mercredi 28 novembre 2007 - par anny paule

Loi LRU : l’esprit n’est pas une marchandise

Nous avons pu lire et apprécier hier, sur Agoravox, un article consacré à la loi LRU. Comme ce média citoyen se définit par la pluralité des points de vue exprimés, je vais m’autoriser à apporter le mien, qui ne ressemble pas exactement à celui de l’auteur.

Cette loi LRU, ou loi Pécresse, s’inscrit directement dans la ligne définie à Salamanque, en mars 2001, et aboutissant à la création de l’Association européenne de l’université. La déclaration finale, à Salamanque, était très explicite, puisqu’elle se donnait pour « Objectif la création d’un marché des universités par leur mise en concurrence ». « Les institutions d’enseignement supérieur acceptent les défis de l’environnement concurrentiel dans lequel ils opèrent au niveau national, européen et mondial. (...) La dynamique requise pour l’Espace européen de l’enseignement supérieur restera inopérante, ou provoquera une concurrence inégale, si se maintiennent l’excessive réglementation et la mainmise financière et administrative qui pèsent actuellement sur l’enseignement supérieur en de nombreux pays. »

Cela ne saurait être plus clair, le moteur des réformes en cours est bien la concurrence, et ce ne sont ni l’émulation, ni la qualité de la transmission du savoir, ni l’élévation du niveau de formation de l’ensemble de la population... Et la logique de la loi Pécresse répond parfaitement à cet objectif : « Leur gouvernance renforcée, les universités seront en mesure d’exercer des compétences nouvelles leur permettant d’affronter dans les meilleures conditions la concurrence internationale. » (exposé des motifs)

Par ailleurs, le cas de nos universités n’est pas un cas isolé, n’est pas neuf, et il préfigure une série de réformes propres à privatiser l’ensemble de notre système secondaire d’enseignement.

En effet, plusieurs publications de l’OCDE, de l’OMC, des AGCS et de l’ERT permettent de comprendre le mécanisme de ces privatisations : « Une vaste réforme du secteur public d’éducation est en cours, orienté vers et par le marché » (OCDE, in Courrier de l’Unesco, décembre 2000). Les accords de l’OMC prévoient « la privatisation de 160 secteurs ou services, pour une libéralisation totale », et parmi ces secteurs, « l’éducation (...) avec la santé, le dernier bastion à prendre » (OCDE, in Courrier de l’Unesco, décembre 2000).

Dans cette logique libérale, (« privatiser les bénéfices et socialiser les pertes »), « les pouvoirs publics n’auront plus qu’à assurer l’accès à l’apprentissage de ceux qui ne constitueront jamais un marché rentable, et dont l’exclusion de la société en général s’accentueront à mesure que d’autres continueront à progresser ». (Adult learning and technology, in OCDE Countries, 1996)

Des publications de la Banque mondiale vont dans le même sens : « Investir prioritairement dans l’éducation de base » et « livrer les secteurs secondaires et universitaires aux industriels de l’éducation ». « Encourager le recours au privé » et « consentir à des prêts pour les pays disposés à adopter, pour l’enseignement supérieur, un cadre législatif et réglementaire (...) où le secteur privé interviendra davantage au niveau de l’enseignement et du financement ». N’intervenir que si les pays ont su « réformer les systèmes éducatifs dirigés par des administrations centrales ou d’Etat (...) lesquelles laissent peu de marges de manœuvre ». (Banque mondiale, Priorités et stratégies pour l’éducation, 1995)

La Conférence de Lisbonne, les 17 et 18 mars 2000, invitait déjà les ministres de l’Education des différents pays européens à « se mobiliser pour entrer de plain-pied dans la nouvelle économie ». De même, la Conférence du Lobby Gate de septembre 1998, stipulait que : « L’éducation est l’un des marchés à la croissance la plus rapide. La formation privée et l’industrie de la formation des adultes devraient connaître une progression à deux chiffres tout au long de la prochaine décennie », et que « l’éducation publique devient un concurrent qu’il convient de ramener à la portion congrue ».

Enfin, un groupe de travail de l’OMC, dirigé par le président de BP Amoco, ex-directeur du GATT, Peter Sutherland, s’exprimait ainsi : « La responsabilité de la formation doit être en définitive assumée par l’industrie ». « L’éducation doit être considérée comme un service rendu au monde économique ».

Tout ceci nous permet d’éclairer, à la fois, la loi LRU, et les lois sur l’autonomie des établissements scolaires dans leur ensemble, de comprendre que la volonté des décideurs est bien de livrer aux entreprises ou au marché nos lycées, collèges et universités. Ceci nous permet également de constater que le phénomène n’est pas nouveau et que les réformes actuelles ne sont qu’une étape de plus dans la « grande braderie » organisée.

Afin de mieux asseoir sa réforme, la ministre actuelle a commencé par dresser un tableau catastrophique des résultats de nos universités françaises et a joué à fond sur le « déclinisme », méthode très pratiquée en ce moment, dans divers secteurs, pour justifier une action politique : on développe un certain nombre d’éléments propres à démontrer que la catastrophe est imminente, on stigmatise les rétifs et les opposants, et on engage l’action.

Or, il est facile de prouver que nos universités, en dépit d’un manque réel de moyens, en dépit du nombre de leurs étudiants, si elles rencontrent un certain taux d’échec (lié à la massification, à des erreurs d’orientation, à des découragements, à un statut précaire de certains étudiants...), ne réussissent pas si mal.

La France reste dans le peloton de tête des pays de l’OCDE pour l’accueil des étudiants étrangers, largement devant les Etats-Unis, le Japon et les pays du Nord (pour l’ensemble du Supérieur, de 7 % en 1988, elle est aujourd’hui à 12 %. Pour les seules universités, ces chiffres sont passés de 8,5 à 15 % sur la même durée). Il y a actuellement 35 % de doctorants étrangers en France, et le CNRS (même s’il est un peu à part) emploie 25 % de chercheurs étrangers.

Les résultats du système ne sont pas aussi épouvantables qu’on veut nous le faire entendre : la France est dans le peloton de tête des diplômés en sciences (3 750 diplômés pour 100 000 actifs de 25-34 ans, dont 40 % de femmes) et vient au troisième rang des pays dans le classement, largement devant les Etats-Unis, l’Allemagne, le Japon et le Royaume-Uni. Aux Etats-Unis, par exemple, pour 100 000 actifs de 25-34 ans, seuls 2 200 sont diplômés, soit 40 % de moins que chez nous.

Ce qui a longtemps fait la qualité de notre Enseignement supérieur, c’est l’universalité des savoirs qui s’y distribuaient, c’est la valeur de ses enseignants chercheurs, c’est l’indépendance dont elle jouissait.

Cette réforme Pécresse qui voit dans le marché la seule source de progrès et de dynamisme, qui modifie le statut des enseignants chercheurs, qui fait entrer des « professionnels » dans le monde universitaire va en modifier profondément l’esprit.

Une lettre de mission de N. Sarkozy à Valérie Pécresse, datée du 5 juillet 2007, précise qu’il faut « allouer les moyens aux établissements d’enseignement supérieur en fonction de leurs résultats en matière d’accès de leurs étudiants au diplôme et d’insertion de leurs diplômés sur le marché du travail ».

Le premier grand risque à venir est l’orientation de la recherche vers des champs de mode ou d’intérêt provisoire des financeurs et donc un rétrécissement des champs de la recherche, du savoir, de la formation. Les Lettres, les langues anciennes, les sciences humaines... risquent de disparaître à plus ou moins court terme... Ce ne sont pas des enseignements « rentables » !

Le second risque, c’est l’assujettissement aux résultats : cela peut supposer une sélection à l’entrée des universités sur des critères non éducatifs, et donc la restriction de la ressource intellectuelle du pays.

Le troisième concerne plus directement le statut des « intervenants » qui pourront être cooptés par le conseil d’administration de chaque université, sur des critères mal définis, et soumis, pour leurs émoluments aux libéralités du président.

Certes, il était nécessaire de réformer nos universités. Certes, nombre de nos étudiants ne terminent pas leur cursus. Certes, les diplômes délivrés ne sont pas toujours en phase avec la demande économique... mais ceux qui avaient su, jusqu’ici, terminer leur cycle d’études, disposaient de savoirs transférables qu’il aurait suffi de prendre en compte et de valoriser dans le monde du travail pour que nous restions un pays riche... Comme la France n’a pas d’autre matière première que son « intelligence », il n’est pas de raison de la brader au profit de n’importe quel lobby ! C’est seulement en développant nos esprits que nous serons capables de conserver un rang dans le monde... et non l’inverse comme on essaie de nous en persuader !



11 réactions


  • JL JL 28 novembre 2007 12:00

    Bravo, magnifique. Je reviens plus tard pour y ajouter un complément de réflexion qui va dans ce sens.


    • JL JL 28 novembre 2007 12:32

      Anny Paule, vous écrivez fort justement : «  » Le premier grand risque à venir est l’orientation de la recherche vers des champs de mode ou d’intérêt provisoire des financeurs et donc un rétrécissement des champs de la recherche, du savoir, de la formation.«  »

      Il y a deux façons de voir cette réforme, selon que l’on regarde le verre à moitié vide ou le verre à moitié plein. En effet, la bonne question est : s’agit-il de financer l’Université sur fonds privés, ou bien au contraire de subventionner les recherches privées sur fonds publics ?

      Pour bien aborder cette question, une petite digression s’impose.

      La pratique des marchés d’études est vieille comme les labos de recherche : CNRS, CNET, INRA, etc. Cette pratique a conduit à la situation actuelle qu’il serait trop long de développer ici. Disons que l’INRA y a perdu son âme dans ses études sur les pesticides et les OGM, qu’il ne faut surtout pas compter sur l’ex CNET pour faire et publier des recherches sur la nocivité des téléphones portables, et que le CNRS dans sa recherche du Graal des physicien est un excellent maître d’ouvrage, au plus grand profit de l’industrie, pour des projets pharaoniques sur fonds publics, par exemple un labo enterré à des centaines de mètres sous le continent antarctique.

      Avec les restrictions budgétaires draconiennes imposées à l’Etat par ces ’braves’ libéraux qui ont rendu, que dis-je, vomi leur carte de citoyens, ces financements publics ne sont plus de mise, rigueur oblige. Cela tombe bien ! En effet, pour une entreprises privées faire de la recherche pour le compte d’un tiers n’est pas une stratégie à long terme, d’autant que si ce tiers c’est l’Etat, autrement dit les consommateurs, cela n’est pas forcément bon pour son commerce : il ne faut pas que le public soit trop informé.

      Désormais en matière de recherche, être sous-traitant, c’est dépassé ! La recherche est hautement stratégique, le privé entend y devenir donneur d’ordre vis à vis de l’Université, et pourquoi pas des écoles, à l’instar de ce qui se fait de façon non officielle dans les grands laboratoires de recherche publics. Cette évolution est brillamment démontrée ici par ce texte très documenté.


    • JL JL 28 novembre 2007 12:35

      Ps. Il faut savoir qu’aux USA il y a des universités créationnistes. Bientôt en Europe aussi ?


  • Ceri Ceri 28 novembre 2007 13:48

    eh oui, c’est vrai que les facs de sciences humaines et sociales ont d’excellents résultats au vu du manque de moyens. A Rennes 2 (fac de sciences sociales), un étudiant coutait 900 euros par an à l’Etat, ce qui n’empechait pas les thésards (payés moins de 100 euros par mois il faut le préciser) de faire référence dans la recherche.

    Ce qu’ils veulent avec ce type de réforme suicidaire pour les secteurs non rentables à court terme, c’est tuer la contestation et la réflexion qui sont menées dans ces universités. Comme les tsars en Russie,n lorsqu’ils passaient à des régimes autocratique, commencaient par fermer les facs de philo et lettres, ben en sarkoland c’est pareil, mais au nom de la « rentabilité ».

    Quelle rentabilité ? Est-ce que la recherche en histoire ou en socio peut être rentable ? Est-ce que l’éducation, la santé peuvent être « rentables » ? Est-ce que l’armùée est rentable ? smiley

    J’ai vraiment peur de la société de débiles qu’on aura quand plus personne ne connaitra l’histoire, par exemple. On aura juste des abrutis en HEC qui apprennent par coeur que vive le libéralisme. Tiens ca me fait penser à un guignol en master d’économie qui me dit l’autre jour que « c’est grace au capitallisme que tout le monde mange à sa faim ». No comment.


  • anny paule 28 novembre 2007 14:22

    Réponse de l’auteur, D’abord, merci à JL d’apporter des compléments à mon analyse... mais, mon article était déjà long, et je ne sais pas tout ! Merci aussi à Ceri de faire état du statut des sciences humaines et d’étayer son commentaire par un exemple précis. Cette question de l’Education dans son ensemble (et de l’Université) fait partie de mes proccupations premières, et je me plais à citer Maurice Halbwachs, dans sa préface de l’ouvrage de Durkheim, L’évolution pédagogique en France (Réédition de 1990) : « L’éducation est le moyen le plus efficace dont dispose une société pour former ses membres à son image ». L’Education, c’est tout l’avenir d’un pays.

    Si l’on veut des incultes formatés, tous les ingrédients seront bientôt fournis par le nouveau système qui nous est concocté... Par contre, si des citoyens conscients informent et tentent de donner un éclairage différent de celui qui nous est servi par les médias officiels, peut-être réussirons-nous à faire comprendre l’Esprit du moment !

    C’est seulement ce que j’ai voulu faire par cet article.

    J’ajoute qu’une vidéo a été réalisée par le Collectif, Sauvons la Recherche, visible en 4 épisodes, sur Daylimotion, www.lautrecampagne.org , Universités, le grand soir. Les commentaires des chercheurs vont dans le sens de mon analyse.


    • Ceri Ceri 28 novembre 2007 18:58

      oui j’ai vu le docu des chercheurs, alarmés part les prises de postions de sarkoléon sur la recherche et le supérieur en général. Mais que faire ? Quand les étudiants dénoncent la dérive vers le crétinisme et la marchandisation, on les traite d’extrémistes de gauche...

      En tant que journaliste, ce qui me gene le + est que si les gens n’ont pas les connaissances de base pour comprendre le monde, on ne peut pas approfondir les choses, ni faire d’analyse de situations qu’ils ne connaissent pas du tout. Donc, c’est un cercle vicieux car on informe ceux qui sont déjà informés un minimum, les autres y’a que TF1 et Pujadas qui peuvent se mettre à leur niveau de compréhension puisqu’ils diffusent une « info » divertissement, du ludique déguisé en JT.

      La vraie info, la géopo et la politique économique par exemple, sont autrement complexes, et franchement je crois que c’est inabordable pour la majorité de nos concitoyens. A force de fermer les facs où on réfléchit encore (un peu), ben personne ne pourra plus comprendre les enjeux réels.


  • ddacoudre ddacoudre 28 novembre 2007 21:37

    Bonjour anny paule.

    Cela s’appelle l’industrialisation des consciences.

    Et contrairement à ce que peuvent penser leur initiateur cela nous conduira au déclin en appauvrissant la diversité de la pensée humaine pour la contenir dans une rationalité comptable mercantile, donc restrictive car ne couvrant pas toute les aptitudes de l’humain.

    A se répéter que seul le privé est performant, faisons l’effort d’imaginer une telle situation. Nous en arriverions rapidement, à considérer les vicissitudes de l’existence comme des charges à bannir, et ceux qui les subissent avec, c’est à dire rejeter tout ce qui fait de nous des humains fragiles, mortels, et non pas des androïdes parfaitement huilés qui conviendraient mieux pour une rentabilité maximale.

    Dans l’économie nous en sommes arrivés, à considérer toutes interventions de l’État citoyen comme parasitaire, et considérer la revendication collective comme inopportune, parce qu’elle contrarie notre quotidien discipliné.

    Dans cet ordre d’idée, celle de gérer la société comme une entreprise est souvent avancée, et cela arrivera car la population devient à son fort défendant servile

    C’est sous une certaine forme la reconnaissance de l’aptitude des dirigeants d’entreprises. Pourquoi pas ?

    Mais les inaptes, les incompétents, les licenciés, les « en trop », tous ceux qui ne rentrent pas dans le moule mercatique nous les rejetterions à la mer ?

    Un jour j’ai osé dire dans une réunion qui m’excédait, si nous irions jusqu’à créer des fours crématoires pour ces « en trop », le silence de mort qui s’en suivit fut éloquent, c’était en 1994 cela n’a pas empêché la marche de l’homo économicus.

    Avec la loi d’autonomie avant la privatisation des universités,car la finalité est là, l’homo sociabilis ne va plus pouvoir compter sur ses élites pour s’émanciper des puissants, car si tous ceux qui forment la France intellectuelle disparaissent pour cause de non rentabilité, nous allons rentrer dans une période d’obscurantisme économique plus dramatique que celui religieux. Et comme ce ne sont jamais les populations « ignorantes » qui se sont montrés transgressives, la pensée unique (soit la pensée économique) va se dogmatiser encore plus.

    Loin de moi l’idée de dénigrer l’économie, le tout économique et marchant oui.

    Le déséquilibre de l’emploi à rendu ce dernier très recherché, y compris par ceux qui sont encore dans les lycées et universités, qui conscients que de leurs formations dépend leurs avenirs dans une activité privée pour l’essentiel, ils en deviennent aveugles des enjeux à long terme.

    Il est vrai qu’en Grèce si Socrate avait reconnu les dieux de la cité et pas corrompu la jeunesse en leur demandant de s’interroger il n’aurait pas comparu devant ses juges démocratiques. Et oui à cette époque le dogme n’était pas l’économie.

    Cordialement.


  • Céphale Céphale 28 novembre 2007 23:28

    N’étant pas dans l’enseignement, je n’avais pas entendu parler de cette réunion de Salamanque en mars 2001. Mais je note que l’objectif de « création d’un marché des universités par leur mise en concurrence » est exactement celui de l’OMC avec l’AGCS (accord général sur le commerce des services). C’est un projet dangereux qui vise à supprimer le pouvoir de l’Etat sur l’éducation au profit des multinationales. C’est très bien expliqué dans un livre qui est paru récemment :

    L’AGCS - Quand les Etats abdiquent face aux multinationales (Ed. Raisons d’agir)

    En France, je ne vois pas de danger particulier.

    La concurrence entre les universités françaises existe déjà, le terme « université » devant être étendu aux IUT et aux grandes écoles. Elle existe aussi dans une moindre mesure entre les universités françaises et étrangères. Il ne me semble pas que la loi LRU a pour but de de faire augmenter la concurrence et de réduire le pouvoir de l’Etat sur l’université. Donc je ne crois pas que, comme dit l’auteur, « elle s’inscrit directement dans la ligne définie à Salamanque ».

    Quant aux enseignants chercheurs, ils sont déjà en concurrence, eux aussi, avec des chercheurs issus des grandes écoles qui travaillent au CERN, au CEA, à Sophia Antipolis, etc. La loi ne changera rien.


    • ddacoudre ddacoudre 1er décembre 2007 00:13

      bonjour céphale

      Le projet final est de ne financer que les filières qui débouchent sur une activité économique, et la philosophie, les lettres et bien d’autres n’en font pas parties. Il ne veut pas les supprimer, mais ceux qui voudront s’y inscrivent devront financer leur études, car il veut que l’argent public ne serve qu’à celles qui débouchent sur un emploi.

      cordialement.


    • anny paule 1er décembre 2007 07:12

      Céphale, vous dites que vous ne voyez pas de danger particulier en France. C’est votre droit, encore faudrait-il les moyens d’étayer cette pensée. Je connais le milieu dont je parle et me réfère à des textes. C’est en cela que je peux soulever certains voiles qu’on maintient sur les projets de réformes et en éclairer les dangers. Mon but et de conduire à une réflexion et de donner un éclairage que les médias traditionnels se garderont d’offrir, et pour cause ! Il est aussi de montrer que les étudiants et certains chercheurs, en grève ne sont pas les « affreux gauchistes » qu’on nous présente, mais au contraire, des gens qui ont réfléchi aux dangers.

      A titre d’exemple, avec un recul sur notre passé institutionnel, je peux affirmer qu’il y a toujours un hiatus entre ce qui est montré d’une réforme, et ce qui la fonde réellement. Question d’habillage ! Ainsi, les lois présentées comme positives, comme lois de démocratisation du système scolaire (ordonnance Berthoin, et réforme Fouchet) avaient un fondement (totalement caché, au public et aux praticiens du système)plus pervers : théorie du Capital humain (homme marchandise dont il importe de tirer des bénéfices), théorie héritée de Fischer, USA 1908.

      Le travail sur ce décalage entre le visible et le caché (avec les effets pervers qu’on a pu mesurer depuis) ont été l’objet de ma thèse de doctorat, voilà des années.


    • anny paule 3 décembre 2007 07:12

      Réponse de l’auteur, Je ne pense pas comme Céphale : le projet de notre minitre s’inscrit bien dans la ligne de Salamanque, dans celles de l’OMC et de l’AGCS. Les citations nombreuses que j’ai données en sont l’illustration. Alors, dans ce cas, comment imaginer que la France n’encourt aucun « danger particulier » et penser que "la loi ne changera rien ? Si certains de nos chercheurs, dans des secteurs précis sont déjà en concurrence, tous le seront ensuite et en réponse obligée à la loi.

      Le danger me paraît grand, au contraire, tout comme me paraît extrême celuila disparition des champs de recherche non porteurs sur le plan économique.

      Je partage l’inquiétude de ddacoudre.

      C’est, du reste, cette inquiétude fondée sur les textes qui avait motivé mon article. Pour moi, il s’agissait d’une question de devoir d’information.


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