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Tamerlan Tsarnaev, ambassadeur tchétchène de la CIA ou du FBI ? (1) - AgoraVox le média citoyen
jeudi 9 mai 2013 - par morice

Tamerlan Tsarnaev, ambassadeur tchétchène de la CIA ou du FBI ? (1)

L'aîné des frères Tsarnaev demeure aujourd'hui encore une énigme. Mais des éléments d'informations découverts depuis semblent bien démontrer qu'il avait bien eu des contacts avec la CIA, notamment lors d'un (long) séjour au Daghestan, voisin de la Tchétchénie. En 2008 déjà, on avait fortement supposé que des leaders extrémistes auteurs d'attentats en Russie, tels que Shamil Basaïev (mort en 2006, tué par le FSB) et Al Khattab (mort le 20 mars 2002 d'une lettre imprégnée de sarin) s'entrainaient dans des camps au Pakistan, sous le regard à la fois de l'ISI et de la CIA (*), un phénomène qui sera décrit par le juge Brugière, qui le tiendra des interrogatoires menés contre des extrémistes islamistes français arrêtés là-bas. Lors de sa visite au Daghestan, Tamerlan Tsarnaev aurait paraît-il en effet rencontré des gens placés sous le regard attentionné de la CIA, (voire la CIA elle-même !) via des intermédaires venant de Georgie, pays on le sait, pro-américain depuis l'élection de Mikheil Saakachvili l'homme de Washington aux tourments mafieux (il est soupçonné depuis toujours de jouer dans son pays le même rôle que joue Karzaï en Afghanistan)... derrière tous ces micmacs ; on note la présence de faucons néocons orbitant autour du candidat républicain malheureux McCain, et des américains de l'administration US, avec au premier chef le nouvel ambassadeur US à Moscou, dont l'attitude vindicative a beaucoup surpris dès sa nomination dans la capitale russe... un mois avant le marathon sanglant, les relations diplomatiques américano-russes étaient loin d'être au beau fixe, chacun s'accusant en effet d'être allé trop loin !!! Retour sur ceux qui ont pu influencer l'aîné des Tsarnaev...

La présence américaine auprès des dissidents a régime de Vladimir Poutine, on s'en doute depuis longtemps, tant, je vous l'ai déjà dit l'itinéraire du leader insaisissable Tchétchène ressemble comme deux gouttes d'eau à celui de Ben Laden. Mais en janvier dernier, à Moscou même, cette présence a paru bien trop... voyante, avec des dissidents venus battre le pavé devant l'ambassade américaine et y être reçus par le nouveau locataire des lieux, le fort surprenant Michael A. McFaul, membre de "l'International Forum for Democratic Studies of the National Endowment for Democracy" (plus communément appelée "NED"), mais aussi de la de la Hoover Institution, devenue fief anticommuniste en 1994 avec l'arrivée de W. Glenn Campbell, l'ancien directeur du fort droitier American Enterprise Institute, et du Center for International Security and Cooperation and the Center for Democracy de Stanford. Un think-tank ayant comme dirigeant William J. Perry qui a été le 19 eme secretaire de la Défense de février 1994 à janvier 1997 (sous Clinton donc, où il a été plutôt un partisan du rapprochement avec les russes, d'ailleurs). Le NED recevant, pour son fonctionnement, une partie des fonds octroyé à l'USAID, cette aide humanitaire qui sert de paravent à beaucoup d'activités d'espionnage aux USA (elle vient de se faire virer de Bolivie !) fait figure d'association qui est tout sauf neutre, en effet. Le NED étant aussi spécalisé dans l'agitation extérieure, touchant des pays susceptibles d'être "infectés" par des idées "communistes". Et ce depuis une longie date : en 1981, par exemple, en France,sous Mitterrand, c'est le NED qui aurait agi en sous-marin pour aider financièrement l'UNI, syndicat étudiant proche de l'extrême droite (crée en 1968), par seul peur de l'arrivée des communistes au gouvernement. L'UNI aurait ainsi "reçu 575 000 dollars entre avril 1984 et avril 1985 émanant du gouvernement des États-Unis par la National Endowment for Democracy et a également été soutenue par Irving Brown, le chef des relations internationales de l'AFL-CIO et éargeant à la CIA" nous rappelle Wikipedia (les stay-behind ne sont jamais loin on le sait dès que le communisme est cité...). Avec un soutien pareil, voilà l'ambassadeur fraîchement nommé catalogué tout de suite !

Car cet homme, "spécialiste des révolutions orange" (selon les russes) à peine nommé à Moscou, avait très vite montré de quel couleur il comptait marquer sa présence en Russie : "Le 17 Janvier, peu après que McFaul ait été nommé nouvel ambassadeur des Etats-Unis à la Russie et qu'il soit arrivé à Moscou pour assumer son poste, un certain nombre d'organisateurs et des participants de premier plan des manifestations russes 2011, ainsi que des personnalités des partis de l'opposition russe, ont visité l'ambassade des Etats-Unis à Moscou. Sur l'entrée de l'ambassade, ils ont été interviewés par les journalistes de télévision qui leur ont demandé pourquoi ils venaient rencontrer le le nouvel ambassadeur. Sur la vidéo plus tard montrée sur YouTube et intitulée "Получение инструкций в посольстве США" ("recevoir des instructions de l'ambassade des Etats-Unis)" des militants de l'opposition semblent troublés par l'attention médiatique inattendue. Plus tard, quand après avoir quitté l'ambassade et être une fois de plus encerclés par les journalistes, les militants ont répondu en déclarant que les journalistes répandaient la « propagande Surkovienne et n'ont fait aucune autre déclaration." Vladislav Surkov, c'est à préciser étant l'idéologue-phare du Kremlin depuis 2001, devenu depuis 2011 le vice-premier ministre chargé de la modernisation du pays. Visiblement, l'attitude du nouvel ambassadeur avait déplu en haut lieu à Moscou. D'être l'ami déclaré de l'opposant Lev Ponomarov étant un autre handicap pour lui.

Si l'incident n'avait fait aucune vague ici en Europe, à Moscou même cela n'avait pas été pareil : "l'incident a suscité une réaction très négative dans les médias et les blogs russes Les visiteurs de Michael McFaul incluaientYevgeniya Chirikova (membre de la Stratégie-31 et Khimki, un leader activiste), Boris Nemtsov (chef du parti de la "Liberté du Peuple"), Lev Ponomarev (militant des droits de l'homme du Groupe d'Helsinki de Moscou), Sergey Mitrokhin (leader du parti "Iabloko"), Oksana Dmitriyeva (chef adjoint de "Russie Juste"), Lilia Shibanova (chef du groupe de l'Association Golos, en russe  : ГОЛОС, "La Voix", Organisation civile de défense des droits et des libertés). Deux semaines plus tard, la journaliste Olga Romanova qui a géré les dépenses financières des manifestations de décembre, ont également visité l'ambassade américaine. Ils ont dit qu'ils avaient discuté des protestations russes et de la campagne de l'élection présidentielle des Etats-Unis avec McFaul". Bref, une ingérence caractérisée dans la vie politique russe, à la limite de la provocation, face à Vladimir Poutine... dont on connaît pourtant les réactions épidermiques. Pourquoi le nouvel ambassadeur avait-il agi ainsi, cela demeure inexpliqué (on songe à son inexpérience diplomatique, en premier comme explication) à moins d'avoir reçu des ordres de l'équipe d'Obama, ou d'avoir agi de son propre chef, celui qui le fait si fort pencher du côté des neocons, toujours prêts à en découdre avec le communisme, fut-ce t-il celui bien oublié pourtant de la russie actuelle, dont le libéralisme est flagrant. Non, en définitive, le nouvel ambassadeur ; qui n'est pas issu du sérail diplomatique, s'était montré fort... maladroit, dès ses premières apparitions en Russie. Pas sûr que sa méthode ait été la meilleure pour "détruire les stéréotypes hérités de la Guerre froide", ce qu'il clamait vouloir faire dès son arrivée. 
 
L'ambassadeur, le "non diplomate" comme on le surnommé déjà côté russe, avait d'emblée passablement énervé à Moscou, car il avait également "twitté", avec une certaine frénésie, et ce qu'il avait écrit n'avait pas davantage plu sur place semble-t-il : "Le ministère des Affaires étrangères (russe) a ajouté que McFaul avait émis une "déformation délibérée" de nombreux aspects des relations russo-américaines, lui reprochant son "manque de professionnalisme" en promouvan la propriété américaine d'une base militaire dans l'ex-pays soviétique du Kyrygzstan. « Le travail des ambassadeurs, comme nous le comprenons, est d'améliorer les relations bilatérales, et non pas de répandre des mensonges flagrants dans la médiasphère," avait répondu sèchement le compte du ministère des Affaires étrangères russes." McFaul jouait à l'ambassadeur-provocateur, ou à l'ambassadeur mêlé à d'autres choses moins avouables, comme l'avait été celui d'Albanie lors de l'affaire Diveroli et le dépôt de Gerdec ? L'ambassadeur John L. Withers II, très lié au fils magouilleur de l’ancien président, Shkelzen Berisha. Un dépôt, rappelons-le ici, géré par une société américaine, la société américaine SAC (Southern Ammunition Compagny , "Société des Munitions du Sud")... et qui a connu le sort que l'on sait, dès qu'on a commencé à s'intéresser de près à ce qui s'y passait... les ambassadeurs américains ont toujours été en service commandé, semble-t-il, et McFaul, qui annonçait vouloir abattre définitivement la guerre froide, la remettait debout dans les faits. Quel était le but exact visé ? La publication de la ligne "liste Magnitski" gélant les avoirs US de 18 magnats russes accusés d'atteintes aux droits de l'homme le 12 avril n'étant pas non plus pour arranger les choses. A peine parue, les tensions avaient fleuri de nouveau : "mais le département d’Etat veut sans doute calmer le jeu. Ce vendredi, Moscou a prévenu que la publication de la liste affecterait de façon négative les relations et entraînerait des représailles. Mais dans le New York Daily News, un membre de l’Heritage Foundation, un centre de réflexion conservateur, écrit : « Nous espérons qu’Obama choisira de s’aligner sur les valeurs américaines et respectera l’esprit de la loi adoptée par le Congrès »..." Bref, l'ambiance était déplorable entre les deux pays.
 
Harcelé et poursuivi par les journalistes russes, McFaul avait néanmoins "craqué" le 2 avril, en lâchant un « pays de sauvage ». « Ce que vous faites ne se passe dans aucun autre pays, que ce soit en Allemagne ou en Chine, seulement ici et avec vous... c'est une injure à votre pays  » qui lui avait valu les pires remontrances de la part de la presse moscoviteL'approche musclée de l'ambassadeur avait déplu, fortement déplu comme ont pu le dire les russes eux-mêmes dans RiaNovosti : "arrivé à sa deuxième journée de travail seulement, McFaul a été accusé par la télévision d'Etat de chercher à susciter un soulèvement populaire en Russie. "M. McFaul est venu en Russie pour travailler à sa spécialité - qui est, la fin de la révolution », à moqué le présentateur Mikhail Leontiev de Channel One, dans une référence au livre de 2002 du nouvel ambassadeur sur "La Révolution inachevée de la Russie » ( "Russia's Unfinished Revolution : Political Change from Gorbachev to Putin"). Depuis L'arrivée de McFaul est survenue environ un mois après que Poutine ait accusé avec colère la secrétaire d'Etat américaine Hillary Clinton de "donner un signal" pour les mouvements d'oppositions de la Russie (...)"... Revenu à son ambassade, ou sermoné par Obama, Mc Faul avait tenu à faire une mise au point, regrettant ses propos : "J'ai regardé NTV. Je me suis mal exprimé, en mauvais russe. Je ne voulais pas dire 'pays de sauvages'. Je voulais dire que les actions de NTV sont « sauvages ». Je respecte énormément la Russie"... etc, etc.. Selon la presse US, NTV a il est vrai des méthodes particulières d'investigation : "NTV - dont les méthodes ne sont pas sans rappeler celles de feu l'hebdomadaire de Rupert Murdoch, News Of the World - est notamment l'auteur d'un récent sujet, intitulé - « Anatomie d'une protestation » - dans lequel les auteurs montrent des manifestants anti-poutine recevoir des billets de banque (de la part de sponsors occidentaux, suggère NTV) pour récompense de leur participation au défilé anti-Kremlin"... le communisme abattu, place aux télés poubelles ? Toujours est-il qu'avant l'attentat de Boston, des deux côtés, russe et américain, le torchon brulâit. Le nouvel arrivé, fort peu diplomate, il l'avouait lui-même (c'est un scientifique au départ) s'était-il fait avoir par une presse vindicative russe, ou s'était-il fait aiguillonner par des opposants tous pris sous la coupe de neocons manipulateurs américains ? A-t-on fait monter la sauce avant de découvrir un attentat sur le territoire US fabriqué par des dissidents russes venus exporter leur opposition à Poutine ?
 
Dans cet ordre d'idées, certains évoquaient le fait que l'ambassade américaine apportait réellement et de fait depuis toujours un soutien direct aux opposants à Poutine, justement. L'attitude du nouvel ambassadeur en acceptant de les recevoir apportant de l'eau à leur moulin. L'approche directe des dissidents russes, pourquoi-pas, via l'ambassade, un jeu plutôt risqué, mais les américains seraient-ils déjà allés plus loin et auraient-ils été présents dans l'ombre de certains attentats en russie, commis par les tchétchènes, s'interrogeaient d'autres encore... Derrière le rideau, y avait-il toujours la CIA ? Ce qui est tout aussi risqué, mais... au final beaucoup moins voyant, et qui n'est pas non plus une nouveauté, à vrai dire ! Lors des attentats du métro de Moscou de 2010, revendiqués par le leader tchétchnène Oumarov, on avait déjà évoqué l'idée, tant les déclarations de "l'émir du Caucase" singeaient celles de Ben Laden. A voir le curricumum des organisations extrémistes de la région, on peut en effet penser qu'elles ont tout pour attirer les regards attentionnés de la CIA : "L'organisation de Basayev (Chamil Salmanovitch Bassaïev mort en 2006) fut également impliquée dans bon nombre de trafics, notamment les narcotiques, l'exploitation illégale et les sabotages d'oléoducs russes, le kidnapping, la prostitution, le commerce de faux dollars et la contrebande de matériaux nucléaires. Avec le blanchiment de l'argent de la drogue, les profits de ces activités criminelles furent également utilisés pour financer le recrutement de mercenaires et l'achat d'armes". Un véritable diplôme d'entrée à la CIA, pourrait-on croire !!! Comment également Bassaïev, interrogé par le journaliste russe Andreï Babitski (surnommé il est vrai aussi "le rase-Poutine") s'était-il retrouvé dans une interview diffusé par la chaîne américaine ABC, voilà qui serait intéressant à retrouver... Bref, présence de la CIA sur place avait été à plusieurs reprises évoquée... non sans fondements, semblait-il.
 
Une CIA soutenant des extrémistes islamistes, du genre de ceux qu'avait rencontré le juge Brugière dans son enquête sur les attentats en France dans les années 90. Brugière qui avait en effet dans son livre écrit en détail la filière qui menait invariablement aux zones tribales pakistanaises avec le cas de Willy Brigitte, qui avait décrit en détail les camps talibans... placés sous la protection bienveillante à la fois de l'ISI et de la CIA !!! C'est ce que Brigitte avait vu sur place, et dit devant le juge, en tout cas !!! Voilà qui nous ramène au Pakistan, au lieu des manipulations des services secrets depuis des années (les attentats de Mumbaï de sinistre mémoire en provenaient également, via l'intercession de Micheal Headley, autre personnage fort intriguant, ancien agent de la DEA). Des gens liés étroitement au Lashkar-e-Taiba, ce mouvement fondamentaliste né en 1981 en Afghanistan pour déménager 9 ans plus tard au Pakistan, ce qu'on a tendance à oublier. Hier encore, l'assassinat du procureur Chaudhry Zulfiqar (ici à droite) de n'est certes pas étranger à ce qui s'est passé dans la région. On songe déjà à l'armée pakistanaise ou l'ISI comme auteurs potentiels du crime. "D'autant que Chaudhry Zulfiqar travaillait sur une deuxième affaire sensible : il instruisait les poursuites dans le procès de sept cadres du Lashkar-e-Taiba. Ce groupe djihadiste local, qui a pignon sur rue, est réputé proche des services secrets de l'armée (ISI). Ces terroristes sont accusés d'avoir planifié, depuis le Pakistan, les attentats de Bombay (Mumbaï) qui avaient tué près de 170 personnes en 2008. Sur le banc des prévenus figure notamment Zakiur Rehman Lakhvi, cofondateur du Lashkar-e-Taiba. La justice pakistanaise le soupçonne d'être le cerveau des attaques. Il est en prison depuis décembre 2008. Décidément, la mort de Chaudhry Zulfiqar arrange beaucoup de monde." Ce monde est donc bien petit... puisqu'on retombe à chaque fois sur la même poignée d'individus... à savoir des terroristes prétendus islamistes suivis comme leur ombre par les services secrets de plusieurs pays. Récemment, en février dernier, le co-organisateur de l'attaque, Syed Zabiuddin Ansari, alias Abu Jundal, avait révélé que David Headley, ancien de la DEA américaine présenté lors de son procès vite escamoté comme un islamiste fraîchement converti, avait bien visité le camp où les attaquants de Mumbaï étaient en cours de formation en 2008. Un procès où l'on avait oublié de préciser ses fréquents aller-retours USA-Pakistan, qui n'avaient visiblement pas fait broncher la CIA ou le FBI...
 
 Selon Chossudovsky, en tout cas c'est très clair : "[En 1994] l’ISI pakistanaise a organisé un entraînement à la guérilla, doublé d’un endoctrinement islamique intensif, pour Besayev (ici à gauche) et ses lieutenants, dans la province afghane de Khost, au camp d’Amir Muawia, établi dans le début des années 80 par la CIA et l’ISI, et dirigé par le seigneur de la guerre afghan Gulbuddin Hekmatyar. En juillet 1994, après être sorti d’Amir Muawia, Basayev fut transféré au camp de Markaz-i-Dawar, au Pakistan, pour y recevoir un entraînement aux tactiques les plus sophistiquées de la guérilla. Au Pakistan, Basayev a rencontré les officiers de l’armée et des services secrets pakistanais du plus haut rang : le Ministre de la défense, le général Aftab Shahban Mirani, le Ministre de l’intérieur, le général Naserullah Babar, ainsi que le chef de la branche de l’ISI chargée de soutenir la cause islamique, le général Javed Ashraf (tous aujourd’hui à la retraite). Ces connections de haut niveau se sont révélées rapidement très utiles pour Basayev". Ces liens aussi forts, nés il a près de 20 ans, sont-ils susceptibles de perdurer jusqu'aujourd'hui ?
 
Les attentats attribués aux tchétchènes ont été à un moment montrés du doigt comme n'étant pas nécessairements tous d'origine tchétchène : Alexandre Litvinenko (**), un ex-lieutenant-colonel du FSB (le service de contre-espionnage de Russie), opposé à Vladimir Poutine, et retrouvé agonisant empoisonné au polonium, avait lui-même affirmé que le FSB était à l'origine de ces attentats. Passé au MI6, il avait tout intérêt à mouiller son corps d'origine ! La thèse de la CIA est tout aussi plausible, en ce cas. Les tchétchènes, entraînés eux aussi au Pakistan lors des premiers conflits séparatistes avec la Russie comme on vient de le dire (et donc aussi aidés par la CIA), dans les années 90, semblent avoir toujours intéressé en priorité les Etats-Unis, étant la bête noird des russes (ici en photo le président russe Medvedev à Makhachkala, en juin 2009, 4 jours après l'assassinat d'Adilgerei Magomedtagirov, ministre de l"intérieur du Daghestan qui avait comme devise "pas de quartiers"). Les tchétchènes étant devenus il faut le préciser au fil du temps de véritables mutants, étant passés du nationalisme pur et dur au djihadisme actif. On a beau avoir par la voix de Ramzan Kadyrov, le président installé par Moscou avoir décrété qu'il n'y avait officiellement plus d'opposants jihadistes en tchétchénie, dans des endroits clés comme le Daghestan frontalier, des actions sporadiques de harcèlement ponctuel continuent, des attentats ont lieu signés par les tchétchènes, ces irréductibles qui ne peuvent qu'avoir des supporters chez les traditionnels anticommunistes US. Des supporters prêts à aller jusqu'à où étant la question... aller jusque Boston ? C'est ce que nous verrons bientôt en effet...
 

(*) c'est en tout cas la thèse défendue par le controversé Michel Chossudovsky :

"En ce qui concerne la Tchétchénie, les principaux dirigeants rebelles, Shamil Basayev et Al Khattab, ont été entraînés et endoctrinés dans les camps financés par la CIA en Afghanistan et au Pakistan. Selon Yossef Bodansky, directeur de la task force du Congrès sur le terrorisme et la guerre non conventionnelle, la guerre en Tchétchénie a été planifiée au cours d’un sommet secret de l’internatonale HizbAllah tenu à Mogadiscio, en Somalie, en 1996. Ce sommet était suivi par Osama Ben Laden, ainsi que par des responsables de haut rang des services secrets iraniens et pakistanais. Ainsi, l’implication de l’ISI pakistanaise en Tchétchénie « dépasse largement la fourniture d’armes et d’experts : l’ISI et ses affidés islamiques radicaux prennent directement part à la guerre. »

(**) "Trois citoyens russes auraient déjà indiqué s’être rendus à Londres et y avoir rencontré l’ex-espion russe à l’hôtel Millenium, où la police a retrouvé des traces de polonium 210, affirme pour sa part le journal russeKommersant. Les trois hommes sont diplômés de la même école militaire et ont travaillé pour des agences de sécurité officielles. L’un d’entre eux, Andreï Lugavoi, un ex-agent des services secrets russes (FSB), qui a côtoyé Litvinenko pendant une dizaine d’années, avait aussi la charge de la sécurité de l’ancien Premier ministre russe Egor Gaïdar, qui a été victime d’un mystérieux empoisonnement lors d’un récent voyage en Irlande, le lendemain de la mort de l’ex-espion russe, à Londres."
 


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