Le risque nucléaire n’est pas une illusion
Capitalisme, dette, nucléaire : pourquoi il est urgent de passer au Joule
Chaque jour, on nous parle de déficit public, de dettes à transmettre à nos enfants, d’insécurité à gérer dans l’instant. Mais derrière ces écrans de fumée se cache une menace autrement plus concrète : celle de voir nos enfants finir leur existence dans un monde détruit par nos propres armes.
Les probabilités sont implacables : à l’horizon 2100, l’usage du nucléaire devient presque une certitude si nous continuons sur la voie actuelle. Or ce destin tragique n’est pas une fatalité : il est le produit direct d’un système économique fondé sur l’abstraction du capital et la course infinie à la croissance.
Il est temps de poser une question radicale : et si l’on mesurait la valeur non plus en argent, mais en énergie réelle – le joule ?
Rémunérer les Hommes pour apprendre pour qu’ils se dépassent
L’évolution de l’humanité a toujours reposé sur la capacité de l’homme à dépasser ses instincts immédiats pour se projeter dans l’avenir. Pourtant, nos sociétés modernes tendent à enfermer les individus dans une logique d’immédiateté : production, consommation, rentabilité.
À mesure que la technologie réduit la nécessité du travail humain, une minorité suffit de plus en plus à faire fonctionner le monde. La question centrale devient alors : que faire du temps libéré ? Plutôt que de laisser s’installer la marginalisation et le vide, il est urgent d’imaginer un modèle où les hommes seraient rémunérés pour apprendre tout au long de leur vie.
Apprendre, c’est se libérer de l’ignorance, c’est se préparer à transcender les instincts archaïques qui nourrissent conflits et destructions. Dans une société où l’éducation est la véritable richesse, l’apprentissage permanent n’est pas un luxe, mais une nécessité vitale.
La dette comme diversion politique
Dans une vie collective gouvernée par l’obsession de l’instant, les responsables politiques agitent sans cesse la menace de la dette publique. Ils occupent l’espace médiatique en cultivant une insécurité souvent surfaite, tout en invoquant leurs enfants comme justification morale : « nous ne devons pas leur laisser une dette ».
Mais dans le même temps, ils passent sous silence un danger bien plus concret et existentiel : celui de laisser à leurs enfants non pas un déficit comptable, mais la perspective de finir leur existence dans un monde détruit par l’autodestruction nucléaire ou écologique.
Le risque nucléaire, une certitude statistique
Les calculs probabilistes sont implacables :
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avec 1 % de risque annuel, il y a 1 chance sur 2 qu’une arme nucléaire soit utilisée d’ici 2100 ;
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dans un scénario d’escalade, ce risque grimpe à 2 chances sur 3.
Autrement dit, si rien ne change, l’usage du nucléaire devient quasi certain à l’échelle du siècle.
Encadré méthodologique – Risque d’utilisation nucléaire
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Courbes = estimations probabilistes (pas des prédictions).
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H ypothèses :
• Risque annuel constant de 0,5 % ou 1 % (scénarios stables).
• Risque croissant de 0,5 % en 2025 à 2 % en 2100 (scénario d’escalade).
• Probabilité cumulée calculée avec la loi des probabilités indépendantes. -
Limites :
• Ne prend pas en compte désarmement, nouveaux traités, ou accidents évités de justesse.
• Objectif = montrer que le temps rend l’usage plus probable.
Lecture politique des chiffres :
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À 1 % par an → environ 1 chance sur 2 d’ici 2100.
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Dans un scénario d’escalade → environ 2 chances sur 3.
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Conclusion : si rien ne change, l’usage devient quasi certain à l’échelle du siècle.
Le capitalisme, moteur de la destruction
Pourquoi ce risque est-il si élevé ? Parce que notre système économique, fondé sur une monnaie abstraite, nourrit des dynamiques de croissance infinie, de compétition et d’accumulation.
À long terme, ces logiques produisent inégalités, tensions et guerres. L’arme nucléaire n’est que le point final de ce cycle : quand les moyens existent, l’histoire et la statistique montrent qu’ils finissent par être utilisés.
Passer de la monnaie à l’énergie : une sortie possible
Il est temps de repenser la valeur.
Mesurer l’économie en joules — l’énergie humaine et matérielle mobilisée pour produire biens et services — permettrait de :
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donner une valeur universelle et équitable,
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limiter la spéculation,
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respecter les limites physiques de la planète,
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et surtout, désamorcer la mécanique de l’autodestruction.
Sortir de la monnaie abstraite, c’est réduire la probabilité que la logique guerrière inscrite dans le capitalisme ne se traduise un jour par le feu nucléaire.
Et si on investissait dans l’apprentissage ?
Plutôt que de laisser le temps libéré par la technologie se perdre, pourquoi ne pas rémunérer les hommes pour apprendre ?
Apprendre, c’est se libérer de l’ignorance, c’est se préparer à dépasser les instincts destructeurs.
Conclusion
Rémunérer les hommes pour apprendre, repenser la valeur en énergie plutôt qu’en argent abstrait, réorienter la politique au-delà de l’obsession de la dette : toutes ces pistes convergent vers une même urgence.
Il s’agit de donner à l’humanité une chance réelle d’éviter l’autodestruction et d’offrir aux générations futures autre chose qu’une survie précaire sous la menace de leurs propres armes.
L’avenir n’est pas un luxe : il est le devoir de ceux qui vivent aujourd’hui.





