lundi 13 juillet - par Mervis Nocteau

Divine Marianne !

En 2025, je proposai une astromancie du thème inaugural du 14 juillet 1789 qui, comme tout « thème natal », vaut toute la vie... à relire sans problème, donc.

Cette année 2026, à l'occasion de la fête nationale, je m'intéresserai à la figure de Marianne, de façon moins occulte, en Histoire des idées, où nous verrons qu'elle est à triple fond : républicain, monothéiste et protohistorique – figure syncrétique totale.

Par indulgence pour le lecteur empressé, j'ai placé bien des données en notes de bas de page, mais je les conseille aux sages.

La Liberté guidant le peuple, d'Eugène Delacroix {JPEG}
Source de l'image

 

Première strate : le fond républicain

C'est la strate manifeste. Marianne était un prénom fort répandu dans la paysannerie, à l'époque de la Révolution bourgeoise (1789-1848). Les bourgeois ayant excité les populations à se révolter, beaucoup de Marianne en participaient. On disait même, à l'époque, « une Marianne » comme on a pu dire « un Jacques » : les populations étaient paysannes dans leur écrasante majorité (il y a plus de chances que vos aïeux fussent des roturiers multiformes que des chevaliers uniformes).
Au départ, la Révolution put être considérée comme une vaste jacquerie par la noblesse d'épée, soulèvement populaire type bonnets rouges (devenus gilets jaunes face à la noblesse de robe/bourgeoisie actuelle) : vaste « mariannerie » plutôt que jacquerie, à cette occasion, c'est dire l'exceptionnalité !
Les révolutionnaires assumèrent le qualificatif de Marianne contre leurs opposants, symbole d'émancipation des roturiers multiformes – dont faisaient partie les bourgeois, notamment comme chefs d'ateliers dans les bourgs. D'où leur nom de bourgeois, CQFD[1].
Marianne fut affublée d'un bonnet phrygien, alors confondu avec le pileus romain, « bonnet d'âne » à nos yeux, mais qu'avaient porté les esclaves affranchis dans l'Antiquité : la nouvelle République aima l'illustration romaine quoi que dérivant carthaginoise. Une petite confusion bonnet phrygien/pileus bénigne, dans cette époque historiennement moins scrupuleuse que la nôtre... encore que notre époque historiennement scrupuleuse, dispute les origines de la Marianne républicaine. Pourquoi ? Parce que tout n'est pas toujours simple, le Devenir existentiel pratiquant des amalgames.

De sorte qu'on ait pu rattacher Marianne au nom d'un érudit espagnol[2] à la Renaissance. Renaissance plus vieille que la Révolution de quelques siècles, mais dont finirait par se réclamer la République, pour faire humaniste. L'Espagnol en question s'appelle Juan de Mariana, membre de l'école dite de Salamanque au XXe siècle... érudits de l'université de Salamanque alors, qui s'illustrèrent par leur anti-absolutisme monarchique et leur jusnaturalisme précoces[3], quitte à donner aux peuples un droit de mort sur les tyrans dès leur époque. Extraordinaire, non ? Enfin ça, c'est une explication elle-même très érudite mais, en tout républicanisme, elle est bien sûr très satisfaisante[4].

Finalement, c'est l'Occitanie ancienne[5] qui va rendre populaire Marianne au sein de la République, car la Marianne a beau avoir servi d'effigie dès 1792, son usage n'était toujours pas très répandu dans les institutions sous la IIIe République. Ce n'est qu'au XXe siècle qui nous précède, qu'il faut attribuer son assimilation institutionnelle entière.
Où c'est bien le village de Puylaurens dans le Tarn, Occitanie, qui se targue d'être le berceau de la Marianne républicaine, encore que la chanson populaire la Garisou de Marianno (la Guérison de Marianne) d'un cordonnier puylaurentais – Guillaume Lavabre : 1755-1845 – fût surtout connue au prisme du Tresor dóu Felibrige (Trésor du Félibrige) dictionnaire français-occitan rédigé de 1878 à 1886 par Frédéric Mistral (1830-1914).

Voilà : de l'Histoire des peuples à la petite histoire, la Marianne républicaine semble une figure résolument moderne, contemporaine et volontiers hexagonale, adéquate aux intentions révolutionnaires du bas en haut de l'échelle sociale[6].

Deuxième strate : le fond monothéiste

Au vingtième siècle seulement, Maurice Agulhon suggère que Marianne fasse bibliquement référence à Mariamne l'Hasmonéenne, princesse juive forcée d'épouser le roi Hérode avant d'être persécutée par Salomé puis exécutée par son époux : on est loin de la Guérison puylaurentaise de Marianne... Salomé avait calomnié sa noble reine épouse d'Hérode, Hérode qui se laissa séduire jusqu'à lui offrir la tête de saint Jean-Baptiste sur un plateau[7].
Ceci était pour le judaïsme, mais on voit bien – alors que la France baignerait encore dans un antisémitisme d'ambiance, deux décennies après la Seconde Guerre mondiale – que cette hypothèse reste spéculative. D'autant plus spéculative, d'ailleurs, que l'idéologie judéo-chrétienne réinterprétant les Histoires judaïques et chrétiennes dans le sens de leur congruence, n'est pas plus vieille que la fin dudit antisémitisme d'ambiance (les monothéismes sont comploteurs par excellence : lire le préambule)[8].

Parlons donc des chrétiens, religion française de Clovis toujours au siècle dernier. D'ailleurs, on salue volontiers le rationalisme des bourgeois pour un héritier des Lumières, à l'exclusion des autres roturiers moins instruits, mais le bon sens paysan ne s'en est jamais tant laissé compter[9]. À partir de là, si l'écho vétérotestamentaire de Mariamne l'Hasmonéenne reste faisable, ce sont avant tout les figures de saintes Anne et Marie qui comptent : Anne, mère de la prétendue vierge Marie, mère de Jésus[10].
D'ailleurs, les musulmans aussi, accordent une place à Anne et Marie, dans le Tafsir (commentaires du Coran) et les Qisas al-Anbiya (récits des prophètes) qui identifient presque unanimement la mère de Marie (Maryam) comme étant Hannah (même retranscription latine que l'hébreu, parfois sans H final) ; Anne est alors souvent appelée Hannah Bint Faqud (Hannah, fille de Faqud)[11].

Tout ce que je voulais signifier, c'est que, de nos jours, il serait même tout à fait possible d'inventer une idéologie « judéo-christo-islamique » dans la République au nom de Marianne, même si cette idéologie serait tard-venue dans l'Histoire française, peu après l'idéologie judéo-chrétienne... encore qu'on fabule depuis longtemps – dans l'intelligentsia et autres érudits – « l'âge d'or islamique » comme s'il concernait le monde entier[12].

Enfin, troisième strate : le fond protohistorique

Avant les monothéismes, chrétien évidemment pour ce qui concerne la France à l'époque (sachant que les cultures populaires conservèrent un fond protohistorique devant les cultures savantes de même quant aux cultures contemporaines ayant dévié certes avec créativité aussi dans le Devenir existentiel...) avant les monothéismes, les Anciennes Coutumes étaient polythéistes : la Rome et l'Hellas (la Grèce) sont historiques d'avoir écrit, mais en laissant tant de témoignages sur leurs voisins les Ibères, les Celtes, les Germains, les Scythes, etc. que nous pouvons en faire quelque Protohistoire.

Pour commencer, on se souvient que le bonnet phrygien de Marianne provient d'un amalgame a priori involontaire avec le pileus romain, chapeau des esclaves affranchis. Je dis « a priori involontaire » car on peut spéculer, à la manière de Maurice Agulhon avec Mariamne[8 bis] sur l'invocation ésotérique de la Déesse phrygienne – devenue romaine à l'époque impériale – Cybèle. Car Cybèle, en Phrygie, fut Grande Mère de tous les Dieux & Déesses – importée par sentiment de nécessité polythéologique lors des guerres puniques – dont on voit mal comment la symbolique ne serait pas passée dans la figure de la sainte vierge Marie, reine du Ciel et de la Communion des saints, dans le catholicisme – comme on règne sur un panthéon (sans parler de l'Isis à l'enfant, romanisée). Autant vous dire que la translation jusqu'à Marianne – d'autant plus évidente au prisme d'Anne – semble naturelle en Histoire des idées, jusqu'au « panthéon » où fut fameusement inhumé Marc Bloch voilà peu :
Tout se passe, donc, comme si le bonnet phrygien de la Marianne républicaine résonnait à travers les âges, avec la Déesse Cybèle. Divine Marianne ! Et ce n'était dit qu'à propos de ce bonnet, puisque dans le monde hellène, les plus célèbres porteurs de piloi (pluriel grec de pilos, pileus latin) sont les Dioscures, jumeaux divins, Castor et Pollux, prototypes des jeunes hommes en âge de combattre. Quoi de plus seyant pour une révolution, n'est-ce pas ? surtout dans ses tournures armées anti-européennes, quand toutes les monarchies ne voulurent pas de l'intempérance bourgeoise franco-française – pour rester poli.
Castor et Pollux, symboles de fraternité, associés déjà à des femmes aussi prégnantes que Clytemnestre et Hélène, respectivement meurtrière de son époux le roi Agamemnon et prétexte de la guerre de Troie. Comme disait Héraclite (littéralement « la Gloire de Héra ») d'Ephèse (ville proche de la Phrygie, sur la péninsule anatolienne) : « Toutes choses naissent d'Eris » – Déesse de la Discorde. En quoi l'on retrouve ici une maternité, qui bientôt reboucle avec la Puissante Cybèle : on appréciera la complexion, jusqu'aux querelles révolutionnaires et post-révolutionnaires agitant la France !

Continuons d'exploiter les données précédentes, en rappelant la princesse Mariamne l'Hasmonéenne, néanmoins : les Hasmonéens seraient baptisés d'après la ville judéenne de Hamonah, étymologiquement foule, tumulte. Durant cette époque bientôt christique, plusieurs décennies avant sa naissance, montait le culte d'Adon, qui sonne comme Adonaï (le Seigneur) devenu Adonis chez les Hellènes : Dieu jeune et beau renaissant au printemps et mourant avant l'automne, chez les Phéniciens. C'est à cette époque, que la résurrection devient une finalité monothéiste, sans grand hasard.
Mais les influences phéniciennes peuvent[8] ne pas s'être arrêtées là jadis, puisque dans Hamonah on entend (H)Am(m)on : à la fois le Dieu égyptien Amon (le Caché) et le Dieu phénicien Baal Hammon (Seigneur Amon) – les Phéniciens l'ayant adopté dans leurs termes.
De sorte que les Hasmonéens, entre les judaïsmes, puissent avoir incarné les adeptes d'une tradition ésotérique spécifique, accouchant bientôt ni plus ni moins que de la figure de Jésus. De la résurrection au père invisible, tout y est, d'autant plus que les anti-nazaréens – les opposants au nazaréisme, mouvement de Jésus, jusque dans les christianismes – trouvent une ennemie en Salomé.
De toutes façons, le judaïsme monothéiste ne s'est pas fait en un jour, sinon la Bible ne raconterait pas les écharnements, crises et paniques du Dieu exclusif, contre « la tête dure des Hébreux » toujours prêts à vénérer plusieurs Dieux & Déesses. On ne voit pas pourquoi, à l'époque hellénistique de la Canaan sous régime impérial romain, il en serait allé différemment.
De sorte que, au cas où la Marianne républicaine ferait aussi référence à Mariamne l'Hasmonéenne, Marianne perpétue le Dieu Caché à l'époque laïque – ou du moins sa parèdre Mout, Déesse égyptienne maternelle, dangereusement léonine mais aussi protectrice, et Tanit, Déesse phénicienne de l'amour et de la guerre.
Or Mariamne est avant tout Mariam (Marie) en grec, avec le suffixe -ne alors, écho de la sainte Marie, qu'on retrouve en armure guerrière en l'église fortifiée de Santa Maria de Ujué, en Espagne, antiquement ibère influencée par les phéniciens, criblée de sanctuaires à la Déesse Tanit. Divine Marianne !

Cette même Déesse Tanit, avec l'influence ibère sur les Celtes – dont ressortent nos vastes ancêtres génétiques Gaulois, mais pas ancêtres culturels... – cette même Déesse Tanit, disais-je, serait la raison pour laquelle, chez les Celtes, et contrairement au reste du monde indo-européen (Rome, Germanie, Grèce, Scythie, Ancien Iran, Inde, etc.) les femmes auraient eu plus de libertés ; d'ailleurs, la cérémonie d'affranchissement des esclaves romains, alors porteurs du pileus, se faisait sous l'égide... de la Déesse Libertas, par-devers Jupiter Liberator et Liber Pater.
Pour m'en tenir aux Celtes, la Déesse Morrigan serait le Devenir existentiel nord-occidental de la Déesse Tanit, ou du moins sa cousine influencée des cultures de l'arc atlantique parcourues par les Phéniciens dès l'époque archaïque. Or, les Gauloises n'hésitèrent pas à effarer les Romains, par leurs frénésies pugnaces – jusqu'à intimider ces faux pudiques, enragées et seins nus. Comment n'y pas retrouver la Marianne du fameux tableau d'Eugène Delacroix, la Liberté guidant le peuple (illustrant la deuxième révolution de 1830) ?

Mais il y a mieux encore : l'existence de la Déesse gauloise Ana, mieux connue sous le nom de l'Irlandaise Dana, est la raison pour laquelle la Bretagne contemporaine célèbre encore-toujours autant sainte Anne. Qui, certes, devint sa sainte patronne à la Renaissance, époque où la reine Anne épousa successivement deux rois de France dont l'un mourut, mettant un terme à l'indépendance bretonne... comme en compensation symbolique, et néanmoins forte, avec l'antique Ana.
C'est-à-dire que le comparatisme irlandais nous informe littéralement, que la Déesse Ana est la cheffe des teutèles divines, c'est-à-dire des bonnes engeances de cette Déesse-Mère, elle-même lointaine cousine de la Déesse Cybèle par laquelle nous commencions notre lecture protohistorique de la Marianne républicaine. Les cultures populaires, notamment celtophones, ont filtré depuis l'Antiquité ; car si la reine Anne est pour quelque chose dans l'explosion du culte de sainte Anne à la Renaissance[13], la prégnance de ce culte est attestée dès l'époque gallo-romaine. De la Déesse Ana, donc, car on s'explique mal comment les Bretons s'y seraient dédiés sinon – de même que les « Basco-Gasco-Languedoco-Catalo-Pyrénéens » – antiques Ibères apparentés jusqu'en Antique Catalogne (scroller le fil) – se dédièrent à la Déesse Mari-Tanit (lire aussi le groupe de liens idoines, placés ci-dessus à propos du coin). Divine Marianne !

La première strate du fond républicain est fascinante... Vive la République, et vive la France !

 

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[1] Même si Olympe de Gouges n'a pas suffi à faire valoir l'égalité hommes-femmes alors, au point que la condition féminine se soit même détériorée, comme s'il avait fallu compenser l'absence officielle de hiérarchie par diverses hiérarchies officieuses, même infimes : tout le monde adore ça.

[2] C'est Manuel Valls qui va être content !

[3] Jusnaturalisme : philosophie politique postulant « le droit naturel », par opposition au conventionnalisme, estimant le droit conventionnel.

[4] Autre satisfaction érudite avancée, quoi que plus régionaliste : Paul Barras, membre du Directoire, lors d'un voyage en Alsace chez un révolutionnaire, aurait dit à sa femme prénommée Marianne : « votre prénom sied à la République autant qu’il sied à vous-même » – mais on voit mal comment il l'aurait dit sur un coup de tête, si ce prénom n'était pas déjà popularisé. Avec le Chant de guerre pour l'armée du Rhin devenu la Marseillaise, disons que les Alsaciens bombent le torse, ce qui ne mange pas de pain.

[5] Le vaste Sud en général, de Toulouse à Marseille, bien plus que la seule nouvelle région du même nom.

[6] Encore que la bourgeoisie ait fini par laminer la paysannerie jusqu'à nos jours eurocratiques – moitié par force des choses, moitié par mépris de classe et ressaisie érudite de l'effigie... au nom de leurs intentions lors de la Révolution, consistant à devenir califes de robe à la place des califes d'épée.

[7] Fut-ce un « féminicide » ?
On peut le discuter rétrospectivement, car la légende raconte que Salomé, mariée à un certain Joseph, se sentait méprisée par la reine Mariamne, en raison des origines modestes de sa famille... de sorte qu'elle mentit sur le double adultère entre Joseph et Mariamne, qui eût fait d'Hérode et elle des cocus. Mais Hérode dut être salacement instigué par une deuxième salve de calomnies, avant d'exécuter Marimane sous la colère, après avoir déjà fait exécuter Joseph...
On devine volontiers que Salomé n'aimait pas doublement son époux ni la Mariamne, ni pas grand monde d'ailleurs... Les féministes ne seront pas rassuré(e)s d'apprendre qu'Hérode regretta amèrement sa colère meurtrière toute sa vie durant. L'instigation salace de Salomé n'est pas négligeable.

[8] Hypothèse spéculative en dehors, peut-être ? de cénacles révolutionnaires judaïsants, amateurs de littératures et d'occultismes divers, sur le mode de l'Aube Dorée (Golden Dawn) anglaise. Pourquoi pas ? mais cela reste spéculatif. On invoque les tragédies de Hardy, l'Hermite et Voltaire (respectivement Mariamne, 1610, Mariane, 1636 et Hérode et Mariamne, 1724, sur le même thème) et bien sûr le complot « judéo-maçonnique » né sous le coup des ecclésiastiques...
… alors que le maçonnisme naquit de cercles chrétiens, tirant à fond les conséquences évangéliques d'égalité devant Dieu doublé d'amour universel, avec rétrospectivement leur « frérisme » déjà – frérisme adoré par les Anglais et leurs sociétés fraternelles philanthropiques ayant même affectées le druidisme contemporain (lire aussi).

[9] Loin de la niaiserie de l'intelligentsia toujours trop prompte à caricaturer les peuples pour des imbéciles, nombres de contes populaires nous rappellent à l'astuce des « petites gens » – au hasard, le Petit Poucet : c'est bien pour ça, que la « chasse aux sorcières » ne se déclara que tardivement dans la Féodalité, après la Renaissance encore !
Comme disait René Descartes, non sans une certaine ironie à redécouvrir en contexte, mais néanmoins valable pour tout le monde : « Le bon sens est la chose du monde la mieux partagée. » : l'instruction n'est pas tout, et Descartes déploya son astuce philosophique.

[10] Anne, grand-mère de Jésus à laquelle s'applique le dogme de l'Immaculée Conception – contrairement à la vulgate qui l'attribue à Marie.
Marie naît légendairement sans péché comme Jésus, donc, ce que la tradition décréta nécessaire pour que l'archange Gabriel insufflât les entrailles de Marie par l'opération du Saint-Esprit, en toute pureté christique :
Pour les doctes, le Dieu exclusif n'aurait pas pu choisir un autre « réceptacle » pour lui-même qu'une de ses filles (« créature de Dieu ») en guise de femme intercesseuse entre le Ciel et la Terre, pour mère. C'est parfaitement docte, et les doctes sont bien doctes : seules les petites gens manquent de l'intelligence pour le comprendre, c'est bien connu... les petites gens ne maîtrisent même pas le latin, ces ignares !

[11] Historiquement, le Coran s'est d'ailleurs inspiré d'Evangiles apocryphes, en l'occurrence ici Evangile de Jacques : Jésus (Isâ) y insuffle la vie à un oiseau en argile, sur le modèle de Jéhovah (le Seigneur, Allah) façonnant et vitalisant Adam (Adam signifie littéralement glèbe). Mais la tradition coranique en question, toujours depuis le même Evangile, évoque donc Anne, mère de Marie, grand-mère de Jésus, en évoquant son époux Joachim, père de Marie, grand-père de Jésus.

[12] Par exemple sur la base d'une idéologie al-andalusienne elle-même récente et erronée, d'un havre interreligieux dans l'Espagne médiévale. Lire Darío Fernández-Morera, The Myth of the Andalusian Paradise ; Rafael Sánchez Saus, Les chrétiens dans al-Andalus : De la soumission à l'anéantissement ; Joseph Pérez, Andalousie. Vérités et légendes ; Rémi Brague, Sur l'islam ; Arnaud Imatz, Être minoritaire en terre d'islam ; Serafin Fanjul, Al-Andalus, l'invention d'un myth ; entre autres.

[13] Sainte Anne serait apparue, comme la sainte vierge Marie à Lourde, à Sainte-Anne-d'Auray. En 1625, le paysan Yvon Nicolazic aurait découvert une statue de la sainte dans un champ, suite à une série de visions débutées en 1623. L'événement transforma Auray en un haut lieu de pèlerinage et popularisa le culte dans toute la province et au-delà, non sans antique raison. Il ne restait plus à Pie X, qu'à entériner l'affaire en 1914, probablement pour contrer l'avènement du druidisme contemporain (lire aussi).

La Liberté guidant le peuple, d'Eugène Delacroix {JPEG}



15 réactions


  • Étirév 13 juillet 10:46

    LA RÉVOLUTION FRANÇAISE C’EST LA RÉSURRECTION DE LA FEMME C’est, de tout temps, l’esprit de la femme qui a guidé le monde. Quand la femme pense et agit, le monde marche ; quand elle tombe dans l’apathie intellectuelle, quand elle se laisse réduire en esclavage et abdique son pouvoir, le monde tombe dans l’obscurité. Tous les grands mouvements de l’esprit sont dus à l’initiative féminine. La femme donne l’impulsion, l’homme la suit. Le grand mouvement philosophique qui au XVIIIème siècle a remis tous les problèmes de la Nature en discussion a été, tout entier, fait par des femmes. La marquise de Lambert, Mme de Tencin, Mme Geoffrin, inspirent Fontenelle et son école. La marquise du Deffand, la baronne de Stael, surtout la marquise du Châtelet, influencent l’esprit de Voltaire. Mlle de Lespinasse fait d’Alembert. Mme d’Épinay, la comtesse d’Houdetot font Rousseau. Mme d’Épinay, cette petite femme que Voltaire appelait « un aigle dans une cage de gaze », fait aussi Grimm. C’est ce grand réveil de la pensée féminine, se dégageant subitement des entraves du Christianisme, qui prépare la Révolution. Mais cette première révolte de l’esprit de la femme en face des erreurs du vieux monde n’est pas bien comprise par l’homme, elle est défigurée, mal interprétée, mal rendue, elle est traduite en idées masculines. La femme esclave demandait son affranchissement : l’homme traduit ce cri de révolte par la demande des « Droits de l’Homme ». La femme veut l’affranchissement des entraves mises à la liberté des FONCTIONS de son sexe : l’homme traduit cette aspiration par un nouveau déchaînement dans ses vices à lui et ne continue pas moins à opprimer la femme dans sa sexualité ; ce déchaînement de l’homme amène même une recrudescence de jalousie sexuelle. Tout ce que la femme demande pour elle, l’homme, dans la traduction qu’il fait des idées de la femme, le demande pour lui. C’est ainsi que la Révolution préparée par la femme pour être l’avènement de la justice ne fut que l’avènement d’un système bâtard qui vint détruire l’ancien régime, mais ne le remplaça pas par ce que la femme avait rêvé. Pour avoir refusé la révolution de « Dieu », les institutions traditionnelles sont balayées, en quelques heures, par celle des hommes. De la Révolution lumineuse et spirituelle à la révolution ténébreuse et marchande : À la suite de la Révolution, l’abbaye de Cluny, devenue « bien national », sera vendue et démontée au profit de marchands de biens. il ne subsiste aujourd’hui que 10 % de l’église abbatiale Cluny III. L’abbaye de Cluny fut fondée en 909 ou 910 par le duc d’Aquitaine et comte d’Auvergne Guillaume Ier. Cluny était alors le symbole du renouveau monastique en Occident. NB : La pierre fondamentale de l’ordre social dans l’Inde, c’est la division en castes. La première origine des castes (base naturelle de l’organisation synarchique) se trouve dans la primitive religion naturelle. Religion signifie relier, pour se relier, il faut observer les rapports mutuels des êtres différents : masculin et féminin ; violer cette loi en nivelant les sexes que la nature a faits dissemblables, c’est créer le désordre. Primitivement, au-dessus des divisions masculines se trouvait le sexe féminin, sexe spirituel, sexe à part. C’est pour cela que l’on disait : les Dêvas et les hommes, ce qui plus tard est devenu les dieux et les hommes. Cette division si naturelle de l’humanité suivant les facultés de chacun avait donné tant de force à la primitive organisation sociale, qu’elle fut la base réelle du bonheur de tous, résumé dans ce beau titre : « l’Âge d’Or », et de la grande civilisation qui dura si longtemps et qui fut le fonds dans lequel toutes les nations ont puisé. C’est la prétention à l’égalité qui germe dans le Cœur des envieux, des niveleurs, qui causa tous les désordres dont l’humanité eut à souffrir dans les temps d’erreurs et de despotisme. « Le système des castes dura sans s’altérer pendant l’immense période de 50 siècles », dit Marius Fontane. La première caste était celle des Dêvas. Toute femme y participait, parce qu’elle représentait le privilège de la nature féminine, et non des facultés spéciales. Cependant, au sommet de la caste divine étaient les grandes Déesses, puis les Prêtresses qui dirigeaient la vie morale, qui instruisaient les enfants, qui étaient les éducatrices, celles qui dirigent et éclairent la vie humaine. C’est après cette séparation des sexes que les hommes sont divisés en trois catégories, qui représentent les degrés de l’initiation dans les anciens Mystères : « Du blanc, du rouge et du bleu, symbolisant les trois premières castes, on voulut, lors des événements qui précédèrent immédiatement la Révolution française, faire les symboles respectifs des trois classes correspondantes de la nation : Clergé, Noblesse et Tiers-État (et c’est là l’origine véritable du drapeau tricolore de la France) ; mais, malheureusement, ces classes n’avaient aucun des caractères des véritables castes. C’est également sur les trois plans correspondants que l’on doit comprendre les trois termes : Liberté (spirituelle et intellectuelle), Égalité (morale ou sentimentale), Fraternité (sociale au sens purement matériel) ; il ne faut pas oublier que ces trois mots constituèrent une devise maçonnique (« opérative »), c’est-à-dire une formule initiatique, avant d’être livrés à l’incompréhension de la foule, qui n’en a jamais connu ni le sens réel, ni la véritable application. » (R. Guénon, La Gnose, L’Archéomètre, note de bas de page) Lien : https://livresdefemmeslivresdeverites.blogspot.com/2017/07/larevolutionfranc aiseestlaresurrectiondelafemme.html


    • Mervis Nocteau Mervis Nocteau 13 juillet 12:07

      @Étirév. Vive le féminisme ! quand il n’est pas absolutiste ni révisionniste de ouf comme vos outrances donnant envie de donner raison aux misogynes lorsqu’ils jugent « la femme » dépourvue de raison (humour noir). Si la Révolution française avait bien été « le retour de la femme » (quelle femme ? votre essentialisme est affligeant) Olympe de Gouges aurait été accueillie de son vivant à bras ouverts.


    • Gollum Gollum 13 juillet 15:08

      @Mervis Nocteau

      C’est clair qu’elle rendrait misogyne n ’importe quel amoureux des femmes... enfin des vraies...

      Pas des intellos avides de revanche malsaine..

      On sent d’ailleurs son besoin d’écraser par une longueur hors norme de ses pavés indigestes comme sa pseudo-érudition à base de mélange de conneries new-âge imbitables et d’autres un peu plus sérieux parce que piqués à des auteurs un peu plus sensés qu’elle...

      Un vrai clone de la Mélu au passage...Même besoin pathologique d’épater la galerie et de faire du hors norme...


    • Mervis Nocteau Mervis Nocteau 13 juillet 22:43

      @Gollum. Mélusine était plus égocentrique et mondaine, qualité compensant à peine l’égocentrisme. Etirèv est un peu comme moi : elle intervient avec son système, sa cohérence, sa doctrine... à cette nuance de taille, que je ne m’amuse pas à rabattre sous les articles des autres vers mes sites, et que je m’efforce d’être renseignant. Ainsi, elle n’est pas égocentrique et mondaine : elle est décentrique et raisonneuse... car je ne doute pas, au vu de certains retours, que d’aucuns me stigmatisent pour raisonneur --- sans jamais contre-argumenter sur le fond, mais toujours ad hominem, genre : « moi je dis que les bonbons / valent mieux que la raison ! »


  • Eric F Eric F 13 juillet 14:02

    Notons au passage que la Liberté du tableau de Delacroix ne saurait être la Marianne républicaine, le régime de 1830 étant une monarchie constitutionnelles. Mais comme l’indique l’auteur, toutes les déesses et allégories religieuses et légendaires sont assez cousines, ainsi la Marianne des mairies, la Cérès des timbres et la semeuse des pièces...


    • Mervis Nocteau Mervis Nocteau 13 juillet 14:32

      @Eric F.

      Notons au passage que la Liberté du tableau de Delacroix ne saurait être la Marianne républicaine, le régime de 1830 étant une monarchie constitutionnelles.
      En effet. Elle y a été amalgamée depuis, d’autant plus que Marianne donc fut affirmée au XXe siècle.
      Mais comme l’indique l’auteur, toutes les déesses et allégories religieuses et légendaires sont assez cousines
      Non, pas toutes. Je n’ai pas rendues « cousines » les saintes humaines Anne et Marie, avec les Déesses Cybèle et Ana, bien que Cybèle et Ana soient bien « cousines » en tant que Grandes Mères Divines de leurs panthéons respectifs.

      Que les saintes humaines Anne et Marie aient servi doublement de substituts anti-polythéistes et ésotéristes (polythéismes dégénérés en sciences occultes) aux Déesses Cybèle et Ana, n’en fait pas des « cousines » : les sèmes religieux diffèrent socioculturellement.

      Où intervient donc la syncrétisation avec Eris, Déesse de la Discorde, qui n’est pas plus cousine des deux saintes humaines monothéistes que des Déesses polythéistes en question, mais qui paradoxalement fonctionne à la française comme conjonction des tensions, pour autant que Marianne en échoit.

      Marianne n’est d’ailleurs plus qu’une allégorie dans la modernité, mais les allégories, comme tous les symboles, ne sont jamais sans influence psychoculturelle. Lire alors : L’Avènement/l’Allégorie d’un nouveau Dieu, moderne et L’Avènement/l’Allégorie d’une nouvelle Déesse, moderne. De toutes façons, comme nous en avons déjà discuté récemment.


    • Mervis Nocteau Mervis Nocteau 13 juillet 14:46

      « ... comme nous en avons déjà discuté là récemment. » J’ai oublié de finir ma phrase. Et donc : comme nous en avons déjà discuté là récemment, la nature des Dieux n’est pas essentielle au polythéisme, et un polythéiste ancien comme moderne peut spirituellement s’en tenir aux allégories sans contradiction, du moment qu’il ritualise - ce qui, certes, n’est généralement pas sans effet de halo en termes de moeurs.


    • ahtupic ahtupic 13 juillet 14:58

      @Eric F
      P’tain t’es vraiment l’homme universel comme Arrias. Tu peux parler de n’importe quel sujet comme l’art, la politique, l’histoire, les sciences, etc
      Comment fais-tu ?
      Tu sautes sur le Net à chaque sujet qui paraît et tu viens nous instruire ?
      Pour ma part, je connais juste de noms de peintres sans plus et ca ne m’interesse pas.
      Maintenant pour la science, pourrais-tu arrêter de venir raconter tes balivernes de la bien-pensance ? smiley


    • Eric F Eric F 13 juillet 15:17

      @Mervis Nocteau

      « l’esprit du polythéisme » s’est retrouvé dans les saints et saintes du christianisme -catholicisme et orthodoxie surtout- mais déjà l’ancien testament parlait du « malin », des anges, bref de divinités mineures. l’islam évoque également Gabriel, les djinns etc.
      Certes le Dieu principal est davantage qu’un « primus inter pares » en son Olympe céleste, mais il se met en trois pour assurer le job, l’héritage polythéiste a été en fait incorporé dans la doctrine, dans le rite, dans la foi populaire, et dans les arts notamment à la Renaissance avec les représentations du créateur jupitérien.
      Le cousinage que j’évoquais n’est pas forcément une transposition étroite, mais par exemple si l’on considère Cérès, la semeuse, et le tableau « l’Angélus », il y a ce lien entre le rural et le céleste....


    • Eric F Eric F 13 juillet 15:26

      @ahtupic

      Tu prouves n’avoir rien à dire sur le sujet de l’article autre que de déblatérer à l’encontre d’un intervenant. L’intérêt d’un site comme Agoravox est justement la multiplicité des thèmes abordés, plus enrichissant que de s’enliser dans des obsessions.


    • ahtupic ahtupic 13 juillet 15:51

      @Etic F. alias Arrias

      Déblatérer :

      Oui mais toi tu as ton excellent copain Gogol qui le fait à ta place.

      Mais justement, toi tu n’écris que sur tes obsessions du fric que le pouvoir veut piquer aux vieux.

      Je le dis depuis longtemps ; La France est bientôt un pays du tiers monde.

      C’est plus important que n’importe quel autre sujet.

      Mais comme tu réfutes la canicule provoquée, les chemtrails, les incendies criminels comme NDDP par exemple et gobe le faux réchauffement, tu es du côté de la fausse élite.

      Quelques exemples :

      Si la SNCF fait grève, la presse pourrie et subventionnée va vous dire :

      Oui , mais les employés voyagent gratuitement

      Si EDF fait grève :

      Oui, mais eux paient l’électrivcité moins chère.

      Ce sont des leurres, du détournement d’attention dans lesquels tombent les gogos.


    • Eric F Eric F 13 juillet 17:45

      @ahtupic

      Quel galimatias, canicule provoquée mais faux réchauffement (faut savoir), trainées d’avion, incendies lors de travaux, grèves... Parasitisme, trollisme et harcèlement sont ton labeur quotidien ! Après ça, cela permet d’augmenter les statistiques de fréquentation de l’article, l’auteur en sera consolé.


    • Mervis Nocteau Mervis Nocteau 13 juillet 22:36

      @ahtupic. Ce n’est pas la première fois que tu débarques ainsi sans prévenir. Certes, certes, la visibilité de l’article... mais je t’invite quand même au silence, si tu n’as rien d’intéressant à dire.

      @Eric F.

      « l’esprit du polythéisme » s’est retrouvé dans les saints et saintes du christianisme -catholicisme et orthodoxie surtout- mais déjà l’ancien testament parlait du « malin », des anges, bref de divinités mineures. l’islam évoque également Gabriel, les djinns etc.
      Il y a des études très sérieuses à ce sujet, en effet, pour dire qu’il y a une forme de polythéologie dans le monothéisme. Cela se ressent déjà à lire la Bible dans des versions serrées (Chouraqui, Bayard) : les Dieux & Déesses des Nations ne sont pas dits faux ; ils sont simplement jalousés, au rejet de toute prétendue idolâtrie.

      Néanmoins, la resémentisation est évidente. Si peut-être un angédémonophile peut développer des formes de sentiments polythéologiques, j’en suis convaincu, les anges vs. démons ne sont pas des Dieux & Déesses vs. Titans, Géants, Fomoires, ou que sais-je, anti-divins.

      Tout d’abord, les « anti-Dieux & Déesses » ne sont pas démonisés : si certains peuvent être définis pour mauvais, les Dieux & Déesses aussi, peuvent l’être, au moins à leurs heures. Le moralisme Bien|Mal en soi ne fonctionne pas, dans les polythéismes, bien que les polythéistes ne soient pas dénués de morales (hiérarchies de valeurs) propres.

      Observons bien que dans le monothéisme, n’est divin que le Dieu exclusif, tandis que les autres entités sont re- voire dis-qualifiées, dé|jugements de valeurs absents des polythéismes. Dans les polythéismes, les anti-Dieux & Déesses, peuvent même parfois être sur-qualifiés, et certes aussi sous-qualifiés. Ce n’est pas leur moralité, qui est évaluée en soi, mais leurs excès, auxquels peuvent s’adonner tout un chacun ou du moins au sein desquels vit tout un chacun.

      Prenons l’exemple de Poséidon : c’est un Dieu terrible, pouvant faire trembler la terre et agiter les flots. Aucune cité grecque ne l’a pris pour tutélaire, à cause de cela. Mais c’est un Dieu. Gaïa (la Terre) et Okeanos (l’Océan) sont par contre des Titans. C’est une question de brutalité vs. la civilité, avant tout, sachant que ce qui est considéré pour civil n’est pas « bien » au sens où la morale post|monothéiste emploie ce terme. Au hasard, la sexualité.

      Certes le Dieu principal est davantage qu’un « primus inter pares » en son Olympe céleste, mais il se met en trois pour assurer le job
      Ce « trois » est d’abord indo-européen : fonctions sacerdotale, armée et nourricière. Si l’on parle de la Trinité, ce n’est qu’une division de l’infini par trois, qui donne toujours l’infini : d’ici que les juifs et musulmans veuillent concéder cela aux chrétiens, les poules auront des dents - certes, la Trinité dit « l’Eternel » (le Père), « l’Incarné » (le Fils) et « l’Insufflé » (le Saint Esprit) : finalement trois modes de la même substance, dirait... Spinoza ! qui disait aussi que c’était n’importe quoi que le monothéisme en général.
      l’héritage polythéiste a été en fait incorporé dans la doctrine, dans le rite, dans la foi populaire, et dans les arts notamment à la Renaissance avec les représentations du créateur jupitérien.
      Encore heureux. Et les sciences occultes, etc. Mais on ne peut pas considérer cela exactement comme du polythéisme, encore que les allégories puissent y faire l’affaire, du moment qu’on ritualise.
      Le cousinage que j’évoquais n’est pas forcément une transposition étroite, mais par exemple si l’on considère Cérès, la semeuse, et le tableau « l’Angélus », il y a ce lien entre le rural et le céleste....
      Mmmh, vous savez, le Dieu Mithra pourrait faire un pont intéressant entre ces deux géohistoires distinctes. Mais, avant tout, je dirai que le monde était pastoral à 90%, à l’époque. Le cousinage est trop ordinaire, général, pour pouvoir bien être « un cousinage ». Par contre, des Déesses Grandes Mères panthéoniques, vous n’en trouvez pas, par exemple, chez les Gréco-Romains - en dehors de l’importation de la Phrygienne Cybèle.

    • Eric F Eric F 14 juillet 12:34

      @Mervis Nocteau

      D’accord, les sous-divinités secondaires des monothéismes ne sont pas d’essence divine, mais dans le catholicisme c’est parfois à la limite, comme le concept de « Marie mère de Dieu » voire « Marie co-rédemptrice ».
      Ceci dit effectivement les personnages célestes des monothéismes sont classés selon le moralisme « bien vs mal » (les seconds, suite à une chue, ne pouvant avoir été créés intrinsèquement mauvais).


    • Mervis Nocteau Mervis Nocteau 14 juillet 14:05

      @Eric F. Difficile de les qualifier de « sous-divinités » si elles ne sont pas divines, mais vous avez raison, et c’est parce que ça semble limite que juifs, protestants et musulmans critiquent le brin de paille dans l’oeil des catholiques sans prendre garde à leurs propres charpentes (communes). De manière d’autant plus détestable qu’un bon catholique distingue très bien, or il y en a autant de bons qu’ils en ont respectivement...


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