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Retour à Bibracte - AgoraVox le média citoyen
samedi 17 mars 2012 - par Emile Mourey

Retour à Bibracte

M. le Directeur régional des affaires culturelles de Bourgogne,

La mise au jour, en Bourgogne, par l'archéologue du CNRS Bruno Chaume d'une petite ville fortifiée du premier âge du fer sur le mont Lassois est sans aucun doute la découverte la plus importante de ces dernières années. Or, curieusement, cette découverte qui révolutionne la compréhension des origines de notre histoire, après avoir eu un court succès d'estime, a été très rapidement écartée des débats et des colloques par les responsables de l'Archéologie. C'est ainsi que M. Vincent Guichard, importante personnalité dans le domaine de la recherche archéologique, directeur du Centre archéologique européen, déclarait le 13 septembre 2007, à Europe I, au micro de Jacques Pradel, que la petite ville récemment découverte sur le mont Lassois n'aurait été qu'une tentative urbaine avortée qui n’a pas eu de suite.

Alors que M. Bruno Chaume affirmait très clairement que cette découverte remettait en cause la thèse d’une urbanisation de la Gaule qui n’aurait commencé qu’au IIème siècle avant J.C., il me semble que les responsables de la Culture, au plus haut niveau, auraient dû aussitôt s'interroger sur les thèses qu'imposent à la profession MM. Christian Goudineau, Vincent Guichard et Matthieu Poux qui ne voient apparaître cette urbanisation qu'au deuxième siècle avant notre ère, au mont Beuvray.

Pour ces trois archéologues qui ont l'écoute des médias, le mont Beuvray serait un oppidum issu de la civilisation européenne des oppida. Une ville en bois s'y serait trouvée, la première des Gaules, puis une ville romanisée avec quelques bâtiments de pierre, près d'un siècle avant l'arrivée de César. Le mont Beuvray serait ainsi à l'origine de l'urbanisation gauloise et un modèle avant d'être supplanté par celui des grandes villes romaines de pierre comme Autun. 

En Auvergne, l'archéologue Matthieu Poux confirme cette vision tout en lui apportant des variantes. Il s'appuie sur les six hectares qu'il a mis au jour sur le plateau de Corent pour reconstituer une grande ville en bois gauloise qui aurait disparu lors de la conquête mais qui, contrairement au mont Beuvray, n'aurait pas été reconstruite en pierre. Que cela soit au mont Beuvray ou à Corent, la disposition ordonnée des boutiques et des habitations de part et d'autre d'une rue centrale ne peut résulter, selon eux, que d'une influence romaine des premiers siècles avant J.C.. Ils oublient que cette disposition existait déjà au mont Lassois, à l'époque de l'âge du fer.

Poursuivant dans leurs hypothèses, ces archéologues et ceux qui les suivent en sont amenés à rechercher des trous de pieux qui, dans la plaine de la Limagne, leur semblent être la trace de villages en bois, et donc gaulois, ce qui les distinguerait des constructions en pierre considérées comme romaines. Ils ne se rendent pas compte qu'ils se trouvent dans le cas très particulier d'une plaine fertile cadastrée comme je l'ai expliqué par ailleurs. http://www.agoravox.fr/tribune-libre/article/l-atlantide-engloutie-suite-et-fin-68905

C'est ainsi qu'ils en arrivent à imaginer, pour l'ensemble de la Gaule, un paysage gaulois de bois tout à fait singulier qui n'a rien de comparable avec ce qui existe dans le reste du monde antique. Des villages en bois, entourés d'un fossé et d'un retranchement sommaire, seraient des petites villes. Plus étendues, les agglomérations seraient des villes/oppida (Corent, Gondole, Merdogne etc...). Encore plus étendus, ce seraient des villes/oppida/capitales de cités (en Auvergne, Matthieu Poux propose Corent comme capitale ; Vincent Guichard pense à une très grande ville de bois qui reste à découvrir). Le critère de référence étant la surface occupée. Quant aux fermes isolées, également protégées, elles deviennent par le miracle de l'imagination les demeures de l'aristocratie gauloise ou le palais de bois de Vercingétorix. Bref, nos anciennes capitales, il faudrait les imaginer, l'une au mont Beuvray pour le peuple éduen, perdue dans les forêts du Morvan, l'autre à Corent pour le peuple arverne.

Et c'est ainsi qu'à Alise-Sainte-Reine, on se refuse toujours à voir dans les ruines existantes - que l'on prétend gallo-romaines - la ville gauloise que César mentionne pourtant dans ses Commentaires. C'est ainsi qu'on en est toujours à y rechercher des trous de pieux gaulois... en vain, bien évidemment.

Bien sûr, je ne dis pas que MM Goudineau, Guichard et Matthieu Poux ont tort de parler de maisons et de villages en bois et de toits en chaume, surtout dans les régions où le bois abonde. Je leur reproche seulement d'en faire une loi systématique jusqu'à refuser à la classe noble gauloise l'aptitude à construire des palais, des citadelles et des murailles en bonnes pierres cimentées. 

Je propose de revenir aux textes et à une interprétation plus sensée des vestiges archéologiques.

Voilà ce que César a écrit au sujet des Helvètes : ils incendièrent tous leurs oppidum, au nombre de douze, leurs bourgs, au nombre de quatre cents, et toutes leurs maisons isolées. Nous avons dans cette simple phrase la description précise d'une grande cité : les oppidum sont les fortifications en pierre, principalement sur les hauteurs, à l'intérieur ou au pied desquelles se trouvaient les vraies petites villes citées par les textes, comme au mont Lassois, comme à Mont-Saint-Vincent et comme au Crest. Ce que nos archéologues ont repéré dans la plaine et qu'ils appellent indistinctement villes ou oppidum sont en réalité des bourgs ; ce qu'ils appellent demeures aristocratiques ne sont que des fermes isolées. Le mont Beuvray, sur sa hauteur et derrière ses retranchements, est certes un oppidum mais Corent n'en est pas un, ni Gondole, ni Merdogne.

Lorsque César écrit qu’après la bataille contre les Helvètes, 130 000 d'entre eux s'enfuirent et qu'ils arrivèrent chez les Lingons après quatre jours de marche, il faut comprendre que ces Helvètes ne se dirigeaient pas vers la région de Langres - ce qui aurait demandé plus de quatre jours - mais vers celle du mont Lassois (DBG I, 26). L’importance des fortifications en pierre qui protègent cette position, importance qu’avait déjà soulignée René Joffroy dans son ouvrage Vix et ses trésors, va dans ce sens. Il faut y voir, avant Langres, la capitale originelle des Lingons, leur oppidum/capitale, de la même façon qu'il faut voir sur le horst de Mont-Saint-Vincent - vraie Bibracte - l'oppidum/capitale du peuple éduen et au Crest, l'oppidum/capitale des Arvernes. Pour moi qui suis un ancien militaire ayant eu à traiter de nombreux cas de fortifications de positions, ces trois sites correspondent tout à fait à l'idée que je me fais d'une citadelle/capitale au temps des Gaulois, comme au Moyen-âge d'ailleurs. Conclusion : la logique militaire s'accorde avec les textes et les vestiges archéologiques enfouis ou toujours debout, il ne peut en être autrement.

L’idée de base d’Emile Mourey : permanence des points forts à travers le temps, coule pourtant de source. Pour quelle mystérieuse raison, les sites défensivement intéressants au Second Age du Fer ne l’auraient-ils plus été au Moyen-âge ? Le contexte technologique était pratiquement identique à ces deux périodes (commentaire d'Antenor).

Les auteurs latins ont parlé plusieurs fois des oppidum, comme s'il s'agissait d'ailleurs de fortifications non pas seulement gauloises mais communes au monde antique :

Le tracé de l'oppidum ne doit être ni carré ni formé d'angles saillants ; il doit être courbe afin que l'ennemi soit en vue du plus loin possible. Il est essentiel aussi que les accès des portes ne soient pas directs mais obliques (d'après Vitruve).

"Oppidum” vient de ops, secours, parce qu'il est fortifié pour prêter secours et parce qu'il en faut pour protéger l'existence, où l'on puisse se mettre à l'abri. Ou bien le mot vient de "opus”, ouvrage, à cause des remparts qu'on élève pour mieux le fortifier (d'après Varron).

Les uns distinguent l'oppidum du vicus et du castellum uniquement par sa grandeur. D'autres le définissent ainsi : une position entourée par une muraille, un fossé ou par toute autre fortification. D'autres y voient outre la muraille, des bâtiments, un temple, une place publique, un forum. D'autres parlent d'oppidum à cause des murs, que le lieu soit entièrement habité ou qu'il ne serve qu'à mettre à l'abri les richesses (d'après Servius).

Cicéron leur trouvait un aspect rugueux, César portait sur eux un jugement militaire et les plaçait sur des points hauts.

Oppidum, villes, bourgs, fermes isolées, sont à l'origine des termes très précis.

Je fais dériver le mot oppidum de ovidum, ovum, oeuf. Il s'agit de l'oeuf des origines, de la mandorle que les Anciens avaient imaginée dans leur ciel astrologique, en quelque sorte une muraille symbolique à l'intérieur de laquelle leur Dieu se faisait deviner  dans la constelllation de la Petite Ourse. C'est cette même mandorle qui figure dans les tympans et les fresques de nos temples antiques. Que les villes gauloises se soient établies à l'intérieur de ce type de muraille en forme d'oeuf, comme à Bourges, ou à son pied comme au Crest, ou à proximité immédiate comme à Mont-Saint-Vincent, ou à quelques centaines de mètres comme à Alésia, c'était toujours le refuge fortifié ultime dans lequel les citoyens se défendaient en dernier recours.

Mais il existe aussi un autre type d'oppidum/refuge. Il s'agit du Grand Chariot sans son timon, quadrilatère de la Grande Ourse. C'est l'oppidum du Cabillo des origines qui se dressait sur la colline de Taisey, illustre Orbandale, refuge pour la population, derrière la tour toujours existante dont le tracé correspond au quadrilatère du Petit Chariot, Petite Ourse, demeure de la Divinité. Cet étonnant système se retrouve à Bourbon-Lancy mais aussi, au centre des villes d'Orléans et de Bordeaux. C'est comme une signature ou un marqueur qui trouverait son origine à Chalon/Taisey et qui jalonnerait son rayonnement. Ce quadrilatère enfin, maison de la Divinité, se retrouve dans certaines médailles gauloises. Dressé sur son char, le prince chevalier le  balance au bout de son fouet pour faire avancer la cité.

Quant aux villes et aux bourgs, plutôt que de se livrer à de vaines et fragiles hypothèses, le mieux est de se reporter aux documents et croquis du Moyen-âge, tels que l'Armorial du Guillaume Revel pour l'Auvergne, et on verra comment certaines de ces agglomérations s'entouraient de murailles et d'autres non... et cela au Moyen-âge comme au temps des Gaulois.

 

M. le Directeur régional des affaires culturelles de Bourgogne, j'ai l'honneur de vous demander de bien vouloir transmettre ces informations à M. le Ministre de la Culture accompagnées de votre avis circonstancié, sans oublier d'en informer M. le Préfet que, manifestement, vous n'avez pas informé ; son refus de classer la tour de Taisey et de protéger son environnement en est la preuve. Par ailleurs, comme vous le savez peut-être, il a été question, il y a quelque temps, que M. le Président de la Réublique se rende au mont Beuvray. Il importe donc qu'en haut lieu, on soit prévenu.

Extraits du "De Bello Gallico" de César : Modifiant leur plan et inversant leur cheminement, les Helvètes poursuivaient les Romains qui, eux aussi, avaient fait demi-tour pour se rendre à Bibracte (DBG I, 23). S’en étant rendu compte, César conduisit ses troupes sur une "proximus collis" et envoya sa cavalerie pour contenir l’offensive ennemie (DBG I, 24). "Proximus collis", la colline très proche du "mont" de Sanvignes, c’est le mot clé qui explique tout ! C’est la colline sur laquelle César avait disposé ses troupes le jour précédent, lors du coup de main manqué. Il l’appelait également : "proximus collis" (I,22). César est donc bien revenu sur ses pas. Il ne se dirigeait plus vers le mont Beuvray mais vers Bibracte/Mont-Saint-Vincent qui se trouvait à l'opposé. Ceux qui ont traduit "itinere converso" par "obliquer sa marche" (vers Montmort) sont les premiers coupables, certes, mais comment pouvez persister dans cette erreur alors que cela fait déjà un certain temps que je vous ai alerté ?

Extraits de la géographie de Strabon  : « Entre le Dubis (la Dheune) et l'Arar (la Saône) habite le peuple des Eduens, avec une ville, Cabyllinum (Chalon-sur-Saône), et une citadelle, Bibracte ». Je dis bien "Dheune" et cela même si César utilise ce terme pour désigner également le Doubs. Le mont Beuvray ne se trouve pas entre la Saône et la Dheune, Mont-Saint-Vincent, si.

Discours du rhéteur Eumène : la trace des écoles moeniennes décrites par le rhéteur ne se retrouve pas à Augustodunum/Autun mais à Augustodunum/Mt-St-Vincent. http://www.agoravox.fr/tribune-libre/article/bibracte-et-la-carte-de-peutinger-86040

 

 

 

 

La capitale d'Augustodunum/Bibracte se trouvait à Mont-Saint-Vincent. Autun portait le même nom mais n'était que sa ville. Ceux qui disent que la ville d'Autun a été fondée par l'empereur Auguste se trompent et trompent l'opinion ; mais aussi le touriste étranger.

Le mont Beuvray n'est pas Bibracte mais le site boïen de Gorgobina. Idemhttp://www.agoravox.fr/tribune-libre/article/la-localisation-de-bibracte-82531

Le site le plus important étant celui de la tour de Taisey, antique Cabillodunum. http://www.agoravox.fr/tribune-libre/article/a-la-recherche-de-l-illustre-105099
Emile Mourey, www.bibracte.com

 

 




12 réactions


  • Antenor Antenor 17 mars 2012 11:33

    La principale critique qu’on peut émettre à l’encontre de la localisation de Bibracte à Mont-Saint-Vincent est que ce dernier ne se trouve probablement pas dans le pagus de Chalon étant donné la distance qui les sépare (environ 40 km).

    Dans la même logique qui me fait localiser les capitales politiques /médiolanum des pagus de Clermont et Riom respectivement au Puy de Montaudou (commune de Ceyrat) et au lieu-dit Montautoux (commune de Davayat) en faisant dériver leur nom de « Mons Toutates » (montagne du peuple), je situe la capitale politique/médiolanum du pagus de Chalon au lieu-dit Montot et plus précisément au Mont-Brogny (commune de Bissey sous Cruchaud). A l’appui de cette hypothèse, on peut noter que le site de Montot se trouve à une trentaine de kilomètres (diamètre approximatif d’un pagus) de Montmélian (commune de Meursault), probable médiolanum du pagus de Beaune dont la citadelle devait être la Rochepot.

    Chapautant ces capitales de pagus, Bibracte était la capitale fédérale des Eduens. Toute la question étant de savoir s’il faut la situer dans une citadelle à l’image du Crest ou sur un site spécialement dédié à l’image de Corent.

    Concernant le peuple qui occupait le Mont-Beuvray, on peut tout de même hésiter entre les Boïens et les Ambivarètes. Les monnaies retrouvées font plutôt pencher la balance en faveur d’un peuple allié aux Eduens donc plutôt les Ambivarètes. Mont Beuvray = Mont Ambivarète ?

    @ Emile

    Buxy pourrait-elle être la citadelle du pagus de Chalon ?

    Argument supplémentaire en faveur de votre identification d’Avitacus et son lac avec le Crest : la grande narse qui s’étendait de la Veyre à la Sauvetat a appartenu au seigneurs du Crest jusqu’au 11ème siècle

    http://www.roelly.org/ fleur/dgw63/sauvetat.htm

    La salamandre arverne serait plutôt un triton crêté, on en trouve dans le lac du plateau de Corent.

    http://www.sites-et-patrimoines.fr/Corent.htm


    • Antenor Antenor 17 mars 2012 11:56

      On trouve Julhat à côté du Crest et Jully à côté de Buxy. Traces du passage de Jules ?


    • Emile Mourey Emile Mourey 17 mars 2012 14:07

      @ Antenor

      Vous dites : Buxy pourrait-elle être la citadelle du pagus de Chalon ?
      Une cité vassale, certainement, ce qu’elle était encore au Moyen-âge. Lorsque j’ai écrit mes ouvrages, il existait encore une tour antique sur la hauteur perdue dans les broussailles. Mais vu l’importance d’être au bord de la Saône, c’est bien le castrum gaulois de Chalon/Taisey qui s’est imposé dans le comté de Chalon.

      La grande narse que vous évoquez est un indice intéressant en faveur de l’existence de l’ancien plan d’eau. Le fait qu’elle appartenait aux seigneurs du Crest est également un indice qui nous fait remonter à l’ancien pagus arverne.

      La salamandre arverne serait plutôt un triton crêté. Tout à fait d’accord ; son dos rugueux qui contraste avec son ventre doré a pu être un sujet de réflexion métaphysique : sous le laid/affreux/le mal, il faut découvrir le beau/l’or/le bien ??? Mais comme ces animaux sont de la même famille, c’est le mot « salamandre » qui a perduré avec toutes ses légendes.

      Concernant Jully et Julhat, le rapprochement avec Jules César et la gens Julia est intéressant. Il est dit dans les Commentaires que plusieurs cités avaient pris son (pré)nom. C’est d’ailleurs une coutume qui est attestée non seulement pour Jules César mais pour d’autres empereurs, par exemple pour Bibracte.

    • Antenor Antenor 18 mars 2012 15:08

      Argument supplémentaire en faveur de la localisation du médiolanum/capitale politique du pagus de Chalon au Mont-Brogny :

      Le nom « Brogny » peut très vraisemblablement être rapproché de celui du fameux « Pagus Arebrignus » des Eduens mentionné par Eumène.

      Taisey n’est-il pas trop excentré à l’Est et trop exposé dans la plaine pour protéger efficaement tout le pagus de Chalon ? Une citadelle à flanc de coteau comme celle de Montaigu à Mercurey ne serait-elle pas plus sûre ?

      A l’image de Gergovie où le binôme Le Crest/Corent est situé dans le même pagus que Clermont, je verrais bien pour Bibracte un binôme éduen équivalent avec une Bibracte-citadelle à Montaigu et une Bibracte-capitale politique à Mellecey et donc située dans le même pagus que Chalon. Le territoire peu peuplé de Mellecey est néanmois truffé de vestiges, ce qui peut être l’indice d’un site aux fonctions similaires à celles de Corent (lieu fédéral d’assemblée politique). De plus, il y a à Mellecey un lieu-dit Montadiot. Nom à rapprocher de celui du Puy de Montaudoux à côté de Clermont-Ferrand et où se trouve un « théâtre ».


    • Antenor Antenor 18 mars 2012 15:25

      Peut-être un autre indice : chez les Arvernes, le Crest se situe à proximité du Puy de Mercoeur et chez les Eduens, la citadelle de Montaigu se trouve à Mercurey. Le « Mercure » gaulois étant le principal dieu du panthéon, on peut penser que les lieux les plus importants étaient placés sous son patronage.


  • Emile Mourey Emile Mourey 17 mars 2012 14:29

    @ Matthieu Poux
    @ Vincent Guichard
    @ Bruno Chaume

    Merci d’intervenir sur ce fil pour corriger les erreurs que j’aurais pu faire.

  • Emile Mourey Emile Mourey 17 mars 2012 14:37

    Au lieu de « dressé sur son char... » lire : dressé sur son char, le dieu Apollon/Mars le balance au bout de son fouet pour faire avancer la cité dont le « Premier » est la tête... un Premier à la chevelure flamboyante dont le dieu tient une mèche en signe d’alliance pour le guider. Les trois segments représentent la queue de la petite Ourse/chariot de Dieu. 


  • Richard Schneider Richard Schneider 17 mars 2012 18:10

    Je suis avec intérêt le débat entre Emile Mourey et Antenor. Ces deux auteurs font preuve d’une grande érudition concernant cette époque et cette partie « régionale » de la France (de la Gaule).

    J’attends avec impatience la suite.



  • norbert gabriel norbert gabriel 17 mars 2012 18:20

    Toujours passionnants ces articles ey ces discussions... Toutes les fois que je passe au pied de Gergovie, et du Crest (et ça arrive souvent) j’ai envie de piocher pour trouver LA preuve irréfutable
    (comme l’éléphant de Vialatte)  smiley


  • gordon71 gordon71 17 mars 2012 20:25

    bonsoir Emile 


     toujours au feu, 
    toujours aussi passionnantes vos thèses :

    Vous qui êtes militaire, que sait on de l’organisation militaire et défensive des éduens ?, 

    en particulier peut on considérer qu’ils avaient « sous traité » leur protection à Rome et négligé la fonction guerrière se considérant comme garantis par leur alliance avec la puissante Rome ?

  • Emile Mourey Emile Mourey 18 mars 2012 11:24

    @ gordon71

    En fait, c’est très simple. Rome et les cités gauloises ont un long passé militaire. Au VIII ème siècle, Homère a chanté les exploits guerriers des Grecs et des Troyens. Les quelques poteries qui les évoquent et qu’on a retrouvées sur notre territoire montrent que l’élite gauloise en était instruite. Il s’agit principalement de combats entre oligarchies guerrières opposant une cité à un autre cité, quelque fois entre confédérations de cités. Le vase de Vix explique pourtant ce qu’a pu être l’armée du roi Bituit arverne, du fait que la plaine de la Limagne était cadastrée, ce qui a permis la mobilisation et la mise sur pied de cette armée. Escadrons de cavalerie succédant à des unités d’infanterie, nous sommes dans l’héritage grec. Le fait nouveau est que Rome a réformé l’organisation héritée des Grecs pour l’adapter aux conflits de son époque, ce qui a pris de court les cités gauloises qui ne s’étaient pas réformées.

    Tout cela pour dire que les Gaulois étaient plus dans l’héritage phénicien/grec/judaïque que dans une influence romaine, quoiqu’on dise, que cela soit dans la défense des oppidum comme dans les combats guerriers entre cités.

  • gordon71 gordon71 18 mars 2012 16:33

    merci de ces précisions


    je vais tâcher de trouver le temps d’aller découvrir, dans les semaines à venir, le fonds Combier au musée de la photo, que je n’ai jamais consulté, je serai attentif aux photographies aériennes du Mont saint Vincent, pour voir si on y décèle des traces de la ville antique.

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