Presse ? Paresse !
Tout le monde aura remarqué depuis longtemps déjà que les deux agences Reuters et AFP règnent en maîtresses dans les journaux. J’ignore si cette proportion des articles à provenance de ces deux principales agences de presse a augmenté ou non au sein des rédactions, en revanche très souvent on peut lire : « avec Reuters » ou « avec AFP ». Une bonne part de l’information qui se diffuse repose essentiellement sur cette source. Cela pourrait être anodin et sans risque si les journalistes faisaient leur simple métier et ne se retranchaient pas derrière le flux trop rapide des informations. La protection de l’extrême fainéantise des journalistes est la vitesse de l’information, l’abondance de cette information. Sauf que... sauf qu’il y a plusieurs secteurs d’information : politique, économie, sport, faits divers... ou plusieurs niveaux : local, national, international... et des catégories : le direct, le différé. La fainéantise et le professionnalisme ne font pas bon ménage. Le professionnalisme et la connivence ne font pas meilleur ménage. La connivence et la démocratie font très mauvais ménage.
La paresse de la presse pourrait être vénielle si elle n’avait pas des conséquences pour le bien-fondé de l’information et si cette information n’avait pas d’incidence sur la démocratie et nos choix. La connivence s’est étalée comme l’a révélé Bakcich Info avec le papotage pré-interview entre le nouveau ministre des Affaires étrangères (elle participe à tous les voyages présidentiels à l’étranger, y compris ceux de Londres - Kouchner en était absent - et de la Chine), qui fait la une de Paris Match en femme fatale, qui a promis de passer deux demi-journées par semaine en mairie pour une rémunération à taux plein de premier magistrat du VIIe à Paris, qui passe sa vie donc en voyages à l’étranger, interviews, campagnes électorales, réceptions (plus de 100 000 € de dépassement budgétaire pour 2007 de frais de représentation y compris bas et rouge à lèvres, ce qui n’est pas mal quand les caisses sont vides pour les autres, notamment le RMA d’Hirsch qui va passer aux oubliettes, et budget 2008 vidé à moitié à mi-mars, ce qui promet), et donc on se demande si elle n’est pas à tiers temps dans son ministère, entre donc Dior Woman et Roselyne Febvre, cette connivence est fort connue comme les bisous de M’âme Chabot à toute l’équipe gouvernementale, l’ex-petite amie figaresque du Manitou pendant l’escapade américaine de la désormais madame Attias, comme Catherine Pégard, conseillère es-spéciale du château et pendant ses heures perdues rewriter auto-démentie de Carla pour Le Monde, ancienne directrice du département politique du Point, comme Solly nommé directeur à TF1, comme Elkabach qui demande gentiment à Sarko-candidat qui doit le suivre comme journaliste et qui a une réunion avec le frère du président, Lagardère avant les entrevues importantes, enfin comme tout un chacun sait, tutoiement, bises, tapes dans le dos, repas au Fouquet’s, petite dorade sur les plages avec Hollande, épouses de ministres... tout cela est entendu. Le professionnalisme en est écorné. La paresse est une des principales qualités des nouveaux journalistes connivents et profitant des petits fours. Cette paresse dont une certaine employée à l’EDF a fait l’éloge - livre de chevet de la presse - se niche principalement dans deux attitudes : la première est la préparation des événements. Notamment dans la politique. A chaque élection les hommes politiques font des déclarations péremptoires. Si certaines sont soumises à des interprétations qui laissent une certaine latitude à la vérité, mais restent dans le domaine de l’acceptable, d’autres sont des mensonges aussi gros que l’Australie qui pourtant passent comme des lettres à la poste, même si ce n’est pas Besancenot qui les balance. Ceci veut dire que, quand un leader charismatique (ils le sont tous) profère une contre-vérité (chère à feu Marchais), le petit soldat politologue et journaliste réputé et bien payé qui devrait avoir en mémoire, sinon dans sa documentation pré-soirée électorale ou pré-interview, comme tout journaliste qui fait simplement son métier, la réalité des choses, et devrait le contrer avec autorité et permettre aux foules assemblées et téléspectatrices de connaître la vraie vérité. Cela fut de nombreuses fois le cas. D’abord lors des résultats des présidentielles, péremptoirement l’équipe du nouvel élu a insisté plusieurs fois considérant cet événement comme historique car selon eux : il n’y avait jamais eu autant de votants (faux pour au moins trois autres élections) et le roitelet électif avait eu un score des meilleurs (encore faux même en éliminant le cas Chirac cuvée 2002). Aucun journaliste qui pourtant auraient dû avoir dans ses petits cahiers noirs la participation et les scores des précédentes élections n’est intervenu pour contredire ces légendes. Cela a continué de nombreuses fois. Par exemple comme le relève Mairiane2.fr, Devedjian clame fièrement qu’en 2001 aucun ministre de l’équipe de Jospin n’avait été élu. C’est un mensonge à faire pâlir Pinocchio pendant sa période Cirque. 18 sur 22 ministres candidats ont été élus. Ici c’est la paresse et l’incompétence qui parlent. Cela a des conséquences dans l’opinion. Bien évidemment. Ce fut la même chose pour le fameux rééquilibrage de ces municipales. Tout journaliste consciencieux aurait dû faire le bilan des villes gagnées et perdues par la gauche en 2001 et faire de même en 2008 pour une comparaison juste. Cela faisait quand même quelques semaines qu’ils étaient au courant qu’il allait y avoir des élections municipales et qu’il fallait pour cela connaître quelques chiffres basiques. Or le mot de rééquilibrage a été sur toutes les bouches et sous toutes le plumes médiatiques sauf que la balance (non des paiements qui en France est tragiquement dans le rouge) des villes perdues et gagnées était inférieure en perte à une vingtaine pour la gauche en 2001 et de plus d’une trentaine gagnées en 2008. La différence n’est pas mince et il n’y a aucun "rééquilibrage". Première paresse, la paresse a priori. Le journaliste attend tous des autres et se contente de répéter bêtise sur bêtise et prend facilement pour argent comptant ce qui tombe des bouches d’or politiques tout en sachant pertinemment d’expérience que c’est plutôt des mensonges qui en sortent que la vérité qui reste bloquée au font du puits.
La seconde grande paresse est a posteriori. La presse est devenue, à part de rares exceptions, des commentateurs sans analyses comparatives mais plutôt des opinions personnelles mais assez communément admises sans contradiction et sans le doute nécessaire des scientifiques, et sans travail d’investigation ; elle reprend les dépêches et s’empresse de les diffuser. Ce second point a eu un petit pic très récemment et mérite un prix dans la désinformation. En effet le Figosky fait un titre fracassant pour sauver le soldat Sarkozy. Le bon établissement de sondage, réputé pour son impartialité et sa proximité avec le pouvoir (poser au bon moment les bonnes questions pour avoir les bonnes réponses dont on analyse de bonne façon les résultats pour dire tout le bien et le bon que les Français pensent finalement de notre bon président) faisant courageusement son métier réalise les 26 et 27 mars derniers (notez les dates) une enquête d’opinion afin de savoir si l’image du Ponte de la Démocratie avait évolué en bien. Bingo ! 58 % des Français estimaient que notre bien-aimé Guide s’était rangé des voitures, et faisait maintenant dans le bon goût (évitant de lorgner dans le décolleté de la reine Elisabeth). Dans le texte de cet éminent article il est également indiqué que ce sondage est effectué la veille du déplacement princier en pays royal. Ce qui est évidemment faux. Cette contre-vérité a pour objet de faire croire que faire un sondage alors que les télévisions ont les caméras braquées sur ce voyage (25 mn quand même sur France 2 à 13 heures, aucune autre information ne dépassait en intérêt un rang d’oignons de quatre péquins - fussent-ils reine, président et consorts - regardant défiler des cavaliers et des calèches), que les radios dégoulinent de commentaires béats, enfin que nous sommes inondés par une information qui dépassait en intensité le déclenchement de la guerre en Irak juste pour dire que les outre-channel(s) sont devenus nos frères de sang, une information, malgré tout qui a son importance (mot répété 2880 fois par les présentateurs pour nous convaincre de ce dont ils n’étaient pas eux-mêmes convaincus) et que tout ceci ne peut bien évidemment n’avoir aucune incidence sur la réponse à une question où l’émotif joue à quelque 99%. Ainsi dans le texte ce journaliste commet un petit péché de désinformation qui l’air de rien a la force d’un virus ébola. Mais le titre ? ah le titre ! du grand art ! Le journaliste se défend d’en être l’auteur. Ce serait donc la rédaction qui, dans un élan, ma foi, par trop précipité pour faire plaisir au Chef, aurait fait trompette. Sonnez le cor de la gloire, le Divin Enfant est ressuscité. Rendez-vous compte, à moins de 40% dans les sondages (plus près des 30) le directeur général adjoint de l’UMP recueillait 58% de contentement chez les Français, le papillon avait brisé sa chrysalide de sale petit garnement gâté et devenait d’un coup de baguette magique transformant sa citrouille de marque en un carrosse d’élégance et de discrétion. Cela valait la peine de la part du Figosky d’un titre en majuscule et gars, haut de quelques bons centimètres. Las c’est tout du faux. En effet seulement 49% de nos compatriotes (chers compatriotes comme on disait au RPR) trouvent une modification et seulement 58% de ces 49% trouvent que c’est en bien. Cela donne un catastrophique 28% (petit calcul réussi par ma nièce de 9 ans : 58% de 49% = 28,4%) qui trouvent que Bling-Bling a changé en bien. On est loin, très loin des 58%. Cela est même plutôt un très mauvais sondage car 71,6% pensent soit qu’il n’a pas changé (or ce n’était pas une bonne opinion) soit que ce n’est pas en bien (42% des 49%). Il n’y a pas de quoi se réjouir. Ce titre faux et propagandiste a certes été changé sur le site internet par deux fois, mais non dans le journal papier, car trop tard. Juste un petit texte à peine visible le lendemain et alambiqué fait une rectification. Cependant il faut dire que les modifications sur le site web du Figosky continue à déformer la vérité. Car on fait d’un état neutre, un constat que près de la moitié des Français pensent que le président a changé, un exploit alors que ces 28% sont plutôt un bel échec. Et si je suis pleinement d’accord qu’un changement ne peut se voir en une semaine, et que pour cela il faut du temps pour confirmer ce jugement, ce n’est pas moi qui ai fait le sondage dans le seul but de faire plaisir au chef des armées, et pour faire une bonne petite propagande bien de chez nous. Vous pourrez tout lire ici et là : rendons à César ce qui est à César et à Manu ce qui est à Manu et à Birenbaum ce qui est à Birenbaum. Beau bidouillage. Sans doute un court-circuit cérébral. Voir ce que l’on a envie de voir. La paresse et le manque d’esprit critique se trouvent un peu dans ce titre, mais surtout (car vous pensiez que je m’éloignais de mon sujet) se prolongent dans la dépêche qui a été faite de ce titre du Figosky (fainéantise du journaliste qui a repris le titre sans vérifier le contenu du sondage) et fainéantise des journaux qui ont repris la dépêche sans eux non plus vérifier le sondage. Ce que moi je prends la peine de lire surtout quand il y a celui-ci en format pdf attaché à l’article. Le premier amendement du journaliste est de croiser l’information. L’agence de presse ne l’a pas fait alors que tout le monde qui sait lire sait que le Figaro est tout sauf un journal factuel et que tout péquin un peu consciencieux et même confiant aurait lu ce sondage et fait le rapprochement avec le titre. Cette paresse a eu deux conséquences : la première est la diffusion d’une information erronée à forte connotation politique, information qui bien évidemment portera bien plus que le démenti qui, lorsque vous l’utiliserez dans vos conversations avec les UMPistes, auront beau jeu (en toute bonne ou mauvaise foi) de vous dire que vous critiquez tout et que vous contestez même l’incontestable car vous êtes un gros jaloux, un aigri. Ceci a donc des répercussions dans le débat démocratique. Cette paresse a eu une seconde conséquence, c’est qu’en ayant regardé le sondage avec un peu de jugeote et ayant révélé la démesure du titre, le journaliste d’agence aurait dû, ce qui était une information aussi importante que la première, parler de l’énorme erreur propagandiste de ce titre, et de là démontrer que ce sondage en fait était plutôt mauvais. Or qu’y a-t-il dans la presse ? Un phénomène très intéressant. Ces bons journalistes se réfèrent au Post. Ils n’y ont vu que du feu. Par exemple Libération à 17 h 25 qui indique clairement sa source (le Post), L’Express de l’ami coupe-poil, imbuvable d’orgueil et ami de Carla, à 15 h 56, comme rue89 à 19 h 19 n’indiquent pas leurs sources (le Post était le premier très tôt le vendredi matin). Quant au Monde, une recherche par son moteur interne ne donne rien. Il s’agit pourtant non seulement d’une erreur de titre mais d’une propagande, volontaire ou non, mais surtout d’une persistance par un titre nouveau qui est aussi faux que le premier non de façon littérale, mais pour des raisons sémantiques. On valorise un constat qui pourtant n’est pas en soi valorisant et pourtant ce constat analysé est parfaitement négatif en l’alliant à la positivité recherchée dans ce changement.
Je voudrais terminer cet article par une réflexion d’ordre général et une réponse à un certain JR de Marianne2.fr pour une prose qui mérite que l’on s’y arrête. Elle entre dans le cadre de cet article. Il paraît facile de critiquer les journalistes, facile aussi d’être contre, comme cela on s’attire la sympathie du groupe explosif des "contre-tout" ou de l’éparpillé groupe des "tous-pourris". A ceux-là je dirais tout simplement que nous sommes, en tant que lecteurs, les libres juges de ce que nous lisons et les libres critiques des faiblesses de ceux qui récoltent gloire et fortune par l’utilisation d’une plume qui glisse très facilement sans avoir à regarder de trop près les obligations de leur profession : vérification, non-connivence et quand cela est possible un peu de courage. La réponse facile de ces professionnels seraient de nous dire qui êtes vous, apprentis commentateurs du dimanche, pour nous juger ? Nous sommes les consommateurs de vos articles et il ne s’agit là que de consommation intellectuelle et donc d’un rapport à la vérité et à la non-manipulation. Dans ce rapport nous sommes de droit vos critiques car de par votre statut vous conférez à vos dires et écrits une vérité imposée et parfois une force qui modifie les choix que nous ferons. Ce pouvoir qui est réel, et même s’il est à la marge, suffit pour faire basculer par exemple une élection ou créer un candidat, ou empêcher une voie d’exister. Maintenant venons à cet article de JR, fameuses initiales. Ce journaliste fustige Agoravox pour un article soi-disant promotionnel pour le groupe de Lagardère. Qu’il le fût ou non n’est pas ma réponse. A ce propos, il ajoute à son article, sans doute pour lui donner du corps, deux liens de soi-disant promotion pour deux événements, l’un pour Dorothée et l’autre pour Claire Chazal. Il aurait mieux fait de s’abstenir car au lieu de conforter son analyse cela va à son contraire. Deux raisons à cela. La première est simple. Si cela est de la promotion, toute critique de livre, de film, de pièce de théâtre, d’exposition est également une promotion. La différence tiendrait-elle uniquement parce que le support est "autorisé" à être considéré du côté des médias ? La qualité et la différence tiendraient-elles à ce qu’alors leur auteur détient une carte de presse ? La seconde raison est qu’il prend les lecteurs pour des abrutis finis et dans ces deux exemples cités par ce "journaliste" il aurait dû être moins fainéant et plus circonspect. Cela lui aurait permis de voir que les votes négatifs dépassent largement les votes positifs. Ce sont a priori des votes d’intérêt. Ceci en clair veut dire que ces deux articles n’ont pas été considérés en majorité comme intéressants. Cela démontre de façon flagrante qu’il a choisi des articles d’Agoravox en dépit du bon sens. De même que le petit nombre de ces exemples sur les centaines et les centaines d’articles s’oppose au discours de son article par la quantité. Par ailleurs il se gausse des articles de commentaires, lui même sans doute se prenant pour un grand investigateur, alors qu’il n’apporte qu’une opinion, la sienne, par des rapprochements qui tiennent plus du raisonnement que de l’enquête, et ne nous présente aucune preuve pour une investigation bâclée à la limite du ridicule. Le donneur de leçon fait un travail qui ferait honte à certains qui écrivent sur ce site tellement c’est du négligé et du petit pied. L’auteur semble moins défendre une bonne cause que la corporation des journalistes qui sentent leur pouvoir leur échapper. Il leur échappe car la toile de tous les dangers (et pourtant la propagande du titre du Figaro n’est pas due à la toile qui au contraire l’a en partie contrée mais bien à des journalistes et un organisme de presse authentifié et respecté) est aussi celle qui reste une mémoire grâce à des vidéos qui montrent par exemple Sarkozy loucher dans le décolleté d’un mannequin ce qui est absolument confondant de médiocrité, d’incapacité de se contrôler et de goujaterie, ce que les télévisions officielles ne montreront jamais, celle qui permet de faire éclore l’affaire du "pauv’con" ce que les journalistes classiques n’auraient pas fait ou n’auraient pas publié pour la plus grande part d’entre eux, et qui permet de révéler l’affaire du Figaro qui n’intéresse pas le Monde par exemple. Ensuite ceux qui écrivent dans de tels sites n’ont pas de rémunération pour ce qu’ils font, à la différence des journalistes, et si leur amateurisme est un possible danger, dans le cadre de témoignages et de points de vue différents, il est fortement enrichissant. Ensuite, je ne vois pas en quoi la carte de journaliste conférerait plus de valeur aux opinions des rédacteurs comme Cohen ou Doménach qui en fait ne font que des analyses et que des articles d’opinion sans aucune investigation et assez souvent à partir des mêmes informations que peuvent avoir tous ces amateurs critiqués par JR. Par exemple un discours de Sarkozy accessible à tous grâce à l’amical dévouement du site de l’Elysée qui ne donnera pas plus d’informations intrinsèques à tout journaliste aussi réputé et malin fût-il qu’à un pauvre scribouillard d’Agoravox. Et je crois que certains des rédacteurs de ce site par leur expérience professionnelle et leur compétence, par, pour certains, un esprit vif et brillant, par une culture parfois nettement plus vaste que les journalistes spécialisés, toujours à suivre les nouvelles sans aucun temps de recul ni de réflexion, soumis à des pressions existantes ou supposées, soumis à des censures visible ou auto-imposées, n’ont rien à envier aux officiels de l’art. On attend toujours, par exemple, alors que le PDG de Smoby est en prison, alors que Kerviel est allé jouer au Monopoly à la Santé pour s’en refaire une, que la presse pose et repose sans cesse la question à madame Dior pour savoir pourquoi Denis Gauthier Sauvagnac n’est toujours pas sous contrôle judiciaire pour le moins ni, peut-être, en prison ? Pourquoi cette justice a-t-elle laissé fonctionner les broyeuses de l’UIMM ? Pourquoi cette presse ne mène-t-elle pas les investigations pour savoir où sont passés les 19 millions de la caisse grise de ce syndicat ? Pourquoi cette presse en revanche dévoile une information de l’ancien dirigeant de la DST qui indique qu’en 1974 (1974 ! il y a 34 ans) des fonds auraient servi à la campagne de Giscard, qui, même si c’est vrai, montre d’évidence que c’est un gigantesque brouillard à visée de camouflage de l’essentiel. Que nous importe 1974 (même si cela a un intérêt historique, judiciairement c’est barré depuis très très longtemps) ? Pourquoi cette presse, se faisant l’écho de cet écran de fumée, n’en profite-t-elle pas pour justement déclarer que c’est un écran de fumée et pour poser les questions sur les 19 millions évaporés ? Pourquoi cette presse ne pose-t-elle pas la question encore et encore à Sarkozy de savoir pourquoi il a demandé de ne pas agir à ses services alors qu’il était au ministère de l’Intérieur et que le groupe Tracfin avait révélé des mouvements suspects de fonds ? Pourquoi la presse, le lendemain de l’attaque de Joffrin, ne démontre-t-elle pas dans tous les journaux que Sarkozy, accusant ce dernier de dire une grosse bêtise et faisant le donneur de leçons devant 600 journalistes et toutes les télévisions, qu’il dit une ânerie digne des Lettres de mon moulin ? On attend toujours que ces journalistes demandent à Dati et à Sarkozy pourquoi la justice classe si vite le dossier de Suez, et nous informe des rôles des amis belges et canadiens du Fouquet’s dans cette affaire de mystérieuse fusion. Tiens que Sherlock JR s’y colle. Heureusement qu’il y a internet. Oui heureusement.
Ma conclusion est simple : les journalistes ont une responsabilité historique et déplorable quant au maniement de l’information en France. Un maniement qui nous a amené Sarkozy au pouvoir. Comme par exemple elle fait semblant de découvrir que Sarkozy est un voyou à cause d’un "pauv’con" qu’elle n’a pu éluder. Mais pourtant il me semble que Begag sur les plateaux télévisés et dans son livre avait pourtant clairement signifié et répété inlassablement que Sarkozy l’avait traité de "connard". Eux, les journalistes, tombent des nues. On croit rêver. Cette presse a aussi sa bien-pensance et se coule dans le moule de pensées uniques successives. Panurge n’est pas mort. Le doute et la vérification des informations ne l’habitent pas. En vérité, même si la presse n’est pas une et indivisible, le contre-poids d’une partie de celle-ci est un épiphénomène. Le vrai contre-pouvoir est dans internet avec surtout, surtout, sa mémoire des faits qui permet de contredire les mensonges par des images qui mentent moins parfois que les mots, même si une image peut, elle aussi, être manipulée. Cependant une déclaration publique d’un homme public enregistrée dans son intégralité et facile d’accès sera toujours plus exploitable que des extraits choisis par des journalistes et ensuite ayant servi après avoir été imprimés à envelopper les épluchures de pommes de terre ou à allumer le feu.
Allez vive la France ! Vive la République ! Aux armes citoyens !

