vendredi 31 juillet - par heber

Remettre le système capitaliste ultra-libéral au service de l’ensemble de l’humanité

Le système capitaliste ultra-libéral atteint ses limites. Il devient urgent de rechercher un système mieux adapté aux besoins de notre espèce pour éviter la catastrophe sociale, économique et environnementale qui se profile à l'horizon. Il est hors de question de détruire, de façon irresponsable, le système actuel et de précipiter le monde dans l'anarchie. Ce qu'il faut, c'est conserver les points positifs de ce système mais le remettre au service de l'ensemble de l'humanité, en le dotant d'une orientation sociale et solidaire. Les idées, critiques et suggestions de tous sont bienvenues.

Depuis l'effondrement des doctrines communistes et l'échec des modèles d'économie collectiviste à la fin du siècle dernier, l'économie mondiale est dominée sans partage par le dogme libéral et est intégralement soumise aux règles du modèle et du système capitaliste financier international.

Au coeur de ce système règne l'idée que le marché et le privé sont parfaits tandis que les pouvoirs et l'intervention de l'Etat, inefficaces et coûteux, doivent être restreints au maximum et perturber le moins possible le fonctionnement naturellement harmonieux de l'économie ultra-libérale.

Il est vrai qu'en comparaison avec les systèmes rigides et bureaucratiques mis en place par les régimes marxistes et aux résultats affligeants qu'ils ont générés là où ils ont été appliqués (de l'URSS à Cuba et au Vénézuela ou de la Corée du Nord aux pays de l'Europe de l'Est), le système ultra-libéral et capitaliste financier international a obtenu des résultats incontestables en créant sans cesse de nouvelles richesses et en poussant la croissance à des niveaux inégalés.

Il fallait pourtant être bien naïf et aveugle pour croire que ce système ne connaîtrait aucune limite et, que '''ad vitam aeternam''', il continuerait à produire et diffuser sans fin, croissance, progrès et prospérité pour le plus grand bien de l'ensemble de l'humanité tel un Dieu bienfaisant, soucieux du bien-être de tous.
C'était oublier que tout système, poussé à l'extrême, de façon dogmatique et anarchique, finit par produire des aberrations et à se transformer, victime de ses propres excès, en une mécanique oppressante, dictatoriale qui, peu à peu, se retourne contre ses propres créateurs, les asservit et les réduit à la condition d'esclaves, dépouillés de tout pouvoir et contrôle réel sur le monstre qu'ils ont enfanté.
C'était oublier que ce système, basé sur la loi de la jungle, sur la compétition et la loi du plus fort, produirait les mêmes résultats que la Nature, où les puissants instaurent leur règne sans partage, où les faibles succombent et doivent se soumettre aux dominants, où morale et compassion n'existent pas, où s'adapter pour vivre et survivre, procréer et assurer la supériorité de sa descendance et de ses gènes, constituent les objectifs uniques et ultimes de l'existence.

Ainsi, poussé au maximum de sa puissance et de sa liberté anarchique, le système capitaliste a engendré, au fur et à mesure que ses fidèles adorateurs enlevaient un à un tout frein et toute barrière à son expansion de manière précipitée, un monstre économique dévorant tout sur son passage, sans limites ni retenue.

Et le monde s'est réveillé, en ce début de XXIème siècle, effrayé et angoissé par les dérives et les excès du Dieu qu'il avait aveuglement porté aux nues et adoré.

 Le Marché, dérégulé, sans foi ni loi, dématérialisé et désincarné, autogénéré et autogouverné, incontrôlable et incontrôlé, sans contours ni frontières, ogre multiforme à l'appétit effréné, dévore les hommes, les ressources et les profits, pour croître et croître encore, sans fin, sans morale, sans limites.

Nous pensions exporter, répandre notre richesse et assurer ainsi le développement et la prospérité de l'humanité entière mais nous n'avons fait qu'importer la pauvreté du reste du monde chez nous, que renforcer l'exploitation des faibles, des enfants, des pauvres, des malades par des entités internationales guidées par le seul moteur du profit et la recherche de l'accumulation de capital, de la rentabilité, au service exclusif d'actionnaires avides de dividendes, sans aucun esprit de solidarité ni d'éthique sociale, créatures froides et insaisissables dont le cerveau partagé se cache au coeur de tours d'acier et d'ordinateurs réfrigérés.

Quelques centaines de firmes et quelques milliers de milliardaires dont la patrie s'appelle profit et la religion dividendes, plus puissants que bien des états, décident quotidiennement, d'un trait de plume, du sort de milliers d'êtres, traités comme des pions d'argile sur l'échiquier de stratégies internationales obéissant à la seule logique du pouvoir, de la croissance et de la domination.



Dans ce monde glacé, soumis à la loi de la compétitivité et de la flexibilité, bonheur, morale, entraide, amitié et solidarité entre les hommes n'ont point de place.
Servis par une armée de thuriféraires, de nervis et de courtisans prêts à tout pour goûter à l'ivresse et aux plaisirs du pouvoir, du sexe et de l'argent, isolés dans leurs villas, palais, ilôts et yachts, dispersés aux quatre coins de la planète, évoluant dans un cercle de privilégiés où tout s'achète et se corrompt et où états et dirigeants politiques se plient à leurs quatre volontés et se disputent leur soutien et leur amitié, les grands capitalistes et capitaines d'industries, véritables seigneurs de l'univers gouvernent l'économie et la marche du monde avec cynisme et réalisme, soucieux de perpétuer le pouvoir des leurs, de leurs entreprises, de leur milieu.

Au lieu de favoriser le progrès social, de promouvoir des normes respectueuses des droits des travailleurs, des femmes et des enfants, de mettre fin à l'exploitation de l'homme par l'homme, d'améliorer la rémunération du travail et le bien-être des populations, de partager la culture et la connaissance, et d'une manière générale de tendre vers le progrès et la prospérité, nous n'avons fait ainsi que perpétuer et accroître encore les inégalités, renforcer les riches et affaiblir les pauvres.

Nous avons sacrifié nos idéaux et renoncé à la générosité, à la solidarité et au partage, sur l'autel de la compétitivité et de la consommation.
Ainsi va le monde à l'aube du XXIème siècle, les valeurs fondamentales de l'Homme et de la Société sont désormais subordonnées aux appétits d'une minorité d'êtres et de sociétés anonymes, mus par des aspirations matérielles et prosaïques, le pouvoir, la puissance et l'argent.

Ce système, profondémment injuste, générateur de malheur, d'inégalités et de pauvreté, nivelant vers le bas les revenus et la prospérité de tous afin d'accroître les gains et le pouvoir de quelques-uns, est-il vraiment inéluctable et, sous prétexte qu'il règne sur l'humanité depuis près de deux siècles, sommes-nous condamnés à le subir tel quel pour l'éternité ?


Il me semble qu'il est temps de rendre aux Etats et à la puissance publique, le statut et le rôle qui leur reviennent de garants de l'intérêt commun.
Il est temps de rétablir la hiérarchie normale des pouvoirs et de réinstaurer les valeurs fondamentales de la société solidaire au premier rang des valeurs prioritaires de l'humanité.

 Il est temps de réaffirmer que le marché, l'économie libérale et le profit ne sont que des instruments, des moyens qui doivent rester subordonnés à la prospérité et au bonheur des hommes et non constituer une fin en soi.
Il est temps de soumettre les firmes et le capitalisme international apatrides à une régulation adéquate au niveau de chaque nation, de chaque région, de chaque continent et du monde entier.
Il est temps de replacer le système économique mondial au service de tous et de le soustraire aux diktats d'une caste égoïste et prédatrice.
Il n'est évidemment pas question de se conduire de manière irresponsable en détruisant le système libéral et capitaliste et d'instaurer l'anarchie mais de recadrer ce système, de l'orienter et de le soumettre aux vraies valeurs de l'humanité afin de l'obliger à servir l'Homme au lieu de le dominer.


Pour atteindre ce résultat, je crois qu'il convient d'abord de :

-1) réviser les accords internationaux souscrits dans le cadre de l'Organisation Mondiale du Commerce afin de conditionner la libre circulation des marchandises au respect de standards sociaux minimaux portant sur la durée et les conditions de travail, les congés obligatoires, la couverture des risques d'accident et des problèmes de santé, la couverture en cas de chômage, le niveau relatif des salaires par rapport au pouvoir d''achat, les standards sanitaires et environnementaux etc... Il faut instituer des standards minimaux qui doivent être respectés par tous et dans le monde entier pour permettre les échanges et l'ouverture des marchés et taxer les produits de ceux qui ne veulent ou peuvent pas les observer pour établir des conditions concurrentielles équitables.

-2) négocier la fixation de parités monétaires correctes et de taux d'imposition minimaux avec nos différents partenaires pour éviter le dumping monétaire et fiscal.

-3) adopter des accords interdisant la surenchère aux subventions, exonérations et avantages divers dans le but d'attirer les entreprises et de les pousser à se délocaliser en fonction de ces éléments.

-4) adopter internationalement des normes comptables obligatoires pour les entreprises multinationales et des règles communes applicables à la déclaration et la consolidation des bénéfices.

-5) adopter des standards obligatoires au niveau de la répartition des bénéfices, selon lesquels 50% minimum des bénéfices nets doivent obligatoirement être réinvestis dans l'entreprise dans le pays où ils ont été générés et/ou être distribués sous forme de primes ou d'actions aux employés.

-6) interdire toute distribution de bénéfices et de dividendes pendant 5 exercices successifs à tout groupe qui ferme un site, une usine ou un établissement provoquant une perte d'emplois dans un des états où ils sont installés.

-7) interdire toute transaction boursière ou financière à découvert.

-8) rétablir une séparation stricte entre les banques de dépôts spécialisées dans les crédits aux particuliers et aux petites et moyennes entreprises, et les banques d'affaires spécialisées dans le financement des grandes entreprises et des gros investissements, et dans les transactions boursières et opérations financières sur les différents marchés mondiaux.

-9) installer des autorités internationales chargées de surveiller le respect de l'ensemble de ces dispositions dans les différents secteurs économiques et d'infliger des pénalités et sanctions aux contrevenants et d'évaluer les risques présentés par les différents opérateurs (entreprises, banques, assurances, états, etc...). Il est essentiel d'adopter tout ou partie de ces mesures à l'échelle européenne et, en tout cas, là où c'est possible, au niveau national afin d'entamer l'oeuvre de redressement économique.

 

En tout état de cause, il faut solliciter l'esprit civique de nos concitoyens et leur moralité pour qu'ils sanctionnent par des mouvements de boycott les produits des états, des entreprises, des banques et autres entités qui ne respectent pas les standards minimaux sociaux, qui pratiquent une délocalisation permanente à la recherche de marges et de profits maximaux, ne respectent pas les droits des travailleurs et saccagent l'environnement.

La société doit accompagner ces mouvements civiques, les autoriser et les encourager en mettant à la disposition du grand public et des associations de consommateurs, en toute transparence et à travers la diffusion la plus large, toutes les informations disponibles sur les filières, processus et procédés de fabrication, de commercialisation et d'importation des opérateurs, fabricants et commerçants sur les différents marchés et produits.
Les informations financières et les statistiques sur les bilans, marges, chiffres d'affaires, bénéfices, impôts, dividendes versés, investissements effectués, salaires et rémunérations acquittées, etc ... doivent être librement accessibles à tous dans des formes compatibles avec le respect des données personnelles des personnes privées.

Ces dispositions me paraissent être les plus urgentes pour rétablir l'équilibre, aujourd'hui rompu, entre le l'ultra-libéralisme et l'intérêt supérieur de la Société, en plaçant à nouveau le marché et le capitalisme là où ils doivent normalement se trouver, c'est-à-dire, sous le contrôle des états et au service des citoyens. D'autres mesures devraient suivre et seront exposées ultérieurement.

L'AVIS, LES CRITIQUES, LES IDEES, LES SUGGESTIONS DE TOUS SONT BIENVENUS CAR '' DE LA DISCUSSION ET DU DEBAT JAILLISSENT LA LUMIERE ''.



40 réactions


  • Séraphin Lampion Séraphin Lampion 31 juillet 15:50

    Cette nouvelle version de Keynes a déjà montré ses limites.

    Dans un capitalisme « progressiste », la structure de l’emploi devrait correspondre à celle de la demande escomptée des agents économiques.

    Or les deux structures ne sont jamais tout à fait «  emboîtées ».

    Pousser la demande par la dépense publique, quand il y a des stocks disponibles de tout, a un effet d’entraînement, mais dès qu’il faut produire, on se heurte à des rigidités qui provoquent chômage et inflation.

    Chômage, parce que les capitaux soustraits par les prélèvements publics entraînent un manque à gagner peu visible mais bien réel tôt ou tard.

    Inflation, parce que l’excès de création monétaire se transforme en tensions sur l’emploi dans certains compartiments de l’économie.

    L’ajustement entre la « population demandée » et la «  population effective » n’est jamais réalisé par les moyens proposés par Keynes.

    Le « libéralisme » ou l’« ultralibéralisme » ne sont pas des perversions du capitalisme, mais une évolution logique d’un système fondé sur la recherche d’un profit optimal. « There is no alternative », disait Madame Thatcher qui omettait de précisre « inside capitalism ».


  • binary 31 juillet 16:19

    S’il y a un premier échec à constater depuis des lustres, c’est celui de la profession d’économiste ! Il n’y a pas beaucoup de « sciences » qui ont atteint ce niveau de vautrage systématique.


  • infraçon 31 juillet 16:58

    J’ai bien tenté une proposition hors capitalisme (https://www.agoravox.fr/tribune-libre/article/la-possibilite-d-une-societe-225438).

    Mais apparemment la sauce n’a pas pris.

    Pourtant ça avait de quoi plaire aux capitalistes (pas de congés payés, maladie, retraite, etc. Pas de salaires à verser), un guichet des échanges internationaux à rendre jaloux Jack Ma, un genre de Centre National de Contrôle capable de dire à l’instant t le coût en ressources énergétiques au millième de centime à la bourse de New-York d’une fourchette ou d’une centrale nucléaire. Mais effectivement il y avait peut-être des trucs qui ne leur plaisaient pas non plus (semaine de 24h voire moins, pas de hiérarchie).

    Quant au citoyen il y aurait eu des trucs qui lui auraient plu (tous les produits disponibles dans son quartier, un transport de porte à porte, un logement en fonction de la taille de son foyer, le choix de son/ses métier(s) et du lieu de résidence pour la durée qu’il veut). Là aussi il y avait des problèmes épineux pour le citoyen (pas de propriété privée, parcimonie de consommation).

    Mais si vous persistez à chercher un système social et solidaire avec de l’information (pas celle qu’on trouve au coin de la rue ou sous le sabot d’un cheval) qui vaut de l’or, bon courage et cherchez bien...


  • Copain 31 juillet 18:18

    La plupart des libéraux s’accordent avec la tradition occidentale issue de la philosophie grecque pour dire qu’il existe une rationalité morale et que le bien et le mal ne sont pas des notions arbitraires, relatives à l’opinion ou à l’époque. Ainsi le vol détruit le principe de la propriété, fondée sur le travail c’est-à-dire sur le libre exercice de nos facultés.

    Pour les libéraux, à la différence des socialistes, il existe donc un droit antérieur à la formation de l’État, un ensemble de principes généraux que la raison peut énoncer en étudiant la nature de l’homme.

    Ce droit s’impose au pouvoir, qui doit dès lors le respecter. Les lois édictées par l’autorité politique n’ont force obligatoire que selon leur conformité au droit naturel. Et si les citoyens possèdent par nature certains droits fondamentaux, ces droits ne peuvent être ni octroyés, ni supprimés par la loi.

    Le libéralisme, pas une théorie morale complète

    Mais le libéralisme, contrairement au socialisme, n’a jamais eu la prétention d’être une théorie morale complète, ni une philosophie de la vie ou du bonheur. Guillaume Bernard se trompe en affirmant que « le libéralisme est un tout », c’est-à-dire une sagesse globale. Il est seulement une théorie politique, incluant une morale politique, qui traite du rôle de la violence et des limites du pouvoir. Puisque les hommes ont des penchants criminels (ce qui rejoint l’idée chrétienne de péché), il faut les empêcher de nuire. Mais il est également nécessaire de limiter le pouvoir et d’empêcher la tyrannie. Si tous les hommes étaient bons, l’État serait superflu. Mais si, à l’inverse, comme le reconnaissent les libéraux et les conservateurs, les hommes sont souvent malveillants, alors on doit supposer que les agents de l’État eux-mêmes, qui détiennent le monopole de la violence, constituent une menace potentielle. C’est Locke contre Hobbes, Constant contre Rousseau.

    Par conséquent, ce qu’un individu n’a pas le droit de faire – voler, menacer, tuer –, un État n’a pas le droit non plus de le faire. Si le fait de spolier autrui est immoral pour un individu, cela vaut également pour ceux qui exercent l’autorité politique. Les libéraux pensent que le commandement biblique « Tu ne voleras pas » s’applique à tous sans exception. Il s’agit d’une éthique universelle qui s’applique également aux institutions sociales. Un vol reste un vol, même s’il est légal.

    L’individu, seul agent moral

    Il faut également entendre la défense libérale de l’individu en ce sens que celui-ci est le seul agent moral. Les notions de bien et de mal moral, de droits et de devoirs n’ont de sens que pour des personnes singulières, non pour des collectivités abstraites. Seul l’individu humain agit, pense, choisit, seul il est sujet de droit. Ainsi parler de « droits des homosexuels » n’a pas de sens, pas plus que de parler de « droits des catholiques ». L’égalité des droits ne peut être fondée que sur l’appartenance à l’espèce humaine et non sur l’appartenance à une communauté ou à un groupe collectif.

    Enfin et surtout, il n’est pas possible de comprendre l’essence de la philosophie politique libérale, si on ne comprend pas qu’elle a toujours été historiquement définie par une rébellion authentique contre l’immoralité de la violence étatique, contre l’injustice de la spoliation légale et du monopole éducatif ou culturel.

    Une anthropologie réaliste

    Mais ce qui différencie les libéraux des utopistes, c’est qu’ils n’ont pas pour but de remodeler la nature humaine. Le libéralisme est une philosophie politique qui affirme que, en vertu de la nature humaine, un système politique à la fois moral et efficace ne peut être fondé que sur la liberté et la responsabilité.

    Une société libre, ne mettant pas de moyens légaux à la disposition des hommes pour commettre des exactions, décourage les tendances criminelles de la nature humaine et encourage les échanges pacifiques et volontaires. La liberté et l’économie de marché découragent le racket et encouragent les bénéfices mutuels des échanges volontaires, qu’ils soient économiques, sociaux ou culturels.

    Quiconque a lu un peu les libéraux, anciens ou modernes, Turgot, Say, Bastiat, Mises ou Hayek, sait en effet, que pour eux : 1) l’intérêt personnel ne peut se déployer librement que dans les limites de la justice naturelle et 2) le droit ne se décide pas en vertu d’un contrat, mais se découvre dans la nature même de l’homme, animal social, doué de raison et de volonté. On est alors très loin de la caricature donnée par l’article de Guillaume Bernard.


    • Copain 31 juillet 18:21

      @Copain
      Les entrepreneurs anticipent les besoins des consommateurs

      Les libéraux, il est vrai, accordent à l’intérêt une large place dans le développement de ce monde. Mais ils voient en lui le plus puissant et le plus efficace des stimulants lorsqu’il est contenu par la justice et la responsabilité personnelle. Le fait que les entrepreneurs soient avant tout guidés par leur intérêt, loin de conduire à l’anarchie, permet de canaliser les intérêts. Cela les oblige à prendre en compte et à anticiper les besoins des consommateurs. Pour réussir, il faut être à l’écoute des besoins de la société.

      En revanche, l’un des objectifs principaux des socialistes est de créer (en pratique par des méthodes violentes) un homme nouveau acquis au socialisme, un individu soumis dont la fin ultime serait de travailler au service du collectif. Pour les socialistes, en effet, les hommes ne sont que des matériaux inertes qui ne portent en eux ni principe d’action, ni moyen de discernement.

      Partant de là, il y aura entre le législateur et l’humanité le même rapport qu’entre le potier et l’argile. La loi devra façonner les hommes en fonction d’une idéologie imposée d’en haut. Comme le dit bien Jean-Paul II : « Là où l’intérêt individuel est supprimé par la violence, il est remplacé par un système écrasant de contrôle bureaucratique qui tarit les sources de l’initiative et de la créativité. » (Jean-Paul II, Centesimus Annus, 1991).

      De fait, il y a beaucoup plus d’avidité et de cupidité dans le socialisme que dans le libéralisme. Dans une économie socialiste, il n’y a que deux moyens d’obtenir ce qu’on désire : le marché noir ou la combine politique. Dans une économie de marché libre, la façon la plus efficace pour les personnes de poursuivre leur amour de la richesse est de servir les autres en proposant des biens utiles et à bon prix.

      La propriété privée c’est la protection des plus faibles

      La propriété est d’abord une condition nécessaire à ce que le philosophe Robert Nozick appelle « l’espace moral » de la personne. La nature morale de l’être humain exige que la liberté de choix soit protégée pour que chacun puisse exercer pleinement son jugement et ses responsabilités. Et cet objectif de protéger, cet espace moral de choix individuel, est mieux servi par une société de libre marché, qui respecte la propriété. Notre tâche principale est d’agir de façon optimale, c’est-à-dire à réaliser notre nature humaine, aussi complètement que possible dans les circonstances de notre vie. Et seule une société libre, qui protège le droit de propriété, peut permettre d’atteindre cet objectif.

      La propriété est aussi ce qui permet un comportement « prudent » (au sens de la vertu morale) vis-à-vis du monde naturel et social. Enfin et surtout, elle bénéficie aux pauvres car elle leur permet d’utiliser leurs dons et leurs compétences dans un marché ouvert à la concurrence.

      Dans le christianisme, l’homme est appelé à servir les autres, spécialement les plus faibles. Or la meilleure façon, la plus productive et la plus juste, d’aider les pauvres est précisément la liberté pour chacun d’exercer la profession ou l’activité de son choix. Une société libre est une société dans laquelle chacun est libre d’utiliser les informations, même imparfaites, dont il dispose sur son environnement pour poursuivre ses propres fins.

      Des possibilités très grandes de sortir de la pauvreté

      Certes, dans une société libre, les revenus sont inégaux, mais les possibilités qu’ont les gens de se sortir de la pauvreté extrême sont très grandes parce qu’on peut gagner en servant les intérêts d’autrui et que la richesse des uns bénéficie, à terme, aux autres. Le libre marché est un formidable mécanisme naturel de redistribution des richesses car c’est un jeu à somme positive, l’échange est gagnant-gagnant quand il est consenti.

      Enfin, l’économie de marché libre est un système qui permet de ce fait à la philanthropie de s’exercer mieux que dans tout autre système. Chaque être humain a une obligation morale d’assistance à l’égard de ceux qui sont atteints par le malheur. Mais on ne donne que ce qui est à soi. C’est le respect du droit de propriété qui rend possible la charité.





    • Copain 31 juillet 18:22

      @Copain
      L’égoïsme dans la nature humaine

      En conclusion, l’égoïsme n’est pas dans le libéralisme, comme semble le croire Guillaume Bernard, il est dans la nature humaine. Le libéralisme explique seulement que l’intérêt personnel, canalisé par le droit, peut servir le bien commun de façon plus efficace et plus juste que la contrainte de la loi.

      En effet, le principe qui a été découvert progressivement au cours de l’histoire occidentale et qui a été mis en lumière par les penseurs libéraux classiques, c’est que la liberté individuelle est créatrice d’ordre, mieux que n’importe quelle solution bureaucratique imposée d’en haut par la coercition. Et cela est vrai, non seulement sur le plan politique mais aussi sur le plan économique.

      L’allocation des ressources par le libre jeu de l’offre et la demande est la réponse la plus productive et la plus efficace aux besoins humains. Mais c’est aussi le seul système économique compatible avec une vision morale et religieuse de l’homme, fondée sur le droit naturel, c’est-à-dire sur l’idée que les gens ont, par définition, du fait même de leur présence sur terre, des droits qu’il est immoral et injuste pour quiconque de violer.

      L’État moderne, grand prédateur

      Libre à chacun bien sûr de renvoyer dos-à-dos libéralisme et socialisme, comme le fait Guillaume Bernard. Mais encore faudrait-il ne pas tomber dans la vision caricaturale et fausse qu’il fait du libéralisme. Car il est trop facile de fabriquer un homme de paille pour mieux le rejeter ensuite comme quelque chose de vulgaire et d’immoral.

      L’État moderne, qu’il soit de droite ou de gauche, est devenu « le grand prédateur », le grand confiscateur des libertés et des moyens financiers, promoteur d’un moralisme sans fondement, le tout au profit d’une mafia de rentiers de la politique. Or seuls les libéraux ont pu, dans le passé récent, s’opposer à cette croissance apocalyptique. Et ce ne sont pas les chrétiens sociaux, ni les réactionnaires, tous tentés par la forme moderne de socialisme qu’est l’étatisme, qui ont pu s’opposer à cette croissance.

      *Texte d’opinion publié le 1er juillet 2015 dans le quotidien La Tribune.

      Merci pour ton article , camarade non syndiqué
      Paix et prospérité 


    • Copain 31 juillet 18:42

      @Copain
      Quiconque a lu un peu les libéraux, anciens ou modernes, Turgot, Say, Bastiat, Mises ou Hayek, sait en effet, que pour eux : 1) l’intérêt personnel ne peut se déployer librement que dans les limites de la justice naturelle et 2) le droit ne se décide pas en vertu d’un contrat, mais se découvre dans la nature même de l’homme, animal social, doué de raison et de volonté. On est alors très loin de la caricature donnée par l’article de Guillaume Bernard.

      Rappelez-vous les trois slogans qui régissent la dictature orwellienne :
      • La guerre, c’est la paix.
      • La liberté, c’est l’esclavage.
      • L’ignorance, c’est la force.

      Guillaume Bernard, maître de conférences à l’ICES, vient d’en inventer un quatrième : « Le libéralisme, c’est le socialisme » !


    • Octave Lebel Octave Lebel 1er août 10:56

      @Copain

      La plupart des libéraux s’accordent avec la tradition occidentale issue de la philosophie grecque pour dire qu’il existe une rationalité morale et que le bien et le mal ne sont pas des notions arbitraires, relatives à l’opinion ou à l’époque.

      Avec des affirmations aussi générales on peut tout démontrer et son contraire et en déduire toutes les justifications morales que l’on veut quelques soient les circonstances. Si la morale plane au-dessus de nous, c’est quand même bien pratique et simple à expliquer. Cela a été exploité et continue d’être exploité de manière rhétorique mais aussi concrète par tous les leaders religieux d’autant plus quand ils se disputent la primauté de l’interprétation la plus pure. Dites-moi par ailleurs, dans la philosophie grecque, combien avez-vous du enterrer d’auteur pour posséder de telles certitudes ?

      Une anthropologie réaliste (?)

      L’anthropologie (science, située à l’articulation entre les différentes sciences humaines et naturelles étudie l’être humain et les groupes humains sous tous leurs aspects, à la fois physiques (anatomiques, physiologiques, évolutifs etc.) et culturels (social, religieux, linguistiques, psychologiques, géographiques etc..source Wikipédia) est en construction rapide et en révolution depuis sa fondation en raison de l’évolution des sciences expérimentales (notamment récemment la génétique, les neurosciences, l’écologie) et des découvertes sur le terrain de nouveaux fossiles et implantations.

      Votre approche relève de la philosophie classique dont la morale était un des sujets aussi abstrait que désincarné qui a sa propre histoire. La philosophie actuelle est en dialogue permanent avec les sciences afin de mieux comprendre ce que sont de manière indissociable les êtres et les sociétés humaines et contribuent à la réflexion centrale de la problématique libertés/responsabilités.

      Quiconque a lu un peu les libéraux, anciens ou modernes, Turgot, Say, Bastiat, Mises ou Hayek, sait en effet, que pour eux : 1) l’intérêt personnel ne peut se déployer librement que dans les limites de la justice naturelle et 2) le droit ne se décide pas en vertu d’un contrat, mais se découvre dans la nature même de l’homme, animal social, doué de raison et de volonté. On est alors très loin de la caricature

      Je trouve un peu caricatural de dénoncer la caricature en partant du principe que l’on a raison à partir de sa propre lecture et interprétation d’auteurs quels qu’ils soient. Il y aurait une bonne (la vôtre) et mauvaise compréhension ?

      Les divergences idéologiques sont respectables. Autant les afficher en tant que telles. Autrement ce qui reste, c’est l’absence d’argument de fond.


  • rogal 31 juillet 19:56

    Quelle différence entre libéral et ultra-libéral, SVP ?


    • Yaurrick Yaurrick 31 juillet 21:51

      @rogal
      Aucun libéral ne se désigne comme ultra ou néolibéral : l’ultra-libéralisme (ou néolibéralisme) désigne communément un concept inventé par les détracteurs du libéralisme, c’est à dire les étatistes.
      Ce concept n’est rien d’autre en réalité que du capitalisme de connivence : des privilèges accordés par l’état à des personnes ou groupes tiers.
      C’est donc ni plus ni moins que l’expression de l’excès de l’interventionnisme d’état, à rebours de ce que le libéralisme promeut.


    • Attila Attila 31 juillet 22:54

      @rogal
      Entre libéral et ultralibéral, ce n’est qu’une question de nuances.
      Le libéralisme se caractérise par la diminution du rôle de l’État dans l’économie et la société.

      Le plus important est la différence libéralisme/néolibéralisme :

      "Du libéralisme « classique » au néo-libéralisme, on transite de l’opposition – l’Etat contre le marché – à une alliance de l’Etat pour le marché et pour son développement. L’Etat, auparavant considéré intrusif et dangereux pour les libertés individuelles devient un acteur fondamental dans l’imprégnation du néolibéralisme au cœur de la société. Ainsi n’est-il pas étonnant de voir l’Etat voler au secours des banques " Lien

      .

      Les néolibéraux sont passé de l’État ennemi des libertés à l’État qui agit pour le marché. Non pas l’État régulateur du keynésianisme mais l’État au service du marché. Par exemple, après 2008, les banques ont été renflouées par de l’argent public : c’est du néolibéralisme, pas du libéralisme. Pour les libéraux, les entreprises doivent assumer les conséquences d’une mauvaise gestion sans que l’État n’intervienne.

      Dans les définitions du néolibéralisme qu’on nous donne, le mot « marché » est de la langue de bois. Il s’agit bien des profits des plus riches, ceux qui ont les moyens de s’offrir les médias et de financer la campagne électoral de leur candidat-homme de main. Les fournisseurs des grandes surfaces et les sous-traitant ne font pas partie de ce marché, comme s’en étaient aperçu les ouvriers des pme de l’agroalimentaire venus manifester lors du mouvement des Bonnets Rouges.
      .
      Pour comprendre, il faut prendre conscience de l’extraordinaire puissance financière des très riches. En 1992, le milliardaire américain Georges Soros a revendu un masse colossale de Livres Sterling. Dans ce genre de situation, la banque nationale du pays rachète sa devise pour que son cours ne s’effondre pas en raison de l’offre importante. Là, la banque d’Angleterre n’a pas pu empêcher l’effondrement de la Livre malgré des rachats massifs. Dans le bras de fer entre le milliardaire Georges Soros et la Banque d’Angleterre, c’est la Banque d’Angleterre qui a perdu. Et pourtant, l’Angleterre n’est pas un petit pays, son PIB est comparable à celui de la France.
      .
      Avec une telle puissance financière, il est facile de comprendre que ces milliardaires n’ont aucun mal à corrompre les gouvernements et à financer la campagne électorale d’un candidats qui, une fois élu, mettra l’appareil de l’État au service de ceux qui l’ont financé.

      .


    • Aita Pea Pea Aita Pea Pea 31 juillet 23:10

      @Attila

      Michea...Lasch ...


    • Attila Attila 31 juillet 23:23

      @Aita Pea Pea
      Sans oublier Michel Clouscard.

      .


    • Aita Pea Pea Aita Pea Pea 31 juillet 23:25

      @Attila

      Oui .


    • mmbbb 1er août 10:47

      @Yaurrick dans un pays communiste la connivence d etat se dénomme « nomenklatura  » .

      Il est vrai qu en France , les pourfendeurs du libéralisme sont nourris a la mamelle de l ETAT, Les liberaux de droite n echappent pas a la regle , les politiques comme Fillon ! 

      La regle est dure , la pratique est souple !


    • Ouallonsnous ? 2 août 18:54

      @mmbbb

      dans un pays communiste la connivence d etat se dénomme « nomenklatura » 

      Et dans un pays capitaliste ? La Mafia et l’état profond ?.


  • mmbbb 1er août 10:39

    «  En tout état de cause, il faut solliciter l’esprit civique de nos concitoyens et leur moralité pour qu’ils sanctionnent par des mouvements de boycott les produits des états, des entreprises, des banques et autres entités qui ne respectent pas les standards minimaux sociaux, qui pratiquent une délocalisation permanente à la recherche de marges et de profits maximaux, ne respectent pas les droits des travailleurs et saccagent l’environnement. » . 


    Les masques qui devaient etre fabriques en France selon la promesse de Macron , ils sont a nouveau importes de Chine

    Apres le COVID 19 , des filles d attentes devant les magasins des grandes marque ZARA entre autres , Il es vrai que les gens ecocitoyens responsables s en tapent royalement de la provenance de leurs sapes !


    Beaucoup de francais seront dans des situations financieres tendues a la rentrée , Il est vrai qu ils s alimenteront BIO et consommeront francais !

     Vaste programme !


  • heber 1er août 12:05

    je partage les remarques de Seraphin Lampion et de Yaurrick et l’explication très claire qu’a donné Attila à la question de Rogal sur la différence et l’évolution du simple libéralisme à l’ultra-libéralisme où l’Etat( les Etats ) se met( tent ) au service du marché et du capitalisme financier en ne jouant plus son( leur ) rôle de modérateur et de régulateur des excès du système.

    En ce qui concerne les interventions très fouillées,très intéressantes et très érudites de Copain, je ne partage pas son jugement sur le fait que le système libéral est un formidable mécanisme de redistribution des richesses et un système qui donne à tous la possibilité de s’élever et de pratiquer la philanthropie sur la base des tendances morales de l’homme naturel d’aider son prochain avec ses propres biens. Je conteste également comme Octave Lebel que cette lecture des textes corresponde à la réalité et que l’Etat soit le plus grand prédateur de libertés et de moyens financiers. La concentration actuelle de richesses dans le monde entre les mains de 1%de la population qui possède + autant que les 99%du reste du monde contredit clairement que le capitalisme ultra-libéral soit un formidable mécanisme de redistribution de richesses et je n’ai aucune confiance dans les penchants’’ roussauistes ’’ de l’homme naturel qui ,pour moi , à l’état de nature,est au mieux un être indifférencié et’’a-moral ’’ et au pire une sale bête , vicieuse, dangereuse et méchante , et donc , je ne crois absolument pas à la pratique ’’naturelle ’’de la philanthropie qui serait favorisée par le libéralisme.Quant à l’Etat, si je partage largement la critique de Copain sur la tendance tentaculaire des appareils administratifs de vouloir tout centraliser, réguler, traiter et bureaucratiser , tendance qu’il faut combattre fermement , il n’en est pas moins vrai que je déplore le fait que les Etats modernes ont clairement abandonné leurs responsabilités régaliennes et renoncé à réguler les excès du système économique dominant pour se mettre , comme le dénonce très bien Attila au service exclusif des grands prédateurs financiers du type Soros .

    Ceci étant , au-delà des divergences philosophiques et ou politiques, il faudra bien trouver une réponse à la crise majeure globale qui se rapproche , ce que , je crois, aucun d’entre vous , ne conteste.Alors quid, quelles sont vos pistes de solution ?

    Et là je rejoins mmbbb, nos concitoyens semblent largement s’en foutre, alors que faire pour sortir de la spirale qui nous entraîne vers le bas . Soit on regarde le système se casser la figure et l’humanité avec, en se croisant les bras ,ou on essaye d’ imaginer des solutions de sortie qui pourraient éviter la catastrophe et l’effondrement du système

    je suis pour la deuxième attitude, et j’ai émis quelques idées , valables ou utopiques , je n’en sais rien  ; et vous ? quelles sont vos pistes de solutions( seul infraçon s’est référé à une proposition concrète).


    • Attila Attila 1er août 14:02

      @heber
      Des solutions, il y en a sans doute déjà plusieurs. Le problème principal, à mon humble avis, est que la majorité des électeurs élisent ou laissent élire les serviteurs de Soros et Bernard Arnaud.
      Élection ou révolution, de toute façon il faut le soutient de la majorité des citoyens. Si les citoyens ne se déterminent pas pour rejeter les prédateurs financiers, même la meilleure des solutions ne pourra pas être mise en œuvre.
      Et pourtant, les électeurs ont montré qu’ils pouvaient se mobiliser pour faire battre un candidat dont ils ne voulaient pas. C’est en 2002, au deuxième tour des élections présidentielles, les électeurs n’ont pas voulu, dans leur grande majorité, d’un des deux candidats. Ils se sont mobilisés et sont venu voter contre, même si l’autre candidat n’était pas l’idéal pour tout le monde.
      La majorité des électeurs peuvent très bien se mobiliser dès le premier tour pour faire battre le candidat du Fric, Sarkozy, Hollande, Fillon, Macron ou un autre.

      .


    • Attila Attila 1er août 14:16

      @heber
      Tous les États ne se sont pas couché devant les prédateurs financiers : l’Islande a mis des banquiers en prison et Poutine a fait de même avec les oligarques russes.

      .


  • francis29 1er août 12:39

    heber,

     

    ’’... comme dans le paludisme.’’

     

    Étonnante coïncidence, avec l’interdiction de la chloroqine.


  • zygzornifle zygzornifle 1er août 13:00

    C’est comme le tigre végétarien on n’y croit pas trop 


  • Spartacus Lequidam Spartacus Lequidam 1er août 13:21

    Quelle horreur ce capitalisme !  smiley

    Qu’il est asservit et esclave dit cet auteur avec son ordinateur autrefois inutilisé que par des ingénieurs de IBM, que le marché a fait baisser les prix pour qu’il puisse en utiliser un.

    Qu’il est victime du profit et dépouillé de tout, lui qui pourra retrouver gratuitement ses pages de délires anticapitalistes diffusées a qui le veut gratuitement et sans payer sur un moteur de recherche installé dans son canapé Ikea sur sa table son whisky d’Ecosse et ses noix de cajou à 0,99€ le paquet venu d’Inde.

    Et lui qui ne « contrôle rien » dans un monde ou 3 chatons et une pelote de laine ont plus de visibilité que n’importe quel industriel capitaliste. C’est trop horrible.

    En résumé, le gauchiste diabolise le capitalisme sur des fariboles fictives, mais en fait, ce qu’il lui reproche c’est de le mettre en compétition. 

    Remarquez que ces anti-capitalistes parlent « au nom des victimes factices » en surjouant les mots. Mais jamais en fonction de leur position sociale.

    Les anticapitalistes en général sont au bon co,fort et loin des pseudos-victimes du capitalisme, mais chez les fonctionnaires et avantagés de la gamelle de l’état. Leur profil est bobo payé au statut et pas au travail fournit.

    La haine du capitalisme c’est le reflet de la peur de la compétition qui détruit et remet en cause pour le bien de tous les rentes et les rentiers. Surtout ceux de la gamelle de l’état.


  • heber 1er août 13:35

    Spartacus,

    ce que j’aime chez vous , c’est la critique constructive ! des propositions , toujours des propositions, j’admire ! 


    • eddofr eddofr 4 août 12:17

      @heber

      Ben non, pourquoi Spartacus ferait-il des propositions, puisque selon lui ce système est parfait tel qu’il est ?


  • heber 1er août 15:39

    Attila,

    vrai mais voter pour d’autres ok mais pour quel programme, quelles propositions ?

    Quant à l’Islande et à la Russie, vous avez raison mais ce ne sont que des exceptions ,hélas !


  • flourens flourens 1er août 15:44

    il faut savoir choisir ses mots, pourquoi utiliser le verbe « remettre » alors que le capitalisme n’a jamais, jamais été au service du quoi que ce soit sauf de son propre intérêt mais en aucun cas au service de l’humanité, quand on a à faire à un tigre mangeur d’homme il faut s’en débarrasser, il est illusoire de vouloir le « remettre » dans le droit chemin, pareil pour le capitalisme, il faut s’en débarrasser, épicétou


  • heber 1er août 16:50

    flourens

    Outre le sens de ramener à une position antérieure ,le terme remettre a plusieurs acceptions dont celles de rétablir un processus ou de faire passer quelque chose dans un nouvel état . c’est cette dernière acception que j’utilise dans le titre ; d’ailleurs la teneur de l’article démontre bien que je n’ai jamais cru que le capitalisme ait été ,à un moment quelconque du passé au service de l’humanité mais rien n’ interdit de chercher à l’y mettre . Je suis , à cet égard , moins pessimiste que vous et les tigres, par nature, ne sont pas tous, des mangeurs d’homme .


    • flourens flourens 1er août 17:26

      @heber
      les tigres non, mais le capitalisme oui, il faut avoir le courage de le dire


    • francis29 2 août 08:02

      @heber
       
       ’’ je n’ai jamais cru que le capitalisme ait été ,à un moment quelconque du passé au service de l’humanité’’
       
      Cela se discute. Le capitalisme a permis bien des avancées. Pour moi le problème aujourd’hui n’est pas le capitalisme mais les capitalistes, ou plutôt les héritiers : les financiers, les actionnaires, gros et petits de ces entreprises qui sont des monstres froids à la recherche de performances en terme de rendements financiers.
       
      cf. le crony capitalism dont le néolibéralisme est le nom de façade.
       


  • heber 1er août 22:44

    francis 29 

    Article remarquable de Ziegler qui montre bien la monstruosité d’un système dirigé par des prédateurs et laissé sans réelle gouvernance publique mais je reste convaincu que si nous ne pouvons pas récupérer les hommes du système comme ce Warren Buffet et consorts , nous pouvons toutefois changer profondément le système,  en reprendre le contrôle et lui assigner des objectifs au bénéfice de tous 


  • heber 1er août 22:49

    flourens,

     je ne partage pas votre vision  très pessimiste et je pense , à tort ou à raison, que l’on peut reprendre le contrôle du système et le faire évoluer au bénéfice de tous ; vous n’y croyez pas, OK , c’est votre opinion , je la respecte mais elle diffère de la mienne et cela n’a rien à voir avec un quelconque excès ou manque de courage


  • heber 2 août 09:04

    Francis 29 Entièrement d’accord avec vous et j’ ajouterai une deuxième catégorie d’ irresponsables, ceux qui crient et tempêtent contre les ultra riches et les multtinationales mais continuent à voter pour les mêmes et à acheter leurs tee- shirts à 5 euros fabriqués par de véritables esclaves tout en manifestant contre l’ exploitation capitaliste du tiers monde.


  • Hokken Hokken 3 août 11:38

    Bon essai, point de vue lucide, et propositions de transition intéressantes. Je suis globalement d’accord avec l’analyse.

    J’ajouterais cependant que notre paradigme est essentiellement une projection de notre niveau de conscience. Le monde extérieur n’est qu’un reflet de notre monde intérieur. On ne peut pas changer la nature humaine avec un coup de baguette magique. L’oppressé d’aujourd’hui est souvent l’oppresseur de demain.

    Les élites sont vivement critiques et hais par la majorité mais ils représentent aussi pour beaucoup le but ultime à atteindre, le succès par excellence. « Il faut des jeunes Français qui aient envie de devenir milliardaires » nous dit Macron, comment peut-on espérer que ce monde évolue vers plus de lumière et de justice avec des leaders dont la vision semble être essentiellement basée sur l’enrichissement personnel ?

    Mon avis c’est que le véritable changement passe par une révolution intérieure profonde et durable, par une refonte complète de la vision de notre place dans l’univers. On ne peut forcer ce changement sur l’individu, la compassion et le véritable esprit de groupe se développent naturellement dans un sol sain, peu de leaders sont actuellement capables de préparer ce genre de sol car la plupart d’entre eux ne sont que des produits de leur culture/civilisation et n’ont ni la grandeur d’âme ni la vision nécessaire pour entreprendre cette mission.

    La forme et la vie qui l’anime sont les deux aspects fondamentaux de l’univers qui en s’équilibrant, produisent une saine et naturelle évolution de la conscience. Notre civilisation ne perçoit plus la vie, le culte de la forme a enfermé l’humanité dans un fonctionnement psycho-mental entièrement artificiel dans lequel l’énergie vitale ne peut plus circuler librement. Ce phénomène de cristallisation de la forme mène, ou à la destruction libératrice des schémas mentaux et émotionnels artificiels que nous imposons à la spontanéité de la vie ou au terrible statu quo du pouvoir totalitaire. La forme n’est rien sans la vie, c’est ainsi que meurent les mondes.


  • heber 3 août 14:05

    Hokken,

    Exact, on ne peut forcer l’individu à changer mais on peut tenter de l’éduquer  en le convainquant ,même s’il est clair que le processus ne peut être que très long et difficile.Et je suis d’accord avec vous ,encore faut-il qu’il y ait des leaders  dignes et exemplaires ,aptes à susciter la confiance ,à la mériter et qui soient  porteurs d’un projet  inspirant et suffisamment réaliste.

    La confiance ne se décrète pas, elle se mérite ; oeuvrons dans ce sens


  • eddofr eddofr 4 août 12:42

    Selon moi, il suffirait de trois mesures pour régler directement ou indirectement tous les problèmes :

    1. La saisie systématique de l’objet et du moyen du délit.
      Autrement dit, si le capital est l’objet ou le moyen du délit, on saisit la totalité du capital et pas seulement le fruit du délit (le bénéfice « illicite »).
    2. L’impôt sur les successions à 100% au dessus d’une valeur plancher (un abattement).
      Cette valeur devant être suffisante pour que celui qui a honnêtement gagné sa fortune puisse mettre ses descendants à l’abri du besoin mais pas au point d’en faire une « caste » de rentiers héréditaires.
    3. « Investir » une part substantielle de l’argent ainsi récupéré dans une justice et une police d’investigation indépendante (distincte des « forces de l’ordre », qui elles, doivent rester « aux ordres » du gouvernement démocratiquement élu), afin que toute impunité de la fraude ou du délit devienne pratiquement impossible.

    Ces mesures appellent cependant un consensus sur deux points :

    1 Établir la liste des délits assez graves pour justifier la saisie.
    Est-ce qu’un excès de vitesse de 1 km/h justifie la saisie du permis et du véhicule ?

    2 Établir le montant de l’abattement sur le droit de succession.

    Serait-ce un million d’euros, 10, 100 ? Cela doit-il inclure la résidence principale ? etc. ...


    • eddofr eddofr 4 août 12:46

      @eddofr

      A noter, que dans un tel système, la justice pourrait déchoir un « gouvernant » de tout pouvoir, même issu des urnes, s’il est établit qu’il en a abusé gravement.


  • heber 4 août 14:58

    eddfor

    Merci de proposer des mesures et des pistes de solution.Ceci étant, je trouve que baser le système sur des mesures autoritaires et punitives est dangereux car les intéressés feront tout pour y échapper et la motivation de solidarité et d’entraide disparaîtra pour faire place au ressentiment voire à la haine ;

    je préférerai un système basé sur l’appel à l’intelligence des gens ,en démontrant clairement qu’à trop vouloir gagner les 1% de riches vont inexorablement tôt ou tard tout perdre et vivre , de toute façon, dans l’intervalle dans une ambiance délétère où ils seront de plus en plus montrés du doigt et dénoncés tandis qu’eux-même et leurs familles seront de plus en plus soumis au risque de représailles et à l’insécurité permanente ; ce qui à mon avis est, hélas, inéluctable à terme si rien ne change ;

    en d’autres termes, le discours serait : vous êtes les premiers à avoir intérêt à partager , en vous réservant certes une part substantielle de votre fortune pour vous , vos parents et vos enfants mais en donnant le superflu ;

    ainsi vous garderez le beau rôle, vous vous assurerez la reconnaissance et la bienveillance de tous et vous pourrez continuer à vivre comme vous l’entendez sans être dérangés ou persécutés ;

    et en effet , quel est l’intérêt pour un milliardaire en dollars de conserver tous ses milliards qu’il ne peut de toute façon, et quelques soient ses excès , dépenser sauf à jeter l’argent par les fenêtres ? S’il conserve 100 ou 500 millions d’euros pour lui et les siens, devra-t-il serrer sa ceinture et vivre pour autant comme Mr dupont ? N’aura-t-il pas plus que le nécessaire pour vivre agréablement avec sa famille tout le reste de son existence où il veut et comme il veut ? A-t-il vraiment besoin de plus ? Alors pourquoi ne pas donner le reste spontanément à la collectivité pour aider son prochain ? Et pourquoi ne pas le faire tout de suite, sans attendre ?

    Voilà à mon avis quel devrait être , en tout cas , au départ , le discours à tenir aux 1% d’ultra-riches  ; après , on peut aviser et tabler sur des mesures davantage incitatrices si certains ne veulent pas entendre raison ; ceci étant , on ne résoudra pas le problème de l’humanité en déshabillant paul pour habiller pierre ; ce serait trop simple s’ il suffisait de faire cela ; il faut changer le système en profondeur et cela ne se résume pas à réquisitionner les capitaux des riches pour les redistribuer aux pauvres car cette opération est ’’one shot ’’et que fait-on les années suivantes ?


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