vendredi 11 mai 2018 - par Jules Elysard

Où est Macron ?

En mai, fais ce qui te plait

(expression populaire reprise en autres par le préfet Grimaud pour raconter ses souvenirs de mai 68)

 

Bon. Le petit génie avait décidé d’ignorer les manifestations d’hostilité de son bon peuple et de s’envoler pour les antipodes. Il avait déclaré que la France est « un pays qui n’a accepte les changements que lorsqu’on lui explique les yeux dans les yeux ce que l’on veut faire ».[i] Aussi, pour pacifier ce « pays parfois d’esprit belliqueux », il résolut de le considérer depuis le Pacifique. Il avait laissé les clés de l’Etat à son premier ministre et à son ministre de l’Intérieur. Le 1er mai qui s’annonçait devait être le tournant final dans la mise au pas des trublions qui s’agitaient dans les rues. La grève des cheminots allait devenir vraiment impopulaire. Les syndicat d’Air France seraient court-circuités, comme en 1994, par un « recours au peuple », une consultation des salariés, un appel direct à leur raison, à leur bon sens et, pourquoi pas, à leur sens de l’histoire.

https://www.lesechos.fr/industrie-services/tourisme-transport/0301592115630-larme-du-referendum-a-air-france-le-precedent-christian-blanc-2170809.php

Et pour bien commencer cette série de victoires, 1200 « casseurs » s’inviteraient à la manifestation des syndicats

Ce chiffre, 1200 « casseurs », était annoncé par des alertes le matin du 1er mai, voire la veille par des rumeurs. Contrairement à ce que déclarent sans barguigner quelques commentateurs professionnels, il y avait si peu de contrôle policier sur la place de la Bastille que je n’en ai rencontré aucun.

http://www.europe1.fr/societe/comment-1200-casseurs-ont-ils-pu-sinfiltrer-dans-la-manifestation-du-1er-mai-a-paris-3640799

Ce jour-là, le cortège syndical tarda à s’ébranler et fut coupé au niveau du quai de la Rapée. Une petite partie venait de s’engager sur le pont d’Austerlitz. J’étais dans la partie du cortège bloquée sur la rive droite.

Nous assistâmes à ce que nous prenions alors pour le début de cette nouvelle bataille d’Austerlitz. Le cortège engagé sur le pont commençait de refluer. La police devait faire un usage abondant des gaz puisque nous en ressentions les effets quai de la Rapée. Certains se replièrent sur Bastille ou renoncèrent. Le quai Henri IV offrait sur le pont un excellent poste d’observation, rendu inconfortable cependant par les gaz que le vent portait jusque là. Entre outre, n’ayant pas été sécurisé, la circulation automobile s’y poursuivait à une assez vive allure alors que des manifestants le traversaient. Un embouteillage s’y produisit bientôt, quelques voitures faisant demi-tour devant nous ; puis, ce fut un cortège de voitures qui remonta à contre sens. Aucun accident ne fut à déplorer cependant, semble-t-il.

Des fumées remontaient du métro Quai de la Rapée. La manifestation semblait se disperser. Avec un groupe d’amis, je finis par faire demi tour par le boulevard Morlan, du nom d’un colonel mort lors de la première bataille d’Austerlitz, le 2 décembre 1805. Au niveau de l’Arsenal, la police était très présente, mais un peu égarée. Dans le bruit de leurs sirènes, des véhicules se croisaient sur le pont de Sully. Sur les trottoirs, refluaient des manifestants qui avaient sans doute réussi à passer le pont d’Austerlitz. A contre courant, nous sommes passés sur la rive gauche.

 

Qu’on se garde d’exciter une sédition dans un parti en se flattant de pouvoir l’arrêter ou la diriger à sa volonté.

Nicolas Machiavel, Histoire de Florence (1525)

Ce n’est que plus tard que nous apprîmes les événements que nous n’avions pas vus, et les commentaires des politiques professionnels et des commentateurs professionnels.

L’événement principal était la prestation des 1200 « black blocs » dont les images envahissaient tous les écrans. On les voyait déployer devant les forces de police cette banderole fort explicite : « Cette fois on s’est organisé ».

On s’interrogea alors sur la façon dont le gouvernement avait organisé ses forces de police, lui dont les services avaient annoncé la venue de 1200 « casseurs ». Dans leurs rôles respectifs, mais sur le même créneau, Eric Ciotti et Marine le Pen dénonçaient l’incurie du gouvernement, voire même, pour la seconde, sa « mansuétude » et sa « complicité ».

Le premier ministre et le ministre de l’Intérieur n’ont pas brillé dans cette séquence, alors que leur « boss » brillait par son absence. Convoqué sur les écrans le soir même et peut-être frappé par la limite d’âge, l’ancien maire de Lyon s’embrouillait dans les chiffres. L’ancien maire du Havre, lui, a déclaré d’un air convaincu : «  Je peux vous dire qu’en aucune façon il n’y a eu défaillance de l’État   ». Il a même tweeté avec la plus grande fermeté : « Ce n'est pas parce que le Président part en voyage officiel en Australie qu'il n'y a pas de pilote dans l'avion ».

https://www.valeursactuelles.com/politique/violences-du-1er-mai-collomb-decrie-meme-chez-les-macronistes-95390

https://www.ouest-france.fr/politique/edouard-philippe/violences-du-1er-mai-edouard-philippe-n-exclut-pas-la-dissolution-d-associations-de-fait-5737281

Mais la défaillance de l’Etat n’est pas celle que les vieilles droites dénoncent comme par réflexe. Cette nouvelle bataille d’Austerlitz aurait dû être le Waterloo des mouvements sociaux. Il est de « bonne police » pour un gouvernement d’utiliser les « violences populaires », de les susciter, de les exciter, de les laisser faire et parfois de les organiser. Le problème n’était pas les 1200 « black blocs » dont la participation était prévue, c’était cet autre cortège de 14000 « radicaux »[ii] ,en amont du cortège syndical. Dès lors, il eût difficile pour une police « républicaine », fût-elle dirigée par un gouvernement Wauquiez ou Le Pen, d’appréhender 1200 « black blocs » sans déplorer des dommages collatéraux. La police estimait à 20000 personnes le cortège syndical. La proportion entre les deux cortèges n’est plus un simple problème de police (de contrôle ou de répression), mais un problème de politique sociale.

Quant au souverain volant, il contribua au trouble et au malaise en faisant des confidences au magazine américain Forbes. Le jour de « fête du travail et des travailleurs », il confia son intention de supprimer une « exit tax » qu’avait instaurée Sarkozy. A force d’employer des mots anglais pour faire « style » ou « disruptif », on s’expose à être mal compris, ou trop bien compris : le petit génie entend-il exciter les masses pour les radicaliser ?

http://www.lefigaro.fr/vox/economie/2018/05/04/31007-20180504ARTFIG00390-pourquoi-emmanuel-macron-ne-doit-pas-supprimer-l-exit-tax.php

http://www.lemonde.fr/les-decodeurs/article/2018/05/02/qu-est-ce-que-l-exit-tax-que-macron-souhaite-supprimer_5293497_4355770.html

https://www.nouvelobs.com/politique/20180502.OBS6044/macron-le-leader-des-marches-libres-selon-forbes-souhaite-supprimer-l-exit-tax.html

 

Nous mai ahhhh !!!!

(petite affichette qui s’est répandue sur les murs ce 5 mai 2018, lors de « la fête du petit génie »)

Cette semaine du 1er mai devait se terminer par « la fête à Macron ». L’intéressé étant toujours en terres australes, ce fut pour ses partisans l’occasion d’une débauche de mises en garde. D’abord, il fallait que François Ruffin, organisateur de l’événement, garantisse l’ordre public. C’était surtout le rôle de la police et la préfecture finit par lui demander de changer le lieu du rendez-vous : du Louvre, il fut déporté à Opéra. Lui-même se fendit d’une petite vidéo pour dire : FÊTE À MACRON : VOUS ÊTES TROP NOMBREUX !

https://www.youtube.com/watch?v=wd_kzm01gcI

Mais les mises en garde furent surtout d’ordre sémantique : « Faire la fête à Macron », n’est-ce pas un peu, sur les bords, si on y pense bien, sans exagérer, « un appel à la violence »  ?

Diantre ! Il y aurait-il là comme un crime de lèse-majesté ? La cour du petit Macron a les talents qu’elle peut. J’ai déjà parlé des chiennes de garde.

https://blogs.mediapart.fr/jules-elysard/blog/060617/chiens-de-garde-et-canards-de-cours

Ici, ce sont une sous-ministre et une aspirante à un ministère quel qu’il soit. L’une, qui se prend pour un écrivain, gazouille sans rire une remarque « grammaticale » le matin du 5 mai : « La fête DE Macron eut été plus correct » (« tournure grammaticale » qui ne s’embarrasse pas du subjonctif et donc du circonflexe). L’autre, le lendemain sur France Inter, se lance dans une grande analyse politique pleine de finesses et de statistiques : « C’est un grand meeting des forces d’extrême gauche ».

https://twitter.com/les_repliques/status/992713082391683073?s=19

https://www.franceinter.fr/emissions/l-invite-de-8h20-le-grand-entretien/l-invite-de-8h20-le-grand-entretien-06-mai-2018

Mais la langue de cour de la monarchie macronienne emprunte surtout au langage managérial dont le but essentiel est de travestir la réalité afin d’« accompagner le changement » ; de le rendre acceptable aux ressources humaines qui ne comprennent rien aux subtilités de l’économie et à la pensée complexe d’un ancien banquier.

Ainsi, à « cotisations sociales », on préférera « charges qui pèsent sur les entreprises ». On ne parlera pas de « licenciements », mais de « plans sociaux ». Et les drames sociaux ne seront qu’un aspect regrettable de la très profitable « destruction créatrice ».

Les « black blocs » et leur « destruction créatrice » ne sont pas invités à « la fête à Macron ». Ils ne furent d’ailleurs pas annoncés par les services de renseignement. Quant aux participants, ils réunissaient plus de monde que les deux cortèges du 1er mai. Les « personnes radicales », mais non-violentes, s’étaient-elles fondues dans un cortège réformiste, mais joyeux ?

Comme il fut plaisant, dans la première partie du trajet, de voir tous ces rideaux baissés ! A l’exception de quelques cafetiers, entrepreneurs audacieux qui ont fait leur beurre en vendant de la bière, le temple de la consommation était fermé ce samedi. Bien sûr, il se trouvera des experts comme ceux de l’IFROT[iii] pour calculer l’impact de cet événement sur le PIB ; le mesurer en termes de coût, de perte de points de croissance... Mais, chez ces gens là, on ne vit pas, on compte.

 

On s’est demandé en titre de ce billet d’humeur : Où est Macron ?

Il était en voyage, portant sa bonne parole à l’ouest, puis à l’est. Mais si le pèlerin a subjugué Bernard Guetta, évidemment, il n’a convaincu ni « le maître du monde libre » qu’il a rencontré outre-Atlantique, ni les cheminots qu’il ne s’est pas abaissé à recevoir. Et voilà que, pour sortir de la grève, ces « agitateurs » de la SNCF envisagent un « référendum » qui a si bien réussi à Air France.

Il venait à peine d’atterrir qu’il recevait ce conseil fort à propos : « Soyez très ferme avec tous ces gauchos de la politique qui ne veulent que foutre la merde ! »

https://www.huffingtonpost.fr/2018/05/08/un-veteran-conseille-macron-en-pleine-ceremonie-du-8-mai-soyez-tres-ferme-avec-tous-ces-gauchos-qui-ne-veulent-que-foutre-la-merde_a_23429655/

Macron est à droite, évidemment, n’en déplaise à un Ciotti, à un Wauquiez et à toutes les Pen. Président de l’entreprise France et d’une nouvelle droite, moderne et managériale, dont il est aussi le directeur général. Pour épater le bon peuple, il cherche à instaurer une « culture d’entreprise » qui emprunte aux monarchies du passé. Mais son modèle, secret puis affiché, c’est ce businessman devenu lui aussi chef d’Etat et à qui il aime tant se frotter : Donald Trump.

 

[i] Entretien du Point (30 août 2017)

[ii] Les mots du préfet de police Michel Delpuech ne manquent pas de saveur :« En amont du cortège syndical, s’est constitué un autre cortège constitué dit de personnes radicales. Dans un volume très important : 14 500. Et au sein de ce groupe s’est glissé au moins 1200 Black Blocs, ces personnes qui s’habillent de noir, qui masquent, qui se protègent au moment de commettre des exactions ».

[iii] Institut Français pour le Retour à l’Obéissance des Travailleurs, dirigé bénévolement par Agnès Merdier.



27 réactions


  • Fergus Fergus 11 mai 2018 11:28

    Bonjour, Jules

    En réalité, Macron a bien joué le coup en s’envolant pour l’Australie et la Nouvelle-Calédonie. Une manière ostentatoire de montrer qu’à ses yeux, « la réforme de la SNCF se fera » et qu’en conséquence les manifestations n’y changeront rien, le texte ayant été voté à une écrasante majorité par l’Assemblée nationale en première lecture. Ce faisant, Macron cherche évidemment à influencer l’opinion et à conforter une idée qui tend déjà – hélas ! – à devenir majoritaire dans le pays.

    Pour ce qui est de la manif organisée par Ruffin et la FI, le fait est que « La fête à Macron » porte une connotation belliqueuse, ce qui n’aurait pas été le cas de « La fête de Macron », à connotation empathique. Mais il est évident que les participants n’étaient pas là pour faire chorus avec le « Président des riches », mais au contraire pour monter qu’une partie des Français est résolument hostile à la politique de classe que Macron mène au profit des puissants.

    Je crains toutefois que ce ne soit pas 50 000, 100 000 ou même 150 000 personnes qu’il faille mettre dans la rue, mais 1 à 2 millions pour commercer à inquiéter Macron. Et certainement pas sur un mode festif, mais – tout en restant dans un registre non-violent – résolument dans l’expression de la colère contre les régressions sociales conduites depuis un an ou en projet pour les mois à venir. À cet égard, le rassemblement du 26 mai sera déterminant, tant en termes de participation que de tonalité des discours et des slogans.


    • Lugsama Lugsama 11 mai 2018 13:32

      @Fergus

      Ça fait longtemps que l’on sait que la réforme se fera, attaquer un Président parce qu’il part à l’étranger est autant habituel que grotesque. Comme si cela allait influencer l’opinion..

    • Jules Elysard Jules Elysard 12 mai 2018 15:22

      @Fergus

      Bonjour,

      Vous dites que Macron a bien joué son coup en s’envolant pour l’Australie. J’en suis moins sûr que vous. Nous verrons aux résultats. Va-t-il sacrifier son pauvre Collomb ?

      Après avoir lu votre réaction ici, j’en ai lu une autre sur un billet de Taktak (je crois) consacré au chiffrage Occurrence, ainsi que 2 de vos textes, un sur l’élection de Macron, pas plus mal élu que d’autres, et un pendant l’entre deux tours. Je suis globalement d’accord avec votre texte sur l’élection de Macron, mais pas sur son titre. Certes avec 43% des inscrits, il a peu près autant que Giscard en 74 et Mitterrand en 88. Mais, compte tenu de la situation, c’est avec les 62% de Chirac en 2002 que le score de Macron doit être comparé.

      Comme vous avez pu le voir, mes derniers billets sont aussi des petits récits de ce que j’ai vécu dans la rue. Vous dites que « le rassemblement du 26 mai sera déterminant ». Je ne puis qu’être d’accord avec vous, mais, n’en déplaise à Mélenchon, le million ne se décrète pas. Je crois d’ailleurs qu’il le sait, mais il se répète car il est fatigué et on peut le comprendre. Il est en campagne depuis plus de 2 ans. C’est pourquoi j’apprécie grandement , sans être dupe, l’air frais qu’apporte François Ruffin.

      Sur ce point, nous ne serons sans doute pas d’accord. Cinquante ans après 68, c’est peut-être le retour du mode festif, qui ne doit faire oublier le sens du tragique cependant (dont Macron, soit dit en passant) ne représente qu’une caricature.

       La France est majoritairement de droite, ce n’est pas scoop. J’ai voté Mélenchon sans penser qu’il pouvait être élu. Eût-il été opposé à Macron ou même à Fillon, il aurait sans doute été battu par les puissances d’argent. Il aurait peu-être battu Le Pen, mais les mêmes puissances d’argent seraient partie sitôt en campagne pour le faire tomber.

      Vous partagez peut-être une partie de ces analyses, mais je crois que nous divergeons au moins sur un autre point que le mode festif. Dans votre billet sur Le Front républicain, vous écriviez :« le Front National peut l’emporter au soir du 7 mai »J’en conclus peut-être abusivement que vous avez voté Macron.Je ne l’ai pas fait car je ne pensais pas Le Pen pouvait l’emporter.

      A vous lire.


  • zygzornifle zygzornifle 11 mai 2018 13:23

    Mais il est partout c’est l’overdose, le harcèlement , le matraquage , la grande séance d’hypnose collective , on ne peut pas ouvrir une télé sans voire sa tronche , le voir serrer des mains , prendre la parole c’est insoutenable , on voit bien que les médias appartiennent a ses potes qui l’ont fait élire , on ne peut pas allumer une radio sans l’entendre si sur rire et chanson ouf pas encore polluée mais pour combien de temps ? .....


    • Fergus Fergus 11 mai 2018 13:33

      Bonjour, zygzornifle

      Il faut voir le bon côté des choses : seuls les partisans de Macron supportent sans broncher cette omniprésence médiatique ; les autres ont éteint leur poste ou changé de chaîne ! smiley


  • zygzornifle zygzornifle 11 mai 2018 13:24

    Macron c’est comme la chtouille au moyen age .....


  • rogal 11 mai 2018 13:38
    « En mai, fais ce qui te plait
    (expression populaire reprise en autres par le préfet Grimaud pour raconter ses souvenirs de mai 68)  »
    Le livre de Maurice Grimaud s’intitule en fait : En mai fais ce qu’il te plaît .
    Cherchez l’erreur.

  • izarn izarn 12 mai 2018 02:07

    Oui et alors ?
    Rien compris...
    Si c’est la révolte des français...
    On peut dormir tranquille...
    La révolte des limaces...Ou des caniches ?
    Ils veulent leur nonosse ?
    Fais le beau !


  • zygzornifle zygzornifle 12 mai 2018 09:05

    a la télé ou il y a Macron ou il y a les marseillais anouna les anges le foot , on devrait nous payer pour ça .....


    • Méduse Méduse 13 mai 2018 15:03

      @ Gollum

      Non, c’est clair.

      D’où la Poésie qui, pour paraphraser Rimbaud ou Rilke, n’est pas un agencement habile de mots mais la nécessité d’inventer une langue de l’âme pour l’âme, capable de rendre, et de dépasser le langage usuel, enfermé dans le prosaïque.


    • Gollum Gollum 13 mai 2018 15:23

      @Méduse

      Oui la Poésie est une art majeur permettant de rejoindre le spirituel ou du moins de l’évoquer. Parmi mes préférés : Hugo, Baudelaire, Rimbaud, Mallarmé (qui avouera ne plus être une personne), Milosz, Nerval, Rilke, Novalis...

      On peut dire la même chose de la musique, qui est un langage : Bach arrive à nous transporter au-delà de nous-même avec une efficacité surprenante. Je me rappelle ici-même un athée revendiqué dont le pseudo était Deneb, avouer que Bach arrivait à lui faire douter de son athéisme...

      Dans les arts traditionnels on peut citer la guématrie, art de relier les mots aux nombres et à travers ces derniers relier des mots et des notions qui seraient restés étrangers à priori (je précise que cet art ne fonctionne qu’avec des langues sacrées et avec le bon code, sinon ça ne fonctionne pas et on tombe dans le délire)

      Tout art de toute façon peut devenir langage et nous faire accéder au divin : peinture, architecture, ce que vous voulez...

      L’art est la façon de faire, fécondé par le spirituel. Le Moyen-Âge qui était spirituel avait ses artisans. Notre âge qui est matériel a son industrie et des objets stéréotypés, sans âme... Et l’art moderne est devenu une profanation qui au lieu de dévoiler les mondes d’en haut, lâche la bride aux mondes d’en bas. D’où les bouses modernes que tout le monde connait, que l’intelligentsia encense et que le peuple, pas encore assez perverti, rejette...

    • kalachnikov kalachnikov 13 mai 2018 15:28

      @ Gollum

      J’ai toujours trouvé l’accointance sur le plan du discours entre Rimbaud et Nietszche étrange, sachant qu’ils étaient de leur vivant de quasi anonymes, obscurs et ne se connaissaient pas.

      Antonin Artaud ?


    • Gollum Gollum 13 mai 2018 15:34

      @kalachnikov


      Oui certains arrivent à retrouver les mêmes choses. C’est clair.

      A. Artaud fait partie de mes lacunes à combler.

    • Aita Pea Pea Aita Pea Pea 13 mai 2018 19:17

      @Gollum

      Bonjour. Pour ce qui est de Bach qui pourrait faire croire en Dieu , elle n’est pas de Deneb ... Arthes ...j’aime bien emplumé lol


    • Aita Pea Pea Aita Pea Pea 13 mai 2018 19:58

      @Mekissê

      Merci.


    • Gollum Gollum 15 mai 2018 11:28

      @Mekissê

      Bah Deneb se basait p’têt en effet sur Cioran, mais il reprenait bien à son compte l’idée que Bach... etc..

    • Gollum Gollum 13 mai 2018 15:46

      @Mélusine ou la Robe de Saphir.

      Ne connaissant pas le gus, j’ai testé,... ça va, j’ai compris,...

      Quoi ? Il vous a viré ? smiley Je ne sais pas s’il l’a fait mais vous le mériteriez vos posts n’ont, mais alors rien de rien, à voir avec le texte. Toujours pareil quoi : moi, moi, moi et encore moi... On dirait l’agent Smith dans Matrix.

    • Mélusine ou la Robe de Saphir. Mélusine ou la Robe de Saphir. 13 mai 2018 15:49

      @Gollum

      Matrix, non ,c’est pilule rouge et parfois bleue. Donc : OUT (lire MAL : DIVERGENTE féminine,...).

    • kalachnikov kalachnikov 13 mai 2018 15:52

      @ Mélusine

      Plus ça va, plus je pense que vous formeriez un formidable couple avec Jean Robin.


    • Mélusine ou la Robe de Saphir. Mélusine ou la Robe de Saphir. 13 mai 2018 15:54

      @kalachnikov


      Ouf, je pensais que vous alliez écrire Jean Roque. Merci pour ce moment.

    • Gollum Gollum 13 mai 2018 15:54

      @kalachnikov

       smiley Dans le genre divergente il est pas mal aussi en effet..

    • Mélusine ou la Robe de Saphir. Mélusine ou la Robe de Saphir. 13 mai 2018 16:00

      @kalachnikov


      rêvez mon cher fantasmez, il en restera toujours quelque chose. Zemmour, pas du tout mon type d’homme. Par contre Cremer : https://www.google.be/search?q=Bruno+Cremer&source=lnms&tbm=isch&sa=X&ved=0ahUKEwi9yLCX7ILbAhVFVsAKHbdpDQ4Q_AUICigB&biw=1164&bih=614#imgrc=cSZvc_7NLnDP6M :. Macron, elle peut le garder. IMBERBE ; J’aime les hommes marqués par la vie, genre : Zorba le GREC.

    • kalachnikov kalachnikov 13 mai 2018 23:27

      @ Mélusine ou la Robe de Saphir.

      Justement, très chère, il est velu. Et avec ça éveillé. Je vous le présente.


  • Mélusine ou la Robe de Saphir. Mélusine ou la Robe de Saphir. 13 mai 2018 15:11

    Otez ou zappez un « f » de trop,....


  • Mélusine ou la Robe de Saphir. Mélusine ou la Robe de Saphir. 13 mai 2018 19:20

    Chacun son Trip spirituel. Maître de Bach : Heinrich Scheidemann. A ne pas mettre entre toutes les oreilles,.. Trop haut,...


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