mercredi 6 août 2014 - par alinea

Violence

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La violence est une pulsion de vie ; une pulsion légitime de survie. Certes nombre d'animaux proies ne l'ont pas, face au prédateurs qui les prennent au cou, car avant la violence, il y a la fuite. Mais les vaches ont des cornes, les chevaux des coups de sabots, et seul face à une biche, l'homme sera KO.

L'homme est la proie des proies, le plus faible animal, qui a conçu pour sa défense des outils , des armes. Mais il a ancré au fond de son cerveau primitif cette vérité ; son savoir ni son intelligence ne l'en protège, ainsi, il tuera la couleuvre aperçue bien que celle-ci, et il le sait, ne représente aucun danger : l'homme est la proie de sa propre peur. Et là réside tout son danger.

En développant son intelligence, pour la survie de son espèce, l'homme a traîné tout un tas de scories inutiles et nuisibles ; l'intelligence n'est pas pure, elle s'agrémente d'illusions, de fantasmes, de croyances, de certitudes non partagées, et surtout, elle n'aide pas à dépasser la peur initiale.

Il serait aussi prétentieux qu'inutile d'essayer de faire le tour de tout ce qu'engendre cette réalité première ; pour un peu on dirait la totalité de l'histoire humaine ; mais j'ai envie de m'attacher, au gré du vent qui passe, à quelques-unes de ses manifestations !

Il y a le duel, froid, organisé, maîtrisé dans les brumes poétiques d'un matin d'hiver en clairière. Un homme perdra la vie, deux peut-être, mais qu'est la vie face à l'honneur ? Et qu'est l'honneur ? Toute abstraite, toute empreinte de beauté aristocratique, la mort comme summum du courage. On nous le vend comme une obligation, si on est un gentilhomme. Le feu de l'arme a supplanté l'acier de la lame, la rapidité ou la ruse, le combat. Et tout est dit ; l'arme à feu banalise la mort, la rend instantanée si le coup est réussi, pas d'échauffement, le corps est raide, c'est au fond une loterie. Je donnerais cher pour ressentir ce que ces hommes ont ressenti, juste avant de mourir, pour un mot, une calomnie ; pour saisir la puissance d'un mental qui bannit la raison de ses étroits horizons. Ceux qui restent et les pleurent étaient bien peu de chose et la beauté du monde un bien piètre décor qui s'efface et s'oublie pour une pique à l'orgueil.

Mais cela n'est rien, cette violence entêtée parce que inimaginée se pratique entre adultes consentants.

Le consentement ! Une puissance, un pouvoir que ne terrasse pas la volonté, que ne gère pas l'intelligence mais qui plombe la liberté.

La violence inouïe des guerres, au service de quelques intérêts des puissants ; oui, on le sait, mais que fait-on de ce savoir ? Le savoir n'a aucun pouvoir, qui n'empêche pas le paysan de partir au combat, qui ne protège pas la victime de hasard, qui ne console pas les survivants. Au nom de quoi tue-t-on et se fait-on tuer ? Une croyance partagée, une idéologie imposée, un ordre donné. Au nom d'un nationalisme, d'une communauté, on part en guerre aussi pour venger une ancienne blessure ; l'Allemagne humiliée ressoude sa puissance dans le nazisme, puis, longtemps après, mêlant la défaite des deux guerres, prend l'initiative et une part active dans l'éclatement de la Yougoslavie, pays constitué juste après la première, et partagé dans la deuxième. « Nous avons gagné ! » dirent-ils, une fois le chaos mis dans les Balkans. Les Chiites minoritaires, toujours discriminés sinon persécutés, qui partent en Irak à la conquête d'un pouvoir, disons sur le modèle iranien.

Plongeons-nous un instant, comme on fait une minute de silence, dans l'absurdité de tout ça.

Le savoir n'a aucun impact sur la décision ; nous savons tous qu'il nous faudrait cesser de consommer comme des abrutis, de souiller les eaux, de polluer l'air, de désoler la terre, mais nous ne faisons rien. Nous savons tous que la vie est notre seule richesse, et sa santé ; nous faisons tout pour la bousiller, la spolier ou l'ôter.

 

Nous semblons tous plus prompts à nous unir dans la violence ou la haine que dans l'élan de l'amour ; cela prouve le mal profond en nous. Ce n'est pas l'homme qui est ainsi, c'est l'homme « civilisé », car il semble bien que cette civilisation ne tienne que sur des atouts usurpés à la vie. Bien évidemment, la religion est facteur de civilisation, d'union d'un peuple, donc de séparation d'avec les autres. Pour faire tenir ensemble cette multitude d'humains, unis sous les mêmes valeurs, il faut bien rogner sur quelque chose ; on discrimine plus ou moins violemment les minorités, et dans l'individu lui-même, on rogne sa singularité ; que ce soit les obligations de faire, contre son propre rythme ou ses propres tendances, ou bien les interdits qui bloquent les énergies ou la créativité, ce vivre ensemble, pour bien le faire, demande de grands sacrifices. Or un sacrifice ne se supporte que pour un plus grand bien ! Et de plus grand bien il n'y a pas. Ou il n'y a plus.

On dit que la violence sociale vient d'une exclusion, d'une impossibilité pour certains d'acquérir les objets que les publicitaires donnent à convoiter ; puis, le temps passant, on dit qu'il y a de la violence sociale parce qu'il n'y a pas de boulot pour tout le monde, que certains se retrouvent exclus du grand cirque ; puis le temps passant encore, on dit qu'il y a de la violence sociale parce qu'il y a choc de civilisations.

C'est vrai que les plus pauvres, les plus exclus cumulent toutes les tares, en plus ils sont noirs ou bruns, et logés dans des cités dont certaines municipalités interrompent de temps à autres les services de transport pour aller à la ville. Il paraît que c'est pour protéger les Français, mais les autres le sont aussi, français ! Cette violence faite aux pauvres ne me semble pas constitutionnelle, en revanche, rêvée dit-on, par de plus en plus de gens !

Ailleurs, les plus pauvres, les exclus, ceux qui sont blancs de peau, d'abord il y en a moins, ils ne sont pas agglomérés, et en plus ils sont confits dans l'alcool, sans logis, sans abri même, depuis longtemps, pas tout jeunes, un âge en tout cas où la fatigue a eu raison de l'énergie nécessaire à la violence.

Est-ce enfoncer une porte ouverte de dire que la violence engendre la violence ? Si oui, pourquoi le fait-on ? La violence actuelle est d'un genre spécial, elle est insidieuse au point que certains peuvent la nier, en chacun de ses détails, mais c'est vrai surtout pour ceux qu'elle n'est pas sensée atteindre : les nantis ; et quand je dis nantis, je parle de la population, des classes moyennes supérieures ou moyennes, selon leur tempérament ; tout le monde n'a pas la même sensibilité à l'enfermement. Donc cette violence sournoise, qui laisse pantois, provoque des réactions de compensations, d'évacuation d'une pression. Ce n'est pas celle dont on parle, bien sûr, car elle n'est ni organisée ni très visible non plus, mais elle fait ambiance, sur la route, dans les commerces, en ville ; réactions virulentes pour un rien, affirmation de soi brutale, sans motif apparent, repli sur soi affiché comme sans remède. Elle est pourtant quotidiennement l'avatar des toutes les autres. Et à ma connaissance jamais expérimentée par l'être humain, qui vivait jusque là une violence beaucoup plus singulière, personnalisée et, du coup, susceptible d'être contrée ou de trouver réponse. Les abus des pouvoirs n'ont pas toujours été aussi mortifères ; certes la religion et son église ont fait du mal aux âmes, mais leur pouvoir n'avait pas nos moyens pour les atteindre toutes.

Ceci dit, de tous temps les sociétés ont porté des violences par le simple fait de brimer les libertés des peuples ( les hauts placés dans certaines sociétés pudibondes sont eux-mêmes étouffés par leur éducation confite dans les interdits, sexuels ou apparentés, ce qui rend « ces gens-là » enclins à des comportements pervers dont je ne vous fait pas le dessin) ; on avait alors pensé que désigner un bouc émissaire était un bon moyen de défouler les foules de temps en temps, comme on perce un abcès ; il y eut le vrai carnaval aussi, journée du tout permis, pas forcément violent d'ailleurs, mais où chacun était autorisé à laisser libre cours à ses excentricités ; le bal masqué était aussi un bon moyen de se laisser aller à quelque incongruité. Et puis les guerres, naturellement, si j'ose dire.

Qui pourrions-nous désigner comme bouc émissaire pour soulager cette tension qui ne va pas tarder à devenir intolérable, en sachant qu'un bouc émissaire a une bonne gueule de coupable, même s'il est innocent, même s'il n'est qu'un rouage dans une machine qui le dépasse ? Il nous en faudrait plusieurs, pour que chacun y trouve son compte ; je proposerais bien BHL et Hollande, si rigoureusement ma mère ne m'avait défendu de les nommer ici ! Mais on pourrait en trouver d'autres !!

Des guerres, je n'en ai jamais vécues, mais j'ai lu les « confessions » de certains anciens d'Algérie, et entendu des femmes bosniaques, à Sarajevo, pendant la guerre en Yougoslavie. Ce que j'en ai retenu de primordial, est la mise en place, involontaire, même inconsciente, d'une soupape, ou la sécrétion d'une substance plus probablement, qui anesthésie, rend ordinaire le vécu insoutenable. On le découvre un beau matin, on s'en rend compte, si toutefois on a quelques capacités à ce recul. Néanmoins je n'ai jamais entendu parler, dans les médias, dans les livres, de ces souffrances jamais guéries de tous ces hommes qui peut-être n'ayant pas vécu le pire n'ont pas eu droit à leur analgésique naturel et sont revenus traumatisés, sans que rien, jamais, ne soit fait pour leur faire recouvrer la santé. Certaines vies brisées, oui, en tout cas de nombreuses très amochées. Toutes atteintes.

 

Une blessure à l'orgueil, quoi plus douloureux ?

Mais qu'est-ce que l'orgueil ? Juste une idée exagérée de sa valeur ! Alors , quand une grande part de l'humanité, au lieu de quêter la sagesse, au lieu de choyer la sagesse populaire qui est le bon sens et la décence, s'aveugle à ses démons, tous les autres trinquent ! Seulement, le problème est que les hommes ont inventé des dieux qui eux-mêmes mènent des guerres, saintes, certes, et que toutes les religions sont là au fond pour dire : la Vie, quelle importance ? Il y a un fond de vérité dans tout cela car il est bien évident qu'aucune espèce sur cette planète ne se soucie d'un individu ; la survie, c'est l'espèce, l'individu est tellement éphémère et insignifiant ; les civilisations alors ne portaient pas aux nues la personne, cette espèce d'approximation pleine de mauvais sens, mais le religieux, comme élan spirituel. Si nous n'étions aujourd'hui à ce point imbibés d'individualisme, nous serions beaucoup moins enclins à nous investir dans la compassion, la sympathie, le soutien. C'est donc une vraie question de savoir si ce culte de l'un est un progrès, et que nous n'en serions que sur la première marche, ou bien au contraire s'il serait bon d'éradiquer cette chimère de la tête des hommes. On se mord la queue : nous ne sommes rien, ni les uns ni les autres, alors pourquoi se battre pour des leurres ? Nous sommes tout l'un et l'autre, alors pourquoi s'entre-déchirer au nom d'une hiérarchie inepte ?

Mais se mêle à tout ça et de façon immémoriale, l'atavisme animal qui protège son espèce, et son espace, et chasse l'intrus ; sauf s'il est seul, humble ou chargé de cadeaux. Dix abeilles qui viendraient, chargées de miel, dans une ruche voisine, soit qu'elle se trompent soit que la leur soit orpheline, passeraient inaperçues ; à cent, c'est la guerre. Mais si la ruche investie est faible, et pressentie telle par les conquérantes, la conquête réussit sans trop de dégâts. J'ai l'intime conviction que l'homme est assujetti aux mêmes lois que les autres, mais mêle à ses instincts les productions nauséabondes de son mental. « Avez-vous besoin de religion, de Dieu, d'enfer, de paradis ? Tout ceci est la création d'un mental insatisfait et divisé. » nous dit Swâmi Prajnânpad.

La violence est le fait du « je », du « nous », jamais satisfait...

Nos congénères humains se battent dans tous les coins, comme autour d'un os !!!

 

La douleur de la violence intérieure

Et puis il y a elle, la violence des humbles, celle qui vient de profond, que l'on tait parce que l'on est faible, mais qui fait irruption pour un rien remarquable, une douleur ravivée ; un « je » aussi, humilié. Pourquoi la mère, à bout, en manque de tout, soudain, ne le supporte plus, lui, l'enfant qui la confond dans sa faiblesse, par un seul regard, par une seule quête, et tout est dit ; la mère, acculée, veut l'empêcher de voir et peut-être et surtout de lui faire voir cette faille, cette incapacité en elle, cette fatigue ; et pourtant c'est si rapide, si nerveux parfois, la mère qui tabasse son gamin, juste parce qu'il a besoin de ce qu'elle ne peut pas donner, un peu d'amour, d'attention et de soin, mais toujours et tous les jours alors qu'elle n'en peut plus, elle qui ne reçoit rien, elle qui doit aussi prendre sous son aile l'autre , le grand, le mari, et que par dessus tout, il la toise , la ramène et ne manque jamais l'occasion de la rabaisser, l'humilier, et il faudrait qu'elle donne encore et encore, elle qui n'a rien reçu, des taloches, des mamours, des taloches et jamais l'assurance de sa légitimité.

Et lui, ce petit bout, rempli de larmes et d'amour désespéré, qui encaisse pour faire grand, qui épanche comme il peut dans ses dessins d'enfants, ses chansons, ses sautillages, et qui cherche encore à consoler, à plaire, à se faire tout petit, jusqu'à l'explosion, quand ce n'est plus tenable, et que le père rapplique. Et le père qui tabasse sa fille.

La violence, cette faiblesse, ce désarroi, qui se donne comme un virus, inguérissable transmissible … l'homme qui bat la femme qu'il aime ou qui l'aime, il ne sait plus, parce qu'il est sûr de ne pas la mériter, que le lien est éphémère jusqu'à l'insupportable, tellement qu'il faut arrêter la douleur de la peur de perdre...ou bien cette femme qui accepte tout, en silence qui panse, qui choie, qui acquiesce de cette soumission insupportable « tu vas t'arrêter dit !! », arrête d'accepter tout de moi, vil, veule et pas aimable ; battre jusqu'à faire disparaître... couper court.

Violence, toujours défenderesse ; défendre c'est interdire pour protéger. L' Homme, ici comme ailleurs dévoie sa force, aujourd'hui plus que jamais il affiche les abus de son pouvoir avec morgue, la violence en est banale, mais elle le fut de tous temps ; le fait est que l'homme n'a que peu de capacité à se mettre dans la peau de l'autre.

Il semble que l'on ne s'attache qu'à la violence physique, parce qu'elle se voit, et qu'à l'ère de l'image, la vue occulte les autres sens. Mais une violence plus sournoise, parce qu'invisible, en tout cas pour ceux qui ne savent pas voir, même proche d'eux, est la violence morale : la destruction de la psyché, voire de l'âme, pourtant elle est celle qui empoisonne la vie ordinaire ; c'est beaucoup plus difficile à accepter, il vaut mieux se contenter de montrer la violence dans des circonstances extraordinaires ; que ce soit la guerre au loin, ou la violence de quelles factions que ce soit, ici, plus proche. En attendant, la violence psychique, est l'arme fatale des pouvoirs à l'encontre de leur peuple ; ni vu ni connu, si j'osais ! Délabrer un être, de toutes les manières possibles, sans qu'il y ait effusion de sang, sauf si on arrive au suicide, est exactement l'arme employée aujourd'hui ; chacun, vivant ces attaques dans son intimité, n'a plus de secours que lui-même, isolé, culpabilisé, dénié amoindri, il s'en remet s'il le peut encore aux bienfaits de Big Pharma via la docte gente médicale, à mon avis tout à fait ignorante de l'ampleur de cette guerre menée. Ou bien à l'alcool , la drogue, anesthésie temporaire. Et l'on parle de malaise...

Mais ceci est un sujet en soi, et pour toutes ces raisons, difficile à cerner.



138 réactions


    • alinea alinea 7 août 2014 13:37

      bonjour Jean Keim,
      Oui, on peut le dire comme ça ; mais je ne plaçais pas l’addiction, la compulsion dans le domaine du savoir !! Les pulsions, même d’un autre ordre, non plus !
      Pour certains gestes, le savoir est une conscience ; si on ne décode pas son inconscient, si « on n’est pas copain avec lui », ce que l’on fait est pulsionnel ; même le savoir intellectuel, ce que l’on a appris à l’école aussi, ne sert à rien !! C’est ce que je voulais dire !


  • Xenozoid 7 août 2014 14:24

    moi j’ai été« violent »,j’ai reproché a mes vieux de mangé de la viande, a 200m de l’aummaillerie,ou les animaux sont parqués, sélectionner,et envoyé a l’abbatoire,même chose au Liban dans les année 80,je suis violent ,peut être agressif des fois,jái fait de la taûle pour cela,oui je suis violent je ne sent jamais les autres sauf si ils puent(parfun),et puis enfin, j’ai la rage depuis très longtemps,mais je l’accepte,c’est la mienne


    • alinea alinea 7 août 2014 14:31

      Moi aussi je suis violente Xenozoïd ; mais je suis faible, en tout cas assez pour ne pas jouer les fières à bras ; j’ai un sens très aigu des situations, et je ne suis pas suicidaire, parce que je n’ai personne derrière pour recoller les morceaux. Donc ma violence, oui, je la sublime, je la guide vers des buts plus louables. L’expérience m’a prouvé, la fatigue m’ a convaincue, que la violence, de quel ordre que ce soit, n’obtient jamais rien ; sauf si on a le pouvoir !! Ce que j’ai toujours refusé ! Ce que je n’ai donc jamais eu !


    • Xenozoid 7 août 2014 14:33

      ma conclusion aussi,merci Alinéa,j’ai mis un accent,j’aime bien


  • Vache à lait Vache à lait 7 août 2014 14:25

    Ton avis sur la violence est tout a fait justifié. C’est vrai que malgré l’acte, simple terminaison basique et primitive, le parcours depuis la décision jusqu’à la réaction est autrement plus complexe.

    Je pense de plus en plus, qu’une civilisation évolue par paliers déclencheurs ou alors se retrouve finalement bloquée et finit par péricliter.

    La notre est justement encore primitive. Nous avons inventé une technologie de pillage, de consommation et de destruction qui nous mène droit au mur. Si notre révélation spirituelle s’amorce enfin avant qu’il ne deviennent trop tard, nous perdront notre animosité et gagnerons en sagesse.

    J’ajouterai que dans les ouvrages traitant d’ufologie et d’abduction que je lis régulièrement, les rencontres du troisième ou quatrième type amènent toute une réflexion sur notre attitude indigne de nos capacités réelles. Bien souvent, la morale de nos interlocuteurs est : grandissez un peu, séparez-vous de votre âme destructrice et égoïste, apprenez à vous servir de votre tête, au-delà des clivages cardinaux.

    Si notre évolution ne prend pas ce tournant universel, au vue de la situation présente et étouffante, il n’y a rien à espérer.


  • Le Gaïagénaire 7 août 2014 15:52
     »Le matériel de guerre est certes fabriqué par des hommes, mais la confusion dans leur tête est le produit final de pratiques éducatives et de traitements dont se sont rendus coupables des hommes et des femmes des générations passées. Le pouvoir absolu d’une mère sur son petit enfant ne connaît aucune limite. On n’exige d’elle aucune qualification. Il est donc on ne peut plus urgent d’examiner de plus près l’effet d’un tel pouvoir exercé sans contrôle, et d’en prendre conscience, de manière à réduire à l’avenir les risques qu’il comporte." (Miller, Alice, La souffrance muette de l’enfant, p. 154, Aubier, 1990)


    "Les deux côtés de l’homme sont transmis par l’éducation. Le bon côté par la socialisation, les normes communiquées consciemment par les parents. Le mauvais côté par les plus anciennes perceptions du comportement parental qui ne se montre à nu que devant son propre enfant utilisé comme exutoire."(Miller, Alice, L’enfant sous terreur, p.84, Aubier 1986)

     

    "Les hommes se vengent sur les femmes et les petites filles de ne pas avoir été respectés par leur mère."(Ibid., p.84)

     

    " Et dire que ce dont souffrent les femmes, ce sont elles qui l’ont engendré en revendiquant pour elles seules l’éducation du jeune enfant, dire que les futurs misogynes dont souffriront leurs filles, ce sont les mères qui les préparent. "(Olivier, Christiane, Les enfants de Jocaste, p.72, Paris, Denoël/Gonthier)


    "L’accès aux traumatismes narcissiques de la petite enfance lui est interdit par la loi qui dit qu’on ménage les parents en culpabilisant l’enfant."(Miller, Alice, L’enfant sous terreur, p.27, Aubier, 1986)


    "Il y a ici confusion très révélatrice de la cause avec son effet, et l’on combat comme source du mal quelque chose que l’on a soi-même fait naître. Ce type de phénomène ne se produit pas uniquement en pédagogie mais aussi dans les domaines de la psychiatrie et de la criminologie. Une fois que l’on a suscité le «  mal  » par la répression du vivant, tous les moyens sont bons pour le combattre chez la victime."(Miller, Alice, C’est pour ton bien, p.45, Aubier, 1985)


    "On en est resté à l’idéalisation des parents et de leurs exigences, qui peut aisément être transposée au Führer ou à l’idéologie correspondante. Étant donné que les parents ont toujours raison dans ce qu’ils exigent, ce n’est pas la peine de se casser la tête à chaque fois, pour savoir si leur exigence ponctuelle est également juste. D’ailleurs, comment pourrait-on en juger, où trouverait-on les critères, quand on s’est toujours laissé dire ce qui était bien ou mal, que l’on n’a jamais eu l’occasion de faire l’expérience de ses propres sentiments, et qu’en outre toutes les velléités [sic] de critique que les parents ne supportaient pas présentaient un danger mortel ? Si l’adulte n’a rien bâti qui lui soit propre, il se voit livré pour le meilleur et pour le pire aux autorités, exactement comme le nourrisson aux mains de ses parents ; un « non » opposé aux détenteurs du pouvoir lui paraît à tout jamais mortellement dangereux.« 


     »On peut considérer que le « trait de génie » de Hitler consista à donner aux Allemands, éduqués si tôt à la dureté, à l’obéissance et à la répression des sentiments, les juifs comme objets de leurs projections [voir les pages 99 et ss. concernant le mécanisme de dissociation et de projection]. Mais l’utilisation de ce mécanisme n’avait rien de nouveau. On a pu l’observer dans la plupart des guerres de conquête, dans l’histoire des croisades, de l’Inquisition, et même dans l’histoire la plus récente [je me risquerai ici à dire : le génocide rwandais]. Mais on n’a guère pris la peine de voir, jusqu’à présent, que ce que l’on nomme l’éducation de l’enfant repose en majeure partie sur ce mécanisme et, inversement, que l’exploitation de ce mécanisme à des fins politiques ne serait pas possible sans ce mode d’éducation. Le trait caractéristique de ces persécutions est qu’elles relèvent d’un domaine narcissique. C’est une partie du moi que l’on combat, et non pas un ennemi réellement dangereux, comme par exemple dans le cas d’un réel risque de mort.« 


     »Des êtres sensibles ne se laissent pas transformer du jour au lendemain en exterminateurs. Mais dans l’application de la « solution finale », il s’agissait d’hommes et de femmes qui ne pouvaient pas être arrêtés par leurs propres sentiments parce qu’ils avaient été éduqués dès le berceau à ne pas ressentir leurs propres émotions mais à vivre les désirs de leurs parents comme les leurs propres. Enfants, ils avaient été fiers d’être durs et de ne pas pleurer, d’accomplir « avec joie » toutes leurs tâches, de ne pas avoir peur, autrement dit, dans le fond : de ne pas avoir de vie intérieure.« 

     

     »Le mépris et la persécution de l’enfant dans toute sa faiblesse, ainsi que la répression de la vie, de la créativité et de la sensibilité en lui comme en nous-mêmes, s’étendent à de si nombreux domaines que nous ne les remarquons presque plus. Les degrés d’intensité et les sanctions varient mais on retrouve presque partout la tendance à éliminer le plus vite possible l’élément infantile, autrement dit l’être faible, dépourvu et dépendant qui nous habite, pour que se développe enfin l’être puissant, autonome et actif qui mérite le respect. Et quand nous rencontrons ce même être faible chez nos enfants, nous le poursuivons avec des moyens analogues à ceux que nous avons employés pour le combattre en nous-mêmes et nous appelons cela l’éducation. (…)


    "Les moyens de l’oppression du vivant sont les suivants : pièges, mensonges, ruses, dissimulation, manipulation, intimidation, privation d’amour, isolement, méfiance, humiliation, mépris, moquerie, honte, utilisation de la violence jusqu’à la torture.« 


     »Un simple regard de mépris peut suffire à faire comprendre à l’enfant qu’il lui est interdit de réagir naturellement à un abus. Or, s’il ne peut vivre dans la prime enfance, les « réactions adéquates [pour lui] aux vexations, aux humiliations et aux violences - au sens le plus large du terme », comme par exemple par la colère, la tristesse ou les cris, il ne pourra intégrer de telles réactions à sa personnalité, et refoulera ses sentiments malgré l’insatisfaction du besoin de les exprimer. Cela se manifestera à divers troubles, voire même dans les rêves, l’art (littérature, musique, etc.), et la ferveur à défendre des idéologies politiques dogmatiques." 


    • alinea alinea 7 août 2014 16:08

       smiley  !

      Oui, tout ceci est vrai ! Il doit y avoir quelque part une force influence du père pour que la mère, dès le berceau, fabrique le macho ; j’ai idée qu’il y a, coincé dans l’inconscient, une volonté de bonne intention, de donner à son petit les clés de la réussite ! Malheureusement, sans que cela n’aboutisse à la conscience que ce faire perpétue la cause des souffrances !!

      ..................................

      "On en est resté à l’idéalisation des parents et de leurs exigences, qui peut aisément être transposée au Führer ou à l’idéologie correspondante. Étant donné que les parents ont toujours raison dans ce qu’ils exigent, ce n’est pas la peine de se casser la tête à chaque fois, pour savoir si leur exigence ponctuelle est également juste. D’ailleurs, comment pourrait-on en juger, où trouverait-on les critères, quand on s’est toujours laissé dire ce qui était bien ou mal, que l’on n’a jamais eu l’occasion de faire l’expérience de ses propres sentiments, et qu’en outre toutes les velléités [sic] de critique que les parents ne supportaient pas présentaient un danger mortel ? Si l’adulte n’a rien bâti qui lui soit propre, il se voit livré pour le meilleur et pour le pire aux autorités, exactement comme le nourrisson aux mains de ses parents ; un « non » opposé aux détenteurs du pouvoir lui paraît à tout jamais mortellement dangereux." 

      Il y a un autre cas de figure ! le mien en l’occurrence, mais ni le courage ni l’envie de l’énoncer ici !!!


    • Xenozoid 7 août 2014 16:12

      Il y a un autre cas de figure ! le mien en l’occurrence, mais ni le courage ni l’envie de l’énoncer ici !!!

      a part celui d’être


    • alinea alinea 7 août 2014 16:28

      Tu veux dire:on est ce qu’on est de toutes façons, pas besoin de finasser ?!!!!!
      Quand je dis « mon cas », je veux dire qu’il existe d’autres cas ! je dois convenir qu’ils sont rares !!


    • Xenozoid 7 août 2014 16:31

      Il y a un autre cas de figure ! le mien en l’occurrence, mais ni le courage ni l’envie de l’énoncer ici !!!

      a part celui d’être

      bien sure,comnme tes cheveaux


    • alinea alinea 7 août 2014 16:42

      peut-être ! sécurisée là où j’ai besoin de l’être, libre là où j’en ai besoin... pour moi, ça serait Byzance !!!


    • Le Gaïagénaire 9 août 2014 13:56

      @alinea (---.---.---.126) 7 août 16:08

       
      « j’ai idée qu’il y a, coincé dans l’inconscient, une volonté de bonne intention, de donner à son petit les clés de la réussite ! »

      Aucune femme depuis que la race humaine existe n’a été conçue par une mère ni n’a conçu un « petit » avec cette velléité.

      1000 ans de confessions ont convaincu le plus idéaliste confesseur de cela. 

    • alinea alinea 9 août 2014 14:52

      Ah bon ? Toutes les mères que je connais pourtant, sauf si on ne donne pas le même sens à « réussite » !!!


    • Le Gaïagénaire 9 août 2014 16:09

      alinea (---.---.---.54) 9 août 14:52


      Vous avez absolument raison : la réussite de la mère, aucun mérite au « petit » !

      Par exemple : un « petit » éduqué à la propreté à 6 mois. Quelle réussite de la mère !

    • alinea alinea 9 août 2014 16:46

      On ne parle pas de la même chose gaïagénaire !! Je ne parle pas de la réussite de la mère, je dis que, instinctivement, dans le fond d’elle même, une mère veut la réussite de son petit ! pas la sienne !
      Vous ne trouverez pas de poux dans ma tête !! ne cherchez plus ; je ne comprends pas où vous voulez en venir !
      Et quand je parle de réussite, cela peut vouloir dire plein de choses différentes, selon qui est la mère, et dans quelle société on vit !


    • Xenozoid 9 août 2014 16:48

      tu vois et sais alinéa que le context est important, tu as dis une fois que tu était languist ?


    • alinea alinea 9 août 2014 17:23

      Mais oui, Xenozoïd, sauf que là , je ne le vois pas le contexte ; quand quelqu’un me dit savoir que depuis le début de l’humanité aucune mère n’a eu, ancrée en elle-même, le désir de réussite de son petit, je me dis qu’on ne mets pas la même chose sous le mot « réussite », qui est peut-être mal choisi d’ailleurs, je peux l’admettre, mais dans ce cas, comprendre ce que je veux dire, ce n’est pas « se comprendre à demi mot » ; en revanche ne pas le comprendre, c’est mauvaise foi !
      Oui, je suis linguiste ! mais psy aussi, et cet échange ne relève pas de la linguistique !!!


    • Xenozoid 9 août 2014 17:26

      mais tu dis toi même que le context n’y est pas,,cela ne peu pas être mauvaise fois sauf si tu sais que « son » context n’est pas le tiens,comme lui un peu


    • alinea alinea 9 août 2014 17:51

      et bien relis le fil de ces coms, Xenozoïd ! S’il ne me cherche pas « querelle » je ne m’y connais pas !!
      Mais de querelles je ne veux pas, n’ai rien à vendre, rien à acheter ni rien à prouver !


    • Xenozoid 9 août 2014 17:58

      alors ignore


    • Le Gaïagénaire 9 août 2014 18:52

      alinea (---.---.---.54) 9 août 16:46

      Par Le Gaïagénaire (---.---.---.109) 7 août 22:53 
      (...) 
      4. Pour que les conditions nécessaires à la formation d’un narcissisme sain puissent être réunies, il faudrait que les parents de ces enfants soient nés eux-mêmes dans un tel climat [ou aient fait, dans le cas contraire, un travail d’analyse RÉVÉLATEUR] (Implicite : avant d’avoir des enfants).

       

      5- Des parents qui n’ont pas connu ce climat lorsqu’ils étaient enfants ont des besoins narcissiques insatisfaits, ce qui veut dire qu’ils vont chercher toute leur vie ce que leurs parents n’ont pas pu leur donner au bon moment : un être qui s’adapte totalement à eux, qui les comprenne entièrement et les prenne au sérieux, qui les admire et leur obéisse aveuglément.

       

       6. Ils ne pourront jamais trouver ce qu’ils cherchent, puisque ces besoins insatisfaits datent d’une époque à tout jamais révolue, celle des premiers temps de la formation du Soi.

       

      7. Un être qui a un besoin inassouvi et inconscient – parce que refoulé – est soumis à une compulsion de trouver des satisfactions de rechange [compulsion de répétition].

       

      8. Leurs propres enfants sont les mieux placés pour fournir cette satisfaction de rechange à ces parents. En effet, un nouveau-né dépend entièrement de ses parents, pour le meilleur et pour le pire. Il a besoin de leur aide pour survivre, et fera donc tout pour ne pas la perdre, comme une petite plante qui se tourne vers le soleil. 

      Bonne journée.


    • alinea alinea 9 août 2014 19:00

      Un enfant est peut-être le mieux placé mais il n’est pas toujours l’objet du transfert ! Ainsi, une mère pourra trouver en elle cet instinct, d’une part de maternage, d’autre part de trouver le bon conjoint pour son enfant, tout en n’ayant pas résolu son manque initial ! Ainsi il advient quelquefois, qu’il y ait un progrès d’une génération sur l’autre. Tous les cas de figure se rencontrent, aussi, bien que ce que vous dîtes me paraisse tout à fait juste, dans ses effets, ce n’est pas toujours la répétition !


    • Le Gaïagénaire 10 août 2014 03:53

      alinea (---.---.---.54) 9 août 19:00


      Au moins vous ne parlez plus de chevaux : « petits », mais d’enfants.

      Vous n’employez cependant pas le « JE ».

      Je suis d’accord que la répétition peut s’appliquer au conjoint à cause de l’hétérochronicité qui comblera les carences maternelles par son choix d’un conjoint faible en testostérone : les hommes roses transformés en presque nourrice.

      Mais ce n’est qu’une « division » de la compulsion de répétition de l’exercice du pouvoir. Les mères découvrent qu’elles changent de statut social, leur réussite, et iront jusqu’à 22 enfants pour perpétuer leurs abus de pouvoir. Même sur les « petits enfants » de leur fils ou fille. 

      Et le saut de génération comme vous dites, survient lorsque l’enfant a le bonheur ou la chance de rencontrer un « témoin éclairé » qui validera, partiellement, les sentiments exprimés.

      Et en terminant. Ah les gauchères, quelles redoutables « Amazones ».










    • Le Gaïagénaire 11 août 2014 15:23
       alinea (---.---.---.54) 9 août 17:51

            "Il ressort ce qui précède que ce ne sont pas les règles morales inculquées à l’enfant qui le rendent empathique à l’endroit d’autrui, la « morale et le sens du devoir » n’étant que des « prothèses auxquelles il faut recourir lorsqu’il manque un élément capital » et n’étant pas « les sources d’énergie, ni le terrain propice aux sentiments humains », tout comme les « armes intellectuelles ». Ce qu’il faut en vue de créer des sociétés instituées plus humaines, c’est en définitive, si l’on se fie à Miller, éviter la « répression des sentiments ». Cela car seul un être « capable de vivre ses propres sentiments » peut non seulement comprendre ceux des autres, mais également « percer à jour la fonction de pouvoir d’une formation conceptuelle creuse, car il ne se laisse pas intimider par l’incompréhensibilité »" smiley

    • alinea alinea 11 août 2014 17:40

      Cela tombe sous le sens ! Tout s’épanouit avec plus d’aise quand l’homme laisse tomber sa volonté de maîtrise !! Mais l’empathie n’est pas sagesse non plus, ni le summum de la santé mentale ! elle a d’autres sources n’est-ce pas ? En tout cas elle se souvient furieusement de ses propres souffrances !!


    • Le Gaïagénaire 11 août 2014 23:30

      alinea (---.---.---.54) 11 août 17:40


      Ma sagesse me dicte que je ne peux pas faire boire le cheval, seulement l’amener au puits. smiley

    • alinea alinea 11 août 2014 23:32

      Tandis que la mienne me dicte de le laisser aller à la rivière !! smiley


    • Le Gaïagénaire 12 août 2014 03:08

       @ alinea (---.---.---.54) 11 août 23:32


      Malheureusement votre cheval a été dégénéré par des humains. smiley

    • Le Gaïagénaire 12 août 2014 14:11

      alinea (---.---.---.54) 11 août 23:32


      Après avoir mal dormi là-dessus, je dois bien reconnaître que vous pouvez utiliser le moyen de défense qui vous sied le mieux.

      Vous avez mentionné ailleurs que la sagesse orientale vous plaisait. En ce qui me concerne, comme toutes religions(esprit saint) ou sectes(méditation) et même la psychanalyse servent à mettre le bouchon sur le refoulé et surtout à dédouaner les parents. Je pense au culte filial des chinois, au fouet du Dalaî Lama et au jouet que fut Krishnamurti aux mains d’un pédophile et de son épouse qui voulaient en faire un Jésus moderne pour leur secte.

      Que pensez-vous de l’explication suivante : l’amour des chevaux, leur contrôle serait symboliquement un déplacement d’un abus sexuel incontrôlable par un abuseur poilu ?

      Et pour ce qui est d’aller à la rivière, accompagnez-le au moins. La rivière pourrait être polluée.



    • alinea alinea 12 août 2014 15:18

      C’est pas pour dire, mais les Camargue, pas trop ! Je vois bien la différence ! même mon anglo, qui vit avec les autres en « semi-liberté » retrouve tous ses instincts, de groupe, de bouf, etc !! mais ce sont depuis plus de quatre mille ans, des animaux domestiques ; ils vivent avec nous, travaillent avec nous ; d’un certain côté ils peuvent développer des tas de capacités ! Mais bien évidemment leur vie n’a rien à voir avec la vie d’un troupeau sauvage tel que j’ai pu en croiser en Afrique !!!


    • alinea alinea 12 août 2014 15:33

      Non ! je ne sais pas pour les autres, mais pour tous ceux que je connais, le contact avec les chevaux est un contact qui nous oblige à être nous-mêmes, assez forts pour sécuriser l’animal - puisque c’est ainsi qu’ils « fonctionnent » - et assez doux pour partager avec eux ; c’est quasi un exercice de sagesse d’où l’"ego est absent ; je sais bien que, malheureusement, ce n’est pas le cas pour tout le monde !!
      Non, mes chevaux sont en semi liberté dans d’assez grands territoires ; là, la rivière n’est pas polluée ; d’ailleurs les chevaux sont très difficiles, là où ils boivent vous pouvez dire que l’eau est bonne ; sauf bien sûr à déverser un poison, s’il existe, qui ne dégage aucune odeur !
      La vie est semée d’embûches vous savez bien ! la mienne n’est pas exempte de violences subies, mais je ne mets rien sur aucun refoulé ; et je crois, qu’aux yeux de certains, c’est bien là le problème !!!
      La conscience, de soi, des autres et du monde, s’accroît de jour en jour, et rien n’est jamais acquis ; cela donne une bonne dose d’aventure dans la vie !!


    • Le Gaïagénaire 12 août 2014 17:30
      alinea (---.---.---.54) 12 août 15:33

      Je vous présente une âme soeur :


  • Xenozoid 7 août 2014 16:49

    pour moi c’est le chaos,j’adore quand il n’est pas organisé , mais s’organise


    • alinea alinea 7 août 2014 16:54

      organisé ??? Qu’est-ce que cela veut dire ?
      Rien n’est organisé ici, et pourtant, ce n’est pas la chaos !!!
      À propos de chevaux, tu en parles souvent, dis moi donc comment tu vois les choses, au mieux ! Dis le de manière claire et sobre, hein, que je comprenne !!


  • Xenozoid 7 août 2014 16:56

    Dis le de manière claire et sobre, hein, que je comprenne !!

    je ne suis pas un cheval


  • Le Gaïagénaire 7 août 2014 22:53

    La nature de l’enfant.

     

    J’aimerais, en premier lieu, reproduire ici une liste de découvertes faites par Alice Miller, propres à éclairer d’emblée sa vision de la nature de l’enfant [114] :

     

    Ce n’est qu’en se libérant des tendances pédagogiques que l’on peut véritablement comprendre la situation effective de l’enfant. On peut résumer ces conclusions dans les points suivants : 

     

    1. L’enfant est toujours innocent.

     

    2. Tout enfant a des besoins inéluctables, entre autres de sécurité, d’affection, de protection, de contact, de sincérité, de chaleur et de tendresse.

     

    3. Ces besoins sont rarement satisfaits, mais ils sont souvent exploités par l’adulte à ses propres fins (traumatisme de l’abus perpétré sur l’enfant).

     

    4. L’abus que subit l’enfant a des conséquences pour toute la vie.

     

    5. La société est du côté de l’adulte et accuse l’enfant de ce qui lui a été fait.

     

    6. La réalité du sacrifice de l’enfant est toujours déniée.

     

    7. On continue donc d’ignorer les conséquences de ce sacrifice.

     

    8. L’enfant, abandonné à sa solitude par la société, n’a pas d’autre solution que de refouler le traumatisme et d’idéaliser ceux qui le lui ont infligé [il ne peut faire autrement s’il veut survivre puisqu’il dépend entièrement, pour cela, de ses parents].

     

    9. Le refoulement engendre des névroses, des psychoses, des troubles psychosomatiques et des crimes.

     

    10. Dans la névrose les vrais besoins sont refoulés et déniés et le sujet vit à leur place des sentiments de culpabilité.

     

    11. Dans la psychose, l’abus est transformé en représentation délirante.

     

    12. Dans le trouble psychosomatique, la douleur du mauvais traitement est vécue, mais les causes véritables de cette souffrance demeurent cachées.

     

      J’aimerais souligner ici qu’Alice Miller défend non seulement l’enfant en tant que tel, mais aussi l’ancien enfant maintenant devenu adulte qui n’aura pas eu la chance d’exprimer ses souffrances et qui en subit les conséquences. Son objectif n’est pas de montrer du doigt et de culpabiliser les parents mais de renseigner à l’intention de tous.

     

     Je souhaiterais maintenant discuter de ce que dit Miller dans Le drame de l’enfant doué, son premier livre traitant de ces questions, du narcissisme et du prétendu égoïsme du jeune enfant. Comme je peux difficilement retraduire en mes propres mots sa science en la matière et que je préfère ne rien perdre de ce qu’elle en dit, je vais à nouveau reproduire intégralement les paragraphes qui me paraissent appropriés [116] :

     

    1. L’enfant éprouve le besoin fondamental d’être pris au sérieux et d’être considéré pour ce qu’il est, comme centre de sa propre activité. Ce besoin est tout aussi légitime que le désir pulsionnel, bien qu’il soit de nature narcissique, et sa satisfaction est une condition indispensable à la formation d’un sentiment de soi sain.

     

     2. Même chez le nourrisson. “Les sensations internes (!) du bébé et du tout-petit écrit, [sic] M. Mahler, constituent le noyau du Soi. Elles demeurent, semble-t-il, le point central, cristallisateur du « sentiment de soi » autour duquel s’établit le « sentiment de son identité » ”. 

     

    3. Dans une atmosphère de respect et de tolérance pour les sentiments de l’enfant, celui-ci peut, dans la phase de séparation, abandonner la symbiose avec sa mère et faire ses premiers pas vers l’autonomie et l’individuation.

     

     4. Pour que les conditions nécessaires à la formation d’un narcissisme sain puissent être réunies, il faudrait que les parents de ces enfants soient nés eux-mêmes dans un tel climat [ou aient fait, dans le cas contraire, un travail d’analyse RÉVÉLATEURS].

     

    5- Des parents qui n’ont pas connu ce climat lorsqu’ils étaient enfants ont des besoins narcissiques insatisfaits, ce qui veut dire qu’ils vont chercher toute leur vie ce que leurs parents n’ont pas pu leur donner au bon moment : un être qui s’adapte totalement à eux, qui les comprenne entièrement et les prenne au sérieux, qui les admire et leur obéisse aveuglément.

     

     6. Ils ne pourront jamais trouver ce qu’ils cherchent, puisque ces besoins insatisfaits datent d’une époque à tout jamais révolue, celle des premiers temps de la formation du Soi.

     

    7. Un être qui a un besoin inassouvi et inconscient – parce que refoulé – est soumis à une compulsion de trouver des satisfactions de rechange [compulsion de répétition].

     

    8. Leurs propres enfants sont les mieux placés pour fournir cette satisfaction de rechange à ces parents. En effet, un nouveau-né dépend entièrement de ses parents, pour le meilleur et pour le pire. Il a besoin de leur aide pour survivre, et fera donc tout pour ne pas la perdre, comme une petite plante qui se tourne vers le soleil. 

     

      S’appuyant ensuite sur sa propre expérience en tant qu’analyste, Alice Miller pousse encore plus loin la réflexion et constate chez ses candidats que beaucoup ont eus [117] :

     

     1. Une mère peu sure émotionnellement, dont l’équilibre narcissique dépendait d’un certain comportement, ou d’une certaine manière d’être de son enfant. Ni l’enfant, ni l’entourage ne pouvait rien deviner de cette insécurité qui se cachait souvent derrière une façade dure, autoritaire, voire totalitaire.

     

     2. À cela venait s’ajouter une étonnante aptitude de l’enfant à sentir, de manière intuitive, donc inconsciente, ce besoin de la mère (ou des deux parents), et il le satisfaisait, acceptant ainsi la fonction qu’on lui avait attribuée inconsciemment.

     

     3. Le fait de remplir cette fonction lui assurait « l’amour », c’est-à-dire en l’occurrence l’investissement narcissique. Il sentait qu’on avait besoin de lui, et cela lui assurait son existence. 

     



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