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Poutine inflexible, Trump volontaire dans « ça craque de partout ». Pronostics de fin de guerre en Ukraine dictés par l’Histoire - AgoraVox le média citoyen
samedi 1er novembre 2025 - par Hamed

Poutine inflexible, Trump volontaire dans « ça craque de partout ». Pronostics de fin de guerre en Ukraine dictés par l’Histoire

 Que peut-il sortir de la guerre en l’Ukraine pour le monde ? L’armée ukrainienne peut-elle changer le rapport des forces ? Quand une guerre est presque sans mouvement, une guerre statique avec tout au plus des prises de villages annoncés par l’armée russe, et cette guerre dure depuis le 24 février 2022, tout porte à croire que la guerre ne va pas évoluer, et une guerre de tranchées et donc d’usure doit d’une manière ou une autre se terminer. Et surtout elle dure depuis plus de trois ans et demi. Peut-on dire que les événements à venir en Ukraine, en Occident et surtout en Russie et aux États-Unis vont-ils accélérer la fin de la guerre ? 

 Tout est mis sur les fortes fortifications russes dont les champs de mines sur des centaines de km, les tranchées de part et d’autre, l’artillerie défensive, et aussi le moral des troupes dans ce piétinement de guerre qui s’opère pratiquement dans le surplace et le pouvoir central de Kiev déclare qu’il n’y a pas d’impasse dans la guerre en Ukraine, alors que l’ex-chef de l’armée disait qu’il y a impasse. Et une telle déclaration émanant du sommet de la hiérarchie militaire ct la guerre qui ne finit pas laisse penser qu’il y a impasse. 

 Que donne la guerre de drones et de tirs de missiles des deux belligérants ? Des destructions limitées, des incendies, des zones résidentielles endommagées, des morts et des blessés qui se comptent en centaines de milliers depuis près de quatre ans ; une guerre qui s’enlise ; l’Occident campe sur cette guerre par procuration ; la guerre en Ukraine qui s’enlise dans la durée va provoquer des incertitudes telles que tout peut arriver.

Prenons une guerre passée où les forces de combat se sont enlisées et qui s’est terminée par un armistice ; et cette guerre ressemble dans un certain sens à la guerre en Ukraine. La guerre en question est la guerre de Corée (1950-1953). Quel a été l’événement qui a accéléré la fin de la guerre ? Rappelons qu’à l’époque, le général Mac Arthur et l’état-major de l’armée américaine avaient planché pour l’utilisation d’armes atomiques en Corée et en Chine.

Il y a eu beaucoup de discussions aux États-Unis sur le largage de bombes nucléaires ; et s’il y a eu refus du président Harry S.Truman d’utiliser les armes nucléaires, en réalité, c’est la première bombe atomique que l’Union soviétique a fait exploser sur le site d'essais de Semipalatinsk, au Kazakhstan, le 29 août 1949, qui a changé les donnes ; désormais l’Union soviétique, à partir de cette date, est à parité sur les plan nucléaire avec les États-Unis.

On comprend pourquoi les États-Unis ne pouvaient se hasarder sur cette donne surtout avec ce qui s’est passé le 6 août 1945 à Hiroshima et le 9 août 1945 à Nagasaki, deux villes rasées, le Japon après ces deux bombes s’est trouvé contraint de proclamer sa reddition. Se comprend alors le recul des États-Unis sur cette donne et pourquoi le général Mac Arthur a été relevé de ses fonctions le 11 avril 1951.

Il est clair que si l’Union soviétique n’avait pas procédé à l’essai de sa première bombe atomique en 1949, les États-Unis auraient certainement utilisé l’arme atomique en Corée et en Chine et éventuellement en Union soviétique.

Ou plus simplement dit, sans l’essai soviétique de la bombe atomique, la guerre de Corée n’aurait jamais eu lieu. C’est à la fois l’essai nucléaire de l’URSS et la proclamation de la république populaire de Chine qui ont lieu la même année, en 1949, qui ont été à l’origine de la guerre de Corée. La Chine et l’Union soviétique ont voulu rejeté les Américains hors de Corée ; ce qui fait que la guerre apparaissait comme une conséquence ; l’histoire de cette région s’accélérait.

Et là, par le cours de l’histoire qui a pris une autre direction, et il faut le préciser ceci dit sur le plan historiciste, les États-Unis n’ont pas été débarqués de la Corée. Pourquoi ? Parce que le maintien de la présence américaine relève d’autres fins historiques qui n’apparaissaient pas à l’époque, et pourtant elles étaient potentielles dans la marche de ns l’histoire.

Ceci étant, posons-nous la question sur les événements ou l’évènement majeur qui a arrêté cette guerre. Le président de l’union soviétique a joué un rôle central dans l’après-1945. En effet, les deux puissances victorieuses, les États-Unis et l’Union soviétique, se disputaient le leadership du monde. D’un côté, l’Occident et donc le monde capitaliste, le monde libéral, et en face, le monde communiste, champion des causes de libération des peuples de la colonisation, y compris des classes travailleuses en Occident comme dans les pays du reste du monde.

N’oublions pas la fameuse phrase de Karl Marx et Friedrich Engels dans le slogan final du « Manifeste du Parti communiste », lancé en 1848 : « Prolétaires du monde entier, unissez-vous. » Un appel à la solidarité internationale de la classe ouvrière contre l'exploitation capitaliste et souligne la nécessité d'une révolution mondiale pour établir une société sans classes. Et sans l’unité des travailleurs du monde entier, ils ne peuvent vaincre l’oppression capitaliste transfrontalière.

Et cet affrontement à la fois idéologique et matérialiste a alimenté la guerre froide. Mais le problème, le monde capitaliste, libéral, militait pour maintenir des continents entiers colonisés, tandis que le monde communiste visait à libérer les peuples colonisés et les pousser au socialisme. Cet antagonisme était alimenté par la crainte de l’Occident d’être submergé par le communisme, ce qui se traduisait par des guerres et conflits un peu partout dans le monde ; et c’est ce qui a permis la libération des peuples de la colonisation. En même temps, une guerre froide entre les deux camps et, en son sein, un mouvement de décolonisation spontané du monde.

Mais, dans la guerre en Corée, un danger nucléaire planait rendant le conflit enlisé ; ni la Chine ni l’Union soviétique ne reculaient ; ni les États-Unis ne reculaient. Et les deux camps (URSS et États-Unis) ont des armes nucléaires et la « guerre froide » s’imposait entre eux. La guerre de Corée était donc dans l’impasse ; elle devait s’arrêter néanmoins ; elle n’avait plus de sens, puisque aucune partie ne pourrait s’avouer vaincue.

Et la nécessité d’un événement historique central prévalait puisqu’il était hors de question qu’un camp s’avoue vaincu ; leurs puissances respectives étaient pour ainsi dire « équilibrées ». Et surtout que les États-Unis avaient déjà nucléarisé le Japon par deux fois ; ils étaient de fait la première puissance du monde. Mais en face deux puissances dont l’Union soviétique est devenue une puissance nucléaire et la Chine qui s’est désormais imposée en Asie en grande puissance communiste. 

L’événement central qui a mis fin à la guerre, mais non définitivement puisqu’il n’y a pas eu de vainqueur et de vaincu, a été la « mort de Joseph Staline » survenue le 5 mars 1953 ; c’est elle qui a accéléré la fin des hostilités, puisque le chef du Kremlin est resté sur sa position comme l’a été celle du président chinois Mao Tsé-toung. Mais Mao sans Staline, ça ne pouvait fonctionner, d’autant plus que l’équipe soviétique qui a pris le relais du pouvoir, sans résultat tangible de cette guerre, et surtout les heurts au sein de la nomenklatura soviétique pour la succession faisait passer cette au second plan.

C’est ainsi que le 27 juillet 1953, l’armistice a été signé entre, d'une part, la Corée du Nord et la Chine et, d'autre part, l'Organisation des Nations unies, dans le village de Panmunjeom, situé du côté nord-coréen de la zone démilitarisée (DMZ) ; ce village n’existe plus. Bien que l’armistice a mis fin officiellement à la guerre de Corée, et la Corée du Sud ne l'a jamais signé ; les deux parties sont ainsi toujours en guerre, puisque aucun traité de paix n'a mis fin définitivement à la guerre.

Cette présentation succincte de la guerre de Corée, venons-en à la guerre en Ukraine. D’emblée, il faut dire que la guerre en Ukraine est en quelque sorte la guerre de Corée en Europe. Beaucoup de ressemblances l’attestent. Tentons de les montrer :

1. D’abord la durée de la guerre depuis 3 ans et bientôt 8 mois

2. Les deux parties campent sur leur position. Le nouveau président américain Donald Trump qui avait promis de mettre fin en 24 heures a tenté certes d’y mettre fin en mettant en contact les intéressés en Arabie saoudite, en Turquie et même a rencontré le président de la Russie à Anchorage, en Alaska. Mais la situation de guerre n’a pas évolué ; l’histoire d’y mettre en 24 heures, à une question d’un journaliste, le président américain a répondu qu’il plaisantait.

Il est clair que le président américain a compris l’enjeu de cette guerre ; et ce n’est pas une question d’isolationnisme, mais une question de prépondérance pour les États-Unis dans le jeu « fluctuant » de l’équilibre stratégique mondial.

Même situation dans ce jeu géostratégique mondial sinon pire pour la Russie.

 3. L’aide massive de l’Occident pour l’Ukraine montre que la Russie ne fait pas la guerre seulement à l’Ukraine ; tout l’Occident est derrière l’Ukraine ; et que l’on dit que c’est l’Europe qui arme le plus l’Ukraine, non ce sont les États-Unis le levier principal dans la fourniture des armements et dans le renseignement satellitaire sur les objectifs visés par l’Ukraine.

4. Les États-Unis jouent un rôle central dans la guerre en Ukraine. La partie russe espère que le président américain y mettra fin, compte tenu de ses déclarations ; mais ce sont seulement ce que Trump veut montrer, dans sa volonté d’y mettre fin, mais en fait, Trump cherche à imposer un gel de la guerre dans la ligne de front actuel, ce qui signifie un cessez-le-feu, qui sera suivi d’un armistice, comme ce qui s’est passé en 1953, dans la guerre de Corée. Ainsi, il n’y aura ni vainqueur ni vaincu ; ni l’Europe ni les États-Unis ne perdront la face après ces années de guerre et l’aide massive qu’ils ont fournie à l’Ukraine. Et même pour la Russie qui a annexé les régions de l’est de l’Ukraine ne signifiera pas qu’elle les conservera puisque ce n’est qu’un cessez-le-feu et la guerre pourrait reprendre.

5. La Russie sait que le cessez-le-feu n’est qu’un moyen dilatoire pour reporter la guerre ; et bien plus, ce serait un recul de la Russie face à l’Ukraine, l’Europe et les États-Unis.

Et la situation pourrait être pire sur le plan international ; si elle venait à signer un cessez-le-feu avec l’Ukraine, cela laisserait supposer qu’elle a été obligée, et obligée face à quel pays ? L’Ukraine qui n’est pas une puissance nucléaire, de plus sa population d’environ 47 millions d’Ukrainiens, laisseront dire l’opinion internationale qu’elle a pu neutraliser la Russie qui compte comme une des deux premières puissances militaires, avec les États-Unis, du monde.

6. Les États-Unis, en changeant le département de la Défense en département de Guerre, ont donné une réponse à ce qui pourrait se passer sur cette guerre. Comme on lit dans un article du 06/09/2025, publié par le magazine français l’Express, le titre de l’article :

 « Avec son « ministère de la Guerre », Donald Trump veut envoyer un message « de force » 

« États-Unis. Donald Trump a signé vendredi un décret visant à rebaptiser le ministère américain de la Défense en « ministère de la Guerre », ajoutant qu’il voulait par-là envoyer un « message de victoire » et « de force » au reste du monde. »

Dans le site news Yahoo, du 29 octobre 2025, un autre article dans cette même veine de force. « Trump charge le Pentagone de commencer « immédiatement » à tester les armes nucléaires américaines »

« Le président Donald Trump a annoncé le 29 octobre que les États-Unis reprendront « immédiatement » les essais d'armes nucléaires, une mesure qui, selon lui, est nécessaire pour s'assurer que le pays reste au courant de ses puissances nucléaires rivales.

Dans un post de Truth Social, Trump a vanté les progrès réalisés dans la modernisation des armes nucléaires au cours de son premier mandat. Mais il a averti que l'accumulation d'armes nucléaires de la Chine placera l'arsenal de Pékin sur un pied d'égalité avec les États-Unis et la Russie « d'ici 5 ans ». »

7. Même verve oratoire par le président russe Vladimir Poutine. Dès la première année de guerre, Poutine a commencé avec les menaces d’utiliser les armes nucléaires contre les pays de l’OTAN en cas de cobelligérance avec l’Ukraine. Les menaces ont pratiquement cessé après la première année de guerre ; il était évident qu’il n’y avait pas de cobelligérance ni frontale ni avérée mais un simple soutien de l’Ukraine par l’Occident qui était en fait naturel du fait que l’Ukraine a été envahie par une grande puissance, la Russie.

Bien sûr l’invasion de l’Ukraine par la Russie avait aussi des motifs justifiés : « Venir en aide aux populations d’origine russe harcelées par les forces armées du pouvoir central de Kiev. Des populations au demeurant, sur le plan démographique, majoritaires dans les régions de l’est de l’Ukraine. Les annexions de ces régions par la Russie se sont opérées à la demande de ces populations qui ont voté par référendums d’être rattachées à la Russie. 

A la place des menaces, la Russie n’a pas cessé de montrer ses capacités en nouveaux progrès en armements ; elle a transféré des missiles nucléaires à la Biélorussie ; elle a changé aussi sa doctrine nucléaire de riposte rendue plus souple, plus assortie aux menaces potentielles auxquelles la Russie fait face depuis son entrée en guerre en Ukraine.

La Corée du Nord lui est venue en soutien à la Russie dans la guerre ; des forces nord-coréennes combattent en Ukraine.

Enfin, après plusieurs annonces sur les progrès en armements notamment en missiles de longue portée, la dernière annoncée, il y a quelques jours, par le président Vladimir Poutine concerne l’essai réussi d’un missile de croisière à propulsion nucléaire capable de percer n’importe quel bouclier de défense. Comme on le lit sur un article de www.usatoday.com, du 26 octobre 2025 :

« Poutine affirme que la Russie a testé avec succès un missile de croisière à propulsion nucléaire

MOSCOU – La Russie a testé avec succès son missile de croisière Burevestnik à propulsion nucléaire, une arme à capacité nucléaire que Moscou dit pouvoir percer n’importe quel bouclier de défense, et va se diriger vers le déploiement de l’arme, a déclaré le président Vladimir Poutine en octobre.

L'essai, aux côtés d'un exercice nucléaire la semaine dernière, envoie un message que la Russie, selon les mots de Poutine, ne se pliera jamais à la pression de l'Occident sur la guerre en Ukraine, alors que le président Donald Trump adopte une position plus dure contre la Russie pour faire pression pour un cessez-le-feu.

Le plus haut général de la Russie, Valery Gerasimov, chef de l'état-major général des forces armées russes, a déclaré à Poutine que le missile avait parcouru 8.700 miles et était dans les airs pendant environ 15 heures lorsqu'il a été testé en octobre.

La Russie affirme que le 9M730 Burevestnik (Storm Petrel) – surnommé le SSC-X-9 Skyfall par l’OTAN – est « invincible » pour les défenses antimissiles actuelles et futures, avec une portée presque illimitée et une trajectoire de vol imprévisible.

« C'est une marchandise unique que personne d'autre au monde n'a », a déclaré Poutine, vêtu de tenue de camouflage lors d'une réunion avec des généraux supervisant la guerre en Ukraine, dans des propos publiés dimanche par le Kremlin. »

Enfin, un autre article sur fr.euronews.com du 29 octobre 2025, on lit : « Vladimir Poutine annonce le test de « Poseidon », un drone sous-marin à capacité nucléaire.

Ce deuxième essai d'arme nucléaire en l'espace d'une semaine intervient alors que les négociations avec les États-Unis sont dans l'impasse en raison de la réticence de Moscou à l'égard d'un cessez-le-feu en Ukraine.

La Russie a testé avec succès un nouveau drone sous-marin à propulsion nucléaire et à capacité nucléaire, baptisé Poséidon, a annoncé ce mercredi le président Vladimir Poutine.

Décrivant ce drone comme une nouvelle arme « qui ne peut pas être interceptée  », Vladimir Poutine a déclaré qu'il avait déjà été qualifié de « machine de la fin du monde ». S'exprimant dans un hôpital de Moscou où il a rencontré les soldats blessés dans la guerre contre l'Ukraine, le dirigeant a déclaré que le drone Poséidon avait été testé en fonctionnant à l'énergie nucléaire pour la première fois mardi. Il l'a également décrit comme ayant « une vitesse et une profondeur inégalées ».

Le président russe a précisé que le réacteur nucléaire qui alimente le Poséidon est « 100 fois plus petit  » que ceux des sous-marins, et que la puissance de son ogive nucléaire est « nettement supérieure à celle de notre missile balistique intercontinental Sarmat le plus avancé  ». « Pour la première fois, nous avons réussi non seulement à le lancer avec un moteur de lancement à partir d'un sous-marin porteur, mais aussi à lancer l'unité de puissance nucléaire sur laquelle cet engin a passé un certain temps », a déclaré Vladimir Poutine. Aucun organisme indépendant n'a confirmé qu'un tel essai avait eu lieu. »

Que peut-on dire de ces sept points énumérés ? Force de constater qu’il existe beaucoup de ressemblance avec la guerre de Corée. Les deux camps s’affrontent comme en Corée et presque pas de changements sur les fronts. Malgré des annonces de Donald Trump pour trouver une issue à la guerre, les deux camps ne sont pas enclins à trouver un compromis qui pourrait mettre fin à la guerre. Bien sûr, les États-Unis, l’Europe et l’Ukraine veulent la fin de la guerre, mais qui passe par un cessez-le-feu puis des négociations ; quant aux territoires ukrainiens annexés par la Russie, l’Ukraine et l’Europe veulent leur retour à l’Ukraine.

Donc une fin de guerre qui passe par le gel du front n’est profitable qu’à l’Occident puisqu’elle amène la Russie à mettre fin aux combats tout en sachant que ses revendications territoriales sur l’est de l’Ukraine ne seront pas acceptées. Il n’y a pas de préalable en termes d’accords sur l’avenir des régions occupées pour un cessez-le-feu. Et c’est ce qui a expliqué pourquoi la rencontre n’a pas eu lieu entre Donald Trump et Vladimir Poutine, à Budapest, en Hongrie. 

Donald Trump dit qu’elle n’est pas annulée, elle est reportée ; mais Poutine demande que des préparations soient faites avant une rencontre, ce que Trump ne veut pas ; et c’est compréhensible, une rencontre, si elle avait eu lieu n’aurait débouché sur aucun accord. Les médias occidentaux porteraient la responsabilité sur Vladimir Poutine qui aurait été selon eux « inflexible » face à un Trump « volontaire » pour mettre fin à la guerre.

 Comme en 1951 et 1952, en Corée ; la guerre se prolonge en Ukraine ; des discussions entre Kiev et Washington sur les missiles de croisière américains tomawaks qui ont une portée de 2500 km continueraient à être négociées, sur leur utilisation en profondeur sur le territoire de la Russie.  

La situation des deux camps restera bloquée, eu égard aux enjeux. Les Américains comme les Européens et Kiev, à travers le président ukrainien Volodymyr Zelensky, ne voudront pas reculer et surtout ne voudront pas perdre la face ; une défaite c’est l’aura dominatrice de l’Occident qui sera durement affectée, en particulier les États-Unis et l’Europe qui veulent faire de toute l’Europe, leur chasse gardée, en se posant en pôle de puissance compact face à la Russie et la Chine.

Pour la Russie depuis l’implosion de l’Union soviétique et la perte de son glacis européen qui a été intégré à l’Union européenne et l’OTAN, l’Ukraine de par la présence de plusieurs millions d’Ukrainiens d’origine russe a été la dernière « ligne rouge » que l’Occident ne devait pas dépasser. Or, l’Occident n’en a pas tenu compte et a voulu intégrer aussi l’Ukraine, estimant que la Russie, en perte de puissance depuis l’éclatement de l’URSS, en 1991, ne réagirait pas devant un fait accompli.

Et c’est là l’erreur de l’Occident de n’avoir pas pris en considération la population russophone, à l’est de l’Ukraine, d’autant plus que la nostalgie des Russes sur l’ex-Union soviétique qui leur conférait le statut indéniable de seule grande puissance mondiale de l’Est s’opposant à l’Occident était toujours vivante dans leur mémoire. De plus, tout l’arsenal nucléaire de l’ex-URSS a été hérité par la Russie.

Aussi peut-on dire que s’il n’y avait pas d’Ukrainiens d’origine russe dans les oblasts de Donetsk, Louhansk, Kherson, Zaporijjia et en Crimée, la Russie n’aurait pu trouver de motifs valables, sérieux pour contrecarrer les plans occidentaux. Le cours de l’histoire était donc tracé ainsi ; la guerre entre la Russie et les États-Unis et l’Europe par pays interposé l’Ukraine devait s’opérer et elle s’est opérée, et ne perdons pas de vue, que la Russie n’est pas seule ; elle a un allié de poids, la Chine, qui est en train de monter en puissance sur tous les plans ; de l’économique, financier, monétaire au militaire, spatial… avec une population de 1,4 milliard de Chinois.

L’Occident a en face de lui deux grandes puissances comme en 1950. Et l’enjeu, à travers la guerre en Ukraine, est le leadership mondial que détient toujours l’Occident. Aussi posons la question sur ce qui va se passer sur cette guerre dans les mois et années à venir ?

Tout d’abord, eu égard aux enjeux dans la guerre en Ukraine qui sont d’ordre mondial, toutes les rencontres États-Unis-Russie ou Ukraine-Russie ne pourraient aboutir sur un compromis, et un cessez-le-feu et une fin de guerre négociée. La guerre se poursuivra ; l’Europe continuera à aider massivement l’Ukraine, les sanctions économiques continueront, ils en sont au 19ème train de sanctions économiques contre la Russie ; il en ira de même pour les États-Unis. Il n’y aura pas d’évolution, la guerre se poursuivra entre la Russie et l’Ukraine.

Mais la guerre va évoluer, elle ne restera pas dans l’état. Dans un article de Zonebourse, site www.zonebourse.com, du 29 octobre 2025, le titre est « L'émissaire de Poutine, Dmitriev, estime qu'une paix en Ukraine est possible d'ici un an ». On lit :

« Le représentant spécial du président russe Vladimir Poutine, Kirill Dmitriev, a déclaré mercredi, lors d'une visite en Arabie saoudite, qu'il s'attendait à ce que la guerre en Ukraine prenne fin dans l'année à venir.

Dmitriev s'exprimait après avoir rencontré, le week-end précédent aux États-Unis, des responsables de l'administration du président américain Donald Trump. Sa visite outre-Atlantique faisait suite à l'annonce du report d'un sommet entre Trump et Poutine initialement prévu à Budapest.

« Nous sommes convaincus d'être sur la voie de la paix et, en tant qu'artisans de la paix, nous devons faire en sorte qu'elle advienne », a déclaré Dmitriev, également directeur général du Fonds russe d'investissement direct, lors d'une conférence sur l'investissement organisée à Riyad, la capitale saoudienne.

Interrogé sur la possibilité d'une paix en Ukraine dans l'année à venir, Dmitriev a répondu : « Je le crois. »

Durant son séjour aux États-Unis, Dmitriev a affirmé que Moscou et Washington étaient proches d'une « solution diplomatique » au conflit, déclenché en février 2022 lorsque Poutine a envoyé des dizaines de milliers de soldats en Ukraine.

Dmitriev fait partie de l'équipe de négociation de Poutine dans les discussions avec les États-Unis, aux côtés du ministre des Affaires étrangères Sergueï Lavrov et du conseiller diplomatique du Kremlin, Youri Ouchakov.

MISE EN GARDE CONTRE LES SANCTIONS FAISANT FLAMBER LES PRIX DU CARBURANT

Alors que Dmitriev se trouvait aux États-Unis, le secrétaire au Trésor Scott Bessent l'a qualifié de « propagandiste russe » pour avoir déclaré, lors d'entretiens avec des médias américains, que les nouvelles sanctions américaines contre les compagnies pétrolières russes entraîneraient une hausse des prix à la pompe aux États-Unis.

Mercredi, Dmitriev a réitéré l'avertissement russe selon lequel les sanctions américaines provoqueront une augmentation des prix mondiaux du pétrole et du carburant aux États-Unis, suggérant que cela pourrait avoir un impact sur les résultats du Parti républicain lors des élections de mi-mandat. »

Que peut-on dire de la déclaration de l’émissaire de Poutine, Dmitriev, qui estime qu'une paix en Ukraine est possible d'ici un an ? Sa déclaration a tout son sens, compte tenu de l’absence de compromis, la guerre va continuer en 2026.

La question de fond qui se pose : « S’arrêtera-t-elle en 2026 ? Ce n’est pas du tout sûr ; tout dépendra ce qui adviendra dans cette guerre. Pour répondre, tentons de faire des pronostics en se basant sur des faits de guerres historiques passés ; et normalement toute fin de guerre ne dérogera pas aux forces historiques passées qui ont été en puissance dans leur résolution.

Quel que soit le contexte de la guerre, a fortiori lorsque c’est une guerre d’usure, qui évolue peu, et c’est le cas dans cette guerre où l’Ukraine reste dans la défensive et la Russie, malgré les prise de villages ou l’encerclement de forces ukrainiennes, n’arrive pas à changer le cours de la guerre.

Raisonnons par des situations qui viennent à changer le cours de la guerre, et l’histoire peut nous éclairer sur la fin de la guerre qui pourrait survenir en Ukraine. Donc pronostiquons sur ce qui pourrait survenir dans la guerre en Ukraine.

Le premier pronostic. C’est le cas où les forces d’une partie l’emportent nettement sur l’autre partie et mènent à la fin de la guerre. C’est forcément le pays vainqueur et on suppose comme l’évolution des fronts le montrent, c’est la Russie qui l’emportera en Ukraine. Un encerclement de villes ou de prises de villes, le rapprochement des combats à la capitale ukrainienne Kiev, pourraient obliger l’Ukraine et l’Occident d’arrêter les combats et de commencer les pourparlers pour entériner la fin de la guerre. Les régions annexées par la Russie seront reconnus comme tels par l’Ukraine et l’Occident.

Ce sera un désastre pour les États-Unis et l’Europe. Précisément parce que c’est un désastre qui se profile pour l’Occident que ce scénario de guerre est hautement improbable. L’Occident ne lâchera pas prise ; il soutiendra par tous les moyens possibles l’armée ukrainienne ; la guerre donc ne s’arrêtera pas. Les deux belligérants continueront les combats ; même si l’Ukraine reste sur la défensive et perd des villages. 

Le deuxième pronostic. Il rappelle la guerre en Irak, en 2003, et l’éclatement de la double crise immobilière et financière en 2007-2008. C’est ainsi qu’en pleine crise financière, et face à une recrudescence d’attaques irakiennes contre l’armée américaine depuis 2005, les États-Unis furent obligés de négocier la fin de la guerre avec le nouveau gouvernement irakien. Un plan SOFA de retrait des troupes américaines a été planifié pour s'achever avec le retrait complet des forces américaines en décembre 2011.

Le processus de la fin de la guerre en Irak peut s’appliquer à la guerre en Ukraine. Une crise financière majeure aux États-Unis qui s’étende en Europe et au monde, provoquant une très forte poussée de chômage aux États-Unis, le taux de chômage en août 2025 selon les données US est de 4,3% passant à 10%, par exemple, pourrait constituer un prétexte suffisant pour mettre fin à la guerre.

D’autant plus qu’une crise financière majeure aux États-Unis engendrerait des politiques d’assouplissement monétaire communes pour toutes les Banques centrales occidentales (Fed, BCE, B°J, B°E) plus celle de la Chine, ce qui pousserait le prix du pétrole à des sommets comme en 2009-2014, le prix du baril de pétrole s’est envolé entre 100 et 120 dollars.

Une telle situation serait un sursaut pour l’Occident de trouver un accord avec la Russie et mettre fin à la guerre. L’Ukraine perdra des territoires ; la paix reviendra mais la crise financière durera des années. Celle de 2008 a duré jusqu’en 2014 avec la fin des quantitative easing des grandes Banques centrales qui ont coïncidé et ont donné le contrechoc pétrolier, au deuxième semestre de 2014.

Ce deuxième pronostic est possible mais dépend de l’évolution économique américaine et mondiale.

Le troisième pronostic. Après une durée de guerre d’usure et d’enlisement des forces armées russes dans le front ukrainien et des attaques ukrainiennes en profondeur sur le territoire russe, répliques aux attaques russes en profondeur en Ukraine, la situation pourrait être intenable pour la Russie en durée. Dès lors, le pouvoir russe face à la résilience de l’armée ukrainienne en défensive cherchera à affaiblir le soutien en armements pour l’Ukraine.

Pour avoir une idée de ce qui pourrait survenir de cette guerre, reportons-nous à ce qu’a déclaré le chef d’état-major français des Armées, le général Fabien Mandon. Déclaration rapportée dans un article du 22 octobre 2025, par le Figaro, qui a pour titre « L’armée française doit être « prête à un choc dans trois, quatre ans » face à la Russie, alerte le chef d’état-major ». On lit :

« La Russie « peut être tentée de poursuivre la guerre sur notre continent », a affirmé mercredi le chef d’état-major des Armées français, le général Fabien Mandon.

Le message est aussi limpide qu’inquiétant. L’armée française doit être « prête à un choc dans trois, quatre ans » face à la Russie, qui « peut être tentée de poursuivre la guerre sur notre continent », a affirmé mercredi le chef d’état-major des Armées français, le général Fabien Mandon, pour justifier « l’effort de réarmement » du pays.

 « Le premier objectif que j’ai donné aux armées, c’est de se tenir prêtes à un choc dans trois, quatre ans qui serait une forme de test - peut-être le test existe déjà sous des formes hybrides - mais peut-être (quelque chose de) plus violent  », a déclaré le plus haut gradé français devant les députés de la commission de la Défense. « La Russie est un pays qui peut être tenté de poursuivre la guerre sur notre continent et c’est l’élément déterminant dans ce que je prépare », a ajouté le général qui a pris la tête des armées françaises le 1er septembre.

« S’il a le sentiment qu’on n’est pas prêt à se défendre, je ne vois pas ce qui peut l’arrêter »

Son analyse rejoint notamment celle des services secrets allemands qui ont mis en garde la semaine passée contre la Russie, prête selon eux à « entrer en conflit militaire direct avec l’Otan », une menace qui pourrait se concrétiser avant 2029. Moscou a la « perception d’une Europe collectivement faible », selon le général Mandon, qui observe une « désinhibition du recours à la force » côté russe. Pourtant, « on a tout pour être sûrs de nous », a-t-il martelé, rappelant que du point de vue économique, démographique ou industriel, les Européens l’emportaient sur la Russie. « La Russie ne peut pas nous faire peur si on a envie de se défendre », a-t-il lancé.

L’augmentation du budget militaire est donc pour lui « fondamentale, déjà dans les perceptions ». « Si nos rivaux potentiels, nos adversaires perçoivent que nous consacrons un effort pour nous défendre et que nous avons cette détermination, alors il peut renoncer. S’il a le sentiment qu’on n’est pas prêt à se défendre, je ne vois pas ce qui peut l’arrêter », a-t-il développé.

Le projet de budget de la défense prévoit de le porter à 57,1 milliards d’euros pour 2026, soit une hausse de 13%, portant l’effort budgétaire pour les armées à 2,2% du PIB, selon la ministre française des Armées Catherine Vautrin. Au-delà de la menace posée par la Russie, ce réarmement est selon le général Mandon rendu nécessaire par la superposition des crises et des menaces, du terrorisme au Moyen-Orient. Selon lui, « ça craque de partout ». »

Ce que le chef d’état-major français déclare, au vu des enjeux qui sont planétaires, tient évidemment la route ; l’Europe et l’Occident est réellement à la croisée des chemins. Et le « ça craque de partout » est une réalité ; à voir ce qui se passe à Gaza, en Cisjordanie, en Israël, au Liban, en Syrie, au Yémen, en Iran, et l’Occident est concerné par tous ces conflits et guerres.

Postulons comme ce qui s’est passé pour les mystérieux drones qui ont survolé plusieurs pays d’Europe, attribués à la Russie, et de nouveau des drones recommenceront à survoler les pays d’Europe, et même des missiles pourraient tomber, en Pologne par exemple ; et la Russie ne s’en cache pas, autorise même les avions russes à passer les frontières avec les territoires européens frontaliers de l’Ukraine. 

Évidemment, comme on l’a énoncé supra, c’est la durée de la guerre d’usure et d’enlisement des forces armées russes dans le front ukrainien et les effets devenir pesant sur le moral de l’armée, de l’état-major des armées russe, le Kremlin qui auront à ordonner un changement de stratégie de guerre. Et le survol par des drones et avions de guerre russe des territoires européens frontaliers entrerait dans cette stratégie de guerre.

Que répondra alors l’Otan en cas de drones et d’avions russes répétées pénétrant les espaces aériens des territoires européens et assumés par la Russie ? L’Otan devra alors répondre aux provocations russes en donnant l’ordre à ses forces en Europe d’abattre tout aéronef qui pénétrerait l’espace aérien des territoires européens de l’Otan.

Postulons qu’un avion russe a été abattu dans un pays frontalier, en Pologne ou en tout autre pays de l’Otan. La Russie répondra, en représailles, par des bombardements ciblés sur des objectifs militaires de ce pays où l’avion a été abattu. Dès lors, la guerre ne concerne plus que l’Ukraine mais s’étend à un autre pays de l’Otan.

Forcément la guerre prendra en extension, la Russie est en guerre contre deux pays européens dont un fait partie de l’Otan ; la Russie doit s’attendre à un soutien massif à ce pays de la part de l’Otan ; les autres pays de l’Otan s’abstiendront d’attaques directes contre la Russie.

Le président Donald Trump soufflera le chaud et le froid ; mais ses menaces ne dissuaderont pas Moscou qui estime qu’il est dans son droit de protéger les populations russophones à l’est de l’Ukraine, et que si la guerre a pris de l’extension, c’est dû aux fournitures d’armements massifs qui passent par ce pays pour l’Ukraine. L’objectif de la Russie est de dissuader ce pays frontalier de livrer des armes à l’Ukraine. Et cet avertissement russe vaut pour tous les pays mitoyens à l’Ukraine.

 La guerre s’arrêtera-t-elle ? Non, elle continuera mais l’effort de guerre sera très fort pour la Russie surtout s’il viendra à toucher un autre pays de l’Otan. Et tout sera possible si la guerre même non frontale avec l’Otan prendra de l’ampleur, et seul l’article 4 du traité de l’Otan sera appliqué, l’article 5 qui régit la défense collective des pays de l’Otan ne le sera pas pour éviter une guerre généralisée.

Forcément, là l’Europe entre dans la posture que le chef d’état-major français des Armées, le général Fabien Mandon, a déjà anticipé et qui se réalise sauf que, contrairement, à ce qu’énonce le chef d’état-major, la Russie n’a pas cherché à attaquer les pays de l’Otan, elle y a été poussé. Ce qui est différent ; d’autre part, s’il n’y avait pas une population russophone importante et surtout majoritaire à l’est de l’Ukraine, la Russie ne se serait pas hasardé à entrer en guerre contre l’Ukraine. Pourquoi ? Tout simple ment, sans raison sérieuse, sans raison stratégique, la Russie perdrait sûrement la guerre. Et tout le conflit et la guerre qui a suivi repose sur la présence de cette population russophone à l’est de l’Ukraine.

Alors que l’Occident n’est préoccupé que pour s’étendre à tous les pays d’Europe pour présenter un pôle de puissance face à la Russie et la Chine ; une stratégie de domination et d’endiguement qui ne prend pas en compte les intérêts naturels de la Russie. Malheureusement pour l’Occident, cette population russophone a été le talon d’Achille dans la stratégie occidentale dans le « Tout occidentalo-européen ».

Comment la guerre en Ukraine, étendue à un pays de l’Otan et plus si la situation de guerre se complique, se terminera ? Et surtout pour quelle durée ? Forcément, le recours à l’arme nucléaire sera omniprésent dans les esprits des dirigeants tant russes, européens de l’Otan et en particulier des principales puissances nucléaires occidentales.

Ce sera surtout le président Donald Trump, dont le pays est la première force de l’Otan, qui agira ; il commencera par négocier la fin de la guerre avec le président russe Vladimir Poutine. Le problème pour Trump, c’est que c’est déjà trop tard, la guerre a pris une autre tournure beaucoup plus grave. Il sait qu’il n’a rien à proposer sinon à accepter les conditions de la Russie.

Et c’est en comprenant qu’il ne reste plus rien quant à une stratégie pour faire reculer la Russie ; ni sanctions économiques ni soutien massif en moyens militaires à l’Ukraine et aux autres pays de l’Otan, et Trump est conscient que la Russie n’hésitera pas à recourir à l’usage d’armes nucléaires, ce que, lors de plusieurs appels téléphoniques, le président Vladimir Poutine toujours « inflexible » lui fera savoir qu’effectivement, il fera, en cas de nécessité, usage d’armes nucléaires.

La réponse russe est claire ; Trump sera face à ses responsabilités dans cette guerre ; en tant que première puissance en Occident et à l’échelle mondiale, le président Donald Trump sait qu’il ne peut importer une guerre nucléaire dans son propre pays ; même s’il le voulait, les généraux du Pentagone l’empêcheraient parce que cela signifierait une « Troisième Guerre mondiale ». Une partie des États-Unis seraient détruites avec des millions de morts ; bien sûr, le même processus en Russie, en Chine, en France, au Royaume-Uni et dans tous les pays dotés de l’arme nucléaire. Le monde serait en berne nucléaire.

Et par la faute à qui ? Un pays ou deux pays d’Europe loins des États-Unis. Et c’est pour cela que la raison va l’emporter et la fin de la guerre sera accélérée ; Donald Trump et Vladimir Poutine y mettront fin définitivement. Ce sera un rude coup pour l’Occident en particulier pour les pays d’Europe qui n’ont pas cessé de pousser l’Ukraine à la guerre contre la Russie.

Quatrième et dernier pronostic. Il faut se rappeler que la mort de Joseph Staline, le 5 mars 1953 a joué un rôle prépondérant dans la guerre de Corée en 1953. En effet, moins de cinq mois plus tard, un armistice a été signé, le 27 juillet 1953, mettant fin officiellement à la guerre ; certes, il n’y a pas eu de traité de paix final, mais l’armistice a été globalement respecté par les parties en conflit depuis.

L’événement qui a mis fin à la guerre de Corée pourrait s’appliquer dans la guerre en Ukraine, ce qui signifie qu’une disparition d’un personnage-clé dans cette guerre qui est dans une impasse pourrait accélérer la fin à la guerre. Tout est possible, tout est envisageable pour comprendre le cours des événements dans l’histoire.

Posons-nous la question sur les personnages-clé dans la guerre en Ukraine. A notre sens, il y a trois personnages-clé dans la guerre en Ukraine, et parmi eux, deux personnages qui sont plus que clés, ils sont déterminants dans la suite de la guerre. Qui sont ces personnages déterminants ?

 Ces deux personnages sont les deux présidents américain et russe, Donald Trump et Vladimir Poutine. Peut-on dire que la disparition d’un de ces personnages déterminants changerait le cours de la guerre ?

A notre sens, compte tenu des enjeux qui se jouent dans cette guerre et qui sont planétaires, il n’y a aucune chance pour qu’une disparition d’un de ces personnages change le cours de la guerre. Trump sera remplacé par son vice-président Vance ; Poutine sera remplacé par Dmitri Medvedev ou par un autre responsable au sommet de la hiérarchie. Le cours de la guerre ne changera pas, il continuera dans l’impasse si la Russie n’arrivera pas à l’emporter.

En revanche, le troisième personnage-clé, qui est le président Volodymyr Zelensky, est pratiquement irremplaçable ; toute la guerre en Ukraine relève de son dynamisme. Une disparition précoce poserait la question de sa succession ; et le peuple ukrainien pourrait jouer un rôle dans le choix du futur président mais aussi dans le cours de la guerre.

Avec la disparition de leur leader, le peuple se réveillerait et pourrait dire « assez avec cette guerre » et ces régions de l’Est qui ne veulent plus rester en Ukraine. La réponse du peuple ukrainien serait : « On ne veut plus être la chair à canon pour des régions qui ne veulent pas de nous ». Il est certain que le futur président ukrainien non seulement en tiendra compte mais avec des manifestations populaires qui pourraient éclater, le futur président y donnera suite.

Évidemment, ce pronostic n’est qu’une possibilité, comme la position du peuple ukrainien pourrait rester inchangée et la guerre se poursuivrait.

Arrivé à la fin de cette analyse, que peut-on dire de ces pronostics ? Il pourrait y avoir d’autres mais, vraisemblablement, par leur description issue de perspectives historiques passées, ces pronostics couvrent suffisamment le contexte de guerre d’aujourd’hui.

Évidemment, ces pronostics montrent que la Russie a un rôle central dans la guerre ; que tout dépendra des contingences historiques qui ne sont pas connues et qui se produiront mais aussi de la réponse sur le plan stratégique que la Russie aura à donner pour accélérer la fin de la guerre.

Quant aux pays occidentaux, malgré tous leurs efforts et moyens multiformes en armements et en finance octroyés à l’Ukraine, il y aurait de fortes chances que la fin de la guerre serait très mal vécue ; l’élargissement aux autres pays d’Europe, les derniers pays, repose plus sur une ambition de puissance que sur une union économique à égalité de chance.

Et la guerre en Ukraine le doit à l’Europe et aux États-Unis et non à la Russie, puisque les pays occidentaux, en faisant miroiter à l’Ukraine l’intégration à l’Union européenne et à l’Otan, et l’Ukraine a accepté, la guerre a fini par éclater avec la Russie. En fait, les pays occidentaux ont sponsorisé cette guerre, pensant qu’ils ne perdraient rien et que c’est l’Ukraine qui fera le travail. Ils ont considéré que la Russie, depuis l’éclatement de l’URSS en 1991, ne constituerait pas un obstacle à l’élargissement de l’Europe.

Aussi, peut-on dire, au vu de la situation de l’Ukraine aujourd’hui, que la guerre en Ukraine a assez duré ; les enjeux sont connus ; les forces aussi ; il ne reste qu’un événement de l’histoire pour y mettre fin. On peut dire comme l’a prédit Dmitriev, l’émissaire de Poutine à Washington, que la fin de la guerre prendra fin en 2026 ; on peut même ajouter au plus tard en 2027.
 

Medjdoub Hamed
Chercheur



3 réactions


  • jjwaDal jjwaDal 1er novembre 2025 18:59

    Pour l’école réaliste, dont Mearsheimer est la personne la plus médiatisée, les choses sont claires. L’Ukraine n’avait pas plus le droit d’héberger des forces émanant d’une grande puissance hostile sous les fenêtres de la Russie que Cuba (après la « Baie des cochons ») n’avait le droit d’héberger des forces russes, vu l’hostilité d’alors entre les USA et l’URSS. Les USA étaient prêts à une guerre nucléaire en cas de refus soviétique. La doctrine « Monroe » interdit à tout pays disons d’Amérique centrale et du Sud d’héberger des forces potentiellement hostiles aux USA, même sans frontière commune.
    Et la Russie qui partage pas loin de 1000 km de frontière avec l’Ukraine n’aurait pas ce droit ? Alors qu’elle a toléré, en s’en plaignant tout au long du processus de l’extension de l’OTAN, qui n’est que le bras armé de la politique étrangère des USA ?
    La sécurité de l’Ukraine ne pouvait passer qu’en ne posant pas de soucis de sécurité à son puissant voisin, donc dans la neutralité. En ayant refusé cette option, elle a mis les deux superpuissances dans la situation d’un affrontement qui ne peut être direct (sinon glissade vers la guerre nucléaire) et donc c’est elle qui devient le champ de bataille et de massacre dans une guerre ou elle n’est que le « punching ball ».

    Dès 2015 Mearsheimer disait que nous allions détruire l’Ukraine en nous servant de la Russie et nos dirigeants sont restés sourds aux avertissements.
    Poutine a refusé pendant 8 ans l’intégration (malgré leurs demandes) des deux républiques auto proclamées de l’est ukrainien. Il ignorait que pour nos dirigeants, la seule issue ne passait pas par des négociations (les accords de Minsk) mais par la soumission de la Russie aux « maîtres du monde ».
    Ils ont joué à la roulette russe et perdu.
    L’OTAN est le problème, car il invite sur le territoire européen un élément hostile à la Russie. La Russie n’a ni l’intention, ni les moyens, ni les motifs pour envahir l’U.E. En particulier, elle n’a pas les effectifs humains et ne pourrait affronter l’OTAN qu’en ayant recours aux forces nucléaires pour un objectif qu’on peine à identifier ? Nous piquer nos montagnes de dettes ? Elle a toutes les ressources (y compris énergétique) et un immense territoire peu peuplé à gérer, et personne ne trouve un motif crédible à cette prétendue volonté impérialiste.
    On sait tous pourquoi l’armée russe est en Ukraine et pas ailleurs.


    • Fanny 2 novembre 2025 22:47

      @jjwaDal

      mais par la soumission de la Russie aux « maîtres du monde ».

       

      Le problème c’est l’OTAN : à la fois parapluie nucléaire pour l’Europe, et menace pour les voisins de l’Europe, principalement la Russie.

      Sans l’OTAN, l’UE pouvait se développer sans trop de problème.

      C’est l’égalité UE = OTAN qui a tout fichu par terre.

      Qui plus est, ce conflit est arrivé à un moment où se constituait une sorte de mouvement des non alignés qui contestait l’hégémonie des USA. Le défi lancé par la Russie aux USA en 2014 en s’emparant de la Crimée a envoyé un signal au monde entier : on peut défier et vaincre l’hyperpuissance. La Crimée est partie en Russie.

      L’UE n’a semble-t-il pas abandonné l’idée de faire toujours partie des « maîtres du monde ». Elle compte ses richesses, ses armes et sa démographie et continue de penser : la Russie ne doit pas, ne peut pas gagner.

      Alors l’UE réarme, corrigeant son grand point faible, projetant une configuration future où le rapport de forces lui serait tellement favorable face à la Russie, qu’elle aurait les moyens de rendre la vie impossible à ce grand pays, et que l’Ukraine serait reconquise, comme un fruit mur.

      Je ne vois pas d’autre stratégie pour l’UE sauf la guerre totale, que l’UE « remporterait », mais dans quel état, totalement détruite.

      Il ne faut cependant pas exclure la montée vers la guerre totale, mécanisme qui a sa propre logique et qui échappe en partie aux hommes, aux dirigeants.

       


    • Jules Seyes Jules Seyes 3 novembre 2025 09:06

      @jjwaDal
      Et la Russie qui partage pas loin de 1000 km de frontière avec l’Ukraine n’aurait pas ce droit ?

      Non la Russie n’a pas de droit. Aucun pays n’a de droit s’il contredit la première puissance militaire du monde. Sinon, panpan cul cul.
      Reste évidement une prémisse : Le premier budget militaire du monde fait-il la première puissance militaire du monde ? 
      Seconde prémisse, lorsque vous réduisez ce budget de celui des forces navales reste-t-il assez pour aller faire pan pan culcul au cœur du continent Européen.

      La fonction est une transformée de inefficiente administrative, de la corruption et de la mauvaise santé dans les pays occidentaux.


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