lundi 22 septembre 2025 - par Giuseppe di Bella di Santa Sofia

Poutine et les attentats de 1999 à Moscou : le complot qui a déclenché la seconde guerre de Tchétchénie ?

Septembre 1999 : la Russie tremble sous une vague d'attentats dévastateurs, qui font des centaines de morts et plongent le pays dans la peur. Vladimir Poutine, alors inconnu, promet la guerre aux terroristes tchétchènes. Mais derrière le récit officiel, l'incident de Riazan et des morts suspectes sèment le doute : et si le Kremlin avait orchestré ces explosions pour asseoir un pouvoir naissant ? Une énigme historique qui hante encore la Russie.

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Dans l'ombre du Kremlin : les explosions qui ont secoué la Russie de 1999

Fin d'été 1999 en Russie : les échos d'une invasion ratée au Daghestan par des rebelles tchétchènes laissaient le pays sur le qui-vive. Moscou, cette ville aux boulevards larges comme des fleuves figés, bruissait de rumeurs : l'économie patinait dans la boue de la crise de 1998, les oligarques se disputaient les restes du festin post-soviétique et Boris Eltsine, usé jusqu'à la moelle, cherchait un dauphin pour ne pas finir au tribunal. C'est dans ce chaudron bouillonnant que surgit Vladimir Poutine, nommé Premier ministre en août, un ancien du KGB au regard d'acier, mais dont la popularité frôlait le zéro absolu : un technocrate gris et sans charisme, noyé dans l'ombre des barons du Kremlin.

 

 

Puis, comme un coup de tonnerre dans la nuit du 9 septembre, une explosion déchira le silence d'un immeuble de la rue Gourianova à Moscou. Les murs s'effondrèrent en un grondement sourd, ensevelissant des dizaines de familles sous des tonnes de béton et de verre brisé. Cent six morts, dont des enfants arrachés à leur sommeil par le feu et la fumée qui envahissait les appartements voisins. Quatre jours plus tard, le 13, un autre bâtiment sur l'avenue Kachirskoïe vola en éclats à l'aube, fauchant cent dix-neuf vies de plus. Avant cela, le 4 septembre, Bouïnaksk, une petite ville daghestanaise aux rues bordées de maisons basses, avait tremblé sous un camion piégé, tuant soixante-quatre personnes, souvent des militaires et leurs familles. Et le 16, à Volgodonsk, un immeuble de neuf étages s'effrita comme un château de cartes, emportant dix-sept âmes. Au total, plus de trois cents morts, mille blessés, et une panique viscérale qui fit barricader les portes et fouiller les caves dans tout le pays.

 

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Les autorités russes, menées par un Kremlin aux abois, pointèrent immédiatement du doigt des terroristes tchétchènes liés à des islamistes radicaux comme le Saoudien Ibn al-Khattab. "C'est la main des bandits", tonna le gouvernement, transformant en un clin d'œil un conflit de sécession en menace existentielle. Ces attentats devinrent le catalyseur de la seconde guerre de Tchétchénie, lancée le 23 septembre par des frappes aériennes sur Grozny, la capitale rebelle, rasée une fois de plus sous les bombes.

 

Grozny war Chechnya chechens 0 | North Caucasus Land

 

Mais sous cette narrative implacable, des fissures apparurent vite. Et si ces explosions n'étaient pas l'œuvre d'ennemis invisibles, mais d'une machination interne ? L'idée d'une opération sous "faux drapeau", ourdie par les services secrets russes – le FSB, successeur zélé du KGB – pour justifier l'invasion et propulser Poutine au pouvoir, n'est pas une fable de comptoir. Elle repose sur des témoignages troublants, des incohérences flagrantes et une opacité qui pue la dissimulation. Des archives, des lettres clandestines et des confessions arrachées sous la torture émergent des faits qui hantent encore les nuits moscovites : un officier du GRU, Aleksey Galkin, capturé par les Tchétchènes en 1999, balbutia dans une vidéo forcée que douze agents de l'armée avaient posé des bombes à Bouïnaksk sous les ordres d'un général nommé Kostechko. Coïncidence ? Ou preuve que le diable se cache dans les détails ?

 

La version officielle : l'ennemi tchétchène désigné

Dans les couloirs du Kremlin, où les portraits de Lénine côtoyaient encore les cartes froissées du Caucase, la machine propagandiste se mit en branle avec une efficacité redoutable. Le récit officiel, martelé par les télévisions d'État et les communiqués du FSB, peignait un tableau clair : ces attentats étaient l'œuvre d'une bande d'islamistes fanatiques, menés par le chef de guerre arabe Ibn al-Khattab et ses acolytes tchétchènes. Les bombes, chargées d'hexogène volé – un explosif militaire introuvable sur le marché noir ordinaire –, auraient été préparées dans une usine d'engrais à Ourous-Martan, en Tchétchénie, sous la houlette d'Akhmed Zakayev et d'autres barbus assoiffés de sang russe. Le parquet général, dans ses conclusions étouffées de 2002, nommait Achemez Gochiyaev comme organisateur, un Karatchaï piégé dans un réseau de mujaheddins financés à hauteur de deux millions de dollars par des fonds wahhabites. Sept condamnations à perpétuité en 2004 pour les explosions de Moscou et Volgodonsk, et voilà : justice rendue, le monstre tchétchène terrassé.

Ce narratif n'était pas qu'un simple bulletin d'information ; il était une arme forgée dans l'urgence, trempée dans la peur collective. Les journaux d'État, comme la Pravda rescapée des années 1990, déversaient des colonnes entières sur les "traîtres du Caucase", avec des photos granuleuses de barbus en djellaba. Une lettre anonyme, glanée dans les archives du FSB et citée plus tard par des enquêteurs indépendants, décrivait comment des "agences arabes" avaient infiltré la Russie via des valises diplomatiques. Un détail savoureux mais sans une once de preuve tangible. L'enquête officielle, close en 2002, jurait que tout collait : les traces d'hexogène menaient droit aux grottes de Grozny, et les suspects, comme Iounous Iounousov ou Adam Dekkouchev, avaient avoué sous les néons crus des salles d'interrogatoire. Pas de place pour le doute, clamait Moscou ; c'était la guerre sainte contre le terrorisme, point final.

Pourtant, même dans cette fresque héroïque, des ombres dansaient aux coins des yeux. Le président de la Douma, Guennadi Sélezniov, un fidèle d'Eltsine, lâcha le 13 septembre un communiqué lapidaire : "Une explosion terroriste a eu lieu à Volgodonsk". Problème : l'attentat n'eut lieu que trois jours plus tard, le 16. Erreur de date ? Ou fuite d'un scénario déjà écrit ? Les sceptiques y virent un indice, mais le Kremlin balaya d'un revers de manche : "Simple confusion dans le feu de l'action". Ce fut le ciment d'une version qui, comme un vieux manteau usé, couvrit les failles sans jamais les réparer.

 

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Les ombres et les incohérences : les éléments qui nourrissent les doutes

Au cœur de ce tourbillon de certitudes officielles trône l'incident de Riazan, ce 22 septembre 1999 où la nuit de la ville provinciale, aux rues bordées de bouleaux ployants, fut déchirée par un appel anonyme. Alexeï Kartofelnikov, un résident aux épaules voûtées par les années d'usine, aperçut depuis sa fenêtre trois silhouettes louches – deux hommes et une femme – déchargeant des sacs lourds d'une Lada aux plaques moscovites trafiquées. "Ils transpiraient comme des voleurs, et la voiture puait l'essence bon marché", raconta-t-il plus tard dans une déposition consignée par la police locale. L'alerte donnée, les forces de l'ordre dénichèrent trois sacs de cinquante kilos dans la cave de l'immeuble 14/16 de la rue Novoselov, reliés à un détonateur et un minuteur réglé pour 5h30 du matin. L'expert en explosifs Iouri Tkatchenko, un vieux briscard aux mains calleuses, testa la substance avec un analyseur MO-2 : vapeurs d'hexogène, le même explosif que dans les attentats précédents. La ville entière fut évacuée : trente mille âmes dehors, sous un ciel plombé, serrant leurs manteaux contre le froid automnal.

 

fsb - Jamestown

 

Patrouchev, deux jours plus tard, lors d'une conférence de presse où les micros grésillaient comme des insectes affolés : "C'était du sucre, pas de l'explosif. Une simulation pour tester la vigilance". Mais les doutes s'accumulèrent. Tkatchenko jura dans une interview à Novaya Gazeta, en février 2000, que son appareil n'avait pas menti : "J'ai nettoyé l'équipement moi-même et l'odeur était celle de la mort chimique, pas de la confiserie". Une opératrice téléphonique, Natalia Ioukhova, surprit une conversation suspecte : "Tout est prêt pour Riazan", murmura une voix, traçable jusqu'à un central du FSB. Et le soldat Alexeï Piniaïev, posté à une base militaire près de Riazan, confia en mars 2000 au même journal : "On nous a ordonné de garder des sacs étiquetés 'sucre', mais j'ai vu des étiquettes hexogène dessous et des types en civil qui venaient les charger la nuit". L'exercice ? Une farce invraisemblable, jugée par bien des observateurs comme un mensonge trop gros pour un pays déjà saigné par les mensonges.

Ces fissures ne se limitèrent pas à Riazan ; elles s'élargirent avec les morts suspectes, ces ombres qui s'allongeaient sur les enquêteurs trop curieux. Prenez Iouri Chtchekotchikhine, le journaliste au verbe acéré de Novaya Gazeta, qui fouillait les liens entre le FSB et les bombes de 1999. En juillet 2003, il s'effondra dans son bureau, la peau jaunâtre et les yeux exorbités, victime d'une "réaction allergique aiguë" selon les médecins, mais sans allergène identifié. Quatre enquêtes ouvertes et refermées comme des tiroirs vides. Anna Politkovskaïa, cette femme aux cheveux gris coupés court, qui osait descendre dans les ruines de Grozny pour interroger les survivants et pointer du doigt les complicités russes, fut abattue d'une balle dans la nuque le 7 octobre 2006, dans l'ascenseur de son immeuble moscovite. "Elle touchait à des vérités qui brûlent", murmura un collègue. Et Alexandre Litvinenko, l'ex-agent du FSB exilé à Londres, qui accusa ouvertement le Kremlin dans son livre Faire sauter la Russie : empoisonné au polonium en 2006, il agonisa en crachant ses tripes radioactives, laissant une lettre : "Le centre du terrorisme mondial n'est pas en Irak ou en Afghanistan, mais à la Loubianka et au Kremlin". Ces morts, tapies dans l'ombre des dossiers classés "secret d'État", nourrissent un soupçon : et si la main qui frappe n'était pas celle des Tchétchènes, mais celle qui protège le pouvoir ?

 

Alexandre Litvinenko, l'espion russe empoisonné

 

Le manque de preuves solides achève de noircir le tableau. L'enquête officielle ? Un labyrinthe sans issue : pas de procès public pour les cerveaux présumés, des décombres rasés avant expertise indépendante et des archives scellées pour 75 ans par un vote de la Douma en 2002. Mikhaïl Trépachkine, avocat de la commission Kovaliov, fouilla les sous-sols et trouva des enregistrements vidéo d'un officier FSB, Vladimir Romanovitch, louant la cave d'un immeuble bombardé à Moscou. Mais il fut jeté en prison pour "divulgation de secrets d'État". "On détruit les preuves comme on efface des traces dans la neige", nota-t-il dans une lettre de détention. Achemez Gochiyaev, l'homme censé être le cerveau tchétchène, clama dans un témoignage écrit en 2002, obtenu par Litvinenko : "Un agent du FSB m'a piégé ; j'ai loué ces caves sur ses ordres". Anecdote non vérifiée, selon une légende populaire circulant dans les cercles dissidents, mais qui colle aux faits : des entrepôts remplis d'explosifs "sucre" qui puent l'hexogène. Ces trous béants dans le récit officiel ne prouvent rien, mais ils interrogent : pourquoi tant d'opacité pour une victoire si nette ?

 

L'enjeu politique : la montée en puissance de Vladimir Poutine

Avant les explosions de septembre 1999, Vladimir Poutine n'était qu'un fantôme dans les couloirs du pouvoir, un lieutenant-colonel du KGB recyclé en bureaucrate, nommé Premier ministre le 9 août par un Eltsine chancelant. Sa cote de popularité ? Misérable, autour de 2 % dans les sondages, noyée dans le désarroi post-crise. Les Russes, ces âmes usées par les files d'attente pour le pain et les coupures d'électricité, voyaient en lui un énième pantin des oligarques, un "Silovik" gris, avec son complet mal taillé et son accent léningradois. Eltsine, rongé par les scandales de corruption, cherchait un bouclier pour sa famille ; Poutine, avec son passé à la Loubianka, semblait le rempart idéal contre les procureurs. Mais dans les salons enfumés de la Douma, on chuchotait : "Il ne tiendra pas trois mois, comme les autres".

Les attentats changèrent tout, comme un vent froid qui balaie la steppe. Poutine, passé maître dans l'art de la fermeté, promit de "traquer les terroristes partout. Pardon, mais s'ils sont aux chiottes, on les y noiera". Cette phrase, lâchée le 24 septembre 1999 lors d'un meeting à Astrakhan, fit mouche. Les foules, terrifiées par les caves piégées, acclamaient ce colosse au menton volontaire qui osait dire tout haut ce qu'elles pensaient tout bas. Sa popularité bondit à 50 % en un mois, porté par les images de lui en treillis, inspectant les fronts tchétchènes, ou pilotant un Soukhoï au-dessus de Grozny. "Il est notre tsar, il nous protège", confia une veuve de Volgodonsk dans un témoignage recueilli par un journal local en octobre 1999. Ce tournant n'était pas fortuit : les bombes avaient créé l'urgence, et Poutine, avec son discours de fer, en récolta les fruits amers.

 

 

De ce tremplin sanglant, la voie vers la présidence s'ouvrit grande comme la Volga. Le 31 décembre 1999, Eltsine démissionna dans un discours télévisé mièvre, nommant Poutine intérimaire. Les élections de mars 2000 ? Un plébiscite : 53 % des voix, sur fond de ferveur patriotique attisée par les victoires en Tchétchénie. "J'ai voté pour l'ordre, pas pour les pleurnichards", lâcha un ouvrier moscovite dans les files d'attente des bureaux de vote. Ce pouvoir conquis ne s'effrita pas : Poutine démantela les empires des oligarques, musela la presse et transforma la Russie en forteresse. Vingt-cinq ans plus tard, ce mystère de 1999 reste le socle de son règne . Un pari sur la peur qui paya en or massif.

 

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Un mystère gravé dans la cendre : l'héritage trouble des attentats

En résumé, deux récits s'affrontent : d'un côté, la version officielle, un tableau net où des fanatiques tchétchènes, armés d'hexogène et de haine, frappent au cœur de la Russie, justifiant une guerre salvatrice sous la bannière de Poutine. De l'autre, l'hypothèse du "faux drapeau", où le FSB, maître des pantins, allume la mèche pour hisser son poulain au Kremlin, étayée par Riazan, les morts en série et les archives muettes.

 

Federal Security Service - Wikipedia

 

Ce mystère pèse encore comme un boulet : sans enquête indépendante ni preuves irréfutables, l'implication du FSB demeure une accusation grave, documentée par des témoignages et des failles, loin d'une lubie complotiste. Des lettres comme celle de Gochiyaev, des confessions étouffées comme celle de Galkin, hantent les pages des rapports classés.

Au-delà du fait divers sanglant, c'est un pivot historique : ces explosions ont légitimé la force brute, forgé un régime d'acier et sculpté la Russie d'aujourd'hui. Dans les vents froids de la Moscou post-soviétique, elles rappellent que le pouvoir, parfois, naît des cendres qu'il a lui-même allumées.



31 réactions


  • Étirév 23 septembre 2025 05:00

    Petit à petit, les aigles pygargue et bicéphale font le nid de l’Oligarchie

    Le 31 décembre 1999, au moment où la guerre en Tchétchénie interdisait tout débat sérieux, quelques oligarques russes organisèrent une discrète passation des pouvoirs d’Eltsine à Poutine, sans élections à la clé. Ancien Officier du KGB, les Services de renseignements soviétiques (Poutine a passé 17 ans au KGB avant que Boris Eltsine fasse de lui, en 1998, le directeur du FSB, ex-KGB), le premier geste de Vladimir Poutine en tant que président fut de signer la loi qui mettait son prédécesseur à l’abri de toute poursuite judiciaire, que ce fût pour des actes de corruption ou pour les assassinats de manifestants en faveur de la « démocratie » commis par l’armée pendant qu’il était au pouvoir. De plus, bien que figure centrale de l’exécutif de la nation Russe depuis 1999, notons qu’une commission parlementaire britannique a publié en mai 2018 un rapport alertant sur le fait que la « City » de Londres, c’est-à-dire l’Épicentre du séisme instigateur du « Nouvel Ordre Mondial », serait devenue un centre de blanchiment d’argent pour les hommes d’affaires russes et pour Vladimir Poutine et son entourage, ce qui a valu à la capitale britannique le surnom de « Londongrad ».
    RAPPEL : Tout comme lors de la Guerre de 1914-1918, qui a permis au communisme de prendre le pouvoir en Russie, la deuxième Guerre mondiale permettra au communisme (de Staline) d’étendre son emprise, avec l’approbation (et le soutien) de la haute finance. Puis, après Khrouchtchev, qui succèdera à Staline et qui sera l’artisan d’une « déstalinisation » de l’URSS (il dénoncera les crimes de Staline au Congrès du PC en 1956), et d’une « Détente » avec les USA, une nouvelle phase débutera au milieu des années 1980 avec l’arrivée, à la Direction du Parti Communiste, de Mikhail Gorbatchev, futur prix Nobel de la Paix (comme Barack Obama) qui, de 1985 à 1987, mettra en œuvre un programme de « réformes » économique et politique, appelé « Perestroïka » (Restructuration), et qui aboutira à la désintégration de l’URSS, conséquence indispensable à la mise œuvre d’une plus grande « efficacité économique » et d’une « démocratisation des institutions » ; « Pour faire une révolution, disait Julian Huxley, l’alternative démocratique est la plus désirable et la plus permanente ; la méthode totalitaire s’autodétruit à la longue. » (« Tempo dì Rivoluzione », Mondadori, 1949, p.16). Ainsi, l’économie soviétique gorbatchévienne se libéralisera grâce aux injections massives de la Haute Finance, et, dans le même temps, l’économie occidentale poursuivra à rythme soutenu sa socialisation.
    Notons au passage que le mensonge d’État concernant le massacre de Katyn imputé par la propagande communiste au régime nazis, mais qui fut, en réalité, perpétré sur ordre de Staline par le NKVD (la police politique) ne sera dévoilé que lors du lancement de la « Perestroïka », favorisant un peu plus la désintégration programmée de l’Union Soviétique et sa transition vers une nouvelle « République ». Mikhail Gorbatchev, qui démissionnera en décembre 1991, laissera place à Boris Eltsine, évidente « marionnette » intérimaire et fortement alcoolisée, qui sera élu, dorénavant au suffrage universel, Président de la nouvelle « République Fédérative de Russie » (afin de se donner une image de sobriété, Boris Eltsine inaugura son mandat avec une campagne musclée contre la consommation de vodka qui, d’ailleurs, fut l’une de ses mesures les plus controversées). Il tiendra ce rôle jusqu’en décembre 1999, lorsqu’il démissionnera à son tour. Son incapacité pour raison de « santé » (Eltsine sombrait de plus en plus dans l’alcoolisme) et son incompétence, qui seront mises à la disposition des projets des globalistes, permettront de préparer l’avènement et le long règne d’un nouvel acteur politique majeur, et plus « moderne » : Vladimir Poutine.
    Pour beaucoup aujourd’hui, Vladimir Poutine est devenu une sorte de « Superhéros » luttant contre le « Nouvel Ordre Mondial », à l’instar de son homologue étasunien et milliardaire actuel, Donald Trump, tant vanté et glorifié, lui aussi, par une dissidence peut-être un peu trop naïve.
    Enfin, notons qu’en hâtant l’effondrement de l’empire américain, Donald Trump (à l’instar de M. Gorbatchev en URSS) agit comme un allié objectif des intérêts globalistes de la « City » dont le seul objectif est l’avènement d’un gouvernement mondial. Car précisément, le gouvernement mondial ne pourra voir le jour que sur les décombres des États, tout empires soient-ils.
    NB : Les pays se sont ruinés sans s’en apercevoir. Comme personne n’apporte de solution miracle (c’est impossible au niveau actuel du Plan), les hommes qui sont au pouvoir visible tentent de créer l’illusion que tout va bien. C’est la raison pour laquelle tout a été fait pour corrompre la classe politicienne. Et les peuples continuent de flatter, pour le temps qui leur reste, ceux qui donnent l’impression d’écarter d’eux toutes les calamités. Inutile de vous dire que cette espérance est et sera trompée. Tous les accords de paix dont vous avez entendu parler depuis la « guerre du Golfe », tous les évènements de Russie faisant croire à une nouvelle ère où le Communisme serait renvoyé au cimetière sont des « composantes » du Plan. Pensez-vous réellement que cette « Organisation » qui a financé Lénine, qui a donné la moitié du monde à Staline avec la complicité des dirigeants de l’époque accepterait de tout arrêter alors qu’elle est si proche du but ? Croyez-vous sérieusement que tous les montages secrets qui ont permis au Socialisme d’être planétaire vont s’arrêter là ?
    Comprenez que le Communisme ne sera réellement mort que le jour où son « père nourricier », à savoir le Capitalisme ultra libéral de la Haute Finance, ne sera, lui-même, plus de ce monde !
    Avec la grande duperie de la « Perestroïka » (Restructuration) et l’imposture de la « Glasnost » (Transparence), nous assistons depuis quelques temps au « Glissement » mondial (Européen pour commencer) vers une Deuxième « Révolution d’Octobre ».
    Pour faire une révolution, disait Julian Huxley (le frère d’Aldous), l’alternative démocratique est la plus désirable et la plus permanente, la méthode totalitaire s’autodétruit à la longue.
    « En octobre 1917, nous avons rompu avec le vieux monde, le rejetant une fois pour toute. Nous progressons vers un monde nouveau, celui du Communisme. Jamais nous ne retournerons en arrière » (M. Gorbatchev, Discours octobre 1987)
    « Le but de la Perestroïka est de rétablir théoriquement et pratiquement le Léninisme » (M. Gorbatchev, « Le Figaro », 01/07/1988)
    « Quiconque voit dans les mutations en cours un échec des idées socialistes, confond ses désirs avec la réalité. Nous réformons la société en fonction des réalités nouvelles, nous améliorons le potentiel des Systèmes socialistes et nous ne quitterons pas cette voie… la progression de la démocratie est une victoire du bon sens. Pour nous, c’est une victoire du Socialisme » (A. Yakovlev, conseiller de Gorbatchev, dans « La Repubblica » le 16/11/1989)
    Ce socialisme planétaire est en voie d’achèvement si on écoute l’initié G. Bush qui disait en 1989 : “Les dix prochaines années consacreront le triomphe de la démocratie”. Ce triomphe de la démocratie c’est, bien évidemment, celui de la haute finance qui favorise le mondialisme, c’est-à-dire le socialo-marxisme dans son étape finale. » (J. Delacroix)
    « Le communisme soviétique a été l’œuvre de très hautes sociétés secrètes. Est-ce à dire que ce régime politique constitue leur objectif dernier, l’état définitif dans lequel elles abandonneraient le monde, comme si elles bornaient là leur ambition ? Certainement pas. Malgré la menace de le voir se retourner contre elles, elles ne voient en lui qu’un instrument de désorganisation du vieux monde, et de l’Occident en particulier, pour organiser sur ses ruines leur gouvernement mondial. » (P. Virion)
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    • chantecler chantecler 23 septembre 2025 06:30

      @Étirév
      Faut arrêter de déconner Etirev et prendre des expériences particulières et limitées pour des comportements de masse !
      C’est comme ça qu’on fait passer des réflexions de DCB liées à 68 pour le départ d’une pédophilie généralisée ... !
      Ce qui fait l’affaire de certains .


  • juluch juluch 23 septembre 2025 10:01

    Possible....mais je me méfie des rumeurs sans preuves tangibles.

    Un peu comme le 11 septembre .


    • Giuseppe di Bella di Santa Sofia Giuseppe di Bella di Santa Sofia 23 septembre 2025 10:18

      Bonjour @juluch,

      Merci pour votre commentaire ! Comme vous, je me méfie des rumeurs. Dans cet article, je n’affirme rien. Je reste prudent en rappelant les deux versions qui circulent le plus souvent.

      Je me souviens de toutes les théories du complot totablement absurdes qui circulaient autour des attentats du 11 septembre. La version officielle tient la route. 


    • juluch juluch 23 septembre 2025 10:56

      @Giuseppe di Bella di Santa Sofia

      tout à fait.


    • DACH 23 septembre 2025 12:31

      @Giuseppe di Bella di Santa Sofia=Bjour=
      En marge de votre analyse dont nous partageons complètement les conclusions, nous devons vous confirmer que vous aviez raison sur Beo111. Totalement.
      Voilà un auteur qui se décrédibilise avec la généralisation de ses bannissements à tous ses articles. Au fond, il évite à ceux qui veulent débattre de perdre du temps. 
      Donc il contribue ainsi à nuire à ses propres analyses. 
      Ce n’est donc pas un auteur capable de tirer une rédaction vers le meilleur ! Ignorons-le pour les manifestations d’incompétence journalistique qu’il nous montre. 
      Remerciements de notre équipe pour votre démarche et l’ouverture d’esprit apaisant que vous manifestez à chaque occasion. 


    • Giuseppe di Bella di Santa Sofia Giuseppe di Bella di Santa Sofia 23 septembre 2025 13:51

      Bonjour @DACH, 

      Merci pour votre commentaire ! Je suis passionné par la psychologie, ce qui est indispensable pour un historien qui veut analyser correctement les évènements et les personnages historiques, et j’ai très rapidement cerné le personnage. Son dernier article est complètement lunaire. Je n’arrive pas à comprendre son utilité. D’ailleurs, je vous invite à relire mes deux derniers articles sur Poutine et à les comparer avec son dernier texte. Il y aura très certainement quelque chose qui va vous sauter aux yeux... 

      A mon tour, je tiens à vous remercier, ainsi que toute votre équipe, pour votre travail qui contribue à démasquer l’imposture et les nombreuses régime de Poutine, l’autocrate qui est responsable de la mort de dizaines de milliers de personnes, entre autres crimes.


    • DACH 23 septembre 2025 17:58

      @Giuseppe di Bella di Santa Sofia=...Il y aura très certainement quelque chose qui va vous sauter aux yeux... = Bjour=
       Je qualifierai ses textes d’hypocrisie contrôlée, et de mauvaise foi pour sa réaction à notre égard. 
      Mais il a le mérite de nous définir à son insu « à qui avons-nous à faire ! »
      Cela dit nous encourageons les auteurs de ce site à sévir contre les commentaires parasites ou systématiquement hors sujets. 
      Remerciements pour vos encouragements de nos propos. 


    • DACH 23 septembre 2025 19:30

      @Giuseppe di Bella di Santa Sofia=....je vous invite à relire mes deux derniers articles sur Poutine et à les comparer avec son dernier texte. Il y aura très certainement quelque chose qui va vous sauter aux yeux... =
      Ce qui me saute aux yeux, agréablement, en lisant vos articles, c’est que ce sont des analyses factuelles dans un esprit de tolérance mais qui se veut lucide, et quelque part bienveillant. 
      Ce n’est pas le cas d’autres auteurs de ce site comme chapoutier, ou anciennement l’agent d’influences Christelle Néant qui portait une mauvaise foi dans la tradition nazie ou soviétique. 


    • Eric F Eric F 27 septembre 2025 14:10

      @DACH
      ’’Remerciements de notre équipe ...’’
      équipe ? 


  • DACH 23 septembre 2025 12:34

    Nous allons essayer de retrouver un texte sur « ce qu’est la rumeur », exposée avec un professeur à l’Exploradome de Neuilly Jardin d’Acclimatation, et dans Valeurs Actuelles, il y a bien longtemps. 


  • Gisyl 23 septembre 2025 17:24

    Quelques suggestions de titres d’articles pour M. di Bella di Santa Sofia :

     Poutine : son rôle dans les attentats du 11 septembre 2001

     Poutine et l’invasion des punaises de lit

     Poutine est-il responsable du déclenchement de la Peste noire ?

     Exclusif : Poutine envisage d’aller décrocher le drapeau américain sur la Lune

     Poutine est-il le fils de Satan ?


    • DACH 23 septembre 2025 18:02

      @Gisyl=Quelques suggestions de titres d’articles ....=
      Vous avez le besoin de vendre les titres qui rôdent dans votre esprit amoureux de l’invasion de l’Ukraine par la russie de V V Poutine ? 
      Proposez ’’la libération de l’Ukraine par les Ukrainiens’’, vous deviendrez adulte qui réussit dans sa vie !. 


    • Francis Francis 23 septembre 2025 18:37

      @Gisyl
       
       « La masse musculaire de Macron et supérieure à son poids total.
      Si la lumière va plus vite que Macron, c’est qu’elle a peur de lui.
      Macron ne ment pas, c’est la vérité qui se trompe.
      Macron n’essaie pas. Il réussit !!
      Quand Macron scrute l’horizon, il voit son dos.
      Quand Macron va au restaurant, c’est le serveur qui laisse un pourboire.
      Quand Macron s’est mis au judo, David Douillet s’est mis aux pièces jaunes.
      Macron est le seul homme à posséder une Bible dédicacée.
      Macron peut encercler ses ennemis. Tout seul.
      Macron a déjà compté jusqu’à l’infini. Deux fois.
      Certaines personnes portent un pyjama Superman, Superman porte un pyjama de Macron.
      Macron ne porte pas de montre. Il décide de l’heure qu’il est.
      Dieu a dit : « que la lumière soit ! » et Macron répondit « on dit s’il vous plaît »
      La seule chose qui arrive à la cheville de Macron… c’est sa chaussette.
      Quand Google ne trouve pas quelque chose, il demande à Macron.
      Quand Macron prépare à manger il fait pleurer les oignons.
      Macron sait parler le braille.
      Il n’y a pas de théorie de l’évolution. Juste une liste d’espèces que Macron autorise à survivre.
      Macron et Superman ont fait un bras de fer, le perdant devait mettre son slip par-dessus son pantalon.
      Un jour, au restaurant, Macron a commandé un steak. Et le steak a obéi.
      Macron connaît la dernière décimale de Pi.
      Macron peut taguer le mur du son.
      Quand la tartine de Macron tombe, la confiture change de côté.
      Dieu voulait créer l’univers en 10 jours. Macron lui en a donné 6.
      Macron est capable de laisser un message avant le bip sonore.
      Une larme de Macron peut guérir du cancer, malheureusement, Macron ne pleure pas.
      Si Macron dort avec une lampe allumée, ce n’est pas parce qu’il a peur du noir mais parce que le noir a peur de lui.
      Macron casse les omelettes pour en faire des œufs.
      Le Big Bang était la première éjaculation de Macron.
      Macron était le seul trader a la banque du sperme.
      Quand Macron mange une tartine de miel il mange les abeilles avec.
      Macron est comme les cafards, il survit à tout.
      Ce n’est pas le soleil qui éblouit Macron, c’est Macron qui éblouit le soleil.
       »
       
       Seul Vladimir est plus fort que Manu.


    • DACH 23 septembre 2025 18:40

      @Francis=...=
      Vous destinez votre article à PLAYBOY ? 


  • DACH 23 septembre 2025 18:21

    Sur les menaces russes. les services en ont identifiées, dans toute la panoplie, 2 particulièrement dangereuses dans la situation d’une guerre ouverte.

    1. Les coupures des câbles sou-marins qu’ont déjà réalisées et que peuvent réaliser les nombreux navires de la flotte fantôme russe.
    2. Au moins 2 navires sont identifiés comme porteurs de drones et de missiles, sur la dizaine suspectée. Ils naviguent à moins de 50 miles nautiques des côtes européennes. 
    3. Dernière minute : dans le cas des 4 ou 5 grands drones qui ont survolé le Danemark, les services annoncent avoir la preuve qu’ils ont été piloté à partir d’un navire russe. 


  • DACH 24 septembre 2025 12:58

    Tout va bien dans la russie de V V Poutine=

    Géo="Alors que le Kremlin consacre des ressources financières inédites à l’effort de guerre, les signaux de faiblesse du secteur de la défense russe se multiplient. C’est ce qui ressort d’une enquête menée par le journal russe indépendant Novaya Gazeta Europe, traduite par Meduza, qui révèle que la demande de nouveaux travailleurs dans l’industrie militaire est tombée à son niveau le plus bas depuis le déclenchement de l’invasion de l’Ukraine.

    Entre janvier 2022 et août 2025, plus de 577 000 offres d’emploi liées à 1 266 entreprises de défense ont été publiées sur le site hh.ru, note le média. Les embauches avaient explosé la première année de guerre : en août 2022, près de 2 % de toutes les annonces concernaient le secteur militaire. Trois ans plus tard, la tendance s’est inversée : à l’été 2025, seules 34 500 offres ont été recensées, un chiffre inférieur au niveau pré-invasion.

    Selon le rapport, la frénésie initiale de contrats publics a provoqué une flambée des salaires et, sur un marché multipliant les offres, accentué les pénuries de main-d’œuvre. Un cocktail explosif qui a contribué à l’

    Mais depuis le printemps 2025, la dynamique s’est inversée : les nouvelles annonces proposent des rémunérations environ 10 % inférieures à celles de 2024. "Alors que les salaires augmentent dans tout le pays, ils ont baissé dans la défense — pour la première fois depuis le début de la guerre", souligne l’étude de Novaya Gazeta Europe.

    Un secteur sous perfusion étatique

    Cet essoufflement survient alors même que la Russie consacre des moyens budgétaires sans précédent à son appareil militaire. Moscou a annoncé en décembre 2024 allouer environ 126 milliards de dollars (13,5 trillions de roubles) à la défense nationale, soit plus d’un tiers des dépenses publiques en 2025. Jamais, depuis la fin de la guerre froide, Moscou n’avait consacré une telle part de ses finances à son industrie de la défense.

    Pourtant, ce financement massif ne suffit pas à relancer un secteur à saturation. La plupart des entreprises n’ont ni les infrastructures ni les lignes de production nécessaires pour accroître encore leur rendement. Seules certaines branches stratégiques — drones, missiles et munitions de précision — parviennent à maintenir des niveaux de recrutement attractifs.

    La Défense s’essouffle rapidement

    Les difficultés structurelles du complexe militaro-industriel russe s’accompagnent d’un recul sur les marchés mondiaux, lié aux besoins en armes du marché interne, et aux trains de sanctions décrétées par l’Occident. Selon le Stockholm International Peace Research Institute (SIPRI), la part de la Russie dans les exportations mondiales d’armements est passée de 21 % entre 2015 et 2019 à seulement 7,8 % entre 2020 et 2024. Ce basculement illustre une perte d’influence commerciale majeure, alors même que Moscou tente de diversifier ses débouchés vers l’Asie, l’Afrique et le Moyen-Orient."


  • Jean Dugenêt Jean Dugenêt 25 septembre 2025 17:02

    @l’auteur

    Merci pour cet article qui revient sur ce que fut l’arrivée au pouvoir de Poutine. Examiner les faits nous amène à remettre en question la théorie du miracle de Poutine. Ces partisans se plaisent à répéter qu’avant lui, c’était le chaos avec les années noires et que grâce à lui un miracle se serait produit. Une économie qui s’était éteinte se serait remise en marche...

    En fait, la guerre de Tchétchénie fut, en effet, un point essentiel de son regain de popularité.

    Je voudrais ajouter quelques mots sur cette période de la sortie des années noires pour rejeter les thèses poutiniennes.

    Les « années noires » qui suivent la chute de l’URSS (de 1991 à 2000) ont été assurément des années d’incertitude. Elles ont été vécues péniblement par la grande masse de la population moscovite. J’insiste sur ce terme : moscovite. Je désigne ainsi les russes de la Russie traditionnelle, c’est-à-dire celle de la région de Moscou. La grande masse de la population de l’empire colonial russe appelé aujourd’hui la « Fédération de Russie » n’était pas concernée par ce phénomène des « années noires ».

    À ce moment, la solution d’un retour à la situation antérieure (Staline/Khrouchtchev/Brejnev) semblait pour beaucoup une bien meilleure solution que le maintien de l’espèce de chaos dans lequel se trouvait la Russie. Ce fut ressenti ainsi particulièrement dans l’armée. C’est pourquoi tous les pays qui venaient de se séparer de la Russie craignaient encore un retour à l’abominable régime stalinien. En même temps, les capitalistes du monde entier et notamment ceux d’Amérique voulaient, eux aussi, mettre fin aux années noires pour donner une belle image de la restauration du capitalisme.

    La Russie est sortie de ce chaos quand Poutine est arrivé au pouvoir, mais à partir de ce moment la situation fut pire. La politique mise en place par Poutine répondait aux injonctions du FMI avec l’appui total des USA. Ce qu’on a appelé les années noires n’a pas été un effondrement de la production en Russie. En fait, c’était un effondrement des garanties sociales. Des fonctionnaires, qui avaient un vrai salaire, se sont retrouvés sans emploi. Par exemple, toutes les familles avaient les moyens et la garantie qu’elles pouvaient élever leurs enfants. Tous les moscovites (russes blancs privilégiés) avaient des maternités, des crèches, des écoles, des garderies, des centres de vacances… Tout cela s’est effondré brutalement quand tout l’appareil d’État a été démantelé. L’économie russe a continué à produire de la même manière grâce essentiellement au gaz, au pétrole et aussi grâce aux productions agricoles des « colonies » russes (notamment de l’Ukraine). J’appelle ainsi les vastes régions de l’actuelle « Fédération de Russie » ainsi que les républiques prétendument autonomes de l’Asie Centrale. Dans ces « colonies russes » la situation ne s’est ni dégradée ni améliorée. Ce sont certains des moscovites qui ont connu une réelle dégradation au moment où quelques-uns d’entre eux amassaient une colossale fortune en dilapidant les biens de l’état. Si les quantités produites étaient les mêmes, par contre les prix ont chuté sur le marché mondial. En particulier, le prix du pétrole a diminué considérablement à partir de 1981 pour atteindre son niveau le plus bas précisément pendant les années noires. La crise économique vient principalement de là et non pas d’une baisse de la production.

    Ces fluctuations du prix du pétrole n’étaient nullement liées à la situation en Russie. Le prix du pétrole est remonté en flèche exactement au moment où Poutine est arrivé au pouvoir (2000) avec un pic en 2008 et des valeurs hautes jusqu’en 2014.

    Précisons trois dates :

    • Chocs pétroliers des années 1970 :
      Le prix du pétrole, initialement bas, a connu une quadruple augmentation entre 1973 et 1974 en raison des chocs pétroliers. 
    • Crise des années 1980 :
      Après un pic en 1980, les prix ont chuté de manière drastique en 1986, tombant à moins de 10 dollars le baril (en dollars constants). 
    • Crise de 2008 :
      Le prix du pétrole a atteint un pic historique en 2008, surpassant les records établis lors du deuxième choc pétrolier

    En affichant une baisse puis une remontée du PNB, les interprétations

    des faits concernant les années noires en Russie sont souvent fausses, que ce soit intentionnel ou non. La valeur du PNB russe sur le marché mondial a effectivement baissé pendant les années noires. Il a remonté ensuite, mais cela n’est nullement dû à une baisse de l’activité

    économique qui aurait repris son ampleur grâce à Poutine. Cela est seulement venu de la chute du cours du pétrole puis de sa remontée. Ces variations sont dues à des facteurs extérieurs aux pays du bloc de l’Est. La page de Wikipédia sur le troisième choc pétrolier indique comme cause principale l’invasion de l’Irak. Je retiens les deux citations suivantes :

    •  "(...) une augmentation des records, qui dépasse tous les records historiques au premier semestre 2008, et qui a commencé entre 2003 et 2005, selon les observateurs, à la suite chronologique du début en 2003 de l’invasion de l’Irak, évènement historique désormais majeur du tournant du siècle« .
    •  »le troisième choc se caractérise par une hausse forte, mais progressive de 2003 à 2007, puis une hausse d’une ampleur et d’un niveau sans précédent au premier semestre 2008".

    Bref, la production a toujours été la même, mais d’une part, le prix du pétrole, principale source de richesse de la Russie, a augmenté et, d’autre part, la distribution a été différente selon le schéma classique du capitalisme. Les pauvres sont de plus en plus nombreux et de plus en plus pauvres tandis que les nouveaux riches ne cessent de s’enrichir. Certains ont parlé d’un effondrement de l’économie, mais en fait, il s’agissait plutôt d’un effondrement socio-économique selon une formule également connue. Une grande quantité de russes a sombré brutalement dans la pauvreté tandis que les clés de l’économie sont passées dans les mains d’oligarques d’une manière anarchique. Eltsine a pris des mesures pour redresser cette situation à la fin des années 1990 en suivant les injonctions du FMI. Quand Poutine est arrivé, il a mis fin au caractère anarchique de la restauration du capitalisme. Il a d’abord mis de l’ordre dans la voyoucratie des oligarques. Pour cela, il est devenu le chef des grands voyous. Ensuite, il a flatté le nationalisme russe en se faisant le champion du maintien des « colonies » de l’Empire Russe. Les guerres de Tchétchénie ont été pour lui une opportunité. Il s’y est distingué dès son accès à la fonction de premier ministre sous la direction d’Eltsine. Ces guerres, avec leurs abominables massacres, lui ont amené une triste popularité auprès de tous les russes fascisants et racistes. Ce sont ceux-là qui ont été pleinement satisfaits de la politique de Poutine avec, aussi, l’infime minorité de ceux qui ont profité du démantèlement de l’État. En plus de tout cela, la hausse du prix du pétrole, dans ce contexte, a assuré une forte augmentation des revenus pour la plupart des Russes blancs de la Moscovie. Cela a grandement contribué à asseoir la popularité de Poutine qui a été vu comme l’acteur de ce « miracle économique ». 

    Il faut souligner que pour mener sa politique dans cette période, Poutine a eu l’appui des dirigeants américains. L’entente était parfaite entre l’OTAN et la Russie


    • Eric F Eric F 27 septembre 2025 17:36

      @Jean Dugenêt
      Vous faites, de manière plutôt probante, une distinction entre la population de la Moscovie (coeur de la Russie) et celle des régions périphériques.
      Il n’y a en effet pas toujours la cohésion d’une population ’’une et indivisible’’ dans des pays multinationaux (la notion de ’’nationalité’’ ou ’’ethnie’’ existe en plus de la ’’citoyenneté’’ dans ces pays slaves composites). 

      La présente guerre tend à ressouder les populations de la FdR autour d’un combat commun (référence à la grande guerre patriotique), alors qu’elle met le coin dans des clivages entre des composantes de population ukrainienne. 


    • Jean Dugenêt Jean Dugenêt 27 septembre 2025 19:53

      @Eric F
      "La présente guerre tend à ressouder les populations de la FdR autour d’un combat commun (référence à la grande guerre patriotique), alors qu’elle met le coin dans des clivages entre des composantes de population ukrainienne.«  

      L’Arménie et l’Azerbaïdjan sont maintenant d’accord entre eux et veulent s’écarter de la tutelle russe
      .

      L’Arménie achète des canons à la France
      .

      Le même article nous informe que »l’Arménie est en rupture de ban avec l’Organisation du traité de sécurité collective [OTSC] dont elle a été l’un des membres fondateurs avec la Russie.«  

      Un autre article nous informe : »Le président azerbaïdjanais Ilham Aliyev a conseillé à l’Ukraine de se battre et de ne jamais accepter l’occupation de ses territoires par la Russie".

      Le Kazakhstan se rapproche de la Chine.

      Les travailleurs du Kazakhstan ont subi la répression féroce des forces de police de Poutine venues casser leur mouvement de protestation en janvier 2022 peu avant l’invasion. Le pouvoir russe imposé à ces peuples est partout détesté.


      Un autre article affirme
       :"L’Arménie ne veut pas accueillir davantage de troupes russes sur son sol, tandis que l’Azerbaïdjan n’hésite plus à affirmer son soutien à l’Ukraine.«  

      La population de la Géorgie soutien l’Ukraine alors que son gouvernement cherche à maintenir les relations avec la Russie.

      Il en est de même en Biélorussie. C’est ce que dit Wikipédia : »Selon Chatham House, la participation de la Biélorussie au conflit militaire est impopulaire parmi la population générale".

      Tout cela tend nettement à se disloquer. Cependant, les peuples colonisés qui appartiennent à la FdR sont contraints de se taire. J’ai tendance à penser que :

      • les tchétchènes se souviennent des deux guerres,
      • les tatars veulent toujours leur droit au retour en Crimée,
      • les nénettes n’apprécie guère que les moscovites ne s’intéressent qu’à leur pétrole qu’ils viennent piller sur leur territoire…
      Vous avez parlé d’un combat commun qui serait la guerre contre les ukrainiens. Je crois que les peuples de la FdR soutiennent les Ukrainiens par solidarité entre les colonisés de la grande Russie. Ils sont tous victimes de Poutine.

    • Eric F Eric F 28 septembre 2025 09:38

      @Jean Dugenêt
      Les anciennes RSS extérieures à la FdR ont des raisons de prendre de l’autonomie, mais il y a de la marge entre vassalité et hostilité. Ainsi l’Arménie orthodoxe s’est sentie lâchée lors de son conflit avec l’Azerbaïdjan, le protecteur étant occupé ailleurs, et c’est un point positif s’il y a maintenant détente dans cette région (restons quand même circonspects sur les conflits à rebond).
      Par ailleurs, chaque pays cherche à faire profit en tant qu’acteurs du contournement des sanctions, et a intérêt à ne s’aliéner aucun camp. 

      A propos de la Biélorussie, Loukachenko slalome entre les récifs, il esquive une implication directe dans le conflit tout en se maintenant dans le sillage russe, mais en renouant avec les USA. Sous apparence lourdingue, c’est un spécialiste des entrechats.
      Pour ce qui est de la Georgie, il y a clairement, comme en Ukraine, des pro-russes et des pro-Occidentaux avec ingérences de part et d’autre et alternances gouvernementales. On ne peut pas généraliser qu’il y ait une position générale de la population. 

      Concernant les populations des républiques et régions constitutives de la FdR, on connait mal la situation, par exemple est-ce que la majorité des Tchétchènes ont gardé des rancoeurs, ou sont-il soulagés d’une stabilisation.
      En tout cas Poutine et son gouvernement cherchent à renforcer l’union nationale sur le thème de la guerre patriotique et la posture de puissance, certes snobée par l’occident mais influente ailleurs. 


  • SilentArrow 27 septembre 2025 09:05

    @Giuseppe di Bella di Santa Sofia

    Comme aurait dit Madeleine Albright, interrogée à la télévision sur la mort de 500.000 enfants irakiens victimes des sanctions de destruction massive dont elle-même avait garanti le maintien, elle avait simplement et froidement rétorqué : « Vu l’enjeu, je pense que ça valait la peine ! ».

    Sans cette reprise en main de la Russie par Poutine, ce pays aurait été démantelé et son territoire servirait de base aux USA pour attaquer la Chine.

    Que cela ait coûté la vie à des primates islamiques formés en Arabie Saoudite pour foutre leur bordel d’Allah ne va pas m’arracher des larmes de sang.


    • Jean Dugenêt Jean Dugenêt 27 septembre 2025 10:58

      @SilentArrow
      "Sans cette reprise en main de la Russie par Poutine, ce pays aurait été démantelé et son territoire servirait de base aux USA pour attaquer la Chine."

      Cela fut fait en total accord entre les USA et Poutine. Regardez par exemple ce document. Vous en trouverez facilement d’autres.


    • SilentArrow 27 septembre 2025 13:53

      @Jean Dugenêt

      C’est qu’il fallait éviter que la Russie ne se désagrège trop vite et que son arsenal nucléaire ne tombe entre de mauvaises mains.


    • Eric F Eric F 27 septembre 2025 17:17

      @SilentArrow
      plutôt que l’éclatement ou la désagrégation, il semble plutôt que les Yankees visaient à isoler et affaiblir la Russie, ainsi que très explicitement écrit par Brzezisnky (le grand échiquier) en 1997 donc même avant Poutine, et également l’étude Rand plus récente ’’épuiser et déstabiliser la Russie’’, ce qui ne signifie pas démanteler (écarté dans l’étude Rand) notamment vus les risques de prolifération d’états voyous dotés de la bombe que vous avez évoqué. Une Russie affaiblie mais intégrée dans le marché économique mondialisé leur convenait.


    • Jean Dugenêt Jean Dugenêt 27 septembre 2025 22:04

      @Eric F
      Vous confondez la période où les puissances capitalistes voulaient en finir avec l’économie collectiviste et rétablir la propriété privée des moyens de production et le capitalisme avec ce qui se passe maintenant que le capitalisme est rétabli.

      Avant, ils rêvaient même d’envahir la Russie et, devinez par où il fallait commencer en venant de l’Ouest. 

      Le capitalisme a été rétabli sans que les puissances capitalistes aient eu à intervenir. Évidemment que les USA ont fait tout ce qu’elles pouvaient pour aider successivement Gorbatchev, Eltsine et Poutine.

      Non seulement, les Yankees ne cherchaient pas à isoler et à affaiblir la Russie, mais ils faisaient de leur mieux pour donner une bonne image de ce retour au capitalisme. Ils ont fait leur possible pour sortir la Russie des années noires. Lisez donc ce qu’écrivaient ensemble Poutine et l’OTAN dans le cadre du COR (Conseil OTAN-Russie).

      Pour être aveugles à ce point, il faut que vous refusiez de voir.


    • Jean Dugenêt Jean Dugenêt 27 septembre 2025 22:10

      @SilentArrow
      Les US ont fait tout leur possible pour que la restauration du capitalisme fonctionne. Ils ont agi pour stabiliser la situation. Ils continuent à vouloir éviter des mobilisations populaires qui pourraient se propager dans cette région du monde. Dans le monde entier, ils veulent la paix sociale pour que le régime de l’exploitation fonctionne pour le bénéfice des capitalistes.

      Poutine est actuellement pour les US le meilleur garant du maintien de l’ordre dans cette région du monde.


    • Eric F Eric F 28 septembre 2025 09:53

      @Jean Dugenêt
      Les documents que j’ai mentionnés (avec le lien) montrent bien que même lors de l’ère Etsine, les USA cherchaient à profiter de l’éclipse de puissance russe pour l’isoler, afin d’éviter qu’elle redevienne une puissance impériale eurasiatique. L’avancée vers l’Est de l’UE/OTAN attestent que cette politique a effectivement été mise en oeuvre. Il n’était pas question d’invasion ou démantèlement, mais certainement pression pour une plus grande ouverture de l’économie russe au multinationales. 
      Faut pas non plus se leurrer sur le Conseil OTAN Russie établie lors de la courte lune de miel au début de l’ère Poutine, il fallait éviter des tensions militaires ...et ça concourrait aussi à endormir l’ours. Mais 5 ans plus tard, Poutine s’est rebiffé en voyant l’avancée de la zone d’influence occidentale.


    • Jean Dugenêt Jean Dugenêt 1er octobre 2025 19:07

      @Eric F
      « Faut pas non plus se leurrer sur le Conseil OTAN Russie établie lors de la courte lune de miel au début de l’ère Poutine »

      Le COR a fonctionné pendant 20 ans. Il a été établi en 2002 et il ne s’est plus réuni depuis l’invasion à grande échelle de l’Ukraine lancée par la Russie en 2022.

      Voir le texte de l’OTAN et celui de Wikipédia.


  • Eric F Eric F 27 septembre 2025 14:17

    Tous les attentats font l’objet de théorie du faux drapeau, ce n’est pas seulement le cas de celui de Moscou et celui du 11 septembre, mais aussi ceux en France comme le Bataclan ou le camion tueur de Nice, également celui du 7 octobre en Israël.

    Or il y a confusion avec un autre aspect, c’est l’instrumentalisation d’un vrai attentat pour des mesures sécuritaires voire guerrière. 


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