jeudi 13 octobre 2005 - par Laurent

Le mythe de la croissance

On ne peut pas de nos jours lire un article politique ou économique, assister à un débat politique, regarder les informations, sans entendre parler de croissance. « Le retour de la croissance », « stimuler la croissance », « faire repartir la croissance » etc. autant de lieux communs dans la bouche de nos hommes politiques, journalistes, économistes. Notre ex-premier ministre va même jusqu’à parler de « croissance négative » pour éviter d’employer le mot décroissance, sans doute de peur que le ciel ne lui tombe sur la tête.

La croissance serait donc la panacée, le remède universel, à tous nos maux en particulier. Pas un journaliste pour remettre en cause le concept, et cela bien que de nombreux groupes, issus du mouvement altermondialiste, militent pour une décroissance de l’activité des pays occidentaux.

Je ne suis pas économiste, et par conséquent ce qui va suivre ne doit pas être compris comme une analyse économique, ce dont je suis bien incapable, mais plutôt comme une prise de recul face au dogme de la croissance.

Par contre je suis scientifique, et ce qui est clair, c’est qu’en science, un système en croissance permanente, c’est un système qui explose ou qui évolue vers une explosion. L’idée que l’on puisse concevoir une croissance permanente me révolte au plus haut point.

Encore une remarque naïve : comment soutenir que la croissance permet de lutter contre le chômage, quand entre 1970 et 1995, le PIB a été multiplié par dix, et que, dans le même temps, on vivait une croissance jamais vue du chômage ?

On pouvait encore, il y a quelques siècles, imaginer le monde comme infiniment grand, et il était alors difficile d’imaginer que les ressources que la Nature met à notre disposition étaient comptées.

Cependant, depuis les années soixante, nous avons réussi à aller dans l’espace, et de nos expériences extra-terrestres deux constats peuvent être faits :

-La terre est effectivement ronde, et elle n’est pas infinie.

-Les autres mondes qui pourraient nous accueillir sont inaccessibles (pour le moins dans le cadre de nos technologies et théories physiques actuelles)

Nous sommes donc coincés sur notre boule qui finalement n’est pas si grande, nous sommes entrés dans le temps du Monde fini[1]

Et malgré tout, nos dirigeants continuent à militer pour une croissance soutenue ; seule politique applicable selon eux. La plupart des économistes abondent en ce sens, nos intellectuels ne trouvent rien à redire, et les journalistes servent la soupe. Pas une fois je n’ai entendu sur un grand média un journaliste remettre en cause la croissance. Il faut dire que le pauvre ignorant qui se risquerait à remettre en cause la sacro-sainte économie libérale risquerait le bannissement, le bûcher étant passé de mode. Il y a une quinzaine d’années, si je me souviens bien, lors d’une émission « La marche du siècle », Jean-Marie Cavada, au cours d’une discussion sur l’économie, avait dit à Albert Jacquard quelque chose du genre « Mais on ne peut pas faire ce que vous suggérez, cela va à l’encontre des lois économiques ». Albert Jacquard avait répondu le plus simplement du monde, à un Cavada halluciné, (je cite approximativement) « Mais qui a fait ces lois économiques ? Nous. Hé bien, si nous les avons faites, nous pouvons les changer. »

Malheureusement, si, à l’époque on pouvait encore entendre épisodiquement ce genre de discours, depuis, l’image de l’économie vue comme une science s’est encore renforcée. Le travail de fond réalisé par les mouvements ultra-libéraux, visant à faire accepter leurs théories économiques comme des lois scientifiques contre lesquelles on ne peut aller, a porté ses fruits. Ils sont allés jusqu’à usurper le titre de prix Nobel d’économie, alors que cette discipline n’a jamais fait partie de la liste des prix Nobel[2]. En conséquence, personne, en tout cas dans les médias institutionnels, n’ose remettre en cause l’économie de marché.

Continuer à prôner la croissance alors que les ressources pétrolières s’épuisent, que la pollution de la planète continue à un rythme effréné, que les forêts primaires régressent, est criminel.

Il faudra bien un jour mettre à bas le mythe de la croissance, et commencer à repenser notre manière de gérer notre Terre, il serait temps que des intellectuels dignes de ce nom émergent et remettent en cause notre modèle économique, sinon l’explosion est inéluctable car ça, en revanche, c’est une loi scientifique.

P.S. Si cet article suscite des commentaires, essayons de dépasser le sempiternel argument du style « Si ce n’est pas l’économie de marché alors c’est le communisme, et on sait ce que cela a donné. ». Le communisme a échoué, l’économie de marché est en train d’échouer, c’est pourquoi il faut penser autrement, et tout est à inventer.



[1] Cf. Albert Jacquard « Le temps du monde fini » - Seuil

[2] Cf. Serge Halimi « Le grand bond en arrière » - Fayard - P.25



22 réactions


  • Michel Monette 13 octobre 2005 13:11

    Voilà au moins un économiste pour qui le culte de la croissance est l’un des grands dangers que vit l’humanité : Jean-Marie Harribey. Le crépuscule de la croissance.

    Il vaut la peine de le citer longuement :

    L’empreinte écologique est définie comme la surface nécessaire pour accueillir toutes les activités humaines. Depuis 1960, l’empreinte écologique est passée au niveau mondial de 70% de la planète à 120% en 1999. L’humanité a donc dépassé la capacité d’absorption de la planète. Sans oublier les énormes inégalités : un Américain du Nord a une empreinte de 9,6 hectares, soit 7 fois plus qu’un Africain ou un Asiatique. Il faudrait quatre à cinq planètes si toute la population mondiale consommait comme un habitant des Etats-Unis.

    Écoutez-le également sur Des sous et des hommes (émission du 1er octobre 2004).

    Et voici une humble contribution de la part d’un non économiste :


  • colza (---.---.111.158) 13 octobre 2005 13:29

    Je crois que la théorie de la Décroissance Soutenable, qui fait hurler de rire les économistes et les tenants du Libéralisme (je ne crois pas à l’Ultra libéralisme, le libéralisme tout court se suffit à lui-même) finira par s’imposer comme inévitable très vite, si on ne veut pas finir dans le mur.

    Pour ce qui est de la Décroissance soutenable, voir votre moteur de recherche favori !!


  • argoul (---.---.18.97) 13 octobre 2005 13:38

    Votre remise en cause des idées reçues est très rafraîchissante. Si vous n’êtes pas économiste, vous êtes citoyen et vous avez le droit - le devoir ! - d’avoir des idées. Donc, revenir aux fondements de la croissance - ou non - est utile. Il y a croissance en fonction du nombre des hommes : on le voit en Afrique, la démographie galope plus vite que la croissance de la production, alors les gens mangent moins, se vêtent mal et les ressentiments finissent par pousser à l’émigration ou à la guerre. Dans nos pays, vieillissants et repus, croître n’aurait plus guère de sens puisque la population (hors immigration) ne bouge guère. C’est aller contre le souci (légitime ?) des parents de voir leurs enfants plus prospères qu’ils ne l’ont été. Cela, à la limite, est une question d’éducation, apprendre la frugalité, trouver le bonheur dans les relations plus que dans les choses. Mais cette population repue vieillit, elle a donc besoin de plus en plus de confort, de soins qui coûtent de plus en plus chers. Pour cela, il faut produire pour pouvoir acheter, payer des taxes pour pouvoir redistribuer. Prendre en compte les ressources naturelles limitées et la santé de ce qui nous environne est légitime, mais cela ne déligititime pas pour autant la croissance globale de l’économie. Il faut la penser « durable ». Eh oui, la croissance est la pire des choses... à l’exception de toutes les autres.


  • Laurent 13 octobre 2005 14:38

    Pour répondre à Argoul, tout d’abord merci pour votre commentaire, et effectivement comme vous le rappelez la croissance à un sens.

    Mais elle n’a un sens que lorsqu’elle correspond à la nécessité de satisfaire des besoins légitimes. Par exemple comme vous le signalez l’Afrique a encore besoin de croissance, et cela sera vrai dans le monde tant que des personnes n’auront pas atteint un niveau de vie qu’on puisse considérer comme satisfaisant.

    On s’aperçoit alors que très vite il faut définir ce que l’on appelle des besoins légitimes, un niveau de vie satisfaisant...

    La tâche n’est certainement pas facile et demande une réflexion profonde ainsi que des changements de mentalité. De plus il nous faut également prévenir la croissance... des besoins. Par exemple depuis l’invention du scanner il serait normal que tout le monde puisse accéder à ce type d’examen médical, ce qui représente donc une croissance parfaitement légitime. D’un autre côté ; la fabrication par millions de téléphones portables ayant une durée de vie moyenne de six mois, n’est pas forcément légitime.

    Il est donc clair qu’il est nécessaire d’avoir un outil de régulation de la croissance. Le problème principal, à mon sens, est que le seul outil de régulation utilisé aujourd’hui est l’argent (ou le pouvoir d’achat ce qui est très similaire). Or cet outil ne prend pas en compte, par exemple, les considérations écologiques. On en arrive donc à vendre pour vendre, le but étant non plus de satisfaire un besoin, mais de générer des revenus qui eux pourront éventuellement servir à satisfaire les différents besoins. Le marketing et la publicité sont des mines d’exemples de politique de production de produits parfaitement inutiles (au sens le plus large du terme : ni utile fonctionnellement, ni esthétique, ni artistique ni même ludique). On en arrive donc à induire des besoins pour écouler une production etc.

    Par conséquent j’en reviens au besoin de réflexion nécessaire à l’imagination des outils de régulation de nos sociétés en remettant en cause le rôle actuel de l’argent. Je reviendrai sans doute sur ce point dans de prochains articles


  • Adam (---.---.43.1) 13 octobre 2005 14:42

    Où l’on voit que l’éducation à la systémique est ce qui manque le plus.


  • Bernard (---.---.93.202) 13 octobre 2005 18:07

    Voir ou revoir le film « utopique » du tout début des années soixante-dix : L’an 01, dont je ne me souviens plus le nom du réalisateur et dont l’argument était la limitation de leur production aux « stricts besoins » par une « communauté » ouvrière anarcho-gauchiste.

    La [re]lecture « actuelle » de cet opus permetrait de jeter les bases d’une réflexion non inutile sur la théorie « économique » de la « nécéssité » de croissance.


  • Didier Vincent Didier 13 octobre 2005 18:10

    Vous avez bien raison de vous poser - de nous poser - la question. Je crois qu’il nous faut d’abord être clair sur les termes - les mots - que nous employons. Je ne suis pas, moi non plus, économiste mais de mes études passées dans ce secteur il me reste la définition du mot croissance dans la bouche des économistes (que ceux qui sont économistes ici commentent mon propos). La croissance pour les économistes est un concept, pas une réalité physique comme les scientifiques la considère. C’est à ce titre d’ailleurs qu’il n’est pas stupide de parler de croissance négative. Le bon fonctionnement de notre économie actuelle n’est assurée que si nous créons de la valeur. La question est donc de savoir si cette création de valeur peut être indéfinie ou pas ? Et aussi au passage comment cette création de valeur est partagée. C’est un autre problème.

    Si nous fonctionnons à valeur constante, il est clair que nous aboutissons à un appauvrissement général, sauf à maintenir la quantité de personnes constante, ce qui n’est pas possible.

    Si on reste avec les règles du jeu actuelles, il est clair que cette création de valeur ne se fait pas aujourd’hui de manière harmonieuse, le pillage des ressources naturelles en Afrique et ailleurs, l’exploitation des hommes dans les pays dits émergents, la pollution généralisée, etc .... Peut être, plus que le sytème lui même, ce sont les conditions dans lesquelles il fonctionne qui sont à revoir entièrement. Sans être trop optmiste, on peut considérer en regardant l’Histoire, que celui ci n’a pas trop mal fonctionné jusqu’à maintenant. Je suis d’accord pour dire que ce point de vue est contestable mais dans ce cas, quelle est l’alternative ? Car je me souviens aussi que l’économie n’est pas une science exacte et que les hommes sont les hommes. Ce n’est pas par hasard si nous en sommes là.


  • Citoyen (---.---.194.82) 13 octobre 2005 19:50

    Un bravo supplémentaire à cette argumentation trop peu rencontrée, qui pour être absolument vraie ne verra pas le jour avant longtemps.

    La fuite en avant « croissante » politicienne s’explique d’abord parce qu’ils ont tous appris sur les bancs des mêmes écoles et sont incapables d’imaginer autre chose.

    Ensuite, parce qu’aucun politique ne se suiciderait en disant aux électeurs qu’il va falloir désormais gagner moins d’argent, ou tout au moins... pas plus.

    Qui de vous, chers lecteurs, voteraient pour un programme pareil ?

    Moi, en tout cas. Je serai sûrement bien seul.


  • Manu (---.---.77.234) 13 octobre 2005 22:11

    Par rapport au commentaire précédent, je pense qu’il faut insister sur un point : l’abandon de la croissance comme dogme n’implique pas nécessairement une baisse du niveau de vie. Il s’agit simplement de réfléchir autrement. Comme l’indique l’article principal, contrairement aux lois physique que je qualifierai « d’immanentes », les lois économiques sont fixés par les hommes.

    Au lieu de nous infliger des souffrances (depuis 30 ans) pour suivre les règles, changeons les règles !


  • prestant (---.---.199.62) 13 octobre 2005 22:52

    Ca fait plaisir de lire un article auquel je songeai moi-même !!!

    Vive AgoraVox et ses rédacteurs qui font avancer l’humanité et reculer la pensée unique .

    Amicalement


  • Didier Vincent Didier Vincent 13 octobre 2005 23:19

    Les règles économiques sont fixées par les hommes. Oui et non.

    Les termes d’un échange ne sont pas fixés par les hommes. Ils s’imposent naturellement à lui car si cet échange est déséquilibré, alors apparaissent des tensions naturelles. Ce qui est fixé par les hommes, ce sont les rapports de force qui environnent cet échange. Ce n’est pas tout à fait la même chose. Ce ne sont sans doute pas les règles de l’économie qu’il faut changer mais sans doute la manière dont les hommes jouent le jeu. Vaste programme.

    Vous niez la nécessité de la croissance. Il faut pesner autrement dites vous. Mais comment ? je ne suis pas contre, mais comment ?


  • citoyen 14 octobre 2005 10:03

    Réponse à la question précédente :

    Par quoi remplacer la croissance ?

    Par la stabilité, tout simplement.

    D’ailleurs, si vous regardez l’évolution économique des 25 dernieres années, vous constaterez que c’est naturellement en marche :

    Avant, on parlait de croissance de l’ordre de 10% l’an....

    Maintenant, on est content avec 2% l’an. (chiffre à rapprocher de la limite imposée par l’Union de 3% de deficit... de la remuneration du livret A à 2 %). Tous les indicateurs tendent inexorablement vers le zero..

    Vu de plus loin, çà s’appelle la stabilité... et çà va continuer. Le problème, c’est que le discours hypocrite des politiques contrarie la mise en place d’une politique d’accompagnement et de réajustements sociaux indispensables...

    D’où l’augmentation de la précarité et de l’exclusion, pendant que quelques privilégiés ponctionnent encore les résidus de croissance à leur seul profit. (voir les revenus ehontés des dirigeants des grands groupes industriels)


  • seb (---.---.58.38) 14 octobre 2005 14:02

    Rejoignez les Freemen ! Freemen est un réseau de blogs, dont les auteurs sont convaincus que :

    • le changement climatique est un problème majeur, pas uniquement écologique, mais aussi politique et économique

    • s’attaquer sérieusement à ce problème implique une remise à plat de nos modèles économiques et, particulièrement, de la notion de « croissance ».

    Au delà, comme le nom “Freemen“ l’indique, chacun pense, écrit ce qu’il veut sur son blog. L’ensemble de ces contenus doit petit à petit former une nouvelle « chaîne », un nouveau « journal », chacun parlant de politique, mais aussi, d’art, de ciné, de tout.

    http://francescocasabaldi.typepad.com

    Seb


  • JL (---.---.231.177) 14 octobre 2005 14:22

    Cet article et les commentaires qui suivent ont le mérite de rassurer les personnes comme moi qui pensait que tout le monde (ou presque) était aveugle face au dogme de la croissance. Merci pour celà !

    Pour ma part, je considère qu’il est possible de réconcilier le besoin humain de progrès, que beaucoup confondent avec croissance économique, et les limites de notre environnement. Vous trouverez par exemple des idées à ce sujet dans l’excellent ouvrage d’Attac : « Le développement a-t-il un avenir ? » aux éditions Mille et Une Nuits. Il est y notamment développé le concept d’IDH (Indice de Développement Humain) qui essaie de considérer la croissance en des termes moins économiques et plus humains. Il est par exemple possible de considérer dans ce type d’indice la facteur santé de la planète, le taux de pauvreté ou de disparité entres les hommes et les pays et pourquoi pas le bonheur des citoyens !

    Ces idées sont intéressantes et prometteuses mais malheureusement trop peu diffusées par les média officiels...


  • seb (---.---.58.38) 14 octobre 2005 14:41

    Aux mêmes éditions (Mille et une Nuits) ne pas manquer « Survivre au développement » de Serge Latouche, économiste et par ailleurs président de l’Institut d’études économiques et sociales pour la décroissance soutenable (http://www.decroissance.org/)


  • Manu (---.---.77.234) 14 octobre 2005 17:07

    D’abord, il est totalement vain d’attendre la croissance, comme il est inique de prétendre qu’on ne peut rien faire sans elle.

    En ce qui concerne les lois économiques, il faut effectivement distinguer 2 choses :

    * les règles du jeu, fixés par les hommes

    * les effets statistiques qui découlent de l’adoption de ces règles.

    Que faire ? D’abord penser, j’insiste sur penser, COOPERATION plutôt que compétition. C’est un exercice difficile tant nous on nous martèle sans cesse que le clé de la réussite est la compétitivité. Enfin, il est absolument primordial de redonner l’espoir que sommes capables d’améliorer notre sort, et d’abandonner aussi bien le pessimisme (économique) que le catastrophisme (écologique).

    En définissant des projets de société (éducation, santé, environnement, etc.), et non de comportement (consommez plus, ça ira mieux !), en regardant vers l’avenir que l’on peut construire (donc en cessant de se retourner vers un hypothétique âge d’or - c’était mieux avant -), nous pouvons faire de demain un monde meilleur !


  • (---.---.140.135) 17 octobre 2005 16:48

    Je suis un scientifique et... j’ai vendu mon âme je suis aussi économiste. Voici mes quelques commentaires :

    - Le PIB multiplié par 10 ne l’a été que par rapport à une référence, en l’occurence une monaie, cette référence est stupide car une manoie n’a aucun sens.

    - La production n’est pas seulement industrielle, dans la mesure où une part considérable du PIB vient des services, la croissance veut souvent plus dire une fluidification du marché des services (qui est fondamentalement un marché d’échange de services) qu’une augmentation de la production, surtout en pays développés.

    - C’est un point de vue libéral, mais c’est aussi une évidence : plus les échanges de services sont fluides plus la satisfaction augmente (fluide ça veut dire que je ne vais pas payer mon plombier 5x le salaire horaire que je touche et que donc plutôt que de bricoler, je vais le faire intervenir) et ça veut aussi dire qu’il y aura plus d’emplois dans les services (quelqun de peu qualifié, en se facturant peu aura un emploi car il n’y aura pas un « coût d’accès » exorbitant au services). Par nature, je tirerais plus de satisfation à employer quelqun à mon service et à travailler qu’à faire (mal et en prenant plus de temps) un travail qui n’est pas le mien, la fluidité du marché des services crée la croissance et crée de la satisfaction.

    - La croissance industrielle ne veut pas dire croissance de la masse produite, il faut autant de tôle pour produire une ferrari qu’une clio, et la production n’est pas plus poluante (certes, l’usage un peu plus, mais vous comprenez ce que je veux dire : la croissance industrielle vient de l’amélioration des technologies et donc de la valeur des objets).

    - On peut avoir une croissance avec une décroissance de la polution (moins poluer => plus de coûts => à activité égale de la croissance). Aller vers une industrie peu poluante créerait de la croissance si c’était appliqué de façon globale, mais individuellement, polluer moins c’est souvent moins de compétitivité).

    - En conclusion, la doctrine de la croissance est juste MAIS il faut des règles qui s’applique à l’échelle d’une économie pour qu’elle soit bénéfique, et actuellement cette échelle c’est la planète entière.


  • Alexandre Santos (---.---.166.143) 17 octobre 2005 17:25

    Puisque vous êtez économiste, pourriez vous définir ce que vous entendez par croissance ? (vous mentionnez croissance industrielle et l’autre... qu’est ce que la croissance pour vous).

    Par ailleurs la croissance de la consommation accroit la production de déchets. Les industries primitives font proportionnellement plus de déchets par niveau de production, mais ce sont les consommateurs des pays les plus riches qui produisent le plus de déchets.

    D’ailleurs il est bien établi qu’il existe une corrélation positive entre période de dévelopment économique et accroissement de la pollution (et ce depuis l’époque romaine, qui produisait plus de pollution par particules que les périodes les plus sombres du moyen âge).

    Il est vrai par exemple que Londres soufre moins du smog depuis l’abandon du charbon pour le pétrole, et l’installation de pots catalytiques, mais ceci est compensé par des pollutions moins évidentes, mais tout aussi présentes.

    On pourrait penser que le dévelopment de nouvelles technologies permettrait de diminuer la production des déchèts, mais c’est souvent le contraire. Plus de machines induit plus de nécessités énergétiques et de matières premières (penser au bureau sans papier avec la venue de l’ordi, etc).


  • (---.---.140.135) 18 octobre 2005 10:26

    La croissance c’est la croissance du PIB cad de la somme des valeurs ajoutées produites dans le pays. Un service facturé directement par un artisan est comptabilisé entièrement en PIB, si c’est une inndustrie, on retire le coût des matières premières. Le problème c’est que la croissance ne mesure pas grand chose sinon la valeur relative des dettes. Si le PIB croît de 10%, les dettes de l’état représentent un poids de 9% de moins qu’avant pour l’écon omie, c’est donc capital d’avoir de la croissance et une décroissance rendrait le poids de la dette déjà élevé tout à fait insupportable.

    Il faut bien comprendre que la croissance ne se mesure pas en volume, si à volume de consommation égale on améliore le recylcage des déchets, on crée de la croissance par exemple.

    Au point où on est arrivé, vu le coût des matières premières et notamment du pétrole, il y a fort à parier que la prochaine période de forte croissance sera positive pour l’environnement en occident, mais ce sera tout l’inverse dans les pays moins développés, comme on est parti, une réelle catastrophe écologique nous attends avec le développement des pays « en voie de développement ».


  • Joseph (---.---.91.240) 2 avril 2006 00:19

    je crois que vous n’avez pas bien compris ce qu’est la croissance et c’est pour cela que pour vous c’est un Mythe. La croissance c’est travailler, penser, produire toujours mieux et plus efficacement, comprendre la nature, créer des objets, développer des technologies, polluer moins, mieux se nourrir, mieux se loger, mieux se soigner, mieux éduquer ses enfants, être plus juste, être plus humain, produire moins de déchets.

    Il faut plus de croissance et de développement. Sinon on va disparaître tragiquement. Et contrairement à ce que vous dites ce n’est pas une affaire d’intellectuels qui remettraient en cause des théories qu’il nous faut mais c’est l’affaire de tout le monde. Si le sort de la planète ou de progrès social mobilisait un peu plus chacun d’entre nous il y aurait plus de vraie croissance.


  • Joseph (---.---.91.240) 2 avril 2006 00:20

    je crois que vous n’avez pas bien compris ce qu’est la croissance et c’est pour cela que pour vous c’est un Mythe. La croissance c’est travailler, penser, produire toujours mieux et plus efficacement, comprendre la nature, créer des objets, développer des technologies, polluer moins, mieux se nourrir, mieux se loger, mieux se soigner, mieux éduquer ses enfants, être plus juste, être plus humain, produire moins de déchets.

    Il faut plus de croissance et de développement. Sinon on va disparaître tragiquement. Et contrairement à ce que vous dites ce n’est pas une affaire d’intellectuels qui remettraient en cause des théories qu’il nous faut mais c’est l’affaire de tout le monde. Si le sort de la planète ou de progrès social mobilisait un peu plus chacun d’entre nous il y aurait plus de vraie croissance.


  • éric (---.---.183.155) 12 avril 2006 15:12

    Le problème est que notre mesure de la croissance est purement monétaire (P.I.B) alors que la vie est tout sauf monétaire. La théorie de la décroissance mérite que l’on s’y intéresse.


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