vendredi 4 juillet 2014 - par alinea

Liberté

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LIBERTÉ

 

Sur mes cahiers d’écolier
Sur mon pupitre et les arbres
Sur le sable de neige
J’écris ton nom

Sur toutes les pages lues
Sur toutes les pages blanches
Pierre sang papier ou cendre
J’écris ton nom

Sur les images dorées
Sur les armes des guerriers
Sur la couronne des rois
J’écris ton nom

Sur la jungle et le désert
Sur les nids sur les genêts
Sur l’écho de mon enfance
J’écris ton nom

Sur les merveilles des nuits
Sur le pain blanc des journées
Sur les saisons fiancées
J’écris ton nom

Sur tous mes chiffons d’azur
Sur l’étang soleil moisi
Sur le lac lune vivante
J’écris ton nom

Sur les champs sur l’horizon
Sur les ailes des oiseaux
Et sur le moulin des ombres
J’écris ton nom

Sur chaque bouffée d’aurore
Sur la mer sur les bateaux
Sur la montagne démente
J’écris ton nom

Sur la mousse des nuages
Sur les sueurs de l’orage
Sur la pluie épaisse et fade
J’écris ton nom

Sur les formes scintillantes
Sur les cloches des couleurs
Sur la vérité physique
J’écris ton nom

Sur les sentiers éveillés
Sur les routes déployées
Sur les places qui débordent
J’écris ton nom

Sur la lampe qui s’allume
Sur la lampe qui s’éteint
Sur mes raisons réunies
J’écris ton nom

Sur le fruit coupé en deux
Du miroir et de ma chambre
Sur mon lit coquille vide
J’écris ton nom

Sur mon chien gourmand et tendre
Sur ses oreilles dressées
Sur sa patte maladroite
J’écris ton nom

Sur le tremplin de ma porte
Sur les objets familiers
Sur le flot du feu béni
J’écris ton nom

Sur toute chair accordée
Sur le front de mes amis
Sur chaque main qui se tend
J’écris ton nom

Sur la vitre des surprises
Sur les lèvres attentives
Bien au-dessus du silence
J’écris ton nom

Sur mes refuges détruits
Sur mes phares écroulés
Sur les murs de mon ennui
J’écris ton nom

Sur l’absence sans désir
Sur la solitude nue
Sur les marches de la mort
J’écris ton nom

Sur la santé revenue
Sur le risque disparu
Sur l’espoir sans souvenir
J’écris ton nom

Et par le pouvoir d’un mot
Je recommence ma vie
Je suis né pour te connaître
Pour te nommer

Liberté

Paul Eluard, Poésies et vérités, 1942


 

Ceci était écrit en bonne place dans la maison de mon enfance ; jamais apprise mais toujours sue, cette poésie a dû me faire perdre pas mal de temps !

La liberté était donc ce rêve que l'on faisait éveillé quelle que fut notre prison ; on la chantait l'écrivait joliment mais ne la décrivait point. Était-ce cet instant où, aveuglé de soleil dans une rue déserte avec personne pour nous attendre, la porte de la prison se refermait derrière nous ? Qu'en faire alors ? En jouir quelques instants dans les odeurs retrouvées, dans la beauté du ciel et des êtres qui marchent à leurs buts sans prendre garde à nous ? Et puis ?

Elle était mes chagrins et mes joies, mes réussites et mes échecs, car sur tout ce que je vois j'écris son nom... elle est ma consolation.

C'est vrai que la convalescence est une renaissance. Y revoir après la cécité, aimer à nouveau ou juste pouvoir courir après un accident, nous redonnent les joies humbles, mais tellement éphémères !On retombe si vite dans la routine de l'ennui. À moins que ce soit l'ennui de la routine. Mais se libérer d'une contrainte, sortir d'une prison, délier un nœud, non, cela ne suffit pas pour être libre, ce n'est qu'un soulagement !

La vie m'a appris que la liberté est engagement ; une action entre des lignes, des contours encore incertains dont on ne sait où ils nous mènent mais que l'on veut redessiner ; jusqu'à ce que l'on comprenne qu'elle est encore plus loin, quand on a acquis la sagesse...

Mais aussi qu'elle peut être l'acceptation du réel, et non plus la course à ses rêves ! Ainsi la persévérance, et sa mesure, ferait-elle partie de la liberté : on ne s'engage pas à la légère et on ne maîtrise jamais les conséquences de nos engagements. Notre liberté est un risque.

Je ne vais pas dire : la liberté n'est pas caprice. Tout le monde le sait, même si, ça et là, on peut entendre « je fais bien ce que je veux !! nous sommes en République !! », parce que la liberté n'est pas vouloir, elle est, simplement, vivre. La liberté n'est pas volonté.

La liberté commence par un regard, un regard libéré de la peur et de tout trauma ou complexe infantile. Déjà entre dix et quarante ans de travail sur soi ! Pas donné à tout le monde, même quand on le veut et qu'on s'y attelle. Mais on ne passe pas de l'aliénation à la liberté du jour au lendemain ; c'est vrai que celle-ci s'accroît au fil des ans, c'est un peu comme l'histoire du nénuphar sur la mare qui double chaque jour ! Et à vivre, ce sont les prises de conscience d'une part, et l'épluchage des couches de conformisme ou d'aliénation d'autre part, qui se révèlent en un instant, après des temps longs d'obscurité ; à chaque fois, à chaque prise de conscience, on capture des watts pour son éclairage. À chaque étape intermédiaire, un système cohérent. Tout fonctionne comme un langage, contraint mais libre. La liberté n'est pas un puzzle qu'il faut construire, la vie non plus d'ailleurs.

Quel est-il ce regard ? Libre des a priori, libre des idées préconçues, libre d'une idéologie ou d'une croyance ; qu'est-ce qui nous pousse à le libérer de tout ça ? Quand notre réalité nous convient, quand on y trouve assez de confort, d'amour, de reconnaissance, quelle raison aurait-on à pousser plus loin ? Mais quand elle ne nous convient pas ? Je ne saurais dire en mots audibles pourquoi cela ne nous convient pas. Peut-être une quête de soi jamais satisfaite, une exigence de vérité, peut-être une folie hors de la sécurité confortable de l'appartenance. Peut-être tout autre chose...

Franc, franchise, qui mêle la liberté, la noblesse de cœur, et la vérité ! Ah langage qui affranchit ses esclaves autant que ses paroles qui ne veulent plus être tenues, conformes.

La respiration tibétaine nous apprend à oxygéner notre bas-ventre, lieux des chakras racine et sacré mais aussi nos épaules et notre nuque, lieu somatique du joug symbolique de notre aliénation. C'est un bon début pour s'émanciper : respirer.

Notre liberté se déploie quand nous savons nous mettre à la place des autres et ne pas foncer, sûrs de nos bons sentiments ; la pudeur, la retenue aussi appartiennent à la liberté.

Elle n'est pas un rêve, une utopie, elle s'actualise dans nos audaces à donner, à entendre et à se mouiller. On peut se dévouer, on peut servir mais jamais au grand jamais se faire servir. Et c'est toute la nuance de donner sans le faire savoir, comme une aisance, une évidence à l'instant.

Quand il n'y a plus de responsabilité, elle est toute nue toute errante, elle peut se taire ou se terrer, ou bien nous terrifier, et il faut tout recommencer.

Elle n'est pas fidèle, elle n'est pas fiable et il faut y veiller car elle se cache, se déguise, toujours neuve, jamais érodée ; parce qu'elle peut être ça : l'inconnu qui vient et qu'il faut accepter. Elle est la connaissance mais pas le savoir, elle est le chemin mais pas le but ; on ne peut la rêver sans la trahir.

On ne combat jamais pour la liberté, tout au plus le fait-on pour mettre fin aux abus d'un pouvoir en place, qu'il fut légitime ou qu'il soit illégitime.

C'est le pouvoir qui est violent, et les luttes ou les révolutions pour le chasser ; la liberté est la sœur jumelle de la non violence, l'ennemie de la paresse et de l'ignorance, de la mauvaise foi ou de l'abrutissement.

A-t-on seulement réalisé qu'une politique de protection est une politique qui inhibe la liberté ? Et que plutôt qu'être protégé il nous faut être sécurisé ? Quand un être n'a pas en soi la force suffisante pour assurer sa sécurité, c'est l'amour, c'est le groupe qui l'assure ; sans celle-ci nous ne sommes que des proies faciles prêtes à n'importe quelle croyance, n'importe quelle chimère, prête à suivre n'importe lequel de ceux qui nous cherche en pâture, ou bien devenir une victime trop facile. Ou, au contraire, nous sommes prompts à l'agressivité, à voir l'ennemi en tous et surtout la diriger vers plus faible que soi. On sait bien que le couple bourreau/victime est un dans la même aliénation ! Le premier qui s'en libère, libère l'autre ; au lieu d'aider à cela, on choie, on protège, on plaint, on fait de la victime un martyr ! Dans notre monde binaire, on ne voit rien entre la culpabilisation et la victimisation ! Plutôt que protéger ses enfants, ce qui n'est pas un instinct comme d'aucuns le prétendent, mais l'expression d'une peur terrible et inconsciente, il nous faut les assurer, comme on assure un grimpeur ; la corde sera coupée en temps voulu, par petits fils successifs, quand le grimpeur sera autonome.

Mais cette sécurité, c'est tout le contraire de la prison que l'on dresse autour de soi pour se protéger des autres ! Point n'est besoin de barreaux à ses fenêtres, de murs hauts autour de son jardin, d'assurances en tout genre, de palissades autour de son pays ! La sécurité est à l'intérieur, vigilance et bienveillance, vivre son rythme et faire bien les choses. Et puis, quand on défaille, la solidité des autres nous tient. Bien sûr, il y a toute une histoire personnelle derrière cette sécurité là, mais l'ambiance mais l'harmonie d'un quotidien, c'est aussi la politique menée qui les crée et les favorise. Je vois mal la liberté se pointer, et être accueillie, derrière la frustration de n'avoir pas pu se payer le dernier petit plaisir que l'on désirait. Je ne la vois pas non plus dans la signature du chèque qui nous emmènera en voyage très organisé ; en réalité je ne la vois que derrière des audaces. Et il n'y a rien d'audacieux à dévaler la pente, avec les autres. Elle n'est peut-être pas non plus dans le chapardage d'un chewing-gum du bois sacré, dont l'interdiction ne l'est pas moins,sacrée ; là, on sait bien pourquoi, au fond de soi, on en sait le motif : parce qu'on ne peut pas tenir sa bouche fermée devant la maîtresse ou la voisine, et que c'est malpoli, ou bien parce que dès qu'on s'en lasse on le colle n'importe où, ou bien si c'est le pouvoir le plus arbitraire, le plus injuste, qui veut se tester là ; aussi, je n'écarte pas totalement l'idée qu'elle pourrait commencer comme ça, la liberté ! Désobéir est la première- ou la dernière- liberté des opprimés, des dépendants. En fait, je ne crois pas qu'elle ait grand chose à voir avec la volonté ; on a tous entendu ceux qui cachaient des juifs sous l'occupation dire : je ne pouvais pas faire autrement. C'était là, vraiment, un acte de liberté. Il y a bien sûr une conscience ; sans conscience, pas de liberté, mais dans la désobéissance, jamais d'intérêt égoïste car il n'est pas à proprement parler égoïste de prendre soin de soi de cette façon là. Car ne pas oser ce que vers quoi tout notre être tend, est cause de bien des maux, donc oser peut être vu comme précaution, en amont, ou comme thérapie, en aval.

En réalité, la liberté n'est pas très confortable, si elle n'est pas partagée par tous ; si ce que tu me dis n'est pas le fait de ta liberté, le terrain sur lequel je marcherai avec toi sera aussi sécure que les sables mouvants. Si ce que tu fais ne t'est pas dicté par ta liberté, quelque chose en toi en souffrira. Et nous sommes tous malades !


 

La liberté est l'amie de la sagesse et comme elle, n'est que l'actualisation de la santé mentale. C'est bien pour cela, n'est-ce pas, qu'elle est, pour beaucoup, aussi belle et immatérielle qu'un mirage... l'Océan et ses illimites...

Là où il y a l'autorité il ne peut y avoir de liberté, car ne manque à son espace que le pouvoir...prenez les dans le peuple, au hasard, installez les dans les ors du royaume de l'empire ou de la république, donnez leur les rênes, avant deux ans, ils seront les mêmes que vous aviez chassés.

Mais si vous les prenez au hasard sans ors et sans caviar, s'ils doivent donner le meilleur d'eux-mêmes pour assumer leurs responsabilités, ils s'enorgueilliront d'être irréprochables, incorruptibles et dévoués.C'est ça la liberté.

Et tout le monde le sait.

Tant que nous n'aurons pas jugulé la perversion de la puissance, ne nous appartiendra que le chant des louanges faites à la liberté chériiiie..

… nous pourrons nous heurter au vocabulaire, la libre circulation des capitaux et des biens, le temps libre octroyé, qu'il nous faudra bien occuper, en consommant si possible, l'entrée libre à un spectacle, libre de droits, qui n'est pas occupé, à pourvoir donc, et si on glisse vers « pourvu », on gagne en biens !! et tout à l'avenant !!...on n'arrête pas de nous le dire, la liberté est dorénavant en dehors de l'argent qui lui-même est l'autre face du pouvoir...



139 réactions


    • alinea alinea 7 juillet 2014 19:13

      Je n’ai pas tout lu encore !
      Mais deux choses, à chaud : j’ai entendu de la bouche de bosniaques de Sarajevo, dire que l’éclatement du pays était dû à des minorités indépendantistes ; jusque là, nous étions voisins, disaient-elles, et amis ; du jour au lendemain il a fallu nous haïr.
      C’est ce que dit Kusturica.
      L’autre chose, c’est qu’il a beau jeu de cracher sur Kusturica, Finkielkraut, lui qui prend faits et causes pour Israël !!
      Je ne dis pas qu’il a raison ou que je pense comme ça aussi, évidemment !!! mais je crois que la réalité est toujours beaucoup plus complexe qu’on veut bien nous le faire croire dans les médias officielles de chez nous. D’ailleurs j’ai lu ailleurs et récemment, que Milosevic n’était pas forcément ce sanguinaire que l’occident a décrit !! Et l’on sait aujourd’hui le rôle des États-Unis !
      Qui croire ? Il faut en savoir plus pour comprendre, les uns et les autres. Je suppose que ces pays sont plus prompts à créer le nationalisme, vu qu’ils ont été réunis de manière totalement artificielle ! Nous avons beaucoup de mal à le comprendre depuis ici ! ( il faut dire aussi que je n’ai guère suivi cette affaire à l’époque, donc je suis « naïve » ; je n’en ai entendu que le ronron officiel, et encore, de loin ! smiley)
      Je continue tout à l’heure !!


  • Xenozoid 6 juillet 2014 19:14

    Allez, je vais vous faire la liberté,c’est le respec,celui de la vie qui n’est pas jugé,chose que peux peuvent se permetent,cela est un luxe,comme ma premiere couche,la liberté c’est l’innocent, le disciple du maitre.le mot de l’orthographe le point sur le i,la merde qui send l’odeur,ce que l’ordre ne comprend pas,tout ce que le chaos fait ,et aime ,ce qui ne se dis pas mais ce détruit,c’est la liberté,pas celle de l’autre


    • alinea alinea 6 juillet 2014 19:40

      Le respect, au sens : je n’y touche pas, ou bien je respecte ton choix même s’il me trahit ? Si je suis trahie, ma liberté est bien d’en vouloir à l’autre, non ? Ou bien de subir par manque de moyen de revanche !
      Sûr que le pouvoir n’aime pas la liberté et la combat, puisqu’elle est son pire ennemi ; étendons cela à la vie personnelle et voyons là où nous avons accompli notre liberté et là où nous avons accompli notre pouvoir !!
      Ce n’est pas si simple !! enfin si, mais il nous faut fouiller les détails !!


    • Xenozoid 6 juillet 2014 20:54

      le cheval domestiqué n’est pas liberté


    • alinea alinea 6 juillet 2014 20:59

      Le cheval de la photo, est un « mythe », c’est Pégase !!
      On peut être libre de se donner, de donner son affection, non ?


    • Xenozoid 6 juillet 2014 21:01

      tout a fait ,l’amour,je sais


    • Xenozoid 6 juillet 2014 21:03

      ca me rappelle une persone qui pense que l’amour est liberté


    • alinea alinea 6 juillet 2014 21:12

      Peut-être que le concept liberté, lui, n’est pas un cercle fermé !!
      Un enfant est-il libre ? Si j’en suis responsable et que je le guide et l’assure, est-ce que j’entrave sa liberté ? Et si oui, n’ai-je pas à le faire pour l’aider, le protéger ;
      un cheval c’est pareil ; il me fait confiance, il me donne quelque chose ; on en a déjà parlé, c’est vrai que les animaux souffrent en silence ; mais pas toujours, un cheval peut virer son cavalier , et méchamment ; mais n’est-il libre que lorsqu’il fait cela ? Ou est-ce parce qu’il est en apprentissage ? Quand on emmerde trop mes chevaux, oui, ils virent leurs cavaliers !! Ce qui prouve que je ne les ai pas trop abîmés !! quand on les respecte, quand ils ont le feeling avec celui ou celle qui les monte, alors tout va très bien, et je jurerais que mes chevaux se régalent !! L’harmonie, le plaisir, le bonheur, est-ce liberté ???


    • kalachnikov lermontov 6 juillet 2014 22:11

      Si le cheval avait emprise sur son destin, il ne se retrouverait jamais dans ton pré et il en est de même pour l’enfant. A la volonté propre de l’individu se substitue celle d’un autre individu ou d’un groupe. L’enfant deviendra un être social et le cheval fera des tours de manège, qu’ils le veulent ou non, que cela entre dans leur nécessité propre ou non. Je doute que la voie naturelle du cheval soit d’exécuter des tours de manège et je doute par conséquent que la voie de l’enfant (en fait un individu en devenir) soit d’être social.


    • alinea alinea 6 juillet 2014 22:15

      Mes chevaux ne font pas des tours de manège !!
      Mais c’est vrai, beaucoup sont asservis, mais c’est une autre histoire, moins triste sûrement que celle des cochons !
      Peut-être peut-on avoir un idée de la liberté en étant sociable !! pour ma part, je pense que le concept de liberté ne se situe que là ! un animal sauvage, est-il libre ? Cette question n’a aucun sens pour moi, donc je ne me la pose pas !!


    • kalachnikov lermontov 6 juillet 2014 22:29

      Je parlais de façon générale ; l’emploi de la 2nde personne du singulier n’est que style.

      Un esclavage, qu’il soit doux ou âpre, est toujours un esclavage. L’objet naturel du cheval n’est ni de faire des tours de manège, ni d’être enfermé dans un pré. Qu’il soit bien traité ou non.

      Un animal sauvage n’est pas libre. La tyrannie des instincts est quelque chose d’effroyable. C’est pour cela que bien des anarchistes sont naïfs.

      En un mot, la Liberté en tant qu’absolu n’existe pas (contrairement à la licence qui implique autre chose ; le concept de licence, c’est : chaînes & permission). Comme liberté relative, on peut entendre une autre vriante : chaînes & transgression.)

      En fait, comme je le dis, sur le plan abolu, il faut concevoir la Liberté autrement. Comme une sensation.

      Je suis sûr que tu as déjà ressenti cette sensation dont je parle.


    • alinea alinea 6 juillet 2014 22:39

      ...mettre des mots bout à bout, et essayer d’être précis ; une sensation ? pourquoi pas ; la fusion comme il arrive qu’elle arrive, avec le monde environnant, comme une grâce mystique, est-ce la liberté ?
      Je ne parlais pas de cela en fait ; d’abord la liberté c’est n’avoir plus d’aliénation psychologique ; donc impossible dans notre monde ; mais on peut en dénouer, en défaire certaines ! et puis, bien sûr, aucun asservissement de quelque ordre que ce soit, mais au pouvoir, pas au savoir vivre du milieu dans lequel on se trouve !
      Les animaux domestiques sont aussi libres que le sont leurs maîtres, mais ils sont domestiqués depuis quarante mille ou quatre mille ans, alors, franchement, on ne peut guère refaire le monde et savoir comment ils seraient s’ils étaient libres ; j’ai rencontré des chevaux libres en Afrique, sauvages ou domestiqués, pour les chevaux le plus important c’est le troupeau ; et dans le troupeau il y a des lois, très strictes ; alors, les chevaux sauvages ne sont pas libres, si je vous suis bien, les uns et les autres !! Une proie est-elle libre ? Et le prédateur, finalement, qui doit bien bouffer aussi !!! Non je crois qu’il ne faut pas quand même chercher midi à quatorze heures !!! smiley


    • kalachnikov lermontov 6 juillet 2014 22:48

      Jusqu’à l’âge de 4/5 ans, tu as vécu dans une sorte de paradis. Ce paradis, c’est une sorte d’harmonie, une sensation. Tu fus arrachée à ce ’monde’ par quelque chose d’extérieur, une ’volonté’, et par ce moyen ; éducation. C’est par un conditionnement concernant les pulsions les plus basiques chez toi, celle alimentaire, sexuelle, etc que ceci est arrivé. Depuis, tu as la nostalgie très vive de ce premier moment et tu cherches à ressentir à nouveau cette sensation singulière, celle de n’être plus un avec le monde, de sentir à nouveau l’unité.
      Comme je te l’ai dit, la Liberté n’existe pas sur le plan matériel.

      Je file travailler. A +.


    • kalachnikov lermontov 6 juillet 2014 23:53

      Ou bien, quitte à me répéter, plus joliment dit par un jeune homme précoce :

      "Par les soirs bleus d’été, j’irai dans les sentiers,
      Picoté par les blés, fouler l’herbe menue :
      Rêveur, j’en sentirai la fraîcheur à mes pieds.
      Je laisserai le vent baigner ma tête nue.

      Je ne parlerai pas, je ne penserai rien :
      Mais l’amour infini me montera dans l’âme,
      Et j’irai loin, bien loin, comme un bohémien,
      Par la nature, heureux comme avec une femme."

      C’est un rêve. Je veux dire : l’objet de la poésie n’est pas de peindre le réel, la poésie, l’art de façon générale ne sont pas des exercices de style dépourvus de sens ; la poésie commence lorsque le langage trouve sa limite, c’est-à-dire lorsqu’il ne peut plus rendre d’une réalité invisible mais sensible, le monde des sensations.


    • alinea alinea 7 juillet 2014 11:06

      lermontov : l’art est le propre de l’homme, il peut jaillir du fin fond de la souffrance ou bien d’un énorme espace, encore chaotique, archaïque mais qui se trouve piégé en soi ; il ouvre des portes à celui qui crée et à celui qui y est sensible ; il semble être indispensable à l’homme depuis qu’il est homme ; c’est sans doute sa face sacrée qui n’est que parce que coexistent en lui l’ombre et la douleur.
      Non, je crois qu’on peut dire que la liberté n’existe pas, mais je ne dirais pas au niveau matériel ; au niveau politique, on peut imaginer la liberté : pas d’exploitation, pas d’esclavage... mais ceci n’existe que parce que cela existe en soi !!
      retour à la mère... éternel retour ?...!


    • kalachnikov lermontov 7 juillet 2014 15:20

      Tu fais des confusions, Alinéa. Si tu veux philosopher, il faut te placer au niveau des concepts (le sens, les notions) et non au niveau des mots. Comme je te l’ai dit, par exemple, liberté et licence sont deux concepts différents ; mais de façon usuelle on parle de liberté pour le second et à tort). La première notion se dit toujours au singulier, c’est un absolu. Cette première notion renvoie à l’Humanité (l’être humain, sa nature) ; la seconde à l’humanité (en tant que masse ou société). Bien des intervenants n’ont aucune conscience de la Liberté ; pour eux, elle se limite à la question de la licence.

      Je ne dis pas cela pour te faire la leçon. Simplement, si on n’est pas sur le même plan, on ne peut que se mécomprendre, un peu comme si l’on parlait deux langues étrangères.

      Au sujet de ce que j’ai dit, il me semble que c’est le sens de l’Homme. Des techniques ont été élaborée pour ressentir cette sensation fugitive, des ascèses ont été développées (le yoga, le tantrisme, etc), des arts aussi (les derviches tourneurs, par exemple). C’est cette sensation que tu ressens dans la transe. Et c’est aussi ce que l’individu moderne recherche aussi, je crois, à travers des activités comme le sexe ’débridé’*, la prise de stupéfiants, etc : tout ceci vise à une suspension momentanée de la fonction ’raison’ (c’est une quête vaine parce que l’individu moderne est très pauvre spirituellement ; par exemple, dans la sexualité, c’est un tenant acharné de la mécanique et de la performance. Pour lui, le stupéfiant, c’est être raide ; alors qu’il n’est pas une fin mais un simple média, comme un tapi volant devant emmener ailleurs, littéralement ’transporter’. Mais bref.)

      *ce mot veut dire ce qu’il veut dire.


    • kalachnikov lermontov 7 juillet 2014 15:23

      Si je me souviens bien, ’le joueur d’échecs’ de Zweig porte là-dessus. Sur le plan contingent, le personnage est prisonnier (champ de la licence, faussement appelé liberté). Mais il trouve la Liberté (absolu).

      Sauf sornettes de ma part, c’est loin.


    • alinea alinea 7 juillet 2014 15:43

      Bon, c’est chiant de n’avoir pas le texte sous les yeux quand on répond, donc de mémoire :
      Je ne veux pas philosopher, si la philosophie ne s’accroche pas au réel, elle ne m’intéresse pas ; je veux bien concevoir que c’est un manque chez moi, mais c’est comme ça !
      Je ne vois tout simplement pas, directement, le lien, entre ces techniques de méditation ou autre, que j’ai pratiquées pourtant et que je « pratique » encore, , et la liberté dont je parle ; sauf à rechercher la santé en soi !
      Je ne fais pas un lien évident ni direct entre mes expériences « mystiques » et la liberté !
      Quant à la licence, je suis bien d’accord, mais je ne la « pratique » pas du tout !!
      La licence est de l’ordre de l’ego, la liberté non ; la quête de la sagesse, qui vise à nous donner la santé mentale aboutie, oui, peut se situer dans la quête de liberté, mais comment dire, cette quête est forcément personnelle et je n’en ai jamais rencontrée, ici en occident, qui me paraisse valoir le coup ! ( disons que j’en ai vu beaucoup qui nourrissaient une grande propension à l’auto-satisfaction, voire au dédain du prochain !!!)
      La quête spirituelle est rarement ( en occident toujours) une quête de liberté ; de délivrance, oui sûrement, mais il me semblait avoir été claire là-dessus !!


    • kalachnikov lermontov 7 juillet 2014 16:07

      Philosopher consiste à s’élever depuis le particulier au général. C’est-à-dire que contemplant le réel, tu vois plusieurs phénomènes distincts qui n’apparaissent avoir aucun lien mais qui pourtant en ont un ; le philosophe découvre et établit ce lien. Et de ce fait, à travers les particuliers divers et foisonnants, tu dégage un sens général, universel, qui concerne la nature humaine.

      Voilà comment je définirais la philosophie. Donc, je ne comprends pas la philosophie irréelle dont tu parle.
      Si j’en crois Socrate, l’esprit philosophe, c’est la faculté d’émerveillement,, ’s’étonner de ce dont nul ne s’étonne’.


    • alinea alinea 7 juillet 2014 16:17

      Dans ce sens, je philosophe continuellement, et ce sens est le mien c’est pourquoi je parle d’ancrage ; mais j’avais cru comprendre,( dans la première phrase) que philosopher, c’était de placer haut dans les concepts !!!! parler abstrait,etc !


    • kalachnikov lermontov 7 juillet 2014 16:27

      Quand tu philosophes (ie t’élever du particulier au général), en fait tu ordonnes le chaos en lui donnant sens. Et pour ce faire tu délimites des champs. Par exemple, concernant la liberté : une chose que ce qu’est l’individu seul et autre chose que ce qu’il est lorsque il est en société. Si on supprime la société (et ses obligations), l’individu est-il libre pour autant ? La liberté (absolu) excède la licence (relatif) ; et cet absolu renvoie à l’Homme (la nature humaine, l’être humain) tandis que le relatif renvoie exclusivement à l’homme (l’individu) en société. Mais rassure-moi, l’homme existe avant la société, il lui est préalable, c’est lui qui la crée et non l’inverse ? (à l’origine du moins, après c’est de la reproduction peut-être).


    • alinea alinea 7 juillet 2014 16:30

      Il devait y avoir société, comme il y a société chez tous les animaux de la même espèce ! mais celle de l’homme l’a forgé, c’est sûr ! Et quand elle est étouffante comme la nôtre, ce n’est plus de la forge, c’est du formatage industriel !!


    • kalachnikov lermontov 7 juillet 2014 16:35

      Il faut sonder le concepts avant de penser. Société = monde organisé. Dans la nature, le monde s’organise de lui-même. Le social n’est pas naturel, si ? (ce qui est naturel, c’est de vivre en groupe ; ce qui n’est pas naturel, c’est que le groupe soit hiérarchisé comme ceci ou cela.
      général : la vie en groupe
      particulier : comme ceci, comme cela.)


    • alinea alinea 7 juillet 2014 16:53

      Il y a des sociétés qui émanent de l’organisation spontanée et naturelle des êtres ! nous, on en est loin, malheureusement ; tout est artifice dorénavant, et c’est promu comme progrès incontournable !!


    • kalachnikov lermontov 7 juillet 2014 17:03

      Quelles société ? Parce que je n’ai jamais entendu parler d’une société pareille.

      (Je veux écrire un article sur le sujet, intitulé ’intelligence et technologie’ et j’aurais peut-être besoin de ton aide via mail. Si ça ne t’ennuie et si c’est possible.)


    • alinea alinea 7 juillet 2014 17:41

      On appelle ça des tribus primitives, des sociétés tribales !!!
      Non ça ne m’ennuie pas du tout ! mais je ne garantis pas ma capacité ; le sujet m’intéresse, et, promis, je tairai mon « ego » !! smiley


    • kalachnikov lermontov 7 juillet 2014 17:52

      Mon projet d’article porte justement là-dessus car je connais bien le sujet.

      Tu méconnais ces sociétés, elles sont aussi complexes que la nôtre. Tu en as une vision idyllique, rousseauiste dirais-je. Chacune car dans la réalité, une de ces sociétés, la nôtre, a détruit toutes les autres. Une société est généralement circonscrite au milieu ; elle est ce qu’on appelle un isolat. Hormis quelques sociétés dont la nôtre, qui sont expansionnistes.

      Je t’invite à lire l’article ’ABCD de l’égalité’ paru la semaine dernière car je décris une de ces sociétés. Ces sociétés sont aussi artificielles que peut l’être la nôtre. Et d’une complexité inouïe.

      Les trucs que je peux te demander sont surtout d’ordre technique, concernant l’édition, etc. J’ai vu que tu rencardais filo l’autre fois et c’est histoire de ne pas plomber les fils avec du hs.


    • alinea alinea 7 juillet 2014 18:44

      Pour la complexité, oui, bien sûr, mais pour le fonds, non, elles ne sont pas comme la nôtre !! La nature y a une vaste place, l’adaptation et l’acceptation des lois naturelles aussi ; la connaissance concrète et la spiritualisation des êtres naturels font de ces sociétés « archaïques », quelque chose de beaucoup plus proche de l’humain que les nôtres ; quand je dis les nôtres, je pense à tout ce que l’on admire comme « grande civilisation » qui se contrefout de l’humain dans toute sa complexité.
      Néanmoins je ne suis pas ethnologue, ça c’est sûr, j’ai beau avoir lu Escola et un peu Levi-Strauss, je n’en ai retenu que ce qui me parlait ; je n’ai rien d’une érudite !!! je mange, j’intègre et je digère, ça se transforme en énergie !!!!
      Pas de problème ; on va dire dehenaz orange !


    • kalachnikov lermontov 7 juillet 2014 18:50

      Justement ’intelligence et technologie’ : ce qui sous tend ces sociétés est une intelligence prodigieuse mais elle choisit une autre voie que la technologie. C’est le fonds de mon article, une démonstration. Je peux aussi démontrer que le refus de la technologique est un choix éclairé ; celui-ci est vu comme une impasse et une destruction.

      Je suis infiniment sérieux quand je dis que je veux retourner à l’âge de pierre. Ce n’est pas inadaptation au monde actuel mais parce que l’autre est plus puissant, plus beau.


    • alinea alinea 7 juillet 2014 19:14

      J’irais volontiers aussi !!!


  • Xenozoid 6 juillet 2014 19:15


    c’est ca la liberté


  • Xenozoid 6 juillet 2014 22:26

    mais c’est une autre histoire, moins triste sûrement que celle des cochons !
    va demander a findus,et a l’aumaillerie ou je suis né,les libertés de tuer ,de tuer,de tuer et de dire je ne savais pas, la liberté d’être inocent et de dire c’est pas moi c’est l’autre, la liberté de tuer et de dire c’est pas moi la liberté, celle de la domestication,la liberté de tuer


    • alinea alinea 6 juillet 2014 22:28

      Qu’est-ce que tu dis !! il n’y a aucune liberté à tuer..
      Il faut savoir de quoi l’on parle aussi ; parler de la liberté, ce n’est pas vider son sac sur toutes les horreurs humaines !!


    • Xenozoid 6 juillet 2014 22:33

      Ah bon Alinea tu n’as pas fait cet article pour que tous pense que la liberté pue ?je me trompe ?
      Ha tu a fais cela pour être ? tu n’est pas libre c’est pour cela que tu parle de la liberté, non ?


    • Xenozoid 6 juillet 2014 22:34

      c’est ca l’horeur


    • alinea alinea 6 juillet 2014 22:42

      Je ne sais qui peut prétendre être libre, comme ça, tout le temps !
      Je ne te comprends pas ce soir Xenozoïd, désolée ; j’ai écrit des mots qui me semble-t-il ont un sens ; ma foi !
      si tu lis un paragraphe sur deux !!!


    • Xenozoid 6 juillet 2014 23:08

      bien sure Alinea,je me casse,je te laisse a tes chevaux,et tes rêves,c’est bons les rêves


  • Xenozoid 6 juillet 2014 23:11

    En réalité, la liberté n’est pas très confortable, si elle n’est pas partagée par tous,ouas on demandera pas a tous le monde,ce serait chaotique smiley


  • jack mandon jack mandon 25 octobre 2014 14:31

    Bonjour Alinea,

    Liberté…


    Belle écriture à l’image bondissante camargaise que Pégase connaît.

    Sous le Soleil et dans le vent, crinière déployée liberté que nature fait.

    A cet ami de l’homme aux puissances empruntées et souvent perverties,

    A tous nos semblables, rampant, nageant et volant, à l’infinie zoopathie,

    phobie singulière et pourtant privilège animalier appelé liberté.


    Liberté souhaitée, chantée, criée, perdue, aux thèmes exaltés-ravaudés,

    Quand, fatigués, abandonnés, assaillis ne pouvant plus lutter,

    accepter la dérive animale, se soumettre, fuir devant la tempête...éviter.

    Abandonner les tourments, loin des mondes dominant-dominés, accepter.

    Accueillir les rivages inconnus d’où naîtront des horizons vrais, imaginés,

    Paradis naturels protégés de tous ceux empruntant les chemins renommés



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