vendredi 15 février 2008 - par Céphale

Le travail flexible est-il bon pour les entreprises ?

Quatre syndicats, à l’exception de la CGT, ont signé le mois dernier avec le Medef un accord visant à rendre le travail plus flexible. Ils ont signé sous la contrainte : François Fillon avait prévenu que si la négociation n’aboutissait pas à un accord avec au moins trois syndicats, il ferait voter une loi imposant un contrat de travail unique.

Le Medef a déclaré le lendemain : « Si ce projet est validé et transposé en droit, il clôt une époque et il ouvre une ère nouvelle pour les relations sociales et pour l’économie en France : il invente la flexisécurité française. Grâce à cet accord, on diminuerait pour les entreprises le risque à l’embauche et, pour les salariés, le risque d’être mis à l’écart du marché du travail. » L’organisation patronale soutient une fois de plus l’idée que si les entreprises peuvent licencier à leur guise, le chômage sera guéri. C’est un discours qu’elle tient depuis trente ans.

La CGT au contraire a expliqué que ce projet, s’il était adopté, « marquerait un recul important du Code du travail  ». Pour résumer, il allongerait les périodes d’essai, favoriserait la séparation à l’amiable et légaliserait le contrat à objet défini. On comprend bien que ces trois mesures pourraient augmenter l’insécurité des salariés, mais elles n’ébranleraient pas les deux piliers du Code du travail : le CDI et le CDD.

Il s’agirait, selon le Medef, de protéger les chefs d’entreprise contre l’insécurité juridique que représentent les procédures devant les conseils des prud’hommes, d’où en particulier l’exigence d’un plafonnement des indemnités accordées par le tribunal en cas de licenciement abusif. Curieuse demande d’une organisation qui se plaît à exalter le goût du risque.

Le but de cet article n’est pas de prendre la défense des salariés pour des raisons partisanes ou par idéalisme. Il n’est pas non plus de critiquer l’attitude des patrons. Il est de montrer que le nouveau Code du travail qui semble se dessiner sous la pression du gouvernement risque de réduire encore un peu plus la compétitivité des entreprises, même s’il ne change pas fondamentalement les dispositions actuelles.

La flexibilité n’est pas la même pour tous

Dans une grande entreprise, tous les directeurs qui ont connu le problème du transfert de personnes d’un établissement à un autre vous diront que la flexibilité des salariés est une bonne chose. Mais un salarié qui démissionne parce qu’il ne veut pas être envoyé dans une contrée lointaine vous dira le contraire. Il existe en effet plusieurs sortes de flexibilités. Le mot peut vouloir dire, selon les cas :

1. l’aptitude d’un salarié à changer de travail dans une même entreprise ;
2. la mobilité géographique d’un salarié dans une même entreprise ;
3. la facilité pour un salarié de changer d’entreprise ;
4. la facilité pour une entreprise de se défaire d’un salarié.

Les deux premiers cas concernent uniquement les grandes entreprises, où la mobilité interne est de règle en raison du nombre de métiers et d’établissements. Une telle conception de la flexibilité présente de nombreux avantages, autant pour le salarié que pour l’entreprise, notamment si le salarié est sous CDI.

Les deux autres cas concernent toutes les entreprises, grandes et petites. C’est la mobilité externe, une autre conception de la flexibilité. Elle rime souvent avec précarité car le salarié qui sort d’un CDD, même quand il a la chance de ne pas rester trop longtemps au chômage, va souvent retrouver un CDD dans une autre entreprise. En outre, le sentiment de précarité entretenu chez le salarié permet à l’employeur de mieux faire pression sur le salaire. Je voudrais montrer ici que non seulement le salarié est perdant, mais aussi que l’entreprise est perdante.

Pourquoi la compétitivité est en danger

La compétitivité d’une entreprise, c’est sa capacité de mettre en vente des produits meilleurs et moins chers que ceux de la concurrence. La seule question qu’il faut poser est donc : que doit faire une entreprise pour être compétitive ?

La qualité et le prix de revient d’un produit dépendent de nombreux facteurs : de l’innovation, de l’organisation, des méthodes, des matières premières, des machines... et des hommes. Dans cet ensemble tout se tient. La défaillance d’un seul facteur peut provoquer un échec. Les Japonais ont bien compris l’importance du facteur humain quand ils ont créé les cercles de qualité. Dans les entreprises japonaises, tous les salariés participent à l’amélioration de la qualité et à la réduction du prix de revient. Ils ont donc un rôle important dans la poursuite de la compétitivité.

L’importance du facteur humain dans la bonne marche d’une entreprise fait que la précarité, conséquence de la mobilité externe, est un obstacle à la compétitivité. Il est clair en effet qu’un salarié ne peut participer aux efforts d’amélioration que dans la mesure de son intégration dans l’entreprise, et que son intégration est impossible avec un travail précaire. Il faut toujours un certain temps pour qu’un nouveau salarié connaisse la maison, pour qu’il s’adapte à ses collègues et à ses chefs. Et puis comment pourrait-il s’investir dans la durée alors qu’il risque de partir au bout de quelques mois ?

Un autre inconvénient du travail précaire est l’impossibilité de se concentrer totalement sur ce qu’on fait. Un salarié en situation précaire est assailli de soucis, par exemple quand il veut louer un appartement ou obtenir un crédit auprès d’une banque. Le pire est qu’il ne voit pas comment il va se construire un avenir stable. C’est un problème pour le salarié, mais je répète que c’est aussi un problème pour l’entreprise, car dans ces conditions le salarié ne peut pas donner le meilleur de lui-même.

Comment sauver la compétitivité

Le contrat flexible que le gouvernement nous prépare semble surtout destiné aux patrons qui ne voient leur entreprise qu’à travers des indicateurs financiers. Ils sont si contents de faire des bénéfices à la petite semaine qu’ils ne comprennent pas que les économies obtenues en rognant sur la masse salariale sont en train de ruiner leur entreprise. Ils croient peut-être que la compétitivité va leur tomber du ciel.

Tous les patrons n’ont pas la vue aussi courte. La plupart d’entre eux sont assez avisés pour savoir où se trouvent les facteurs de compétitivité dans leurs entreprises. Si la nouvelle législation leur permet de choisir un type de contrat de travail favorable à l’amélioration de la compétitivité, ils continueront certainement à donner la préférence au CDI.



24 réactions


  • tvargentine.com lerma 15 février 2008 12:36

    Comment décrypter une instrumentalisation d’AGORAVOX PAR L’EXTREME GAUCHE

    Notre ami écrit "Quatre syndicats, à l’exception de la CGT, ont signé le mois dernier avec le Medef un accord visant à rendre le travail plus flexible. Ils ont signé sous la contrainte  (comme en Chine ou en Corée du Nord ???????????)

    Ensuite notre ami fonctionnaire-retraité des PTT retraité  :"Le contrat flexible que le gouvernement nous prépare semble surtout destiné aux patrons qui ne voient leur entreprise qu’à travers des indicateurs financiers"

    Entre les deux R I E N

    Voila donc l’instrumentalisation par un militant d’extreme gauche qui écrit un article de désinformation et dont les organisations syndicales n’ayant pas accepté la vision sectaire de la cgt ont forcement signé sous la contrainte !  pour faire plaisir à des salaux de patrons

    Article ridicule

     


    • Lisa SION 2 Lisa SION 15 février 2008 13:21

      pas tant que le flux et notre intervenant précédent seront tendus...

      D’ailleurs, l’alimentation est de moins en moins dégradable, puisque pleine de conservateurs et de légumes et fruits inertes. Cela devrait lui permettre de détendre les flux commerciaux roulant sur les mêmes réseaux routiers que les flux privés et relax que l’on cherche à atteindre par maintes campagnes pub et une répression toujours plus tendue, elle même... afin d’en diminuer les mort ...


  • samy31500 15 février 2008 13:41

    Lerma,

    Vous êtes en Argentine ? Restez -y s’il vous plaît.

    Merci

    ...


  • Le péripate Le péripate 15 février 2008 15:05

    Cette réforme intervient alors que la dualisation du salariat est très largement accomplie.

    D’une part, les intérimaires, les externalisés, les CDD, les chômeurs seront peu concernés. Le flexi est un fait, la sécurité a été abandonnée à l’État par le biais de l’assurance chômage. Ceux là n’ont rien à attendre du volet sécurité.

    D’autre part les salariés importants pour l’entreprise, le coeur, en CDI, souvent syndicalisés. Ceux là sont maintenant rattrapés, même s’ils bénéficieront a priori de conditions toujours plus favorables que les premiers.

    Cette situation est d’autant plus problématique que la "ressource humaine" est longue à "produire", à la manière du bois de certains arbres que l’on plante longtemps avant la récolte, et que les effets de ces dé-formes se feront sentir sur de nombreuses années. Les coûts d’entretien et de reproduction du travail sont ainsi largement reportés sur les personnes privées et les dispositifs publics, renforçant parmi les premières les inégalités de revenu, la souffrance au travail et l’impossibilité de se projeter dans l’avenir, et en accentuant dans le deuxième cas la crise de l’État-providence, contraint d’effectuer de nouveaux prélèvements obligatoires, ce qui permet aux entreprises de toujours plus se désengager. Drôles de libéraux !

    Mais la peur du chômage est un puissant levier.


  • Le péripate Le péripate 15 février 2008 15:19

    Cette réforme intervient alors que la dualisation du salariat est très largement accomplie.

    D’un côté les intérimaires, externalisés, chômeurs, CDD, qui connaissent bien le flexi, et auront peu à attendre du volet sécurité.

    De l’autre, le coeur de l’entreprise, des salariés souvent syndiqués, sont maintenant à leur tour sur la sellette, alors qu’ils ont été bien peu solidaires des premiers. Bien fait ? Pas si sûr.

    Cette situation est d’autant plus problématique que la "ressource humaine" est longue à "produire", comme certains arbres qu’ils faut planter longtemps avant de pouvoir les récolter, et que les effets de ces de-forme se feront sentir longtemps. Les coûts d’entretien et de reproduction du travail sont ainsi largement reportés sur les personnes privées, et les dispositifs publics, renforçant parmi les premières inégalités salariales, souffrance au travail, et précarité, et accentuant dans le second cas la crise de l’État -Providence contraint d’opérer de nouveaux prélèvements obligatoires, ce qui permet au entreprise de se dégager toujours plus de leurs responsabilités. Drôles de libéraux !

    Mais le chômage est un puissant levier.


  • Céphale Céphale 15 février 2008 16:38

    Je n’ai pas pour habitude de répondre aux trolls.

     

    Toutefois je tiens à démentir une affirmation mensongère de monsieur LERMA, qui se permet d’écrire sur mon compte alors qu’il ne me connait pas.

     

    Ce bavard malveillant écrit : « notre ami fonctionnaire-retraité des PTT... »

     

    Le statut de fonctionnaire est parfaitement honorable, mais il se trouve que je n’ai jamais travaillé dans les PTT et que je n’ai jamais été fonctionnaire. J’ai fait toute ma carrière dans le secteur privé, notamment dans une grande multinationale américaine.


    • ddacoudre ddacoudre 15 février 2008 22:14

      Bonjour cephale

      Il ne faut pas prendre la peine de se justifier nous ne sommes pas là pour cela. Il ne faut pas laisser certain pourrir l’esprit de ce média inter actif en entrant dans des réponses parce que l’on a son ego un peut froissé où que l’on veut démentir une rumeur, qui n’empêchera pas ce que cela arrange d’en faire usage.

      Personnellement je ne prends que rarement connaissance de la qualité de l’auteur, me bornant à lire ses articles où commentaires pour la valeur qu’il ont, en reconnaissant à chacun d’écrire suivant ces moyens et ses convictions d’eussent elles être à l’opposé des miennes.

      Ne pas répondre à des coups bas n’est pas les fuir, car il peut leur être répondu, par exemple en l’espèce en explicitant le rôle indispensable d’une administration qui favorise le terrain du privé, pour ne pas faire comme souvent nous le reprochons aux débats politiques, des échanges stériles invalidant qui nuisent à la qualité et à la renommé d’ago.

      Je lis parfois que pour les uns c’est le rendez vous des « faschos », pour d’autres des « gauchaux ». Si leurs articles où commentaires sont de valeurs et contribuent aux échanges, alors ils favorisent la crédibilité de ce site en étant le reflet d’une diversité d’expression. Sinon il ne vaut mieux pas répondre aux attaques personnelles et laisser certains dans leur délire car y répondre c’est les encourager à persévérer.

      Ceci dit tu fais comme tu le sens et je vais faire un commentaire à ton article. Cordialement.

       


    • ddacoudre ddacoudre 16 février 2008 00:07

      Re bonjour cephale

      Ton article est une position qui se vérifie suivant les activités, particulièrement celles qui demandent un haut taux de technicité dans les productions ou les conceptions où dans l’exigence d’un noyau dur.

      La technologie nous a fait entrer dans un monde d’opulence de production et de surplus du seulement à l’exigence de produire pour faire circuler la monnaie sur le principe unique du travail.

      Pour ce principe nous avons considéré que le service devait aussi se compter comme un travail modifiant en cela son acception Marxiste et créant de la confusion.

      Confusion que l’on retrouve dans les discutions qui confonde libéralisme et capitalisme si bien que j’en suis arrivé à parler de « libéralisme capitalistique » pour faire la distinction en fustigeant le capitalisme ne pas fustiger le libéralisme philosophique. Qui pose le principe du libre commerce dans le cadre d’une morale du respect de l’individu, ce que ne fait pas le capitalisme quand il soumet les individus au dictat de sa puissance (un vaste débat)

      Cette abondance de biens, sans exclure la production d’utilité et devenu la production d’un bien et d’un service pour trouver une source de revenu même si l’on à plus besoin du travail de tous et encore moins des produits que l’on imposent par le marketing.

       

       Nous cherchons donc en permanence ce que nous pouvons nous vendre pour justifier d’un travail que la compétition cherchera à réduire par la technologie.

       

       

      Ainsi l’entreprise se voit devoir s’ajuster à la demande éphémère des productions, aux concurrences que se livrent les villes et villages pour retenir les créateurs d’entreprises ou d’artisanats il est rare de traverser un village aux porte des grandes villes où dans les grandes voie du trafic économique sans une ZAC et autres.

       

      Ensuite les masses financières qui circulent à la recherche d’un retour sur investissement poussent à la recherche toujours plus drastique de rentabilité et de ce fait une réduction des coûts de mains d’œuvres soit directement ou sur la pression mise sur les fournisseurs et en chaînes les uns sur les autres.

       

      Ce besoin qu’ont les entreprises de réagir rapidement car leur réalisation se fait sur des marges de plus en plus serrées et le calcul à la marge semble la règle.

       

      Il est bien évident que la gestion du personnel et des relations du travail s’en sont ressentis et nous avons tout l’attirail de contrats que nous connaissons, en passant par les fameux SIVP (Stage d’insertion à la vie professionnelle) qui donnait de la mains d’œuvre gratuite à des employeurs.

       

      Je suis d’accord avec toi que les grands groupes ou entreprises ne sont pas particulièrement touchés par cette « flexisécurité », ni d’autres qui font appel le plus souvent à de l’intérim. Il y a longtemps que les employeurs ont solutionné le problème de l’incertitude de l’embauche par les CDD.

       

      Alors que cache cette flexisécurité, les conflits des prud’hommes sont de l’ordre de 230000 pour 24 millions d’actifs soit 0,095%. Qui croira que c’est cela qui apporte des difficultés aux entreprises.

       

       Il n’y a pas de raisons réelles à cette flexisécurité dont la flexibilité existe déjà et qu’il faut sécuriser. Je n’ai pas lu l’accord si je l’ai avant mon départ pour six mois je ferais un article dessus.

       

      Une fois de plus nous sommes dans le débat idéologique capitaliste qui se cache derrière l’objectivation de l’économie libérale.

       

      Par contre il faut une véritable sécurité,  (c’est curieux que quand l’on parle de sécurité de l’emploi le gouvernement soit moins prompt que pour la sécurité des biens et des personnes) pour permettre aux salariés licencier, quel qu’en soient les motifs pour raison économique une protection, qui elle tiendra, compte des motifs et des comptes de l’entreprise.

       

      S’opposer aux licenciements pour raisons économique n’est pas fondé même si l’entreprise réalise des bénéfices, mais il l’est encore moins dans ces cas que ce soient seule la solidarité qui finance. Et c’est là tout le problème de ces gouvernants qui se sont coupés des moyens d’émettre la monnaie dont ils auraient besoin pour relancer des activités de remplacements.

       

      Je ne me prive pas de critiquer le capitalisme, mais pas l’entreprise qui est un formidable outil dont la fonction n’est pas de créer des emplois. Que les capitalistes se servent d’elles pour s’enrichir n’est pas une nouveauté Marx l’a démontré, mais qu’au travers de l’entreprise ils veuillent asservir à une « comptabilité » le peuple, les salariés, et les politiques est une démarche éminemment idéologique.

       

      La comptabilité qui nous contraint au point de nous croire pauvre si les résultats ne sont pas exponentiels, comme si la vie n’était pas une alternance de haut et de bas, et le fruit d’une organisation et non une vérité et elle peut donc être changé soit par la variation de nos comportements, par le rapport de force ou la volonté politique car elle n’est pas inéluctable, mais encore faut-il être d’un esprit libéral.

       

      Cordialement.


  • Annie 15 février 2008 18:06

    Vous posez la question très clairement. Il m’a semblé au début des négociations que les syndicats étaient prêts à lâcher un peu de lest, parce que la compétitivité des entreprises est garante dans une certaine mesure de l’emploi. C’est une question que je me pose : jusqu’où peut-on aménager les contrats des salariés, ménager étant un bien joli mot pour parler d’une perte ou d’une dilution des acquis ? Quelles sont les concessions à faire des deux côtés pour que chacun y trouve son compte. Vous abordez également un autre problème pour les entreprises, celle du manque d’implication et de motivation des salariés précarisés. Il faut également ajouter les frais de recrutement qui pèsent relativement lourds sur les entreprises et l’introduction de la gestion des performances qui à mon avis est très aliénante pour le personnel.

    Malheureusement, je ne suis pas sûre que les entreprises soient conscientes ou veulent connaître ces coûts associés, car finalement il est facile d’attribuer une hausse ou une baisse de productivité à des facteurs quantitatifs, mais là c’est de la qualité de l’environnement professionnel qu’il s’agit et c’est beaucoup plus difficile à évaluer, et en temps de crise, j’ai bien peur que cela soit considéré comme un luxe. 


  • Gasty Gasty 15 février 2008 18:40

    Le début de l’ère industriel à nos jours a marqué l’histoire de luttes ouvrières. Toutes ces luttes ont apportés les acquis sociaux considéré comme progrès de la civilisation.

    Dans cette période de l’histoire, il y avait un livret ouvrier, véritable passeport de travail, soumission à l’employeur et à ses décisions. Ce livret fut supprimé après de longue luttes en 1890.

    Ca me fait bougrement croire à un retour en arrière , en une nouvelle forme de livret, l’ouvrier fiché et suivi par le ou les employeurs.

    Il invente la flexisécurité française. Grâce à cet accord, on diminuerait pour les entreprises le risque à l’embauche et, pour les salariés, le risque d’être mis à l’écart du marché du travail.

    Avec en autre, ses quatre éléments inscrit dessus.

    1. l’aptitude d’un salarié à changer de travail dans une même entreprise ;


    2. la mobilité géographique d’un salarié dans une même entreprise ;


    3. la facilité pour un salarié de changer d’entreprise ;


    4. la facilité pour une entreprise de se défaire d’un salarié.

     


  • Annie 15 février 2008 19:24

    Gasty,

    Vous avez raison. Ce sont les acquis des travailleurs qui sont attaqués. Le dilemme est que sans employeurs, il n’y a pas d’employés, alors que faire pour que les intérêts de chacun convergent et soient protégés. Vous devriez lire l’article de Libération (je crois) sur la Logan, une voiture produite par Renault à low cost comme on dit aujourd’hui et fabriquée dans une usine délocalisée, destinée aux pays émergeants mais qui est en train de casser la baraque et de faire baisser les ventes de toutes les autres Renault en France. Apparemment l’Inde dans quatre ans va mettre sur le marché une voiture qui coûtera 1700 euros. Comment les entreprises françaises pourront-elles rester compétitives ?Devront-elles seulement essayer et à quel prix ? Ce sont des questions auxquelles il est impossible d’échapper, parce que c’est cela la mondialisation. La France devrait-elle réintroduire des barrières tarifaires pour éviter cette situation ? Je n’ai malheureusement que des questions et pas de réponses. 


  • haddock 15 février 2008 19:48

    On achetera des voitures sociales avec des acquis sociaux , c ’est pas dur non ?


  • Annie 15 février 2008 20:03

    Les voitures ne sont pas "sociales", elles sont vendues au prix coûtant.


  • jkw 15 février 2008 20:04

    OUI monsieur lerma, il existe autre chose en terme de management que les préconisations du Medef…et même si cela vous déplaît de l’entendre, je vous adresse quand même ces quelques lignes.

    D’ailleurs notre Président ne fait qu’une seule erreur, c’est de croire que c’est en appliquant " le petit livre blanc " du Medef qu’il va sauver la France !…

    Depuis quelques années nous avons eu droit à tout : cela a commencé par " la France d’en bas ", puis la France paresseuse, celle qu’il convenait de remettre au travail puisqu’à cause des 35 heures et des RTT …on ne voulait plus travailler ; les syndicats, les grévistes, les fonctionnaires, les enseignants…tout le monde " y a eu droit " et même l’Europe avec l’euro fort qui nous pénalise.

    Pour gagner les élections, c’est bien ! chaque individu voyant le fainéant chez l’autre !

    Bref, tout le monde craint le pire pour son avenir et en absence de projet pour la France, ne sachant où on va, le premier réflexe, c’est de se garder quelques économies pour ce qui va nous tomber dessus : salariés sur des sièges éjectables (sujet du jour)…management par la crainte, management par objectifs.

    Ainsi ce qui aurait pu être un élan d’enthousiasme de voir arriver un nouveau Président et un nouveau gouvernement se transforme pour certains (ceux qui n’ont pas eu droit au 16 milliards) en cauchemar.

    Voilà le frein de la croissance…..

    Créer un environnement positif dans lequel chaque français aurait trouvé sa place voilà qui aurait été plus constructif…mais cela est un acte de management …..de bonne gouvernance comme ils disent…

    Alors posons nous des questions simples :

    • pourquoi avec le même euro fort, l’Allemagne est commercialement excédentaire ?
    • pourquoi avec les 35 heures, les RTT…Toyota Onnaing est plus productive que son homologue anglaise ?

    Mais soyez rassuré, quand les objectifs ne seront pas atteints, on " arrangera " les chiffres " pour faire croire " que tout va bien……c’est la suite logique et malheureusement connue.

    Je vous invite à examiner en détail le site :

     

    http://www.fr-deming.org/francais.html

    …et je voudrais encore ajouter à propos de " réforme " la définition du petit Larousse :

    " changement important, radical apporté à quelque chose, en particulier à une institution, en vue de l’améliorer ".

    Une éminente personne a récemment a employé le terme de " benchmarking " (c’est leur façon de faire croire qu’ils connaissent quelque chose au management….employer des mots barbares !) alors je vais ajouter que copier bêtement ce qui se fait dans d’autres pays, y compris quand cela ne marche pas, ce n’est : ni faire du benchmarking ni faire des réformes, c’est faire des conneries !

     

     


  • TSS 15 février 2008 20:05

    @Cephale ne vous formalisez pas, les @Lerma ne savent pas ce qu’est le travail ils sont de 8 à 23 H devant leur ecran


  • Céphale Céphale 15 février 2008 23:00

    @ddacoudre

     

    D’accord. Mais tu peux remarquer que je n’ai pas répondu directement à l’intéressé. En donnant ce démenti, j’ai voulu informer les lecteurs de ce que j’ai fait carrière dans le privé, et non dans l’administration, ce qui justifie davantage mon analyse.

     

    Cordialement.


  • tvargentine.com lerma 16 février 2008 02:40

    Votre manière de vouloir se "détacher" du mot "fonctionnaire" m ’amène à vous trouver l’esprit un peu réducteur car il y a une majorité de tres bon fonctionnaires et ici ou là des entreprises dirigées et gérées par des fonctionnaire fonctionnent tres bien

     


    • Patience Patience 18 février 2008 09:16

      Rhhhhhaaaaaaa !!!!!

      Cette fois, Lerma, je vous accuse de mauvaise foi.

      Il suffit de lire vos échanges avec Céphale pour comprendre à quel point vous êtes lâche, ou cynique, ou idiot, ou tout bêtement une invraisemblable machine à poster des trucs sans queue ni tête, ou plus surement tout cela à la fois.

      Mais de quelle absurde planète venez-vous ?

       


  • jkw 16 février 2008 08:47

    décidément lerma.....vous interprétez à mon avis beaucoup trop vite !!

    je suis d’accord avec vous, il n’y a pas de honte à être fonctionnaire.......

    mais dans le cas présent il s’agit de rétablir une vérité ! Céphale ne va quand même pas vous dire qu’il est fonctionnaire quand il ne l’est pas !!

    vous êtes aussi très réducteur car vous ajoutez : retraité ...et PTT !

    il n’y a pas de honte à être ni retraité ni PTT ...le sens de la phrase montre bien que ce n’est pas utilisé dans votre cas comme un compliment....assumez vos conneries lerma...

    ceci montre que vous dites n’importe quoi, c’est tout !


  • Céphale Céphale 16 février 2008 10:10

    @ddacoudre

     

    Merci pour ce commentaire avec lequel je suis bien d’accord, et qui complète parfaitement mon article. On pourrait longtemps discuter sur le but de l’entreprise « dont la fonction n’est pas de créer des emplois » dis-tu. Pour qu’une telle discussion soit constructive, il faudrait que tous les intervenants acceptent de voir l’économie française comme un système dans lequel tout se tient. Exemple : on ne peut pas demander à une entreprise de ne pas licencier alors que son carnet de commandes est en baisse régulière.

     

    Personnellement, je suis plus intéressé par les méthodes de management qui conduisent les entreprises à élargir leurs parts de marché que par les méandres du code du travail.

     

    Mais je m’intéresse aussi aux moyens de donner du travail à tout le monde, car c’est une condition de la paix sociale. Un gros problème est celui des jeunes peu qualifiés. Une "mission locale" que je fréquente de temps en temps en banlieue parisienne s’occupe de ce problème et fait un excellent travail. Ses "clients" sont bien contents quand ils décrochent un CDD.


  • Céphale Céphale 18 février 2008 12:06

    @jkw

     

    Merci pour le site de l’association France-Deming.

     

    La clé de la croissance, tu le dis fort bien, c’est « créer une environnement positif ». Or les instances du Medef et de la CGT se considèrent (à tort ou à raison) comme des adversaires. C’est pourquoi leurs arguments sont trompeurs.

     

    J’espère que l’amélioration viendra de la base, d’un débat honnête entre patrons et salariés. Je n’attends rien des politiques.


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