lundi 7 janvier 2013 - par rosemar

O sole mio...

Certaines chansons sont associées à des êtres qu'on a connus, aimés, parfois elles ressurgissent comme des souvenirs lointains et précieux, parfois aussi elles provoquent des émotions infinies ...Une chanson résonne plus particulièrement en moi car je l'ai souvent entendue dans mon enfance, une chanson napolitaine, Naples étant la ville d'origine de mon arrière grand père...

Cette chanson "O sole mio "évoque un sujet on ne peut plus banal : une journée de beau temps illuminé par la lumière du soleil , un véritable hymne à la nature : le soleil est d'ailleurs invoqué sous la forme d'une apostrophe dans le refrain de la chanson...Ainsi personnifié, il acquiert une importance particulière et apparaît comme une entité vivante...il est donc célébré et magnifié...

Les paroles ont été écrites par le poète napolitain Giovanni Capurro en 1898 et la musique composée par le chanteur napolitain Eduardo Di Capua...

"Che bella cosa e' na jurnata 'e sole : Quelle belle chose qu'une journée de soleil",voilà les premiers mots du texte, pleins de simplicité ...Le soleil après la tempête apporte un réconfort et un bien- être absolu....

Le soleil invite à la fête, au bonheur retrouvé et l'astre du jour est associé à l'être aimé : "oh mon soleil est sur ton front"...et c'est là le plus beau des soleils, dit la chanson...

Le soleil devient donc l'image même de l'amour , le soleil suggère la joie et des sentiments d'affection , de tendresse...

L'évocation du soir qui tombe, de la nuit qui arrive entraîne une certaine mélancolie mais l'amoureux retrouve son beau soleil sur le front de l'être aimé, un soleil radieux, le plus beau de tous...

On peut noter toute la simplicité de ce texte, sa briéveté : aucune recherche grandiloquente mais une poésie de la nature et de la vie qui paraît évidente ...

La mélodie très douce soulignée par les violons, par les voix de grands ténors est pleine d'enchantements : elle traduit bien toute la tendresse de cette chanson .

Ce chant a d'abord été repris par le célèbre Enrico Caruso puis par de nombreux ténors souvent à la fin de leur concert, Benjamino Gigli, Tito Schipa, Giuseppe Di Stefano, Mario Lanza. Puis Luis Mariano, Elvis Presley , Lucciano Pavarotti et enfin Roberto Alagna l' ont aussi interprété...

 J'entends cette chanson avec une émotion sans cesse renouvelée car elle suggère en moi des images d'enfance : ma grand-mère, mes parents en train de l'écouter et de l'apprécier ...

Je revois aussi des paysages inondés de lumière, la méditerranée et ses mille soleils qui se reflètent sur les vagues, je revois de beaux ciels d'été, je revois des visages familiers, des images et des souvenirs de bonheur...

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28 réactions


  • Deneb Deneb 7 janvier 2013 10:28

    Merci d’évoquer la culture napolitaine, la racine principale de la culture européenne moderne. Naples fut la capitale de l’Europe au moyen-âge et son rayonnement atteignit tout le monde connu jadis. Dans la plus pure tradition d’« na jurnata e sole », l’immense Pino Daniele chante pour ceux qui ne trouvent pas la paix et doivent se contenter de la lumière.

     


    • rosemar rosemar 7 janvier 2013 18:49

      MERCI Deneb pour ce message...Naples la ville de tous les contrastes : capitale rayonnante au Moyen âge et symbole de la pauvreté et de la misère de l’Italie du Sud plus tard...


      Je découvre et j’apprécie la chanson de Pino Daniele...

      Belle soirée...

  • Txotxock Txotxock 7 janvier 2013 11:12

    Non, pitié, pas Alagna....


  • latortue latortue 7 janvier 2013 11:15

    je vous cites :Certaines chansons sont associées à des êtres qu’on a connus, aimés, parfois elles ressurgissent comme des souvenirs lointains et précieux, parfois aussi elles provoquent des émotions infinies ..
    comme c’est vrais et qui d’entre nous n’a pas ressentis cette douleur intense cette brusque piqure de rappel qui vous dit , il ou elle n’est plus là ,il me reste sa chanson préférée .
    merci Rose


    • rosemar rosemar 7 janvier 2013 18:55

      Bonsoir latortue et merci pour ce message ...les chansons sont souvent attachées à des souvenirs particuliers....celle là me renvoie à certaines de mes racines, au Sud ;à la méditerranée


  • noodles 7 janvier 2013 12:29

    Bonjour ! Il me semble entendre les ouvriers dans la rue chanter Sole Mio !

    Quel peuple les italiens ! Cette langue à peu près partagée par toutes les régions de la péninsule a mis longtemps à les fédérer. Petite réflexion sur les diverses cohésions des peuples européens. Qui a réalisé son nité plus tôt, qui l’a concrétisée plus tard, qui a résolu ses disparités en s’en accommodant... Mon sentiment est que c’est désormais rétrograde de ne se voir que national et ma tristesse est de constater que même les Barroso et les Merkel ne réussissent pas à nous faire vivre dans les fait notre cohésion européenne. La musique et ne chant nous ont souvent réunis voire apaisés et continuent à le faire

    Souhait ensoleillé : être ce que nous sommes et devenir ce que nous sommes capables de devenir ensemble...voilà un projet qui nous fera aimer à la fois le Bel Canto, la Sardane et la Jota ainsi que l’Hymne à la joie d’origine allemande censé être notre symbole de ralliement.

     http://www.dailymotion.com/video/xo6bym_hymne-a-la-joie-en-francais_music#.UOqvjm83gZk ah, tous nos petits qui chantent l’Espoir ...c’est aussi le soleil.

    noodles


    • Deneb Deneb 7 janvier 2013 13:04

      Sauf que la chanson n’est pas en italien, mais en napolitain, nuance. C’est un peu comme si l’on disait que « Nissa la bella » soit un chant français.


    • rosemar rosemar 7 janvier 2013 19:01

      Quelle langue chantante ! 

       et en même temps que l’on des difficultés à se sentir européens avec tant de disparités ! c’est ce qui en fait aussi la richesse !

      Merci pour le bel hymne à la joie....

      Belle soirée à tous...

    • rosemar rosemar 7 janvier 2013 19:05

      Rebonsoir Deneb 


      vous connaissez le napolitain ??



    • Deneb Deneb 7 janvier 2013 19:43

      Non, rosemar, je n’ai pas la prétention de parler napolitain. Je sais chanter quelques chansons, comme Funiculi, funicula, et des chansons de Pino Daniele, comme celle-ci, très « canzone »
      ou celle là, plus blues. Mais je pratique l’italien et d’autres langues méditerranéennes, comme le Nissart.

      Juste un mot à propos du morceau « blues ». C’est le baratin du proxenete qui s’adresse au soldat américain (Naples fut une très grande base de l’OTAN) pour lui recommander sa protégée. Naples a été beaucoup influencé par la présence des soldats noirs américains, et on voit depuis beaucoup de napolitains métis et quelques phrases anglaises qui se sont intégrés dans la langue locale.


    • rosemar rosemar 7 janvier 2013 19:59

      Funiculi funicula ...encore une chanson de mon enfance...Superbe ...J’aime beaucoup aussi la « canzone » avec la petite mandoline....MERCI !


      Le nissart , c’est curieux de connaître cette langue locale !

      Et merci encore pour toutes ces infos sur Naples

    • rosemar rosemar 7 janvier 2013 20:04

      J’aime bien aussi cette version de funiculi funicula de Pavarotti ....




      Belle soirée Deneb

    • Deneb Deneb 7 janvier 2013 20:16

      Eh, oui, à Naples on a fait une chanson pour fêter l’arrivée du funiculaire.


    • rosemar rosemar 7 janvier 2013 21:06

      Voici quelques paroles de la chanson :


      Allons de la terre à la montagne, il n’y a qu’un pas.
      On voit la France, Procida et l’Espagne, moi je te vois toi !
      Avec le funiculaire, aussitôt dit aussitôt fait, nous sommes montés au ciel...
      Allons comme le vent, montons, montons !
      Allons, allons, au sommet allons-y !
      Allons, allons, au sommet allons-y !
      Funiculi, funiculè, funiculi, funiculaire !
      Allons au sommet, funiculì, funiculaire !

      C’est la montée et l’envolée vers le ciel !

      Et pourquoi le nissart ? c’est une option apprise au lycée ?

    • Deneb Deneb 7 janvier 2013 23:03

      Non, il se trouve que je suis arrivé en France lorsque j’avais 20 ans. C’est par souci d’intégration, mais aussi parce les langues m’ont toujours passionné. En apprenant le Nissart, ça m’a ouvert un tas d’horizons : l’occitan, le catalan, le piémontais...Pour moi, les langues sont une façon d’appréhender l’Histoire, dont j’ai horreur des versions officielles et propagandistes. 


    • rosemar rosemar 8 janvier 2013 05:56

      Un exilé donc ? mais un vrai ...Il ne doit pas être facile de s’intégrer quand on arrive à 20 ans dans un pays étranger : la barrière de la langue, des coutumes, des façons de vivre différentes...

      Bravo pour cette intégration réussie, Deneb...

      Bonne journée

  • noodles 7 janvier 2013 13:16

    >Deneb Oui oui, c’est vrai ce que vous dites et il y a de belles différences du Mezzogiorno (le midi) au septentrion. Mais c’est joli....on dirait du linge pendu aux fenêtres....on dirait le Sud...encore une chanson...


  • noodles 7 janvier 2013 14:36

    Les napolitains sont, comme nous, assujettis à l’Europe et bien obligés de se rallier à cet hymne européen dont, prudemment (?) la Commission n’a pas jugé utile de proposer des paroles. Seul le thème musical de Beethoven est officialisé et strictement codifié.

    Ce qui fait que des adaptations au français des paroles allemandes de Schiller sont nées.En France, la mélodie de Beethoven a donné lieu à plusieurs adaptations bien avant que l’Europe n’exist,e à destination des enfants des écoles. Un couplet (commençant par « Que la joie qui nous appelle ») a été écrit par Jean Ruault. Ces paroles ont été complétées de deux autres couplets (le premier de ces couplets commençant par « Peuples des cités lointaines ») du librettiste Maurice Bouchor (1855-1929), que ce dernier a publiés sous le titre Hymne à l’universelle Humanité. Une autre version (commençant par « Oh ! Quel magnifique rêve ») de Maurice Bouchor a été publiée avec Julien Thiersot sous le titre Hymne des temps futurs dans les Chants populaires pour les écoles au tout début du XXe siècle. 

    Conservée en l’état par les allemands, je trouve inacceptable la traduction française d’après Schiller. Alors que les paroles de Jean Ruault appellent à un universalisme plus mondialiste et à une laïcité qui admet la diversité, les paroles allemandes sont enfermées dans le cocon catholique, en voici le final : Heureux,
    tels les soleils qui volent
    Dans le plan resplendissant des cieux,
    Parcourez, frères, votre course,
    Joyeux comme un héros volant à la victoire !
    Qu’ils s’enlacent tous les êtres !
    Ce baiser au monde entier !
    Frères, au-dessus de la tente céleste
    Doit régner un tendre père.
    Vous prosternez-vous millions d’êtres ?
    Pressens-tu ce créateur, Monde ?
    Cherche-le au-dessus de la tente céleste,
    Au-delà des étoiles il demeure
    nécessairement.
     

    Voici celui que j’ai toujours su :

    Texte : J. Ruault

    1. Que la joie qui nous appelle nous accueille en sa clarté Que s’éveille sous son aile l’allégresse et la beauté ; Plus de haine sur la terre, que renaisse le bonheur ! Tous les hommes sont des frères quand la joie unit les coeurs.

    2. Peuples des cités lointaines qui rayonnent chaque soir Sentez-vous vos âmes pleines d’un ardent et noble espoir ? Luttez-vous pour la justice ? Êtes-vous déjà vainqueurs ? Ah ! qu’un hymne retentisse à vos coeurs mêlant nos coeurs.

    3. Si l’esprit nous illumine, parlez-nous à votre tour ; Dites-nous que tout chemine vers la paix et vers l’amour. Dites-nous que la nature ne sera que joie et fleurs Et que la cité future oubliera le temps des pleurs.

    Cette version bien préférable contient des éléments du passé, une laïcité coulée dans le bronze, et une ouverture à la liberté religieuse...ainsi qu’à l’agnosticisme. Faites votre choix ...noodles


     

     


    • rosemar rosemar 8 janvier 2013 06:01

      MERCI noodles 


      pour toutes ces infos...un hymne européen ? Il faudrait d’abord songer à construire une vraie Europe ...bâtie sur de vraies valeurs : on est loin du compte...

      Belle journée...

  • Taverne Taverne 7 janvier 2013 14:40

    Bien belle chanson venue directement de la tradition napolitaine. Dommage qu’elle ait été resservie en anglais « it’s now or never » pour les besoins du show business américain. Tout comme la magnifique chanson d’amour« Aura Lee », composée pendant la Guerre de Sécession et dont la version modifiée et très appauvrie nous est la plus connue.


    • rosemar rosemar 7 janvier 2013 19:09

      Bonsoir Taverne


      Merci de ces rappels ...Je préfère moi aussi la version originelle parce que c’est celle de mes souvenirs d’enfant...



    • Deneb Deneb 7 janvier 2013 23:16

      Taverne : pourquoi dommage ? Ca ne l’a pas abimée, la traduction. Au contraire, ça l’a fait connaitre à de millions de gens qui sans ça en seraient privés. Même les Beatles la chantaient, à leurs débuts - voir le film Backbeat.


  • ZenZoe ZenZoe 7 janvier 2013 14:57

    O sole mio...
    En 1960, Elvis Presley la dépoussière sous le nom d’It’s now or never et connaît un grand succès.


  • fatizo fatizo 7 janvier 2013 17:35

    Mais il manque une vidéo . Celle ou Rosemar nous bercerait de sa douce voix !

    Belle soirée à toi . 

    • rosemar rosemar 7 janvier 2013 19:14

      Alors là il vaut mieux pas ! Je chante comme une casserole, hélas ! c’est un de mes grands regrets...



      Belle soirée fatizo...

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