mercredi 2 mai 2007 - par masuyer

Quand les bretons étaient étrangers en France

En ces temps où l’identité nationale le dispute à l’intégration ou à la politique de l’immigration, il m’a semblé intéressant d’évoquer les préjugés que nos élites ont nourris envers les bretons et plus particulièrement les bas-breton.

En effet, notre nation France, en terme d’entité territoriale dans sa forme parfaite d’hexagone protégés par ses frontières naturelles que sont la Méditerranée et les Pyrénées au Sud, les Alpes, le Jura et le Rhin à l’Est, Les Ardennes au Nord, La Manche et l’Océan Atlantique à l’Ouest, n’est qu’une construction de l’histoire qui s’est fait et défait aux cours des siècles. Beaucoup de régions qui constitue la France telle que nous la visualisons aujourd’hui ont été rattachées relativement récemment à la France. La Bretagne qui devint "une province réputée étrangère" en 1532, et ne deviendra pleinement française qu’en 1790. La Franche-Comté en 1678. La Corse en 1789. La Savoie en 1860. L’Alsace a navigué entre France et Allemagne. On peut multiplier les exemples. Essayer donc de gommer ses régions de la carte de France et vous la trouverez certainement amputée, c’est dire à quel point notre vision de la France en tant qu’espace géographique est formaté par la représentation symbolique que sont les cartes (de même que les mappemondes nous projettent une image faussée du monde en mettant l’Europe au centre, essayez donc de trouver une mappemonde japonaise vous serez fort surpris). Cette vision exclue de fait les territoires extra-métropolitain, confettis d’un empire colonial défait, et même la Corse que son caractère insulaire empêche (n’est-ce pas Mme Royal) d’être tout à fait Française (sauf quand il faut se partager les postes de pouvoir).


La Bretagne est intéressante, car elle se partage en deux, la Haute-Bretagne (la moitié Est pour simplifié) qui est de langue romane (comme le français) et la Basse-Bretagne (la moitié Ouest) qui est de langue celtique (le breton). Or, l’identité nationale française s’est appuyée sur la langue. D’où une guerre incessante contre ce que les élites « éclairées » qualifiaient avec mépris de parlers locaux ou de patois (on verra plus loin que ce temps n’est pas terminé). Je citerai une phrase d’Antoine Rivarol, dans son Discours sur l’Universalité de la langue française en 1782 « Le français, par un privilège unique, est seul resté fidèle à l’ordre direct (...) la syntaxe française est incorruptible. C’est de là que résulte cette admirable clarté, base éternelle de notre langue. Ce qui n’est pas clair n’est pas français.  » J’ose espérer que personne ne soutiendrait pareil ineptie de nos jours, mais je n’en suis pas persuadé. La France est convaincue par l’Universalité de sa langue comme de ses valeurs, ce qui peut sembler un rien présomptueux. Son territoire (je ne parle pour l’instant que de ce que nous nommerons la « métropole ») est peuplé d’étrangers aux coutumes étranges et aux idiomes imprononçables, « Croyez-moi, Monsieur, le catalan qui me faisait tant enrager n’est qu’un jeu d’enfant auprès du bas breton. C’est une langue que celle-là. On peut la parler fort bien, je crois, avec un baillon dans la bouche , car il n’y a que les entrailles qui paraissent se contracter quand on cause en bas breton. Il y a surtout l’h et le c’h qui laissent loin derrière la jota espagnole. Les gens qui parlent cette belle langue sont bons diables, mais horriblement sales(...) On voit dans les villages les enfants et les cochons se roulant pêle-mêle sur le fumier, et la pâtée que mangent les premiers serait probablement refusée par les cochons du Canigou.  » (Prosper Mérimée, lettre à Jaubert de Passa, 1835) .


La Bretagne prend pleinement part à la révolution française, et pourtant des députés bretons se voient interpeller par Mirabeau "Etes-vous Bretons ? Les Français commandent !". La chouannerie, qui est plutôt vendéenne, et haute-bretonne, permet d’en rajouter sur le breton, « Le fédéralisme et la superstition parlent bas-breton » dira Barrère. On peut comprendre qu’en ces temps troublés le raisonnement soit un peu biaisé. Pourtant, la fin de la période révolutionnaire vit continuer le combat contre le breton.


Au XIXème siècle la Bretagne est toujours perçue comme une colonie, « La Bretagne est une colonie comme l’Alsace et les Basques, plus que la Guadeloupe  » dira Michelet en 1831, tandis qu’Auguste Romieu, le sous-préfet de Quimperlé dira à la même époque, « La Basse-Bretagne, je ne cesserai de le dire, est une contrée à part qui n’est plus la France. Exceptez-en les villes, le reste devrait être soumis à une sorte de régime colonial . Je n’avance rien d’exagéré  » (Auguste Romieu, sous-préfet à Quimperlé, 1831). Ce même Romieu préconisait d’ailleurs des méthodes originales, « Créons, pour l’amélioration de la race bretonne, quelques-unes de ces primes que nous réservons aux chevaux et faisons que le clergé nous seconde en n’accordant la première communion qu’aux seuls enfants parlant le français  » . On en reste bouche bée.

Il n’y a pas que la langue qui soit attaquée, « Les Bas-Bretons ont un langage dur et difficile à comprendre. Leurs habitudes, leurs coutumes, leur crédulité et leurs superstitions leur laissent à peine une place au dessus de l’homme sauvage . Le paysan y est d’une malpropreté dégoûtante. Son habitation peut presque se comparer à celle d’Hottentots(...) En général les paysans ont une mauvaise physionomie, stupide et brutale à la fois.  » (Malte Brun, 1831) . Ou encore, « Le petit Breton est abandonné à lui-même dès qu’il peut marcher. A peine vêtu, malpropre, il patauge toute la journée par les chemins, mange à l’écart un morceau de pain noir, joue peu, ne parle pas(...) S’il a huit ans d’âge physiquement, il en a trois à peine pour le développement intellectuel....  » (Poitrineau, inspecteur d’académie à Vannes, Instruction, 1897). D’autre joyeuseté du même ordre suivront, notamment au moment de la loi de séparation de l’Eglise et de l’Etat, qui vit des frictions dans une partie de la Bretagne (il existe aussi une Bretagne rouge, souvent ignorée).

1951 vit la promulgation de la loi Deixonne, première loi française visant à autoriser l’enseignement des langues régionales de France, de manière facultaive. Un député socialiste réagit, « Comment ! On veut nous apprendre le dialecte des cavernes !  » . Plus récemment, en 1969 paraissait cette annonce dans l’Agriculteur de l’Aisne, « Nous vous demandons de faire connaître, avant le 8 janvier au syndicat betteravier, vos besoins en main d’oeuvre. Préciser la catégorie : Bretons, Italiens, Espagnols, Portugais, Marocains,...  » . Pour la bonne bouche, « la France à besoin de fabriquer des informaticiens parlant anglais et on va fabriquer des bergers parlant breton ou occitan  » (Claude Allègre, avril ou mai 2001) .

On pourrait certainement faire le même recensement de petites phrases pour beaucoup de régions françaises, pour nos anciennes colonies, je citerai notamment De Gaulle, "Qu’est-ce que les Arabes ? Les Arabes sont un peuple qui, depuis les jours de Mahomet, n’ont jamais réussi à constituer un État... Avez-vous vu une digue construite par les Arabes ? Nulle part. Cela n’existe pas. Les Arabes disent qu’ils ont inventé l’algèbre et construit d’énormes mosquées. Mais ce fut entièrement l’œuvre des esclaves chrétiens qu’ils avaient capturés... Ce ne furent pas les Arabes eux-mêmes... Ils ne peuvent rien faire seuls. " Elles mettent en lumière un racisme latent (qui n’est pas spécifiquement français), qu’on a pu voir à l’oeuvre lors du vote de la loi « sur les aspects positifs de la colonisation » (forcément vu notre supériorité intellectuelle, culturelle et linguistique nous ne pouvons qu’éclairer des peuples demeuré dans les ténèbres).

L’Autre est présenté, inconsciemment peut-être, comme quelqu’un dont les habitudes, les moeurs sont étranges, anormales, voire monstrueuses. « On respecte ses règles (celles de la France), c’est-à-dire qu’on est pas polygame, on ne pratique pas l’excision sur ses filles, on n’égorge pas le mouton dans son appartement et on respecte les règles républicaines » disait Sarkozy. Pourquoi la presse, suite au meurtre et au viol de Sophie Gravaud, nous parle d’un suspect « nantais d’origine bosniaque », ou « bosniaque », ou « français d’origine bosniaque », ou encore « clandestin d’origine bosniaque » ? On lit couramment un « français d’origine maghrébine » quand la presse évoque un fait divers. L’origine, ethnique dirons-nous, aurait-elle une valeur explicative dans l’acte ? Surtout, cela conduit à un schéma mental chez l’auditeur, le lecteur ou le téléspectateur, le crime est étranger. Pour corriger le tir, il serait peut-être bon de parler de suspect d’origine française quand il s’appelle Jean-Pierre Durand. Ou alors, suis-je trop politiquement correct ?

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27 réactions


  • La Taverne des Poètes 2 mai 2007 11:11

    Bonne conclusion sur la fabrication du préjugé de l’origine ethnique des crimes. Il est anormal que la presse et encore plus certains hommes politiques créent ou renforcent des préjugés de ce type. Leur rôle devraient être plutôt de les combattre et d’éclairer le libre arbitre du citoyen.

    Etant moi-même bas-breton, je me souviens de ce que m’ont raconté mes parents et grands-parents, comment on les a méprisés et maltraités (Exemple, le panneau affiché dans les écoles « Il est interdit de parler breton et de cracher parterre »), y compris l’Etat français et ce malgré les services rendus par les Bretons à la nation française. Aujourd’hui, je pense que les discriminations envers les bretons ont disparu, en-dehors de quelques clichés entretenus pour le folklore et la palaisanterie : le breton têtu, alcoolique...C’est pour les autres minorités qu’il faut désormais s’inquiéter : les Français d’origine africaine par exemple.


  • maxim maxim 2 mai 2007 11:31

    est ce que maintenant,ce phenomene identitaire n’est pas lié à l’ouverture et l’extension de l’Europe où chacun au fond de soi essaierai de chercher ,protéger ,defendre,revendiquer son appartenance à une communauté dans laquelle il se sent securisé et reconnu ????

    une anecdote au sujet des Bretons ....

    etant gamin ,j’ai ete elevé dans un hameau qui s’appelait Mainville de la commune de Draveil à l’ époque en Seine et Oise ,decoupée aprés en plusieurs departements qui constituent la region parisienne ....

    ce hameau etait nommé la petite Bretagne tant effectivement il y avait de familles originaires de cette region ,les plus anciens parlaient en Breton entre eux ,et une vieille dame conservait sa coiffe traditionnelle et ne serait jamais sortie sans cet accessoire .....

    à la chapelle du village ,il y avait eu une messe en Breton ,et nous les gamins ,on avait jamais vu ni entendu de bombardes ni de binious ,on etait totalement depaysés ....

    c’etaient des gens assez austeres dans l’ensemble ,mais très chaleureux une fois la glace rompue ......

    maintenant que sont devenues toutes ce familles ???leurs enfants qui etaient de ma generation pour beaucoup, sont ils restés ????

    ont ils eu des gosses à leur tour ????

    toute une epoque en tout cas .....

    @ l’auteur ,votre article est interessant ........


  • LE CHAT LE CHAT 2 mai 2007 11:43

    Ils ont des chapeaux ronds , vivent les bretons smiley

    les chtimis sont solidaires des bretons face aux parisiens centralisateurs ! pour une europe des régions !il faut défendre et préserver nos traditions et nos langues régionales !


    • ZEN zen 2 mai 2007 13:26

      @ The Cat

      Bonjour, ch’Minou

      Bien reposé ? Tu as raison. Vive le FLAF !

      (Front de Libération d’Artois et des Flandres) smiley


    • LE CHAT LE CHAT 2 mai 2007 14:31

      @zen

      salut mon chtibuddah , lundi j’ai assuré la tradition chti en allant ramasser les moules pour me faire un bon moules frites arrosé d’une bonne pinte , pour moi un moules-frites , ça vaut tout les sarko-ségo du monde smiley


  • Internaute Internaute 2 mai 2007 11:44

    Vous confondez allègrement les peuples et les administrations. On a l’habitude de ce genre de discours qui essaye de nous prouver que puisqu’un cheval et un âne ont quattre pattes ils sont égaux et ont les mêmes droits. Malheureusement pour vous les ânes n’ont toujours pas droit de cité à Longchamp. Vous devriez écrire un article là-dessus car cette inégalité, ce refus de l’autre, doit vos empêcher de dormir je le sens.


    • masuyer masuyer 2 mai 2007 19:28

      excusez-moi, je n’ai pas bien compris où vous vouliez en venir. Pouvez-vous m’expliquer en quoi je confond peuples et administrations ? Merci d’avance


    • Céline Ertalif Céline Ertalif 2 mai 2007 22:27

      Mon pauvre Masuyer,

      Je vais t’expliquer, parce que le français est parfois plus difficile à décrypter que le bas-breton. Du plus redoutable de leurs enfants, tout imbibé de morgue sectaire, les Bretons en leur sagesse tinrent le rejeton, du bout des bras en tournant le nez, au plus loin et en firent un nationaliste... français ! Et Linternaute en est fan.

      Complément culturel : en breton, Pen c’est le bout l’extrémité. Finistère en breton, par exemple, se dit Pen ar bed, littéralement bout de la terre.


  • miaou miaou 2 mai 2007 12:02

    C’est un sort commun à toutes les régions ayant conservé un minimum d’identité. Ainsi, mon père, né après 2nde guerre, a comme beaucoup d’Alsaciens de cette époque, longtemps subi divers types d’avanies :

    * se faire traiter de « Boches » lors de colonies de vacances (en des temps pas si ancien, rappelons le bon mot d’Anémone : "l’Alsace, c’est un peu boche, non ?’)

    * en classe ou en cour de récréation, punitions (règles sur les doigts) en cas s’utilisation du dialecte alsacien

    * pendant très longtemps, humiliant « certificat de réintégration dans la nationalité française » à présenter pour chaque acte administratif (dans la mesure où ses parents étaient nés avant la fin dela 1ère guerre mondiale ; qui a marqué le retour de l’Alsace-Moselle au sein de la France)

    * ocultation de la difficile histoire des Alsaciens durant le 2ème guerre mondiale (notamment des Malgré-Nous)

    Il n’y a avait pas, à l’époque de SOS racisme et de MRAP pour se défendre. Je doute d’ailleurs que ces cas les auraient intéressés, puisque pour ce type d’organisation n’utilise l’anti-racisme que comme prétexte de promotion de l’immigrationnisme.

    Mais remuer le passé en pleurnichant n’est pas forcément sain et peut être instrumentalisé, notamment en créant une concurrence entre différentes mémoires, d’où exacerbation du communautarisme. Le stupide débat sur « les aspects positifs de la colonisation » n’a pu émerger qu’en réaction de l’instrumentalisation par certains de l’histoire du colonialisme, dans le but de créer une sorte de dette perpétuelle à l’égard des susnommés « Indigènes de la République » (dont l’intitulé est déjà un contre-sens absolu). Je conçois d’ailleurs, dans une certaine mesure, qu’on n’apprécie pas tous les aspects d’une culture (notamment la religion ou certaines coutumes) autre que la sienne, ce qu’il ne faut pas confondre avec le racisme (je rejoins en cela Lévi-Strauss)


    • maxim maxim 2 mai 2007 12:35

      Miaou,j’ai connu le meme probleme que vous ,etant d’origine de l’est ,et blond aux yeux verts ,au milieu d’une classe de petits Français bruns et chatains bon teint.... c’etait à la rentrée de 1947,j’avais 5 ans et mon nom a suscité des reactions de sale boche de bouffeur de choucroute et toutes les delicatesses qui vont avec ....

      idem en colonie de vacances ou au patronnage .....

      dans l’ecole en question nous etions trois à etre dans ce cas ...

      et puis petit à petit ça s’est estompé mais etant mome,ça m’a tout de meme marqué......


  • Huon Xavier Huon Xavier 2 mai 2007 12:35

    Merci pour cet article bien documenté. Je recherche désespérément toutes les planisphères du monde. Elles nous font cruellement défaut actuellement. Savez-vous où je pourrais m’en procurer ? Cordialement. xavier.huon@laposte.net


  • faxtronic faxtronic 2 mai 2007 12:44

    Moi je suis francais. Pas breton ni basque ni occitan. seulement francais, et je pense « mes ancetres le gaulois ». Neanmoins je suis francais depuis peu de generation, 2 ou 3. j’ai des ancetres de partout, de mediterrané, d’outre-rhin en autre. Je n’appartiends a aucune region, car les regions de terroirs dans lesquelles j’ai vecu nous ont systematiquement rejeté (pas d’ici celui la !). Moi ma peur, c’est vue que ceux qui sont de quelquepart ont tendance a rejeter ceux qui sont d’ailleurs, que je ne puisse pas, moi, faire partie de la bretagne, de l’alsace, si il me chante d’y venir, et que cette tendance soit amplifié si en plus chacun parle une langue differente.


    • masuyer masuyer 4 mai 2007 21:22

      Le nombre de génération, n’en déplaise à certains, ne fait rien à l’affaire. Vous êtes français parce que vous vous sentez appartenir au peuple français, « Quand il désigne une population entière, c’est la somme des individus qui forment à un moment donné une communauté historique partageant majoritairement un sentiment d’appartenance durable. Ce sentiment d’appartenance peut venir de l’une au moins de ces caractéristiques : un passé commun (réel ou supposé), un territoire commun, une langue commune, une religion commune. »(définition du mot peuple, cf wikipédia).

      Rassurez-vous, les ancêtres des français ne sont pas les gaulois, c’est un mythe, ce qui n’est pas péjoratif puisqu’il semble que les mythes soient un ciment pour les peuples(les gaulois avaient aussi les leurs et les bretons aussi)


  • Ar Brezonneg 2 mai 2007 13:41

    Il y a vingt années, j’étais dans une « grande » école parisienne.... Où lors d’une intervention en cours, envoyé au tableau , l’intervenant à mon « accent » me demanda : « vous venez d’où ? » ? « De Bretagne » , répondis-je ! Réponse : « Ou va-t-on si les Bretons font de l’informatique, maintenant ! », « Tant-pis on fera avec ça ! » « Et qu’est-ce qu’un Breton ça fait dans la vie ?, chômeur ? » Réponse : Je suis Officier de Marine pour le compte de ton roi ! Ca te pose problème ?....

    Ce fut le grand silence dans la salle...

    Et il a eu de la chance, car mon recteur nous avait inculqué le respect d’autrui....

    J’ai compris ce jour là ce qu’était le racisme....


  • Cris Wilkinson Cris Wilkinson 2 mai 2007 17:05

    Et c’est à se moment que l’on doit se mettre à pleurer ???

    En ce moment, il y a une mode de la victimisation, chacun cherche un élément dans son histoire pour être une victime, même à postériori : le petit, le gros, le grand, le noir, le juif, le musulman, le breton, l’auvergnat, le corse ...

    Cela commence à devenir fatigant à force.

    Concernant cet article, vous nous parlez des savoyards, ils sont devenus français après les bretons et d’eux ... on en entend jamais parler. Ils font chier personne, ils ne sont pas là à venir pleurer à la moindre occasion. Vous feriez bien d’en prendre de la graine amis bretons.


    • masuyer masuyer 2 mai 2007 18:40

      Bon, je m’explique un peu plus longuement sur ce texte. Il ne s’agit pas là de faire pleurer sur qui que ce soit, mais plutôt de faire réfléchir sur l’intégration et de révéler des similitudes dans certains préjugés qui sont tour à tour prêtés aux uns et aux autres en fonction de qui est l’étranger en France. Je ne réclame l’indépendance d’aucune région, j’invite seulement certains à relativiser. Etre français comme être de n’importe quelle nationalité n’est qu’un hasard. Vous ne choisissez pas où ni quand vous naissez. Développer par la suite un sentiment d’appartenance, et même, pourquoi pas, une fierté de cette appartenance ne me pose pas problème. Ce qui ma parait plus inquiétant, c’est de se persuader de la supériorité absolu de nos valeurs, de notre culture et pour la France de son universalité. Car là, commence l’arrogance, mince je suis d’accord avec Sarkozy smiley Pour relativiser cet accord avec le susnommé, je ne pense pas que le meilleur endroit pour souligner cette arrogance soit les Etats-Unis.


    • masuyer masuyer 2 mai 2007 20:27

      Pas tout à fait vrai puisqu’il existe un parti savoisien qui réclame l’autonomie. De plus, je n’ai ni sympathie ni antipathie envers les mouvements autonomistes, je fais juste le constat de l’intégration à la française qui réclame souvent plus la soumission que l’adhésion.


    • Céline Ertalif Céline Ertalif 2 mai 2007 23:01

      @ Masuyer

      Ton article est à, mes yeux, parfaitement sain sans qu’il soit nécessaire de le justifier davantage. Effectivement, les Bretons sont plutôt communautaristes qu’universalistes et perçoivent souvent dans l’universalisme davantage le centralisme dominateur qu’autre chose. Je ne cache pas que c’est exactement mon cas.

      Mais il s’agit nullement de crier misère. Il y a eu depuis quelques décennies un effort considérable des Bretons pour connaitre et faire connaitre l’histoire bretonne. Il y a énormément de livres de grande qualité, et que je ne peux que conseiller à tous d’en découvrir un bout. C’est très important parce que de nombreux bretons ont forgé un regard distant, un peu critique, tout simplement parce qu’il y a une connaissance historique différente de la seule version apprise à l’école par tous les français.

      Pour revenir au sens de l’article qui est de comparer le racisme à l’encontre des français de la périphérie au racisme plus contemporain à l’encontre des peuples de la périphérie européenne d’aujourd’hui, je voudrais dire mon interrogation sur les sources de la force de l’anti-racisme des bretons.

      Outre la symbolique du seul député noir de la métropole élu à Chateaulin, il n’y a sans doute pas une seule raison à cette attitude. Héritage catholique, oui. Faible présence des étrangers sur le sol breton ? encore une vérité. Souvenir du mépris subi par les émigrés bretons ? oui. Mais, j’ai tendance à penser que la connaissance des bretons de leur propre histoire tient sans doute un rôle important parce qu’il relaie les souvenirs familiaux. D’ailleurs la Taverne des Poètes a commencé par un exemple typique du relais qui existe en Bretagne entre une connaissance historique régionale et les histoires de famille. Cela va faire mal à certains, mais l’anti-racisme breton a des sources très... communautaristes !


  • Rdlm 2 mai 2007 20:15

    A noter aussi l’épisaude du Camp de Conlie durant la guerre de 1870, épisode peu glorieu de la France envers « une colonie » même si cette colonie est la Bretagne française...


  • Scrutinizer 14 mai 2007 16:57

    Un parti breton sur le modèle du parti national écossais taillant une croûpière au New Labour serait-il concevable ?mais il est vrai que les vélleités d’indépendance de l’Ecosse ont une forte odeur de pétrole en mer du Nord et de paradis fiscal.


    • masuyer masuyer 14 mai 2007 19:45

      Scrutinisez,

      Je ne pense pas qu’un parti breton sur le modèle du SNP soit concevable (pour l’instant du moins). Les Bretons se sentent pour l’immense majorité pleinement français, et aussi pleinement breton. Vous n’avez pas tort d’évoquer le pétrole dans le développement du SNP. La puissance énergétique du Québec explique aussi une partie de la montée du Parti Québecois.

      Je ne suis pas particulièrement symphatisant des causes indépendantistes, mais je tiens à vous rappelez qu’en 1992, la France a fait de langue française la langue de la République par voie constitutionnelle. Je vous laisse imaginer la réaction des Français et des Québécois s’il venait à l’idée du Canada d’inscrire dans sa constitution que la langue du Canada est l’anglais.

      Je vous renvoie aussi aux réactions françaises lors de la politique d’arabisation lancée par Bouteflika en Algéire. Nos élus, nos médias et nos intellectuels se sont dans leur majorité indignés du fait que le français soit écarté en Algérie. Bien peu on pensé aux Kabyles, c’est très révélateur d’une certaine idée de la France.


    • Ridenow 29 août 2007 01:11

      Il existe l’équivalent du SNP en Bretagne, c’est le tout récent Parti Breton : http://www.partibreton.org Il n’a pas encore réellement eu l’occasion aux partis français... à voir !


  • Vincep 17 juillet 2018 12:11
    Le droit, toujours le droit ...
    La france a annexé la Bretagne, ce qui fait qu’elle occupe cette nation toujours illégalement.
    Aucun traité n’est venu contrecarré le traité d’Anne de Bretagne qui stipulait que jamais la france et la Bretagne ne pourrait être réuni, ce traité est toujours valide à ce jour car jamais renégocié.
    Le force ne fait pas droit.
    N’ayant pas le syndrome de Stockholm, je refuse cette nationalité imposée de force, je refuse cet état français chez nous.


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