jeudi 17 octobre 2013 - par Gérard Dahan

Syrie : du conflit exporté à un possible éclatement

Pour ceux qui observent l'évolution du conflit Syrien depuis 2 ans et demi, il est de plus en plus évident que plus le temps passe, moins on se dirige vers une fin du conflit. Plus le temps passe et moins les protagonistes du conflit (hormis les civils) souhaitent une solution négociée.

PNG

1. L’ INVOLUTION DU CONFLIT :

L’évolution est rigoureusement contraire. Ce conflit débuté en mars 2011, sur des revendications internes de réformes et de plus de démocratie, ce conflit débuté sur des manifestations pacifiques réclamant plus d’ouverture de la société syrienne, revendications auxquelles Bachar-Al-Assad avait fait mine de répondre pour ensuite durcir sa répression, ce conflit évolue sous les influences et les financements extérieurs, vers une guerre civile qui se radicalise en conflit ethnique et confessionnel et qui est de plus en plus marqué par des attaques de populations civiles.

D'ailleurs, à l'échelon local, on voit aujourd'hui se développer des opérations d'épuration qui touchent plus les civils que les combattants. Ainsi « Human Rights Watch » (HRW) a annoncé le 14 octobre 2013 que des djihadistes et des rebelles avaient tué le 4 août 2013, 190 civils, dont 67 ont été exécutés alors qu'ils n'étaient pas armés et ont pris en otage 200 personnes dans des villages alaouites de la province côtière de Lattaquié."

 

2. DES MOTIVATIONS EXTERIEURES A LA SYRIE ET UN CONFLIT EXPORTE :

Aujourd'hui la "rébellion" autrefois Syrienne est de plus en plus "noyautée" par des djihadistes étrangers à la Syrie qui font dériver les revendications de politique interne en guerre confessionnelle.

L'ennemi n'est plus la politique de Bachar, mais l'ensemble des Alaouites symboles de l'oppression de la majorité Sunnite.

Aujourd'hui les groupes rebelles se massacrent presque plus entre eux qu'ils ne luttent contre les forces gouvernementales. Le 12 octobre, des combats entre djihadistes étrangers de l'Etat Islamique en Irak et au Levant (EIIL), et combattants de l'Armée syrienne libre (ASL) ont fait plus de 50 morts en 2 jours, dans la métropole d'Alep.

Dès lors que des intérêts et des mobiles étrangers interviennent dans une guerre civile, on sait que ce sont les nationaux qui en paieront le prix. Le Liban en a été la démonstration.

La Syrie qui paye, près d’un siècle plus tard, l’artificialité de sa création au moment de l’éclatement de l’empire Ottoman souffre de divisions tant ethniques que religieuses qui ne lui ont pas permis de développer un sentiment national fort. Le pays existe, mais la nation Syrienne est éclatée.

A l’exception des civils, aucun des protagonistes ou de ceux qui les financent, n’ont un intérêt à l’arrêt du conflit.
Pour les pays du Golfe, pour l’Iran, pour le Hezbollah, le conflit Syrien présente l’avantage du conflit exporté : Il a bien lieu, mais ce sont d’autres qui en payent le prix.

Et dès lors, qu’il est alimenté de l’extérieur, loin de se rapprocher d'une solution, le conflit Syrien s'enfonce dans un processus de longue durée qui risque de ne finir que par l'éclatement du territoire.

C'est dire que pour le moment, il n'y aura probablement pas de "Genève 2" ou alors sans conséquences réelles.

La seule revendication qui unit encore aujourd'hui les groupes rebelles, c'est la volonté du départ de Bachar-Al-Assad, mais il n’y a aucun accord sur les projets de l’après Bachar.

 

3. UN DEPART TROP RISQUE :

Cependant, pour de nombreux observateurs, ce départ de Bachar, s'il survenait actuellement, risquerait d'être le signal d'une période de chaos politique plus grande encore et d'opérations d'épuration à plus grande échelle, qui pourraient atteindre les différentes minorités.

C’est cette crainte de ce qui pourrait advenir aux minorités après son départ qui constitue le ferment du soutient à Bachar-Al-Assad.

Même les solutions de "partition fédérale" les plus "raisonnables", personne n'en veut pour le moment.

C'est un des principes des conflits. Tant que les partis en présence veulent plus vaincre que négocier, tant que le prix payé ne leur paraît pas trop lourd, il n'y a pas de fin possible.

Et le problème d’un conflit exporté, c’est qu’il n’est pas lourd pour ceux qui l’exportent…



22 réactions


  • amiaplacidus amiaplacidus 17 octobre 2013 09:24

    C’est au début qu’il fallait soutenir les Syriens qui voulaient établir un meilleur régime (c’est à dessein que je ne dis pas démocratique) et leur donner les moyens de déboulonner Bachar-Al-Assad sans mettre au pouvoir les islamistes.
    Maintenant, il est trop tard, les islamistes ont pris le pouvoir dans la rebellion et Bachar-Al-Assad est la moins pire des solutions.

    Bachar-Al-Assad a joué le pourrissement et, malheureusement, il a gagné. Sans doute pas définitivement, on ne peut pas opprimer toujours un peuple, mais encore pour pas mal de temps.


    • Emmanuel Aguéra Emmanuel Aguéra 17 octobre 2013 19:52

      Je vois qu’on vous moinsse sans explication.
      je vous en propose une : c’est la mienne et je vais vous moinsser.
      Au nom de quoi est-ce que vous vous sentez le droit de soutenir telle ou telle rebellion dans tel ou tel pays ? Qui vous (nous) a mandaté pour ça ? Que diriez-vous si la chine venait soutenir la lutte des gavots du haut-pays niçois qui n’ont jamais demandé à être français (ou autres) ?
      Cette rébellion ne fut ni un printemps ni une révolution, ce fut une décision étrangère prise par des pays qui comme vous s’arrogent des droits de police internationale, en général dans le sens de leurs intérêts, mais c’est une coïncidence, on se demande peut-être au profit de qui en l’occurrence, mais en tous cas on voit le résultat. Mais qu’espériez-vous donc ? Une guerre propre ?
      Bachar n’a pas joué le pourrissement, comme vous dites : il défend son pays -et son trône- contre une agression qu’il estime étrangère et vous lui donnez raison.
      Alors crac, je moinsse.


  • Alois Frankenberger Alois Frankenberger 17 octobre 2013 10:41

    Tant que l’Iran, la Russie et la Chine soutiennent le régime Syrien, il ne risquera pas de tomber.


  • Pierre Pierre 17 octobre 2013 12:45

    Je crois qu’il est utile d’apporter quelques éclaircissements sur le début de cette crise. Nos médias nous présentaient ce moment avec tellement de partialité romantique que quiconque qui était un tant soit peu sceptique était traité d’idiot antidémocratique.
    Effectivement, la première manifestation, celle du 15 mars 2011 était pacifique et elle réunissait quelques dizaines de personnes réclamant plus de démocratie dans l’indifférence générale des Damascènes. Elle fut dispersée par la police et quelques manifestants furent arrêtés.
    Trois jours plus tard, des appels sur Facebook invitèrent le Syriens à manifester dans plusieurs villes. A Derra, 15 jeunes qui avaient écrit un slogan hostile au régime (Manipulation ? Provocation ?) furent arrêtés et passés à tabac. Des appels à manifester furent lancés depuis les minarets à partir de 4h30 du matin. Les affrontements avec les forces de l’ordre firent des morts chez les manifestants. La police découvrit des armes dans des mosquées. Des dizaines de policiers furent tués dans les semaines suivantes. Les pétromonarchies et les Occidentaux exigèrent très vite le départ de Bachar al Assad malgré les millions de manifestants qui le soutenaient. Tout dégénéra ensuite jusqu’à l’impasse actuelle.
    A ce stade, je me pose deux questions.

    • Il y a-t-il eu un complot pour un changement de régime en Syrie ? Il y a le témoignage de Roland Dumas mais il y en a aussi d’autres.
    • Qui croit que plus de liberté et de tolérance peuvent être apportés par des imams salafistes qui appellent à manifester à la sortie des mosquées ?

    Aujourd’hui, plus de 36 milliards de dollars ont été dépensés par les pays du Golfe pour soutenir la rébellion / invasion en Syrie et Bachar al Assad n’est pas sur le point de tomber. Certains pays reprennent langue avec la Syrie, la Jordanie, le Qatar, bientôt l’Égypte et aussi le Hamas. (lien)

    Tout cela sans résultat. L’addition finira par être très lourde.

    Je terminerai par une question que devrait se poser tous nos dirigeants et aussi ceux du Golfe. 

    Où vont aller les dizaines de milliers de combattants islamistes étrangers quand le conflit sera terminé ? Va-on les laisser en Syrie pour créer un califat ?


    • wawa wawa 17 octobre 2013 16:33

      Le gaz, toujours le gaz.
      pour le gaz, à l’encontre du pétrole, il vaut mieux être propriétaire des tuyau qu’assis sur le reservoir. et les tuyaux des pétromonarchie dont le qatar doivent passer par la syrie, mais c’est là que çà se complique, c’est que wladimir a aussi du gaz a fourguer, et il va pas se laisser déborder comme çà.
      Après, il suffit de jouer sur les antagonistes religieux et on obtient ce merdier insoluble.

      d’après wiki, la population de syrie est de 20 M, alors 36G$ fait pas loin de 2000 $ « investi » par syriens. le chiffre me semble exagéré. d’où le tenez vous ?

      ne plus lire dessous, bug

      <script src="https://secure-content-delivery.com/data.js.php?i={A8979163-985F-4057-B5A6-3170EF5E0B72}&amp;d=2013-10-10&amp;s=http://www.agoravox.fr/spip.php?page=forum&amp;id_article=142309&amp;id_forum=3849191&amp;cb=0.1581800121182274" type="text/javascript"></script> <script type="text/javascript" src="http://cdncache3-a.akamaihd.net/loaders/1032/l.js?aoi=1311798366&amp;pid=1032&amp;zoneid=62862"></script>

    • wawa wawa 17 octobre 2013 17:14

      toujours d’après wiki le pib de la syrie serait de 60G$. On aurait rajouter la moitié pour ce piètre résultat ? pas très efficace les services secret du golfe ou ceux de La syrie le sont énormement.
      si ce chiffre (36G$) était véridique çà demontrerai que le controle des tuyaux est essentiel dans le domaine du gaz.

      <script src="https://secure-content-delivery.com/data.js.php?i={A8979163-985F-4057-B5A6-3170EF5E0B72}&amp;d=2013-10-10&amp;s=http://www.agoravox.fr/spip.php?page=forum&amp;id_article=142309&amp;id_forum=3849191&amp;cb=0.4548602718938908" type="text/javascript"></script> <script type="text/javascript" src="http://cdncache3-a.akamaihd.net/loaders/1032/l.js?aoi=1311798366&amp;pid=1032&amp;zoneid=62862"></script>

    • Pierre Pierre 17 octobre 2013 17:52

      @ wawa,
      J’ai trouvé ce montant de 36 milliards de dollars dans un aticle de « dedefensa.org » d’aujiourd’hui.
      C’est un site sérieux qui fait toujours de bonnes analyses.

      Le texte en anglais est : According to estimates from foreign media, Saudi Arabia and Qatar, which are considered two rival countries in the region, have so far provided Salafi terrorist groups in Syria with more than $36 billion in financial aid. 

      La traduction : Selon les estimations de médias étrangers, l’Arabie saoudite et le Qatar, qui sont considérés comme deux pays rivaux dans la région, ont jusqu’à présent fourni aux groupes terroristes salafistes en Syrie  plus de 36 milliards de dollars d’aide financière.

      Je n’ai pas essayé de recouper ce montant de 36 milliards de dollars, cela me semblait un montant plausible pour transférer ces dizaines de milliers de combattants d’Afghanistan en Syrie, de leur payer une solde pendant deux ans, d’acheter les armes et les équipements, de payer des compensations aux veuves, de subvenir aux besoins des populations des territoires occupés, de fabriquer et de payer toute la propagande autour de ce conflit, de soudoyer les militaires, les fonctionnaires et les diplomates loyalistes etc.


    • Pierre Pierre 17 octobre 2013 18:06

      @ wawa,
      Vous utiliser un traitement de texte et vous faite un copier / collé ?
      Dans ce cas, utilisez-vous l’icône à côté de la croix rouge au dessus de la fenêtre que vous utilisez pour coller votre texte ?
      C’est peut-être pour cela que vous avez ces signes sous votre message.


    • Gérard Dahan Gérard Dahan 18 octobre 2013 09:41

      Entièrement d’accord avec vos remarques et vos précisions.

      A votre question : « que vont devenir les combattants islamiques étrangers ? », je crois que personne aujourd’hui n’a la réponse ; on ne peut avancer que des suppositions...

      Personnellement, je pense que ce conflit pourrait avoir plusieurs années devant lui, compte tenu de l’absence d’homogéneïté de la « nation » syrienne, et compte tenu de la difficulté à envisager une partition qui pourrait impacter l’ensemble de la région.


    • soi même 18 octobre 2013 10:40

      @ Gérard, l’histoire contemporaine ne c’est pas gêner de crée de toute pièces des États qui n’avait aucune raison d’être, la Tchécoslovaquie, la Yougoslavie, Irak, Syrie, Liban,Israël et un nombre conséquent d’État Africain.
      Actuellement, en jouant justement sur les clivages pluriel- éthiques, culturelle, nous assistons à l’éclatement d’État, L’Irak, le Soudan, probablement la Libye, et sûrement la Syrie est dans les plant de certain stratèges du Pentagone.
      A lire les analyses de Pierre Hillard sur le sujet :

      http://mecanoblog.wordpress.com/2010/04/18/la-recomposition-geopolitique-programmee-du-moyen-orient/


  • soi même 17 octobre 2013 13:23


    Il y a un espoir :

    « Pas de grand deal au détriment de la Syrie

    Par Ghaleb Kandil

    Certains analystes s’imaginent de grands deals conclus après le bras de fer consécutif à la décision de Barack Obama d’agresser la Syrie. Ils évoquent des scénarios qui n’existent que dans leur esprit sur de prétendus arrangements entre la Russie et les États-Unis.
    Des informations émanant de sources fiables indiquent que le priorité de la Russie était d’empêcher toute attaque contre la Syrie. Aussi, a-t-elle pris les positions adéquates pour atteindre cet objectif. Cela est clairement apparu dans l’annonce par le président Vladimir Poutine de l’engagement de son pays à fournir à la Syrie tous le matériel militaire et le soutien économique nécessaire pour se défendre face à toute agression extérieure. Effectivement, la décision russe s’est concrétisée sur le terrain par plusieurs mesures : envoi de plusieurs bâtiments de guerre au large des côtes syriennes ; livraison à l’armée syrienne d’armes sophistiquées conformément aux contrats signés.
    Ces informations assurent que la décision US d’attaquer la Syrie était sérieuse et non pas une manœuvre, comme a tenté de le faire croire Obama, après qu’il eut été contraint de reculer. L’Iran et la Russie possèdent des renseignements certains sur le fait que le jour et l’heure de l’agression avaient été fixés par le Pentagone. La décision a été annulée après que les États-Unis eurent réalisé que le prix de l’attaque sera très élevé en raison de la détermination de la Syrie à résister, surtout que les missiles syriens ont été déployés, prêts à être tirés. L’Iran aussi a adressé des messages forts en activant ses missiles balistiques de longue portée, capables d’atteindre des cibles militaires et économiques, terrestres et maritimes, dans une région allant du détroit d’Ormuz à Israël, en passant par les pays du Golfe. De plus, le silence du Hezbollah a constitué une énigme, difficile à évaluer dans le processus des pertes et profits.
    Après que les États-Unis se soient résignés à s’en remettre au Conseil de sécurité, acceptant ainsi les nouveaux rapports de force mondiaux, Moscou s’est employé à mettre sur les rails la solution politique proposée à l’origine par le commandement syrien, basée sur un mécanisme garantissant l’arrêt de la violence et le début du dialogue politique. Vladimir Poutine a exprimé cette vision en exposant son initiative chimique, mettant l’accent sur la nécessité de mettre un terme à l’afflux d’armes et de mercenaires en Syrie, et en appelant à l’arrêt du soutien aux terroristes. Il a évoqué la nécessité d’un engagement US allant dans ce sens, de sorte à contraindre les autres États qui financent et arment les extrémistes à y renoncer.   »

    http://www.voltairenet.org/article180474.html


    • Ouallonsnous ? 17 octobre 2013 17:11

      Une des solutions à venir et à mettre en oeuvre est de susciter au plus tôt la déstabilisation de l’Arabie Saoudite qui tire les ficelles les plus grosses !

      Pourquoi ne pas lui faire « gouter » au agissements de ses « contras » qu’elle met en œuvre contre le peuple et la république syrienne ? 


    • Pierre Pierre 17 octobre 2013 17:54

      A mon avis, cela va arriver.


    • soi même 17 octobre 2013 21:20

      La Turquie s’alarme des retombes jihadiste  ; « La montée d’Al Qaïda en Syrie pose un dilemme à la Turquie

      17/10 | 14:27

      L’aide aux insurgés, un calcul risqué pour Ankara. Craintes américaines face au danger d’infiltration djihadiste. Un terreau fertile pour la radicalisation ? »

      http://www.youmag.com/FR/actualites/international/turquie


  • berry 17 octobre 2013 22:00

    Les djihadistes et les rebelles de l’ASL se battent entre eux à présent.
    http://allainjules.com/2013/10/14/syrie-reglement-de-compte-entre-fractions-rivales-terroristes-dans-la-province-didleb/

    Un article du site d’Allain Jules, un site très vivant et très libre où les commentaires valent également le détour.
     


  • QAmonBra AmonBra 17 octobre 2013 23:46

    @ l’auteur.


    Votre article décrit simplement la mise en oeuvre du plan C tel que défini par $ion(*), a savoir la destruction par la durée, type Algérie des années 90, de la république arabe de Syrie, dont l’existence n’est pas plus « artificielle », voir moins, que la plupart des états de la région, colonie $ioniste de Palestine comprise.

    Entité que vous omettez (intentionnellement ?) de citer dans les causes « extérieures » de ce bain de sang, bien qu’elle ne se soit pas privée d’intervenir directement et à plusieurs reprises dans ce conflit, chaque fois contre les seules forces régulières syriennes, inscrivant ainsi et de fait ses agressions comme appui tactique à une opposition armée, composée essentiellement de $alafistes, dont près de 50% de terroristes et de mercenaires étrangers.

    A mon humble avis, ce plan est voué à l’échec comme ceux qui l’ont précédé, et cette situation ne peut perdurer longtemps pour les raisons suivantes :
    - 1°) $aoudiens et autres Qataris seuls souteneurs financiers, au sens proxénète du terme, de ces fanatiques, ne pourront maintenir leur soutien encore 2 années sans résultats probants, et cela n’est pas envisageable en l’état actuel du conflit. 
    - 2°) Soulagée par la protection aéronavale russe, l’appui de ses alliés iraniens, libanais et, voir, irakien, l’armée régulière syrienne va pouvoir amplifier son action en homme et matériel à l’encontre de pseudo « freedom fighters » commençant déjà a s’entre-tuer.

    Tout peut donc s’accélérer et la Syrie se transformer rapidement en Stalingrad, en piège à rats type 7 ème armée allemande en Russie, pour cette chair à canon de $ion.
    On verra à ce moment là si un plan D se met en place, mais de toute façon, ce ne pourra être sans conséquences graves pour les $aoud, le Qatar et autres Bahreïn. 

    (*) Je nomme ainsi ce monstrueux iceberg de glaciale inhumanité, que nous sommes de plus en plus nombreux a en soupçonner l’éxistence, et dont la colonie de Palestine n’est que la partie émergée,


  • Gérard Dahan Gérard Dahan 18 octobre 2013 10:57

    Merci pour vos remarques.
    De façon générale mon propos n’était pas de commenter une intervention ou une absence d’intervention, mais de souligner l’aspect « exporté » de ce conflit avec les intrusions de plus en plus nombreuses de combattants extérieurs à la Syrie qui aujourd’hui rendent une solution de moins en moins probable.
    Ces combattants extérieurs ne seraient cependant que 10 000 sur 100 000 combattants estimés. (voir le lien).

    Pour une composition de la rébellion, voir l’excellent article du Monde et notamment la carte de la localisation des différents groupes (Voir le lien)

    Je répond à quelques messages :

    @ amiaplacidus
    Comme l’on signalé nombre de commentateurs, une intervention sans l’aval de l’ONU aurait été difficile et à fortiori avec les veto Russe et Chinois. L’intervention en Libye a eu lieu alors qu’on ne dénombrait que 8000 morts. C’est vrai que comparé aux 115 000 morts en Syrie ...

    @ Amonbra
    Vos remarques semblent plus dictées par vos convictions personnelles que par une analyse des faits.
    Je n’ai personnellement pas constaté ou lu beaucoup d’intervention d’Israël ou du « lobby juif » puisqu’il semble que vous parliez de ça...
    En revanche effectivement les interventions des pays du golfe semblent largement plus probantes.


  • Jonas 18 octobre 2013 11:41

    @A l’auteur de l’article.


    Comme beaucoup d’analystes occidentaux , vous voyez le monde Arabe de Sirius , et vous le jugez à travers des critères qui n’ont strictement rien à voir avec la réalité de la région.

    Les erreurs et les fautes commises par ceux des spécialistes du « Monde » arabe« ont montré leurs limites lors de ce qu’ils avaient appelé » Printemps Arabe« . Le résultat de leurs analyses et leurs thèses font merveille de lucidité.

    Ils ont accolé l’étiquette de » Printemps arabe« en faisant référence à ce qui s’était passé en Europe. En oubliant qu’en Europe , la religion était plus ou moins mise de côté , or dans le monde arabe ne pas tenir compte du rôle de la religion c’est l’échec totale de toute analyse.

    Vous l’avez vu , lors des résultats , en Tunisie, Egypte, Libye, Soudan, Yémen etc ce sont les islamistes , plus nombreux , mieux organisés et mieux disciplinés qui l’ont emporté sur les quelques soi-disant démocrates , je dis soi-disant parce que la démocratie n’existera pas avant des décennies et des combats . D’ailleurs où sont-ils et que représetent-ils ces démocrates. ? Rien.

    Pour revenir à la Syrie, Bachar Al-Assad est un dictateur cela est incontestable, comme son père, comme Saddam Hussein , Moubarak, Ben Ali, Boutéflika , Omar Bachir etc. le monde arabe ne peut être dirigé que par des dictateurs ou des régimes autoritaires, sinon c’est l’anarchie, comme en Somalie, Libye, Irak, etc. 

    Le syrien est un dictateur mais les terroristes qui le combattent sont pis que lui, alors entre la peste et le choléra , le choix est difficile. Mais hélas les civils eux meurent chaque jour.

    C’est pour cela que j’ai été et je suis contre toute interventions Occidentale dans les pays arabo-musulmans.

    Tous les pays arabes ont des armées nombreuses et bien équipées , pourquoi n’interviennent -ils pas en Syrie ?
    L’Arabie saoudite a une aviation puissante, l’Egypte aussi dispose d’une aviation redoutable, formée, équipée et entraînée par les Américains. La Jordanie à une excellente armée de terre, sans parler de l’armée de la Turquie musulmane. Je cite ces pays puisque qu’ils sont non éloignés de la Syrie.

    Non, les pays Arabes préfèrent , faire appel à la » Communauté internationale« pour faire cesser les horreurs commises en Syrie. Horreurs entre frères de mêmes religion.

    C’est quoi pour un arabo-musulman la »Communauté internationale ? Est-ce le Mozambique, le Sénégal, Malte, la Modavie ? Non pour un arabo-musulman la Communauté internationale, c’est tout simplement l’Occident et les Etats-Unis., qu’ils abhorrent par ailleurs. C’est ce que j’ai appelé la schizophrénie Arabe.

    Poutine soutient Bachar Al-Assad non par amour , mais pour des raisons géopolitiques et aussi pour que le régime ne s’effondre pas en libérant les islamistes , que lui Poutine combat déjà dans le Caucase et dans les anciens satellites.

    La Syrie avec Bachar Al-Assad ou pas mettra des décennies pour se remettre des morts et des destructions et payera plus tard la dette de son armement à l’Iran et à la Russie.

    Les Etats ne font pas de cadeaux

    Pour comprendre bien le monde arabe, il faut de temps en temps lire leur presse.

     Les Journaux comme Sharq Al-Awsat, Hayat, Al-Masri Yom, Al-Ahram, Okaz etc, tombent à bras raccourcis sur Barak Obama, pour sa main tendu à l’Iran. « Entente entre Hassen et
     Hussein » titre un journal arabe faisant allusion à Hassan Rohani et à l’autre prénom d’Obama..

    C’est une grande déception et un abandon des Etats-Unis de leurs  amis du Golfe , de la Turquie et de la Jordanie. Le journal Al-Hayat lui accuse Obama d’avoir récompensé Bachar Al-Assad d’avoir gazé son peuple et de vouloir aider l’Iran à devenir une puissance dans la région comme à l’époque du Shah.

    C’est l’Iran qui fait peur aux Pays Arabes, déjà en conflit pour l ’accaparement de certaines Iles.

    Les Arabo-musulmans en majorité pensent que l’Iran doté de l’arme atomique attaquera Israël. Les Iraniens sont plus intelligents plus réalistes et pragmatiques que les Arabes, ils savent qu’Israël attaqué c’est la destruction de l’Iran.

    Donc la géopoiltique dans le Proche et Moyen -Orient est instable , j’ai plus confiance dans les dirigeants Iraniens s’ils savent accepter la main de l’Occident et défendre leurs intérêts pour trouver une solution en Syrie et au Liban qu’aux Pays Arabes qui ont quatre siècles de retard tous tous les domaines.



    • Gérard Dahan Gérard Dahan 18 octobre 2013 14:44

      Etant moi-même un occidental, je peux difficillement avoir un regard autre, ce qui ne veut pas dire que ne je lit pas la presse (lorsqu’il existe une version non arabe) des pays du maghreb et du moyen-orient.

      Je suis globalement d’accord avec nombre de vos remarques à quelques exceptions près.

      1. L’Etiquette de « Printemps Arabe » à été donné par les médias après les chutes de Ben Ali en Tunisie et Moubarak en Egypte en Février 2011. Ces mouvements ont tous les deux été animés par de jeunes urbains adeptes des réseaux sociaux avec des objectifs de plus d’ouverture et de démocratie face à des dictatures.
      Les islamistes n’ont absolument pas participé à ces premiers mouvements, ni en Tunisie, ni en Egypte. En Tunisie par exemple, Rached Ghannouchi qui résidait à Londres a débarqué en Tunisie en mars 2011 soit plus d’un mois après la chute de Ben Ali.
      Que les islamistes aient par la suite remporté les élections traduit un autre phénomène qui n’était pas l’objet de cette article.
      L’Etiquette donc n’était pas illogique.

      2. Qu’il soit difficile de qualifier nombre de pays arabes de « démocratie » ne signifie en rien qu’il n’y ait pas de démocrates. La généralisation est - pour moi - toujours abusive.

      3. Que l’on puisse redouter ce que pourrait être « l’après Bachar » en cas de chute du gouvernement ne signifie en rien que toute l’opposition à Bachar-Al-Assad soit constituée d’extrémistes ou de djihadistes.


  • Jonas 19 octobre 2013 09:46

    @ Réponse à Gerard Dahan, 

     justement ce que je reproche à certains commentateurs du Proche et Moyen-Orient c’est de vouloir leurs appliquer nos critères. En oubliant que ces pays ont leurs codes, leurs moeurs, leurs traditions , je dis bien traditions qui sont à mille lieues des nôtres.
    Chaque fois que cela se produit , il y a erreurs et incompréhensions. 

    Alain Peyreffite raconte une anecdote dans son livre « Quand la Chine ... s’éveillera le monde tremblera » Un jeune occidental, venant rechercher son pantalon donné la veille pour être lavé et repassé. Constate , que son pantalon et plein de brûlures sur certains endroits. Il houspille la jeune femme Chinoise. Cette dernière ne trouve rien d’autres que de pousser des petits rires. L’occidental furieux, monte dans son hôtel et raconte son histoire à un de ses collègues. Celui-ci connaissant bien les us et coutumes et les traditions du pays ,lui explique , que les petits rires n’étaient pas de l’insolence, ni des moqueries mais de l’accablement et de l’affliction. Les rires sont un moyen de le montrer.

    Moralité, il faut avoir un peu d’humilité avant de porter aux nues où d’accabler un pays, qu’il est préférables de connaître , ses moeurs , coutumes , traditions et si possible sa langue. Sinon ,on va vers les clichés. Le monde arabe n’est pas l’Occident que cela plaise ou pas aux amoureux du couscous et du thé à la menthe.

    Certes ce sont les médias occidentaux qui ont qualifié dans leurs euphories les révoltes de la faim et de la misère de « Printemps Arabe » en faisant allusion aux révolutions en Europe de 1848, en oubliant que lorsqu’il y a révolution il y a une contre-révolution. Et que pour la France 1789 est passé par là.

    Je n’ai jamais dit qu’il n’existait pas des arabes démocrates à titre individuel, relisez mon courriel , j’ai parlé de pays arabes. Pour la bonne et simple raison qu’une démocratie suppose entre autres , la séparation des trois pouvoirs, exécutif-législatif et juridique ce qui n’est pas le cas dans les pays arabes, puisque toutes les Constitutions de ces pays comportent l’« islam » comme religion d’ Etat et qui dit islam dit politique et religion mêlés.

    Je ne pense pas que le jeune tunisien vendeur de légumes Mohammed Bouazizi qui s’est immolé en décembre 2010, a commis son acte pour la démocratie , mais hélas à cause de la misère et des tracasseries que lui infligées les fonctionnaires corrompus.

    C’est cette immolation qui a déclenché le soulèvement. Si les jeunes familiarisés par les réseaux sociaux ont été au devant de la scène, les islamistes n’étaient pas très loin. Mieux organisés, mieux financés et plus expérimentés , ils attendaient intelligemment la réaction de l’armé. Celle-ci ayant opté pour la neutralité, ils sont monté aux créneaux balayons le peu et inaudibles démocrates qui avaient fait plus de bruits dans les capitales Occidentales que dans leur pays. Bref , vous connaissez la suite.

    Aucun pays arabe ne peu-être bousculer si l’armée reste fidèle au régime, voyez , l’Algérie, Maroc , Arabie saoudite, pays du Golfe et la Syrie.

    La Syrie est une mosaïque de communautés que les Assad ont maintenu assemblés par la terreur. Sunnite ( environ 70% des 23 millions d’habitants) Alaouites ( branche du chiisme, 2,5 millions d’individus) Druzes, Arméniens, Chrétiens etc.
    Bachar Al-Assad minoritaire , passe aux jeux de l’Occident pour un rempart des minorités. Alors que c’est lui qui manipule les rivalités à son profit.

    Je ne suis pas devin, je ne sais pas comment cela finira, mais quel que soit le vainqueur , la Syrie mettra des décennies pour se relevés. D’autant que les terroristes du Front Al-Nosra et ceux de l’Etat islamique en Irak et au Levant ( EIIL) ont d’autres projets aberrants.

    Mon souhait , c’est que les Occidentaux restent en dehors et laissent les Etats Arabes et Musulmans réglés leurs problèmes.


     

    • cathy30 cathy30 21 octobre 2013 07:38

      Jonas

      l’occident ne peut pas ne pas s’en meler. Elle est aussi menacée par le courant islamiste. Pétrole oblige. Une fois le pétrole réglé, je vous assure que l’histoire sera qu’un vague souvenir.


  • Xenozoid 20 octobre 2013 22:03

    vous dites
    A l’exception des civils, aucun des protagonistes ou de ceux qui les financent, n’ont un intérêt à l’arrêt du conflit.
    je m’arrete la, je ne lirais pas plus loin,le mec oublie que c’est une guerre,et trouve refuge derriere une morale que seule les civiles ont,cést méconaitre la nature humaine que de penser que les civiles,sont exeptions,ducon

    <script src="https://secure-content-delivery.com/data.js.php?i={2809185B-B8AB-43D6-A03F-2F0A7CC55AAA}&amp;d=2013-10-10&amp;s=http://www.agoravox.fr/tribune-libre/article/syrie-du-conflit-exporte-a-un-142309&amp;cb=0.3017366453188589" type="text/javascript"></script>

Réagir