jeudi 23 janvier - par Eliane Jacquot

La décennie 2020 ou la finance dans le rôle de l’orchestre sur le Titanic

Nous vivons un moment où tout semble aller pour le mieux dans le cercle clos des marchés boursiers, alors que de par le monde la fièvre sociale prend la forme d'un mouvement de désobéissance à l'encontre des politiques publiques et que les signes de fragilité de notre économie se multiplient.

Comment se portent les marchés financiers mondiaux ?

 Tous les investisseurs sur les marchés financiers ont rapporté un « millésime exceptionnel, un grand cru », en évoquant l'année 2019 où les indices boursiers, portés par des politiques monétaires accommodantes, ont terminé l'année en fanfare. En France le CAC 40 a enregistré sa plus forte hausse depuis l'année 1990 avec un gain de 26,4% alors que les Fonds d'actions européennes ont progressé de 24, 5%. Les Groupe du CAC 40, qui réalisent près de 80% du chiffre d'affaires et des profits à l'international ont distribué sur l'année 2019 60,2 Milliards d'Euros à leurs actionnaires, renouant avec leur sommet de 2007, juste avant la crise des Subprimes ( Lettre Vernimmen.Net n°175, 01 2020).

Aux États- Unis de nouveaux records historiques ont été enregistrés, portés entre autres par des anticipations positives sur la croissance mondiale conduisant à une hausse vertigineuse du prix des actifs financiers entièrement décorrélée de l'économie réelle. Le Nasdaq, porté par les GAFAM qui représentent à eux seuls 30% du poids de l'indice a progressé de de 35, 7%. Soulignons ici que ces firmes globales, acteurs nomades de la globalisation, de par leurs schémas d'optimisation fiscale bien rodés, paient très peu d’impôts et emploient peu de personnel là où les entreprises de l'ancien monde faisaient vivre des milliers de salariés. Bien que l'on observe un ralentissement de l'activité industrielle aux EU, le plein emploi soutient encore la consommation ce qui suffit à rassurer les investisseurs en cette année électorale. A l'approche des élections américaines du mois de novembre prochain, il n'est pas dans l’intérêt de Donald Trump de risquer une récession.

 Selon une expression populaire, les arbres ne montent pas jusqu'au ciel

 Plus fondamentalement, les phases de crise qui n'obéissent pas à une périodicité constante, sont inhérentes à l'économie de marché et à l'instabilité intrinsèque au capitalisme financier. On y observe une période d'emballement euphorique sur le prix des actifs, précédant la séquence de crise préalable à la récession. A ce propos, Michel Aglietta disait déjà en 2008 « La leçon de la crise à plus long terme est la fin d'un modèle de croissance fondé sur la montée inexorable de l'endettement qui a été observé dans les vingt dernières années. Cette période exceptionnelle a été due à la conjonction d'une gouvernance d'entreprise tournée exclusivement vers la créatib de valeur pour l'actionnaire en Occident. »

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Regain des tensions géopolitiques accru

Dans le brouillard international de troubles civils qui va de Hong-Kong au Chili en passant par les convulsions du Moyen Orient, se forment les maillons d'une chaîne à l'encontre des inégalités, de la corruption des firmes et la défiance augmente à l'égard des États souverains incapables de s'adapter aux enjeux écologiques. Le conflit entre les États-Unis et les pays du Golfe Arabo persique pourraient faire bondir les cours du pétrole tout en perturbant l'approvisionnement mondial. Il ne faut pas non plus s'illusionner sur le récent apaisement du bras de fer entre la Chine et les États-Unis, les problèmes structurels ayant été soigneusement évités. L'administration américaine a bâillonné l'OMC, et l'on assiste à l’émergence d'un commerce administré, avec une prise en otage du multilatéralisme mondial.

Les pays émergents souffrent de grandes fragilités : on observe en Inde un déclin de la consommation, des investissements et de retards pris dans les réformes structurelles, l'Amérique Latine demeure une poudrière politique, plus près de nous, l'Algérie est au bord de l'implosion.

En Europe, des revendications identitaires resurgissent ça et là ( Italie, Autriche, Catalogne ). N'oublions pas que l'accord négocié à Bruxelles sur le Brexit n'est que le début d'un long et incertain processus, parce que tout reste à négocier. La dérégulation du marché de l’emploi Européen, l'écrasement des salaires, en particulier ceux des personnes peu qualifiées, font porter l’effort sur les populations les plus précaires dans les pays du sud ( Grèce, Portugal, Espagne).

 Les professionnels de l'industrie financière

Selon un récent rapport du Conseil de Stabilité financière ( FSB) les États-Unis hébergent les principaux acteurs du « Shadow Banking », représentant 15200 Milliards de dollars soit 30 % du marché mondial, alors que la Chine occupe 15 ,4% du marché. Cette finance de l'ombre regroupe de grandes banques d'investissement dont Barclays, HSBC, des organismes de placement collectif monétaires ( OPCVM) qui peuvent s'avérer être des Hedge Funds distribués à des particuliers ( ex Société H2O, filiale de Natixis ), des véhicules de titrisation, des caisses de retraite aux États-Unis. Ce marché opaque qui concentre désormais près de 14% des actifs gérés par la finance mondiale échappe entièrement au contrôle des régulateurs. Et c'est l'interdépendance des économies renforcée par ces acteurs et leurs produits de titrisation qui a entraîné la diffusion de la panique à l'ensemble du globe en 2008.

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Mais aujourd'hui c'est la croissance effrénée du marché des prêts à effet de levier et ses conséquences potentielles pour la stabilité financière qui deviennent préoccupants. Généralement octroyés à des entreprises très endettées sous la forme de LBO ( Prêts a effet de levier ), ou à des acteurs de capital investissement ( Private Equity ), ils représentent un marché mondial de 2200 Milliards de dollars, soit près de deux fois la taille du marché des prêts subprimes avant la crise de 2008. Selon un rapport publié par la Banque de France en décembre 2019 le secteur non bancaire se développe plus vite que l'activité bancaire dans la zone euro et en France. Entre 2008 et 2018 son encours a progressé en France de 46% contre 28% pour le secteur bancaire, et pèse 1300 Milliards d'Euros. L'endettement à effet de levier ( LBO) pourra-t-il miner la fragile stabilité financière au moment où les taux d’intérêt vont se redresser ? La question mérite ici d'être posée.

 

En attendant le seul événement qui semble préoccuper les différents acteurs des marchés financiers, les élections américaines au mois de Novembre prochain, belle année à toutes et à tous.

( H2O )https://www.latribune.fr/entreprises-finance/banques-finance/apres-l-affaire-h2o-natixis-bpce-resserre-les-boulons-dans-le-risque-832613.html

 



34 réactions


  • Eliane Jacquot Eliane Jacquot 23 janvier 16:47

     Les hedge funds sont des fonds d’investissement d’un type particulier. Il n’existe pas de définition légale, précise et formelle du terme.  La traduction littérale en français est « fonds de couverture », c’est-à-dire se livrant à des placements de protection contre les fluctuations des marchés considérés.

    Une telle définition devrait les faire pencher du côté des fonds sans risque ; or, au contraire il s’agit de fond particulièrement risqués, beaucoup plus risqués que les fonds communs de placement (OPCVM).Ils sont peu ou pas réglementés

    Source https://www.lafinancepourtous.com/decryptages/marches-financiers/acteurs-de-la-finance/hedge-funds/


  • Jason Jason 23 janvier 17:51
    Votre article est une très bonne mise au point et fait écho à la rumeur qui enfle et prédit un crash financier à venir. On en parle de plus en plus, les clignotants commencent à s’agiter et la question se pose de savoir à partir d’où et quand l’étincelle fera exploser le baril de poudre. Personne ne le sait, et la consternation régnera quand la débâcle arrivera. Comme d’habitude, chacun jurera qu’il n’a rien vu venir et que c’est « la faute des autres ».

    Par ailleurs, je ne crois pas que les mouvements sociaux un peu partout sur la planète soient en relation avec la tempête à venir. Si ce n’est que les populations en détresse pourraient être soulagées si cette finance nomade et cachée se tournait un peu (beaucoup) vers l’économie réelle.

    Mais, dans tous les cas, le monde de la finance sera secouru par les banques centrales et les contribuables paieront une bonne partie de la facture. C’est la seule certitude. 

    • Eliane Jacquot Eliane Jacquot 23 janvier 18:12

      Bonjour Jason , 

      Je suis entièrement en accord avec vous.

      J’ai hésité à évoquer les mouvements sociaux , mais je l’ai fait pour exprimer le désarroi des populations face aux états qui perdent leur rôle de médiation du système international . Ils laissent ainsi l’économique et le social dans un étrange face à face . Le politique, en tant que régulateur historique, n’est plus alors au centre du jeu et devient marginal, ce qui me semble très grave pour nos démocraties avancées .

      « dans tous les cas, le monde de la finance sera secouru par les banques centrales et les contribuables paieront une bonne partie de la facture. C’est la seule certitude. »


    • Jason Jason 23 janvier 19:11

      @Eliane Jacquot

      Bonsoir,

      Pour compléter le tableau :

      Ce qu’il faut noter, c’est que le monde de la finance n’a pas pour vocation à s’intéresser aux mouvements sociaux (« le commerce ne connaît d’autre lois que celles de son propre intérêt » — Turgot). Comme le rappelait Laurence Parisot du MEDEF : le but d’une entreprise n’est pas de créer des emplois, mais de faire des profits ; c’est une vérité première. Et les Etats s’interdisent de contrevenir à cette règle, dans une ambiance de laisser-faire stimulée par une moindre régulation du monde financier depuis les années’80. Le résultat, c’est que plus que jamais, les Etats embrassent les désiderata de la finance voulant rabaisser le coût du travail (en France, lois travail, lois retraites, en Allemagne les réformes Schröder, etc.).

      Les mouvements sociaux, pour frappants qu’ils soient, se produisent dans des pays au revenu médian par habitant relativement faible, mis à part la France. Et les chefs d’Etats et leurs décideurs sont soit complètement marginalisés ou participent entièrement à l’organisation du monde de la finance ; selon la doxa libérale où l’Etat n’est qu’un empêcheur de tourner en rond. Cela me paraît une évidence en Europe.

    • AlLusion AlLusion 23 janvier 19:18

      @Eliane Jacquot
       Aussi d’accord avec votre analyse.
       Ce qui fonctionne aujourd’hui encore : le haut et le bas de gamme.
       La qualité a été supplantée par la quantité par le néo-libéralisme du bas de gamme.
       Les pourcentages de rabais lors de toutes les soldes ne parviennent plus à écouler les stocks parce qu’ils ne sont que des suites d’autres épisodes de fêtes ou de jours comme les « black fridays » ou autres.
       Il y a deux mots qui manquent peut-être dans votre billet, bien qu’ils soient enrobés dans d’autres concepts cités : « durable » et « numérique ».
       Ce qui est durable vient en principe à l’encontre de la consommation.
       Le numérique, paradigme à lui tout seul permet de produit trop grâce aux machines.
       L’Asie est en marche forcée sans aucune démocratie à l’occidentale avec la Chine qui dépassera l’économie américaine, dans très peu de temps.
       L’Europe, elle, dans le désordre actuel, devrait se résoudre à descendre encore sur l’échiquier des blocs (je ne dis même plus des nations qui en font partie)


    • Bernard Dugué Bernard Dugué 23 janvier 20:28

      @Eliane Jacquot Tout à fait, la crise de 2008 n’a-t-elle pas été résorbée et régulée sur le dos des classes pauvres et moyennes ? 


    • Odin Odin 23 janvier 20:48

      @Jason

      Bonsoir,

      « On en parle de plus en plus, les clignotants commencent à s’agiter et la question se pose de savoir à partir d’où et quand l’étincelle fera exploser le baril de poudre. Personne ne le sait »

      Sachant que le FMI, de concert avec la Banque mondiale, a prévu que les monnaies numériques des banques centrales (CBDC), qui sont des crypto monnaies, deviendront bientôt une réalité car les banques centrales les émettront dans un avenir proche (Basées sur les DTS). (à terme fin de l’argent liquide).

      Ils ont donc déjà prévu la fin du dollar comme monnaie d’échange au niveau international. Donc la prochaine crise à venir n’aura rien de comparable avec celle de 2008, elle sera dévastatrice.

      Quand arrivera t-elle ? Les quelques familles derrières les banques centrales le savent puis que se sont elles qui vont la déclencher et au meilleur moment (guerre ?) afin d’effectuer un maximum de profit. VAD juste avant puis rachat pour une bouchée de pain comme à chaque fois.


    • lloreen 24 janvier 09:07

      "Les quelques familles derrières les banques centrales le savent puis que se sont elles qui vont la déclencher et au meilleur moment (guerre ?) afin d’effectuer un maximum de profit. VAD juste avant puis rachat pour une bouchée de pain comme à chaque fois.

      "

      C’est le coup de Waterloo...

      https://www.agoravox.fr/actualites/economie/article/le-fameux-coup-de-bourse-de-nathan-96544

      Quant à la dynastie Rothschild, propriétaire de tous les banques centrales à part quelques-unes, elle a déjà pris les devants.

      https://www.youtube.com/watch?v=bhR5o1OdoHQ


    • Le421 Le421 25 janvier 08:59

      @Jason
      Les crash boursiers n’ont, en définitive, pas de conséquences graves pour les hautes sphères financières...
      En effet et mieux encore, ils permettent de ponctionner allègrement dans les avoirs des états en toute bonne conscience et à la raison d’éviter les crises majeures...
      Perso, et concrètement, que telle ou telle banque se casse la figure, je m’en tamponne le coquillard vu que je n’ai pas assez d’avoirs pour craindre la faillite personnelle.
      Mais si j’avais des centaines de millions placés, ce ne serait pas la même musique.
      Normalement, les crises boursières devraient défavoriser les plus riches d’entre nous et re-niveler la société. Or, il n’en est rien, puisque la masse des petits continue à tenir les grands la tête hors de l’eau...
      Finalement, Cantona avait raison en demandant aux gens de sortir leur pognon de la banque. C’était une bonne solution pour ramener un peu de respect à ces financiers au-dessus de la mêlée...


    • Arogavox Arogavox 26 janvier 10:51

      @Eliane Jacquot
      Comment employer le terme ’nos démocraties avancées’ autrement qu’avec une ironie mordante ?!

      selon l’Universalis :

      « De l’Antiquité grecque jusqu’au XIXe siècle, seul un régime que nous appelons aujourd’hui démocratie directe, où les lois sont débattues et votées par l’assemblée (ekklèsia) des citoyens, pouvait être qualifié de démocratique.

      La désignation des gouvernants par l’élection, en réservant le pouvoir à « quelques-uns » et non « à tous », était considérée comme un procédé aristocratique. »


      (voir ma précédente ’réaction’ sur cet article)

       Une erreur ne devient pas une vérité parce qu’elle aura réussi à perdurer !
       Comment arriver à ne pas prendre conscience à quel point il est louche et suspect de détourner le sens du mot ’démocratie’ quand c’est en fait la prétention aristoctatique (pouvoir des meilleurs) qui est visée et appliquée ?!
        Nos zélites n’ont même pas encore perçu le ridicule de ce lapsus, pourtant déjà largement dénoncé et raillé par toute la ’plèbe’ à travers tout notre beau pays !
        Le comble de l’ignorance n’est-il pas qu’elle s’ignore elle-même ? 
        ... jusqu’à un producteur en chef de diktats qui ne sait pas que même une dictature éclairée ne saurait justifier l’adoption définitive d’un système de pouvoir dictatorial !
       (et si demain l’ennemi qu’il nous désigne advenait à prendre Sa place ? !!  pourquoi se permet-il de penser -iou de décréter ? que cela soit impossible ?)

      dictature : L’origine du terme remonte à la Rome antique, où la dictature était un état de la République romaine où un magistrat (le dictateur) se voyait confier de manière temporaire et légale les pleins pouvoirs en cas de troubles graves.



  • Pere Plexe Pere Plexe 23 janvier 18:55

    Le problème de la finance est qu’elle a une telle importance que le politique n’a d’autres choix que d’être à ses ordres. En particulier les QE qui déverse des sommes colossales pour les marchés financiers et sont devenus la règle.

    C’est révélateur de l’impuissance des états et la connivence des politiques avec les oligarques qui en sont les seuls vrais bénéficiaires.

    Soyons certains que le maintient de se système insoutenable se fera jusqu’au bout tant le remettre en cause toucherai ceux qui, de fait, dirige la planète. 


    • Beretman 26 janvier 23:57

      @Pere Plexe
      « Le problème de la finance est qu’elle a une telle importance que le politique n’a d’autres choix que d’être à ses ordres »

      Bon, je reste au lit les jours d’élection ...


  • sound of sound of 23 janvier 20:18

    @l’auteur

    Formidable analyse et très bien écrit de surcroit. Je ne suis pas spécialiste économique, mais nous pouvons entrevoir quelques points important, il me semble !

    Donc les marchés finissent par tout dominer, entrainant une concentration des richesses. Le revers est une inégalité croissante, une priorité absolue au court terme et la tyrannie de l’instant et de l’argent. Cela va et ira pour ces marchés jusqu’a la commercialisation et la transformation de l’être humain qui deviendra lui même un objet marchand... Effectivement comme cela a été dit la politique et plus précisément le President et les ministres deviennent le bras armé des marchés ... Pour se faire la puissance des marchés et leurs poids financier oriente donc la politique avec tous ces méandres et sans cette politique les marchés ne peuvent progrésser et s’étendre sur des domaines alors jamais exploités : Santé, justice, éducation voir illégal, drogue, prostitution, armes, organes ... Grace à cette alliance les marchés finiront par diriger le monde (ce qui pratiquement le cas) ! Dans les outils politiques de marché nous avons comme exemples : La décentralisation des grands investissements, qui ne sont plus dans l’état lui même, ses infrastructures ne lui appartiennent plus... Pour en revenir à ces décisions politiques, nous avons eu le traité de Maastricht, qui ne contient aucunes clauses pour sortir de l’Europe  . Grace a cette europe il est très simple d’uniformiser les marchés et surtout de les orienter, via l’euro entre autre smiley Nous avons plus récemment, une trouvaille de l’état qui est « l’état d’urgence », une formidable manne financière pour les marchés ... Bref il n’y a plus de politique depuis longtemps (si tentait qu’il y en ai eu) les marchés dominent et diriges les peuples sous couvert de lois engendrant des profits de plus en plus importants ... Ceci rejoint une constatation économique qui est : 1% de la population mondiale possèdent plus de richesses que les 99% autres, ceci n’est jamais arrivé au cours de notre histoire smiley 


    • Zozo canal histrionique 23 janvier 20:34

      @sound of

      Et où qu’il est principalement concentré, dans sa forme la plus furtive et sécurisée de toute l’histoire ? smiley


    • Eliane Jacquot Eliane Jacquot 23 janvier 21:21

      @sound of

      Je vous remercie et je vous recommande à propos des 1% la lecture du dernier rapport 
      de l’ONG Oxfam sur ce sujet , écrit dans le cadre du Davos 2020 :

      buff.ly/3akrlq9


    • sound of sound of 23 janvier 22:26

      @Eliane Jacquot
      Merci pour ce rapport très intéressant, qui ne fait que confirmer ce que j’avais entrevu ... C’est édifiant à quel point les marchés ont pu orientés les consciences afin de rendre les riches encore plus riches... Ce qui met en cause sérieusement nos responsabilités individuelles ! Car sans se voiler la face, les riches sont plus riches grâce aux « pauvres »... Le business du pauvre est le plus rentable de tous CQFD ;) Merci à vous.


    • Arogavox Arogavox 26 janvier 11:08

      @Eliane Jacquot
       Intox ? fake news ?  La réaction de nos zélites à cette remarque de l’Oxfam est riche d’enseignements !
        Au lieu de s’employer à contester les chiffres avancés et à nous prouver, à leur sauce, en quoi ils seraient faux, nous n’avons eu droit jusqu’ici qu’à une dédaigneuse levée d’épaules : la plèbe n’aurait toujours pas compris l’urgence d’enrichir encore les ploutocrates dans l’espérance religieuse d’un ruissellement en retour !
        CQFD !


  • Florian LeBaroudeur Florian LeBaroudeur 23 janvier 20:26

    Cet crise à venir ( peut importe quand elle surviendra ) risque de sonner comme le glas des années de prospérité et d’insouciance que l’occident a connu depuis 1945. 

    Il ne faut pas perdre de vue que le semblant de démocratie, de liberté et de bien vivre n’a été rendue possible que par la nécessité du marché de produire une armée de consommateurs et de jouisseurs compulsifs afin de soutenir la croissance du profit.

    Les chocs pétroliers des années 70 et la chute du potentiel de croissance qui en a résulté a été depuis amortie par l’endettement public et privé, la démocratisation de l’accès au crédit et la captation d’actifs facilitée par la baisse en escalier des taux d’intérêts afin de prolongée la fête le plus loin possible.

    Ceux qui connaissent l’ampleur de cet situation ne se font plus d’illusions, sauf les nombreux gogos décérébrés qui subsistent.

    Les périodes comme celles-ci ne sont que des expériences ludiques éphémères d’une longue et triste histoire humaine jonchés par la fatalité et la préoccupation de la survie. Mais celle-ci laissera la trace d’un immense regret et d’un épouvantable gâchis, si seulement nous l’aurions géré d’une façon plus humble et moins obscène...


  • Daniel PIGNARD Daniel PIGNARD 23 janvier 21:02

    « Pour ce qui est des temps et des moments, vous n’avez pas besoin, frères, qu’on vous en écrive.

    Car vous savez bien vous-mêmes que le jour du Seigneur viendra comme un voleur dans la nuit.

    Quand les hommes diront : Paix et sûreté ! alors une ruine soudaine les surprendra, comme les douleurs de l’enfantement surprennent la femme enceinte, et ils n’échapperont point. » (1 Thes 5 :1-3)

     

     Imaginez un peu la situation quand Paris sera des truies.


  • Croa Croa 23 janvier 23:22

    C’est complètement fou, la bourse est au plus haut alors que l’activité réelle est en récession ! C’est à n’y rien comprendre... Cela pourrait-il être dû au fait qu’il y a de plus en plus d’argent qui circule ? Un argent donc sans rapport avec les vrais richesses ! Si oui c’est que tout ça sert une sorte de spéculation infinie. Dit autrement tant que les riches réinvestissent et que la monnaie coule à flots continue il y a aucune raison que ça s’arrête. À moins qu’un de ces riches veuille sa piscine d’or, un peu comme celle de Picsou, au lieu de réinvestir et tout s’écroule puisqu’il n’y aura jamais assez d’or à vendre pour tout cet argent !


    • Aita Pea Pea Aita Pea Pea 23 janvier 23:37

      @Croa

      Suffit de voir où ils placent leur pognon... T’irais acheter une banane scotchée sur un mur pour 100 000 boules ?


    • Eliane Jacquot Eliane Jacquot 24 janvier 08:25

      Bonjour@Croa

      Il y a en effet un argent qui circule sans rapport avec les vrais richesses .Les banques centrales continuent de faire tourner la planche à billet , associé à des taux de plus en plus bas .Christine Lagarde, récemment nommée à la tète de la BCE s’inscrit dans ce schéma . Cet afflux discontinu de monnaie  provoque des bulles sur quasiment l’ensemble des actifs de la planète.

      Bulle boursière, obligataire, immobilière. 

      On assiste à une implosion de la dette mondiale et des bulles d’actifs ( dette mondiale évaluée à environ de 250 000 milliards de Dollars )


    • Le421 Le421 25 janvier 09:03

      @Aita Pea Pea
      J’hésite entre « foutage de gueule » et « provocation ».
      La réponse à donner à ça ??
      Tatatatatatatatatatatatata !!


    • Arogavox Arogavox 26 janvier 11:25

      @Eliane Jacquot
      Voilà qui fait penser au phénomène de surfusion qui avait surpris les chevaux du lac Ladoga :

      dans certains cas, relativement calmes, la température extérieure peut descendre au-dessous de 0° sans que l’eau ne se fige tout de suite en glace ... mais il suffit alors de n’importe quel déclencheur pour calalyser immédiatement un gel fulgurant 
      ( Les pauvres chevaux ont été transformés en pleine course en magnifiques sculptures de glace !)


    • Arogavox Arogavox 26 janvier 11:48

      illustration : quand les ’liquidités’ gèlent avant de ruisseler => https://www.koreus.com/video/surfusion-eau.html


  • Xovkipeu2 Xovkipeu2 24 janvier 06:31

    tiens vous parlez de récession économique, vous imaginez des milliers de gens faire la queue devant ce supermarché pour quelque grain de riz, ou des pates coquillette à l’unité ? Euh bon presque, c’est ce qui se passe dans certains pays latinos, ou amérique du sud, le Vénézuela et compagnie.


    • Le421 Le421 25 janvier 09:11

      @Xovkipeu2
      Surtout le Vénézuela.
      En Afrique, en Asie, tout baigne.
      Heu, non, y’a la Corée du Nord aussi !!  smiley

      Et pas de pauvres aux USA, en Allemagne, etc...
      Quel est le taux de retraités « pauvres » outre-Rhin par rapport à la France ?
      Rassurez-vous, on va rattraper cette erreur...


  • Trelawney Trelawney 24 janvier 07:07

    Les indicateurs économiques d’une prochaine crise sont :

    Le volume d’actions gonflée artificiellement pour réduire le GAP entre la valeur intrinsèque d’une entreprise et son taux d’endettement.

    Les achats des ménages qui se réduisent constamment malgré un crédit à la consommation plus qu’avantageux.

    Les distorsions économiques et la volonté isolationniste de certains états provoquant une crise chez d’autres et selon la fameuse théorie des dominos accélérant la chute de tous.

    Les facteurs aggravants sont :

    un taux d’endettement non remboursable jamais atteint

    un niveau de pollution exigeant un maximum de capitaux pour rendre le monde vivable


    • Le421 Le421 25 janvier 09:15

      @Trelawney
      Les achats des ménages qui diminuent sont aussi la conséquence de deux phénomènes simultanés. Réduction des revenus nets malgré ce qui se raconte !! et prise de conscience par rapport à l’environnement.


    • Trelawney Trelawney 25 janvier 10:03

      @Le421
      La société de consommation fonctionne sur deux critères :

      • La possibilité d’avoir tout ce que l’on veut quand on veut ou on veut. Et donc on subi la tentation de consommer.
      • La communication par la publicité qui enlève toute conscience pour retourner aux instincts enfantins et exacerber nos caprices.

      Lorsque par obligations (réduction du revenu net) ou par conscience (environnement) on prend la décision de réfléchir avant d’acheter, automatiquement on s’habitue à ne plus consommer.
      Le capitalisme survivra car il n’est pas crée par l’homme mais est simplement une de ses conséquences, mais la société de consommation ne va pas survivre et cette fin occasionnera d’énormes bouleversements dans nos vies. Faut simplement s’y préparer

  • Aimable 24 janvier 07:38

    Pour parler de l’intelligence du monde la finance , je trouve votre titre on ne peut plus clair .


  • zygzornifle zygzornifle 24 janvier 09:20

    tout semble aller pour le mieux dans le cercle clos des marchés boursiers

    Traduction : cela veut dire que les pauvres sont encore plus pauvres et que la classe moyenne glisse tout doucement vers les bas ....


  • Djam Djam 24 janvier 10:59

    On retrouve dans cette analyse pertinente les mêmes constats que font les Delamarche, Jorion, Jovanovic, Grave et beaucoup d’autres.

    Mais à quoi servent les économistes ? Leur boulot consiste essentiellement à analyser une pseudo science que l’on s’évertue à considérer comme un phénomène normal alors qu’il n’est qu’une idéologie malsaine, destructrice et parfaitement inutile à la qualité de vie des humains.

    Oïkonomia = gérer la maison.

    Si l’extension s’est faite jusqu’à gérer un pays entier puis aujourd’hui le monde et enfin des « actifs » artificiels sans aucune réalité concrète c’est que des esprits malades ont inventé, pour leur seul intérêt, une science totalement préfabriquée.

    Avoir ensuite inventé, non pas un métier mais une fonction (économiste) était par conséquent obligatoire. La fonction d’économiste allait ainsi crédibiliser une invention perverse (économie de marchés mondiaux, flux d’argent et valeurs totalement virtuels).

    Les sociétés n’ont en aucun besoin d’une économie élargie au pays puis au monde, ils ont besoin de règles pour échanger localement, comme le font très bien les monnaies locales (SEL). L’économie familiale n’a nullement besoin du cirque virtuel devenu une financiarisation des vies de milliards d’individus transformés en esclaves produisant l’énergie réelle (production réel) détournée, vampirisée par une énorme machine sans aucun fondement autre qu’un enrichissement, tout autant virtuel, d’une ultra minorité de mecs qui ne travaillent jamais mais font travailler tous les autres.

    «  »Un économiste est un expert qui saura demain pourquoi ce qu’il avait prédit hier ne s’est pas produit aujourd’hui."
    Laurence Peter - Psychologue canadienne


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