jeudi 22 novembre 2007 - par JL

Plus ça change, plus c’est pareil : réforme des retraites et équité

Aujourd’hui, hiver 2007, l’équité est le cheval de bataille pour justifier la réforme des régimes spéciaux des retraites. Mais qu’est-ce que l’équité ?

Réforme des régimes spéciaux des retraites

Non, décidément, cette classe politique n’apprend rien, petit retour arrière.

Cela se passait dans l’hiver 1995-1996, Alain Juppé était aux "manettes". Serge Halimi raconte :

"Cette lobotomie avait duré près de quinze ans : les élites françaises et leurs relais médiatiques pouvaient estimer qu’ils touchaient au but. Ils avaient chanté ’Vive la crise’, célébré l’Europe et la modernité, conjugué des alternances sans changement, embastillé la justice sociale dans le cercle de la raison capitaliste. Et puis, M. Juppé parla. Le fond de sa ’réforme’ importe peu : il s’agissait une fois encore de mener ’la seule politique possible’, c’est-à-dire de faire payer les salariés. Sans trop se soucier de cohérence - les médias assureraient la mise en musique idéologique -, M. Juppé prétexta simultanément de son désir d’assurer la défense de la protection sociale et d’éviter la défiance des marchés financiers."

......

"Raymond Barre avait annoncé : ’Au prix d’épreuves et de sacrifices, les êtres humains s’adapteront’. Cette fois, l’’incontournable’ fut contourné : les cheminots et les agents de la RATP triomphèrent des affidés de M. Barre. Il paraît que c’est sans importance : ’On se souviendra aussi peu de ça que de la grève SNCF de 1986’, a déjà expliqué l’un de nos plus brillants commentateurs...)"

A lire, La Grande Révolte française contre l’Europe libérale : les médias et les gueux de Serge Halimi (1).

C’était il y a tout juste onze ans. Aujourd’hui, hiver 2007, l’équité est le cheval de bataille pour justifier la réforme des régimes spéciaux des retraites. Mais qu’est-ce que l’équité ?

"Au nom de l’équité, le salaire du président de la République a été plus que doublé. Cette ahurissante augmentation a été légitimement rapprochée du dramatique problème de pouvoir d’achat en France car les principes justificateurs allégués par les auteurs mêmes de cette ’grande avancée sociale’ n’ont pas hésité à faire référence à l’équité. Pourtant cette référence à l’équité évoque davantage la réforme des régimes spéciaux, ... par la parfaite symétrie, mais évidemment à fronts renversés, des diverses façons de réaliser l’équité."

A lire absolument, dans l’excellent article de Frédéric Lordon, chercheur au CNRS : Les Géométries variables de l’équité (2).

Comme l’on voit, l’équité est une notion très subjective. Remarquons que la référence sans laquelle l’équité n’est qu’une notion à la dérive c’est l’égalité. Autour de ce point d’ancrage, il y a d’un côté toutes les nuances de l’équité, de l’autre toutes celles l’iniquité. Etant juge et partie dans ce domaine, le gouvernement n’a pas le droit de parler au nom de l’équité.

Comme l’on voit, l’équité est une notion on ne peut plus subjective. Remarquons que la référence sans laquelle l’équité n’est qu’une notion à la dérive c’est l’égalité. Autour de ce point d’ancrage, il y a d’un côté toutes les nuances de l’équité, de l’autre toutes celles l’iniquité. Pratiquer comme le fait le gouvernement l’équité à fronts renversés, vers le haut pour l’un, vers le bas pour les autres c’est évidemment faire deux poids et deux mesures, c’est imposer l’équité positive pour les nantis et l’équité négative pour les salariés. Cette équité négative usurpe son nom et n’est qu’un égalitarisme pour les autres, inique.

De fait, mettre tout le monde au même niveau c’est évidemment pratiquer l’égalité, il faut appeler un chat un chat. Et quand ce niveau est le moins favorable, c’est niveler par le bas. Décréter équitable ce qui accroît les inégalités entre les différences classes sociales est une imposture insoutenable.

Et donnons ici le mot de la fin à Frédéric Lordon : "La réforme des retraites ne cesse de revendiquer la ’justice’ et n’est pas loin de se donner pour ’sociale’... Il est peut-être temps de remettre à l’endroit ce parfait sens dessus dessous. C’est pourquoi la lutte contre la réforme des régimes spéciaux offre une occasion de ne surtout pas manquer de récupérer ’l’égalité’ et d’en réaffirmer le sens originel, qui n’a jamais été celui de la convergence pour le pire".

(1) http://www.monde-diplomatique.fr/1996/01/HALIMI/2254

(2) Humanité



26 réactions


  • JL JL 22 novembre 2007 14:26

    Je dois dire que cet article a été écrit le 13 novembre et que si je n’y ai rien ajouté depuis c’est parce que, par rapport aux décennies évoquées, 8 jours ça ne compte pas.

    Depuis bien des choses ont été dites, il faut lire cet article plutôt comme une réflexion sur l’équité : j’ai encore en mémoire une petite correspondance que j’avais échangée avec Alain Minc sur ce sujet il y a une vingtaine d’années.


  • Fergus fergus 22 novembre 2007 17:18

    L’équité n’est qu’une vue de l’esprit. Certes il faut tendre vers elle, mais elle ne sera jamais qu’une utopie, il suffit à cet égard de comparer les revenus du travail et ceux du capital pour se convaincre que l’effort des uns est pour le moins (très) mal recompensé comparé aux autres ! Au demeurant l’équité n’est pas toujours souhaitable. Ainsi tous les Français qui hurlent avec les loups libéraux pour dénoncer les privilèges de la fonction publique oublient qu’un Etat doit pouvoir s’appuyer sur des serviteurs zélés - et par conséquent fidélisés - s’il ne veut pas se trouver gangréné de l’intérieur par des cohortes de mercenaires bien décidés à s’offrir du jour au lendemain à plus offrant, au détriment des missions régaliennes dont ils assument une partie, de la plus modeste à la plus gratifiante. Pensons-y avant de vouer aux gémonies les serviteurs de la nation. Contrairement aux clichés caricaturaux dont ils souvent victimes, la plupart ont une haute idée de leur fonction et de la manière dont elle doit être assumée.


  • ZEN ZEN 22 novembre 2007 18:59

    @ JL

    Merci pour cette mise au point sur cette équivoque notion d’équité.

    Comme dit Lordon : « Ainsi l’équité est-elle ce concept aux usages très politiques puisque, merveilleusement polyvalent, il s’offre à justifier tous les ajustements par le haut pour certains, et tous les ajustements par le bas pour les autres. »


    • JL JL 23 novembre 2007 08:59

      Bonjour Zen, vous l’aurez remarqué, dans ce texte je dis peu de chose tant ce sujet de l’équité est délicat, j’en veux pour preuve la réaction de Fifilafiloche ci-après. J’ai écrit ce texte suite à la lecture de la démonstration de Frédéric Lordon, plus actuelle que toutes les idées que j’avais moi-même sur l’équité. J’ai essentiellement voulu signaler ce texte aux lecteurs d’Agoravox, texte magnifique comme tous ceux que produit Mr Lordon. Cordialement.


  • fifilafiloche fifilafiloche 23 novembre 2007 00:45

    Vous correspondez avec Alain Mainc, voila une carte de visite ! Vos propos en conséquence devraient avoir la vertue d un homme de sagesse, hors je n y vois que l apologie de l égoisme corporatiste.

    Comment peut on se rejouir que les réformes qui auraient du être entreprises en 1986 puis 1995 aient été reportées par peur des bruits de casseroles ? Comment se réjouir de l héritage que nous légons aux jeunes générations qui devront payer on se sait comment la lacheté des politiques des 30 piteuses.

    Nous pourrions aujourd hui vivre dans un pays prospère et apaisé regardant sereinement le futur, ayant gagné la confiance en soi de ceux qui ont su se dépasser pour maîtriser leur environnement.

    Les salariés paient en effet fort cher l insouciance d une minorité de bloquage, nostalgique des 30 glorieuses, imposant une insécurité à la population qu elle est censée servir. L équité voudrait que cet effort d adaptation soit partagé par tous, en commençant par ceux bénéficiant des protections les plus solides. Cette inconscience porte les germes de révoltes futures dont ces minorités sont comptables mais ne se sentent pas redevables.

    Nous irons cracher sur leurs tombes smiley


    • JL JL 23 novembre 2007 09:06

      Fifilafiloche, vous n’avez probablement pas lu mon texte, ni celui de Frédéric Lordon. Je n’hésiterais pas à qualifier Mr Lordon d’anti-Minc si ce n’était quelque part un peu réducteur. Mr Lordon est un chercheur en sciences sociales et un humaniste, au contraire d’Alain Minc qui n’est qu’un idéologue dangereux.

      Quant à ma correspondance avec ce monsieur Minc, je n’en tire aucune gloire pour deux raisons :

      D’une part je combats ses idées d’autre part je n’ai fait que lire ses articles dans le Monde alors que il y a 20 ans déjà il voulait remplacer l’égalité par l’équité. Je lui ai fait part de mon désaccord et il a daigné répondre à deux ou trois de mes courriers. Peine perdue pour moi, la bêtise insiste toujours : quand elle est le fait des puissants, elle finit par s’imposer. Cordialement.


    • Le péripate Le péripate 23 novembre 2007 09:31

      @ fifilafiloche

      Vous écrivez que ces réformes auraient du être entreprises en 1986....

      Probablement, vous avez du faire une faute de frappe.

      En effet ces indispensables et courageuses réformes auraient du être commencées en 1936.

      Car, c’est à cette époque qu’a commencé cette dangereuse dérive que vous dénoncez avec vigueur.

      1936, c’est, oh, horreur....

      Les congés payés !

      La semaine de 40 heures !

      Mais ce n’est pas tout ! Mars 1944, et le Conseil National de la Résistance (des communistes, encore !)

      La sécurité sociale !

      La retraite par répartition !

      La SNCF ! EDF !

      Las...... J’arrête là.


    • JL JL 23 novembre 2007 09:56

      Le Péripate, merci : je suis arroseur arrosé. En effet j’avais lu trop rapidement le commentaire de Fifilafiloche.

      Je lui retire la cordialité de ma signature précédente. smiley


    • fifilafiloche fifilafiloche 24 novembre 2007 01:05

      S il y a un parallèle à faire avec 1936, c est en effet sur l inconcience de l environnement international et la naiveté économique.

      A l époque la faillite de l Allemagne en partie due aux réparations de guerre n émouvait que peu les communistes francais. On est si bien dans son pré carré. A l inverse d aujourd hui, la note a été payée par la même génération...3 ans plus tard.

      Le pouvoir d achat ne se décrètant pas, l inflation éroda en un an les augmentations de salaires, reléguant l incompétence à son rôle d opposition traditionnel.


  • Fergus fergus 23 novembre 2007 09:40

    Désolé, Fifilafiloche, mais les privilèges des régimes spéciaux ne sont rien en masse comparé aux énormes profits financiers dégagés par l’économie de ce pays et qui, grâce aux niches fiscales ou aux petits arrangements douteux , échappent au devoir de solidarité nationale. Qu’il y ait nécessité d’aligner les régimes spéciaux sur 40 annuités, cela ne fait aucun doute, mais uniquement en regard de l’allongement de la durée de vie. Face à cette réalité, l’argument économique n’a que peu de valeur, et vous le savez pertinemment. La diabolisation du modeste cheminot qui vit avec sa famille dans son F3 locatif de Vitry ou de Sotteville doit bien faire sourire les patrons du CAC dont certains parviennent de temps à autre à échapper totalement à l’impôt sur le revenu. Le vrai scandale est là, et dans les profits déraisonnables des actionnaires, certainement pas dans les menus privilèges d’une catégorie populaire.


  • ZEN ZEN 23 novembre 2007 10:16

    Si le lecteurs ne connaissent pas Frédéric Lordon , je me permets de conseiller deux de ses petits livres très stimulants (les seuls que j’ai lus)

    (1)« Fonds de pension,piège à con ? » . (2)« Et la vertu sauvera le monde... » . Editions Raisons d’agir.


  • ZEN ZEN 23 novembre 2007 11:45

    La notion d’équité est une notion qu’il est important de préserver et d’approfondir. Par ex. Aristote avait déjà souligné que la rigidité du droit devait s’adapter aux cas individuels et aux cisconstances particulières, sous peine d’injustice. Rawls réhabilite cette notion dans l’espace social en faisant valoir que l’application mécanique du principe d’égalité pouvait déboucher sur les plus grandes inégalités, par ex en matière d’impôts, d’avantages sociaux...

    Il n’en reste pas moins que la notion d’équité peut être pervertie et /ou détournée de son sens , comme le montre l’article et ce document :

    http://www.politis.fr/Retraites-au-nom-de-l-equite,2318.html


    • JL JL 23 novembre 2007 13:14

      Zen, merci pour ce lien. Il est clair que l’objectif du gouvernement dans la conjoncture actuelle de sous emploi n’est évidemment pas de faire travailler plus mais de rémunérer moins. La vraie supercherie c’est d’en appeler à de belles considérations humanistes – équité, allongement de la vie, valeur travail, réformes - pour commettre l’un des plus scandaleux détournements de sens et de biens de notre histoire nationale.


    • fifilafiloche fifilafiloche 24 novembre 2007 00:05

      Le chômage en France n est pas conjoncturel, il est structurel : résultat du poids des charges sociales et des rigidités du droit du travail.

      Les syllogismes de ce genre sont nombreux chez ceux qui, retranchés dans leurs fiefs de droits acquis, essaient de se donner bonne conscience entre gens de bonne compagnie (comprendre de mêmes privilèges). Ils arrivent tout naturellement à faire des conséquences les causes. Ainsi, la productivité française n est que la conséquence du chômage endémique, lui même la conséquence de moultes rentes de situation acquises non pas par la capacité à contribuer à la communauté nationale mais à la bloquer.

      Il est bien naturellement souhaitable que la richesse créée soit répartie le plus équitablement possible entre tous ceux qui ont contribué à la créer, le vrai scandale c est de faire de l irresponsabilité un dogme, de l hypocrisie corporatiste une icône intouchable.


    • JL JL 24 novembre 2007 10:30

      La classe politique au pouvoir œuvre à rétablir en France une société de classe digne de l’ancien Régime. Sa stratégie consiste à affaiblir les classes moyennes et à creuser les inégalités en invoquant d’un coté, des principes humanistes, de l’autre la mondialisation libérale ou les directives de l’UE. Rappelons à propos ici que les populismes sont des anti-humanisme en ce qu’ils disent le contraire de ce qu’il font et font le contraire de ce qu’ils disent.

      L’ascenseur social ne fonctionne plus et chacun voit son pouvoir d’achat se réduire comme peau de chagrin et s’angoisse à juste titre pour l’avenir de ses enfants : le ticket pour accéder à la classe supérieure est de plus en plus inaccessible et le seul espoir pour beaucoup c’est le Loto voire pire, c’est permis si l’on ne se fait pas prendre puisque l’argent de la droite décomplexée n’a pas d’odeur.

      Que les privilégiés interviennent dans le débat citoyen si leurs loisirs somptueux, leurs obligations mondaines ou leurs activités très lucratives leur en laissent le temps, rien à dire. Mais qu’en revanche des gens du peuple soutiennent la politique qui leur est imposée par mystification sémantique c’est incompréhensible : au bout de 6 mois plus aucune personne lucide et intègre ne devrait encore être dupe.


    • fifilafiloche fifilafiloche 24 novembre 2007 13:03

      Nous sommes d accord sur le bilan : 30 ans de démagogie post 68arde ont sclérosé la société francaise. La peur du chômage a poussé les générations à se protéger par réseaux. Les fils d artistes deviendront artistes, fils de journalistes journaliste, fils de fonctionnaires fonctionnaires.

      On nous avait promis que le laxisme budgétaire et des moeurs rendraient heureux. Interdire d interdire, surtout le gaspillage. Malheureusement, la liberté ne se décrète pas, elle se construit. La génération ayant connu la guerre et ses restrictions l avait appris sous la contrainte mais n ont su transmettre le relais aux baby boomers, éduqués et nourris de la croissance et en conséquence persuadés que la richesse française était d origine divine, déconnectée de la valeur travail.

      On vous avait menti, encore une fois par naiveté et incompétence. L excès d assistanat, de poids étatique tue l initiative individuelle, la prise de risque nécessaire à l innovation et la création de richesse. Les ressources deviennent rare et chacun s installe dans ses conservatismes pour retarder l écheance des réformes nécessaires au retour de la croissance.

      Des états plus sociaux que nous, notamment en Scandinavie, mais aussi plus pragmatiques, ont su remettre en cause ces conservatismes sociaux qui les avaient endéttés jusqu à la ruine. Aujourd hui, ces pays font preuve d une santé et d un optimisme insolents pour notre pays champion du monde de consommation d anti dépresseurs. Ils n ont en rien renoncé au contrat social, mais l ont conditionné à la responsabilisation des individus, et donc des corporatismes.

      Ils ont gagné une maturité dans le dialogue social que l on desespère de voir arriver un jour en France


    • JL JL 24 novembre 2007 13:26

      Fifilafiloche, je rends hommage à votre insistance, mais si vous souhaitez un débat constructif, essayez de donner du corps à ces deux affirmations que vous écrivez :

      «  »L’excès d’assistanat, de poids étatique tue l initiative individuelle«  »

      et

      «  »On nous avait promis que le laxisme budgétaire et des mœurs rendraient heureux. «  »

      En l’état, pour moi cela n’a pas de sens, désolé.


    • Le péripate Le péripate 24 novembre 2007 13:33

      La prise de risque...... ah, ces mots qui remplissent la bouche. Mais pour quel contenu ?

      J’aimerai bien quelques exemples de ces « preneurs de risque » qui auraient échoués, ça donnerai de l’épaisseur à ce discours. Car s’il n’y a jamais échec, où est le risque ?

      Par contre, le risque, le salarié connait. Humilié, viré, etc....


    • fifilafiloche fifilafiloche 25 novembre 2007 20:14

      Mais dans quel monde ou plutôt quelle bulle vivez vous donc ??

      La moitié des jeunes entreprises disparaissent dans un délai de 5 ans. Ces créateurs risquent bien plus que la perte d un salaire (ils ne se rémunèrent d ailleurs pas ou peu au départ), ils risqueng leur capital et la sécurité de leur famille, alors que votre salarié peut s offrir le luxe d être récompensé de son incompétence aux prudhommes.

      Ce sont ces passionnés qui financent notre taux de fonctionnarisation record en zone Euro, le DOUBLE de la moyenne européenne, qui ne garantit aucunement la qualité du service, comme peuvent le prouver les statistiques internationales sur l éducation.

      Quant au misérabilisme affiché concernant le conducteur de train dans son trois pièces, là aussi, connaissez vous la réalité ? Votre miséreux a toutes les chances d être propriétaire de son logement, puisque la sécurité de l emploi est une caution appréciée des banques. Sa retraite, si elle était capitalisée, lui donnerait le privilège de payer l ISF !

      Non décidément, il y a bien une catégorie de la population exclue...de la réalité tant la vampirisation des ressources leur est devenue naturelle smiley


  • vigie 23 novembre 2007 12:53

    Merci pour cette référence zen, en effet qui peut croire décemment que notre société et ses supers profits s’est paupérisé au point de ne pouvoir redistribuer une mince part de cette manne financière afin de redistribuer un peu de celle-ci aux salariés. Dans un pays ou la moitié les salariés gagnent moins de 1500 euros par mois, ou la productivité n’a cesser d’augmenter, Depuis 10 ans l’indice INSEE affiche une progression de 2,1 % du pouvoir d’achat. Une autre statistique de l’INSEE (moins connue) calcule le pouvoir d’achat par unité de consommation, prenant en compte le nombre de personnes par foyer et la le résultat est bien différent le pouvoir d’achat se traîne allègrement a 1,4% par an, soit moins que la croissance, alors que les personnes en état de surendettement ne cessent d’exploser en vol, et que l’on voudrait nous faire croire que les conditions de notre cadre de vie ne s’est pas dégradé. Alors que cette Europe pour laquelle nos dirigeants ont applaudi des deux mains en nous laissant entendre qu’elle est la seule solution, le seul rempart contre un système libéral, mais qui favorise la politique de bloc et qui va tirer sans cesse les salaires vers le bas. Un état dispendieux qui n’a de cesse de nous donner des leçons pour nous expliquer que l’état est en quazi-faillite, mais c’est bien eux qui avait en charge de préparer l’avenir depuis plus de trente ans et quand la croissance était la qu’on t’ils fait ? .

    Une armée a entretenir qui nous coûte 2 points de PIB, on comprend pourquoi en Europe les autres pays préfère laisser à la charge des autres la politique de défense de l’Europe et les interventions extérieures.

    Et l’on voudrait nous faire croire qu’il n’y aurait pas de troisième voix pour une politique des retraites plus juste, oui bien sur c’est plus facile de supprimer la redevance a ces pauvres petits vieux aux maigres ressources que de s’attaquer au golden parachutes. smiley


    • JL JL 23 novembre 2007 13:27

      Vigie votre post est un précieux renfort.

      Mais je note que vous écrivez : «  »c’est plus facile de supprimer la redevance a ces pauvres petits vieux aux maigres ressources que de s’attaquer au golden parachutes«  ».

      Voulez-vous dire que l’exonération de la redevance télé aux plus de 65 ans est abolie ? J’avoue que je n’ai pas suivi cette affaire. Si c’est le cas, c’est encore évidemment une attaque de plus contre les classes moyennes puisque comme toute taxe il frappe indifféremment tous les revenus à l’exception de ceux qui ne peuvent pas payer : j’ose espérer que la condition « exempté de l’IR » a été préservée !?

      Cette remarque est pertinente dans le sujet qui nous préoccupe ici : déjà dans les années 1980 j’avais fait remarquer (à Minc) que l’équité poussée dans sa logique impliquerait que les contraventions soient rendues proportionnelles aux revenus.

      C’est pourquoi le remplacement de l’impôt progressif par des taxes va à l’encontre de l’équité : la plus grande équité que l’on puisse imaginer c’est évidemment l’impôt progressif.


    • JL JL 23 novembre 2007 18:31

      Bonjour Philippe Renève, j’ose espérer que nous sommes nombreux à ne pas nous laisser manœuvrer comme des moutons. Le problème est : comment se faire entendre ? Comment juguler cette déliquescence de nos valeurs ?


  • Gilles Gilles 24 novembre 2007 08:26

    L’équité, il serait temps d’arrêter d’utiliser ce terme trop subjectif car vous faites le jeux de ceux qui l’emploi à toute les sauces pour tenter de justifier auprès des « bovins » leurs politiques inéquitables...

    Pour certains l’équité c’est :

    Que tous paient le même impôt alors que pour d’autres c’est payer en fonction de ses revenus

    Que celui qui a de l’argent en dispose comme il veut (le niveau de richesse ne rentrant pas en compte) alors que pour d’autres que celui qui en a plus en redistribue une partie à ceux qui en on moins.

    Que tous travaillent 40 ans (puis 41, 42...45 ?) , quelque soit le boulot, la pénibilité, la durée de vie alors que pour d’autres l’équité prend en compte ces variables pour définir des durées différentes

    L’équité à toujours deux facettes. Sarkozy en choisit une, nous en voyons une autre.


    • JL JL 24 novembre 2007 09:23

      Gilles, j’ai relu deux fois votre commentaire, je ne comprend pas votre message.

      Mais quand je lis : «  »vous faites le jeux de ceux qui l’emploi", j’en conclue que vous n’avez pas lu le texte proposé ici.


    • Gilles Gilles 24 novembre 2007 12:40

      JL, le « vous » ne s’adressait pas à vous l’auteur. Je l’utilisais dans un contexte plus général.

      En effet, ce terme d’équité est trés trés utilisé depuis la campagne présidentiel par NS et sa suite. Sarkozy l’utilise a tout bout de champ dans ces discours car justement, comme vous le dîtes, c’est un terme tellement subjectif qu’il permet de dire une chose et son contraire à la fois et du coup plaire à des publics divers... ce en quoi Sarkozy est passé maitre.(du style, « je serai inflexible, pas question de négocier sur les objectifs de la réforme mais je reste ouvert », entendu avant hier)

      L’exemple des régime spéciaux est édifiante. Réforme équitable pour l’UMP en ce sens qu’elle met tout le monde à niveau, mais inéquitable pour les intéressés. Le choix du vocable « équité » a lui tout seul est censé mobiliser et fédérer le grand public derrière la réforme, en occultant oportunément les détails et débats de fond.

      Autre exemple : son salaire. Il est en effet équitable que le président soit payé au moins comme son premier ministre et comme ses homologues étrangers, non ? Mais est ce équitable pour les français qui doivent ce serrer la ceinture et renoncer à certains avantages ? NON. Evidemment NS joue à fond le premier thème.

      Du coup, si tout le monde se met à parler d’équité pour tel ou tel machin, on rentre dans un flou ou chacun comprendra ce qu’il a envie de comprendre, ce qui fait le jeu des politicards adeptes de la langue de bois qui justement adore ce flou qui permet de parler beaucoup pour ne s’engager sur rien en particulier.


    • JL JL 24 novembre 2007 13:12

      Gilles, cette mise au point était nécessaire et vos précisions sont les bienvenues.

      J’en profite pour dire, suite à mon précédent post, que pour moi la bonne dialectique constructive serait celle qui opposerait l’humanisme et l’élitisme.

      Je dirais qu’à ce jour l’UMPS représente le courant pro-élitiste qui promeut une idéologie de classe qui n’est pas sans intérêt (avec et sans jeu de mots ! smiley ) et que l’humanisme aujourd’hui est porté par Olivier Besancenot mais aussi nombre d’intellectuels, et si je pense là à Frédéric Lordon en particulier j’ajoute qu’il y en a beaucoup d’autres qui ne demandent qu’à être reconnus comme tels par les classes qui ne demandent qu’à vivre en paix et dignement, c’est à dire de leur travail.


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