exclure ceux qu’ils pensent pauvres ou riche au bénéfice de leurs propres gosses. Elle n’hésite pas à détruire pour cela notre école républicaine.

    L’étape suivant sera soit l’interdiction du privé dans le supérieur, soit l’exigence de subventionner l’accès pour les enfants de bobos.


  • tf1Groupie 20 juin 2015 13:51

    « il me semble plus judicieux de réformer en profondeur l’éducation pour donner les mêmes chances aux élèves de ZEP qu’aux autres »

    Vaste programme !

    Si vous avez la solution miracle, ça tombe bien : on n’attendait que vous.

    Ce n’est pas l’école qu’il faut reformer, mais la société : donner à ces enfants le même cadre familial qu’aux autres.


    • Newram Newram 20 juin 2015 14:03

      @tf1Groupie
      Non je n’ai pas de solution miracle pas besoin d’être condescendant :)


      Vous entendez quoi par réformer la société pour donner à ces enfants le même cadre familial qu’aux autres ?

      Cordialement

  • COVADONGA722 COVADONGA722 20 juin 2015 13:57

    http://www.fdesouche.com/613459-suede-les-males-blancs-ne-sont-pas-les-bienvenus-dans-la-police#




    accessoirement on remarquera que ceux qui nous vendent la discrimination positive , ne sont pas concernés ni eux ni leur progénitures par cette concurrence .Ce qu’ils prônent c’est bon pour le sous-chiens moyens eux sont très souvent des éduqués à profession sous statuts protecteurs !! 

  • Sarah 20 juin 2015 15:46

    Le mot « discrimination » tel qu’il est employé par le régime et ses médias est déjà lui-même un piège.

    Discrimination signifie déterminer le point de séparation, distinguer, discerner et non défavoriser ou éliminer ce qui est un faux-sens.


    Discrimination positive est un terme de propagande signifiant en réalité « favoriser ».

    Favoriser est une injustice envers ceux qui sont par là-même défavorisés.


  • charlie charlie 20 juin 2015 19:36

    «  mettre en place une politique de discrimination positive revient à travestir l’idéal d’égalité porté par la nation en un égalitarisme potentiellement vecteur de nivellement par le bas.  »


    Très grosse erreur. Je sais que c’est la réaction banale et irréfléchie, mais pour traiter votre sujet en journaliste, vous auriez dû faire une enquête sur le devenir des étudiants ZEP, à Sciences Po, par exemple dont l’expérience est ancienne, vous auriez constaté que la réalité est l’inverse de votre opinion.

    En fait, ça marche !


    Ce qu’il faut analyser, ce ne sont pas les facilités pour « entrer », mais ce qu’ils y font ensuite. S’ils étaient entrés sans le mériter, ils échoueraient aussitôt. Or, les résultats sont là pour le prouver. Les taux d’abandons sont marginaux - « même pas un par an » -, souligne Sciences po, «  on a un peu plus de redoublants en première année que dans les autres filières - environ 10 % -, mais ils n’ont fait aucune classe préparatoire ! », et leurs performances sont comparables à celles des autres, démontrent les études. Cerise sur le gâteau, certains « ZEP » sont majors de promotion dès la première année...


    Foin de discrimination « positive », c’est en fait une formidable discrimination NÉGATIVE dont les élèves des banlieues sont l’objet : une « formidable censure sociale ».

    L’aide dont ils bénéficient pour intégrer l’Ecole n’est qu’une misérable contrepartie qui maintient une situation largement discriminatoire.

    « Et même si on avait entendu parler de l’école, on ne s’autorisait pas à y prétendre ! », sourit un diplômé aujourd’hui jeune cadre supérieur : « Le conseiller d’éducation de mon lycée m’a dit : « Sciences Po, ce n’est pas pour vous ! », alors que j’étais un bon élève. » 


    « Les lycéens de banlieue révèlent de fait des qualités singulières, relèvent ceux qui les encadrent : conscience sociale, pragmatisme, débrouillardise, don pour l’oral, maturité, sens des réalités, affirmation de soi et capacité d’adaptation font généralement partie de leur boîte à outils. Des grands groupes du CAC 40 ont d’ailleurs vite participé au système de bourses de l’école ; « C’est pour elles un investissement, car elles ne veulent pas de clones dans leurs bureaux », indique-t-on dans l’école. »

    Les Echos.fr


    • Newram Newram 20 juin 2015 20:28

      @charlie
      Bonsoir Charlie,


      Je serai curieux de savoir où Les Echos ont eu leurs chiffres parce que Sciences Po ne les donnent pas. L’école ne considère pas ces étudiants comme différents et n’a donc aucune statistiques sur eux en particulier.

      Quant à l’auto-censure c’est ce que j’essaye de montrer dans la 3ème partie de mon article, à savoir que la discrimination n’agit que sur les effets sans combattre les causes. Je sais un peu de quoi je parle j’ai moi-même été en ZEP et certains profs ou conseillers d’orientation n’incitent pas les élèves à être ambitieux ou pire ne leur apprennent même pas que certaines voies comme la prépa existent

      Cordialement

  • COVADONGA722 COVADONGA722 20 juin 2015 20:03

    sauf que ceux qui se font souffler les places ne sont pas les fistons et les fifilles des élites mettant en place cette , merde mais les fils et filles de sous-chiens pauvres de ces quartiers qui sont évidement les cocus de ce systèmes généreux ou la racaille socialisante se donne bonne conscience en partageant le bien des autres c’est à dire de nous !

    Bande d’ordures partageuse je rêve de la grande jacquerie qui vous verra cramer dans vos quartiers !
    et vous pouvez parier que vos « amis » participeront au safari !
    asinus : ne varietur 

    • lsga lsga 20 juin 2015 20:06

      @COVADONGA722

      à ceci prêt que l’État Providence et le système de partage ont été instaurés par l’Extrême Droite (Pétain), puis conforter par la Droite (De Gaulle), et que seule la gauche l’a attaqué à travers des réformes libérales (Mitterrand, Jospin et Hollande ). 

  • Sarah 20 juin 2015 20:56

    Au Canada, surtout au Québec, les entreprises doivent avoir la même composition que celle de la population environnante.


    Pire, chaque année, les augmentations de salaires, les promotions, les primes doivent être répartis proportionnellement à la composition de l’entreprise.


    L’ entreprise est obligée d’utiliser un logiciel pour s’en sortir.


    L’administration en utilise aussi pour déterminer si l’entreprise pratique la « discrimination » et si c’est le cas, la firme est passible d’amende.


    Compétence, qualification, efforts, courage, dévouement, résultats passent en dernier.


    Appartenance ethnique, raciale, religieuse, sexe et « orientation sexuelle » deviennent les critères majeurs.


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