mercredi 24 juin 2020 - par NICOPOL

Le Prestige ou le plus grand détournement de fonds de l’histoire Fin

Le Prestige

Dans mon précédent article « Covid-19 : Petit manuel d’ingénierie de la peur », je concluais que ce nouveau virus était « la cerise sur le gâteau, le couronnement inespéré de l’édifice de la peur, le prétexte pour parachever le système de surveillance et de répression de la pensée, donner un nouveau tour de vis aux ‘’politiques d’austérités’’, justifier le plus vaste détournement de fonds de l’histoire de l’humanité au profit des grands détenteurs du capital et de leurs obligés (via les masses astronomiques de fausse monnaie en train d’être injectées dans les circuits financiers – comme dans un bon tour de magie, ‘’détourner l’attention’’ est ici le truc) ». Je voudrais revenir dans cet article sur cette dernière idée, ce gigantesque tour de passe-passe qu’est en train de réaliser l’élite financière devant un public stupéfait par la pseudo-crise du Coronavirus.

Comme l’explique Michael Caine dans Le Prestige de Christopher Nolan, chaque tour de magie comporte trois actes. Le premier s'appelle la Promesse : « le magicien vous présente quelque chose d'ordinaire, vous invitant à l'examiner afin que vous constatiez qu'il est en effet réel, intact, normal ». Le deuxième acte s'appelle le Tour : le magicien fait disparaître cette chose ordinaire devant vos yeux. « Alors vous cherchez le secret. Mais vous ne le trouvez pas parce que bien entendu vous ne regardez pas attentivement. Vous n'avez pas vraiment envie de savoir. Vous avez envie d'être dupé. Mais vous ne pouvez pas vous résoudre à applaudir parce que faire disparaitre quelque chose est insuffisant encore faut-il le faire revenir. » C'est pourquoi, dans chaque tour de magie, « il existe un troisième acte. Le plus difficile. Celui que l'on nomme le Prestige ». Celui où ce qu’on croyait disparu va réapparaître, à un autre endroit, devant l’assistance sidérée.

La Promesse, c’est notre liberté, notre patrimoine, notre dignité. Le Tour, c’est la disparition de notre liberté avec le confinement, la disparition de notre patrimoine avec la crise économique et financière, la disparition de notre dignité avec le chômage et l’assistanat généralisé qui en découleront. Le Prestige, c’est que tout cela ne s’est pas évaporé par magie mais va réapparaître ailleurs, sous nos applaudissements…

Le grand Music-Hall de l’économie capitaliste

A l’origine, le Capitalisme était une fête. La Révolution industrielle et l’éclairage féérique des villes par l’électricité, la voiture et puis l’avion, le gramophone et le cinéma. Belle Epoque, Années Folles, Roaring Twenties et Trente Glorieuses, l’humanité marchait d’un même pas enthousiaste sur le chemin du Progrès sans fin, vers un avenir radieux de consommation et de loisir. Bien sûr cette fête foraine globale avait ses coulisses, son envers du décor : les conditions de vie révoltantes de la classe ouvrière, l’exploitation coloniale, la pollution de l’environnement (du fog londonien au mercure de Minamata). Elle avait aussi ses pannes et ses emballements, les « paniques » cycliques du XIXème siècle (une tous les 6 ou 7 ans en moyenne), la Grande Dépression des années 30, et puis les deux guerres mondiales déclenchées par la rivalité inexpiable entre grandes puissances industrielles… Mais tout ceci n’était que regrettables contretemps, accidents de parcours, frayeurs passagère et bien vite oubliées sur les montagnes russes de la « destruction créatrice » schumpétérienne. Les rescapés se replongeaient bientôt avec délice dans l’euphorie des envolées boursières, de l’équipement en électroménagers (« Moulinex libère la femme »), de la libération hédoniste des mœurs (Sex, Drug and Rock-n-Roll). En haut des gratte-ciels, les grands Imprésarios de la Fête, les détenteurs du Capital, continuaient de s’enrichir exponentiellement, accumulant un patrimoine toujours plus somptueux par la magie du « taux de profit » et de l’ « accumulation ».

Pourtant, petit à petit, la Fête a commencé à s’essouffler. Pour maintenir le show de la croissance perpétuelle, il fallait engloutir des quantités de plus en plus gargantuesques d’énergie, de l’huile de baleine au pétrole d’Arabie, jusqu’au jour où le litre supplémentaire de combustible est devenu trop cher pour éclairer une scène plus grande. Consommer des stocks de matières premières de plus en plus pantagruéliques, eau douce, bois précieux, métaux et terres rares. Mettre au travail des masses de plus en plus aliénées de « capital humain » - les femmes d’abord, et puis les populations du Tiers Monde, chez eux (colonialisme et « mondialisation » par les sweat-shops) comme chez nous (« délocalisation interne » par l’immigration). La grande Fête capitaliste, comme un soleil en fin de vie, s’enflait démesurément, débordait désormais du chapiteau, elle se diffusait dans les rues, à l’intérieur des foyers, dans les villages les plus reculés de Lozère et d’Afrique ; l’espace public se privatisait à force de branding et de « partenariats », la « globalisation » transformait les pays en « voie de développement » en réservoirs de consommateurs, les « réformes sociétales » marchandisaient les aspects les plus intimes de l’existence - charité envers les pauvres, soin des anciens, maternité et fin de vie. La Fête était désormais devenue obligatoire, personne ne pouvait y échapper, nulle part, jamais.

Mais le cœur n’y était plus. Le courant faiblissait, la musique menaçait de s’arrêter, de plus en plus de spectateurs se réveillaient avec la gueule de bois. Les grands Capitalistes eux-mêmes ont commencé à s’inquiéter : leur taux de profit diminuait, ils s’enrichissaient moins, de moins en moins vite ! Comment expliquer cela, se demandèrent-ils ? La « baisse tendancielle du taux de profit » prophétisée par Karl Marx ? Le ralentissement de la croissance démographique occidentale, la saturation du taux d’équipement des ménages (comment augmenter encore la production industrielle quand tout le monde a déjà une voiture, une télévision et un frigo) ? La loi malthusienne de la « limite écologique » (comment concevoir une croissance exponentielle infinie dans un monde fini) ? Le Capitalisme prospérait tant que le gâteau économique s’agrandissait. Les Capitalistes s’enrichissaient toujours davantage, mais les classes laborieuses en profitaient aussi : ce n’étaient que quelques miettes, mais c’était toujours ça de plus, et le plus humble des ouvriers s’épuisait à la chaîne avec la conviction que ses enfants auraient une meilleure vie que lui. Le jour où le gâteau a cessé de croître, qu’il a même commencé à se réduire, le bal s’est terminé.

Du Prestidigitateur au Pickpocket

« Greed is Good », prêche le broker Gordon Gekko dans Wall Street d’Oliver Stone. L’avidité sans borne est le moteur psychologique du Capitalisme, l’obsession de l’enrichissement sans limite. Cette avidité a servi d’aiguillon au formidable développement matériel de la civilisation occidentale, à partir de la Révolution industrielle du XIXe siècle, à une époque où l’on pensait encore que les « vices privés » favorisaient la « vertu publique », pour reprendre l’allégorie de Mandeville. Mais ce n’est plus le cas aujourd’hui. L’avidité des détenteurs du Capital n’est plus le moteur d’une économie vertueuse, propice au bien commun, mais d’un bolide sans freins fonçant vers le précipice. Non seulement les Capitalistes ne peuvent-ils admettre de devenir moins riches, mais encore ne peuvent-ils même concevoir de s’enrichir moins vite. Ils n’ont dès lors plus le choix : pour continuer d’accroître leurs gains, d’augmenter leurs profits, il leur faut prélever sur la part de gâteau qui revenait aux Travailleurs. Il faut, littéralement, faire les poches au public - les classes moyennes et populaires. Mais il faut le faire discrètement, sans que personne ne s’en aperçoive. Les grands Imprésarios du Capital vont transformer le cabaret en cirque, la danseuse de French Cancan en prestidigitateur ; ils vont méticuleusement mettre en scène, à une échelle encore jamais vue, le plus universel des tours de magie : faire disparaître un objet (de la poche d’un Travailleur) pour le faire réapparaître ailleurs (dans celle d’un Capitaliste).

La première version de ce tour était encore assez rudimentaire, du travail d’amateur : d’un côté baisser l’impôt des plus riches (directement ou indirectement, via les « niches fiscales » et les paradis offshores du Delaware et du Luxembourg), de l’autre côté supprimer tout ce qui les empêchaient encore de maximiser leurs profits, au prétexte de « libérer les freins de la croissance ». Le tour de magie s’appelait « Contre-révolution libérale », il s’appelait « Dérégulation », et il nous était présenté dans les années 80 par des Monsieur Loyal aux noms de Reagan, de Thatcher ou de Laurent Fabius. Bien entendu ce tour était coûteux, il déséquilibrait les finances publiques, il creusait les déficits budgétaires ; il fallait rogner sur le confort de l’assistance, les conditions d’accueil, on demandait même aux spectateurs d’apporter eux-mêmes leur fauteuil et leurs confiseries, mais un Monsieur Loyal appelait cela « Réformes structurelles » (bradage des industries nationales et des services publics au secteur privé), il l’appelait « Flexibilisation du travail » (baisse des salaires, précarisation, überisation de l’économie), il l’appelait « Politiques de rigueur » ou « Mesures d’austérité » (réduction de la protection sociale des Travailleurs, baisse de la qualité de l’hôpital public ou de l’éducation nationale) - et le tour était joué, le public applaudissait, persuadé que c’était pour son propre bien qu’il faisait tous ces sacrifices.

Pour parvenir à ce résultat, les Imprésarios du grand cirque capitaliste ont commencé à soudoyer les édiles politiques, ils les ont corrompus pour pouvoir continuer à jouer leur tour sur la place publique au lieu d’aller en prison. L’ère du Néolibéralisme est aussi celle du « capitalisme de connivence » (crony capitalism), dans lequel les milieux financiers dictent leurs réformes aux représentants du peuple, réduits au rôle de vulgaires ventriloques (lobbying américain a priori pendant les campagnes électorales, lobbying européens a posteriori à la Commission de Bruxelles) - ou bien s’emparent carrément des manettes du pouvoir, comme en France avec le banquier Macron ou aux Etats-Unis avec le milliardaire Trump. Les inégalités, un temps réduites par la Grande dépression des années 30 et la reconstruction post-WWII, repartirent à la hausse en même temps que les taux de profits, retrouvant bientôt leurs niveaux de l’époque où Karl Marx écrivait Le Capital

La Grande Illusion de la création monétaire

Ce premier tour de magie néolibéral était toutefois encore assez rudimentaire, les ficelles trop apparentes ; le public se rendait compte trop facilement du truc, ne voulait pas payer plus, demandait même à être remboursé. Il fallait passer à la vitesse supérieure, tout faire en plus grand, démultiplier l’effet de manche, passer d’Houdini à David Copperfield – le tout en opérant plus subtilement, en coulisse, derrière le rideau rouge. Les grands Imprésarios du Capital eurent alors une idée de génie : s’ils faisaient déjà payer tout ce qu’ils pouvaient aux Travailleurs, il leur restait encore à faire payer d’avance leurs enfants et leurs petits-enfants. « Achète ton billet à crédit, camarade ! Tu me paieras plus tard ! », voilà ce que proposèrent les guichetiers du grand cirque capitaliste, sous les hourras de la foule trop heureuse que la Fête continue quand même. Et la Fête repris, plus folle, plus exubérante, plus dispendieuse que jamais – la Fête permanente et sans limite de la croissance par l’endettement, qui permet aux Occidentaux de consommer encore plus alors mêmes qu’ils sont ruinés - une deuxième voiture, un troisième poste de télévision, un nouveau smartphone chaque année, une boulimie consumériste alimentant comme un feu de joie les bénéfices de plus en plus extravagants versés aux actionnaires…

Le tour, désormais bien rodé, atteignit des summums de raffinement et de cynisme lorsqu’on fit directement s’endetter les Etats auprès des banques privées - après leur avoir opportunément interdit de se financer sans coût auprès de leur banque centrale, et avoir autorisé tout aussi opportunément les banquiers à prêter de l’argent qu’ils n’avaient pas. Une vraie prouesse de cartomage : première carte, faire réduire l’impôt des plus riches par des politiciens corrompus, déséquilibrant leurs budgets publics ; deuxième carte, en tirer prétexte pour brader le patrimoine national, réduire les prestations sociales et emprunter pour financer les déficits publics ; troisième carte, payer des loyers, « péages » et autres intérêts de plus en plus usuraires aux détenteurs du Capital, aggravant encore les déficits publics, justifiant encore davantage de « rigueur » au détriment des Travailleurs, encore plus d’endettement auprès des Capitalistes, encore et toujours plus d’intérêts. La jonglerie capitaliste entraîne la Fête dans une folle sarabande, un cercle vicieux, un effet boule de neige au travers duquel une part de plus en plus importante des recettes fiscales, présentes et futures, sont détournées au profit du système financier, désormais investi du privilège exorbitant de prélever du vrai argent en prêtant de la fausse monnaie – de la « monnaie magique », disent justement les Européens, quand les Américains, peut-être moins dupes, parlent de « funny money »…

Le plus grand tour de passe-passe de l’Histoire

Mais les Imprésarios capitalistes vont encore perfectionner leur scénographie, mettant soigneusement au point ce qui restera à tout jamais leur chef-d’œuvre, le plus grand tour de passe-passe de l’histoire de l’humanité. Injecter leur fausse monnaie dans l’économie réelle, via l’endettement, n’était pas encore tout à fait efficace. Cette monnaie de singe venait certes encore accroître leur patrimoine, via la rémunération des fonds propres et les intérêts de la dette, mais une autre partie, même réduite à peau de chagrin, profitait quand même encore aux Travailleurs, leur permettant de maintenir un niveau de vie minimum en continuant à profiter de la Fête. Et puis la monnaie créée par la dette restait provisoire, chimérique, elle était vouée à disparaître au moment de son remboursement – et il ne restait de ce beau rêve chrématistique que le gain limité des intérêts prélevés sur la classe laborieuse. Mais pourquoi se compliquer ainsi la vie, se demandèrent les Capitalistes ? Pourquoi se brider de la sorte ? Pourquoi ne pas se mettre directement toute cette fausse monnaie dans la poche, de façon définitive, et sans passer par l’étape inefficace de l’ « économie réelle », avec ces « pertes en ligne » que constitue la rémunération des Travailleurs ? Désormais libérées des contraintes de la production réelle de biens ou de services, et une fois supprimée, comme on brûle ses vaisseaux, la convertibilité de la monnaie en or, la création monétaire ne connaîtra plus aucune limite : il suffit, littéralement, aux Capitalistes de taper sur une simple touche de clavier pour faire monter le prix de leurs actifs et voir leur richesse décupler en temps réel. On mesurait jadis la fortune de l’homme le plus riche du monde en milliards de dollars (le bon vieux temps des Rockefeller, Carnegie et Henry Ford), puis en dizaines de milliards de dollars (les tycoons japonais des années 80, ceux de la Silicone Valley des années 90 et 2000) : on en est maintenant à la centaine de milliards de dollars (Jeff Bezos, Bill Gates et quelques autres), et la comète continue de monter, pointée vers l’espace abstrait des trillions, des quadrillons, des décillions, et pourquoi pas, un jour, du premier gogollion (un 1 suivi de 100 zéros)…

Comment se passe le tour en coulisse ? Un palais des glaces vertigineux, une machinerie hallucinante et cabalistique, un enchevêtrement d’engrenages, de tuyauteries, de câblages électriques aux noms mystérieux de « finance dérivée », de swaps, de futures, aux acronymes cryptiques d’ABS, de CDS, d’OTC et de LMBO – un gigantesque organisme cybernétique irrigué par le trading haute fréquence, opéré aux quatre coins du monde par un petit cercle d’initiés aux noms tout droit sortis du bal masqué d’Eyes Wide Shut – les Ours et les Taureaux (bearish / bullish), les Colombes et les Faucons (dovish / hawkish)… Une machine parfaite, disposant de ses propres mécanismes de régulation pour contrôler les surcharges et les emballements – lorsqu’une « bulle » se forme et éclate, comme en 2001 (« Dot.com bubble »), en 2008 (« Bulle du crédit immobilier ») ou en 2020 (« Everything bubble »), l’armée servile des banquiers centraux vient immédiatement éteindre l’incendie, remettre de l’huile dans le moteur, rebrancher les disjoncteurs, permettant aux Capitalistes, de QE en bailout, de taux d’intérêt négatifs en « politiques non-conventionnelle », de continuer à s’enrichir toujours davantage dans le grand casino de la finance, sans jamais prendre le moindre risque - cet « aléa moral » (« profit privé, pertes publiques ») constituant désormais la meilleure définition du système néolibéral…

Mais quel est le véritable truc, au final, si l’on ne croit pas que la magie existe vraiment ? D’où vient toute cette richesse, apparue comme un lapin au fond du chapeau bancaire ? En apparence, la création ex-nihilo d’une monnaie permanente, si elle enrichit les Capitalistes, n’appauvrit pas les Travailleurs comme le font la taxation et l’endettement. Serait-ce le tour parfait, la découverte du mouvement perpétuel, la réaction alchimique changeant le plomb en or ? C’est là pourtant, au cœur de l’incrédulité, que se dissimule l’entourloupe, le plus grand tour de passe-passe de l’histoire. « Rien ne se perd, rien ne se crée », énoncent les thermodynamiciens. Un objet ne disparaît pas quelque part sans réapparaître ailleurs, disent les magiciens, ce qui revient à dire : un objet n’apparaît pas quelque part sans avoir disparu préalablement ailleurs. « C’est un jeu à somme nulle », explique Gordon Gekko : « Quelqu’un gagne, quelqu’un perd. L’argent ne se détruit pas plus qu’il ne se crée, il se transfère - comme par magie ».

La magie de la création monétaire, le « Prestige » de ce gigantesque tour de prestidigitation, c’est l’inflation - non pas la hausse des prix, mystérieuse dérive de l’économie dont personne n’est capable d’expliquer la logique, mais la perte de valeur de la monnaie, l’érosion de son pouvoir d’achat. Chaque nouvelle émission des faux-monnayeurs capitalistes dilue d’autant la valeur de la monnaie existante, jusqu’à ce que celle-ci ne vaille plus rien (comme cela est arrivé à toutes les monnaies de papier de l’Histoire, de la Chine des Song au papiermark allemand en passant par les billets de John Law, et comme cela arrivera bientôt au Dollar américain – qui a perdu 99% de son pouvoir d’achat depuis 1913 – et à l’Euro – dont la valeur en or a déjà baissé de 80% en à peine 20 ans). Mais parce que cette nouvelle monnaie leur bénéficie exclusivement, les faux-monnayeurs se retrouvent malgré tout plus riches qu’initialement. Le truc, tout simplement, c’est l’ « Effet Cantillon » : chaque billet virtuel que les Maîtres de la monnaie se mettent dans la poche diminue d’autant ce que nous pouvons nous payer avec nos propres billets, augmentant encore davantage les inégalités (supposons un pays où 10% de Capitalistes possèdent 50% de la richesse. Supposons que les Capitalistes doublent la masse monétaire et empochent ces nouveaux billets de Monopoly : les prix seront multipliés par 2, réduisant de moitié le pouvoir d’achat des Travailleurs ; mais les Capitalistes auront, eux, 3 fois plus de monnaie, de telle sorte que leur pouvoir d’achat aura augmenté de 50%. Alors qu’ils étaient 9 fois plus riches que les Travailleurs, ils le seront désormais 27 fois plus…). La création monétaire n’est qu’une vulgaire escroquerie, un vol de pouvoir d’achat, un transfert de richesse invisible des classes moyennes et modestes vers les plus riches, des Travailleurs vers les Capitalistes, de l’économie réelle vers la finance, de Main Street vers Wall Street…

Mais le public, trop heureux d’être ainsi bluffé, applaudit à tout rompre. Il s’émerveille de cette richesse nouvelle et sans précédente des détenteurs du Capital, leurs résidences de plus en plus luxueuses, leurs yachts de plus en plus extravagants, les hamburgers en or qu’ils se font ostensiblement servir dans les restaurants hype de Manhattan. Pendant que le Magicien opère son tour de passe-passe, l’assistance regarde ailleurs : elle s’ébahit des prouesses des autres artistes, les acrobates et funambules du sport, les clowns et les mimes d’Hollywood, les lanceurs de couteaux du Pentagone projetant la Démocratie à l’autre bout du monde ; elle lorgne les courbes voluptueuses des assistantes sur le devant de la scène, toutes ces starlettes éphémères, ces instagrammeuses, ces « influenceuses » virtuelles placées sous les feux de la rampe pour détourner l’attention d’un public qui ne se rend même plus compte qu’on lui fait les poches… Là-haut, dans leurs gratte-ciels, les Imprésarios du capitalisme peuvent se congratuler, sabrer le champagne : leur revue est un triomphe, le braquage une réussite totale, ils viennent de réaliser le plus grand détournement de fond de l’histoire criminelle et personne n’a rien vu, et tout le monde en redemande…  

Du tour de passe-passe à la prise d’otage

Ce tour de magie pouvait-il durer éternellement ? Les Capitalistes pouvaient-ils continuer de prélever ainsi en douce leur pouvoir d’achat dans la poche des Travailleurs ? Car lorsque le public ressort du chapiteau et veut rentrer chez lui, les yeux brillants de rêve, il s’aperçoit qu’il n’a plus rien dans son portefeuille, qu’il ne lui reste même plus de quoi vivre décemment. Moins de bonne viande, moins de vacances, moins de cadeaux de Noël pour ses enfants, tandis que les Capitalistes continuent d’étaler leur train de vie indécent ? La magie n’opère plus, le quiproquo se dissipe, les Travailleurs ne veulent plus revenir à cette mauvaise séance d’hypnotisme collectif dont ils ressortent chaque fois plumés. Alors on crie à l’escroc, au charlatan, à être remboursé de son ticket. Mais pour les Imprésarios du capitalisme, the Show must go on, et à n’importe quel prix. Ce prix, c’est la violence. Ce prix, c’est la prise de contrôle totale, l’encerclement du chapiteau par les forces armées. Ce prix, c’est l’interdiction faite au public de quitter la salle – c’est la prise d’otage pure et simple.

Là encore, les Capitalistes s’efforcent de masquer leur jeu, de maintenir l’illusion. Dehors c’est devenu dangereux, nous annoncent-ils entre deux tours, il faut rester sous la tente, bien à l’abri, protégés par leurs malabars et leurs briseurs de chaîne. Le climat se réchauffe catastrophiquement, les terroristes rodent depuis le 11 Septembre, un dictateur russe complote pour nous « subvertir », des pandémies mortelles couvent en Extrême-Orient. La grande Fête libertaire du Capitalisme se transforme en train-fantôme sécuritaire : tremblez, cher public, le monde est anxiogène, mais nous sommes là pour vous protéger, restez sagement assis à votre place pendant que le spectacle continue. Le mystère n’est plus là pour émerveiller, il est là pour inquiéter, pour faire peur, pour angoisser ; ce n’est plus de l’enchantement mais du Vaudou, de la basse magie noire. Mais cela fonctionne, et c’est tout ce qui compte pour les Imprésarios du capitalisme. Monsieur Loyal passe dans la salle faire la quête, c’est désormais de son plein gré que le public se dépouille du peu qui lui reste, de ses quelques deniers, de ses dernières libertés, de son fond de dignité : la sécurité est à ce prix pour que la représentation continue. Le Magicien est devenu Big Brother : ce n’est plus P.T. Barnum qui ouvre la revue mais le Général Pinochet, aussi brutal que business-friendly. Et lorsque quelques spectateurs, ayant ouvert les yeux, veulent se lever et quitter quand même la salle, on les oblige à rester assis, un pistolet sur la tempe, au nom de l’ « Union républicaine » et de la « Lutte contre la Haine »…

Pourtant la Machine s’enraye. A force de prophétiser l’Apocalypse nous arrive un véritable fléau, au nom cyborg de « Covid-19 ». Ce nouveau virus-Terminator n’est pourtant pas si dangereux que ça pour l’Homme ; mais il est terrible pour le Capitalisme. C’est comme une belle pluie d’été qui ne nous mouille que désagréablement, mais fait partout sauter les plombs. La musique s’arrête, les lumières s’éteignent ; nous sommes, quelques instants, plongés dans le noir, redécouvrant le silence et la beauté de la voute céleste. En coulisse les ingénieurs du Capitalisme s’activent déjà, s’affairent autour de la Machine, tentent de colmater les brèches, de réparer les fuites, de remettre le courant – mais plus personne ne comprend rien, plus personne ne maîtrise le système, plus personne ne sait comment ça marche, comment regonfler la bulle, comment rouvrir les « trappes à liquidité » dans lesquelles disparaissent désormais les tombereaux de fausse monnaie qu’ils continuent pourtant d’y déverser.

De l’autre côté du rideau le public gronde, le public rit, jette des tomates à Monsieur Loyal, soulagé d’avoir enfin compris l’astuce ; il refuse de payer d’avance le prochain spectacle alors que le Grand chapiteau commence déjà à s’écrouler ; il se lève et commence à quitter la salle, submergeant sous le nombre les derniers ouvreurs du Capitalisme qui tentent encore de garder les sorties. Le fluide magique de la « monnaie fiduciaire », qui n’existait que parce que tout le monde y croyait, se dissipe dans l’atmosphère. Le Roi est nu, le maquillage coule sous la pluie, les Magiciens du capitalisme apparaissent pour ce qu’ils sont, de vulgaires pickpockets. Déjà le rideau tombe sur ce spectacle frauduleux, le grand-huit s’écroule, les palais de carton-pâte s’effondrent. Là-haut dans les gratte-ciels, les Imprésarios du capitalisme sentent les fondation trembler ; mais plus personne ne répond à leurs appels furieux, les domestiques ont rendu leur tablier et rejoint le plancher des vaches.

Dehors se lève un nouveau jour, le soleil brille d’un éclat doré…

Sortir de l’Illusion…

Quelques sources très recommandables pour se tenir au courant de l’actualité économiques et financière, accéder aux données-sources et comprendre ce qui se passe vraiment en coulisse, de l’autre côté du rideau rouge :

  • Mike Maloney (en particulier pour sa passionnante websérie sur l’histoire de la monnaie, Hidden Secrets of Money)
  • Zero Hedge (un site animé par une poignée d’insiders de Wall Street signant tous du pseudonyme de Tyler Durden, une mine d’informations introuvables ailleurs, ou alors bien plus tard et payantes…)
  • L’économiste Peter Schiff, sans doute le plus féroce commentateur de la politique monétaire de la Fed
  • Nos frenchies des Econoclastes parmi lesquels Olivier Delamarche, Philippe Béchade et Jacques Sapir – Olivier Berruyer étant depuis quelques temps davantage occupé à nous protéger de Didier Raoult que du Grand Capital
  • « Grand Angle » de Richard Détente (qui y invite régulièrement Charles Gave)

Je précise que certaines de ces personnes proposent aussi des services de conseil financier ou de négoces de métaux précieux – je n’ai aucun lien d’intérêt avec eux, directement



50 réactions


  • Docteur Faustroll Séraphin Lampion 24 juin 2020 08:08

    Excellent.

    Ce qui est vraiment dommage, c’est que ceux qui n’ont vraiment rien compris veulent persuader d’autres dupes de la réalité du tour et demandent au magicien de différer le retour à la réalité, comme s’ils préféraient la privation de leur propre liberté au fait que le magicien recouvre le prestige.

    Et ce qui est encore plus étonnant, c’est que les accros au confinement se présentent ordinairement comme des experts en analyse des mécanismes sociaux. Les illusionnistes ont encore de beaux jours devant eux.


    • NICOPOL NICOPOL 24 juin 2020 14:58

      @Séraphin Lampion

      Merci, et bien d’accord avec votre commentaire.

      "Les accros au confinement se présentent ordinairement comme des experts en analyse des mécanismes sociaux

      "

      Ils le sont peut-être, simplement ils utilisent leur expertise au détriment de la population et non à son profit...

  • dimitrius 24 juin 2020 09:20

    Superbe article , je me suis régalé , je croyais être dans un roman en lisant , et à la fin , merde je suis dans la réalité.


    • eau-pression eau-pression 24 juin 2020 10:00

      @dimitrius

      Message de celui qui voulait pas donner le secret du piège à filles.


    • NICOPOL NICOPOL 24 juin 2020 15:01

      @dimitrius
       
      Merci. Ce sera peut-être, rétrospectivement, le plus grand mérite de ce petit virus (si je puis dire) : faire revenir les gens à la réalité.

      Est-ce que ce sera le cas de beaucoup, de suffisamment ? On le saura bientôt (si Bidden est élu, si Macron est réélu, on pourra dire que tout cela n’aura servi à rien, ou plutôt aura finalement servi aux Capitalistes à donner un nouveau tour de vis à leur piège).


    • hgo04 hgo04 25 juin 2020 05:33

      @NICOPOL

      Mais la majorité des gens ne veulent pas la voir la réalité. Ils baignent dans leur jus depuis trop longtemps.
      La finalité est claire, mais le message brouillé. Quand on nous dit que la limitation de vitesse à 110 sur les autoroutes est pour notre bien à tous, moi je comprends surtout qu’une flambée de PV et d’implantations de radars va vite nous rattraper. Mais pas les gens. Eux ils vont de suite adhérer à ce genre de message, puisque c’est pour notre bien, ils l’ont dit à la TV.
      Quand on nous dit que la consommation de viande doit baisser, car c’est nuisible à notre santé, moi j’entends surtout : Vous aurez moins de pouvoir d’achat, autant vous montrer ce dont vous pouvez vous passer. Mais les gens adhèrent à moins de viande = bon pour la santé, puisqu’ils le disent à la TV.

      Et des comme ça je peux vous en sortir toute la journée, ce dont je vais vous épargner.
      Tous ces euros qui tombent du ciel par magie  !!!! Oui, de la magie, ils le disent à la TV  !!!
      Sauf qu’il faudra le rembourser, soit pas la dette soit l’inflation, soit une belle modification du code du travail, de la santé, de la sécurité, des services publics, voir tout cela à la fois. Bref, une Gréquisation du pays, mais en douceur…

      Ce Virus  ? c’est une AUBAINE pour nos dirigeants.. La terreur vous fait admettre tout, l’emprisonnement, le fait de vous donner une autorisation à vous-même de sortir et une fois dehors, la verbalisation parce que vous n’avez pas signé l’autorisation que vous vous êtes faite à vous-même, ou parce que vous n’avez acheté que 10 bouteilles de soda, ou un paquet de serviettes hygiéniques, alors que dans le même temps, les commerces de réparations informatiques étaient dans la liste des commerces ouverts… C’est que .. achetez une clé USB, c’est dans la liste des choses essentielles !!! Même les pressing étaient ouverts !!! (liste sur le site COVID)

      Ralalala... Avec la terreur  ? Mais c’est jackpot  !
      La terreur est si bonne, qu’elle vous force à laisser les autres réfléchir pour vous et prendre des décisions pour vous. Quand vous êtes terrorisés vous ne cherchez qu’une chose : une personne pour vous sauver et, tellement vous êtes tétanisés, il ne vous vient même pas à l’esprit de vous sauver vous-même.
      Voir même vous entrez dans le phénomène du syndrome de Stockholm. Vous en viendrez à aimer et choyer ceux-là mêmes qui vous terrorisent.

      Ces gens sont bien mieux armés que le peuple pour cela. Outre un don dans l’art de la manipulation, dans l’art de la dissimulation, ils ont tout l’appareil de l’état et l’expérience de l’état pour vous faire aller la où ils veulent sans aucune réaction.

      Des veaux direction l’abattoir… en rangs bien serrés, en silence, c’est pour votre bien.. C’est vrai, ils l’ont dit à la TV.

      J’ai eu la chance un jour de pouvoir longuement discuter avec un survivant de MATHAUSEN. J’ai pu lui poser la question que me turlupinais depuis toujours : MAIS POURQUOI NE PAS AVOIR RÉAGI  !!!!
      Sa réponse a été claire : parce qu’ils nous laissaient toujours un espoir. Un espoir de s’en sortir, de survivre, un espoir que le pire était pour les autres.

      Et quand on a finalement compris qu’il n’y avait aucun espoir, on était déjà trop faibles physiquement, trop faibles mentalement. On avait déjà accepté notre sort.

      Ce qui rejoint cela : https://www.nicolassarrasin.com/strategie-acceptation-pour-lacher-prise


    • Iris Iris 25 juin 2020 11:59

      @NICOPOL

      Bonjour et merci pour votre article.
      Il me semble que plus de gens que vous le pensez sont conscients de cette machination, chez les jeunes notamment. Grâce à votre article je serai un peu mieux équipé la prochaine fois que j’en parle avec eux.
      J’ai deux questions simples pour vous :
      En quoi Trump vous parait-il plus souhaitable que Bidden pour nous sortir de ce pétrin ? 
      Quel candidat/parti Français nous recommanderiez-vous ?


    • NICOPOL NICOPOL 25 juin 2020 15:35

      @hgo04
      Globalement d’accord avec vous, bien qu’en étant un peu plus optimiste sur la capacité d’éveil de la population. Simplement, ça prend du temps, et il faut vraiment en arriver bien bas pour que certains commencent enfin à ouvrir les yeux.

      Mais paradoxalement, plus la pression d’ « en-haut » est forte, plus la souffrance de ceux d’ « en-bas » s’accentue, plus la colère monte. Un mouvement comme les Gilets Jaunes aurait été impensable il y a encore quelques années. La progression de l’abstention est également un signe encourageant. Soyons patient, faisons tous acte de pédagogie à notre niveau, avec notre entourage. Chaque jour, de nouvelles personnes basculent dans le camp de la dissidence, alors que le mouvement inverse n’est pas vrai : il y a des paliers, des seuils critiques à atteindre pour que ça coagule, mais la dynamique va dans le bon sens. Du coup, la violence d’ « en-haut » ne peut que s’accentuer, mais il ne faut pas se laisser décourager : cette violence est une marque de faiblesse.

      Je crois moins à la « révolution » marxiste-léniniste (changer de « système ») qu’à l’anarchie locale proudhonnienne (réapprendre à vivre, autant que possible, en dehors d’un tel « système », quel qu’il soit).


    • NICOPOL NICOPOL 25 juin 2020 15:55

      @Iris
      Merci de votre retour.
      Bidden est l’incarnation (un peu décrépie) du camp « Clinton-Obama », de tout cet état profond belliqueux et affairiste (et peut-être même bien pédophile) étroitement lié avec le complexe militaro-industriel et qui n’a qu’un rêve, balancer des missiles à plusieurs millions de dollars sur les « méchants » (Russes, Iraniens, Nord-Coréens...), au nom de la « Démocratie » et des « Droits de l’Homme », tout en prétendant être le nouveau Peuple Elu (et du coup, comme les Hébreux d’antan, avoir le droit de faire ce qu’ils veulent en toute impunité, puisqu’ils agissent « au nom de Dieu »).
      Ce n’est pas que j’aime particulièrement Trump, mais lui, au moins, il échappe, ou tente d’échapper, à tout ce délire nucléo-milénariste. Bidden-Obama-Clinton, c’est le risque véritable d’une 3ième guerre mondiale, ou du moins d’une escalade militaire dans le monde. Trump, c’est la perspective de continuer à se marrer pendant 4 ans de plus en lisant ses tweets.


    • NICOPOL NICOPOL 25 juin 2020 16:02

      @Iris

      Quel candidat/parti Français nous recommanderiez-vous ?

      Quand on critique le « système » dans son ensemble, on est bien forcé d’admettre que les élections dans leur forme actuelle (démocratie représentative) ne sont qu’un sketch destiné à légitimer le régime oligarchique, voir franchement cleptocratique, dans lequel nous vivons en France. Choisir entre l’un ou l’autre des (mauvais) comédiens qui participent à cette mascarade n’a donc aucun sens.

      Je peux donc juste vous dire que je ne vote plus depuis longtemps, et que la seule chose qui me ferait revenir aux urnes, c’est un candidat anarcho-royaliste (ou Philippe de Viliers smiley ) même si je préfèrerais que celui-ci prenne le pouvoir avec un peu plus de panache. Comme quoi, ce n’est pas demain la veille.


    • Iris Iris 25 juin 2020 20:35

      @NICOPOL

      Ah oui, je me rappelle maintenant que vous avez des sympathies pour les royaliste. Vous devez être déçu que Philippe de Villiers s’encanaille avec le roturier Onfray  smiley
      Moi je vais les suivre de près, il pourrait en sortir qqchose de bien sait-on jamais.


    • NICOPOL NICOPOL 25 juin 2020 21:37

      @Iris
      Je n’ai pas de « sympathie pour les royalistes », je le suis personnellement, point.
      Et j’aime plutôt bien Onfray aussi (et Kuzmanovic), il n’y a pas d’incompatibilité : la noblesse aristocrate n’est pas forcément contre le peuple, les 2 ont certainement des intérêts communs contre la bourgeoisie, un même attachement à la tradition et aux valeurs. Comme je l’ai dit, je suis « anarcho-royaliste » : Onfray-De Villers, ça me va très bien, comme on peut être lecteur de Peguy et de Camus. C’est la ligne « Cercle Proudhon », en fait (et aussi celle de Soral : Droite des valeurs, Gauche du travail smiley )


    • Iris Iris 25 juin 2020 23:39

      @NICOPOL

      Je n’ai pas de « sympathie pour les royalistes », je le suis personnellement, point.

      Oups désolé !

      Je suppose que je pourrai aussi être royaliste, mais à condition que le roi puisse se faire virer par le peuple. Mais j’imagine que ça n’est pas une option. 

      En réalité j’avoue que j’ai beaucoup de mal à imaginer ce que serait notre pays sous un régime royaliste. Il faut que je me rencarde un peu ...


    • NICOPOL NICOPOL 26 juin 2020 00:08

      @Iris

      En réalité j’avoue que j’ai beaucoup de mal à imaginer ce que serait notre pays sous un régime royaliste.


      Il l’a juste été pendant plus de 2000 ans (rois gaulois, puis mérovingiens, carolingiens, capétiens, valois, bourbons et orléanistes, auxquels on pourrait rajouter bonapartistes). En fait, c’est la république bourgeoise qui est un régime nouveau et quelque peu incongru...

    • NICOPOL NICOPOL 26 juin 2020 00:12

      @Iris

      Je suppose que je pourrai aussi être royaliste, mais à condition que le roi puisse se faire virer par le peuple. Mais j’imagine que ça n’est pas une option. 

      Bien sûr que si, au contraire. Dans toutes les monarchies traditionnelles, le roi peut être renversé ou déposé par le peuple si celui-ci n’est pas satisfait de sa gouverne. L’exemple le plus connu étant celui des monarchies africaines dans lesquelles le roi était exécuté illico presto s’il ne pleuvait pas. En fait, même si ce n’est pas ce que nos livres d’histoire républicains racontent, un roi est par certain côté beaucoup plus responsable devant ses sujets qu’un politicien moderne l’est devant ses électeurs.

      De toute façon, le meilleur argument actuel des royalistes devrait être : « ça ne pourrait qu’être mieux qu’Hollande et Macron » smiley


    • Iris Iris 26 juin 2020 00:21

      @NICOPOL

      Incongru je ne sais pas, mais j’ai bien compris que le peuple n’a pas gagné grand chose au moment de ce changement.
      J’ai cependant l’impression qu’il y a une tendance à vouloir plus de démocratie directe ces temps ci, ce qui me parait peu compatible avec le royalisme.
      Si Onfray/De-Villiers jouent cette carte je pense qu’ils vont se ramasser.


    • NICOPOL NICOPOL 26 juin 2020 00:46

      @Iris

      J’ai cependant l’impression qu’il y a une tendance à vouloir plus de démocratie directe ces temps ci, ce qui me parait peu compatible avec le royalisme.


      Et pourtant si :- ; Lisez Proudhon, ou Maurras ("la monarchie, c’est l’anarchie plus un

      ").


    • Iris Iris 26 juin 2020 00:51

      @NICOPOL

      Merci pour l’histoire.

      Imaginons que De-Villiers se fasse élire sur un programme royaliste. Il fait changer la constitution pour qu’il n’y ai plus d’élections ni de parlement ? Ensuite si on veux le virer on va juste le chercher ? Et qui nomme le suivant ?


    • NICOPOL NICOPOL 26 juin 2020 02:20

      @Iris On s’écarte un peu du sujet de cet article... Laissez-moi en écrire un sur le thème de l’anarcho-royalisme (vu que ça n’existe pas vraiment « officiellement », il faut que j’invente tout smiley ) et on pourra reprendre cette discussion en-dessous.

      Cdlt,


    • Iris Iris 26 juin 2020 02:37

      @NICOPOL

      Oui bonne idée, vous pourrez soumettre vos travaux au front populaire.


    • Iris Iris 26 juin 2020 02:37

      @NICOPOL

      Oui bonne idée, vous pourrez soumettre vos travaux au front populaire.


  • Francis, agnotologue JL 24 juin 2020 09:22

    Excellent en effet, l’auteur, NICOPOL a tout compris.

     

     J’approuve tout, sauf peut-être la fin, les deux derniers § : ’’Ce nouveau virus-Terminator n’est pourtant pas si dangereux que ça pour l’Homme ’’.

     

    Je ne serais pas aussi optimiste. Ce virus est un catalyseur de l’endettement des États et de la mise au pas des récalcitrants. Une aubaine pour les maîtres chanteurs. Quand on sait que derrière il y a des gens qui ne valent guère mieux que les dirigeants des Laboratoires Servier, on peut craindre le pire.

     

    ’’ Un objet n’apparaît pas quelque part sans avoir disparu préalablement ailleurs. « C’est un jeu à somme nulle »

     

     Un jeu à somme nulle financièrement, peut-être, mais à quel prix  ? Vous le dites vous-même : au prix de ’’La disparition de notre liberté avec le confinement, la disparition de notre patrimoine avec la crise économique et financière, la disparition de notre dignité avec le chômage et l’assistanat généralisé qui en découleront.’’ Et j’ajoute : du sang, des larmes, et la ruine de notre écosystème.

     

     

    nb. : Le Prestige est un film américano-britannique de Christopher Nolan sorti en 2006 et adapté du roman du même nom de Christopher Priest publié en 1995 traduit en français en 2001. Ce livre raconte la lutte entre deux prestidigitateurs de la fin du XIXᵉ siècle.


    • Réflexions du Miroir AlLusion 24 juin 2020 13:34

      @JL bonjour,

       Avez-vous remarqué que nous revenus en arrière de deux étages ?
       L’étage -1 était le message des écolos : utilisation des transports en commun, diminution de l’utilisation des plastics... et peut-être d’autres.
       Aujourd’hui, le Covid pousse à diminuer les contacts et donc, à reprendre sa voiture. Il pousse à ne plus toucher les aliments en vrac, réutilisation de plastic d’emballage mono-usage...


    • NICOPOL NICOPOL 24 juin 2020 15:07

      @JL

      Merci de votre commentaire et de vos précisions cinématographiques smiley

      Pour répondre sur le Covid-19 : oui, ce virus est autant une menace de renforcement de l’oppression, qu’une opportunité d’ouvrir les yeux et de « sortir de la Matrice », pour rester dans la métaphore cinéphile. Tout dépendra de la « masse critique » des gens qui auront ouvert les yeux à cette occasion. C’est pour cela qu’il est crucial de diffuser le plus possible l’information, sensibiliser les gens autour de nous, faire de la pédagogie.

      Après, si les Américains votent Bidden et les Français revotent Macron, on pourra dire qu’on est passé à côté d’une occasion unique (la dernière ?). Si c’est le cas, en tout cas, moi, je ferme boutique et je retourne à la campagne en autarcie.

      Oui, jeu à somme nulle « financièrement » (comptablement), mais effondrement du bien-être collectif et destruction de l’environnement, vous avez parfaitement raison. C’est une situation parfaitement sous-optimale...

      Cordialement,


  • Sylv1 24 juin 2020 11:55

    « deux guerres mondiales déclenchées par la rivalité inexpiable entre grandes puissances industrielles »

    Les historiens sont désormais d’accord pour dire que ces 2 guerres n’étaient elles-aussi qu’un autre type de détournement financier. Il n’y avait pas à proprement parler de rivalités, ou en tous cas ce n’était aucunement la cause.

    Pour généraliser, ce que vous décrivez dans cet article n’a été qu’une suite d’évènements qui n’ont qu’un seul but : aspirer les avoirs et à terme la propriété privée. Le coronavirus n’étant qu’un coup de poker supplémentaire.


    • NICOPOL NICOPOL 24 juin 2020 15:18

      @Sylv1

      D’accord avec votre modulation : bien souvent, dans un conflit qu’on présente comme « horizontal », entre 2 peuples, c’est en fait un jeu de rôle vertical dans lequel les Capitalistes de chaque camp instrumentalisent leurs populations respectives. Pendant que de jeunes prolétaires Allemands s’entretuaient avec de jeunes prolétaires Français, Ford et GM faisaient du business avec les Nazis...

      Il n’empêche néanmoins qu’à l’époque des 2 guerres mondiales, il existait encore des sentiments de patriotisme et de haine ethnique qui ont parfois pris le dessus sur les intérêts de la classe capitaliste (le « diktat » de Versailles, à mon avis, est le résultat d’une haine atavique des Français et des Anglais contre les Allemands, et non d’une collusion entre capitalistes). Et la seconde guerre mondiale a été l’occasion d’une destruction de l’appareil productif qui s’est traduit, pendant quelques décennies, par un véritable rééquilibrage entre Capital et Travail. Rééquilibrage que la « contre-révolution libérale » des années 80 a eu pour tâche d’effacer, avec le succès que l’on sait.

      Mais cette période est bien finie, et désormais, pour ne prendre qu’un exemple, c’est en toute fraternité qu’industriels français et richissimes africains travaillent main dans la main pour leurs intérêts respectifs, sur le dos des populations africaines (qui restent globalement plongées dans la précarité et l’impuissance politique) et françaises (qui payent cette « aide au développement » via leurs impôts, tout en se faisant traiter de « racistes »).


    • Kapimo Kapimo 24 juin 2020 18:27

      @NICOPOL

      Il n’empêche néanmoins qu’à l’époque des 2 guerres mondiales, il existait encore des sentiments de patriotisme et de haine ethnique qui ont parfois pris le dessus sur les intérêts de la classe capitaliste

      On veut nous faire croire que ce sont les peuples qui provoquent les guerres et les révolutions, alors que rien n’est moins vrai. L’opinion publique et la fureur nationaliste de 1914 ont été induits par les médias de l’époque, détenus par les ploutocrates de l’époque. En 1940, il n’y avait aucune envie de guerre coté français, après la boucherie de 14-18.
      Il faut suivre l’argent, voir qui a poussé à la première guerre (les banquiers capitalistes, notamment la Fed créé en 1913 qui a financé la guerre) et qui a financé le développement économique des nationaux-socialistes (les banquiers capitalistes de Londres, Wall Street et de la BRI créé pour l’occasion). Ce sont d’ailleurs les mêmes qui ont financés Trotsky et Lénine.
      Le but des crises manipulées, c’est l’augmentation du pouvoir global de la ploutocratie internationale par la destruction des contre-pouvoirs (dont font partie les nations).


    • Kapimo Kapimo 24 juin 2020 18:34

      @NICOPOL
      le « diktat » de Versailles, à mon avis, est le résultat d’une haine atavique des Français et des Anglais contre les Allemands

      Non, pas du tout. Les anglais et les anglo-saxons ne voulaient pas des réparations réclamées par la France, et Clémenceau a du se battre pour les obtenir (connaissez vous le Colonel House ?).
      Ces réparations correspondaient au destructions immenses sur le sol français. A noter qu’elles n’ont finalement quasiment pas été payées, contrairement à celles que l’Allemagne avait imposé à la France en 1870 pour des raisons là inexistantes autre que le tribut au vainqueur..


    • Sylv1 24 juin 2020 19:11

      @NICOPOL
      "il existait encore des sentiments de patriotisme et de haine ethnique qui ont parfois pris le dessus sur les intérêts de la classe capitaliste (le « diktat » de Versailles,

      « 

      Il me semble que les globalistes étaient déjà malheureusement à l’oeuvre à cette époque (et d’ailleurs depuis très longtemps). Le nationalisme était surtout du côté du peuple et une façade de leurs dirigeants. Il n’a qu’à dérouler le fil, et de voir les conséquences de chaque crise. A la fin, on voit bien que ce sont toujours les mêmes qui »gagnent", et le peuple qui perd un peu plus de son humanité.


    • Sylv1 24 juin 2020 19:17

      @Sylv1
      J’ai été trop vite : la disparition de la propriété privée est juste un objectif.
      D’autres sont le contrôle du peuple, disparition des valeurs familiales, disparition des religions, ...
      Pour s’en rendre compte, la crise du covid est un très bon exemple.


    • NICOPOL NICOPOL 24 juin 2020 20:19

      @Kapimo

      je suis globalement d’accord avec vous, mais avec peut-être davantage de nuances :

      Les nationalismes pathologiques sont exacerbés et instrumentalisés par les « puissants », je suis bien d’accord. Le paysan allemand et le paysan français n’avaient aucune raison personnelle de se faire la guerre. Il n’empêche qu’on ne peut nier l’existence de formes de xénophobies « naturelles » depuis les débuts de l’humanité, et qui trouve encore aujourd’hui de multiples formes. Les grecs méprisaient les « barbares » comme les juifs les hébreux, les africains des côtes ceux de l’intérieur, les esclavagistes arabes les noirs etc etc. Il subsiste un racisme anti-noir, mais aussi des formes de racisme anti-blanc de la part de certains noirs. Les asiatiques sont atrocement racistes envers les noirs, les japonais envers les autres asiatiques, les allemands méprisaient les slaves (d’où vient le mot « esclave »), etc etc. Je ne pense pas que l’on puisse tout mettre sur le dos du « grand capital ».

      Quant au traité de Versaille, ce sont bien ses conditions iniques qui ont révolté le peuple allemand et l’ont poussé à soutenir le régime nazi, qui promettait justement de laver cette « humiliation ». Il a également braqué les italiens, qui se sont sentis trahis et ont été davantage enclin, avec les fascistes, à se rapprocher des allemands avant la 2ième GM. les anglais ont certes, au bout d’un moment, un peu tempéré les exigences françaises, mais c’était avant tout pour éviter à celle-ci de redevenir trop puissante, et leur intention était également d’affaiblir au maximum l’Allemagne (« presser le citron jusqu’à ce que les pépins craquent », pour reprendre la formule de Lloyd Georges, leur premier ministre de l’époque). 


    • NICOPOL NICOPOL 24 juin 2020 20:25

      @Sylv1

      Oui, bien d’accord. Les luttes horizontales (blanc vs noirs, hommes vs femmes, hétéro vs homos, fonctionnaires vs salariés du privé...) sont un excellent moyen de détourner la colère verticale du peuple contre ses élites financières (une excellente illustration étant, alors même que le système financier est en train de se sauver lui-même d’une façon absolument criminelle, la résurgence des tensions raciales aux USA et en France).

      Mais sans l’existence de méfiances ataviques au sein du peuple, la manœuvre ne fonctionnerait pas aussi facilement. Critiquer et lutter contre nos dominants ne doit pas exclure de faire notre propre examen de conscience et de comprendre pourquoi nos faiblesses nous rendent aussi facilement domesticables.


    • Kapimo Kapimo 25 juin 2020 00:04

      @NICOPOL

      Oui bien sur, la xénophobie existe, souvent d’ailleurs entretenue par les élites locales.
      En même temps, le besoin du sentiment d’appartenance à un groupe (à tous les niveaux) est consubstantiel de la nature humaine. Et un groupe se définit par rapport à d’autres groupes.
      Dans tous les cas, ce ne sont pas les peuples qui déclenchent les guerres.


    • NICOPOL NICOPOL 25 juin 2020 01:05

      @Kapimo

      On est d’accord.


  • Réflexions du Miroir AlLusion 24 juin 2020 13:14

    Il faut avouer que c’était bien amené tout de même smiley

    Jouer sur cette promesse par la pub et la séduction.

    Qui a gagné ?

    Le Web et ses entreprises qui vendent du vent et qui ne produisent rien.

    C’était pourtant très simple à comprendre que ce qui est présenté comme gratuit, ne l’était pas vraiment. Il devait y avoir une contre-partie bien cachée.

    Sur Avox, tout est bon à faire parler mais pas à agir...

    Faites ce que je dis, mais pas ce que je fais....

    Cela a existé avant le Covid mais celui-ci l’a seulement pris, mis en application.

    L’auxiliaire « être » va-t-il prendre de vitesse l’auxiliaire « avoir » ?

    Les paris sont ouverts.... smiley


    • NICOPOL NICOPOL 24 juin 2020 15:23

      @AlLusion

      Votre commentaire est un peu cryptique, mais je suis d’accord avec ce que je crois en comprendre smiley


  • NICOPOL NICOPOL 24 juin 2020 14:57

    Bizaremment, la dernière phrase de l’article a sauté... Il faut lire "je n’ai aucun lien d’intérêt avec eux, directement ou indirectement".


  • rogal 24 juin 2020 15:07

    « prélever du vrai argent en prêtant de la fausse monnaie ».

    Comment distinguer l’une de l’autre ?


    • NICOPOL NICOPOL 24 juin 2020 15:33

      @rogal

      On peut, comme Mike Maloney, définir l’ « argent » (money) par les propriétés suivantes :

      1. Moyen d’échange (peut servir d’intermédiaire dans une transaction commerciale)
      2. Unité de compte (peut être énumérée et comptabilisée)
      3. Durable (longue durée d’usage)
      4. Divisible (on peut la diviser en unités plus petites pour « rendre la monnaie »)
      5. Portable (facile à transporter)
      6. Fongible (chaque unité à la même valeur et ne peut être distinguer d’une autre)
      7. Réserve de valeur (chaque unité garde le même pouvoir d’achat dans le temps)

      La « monnaie » fiduciaire (currency) répond aux 6 premiers critères, mais PAS au 7ième (aujourd’hui, vous pouvez vous acheter avec des dollars 99% de moins qu’il y a un siècle, et avec l’euro 80% de moins qu’il y a 20 ans). L’immobilier répondrait davantage à ce critère, mais pas aux 4 et 5. Pour les « gold bugs » comme Mike Maloney, depuis les débuts de l’humanité, seuls l’or et l’argent ont coché tous ces critères (en particulier le 7ième) et méritent donc l’appellation d’ « argent » (« money »). Ceci s’explique par le fait que, contrairement aux monnaies fiduciaires, on ne peut pas les créer ex-nihino (« you can’t print gold », comme on dit).

      Pour certains, les cryptomonnaies sont aussi de l’ « argent », mais en ce qui me concerne je n’en suis pas convaincu (il suffit d’une panne électrique pour que tout disparaisse). 

      https://goldsilver.com/getting-started-guide/chapter-one/


    • rogal 25 juin 2020 06:50

      @NICOPOL
      Soit ; chacun sa définition de la monnaie. Mais en quoi y a-t-il « prélèvement du vrai argent » dans cette affaire ?


    • NICOPOL NICOPOL 25 juin 2020 15:47

      @rogal
      Les banques créent de la fausse monnaie (de la monnaie virtuelle) mais la prêtent contre de la vraie monnaie, via les intérêts. Lorsqu’un emprunt est remboursé, la quantité totale de monnaie redevient la même qu’initialement, mais un transfert s’est fait entre l’emprunteur et le prêteur. Il y a donc bien transfert de vraie monnaie via le prêt transitoire d’une fausse monnaie.
      Ensuite, avec cette vraie monnaie, les capitalistes acquièrent un pouvoir d’achat qui leur permet d’acquérir des biens tangibles (immobilier, santé, éducation), c’est-à-dire une vraie richesse. Ils ont aussi la possibilité d’acquérir de l’or ou de l’argent, que certains considèrent comme le seul vrai « argent » (money, par opposition à currency).
      « Monnaie », « argent », finalement il ne s’agit que d’intermédiaires, l’important est la répartition du pouvoir d’achat. Et le point critique de tout cela (la dette, la création monétaire), c’est qu’il s’agit d’un gigantesque transfert de pouvoir d’achat des classes populaires vers les classes possédantes dont le corollaire est l’accroissement révoltant des inégalités depuis les années 80. La mesure du pouvoir d’achat doit se faire dans une unité de valeur stable dans le temps, ce qu’on appelle justement l’ « argent » (money), de sorte qu’acquérir de l’ « argent » (money) et accroitre son pouvoir d’achat sont synonymes.
      Bref, prêt de fausse monnaie -> paiement d’intérêt (vrai monnaie) -> transfert de pouvoir d’achat (richesse, vrai « argent »). Bon, ma formulation était un peu condensée et pas parfaitement rigoureuse, mais l’important est de transmettre l’idée de base sur le pouvoir d’achat. 


  • microf 24 juin 2020 15:26

    Tout simplement bravo à l’auteur, très très bon article à méditer.


  • Kapimo Kapimo 24 juin 2020 18:09

    Excellent article, qui dit presque tout, même si l’analogie finance/prestidigitation est incomplète : dans la vraie vie, beaucoup de gens pensent qu’il ne s’agit pas d’illusions mais bien de la réalité.

    Les gouvernants à la solde des financiers sont désormais d’abord de vrais pros de l’induction de fausses réalités, et ceux qui dénoncent leurs trucs grossiers sont dénoncés comme de mauvais coucheurs, des empêcheurs de rêver et jouir en rond, tant l’emprise sur les esprits s’est perfectionné depuis des générations : https://www.legrandsoir.info/IMG/pdf/IS_M.pdf

    Le Corona me parait être un bon tour de plus pour gaver encore et encore les spéculateurs, avant le prochain tour qui prend déjà le nom de « grand reset » dans la bouche des plus hautes « autorités » de la ploutocratie financière. Prochain tour qui risque de leur péter à la figure, d’ou les états d’urgence en gestation ici ou là.

    Sinon, Chogyam Trungpa, c’est du lourd : tout n’est qu’illusion. smiley


    • NICOPOL NICOPOL 24 juin 2020 18:25

      @Kapimo

      Merci de votre réaction

      dans la vraie vie, beaucoup de gens pensent qu’il ne s’agit pas d’illusions mais bien de la réalité

      Ben, c’est le principe d’une illusion : ceux qui se font abuser sont persuadés qu’il s’agit de la réalité, ceux qui ne sont pas dupes voient bien que ça n’existe pas vraiment.

      Sinon, Chogyam Trungpa, c’est du lourd : tout n’est qu’illusion


      Héhé, pas vraiment : seule la projection mentale que nous plaquons sur le monde est illusion, mais le monde lui-même n’est pas une illusion. Il est juste dépourvu d’essence et de permanence. « La forme est vide et le vide est forme »... Le Bouddhisme est non-dualiste, mais il n’est pas, selon ma compréhension du moins, un immatérialisme pur comme peut l’être celui de Berkeley.

  • alinea alinea 24 juin 2020 19:51

    Ça fait du bien, des mots plein de sens en phrases compactes qui rassemblent et résument notre réalité ! des galets à ne pas perdre de vue pour passer le gué qu’il nous faudra bien traverser.

    La fête est finie, depuis longtemps en réalité si elle a jamais commencé, mais l’étau se resserre car on a externalisé les « pots cassés » tandis que d’un autre côté on rabougrissait le monde ; non seulement on peut voir ce qui se passe partout, mais on le subit.

    Les chiffons rouges que l’on nous tend se décolorent, et les barbes-à-papa que l’on nous offre perdent de leur attrait. Nous voici rendus au réel, contraints d’y faire face.


    • NICOPOL NICOPOL 24 juin 2020 20:27

      @alinea

      Nous voici rendus au réel, contraints d’y faire face.

      Voilà, tout est dit. A chacun ensuite de choisir entre la pilule rouge et la pilule bleue. Et d’assumer ses positions dans le monde « physique » (et pas seulement dans l’anonymat d’un chat virtuel). 

  • I.A. 25 juin 2020 14:11

    Tous ces articles sont intéressants, mais ça va à une telle vitesse !

    En plus d’être édifiante, votre analyse est très agréable à lire, avec des métaphores sympas.

    Pour ma part, j’ai toujours gardé cette drôle d’impression que rien n’avait jamais véritablement changé, dans le fond : leur tour de passe-passe a consisté aussi, il y a bien longtemps de ça, à nous appeler « salariés » à la place de cerfs ou esclaves.

    Avant, nous étions logés et nourri. Aujourd’hui, nous payons nos loyers, notre nourriture et tout le reste à ces mêmes propriétaires-là, avec en plus l’illusion d’être libres et de faire des choix. Or en réalité cela revient exactement à la même chose.

    Comme vous dites, demain nous serons certainement tous millionnaires, mais... en anciens euros !


    • NICOPOL NICOPOL 25 juin 2020 16:07

      @I.A.
      Merci, et d’accord avec vous. On pourrait mettre soutenir que la condition de salarié est pire que celle de serf ou d’esclave, car le seigneur moyen-ageux ou le propriétaire d’esclaves romain avait certains devoirs envers eux, notamment de les maintenir en vie, ce que n’a même plus le grand patron envers ses employés smiley


    • NICOPOL NICOPOL 25 juin 2020 16:11

      @I.A.
      Pour illustrer cela de façon concrète : j’ai visité il y a quelques mois des mines d’argent près de Guanajuato au Mexique, et il était bien expliqué comment les grands propriétaires espagnols ont « émancipé » leurs esclaves pour en faire des salariés, parce que ça leur coutait beaucoup moins cher (en tant qu’esclaves, ils étaient obligé de les nourrir suffisamment, alors qu’en tant que salariés « libre », ils pouvaient les payer la moitié de ce qu’il fallait pour se nourrir, puis leur prêter la différence, cette dette se transmettant à leurs enfants qui se retrouvaient à leur tour obligés de travailler dans les mines pour une misère) !


Réagir