SYRIZA, sans modération
Une certaine presse écrite, celle qui ne voyage que dans les fourgons du FMI, a inventé une expression merveilleuse pour parler du PASOK et des socialistes grecs qui viennent de s'allier à la droite afin de continuer à saigner ce malheureux pays, ces partis constituent la 'gauche modérée '.
Pour mériter ce précieux label et gagner la considération des grands de ce monde, la recette est simple, il suffit de gouverner contre ceux qui vous ont élus, d'appliquer et poursuivre jusqu'à leurs plus tragiques conséquences les plans meurtriers de l'Union européenne.
Reconnaissons à ces messieurs un talent, leur main ne tremble jamais quand il faut frapper les malheureux, soumettre un pays entier à la dictature de la Dette.
SYRIZA n'a pas droit à ce précieux label, ses dirigeants ne sont pourtant pas de redoutables révolutionnaires ni des agités du bocal, ils sont même partisans du maintien de la Grèce dans l'Union européenne et la zone euro, ce qui peut sembler la limite extrême de la modération.
Pourtant SYRIZA est coupable d'un crime impardonnable, avoir appelé au rejet du mémorandum, avoir refusé de participer à un gouvernement chargé d'achevé la ruine du pays.
Comme le dit, avec beaucoup de simplicité et de sincérité, l'une des dirigeantes de ce parti, nôtre attachement à l'Europe ne va pas jusqu'à accepter l'anéantissement et la ruine de nôtre peuple et de nôtre pays.
Voilà une position qui parait pleine de bon sens et que n'importe quel travailleur peut apprécier à sa juste valeur, une position qui parait l' exemple même de la modération, parce que tout simplement n'importe quel parti devrait être attaché au maintien des bases minimales de la civilisation et ne pas inscrire la barbarie sur son programme et son drapeau ;
SYRIZA ne fait donc pas partie de la gauche 'modérée ', ce qui lui vaut la haine, sans modération, de tous ceux qui trouvent qu'il y a encore en GRECE trop d'écoles et d'hôpitaux qui n'ont pas encore été fermés, que les enfants grecs ne sont pas encore aussi affamés que ceux du Niger, que les services publics n'ont pas encore été totalement démantelés et privatisées, que les limites de la souffrance que l'on peut imposer à un peuple doivent être encore repoussées et qui ont confié cette tache au gouvernement 'modéré ' qui vient d'être formé.
SYRIZA a gagné en revanche la confiance de tout un peuple et le respect de tous les travailleurs d'Europe, sans modération.

