samedi 29 août 2015 - par le moine du côté obscur

Après Kadhafi, Saddam... Assad !

Ils sont forts quand même certains dirigeants occidentaux faire croire à la plèbe que Bashar Al Assad est responsable de la situation en Syrie et mieux qu’il est la cause de l’existence de l’Etat Islamique. Et bien sûr on l’accusera sans doute d’être la cause de ces migrants qui fuient après tout n’est-ce pas lui qui est accusé de massacrer son peuple depuis plus de 4 ans ? La source ? Un vendeur de Kebab à Londres avec une ong, l’OSDH dont seuls les amateurs de la « fast info » croient encore en la fiabilité. Mais problème-réaction-solution est la stratégie idéale des élites et ce même si les solutions entraînent encore plus de problèmes. Le problème fut un temps Kadhafi on a vu l'efficacité des solutions proposées par les élites occidentales. Idem avec Saddam et comme il n'y a jamais deux sans trois c'est au tour d'Al Assad ! 

Je suis l’évolution de la situation en Syrie depuis quelques temps déjà. Ne me fiant plus aux dires des médias de masse depuis belle lurette j’essaie tant bien que mal d’écouter ce que d’autres ont à dire. Des personnes dont les dires me paraissent plus sensés que les incantations du genre : « Assad doit partir », « Assad ne mérite pas d’être sur terre », « il faut neutraliser Assad ». Sauf qu’Assad est toujours là ! Son armée bien que sans aucun doute affaiblie par plusieurs années de guerre, les bombardements illégaux des sionistes et autres tient quand même bon. Je pense qu’une autre armée avec de telles pertes, on parle quand même de plusieurs dizaines de milliers de morts, se serait sans aucun doute effondrée depuis. Mais l’Armée Arabe Syrienne et non l’armée de Bashar comme des journaleux et journalopes aiment le dire, semble pouvoir compter sur un grand soutien de sa population qui l’aide notamment avec les Forces de Défense Nationale et/ou les comités populaires de défense. Cependant la situation semble s’être enlisée depuis et Assad lucide, reconnaît dans une interview récente (1) que la situation ne peut pas s’améliorer parce que les Etats-Unis entre autres ne jouent pas franc-jeu. Les étasuniens et alliés dont on connaît l’efficacité à lutter contre les terroristes ! Efficacité qui semble ne se limiter qu’à les renforcer et à sans aucun doute justifier la présence de ces « cancres pas las » dans la zone. Cancres parce quand on est autant incapables d’éradiquer le terrorisme on devrait faire profil bas ! A moins bien sûr que le but inavoué soit de renforcer le terrorisme et le chaos pour pouvoir en « tirer profit ». Mais ce ne sont sûrement là que les divagations d’un conspirationniste qui inspirera certains terroristes ! Mais il semble inconcevable à l’homme que je suis que le cancer islamiste puisse prospérer de la sorte et que des villes comme Palmyre en Syrie soit tombée alors que la coalition menée par les USA soit officiellement en guerre contre Daesh. A croire que les hordes de barbus et de « barbuettes » (ces écervelées qui vont faire le djihad en Syrie) aient le don de se rendre invisibles au point d’échapper aux avions AWACS et autres satellites étasuniens dont la propagande occidentaliste nous vante pourtant les capacités incroyables. Mais on connaît la réponse de Hollande et consort, c’est la faute à Assad. Une réponse tellement facile et efficace tant l’homme a été présenté comme un monstre absolu. Oui c’est sa faute si des millions de syriens ont du fuir les endroits où ils vivaient, voire pour certains fuir le pays. Et si grand nombre de ces malheureux disent qu’ils soutiennent le président Al Assad, les merdias et autres diront qu’ils ont peur des puissants services secrets syriens. Certains de ces malheureux meurent dans d’atroces conditions, mais cela on le sait ne peuvent émouvoir les dirigeants occidentaux ou les enturbannés du golfe persique, lesquels d’ailleurs ne se gênent pas pour bombarder le Yémen. Ces immondes bédouins qui doivent tant au pétrole. Pour Hollande donc et d’autres la priorité semble « la neutralisation », (version sans doute édulcorée de « Assad ne mérite pas d’être sur terre ») ! Qu’a donc fait cet homme pour justifier une telle haine ?

Il serait vomi par son peuple nous dit-on ! Curieux quand il a demandé à celui-ci de voter, ce fut un raz de marrée et même dans les pays où ils ont trouvé refuge comme au Liban. De l’avis de beaucoup de personnes il semble évident qu’il a le soutien d’un nombre non négligeable de ses concitoyens. Il a de bons rapports avec le Hezbollah que certains considèrent comme une organisation terroristes. Et les sayanims (2) du nom de ces agents pro-israéliens dans les pays semblent faire tout pour renforcer cette idée. Car Israël vomit le Hezbollah et n’a sans doute pas apprécié « la fessée » que les soldats de l’organisation chiite a donnée à Tsahal en 2006 (3). Le Hezbollah soutient aujourd’hui ouvertement et de manière massive l’Armée Arabe Syrienne dans sa lutte contre le takfiris qui déferle par dizaines de milliers en Syrie. Ils les aident notamment à nettoyer les montagnes du Qalamoun à la frontière syro-libanaise. Car du point de vue du Hezbollah et même d’Assad, tous ces takfiris ne sont que des zombies envoyés par les sionistes et affidés et qui ont pour but de diviser voire de détruire le monde arabo-musulman ce qui on s’en doute est tout bénef pour Israël et consort. Assad est aussi ami avec l’Iran dont on connaît la haine de certains notamment Laurent Fabius et Israël. Au point où le premier ministre israélien est allé se ridiculiser à l’ONU avec son dessin digne d’un cartoon pour parler de la menace « concrète » (sic) que représenterait le nucléaire iranien. La fiole de pisse de Powell n’était pas loin… Assad est donc pour Israël un ennemi à abattre car il offrirait une tête de pont à l’Iran et à ses pasdarans. Assad est haï aussi par certains proclamés musulmans parce qu’il est alaouite (4) et ces « musulmans du vendredi » estiment que les alaouites sont des hérétiques qui doivent être occis jusqu’au dernier. Et enfin Assad refuse de coopérer alors que son pays regorgerait de gaz naturel (5) et nous assisterions en fait à une « guerre du gaz », pour « changer ». Il a donc de ce que je perçois les turcs, les saoudiens, les qataris, les israéliens, les étasuniens, les français, les jordaniens etc… qui lui en veulent pour une raison ou une autre. Alors doit-il partir ? S’il part la Syrie aura-t-elle enfin la paix ? Ce serait ignorer ce que veut le peuple syrien et ce que souhaitent l’armée et l’état syriens.

Publicité

Il semble évident que le peuple en sortant massivement voté à la demande d’Assad a dit ce qu’il pensait de la situation. Quant à l’Armée Arabe Syrienne il lui aurait été facile de faire un coup d’état et de prendre le pouvoir surtout que les sollicitations étrangères n’ont pas du manquer dans ce sens. Mais il semble évident que l’état syrien dans son ensemble a compris qu’il a besoin d’un chef, un vrai, un homme posé, réfléchi et habile politicien. Un homme qui tient à l’indépendance de son pays même si certains ne voient en lui que le jouet des iraniens et des russes. Je pense pouvoir dire qu’il incarne l’état syrien à présent. Il semble clair que dans l’état actuel personne ne peut tenir ce rôle mieux que lui. Certes certaines personnalités sont entraperçues de temps à autres comme le très actif ministre des affaires étrangères Walid Mouallem (6) mais aucun n’a son leadership et son charisme. Comme l’a rappelé Jacques Miyard sur Itélé (7) on gouverne avec la raison pas avec les bons sentiments. Assad a-t-il du sang sur les mains ? Sans aucun doute ! C’est une guerre et il faudrait être de mauvaise foi pour penser que l’AAS, les comités populaires ou les services secrets syriens font à chaque fois dans le propre. Les guerres propres n’existent que dans la communication de quelques mythomanes au pouvoir notamment aux USA. La guerre propre n’existe tout simplement pas. Ce n’est pas Barack « le maître des drones » Obama qui pourrait nous dire le contraire. Donc il serait vraiment temps que les politiciens occidentaux aient des positions et des discours pragmatiques et logiques. Il semble évident qu’Hollande pour se donner de la consistance veut se présenter en chef de guerre. A moins que ce soit l’argent qatari qui guide sa politique ! Ou encore son indéfectible attachement aux Etats-Unis au point d’être étrangement silencieux quand on lui apprend que les USA espionnent sans vergogne les « amis » ! Ils ne se posent même pas la question, mais en ont-ils la lucidité, de savoir ce qu’il adviendra si le président Al Assad venait à disparaître. Non pour eux Al Assad est un démon, un nouvel Hitler qu’il faut « neutraliser ». Et ils n’auront sans doute pas la paix avant d’avoir tué ce nouvel « ennemi ». Peu importe les atrocités de l’Etat Islamique, le seul objectif réaliste pour ces gens c’est la « disparition » de Bashar Al Assad… Comme les choses semblent bien faciles pour ces gens, comme elles l’étaient en Irak, comme elles l’étaient en Libye….

 

  1. http://reseauinternational.net/assad-pas-de-reglement-dans-un-avenir-proche-les-usa-veulent-le-chaos/
  2. http://www.michelcollon.info/Les-sayanim-des-agents-dormants.html
  3. http://www.voltairenet.org/article143328.html
  4. http://havredesavoir.fr/qui-sont-les-alaouites-noucayrites/
  5. http://www.voltairenet.org/article185472.html
  6. https://fr.wikipedia.org/wiki/Walid_Mouallem
  7. http://www.itele.fr/chroniques/invite-politique-ferrari-tirs-croises/jacques-myard-assad-element-incontournable-dune-solution-politique-en-syrie-113536


32 réactions


  • Le p’tit Charles 29 août 2015 17:39

    Hollande (chef des Bonobos" du PS veut s’en prendre aux gorilles.. ?


  • Aristoto Aristoto 29 août 2015 18:34

    Qu’il crève comme les autres !!!


  • morice morice 29 août 2015 23:52

    et hop encore un qui soutient cette horreur !!


    « ashar Al Assad est responsable de la situation en Syrie »

    oui, et comme son père qui a autant massacré.

    « mieux qu’il est la cause de l’existence de l’Etat Islamique. »

    il a vidé ses prisons des islamistes violents après les avoir largement torturés en croyant ainsi lâcher sur les autres n’ayant pas la même notion de la religion. Il en a fait des bêtes furieuses en effet.

    Renseignez vous donc avant de venir écrire ces âneries.

    Il serait vomi par son peuple nous dit-on ! Curieux quand il a demandé à celui-ci de voter, ce fut un raz de marrée et même dans les pays où ils ont trouvé refuge comme au Liban. De l’avis de beaucoup de personnes il semble évident qu’il a le soutien d’un nombre non négligeable de ses concitoyens.


    il faut être idiot pour écrire ça, ou se prendre pour la sœur Agnès de la Croix. On VOMIT la famille Assad, là-bas !

     Il a de bons rapports avec le Hezbollah que certains considèrent comme une organisation terroristes. Et les sayanims (2) du nom de ces agents pro-israéliens dans les pays semblent faire tout pour renforcer cette idée

    Le Hezbollah est un mouvement terroriste et le mot « sayanim » que vous employez révèle l’emprise d’une littérature anti-israélienne pour ne pas dire pire chez vous....

    Comme l’a rappelé Jacques Miyard sur Itélé (7) on gouverne avec la raison pas avec les bons sentiments. 

    voilà tout est dit : vous vous nourrissez chez les fachos, logique que vous veniez défendre Assad...


     savoir ce qu’il adviendra si le président Al Assad venait à disparaître. Non pour eux Al Assad est un démon, un nouvel Hitler qu’il faut « neutraliser ». Et ils n’auront sans doute pas la paix avant d’avoir tué ce nouvel « ennemi ». Peu importe les atrocités de l’Etat Islamique

    il fallait y penser avant : vous ne pouvez torturé comme il l’a fait sans qu’en face on se croit obligé de faire pire. Il a fabriqué des fauves, et vous ne voulez pas le voir... 

     Comme les choses semblent bien faciles pour ces gens, comme elles l’étaient en Irak, comme elles l’étaient en Libye….

    En Irak c’est la volonté d’un abruti nommé Bush, désireux de lever le menton plus haut que son père qui avait eu l’intelligence de s’arrêter devant Bagdad. La Libye est la guerre de Sarkozy... et de BHL seuls. Vous confondez donc tout, car là il y a plusieurs pays qui souhaitent le départ d’Assad. Le jour où Poutine en aura assez de ce boulet, il partira, forcé. Et coulera des jours heureux, après avoir pillé son pays et lapidé son peuple. Venir défendre cette saloperie vivante ne vous honore pas, en tout cas, le moinillon qui vit à l’ombre.



    • Le p’tit Charles 30 août 2015 07:29

      @morice...Bizarre que vous vouliez remplacer la Peste par le Choléra.. ?


    • le moine du côté obscur 30 août 2015 09:29

      @morice

      Ah bon ? Assad est responsable de la prise de Mossoul aussi ? Pendant qu’il y ait il est responsable de la crise économique ? Et bientôt du réchauffement climatique ? Pourquoi pas d’Ebola aussi ? Ou encore du chômage en Europe ? Quant à la torture quoi vous avez été torturé dans une de ses prisons ? Ou dans celle de son père ? Si la torture était si odieuse que cela pour certains bienpensants, ils manifesteraient pour que l’on ferme entre autres Guantanamo. Sinon qu’ils aient au moins la décence d’être cohérents ! 

      Que la Syrie ait un mode de fonctionnement différent des pays occidentaux (lesquels ne sont pas des modèles de vertu, alors on balaie devant sa porte d’abord) c’est certain. Que les services de renseignement syriens ne fassent pas dans la dentelle c’est certain et c’est évident. Que le pouvoir syrien soit très autoritaire probablement et alors ? En quoi ça justifie que certains pays l’Arabie Saoudite, le Qatar, la Turquie et autres pays qui n’ont de leçon de morale à donner à personne aillent foutre le bordel en Syrie. Comme c’est curieux vous ne parlez pas des déclarations de Wesley Clarke qui parlait de pays à déstabiliser dont l’Irak (déjà fait), la Libye (déjà fait), la Syrie (en cours) ! C’est la faute à Al Assad aussi ? Et il est vraiment curieux que les hordes de migrants arrivent après déstabilisation anglo-saxonne et avec l’aide très motivé de sayanims tels que BHL entre autres. Quoi le terme sayanim vous gêne ? Et bien ces sayans ne font que confirmer que c’est une réalité tellement ça lèche Israël en France. Au point où des ministres français se disent éternellement lié à Israël, quand même ! Quoi c’est la faute à Bashar aussi ? Les islamistes européens qui déferlent vers la Syrie c’est la faute à Assad aussi ? D’ailleurs ils passent par où ? 
      Vous dites que Bush est un imbécile c’est pire que ça, il se prend pour un Ubermensch ! A part ça quand on joue aux apprentis sorciers il ne faut pas être surpris que ça explose ! Mais je ne crois pas de mon point de vue que Bush soit un imbécile et sa clique aussi. Je pense que tout ceci est mûrement réfléchi, le but étant de redessiner la carte du monde pour le profit de quelques idéologues et riches hommes d’affaire principalement étasuniens ou affidés. Madeleine Albright a déjà démontré que le nombre de « dommages collatéraux » n’est pas leur préoccupation donc en avant la destruction de l’ancien monde. Il pourrait y avoir des millions de morts que cela ne leur ferait ni chaud ni froid car pour eux ce sont des cafards qui meurent ! Ce sont des Untermensch !

      Poutine défend les intérêts de Poutine c’est assez clair ! Il sait ce qu’il y gagne et il n’a vraiment pas de leçon de morale à recevoir d’aucun dirigeant occidental ou d’une de leur groupie ! Maintenant si vos raisonnements tordus vous plaisent tant mieux, ça fera sans doute de beaux contes pour faire dormir vos descendants s’ils n’en font pas après des cauchemars bien sûr ! Et si certains ne se retrouvent pas en première ligne pour une des guerres humanitaires dont les sayans et certains idéologues étasuniens raffolent. 

    • alinea alinea 30 août 2015 09:59

      @morice
      Vous n’avez pas l’air d’avoir idée de ce que les Syriens vivent !! ils ont sûrement le loisir de « vomir » la famille Assad !!
      Quant aux djihadistes libérés, ils étaient tout simplement arrivés en bout de peine, et c’est la Justice qui fait cela, pas la famille Assad !!
      Ce qu vous écrivez est tellement inepte, tellement imbu de cette supériorité occidentale qui se prouve chaque jour à travers le monde, qu’on se demande si vous avez toute votre tête !


    • Doume65 30 août 2015 13:52

      @morice
      C’est bien, tout en nuances, comme d’hab !

      Tu sembles bien connaitre la situation en Syrie. On peut connaître tes sources ? T’on -t-elle informé que lors des dernières élections syrienne les autorités française et allemandes ont interdit qu’elles se fassent dans les ambassades de Syrie de leur pays ? Était-ce par pitié pour Assad, pour qu’on ne remarque pas la déculottée qu’il allait subir ? Est-ce aussi parce que ses forces contrôlent les camps de réfugiés et les villes des pays voisins que ceux-ci l’ont massivement soutenu (comme ici à Beyrouth) ?

      Merci d’être un peu moins insultant envers ceux qui n’ont ps la même opinion que toi, surtout lorsque le sujet est complexe (et même si cette complexité t’échappe). Cela te permettra de moins perdre la face si un jour tu es obligé de revoir tes positions (pour ne pas dire tes postures).


    • Laurent 47 2 septembre 2015 14:22

      @morice
      Natülicht, herr obersturmfürher !

      Encore un qui avale la bouillie néo-nazie américaine sans se poser la moindre question, ce qui prouve son niveau d’analyse géo-politique !
      Le seul pays qui souhaite le départ de Bachar El Assad se trouve bien à l’abri, de l’autre côté de l’Atlantique, et sa capitale est Washington ! Les autres ne font que répéter bêtement !
      Le seul pays qui veut le conserver comme président, c’est la Syrie qui a voté majoritairement pour lui !
      Quant aux crimes commis par ce régime ( à prouver autrement que par média occidentaux interposés, comme pour les armes de destruction massive ), ce ne sont que des babioles comparés à ceux commis depuis la fin de la guerre par ce grand pays de la « démocratie », qui devrait logiquement remplacer les 50 étoiles de sa bannière par 50 croix gammées, pour mettre ses paroles en accord avec ses actes barbares ! ( cf. n° 820 d’Avril 2015 de la revue Historia qui s’est penchée sur le sujet ).
      Le départ des russes de Syrie...dans vos rêves ! Ce ne sont pas les américains qui vont s’attaquer à la base navale de Tartous ( courageux, mais pas téméraires ), et si les djihadistes s’amusent à vouloir le faire, Moscou ne va certainement pas attendre une résolution de l’ONU pour envoyer ces barbus au paradis d’Allah, où les attendent les fameuses vierges de service !

  • Laurent 47 30 août 2015 12:29

    Tant que ces tarés de dirigeants européens n’auront pas compris qu’au travers de Bachar El Assad et de la Syrie, c’est la Russie qui est visée, les néo-nazis de Washington pourront continuer à se marrer en voyant quel niveau peut atteindre l’imbécilité et la servilité de l’Union Européenne !

    Mais on n’en a rien à foutre, des intérêts américains !
    La seule solution n’est pas de faire disparaître le dirigeant syrien ( cet « infâme dictateur » qui n’est soutenu que par la majorité des syriens ), mais d’écraser comme des punaises malfaisantes les traîne -savates de Daesh sous des tonnes de bombes, et d’envoyer des blindés et troupes internationales au sol en Irak et en Syrie pour finir le travail ! Ces fous furieux rêvent d’aller au paradis d’Allah, alors pourquoi ne pas les-y aider ?
    Une résolution de l’ONU devrait être prise, comme cela a été le cas pour la guerre de Corée, et si un pays membre du Conseil de Sécurité opposait son veto, cela permettrait au moins de distinguer le vrai du faux dans les réelles intentions de paix de certains ( suivez mon regard ).
    Tant que cette solution ne sera pas adoptée, le flux des réfugiés fuyant leurs pays en guerre continuera à croître, n’en déplaise aux donneurs de leçons, au point de mettre en danger tous les pays européens.
    Comme disait je ne sais quel homme politique en parlant de la guerre 39-45 : pour avoir refusé la guerre, nous avons choisi la honte ! Et le résultat, c’est que nous avons eu la honte et la guerre !
    A ceux qui trouveraient mes propos sur les Etats-Unis trop excessifs, je conseille de se procurer le n° 820 d’Avril 2015 de la revue Historia ( Hitler : comment il s’est inspiré de l’Amérique des années 20, et de l’idéologue Madison Grant ), qui donne une vision réelle de ce pays que tout le monde admire sans savoir ce qu’il est devenu !

  • Doume65 30 août 2015 13:34

    « Son armée bien que sans aucun doute affaiblie par plusieurs années de guerre, les bombardements illégaux des sionistes »

    Les bombardements de sionistes...

    On dirait qu’il y a deux types d’opinions sur AV : ceux qui voient le sionisme (épaulé par les USA) comme cause de tout les maux de la Terre et ceux qui voient Israël comme un pauvre petit pays obligé de se défendre contre les méchants arabes (ou musulmans, la distinction n’est pas faite) qui lui veulent la peau.

    La vérité ne serait-elle pas plus subtile ?


    • le moine du côté obscur 30 août 2015 14:39

      @Doume65

      Quand je parle de bombardement des sionistes je parle explicitement des israéliens qui ont bombardé à plusieurs reprises la Syrie depuis le début de la guerre en Syrie. Des officiers iraniens sont même morts dans un de ces bombardements. Après pour le rôle d’Israël, je me dis que peut-être dans le fond ce n’est qu’un outil qui sera jeté après usage, à moins qu’Attali ait raison et que le but des élites est de créer un gouvernement mondial Jérusalem-centré. L’avenir si nous sommes encore là nous le dira. 

    • foufouille foufouille 30 août 2015 15:48

      @le moine du côté obscur
      « à moins qu’Attali ait raison et que le but des élites est de créer un gouvernement mondial Jérusalem-centré. »
      ce sera juste pour nôtre bloc et complètement stupide.
      chine, inde, russie et brésil sont très loin de vouloir obéir à l’océania.
       


    • le moine du côté obscur 31 août 2015 16:36

      @foufouille

      Je pense que les juifs sionistes ont une vision des choses très particulière et qu’ils sont obsédés par « le grand israël ». Et vu qu’à ma connaissance ils ne considèrent pas les goyims comme des humains mais comme des animaux, ils peuvent tout faire pour mâter et détruire ceux-ci si nécessaire. Il n’y a qu’à écouter les dires de certains rabbins comme Rav Ron Chaya disant entre autres que la shoah est une bénédiction pour Israël ou encore qu’ils allaient amener les nations du monde à s’autodétruire pour qu’à la fin seul Israël soit « debout ». Je pense que ce genre de fanatiques sont là et sont extrêmement déterminés. Et je crois qu’Attali est un de leurs porte-paroles. Concernant les russes j’avoue que j’ai des avis mitigés à leur égard. L’avenir me dira clairement ce qu’ils ont derrière la tête. Les autres des BRICS veulent sans doute un monde où ils pourront tirer leur épingle du jeu, je pense que dans les mois à venir nous verrons clairement ce qu’ils peuvent faire et ce qu’ils veulent faire. Pour le moment je reste prudent et observateur. 

    • Jonas 31 août 2015 18:40

      @le moine du côté obscur

       Avant de prédire ce que vont faire Israël et les juifs en tant qu’arabo-musulman , penchez-vous sur ce que font les arabo-musulmans actuellement ce qui serait déjà performant. 
       Pour l’instant et sauf erreur de part , ceux qui se massacrent , ceux qui se décapitent , ceux qui détruisent leur propre pays sont les arabo-musulmans. 
      Les villes comme Homs-Hama-Alep sont livrées aux fanatiques issus de l’islam et au dictateur également produit de l’islam. Voyez les villes d’Irak et du Yemen. 
      Vous pouvez, faire diversion en supposant qu’un jour , les israéliens et les juifs vont faire ceci ou cela, mais encore une fois pour le moment ce sont les arabo-musulmans de l’Egypte qui sont sous la dictature. Pour le moment ce sont des arabo-musulmans qui se déchirent au Yémen. 
      Pour le moment ce sont des arabo-musulmans qui donnent le spectacle d’une sauvagerie sanguinaire en plein XXI eme siècle entre frères de même religion. 
      Pour le moment avant qu’israël et ses rabbins , ne rentrent dans la danse ce sont les arabo-musulmans, qui crucifient, qui décapitent, qui kidnappent , qui violent des petites filles, qui assassinent et que monde entier regarde avec dégoût et rejet de ces musulmans capables de n’avoir aucune pitié pour leurs propres frères en religion. 
      Pour le moment la guerre en Syrie a fait , 240 000 morts dont 16 500 en enfants et 2 771 palestiniens à Yarmouk. . Pourquoi voulez-vous qu’Israël interviennent , est-ce qu’ils feront mieux , je ne suis pas si sûr. Etant donné la performance , des guerres entre arabes et Arabes et Musulmans. 
      -200 000 en Algérie-
      -150 000 au Liban 
      -45 000 dans le conflit Turque 
      -1 million de mort lors de la guerre Irak/Iran, etc. 
      L’Afghanistan , la Turquie, le Pakistan , l’Iran sont des pays musulmans et non pas besoin d’Israël pour s’exterminer entre eux. Le Soudan , la Somalie,la Libye, l’Algérie, la Tunisie , Bahrein , la Syrie, l’Irak, le Liban ,l’Arabie saoudite Le Mali,etc. remplissent bien leurs devoirs de s’entretuer au nom du prophète et d’Allah. Et israël et les rabbins admirent le spectacle horrible et ils n’ont pas besoin d’ intervenir , les Arabo-musulmans se suffisent à eux-mêmes et une d’intervention étrangère est superflue. 

    • le moine du côté obscur 1er septembre 2015 00:19

      @Jonas

      Primo je m’en bats les cojones des israéliens et je me fiche d’eux comme je fiche de mon dernier crachat, je ne relate que des faits. Les israéliens ont-ils oui ou non bombardé à plusieurs reprises la Syrie ces dernières années ? Concernant les arabo-musulmans j’ai dit plusieurs fois ce que je pensais d’eux notamment que tant qu’ils ne grandiront pas mentalement, on pourra toujours mettre le feu chez eux. Qu’ils aient un grand nombre de psychopathes chez eux, ils ne sont pas les seuls, suivez mon regard. 
      Et je distingue très bien les juifs des juifs sionistes ! Il y a des juifs qui ne sont pas d’accord avec la politique d’Israël donc arrêtez avec vos confusions malhonnêtes mais dignes des sionistes cette race de vipère comme dirait le christ. Précision tous les juifs ne sont pas sionistes et tous les sionistes ne sont pas juifs. Personnellement je n’ai pas d’amour ni pour les arabo-musulmans, ni pour les juifs et en tant que croyant je pense qu’après la mort ils iront s’expliquer devant Dieu de leurs agissements. Donc si vous bavez de haine sur les arabo-musulmans c’est votre problème pas le mien. Contrairement à ce que certains cabrons pensent je ne dédouane nullement les arabo-musulmans des catastrophes qu’il y a chez eux, comme je ne dédouanerai jamais les étasuniens et leurs caniches qui vont bombarder des pays et les détruire comme en Irak ! Et pour rappel ce pays de merde est le seul qui ait commis des attentats terroristes nucléaires, quand on a un tel passif on fait profil bas. Mais ces trop demander à ces gens et à leur lèche-culs ce que vous semblez être ! Apparemment le séjour dans le ventre du « monstre marin » ne vous a pas fait du bien ! 

    • Jonas 1er septembre 2015 11:48

      @le moine du côté borgne. 

      Bien avant la révolte pacifique des syriens de 2011, les israéliens ont bombardé deux sites de ce pays sans que son aviation ne riposte. Ce qui n’empêche pas Bachar Al-Assad de se proclamer chef de la résistance. Le même Bachar Al-Assad , ne se prive pas de bombarder avec des barils bourrés d’explosifs son peuple. Bachar Al-Assad le résistant avait occupé le Liban pendant 30 ans sans que les pays arabo-musulmans ne s’en offusquent. et en exécutant plusieurs personnalités de ce pays dans des attentats. 
      Le sionisme est un mouvement de libération nationale , le seul qui est réussi dans cette partie du monde qu’est le Moyen-Orient.. Tous les israéliens ne sont pas d’accord avec la politique de leur pays , la presse en parle tous les jours. C’est une des raisons pour lesquelles , je défends ce pays , pas sa politique. 
      Le panarabisme a échoué.
      Le panislamisme a échoué
      Le nationalisme arabe a échoué 
      Les indépendances arabes ont échoué. ils voulaient faire de l’autochtone un citoyen , ils ont en fait un sujet dirigé par des dictatures de la pire espèce , ou des monarchies qui ne valent pas plus. 
      C’est votre droit absolu de ne pas avoir d’amour ni pour les Juifs ni pour les Arabo-musulmans.C’est votre droit de les détester . Je ne trouve rien à dire si cela est appuyer sur des faits avérés. Quant aux Christ , vous devez être un minable chrétien , relisez bien les Evangiles , Saül de Tarce et les divers Papes depuis Vatican II , votre cerveau a du mal a suivre les événements de l’Eglise. 
      Laissez Dieu tranquille , il a assez affaire avec les Arabo-musulmans qui le sollicitent pour tout , même pour massacrer leurs propres frères en religion en lui réclamant en plus , 70 virages et des éphèbes immortels. 
      J’ai écrit a divers reprises , ici , sur ce site , que je condamnais , les interventions non pas seulement des Etats-Unis , mais aussi celles des pays Occidentaux. Ces pays ne connaissent rien au monde arabo-musulmans  et chacune de leur intervention se transforme en catastrophe. 
      Les Arabo-musulmans sont des arabo-musulmans et ne sont ni des Japonais ni des Allemands. pour vouloir leur imposer la démocratie qui est incompatible avec l’islam, du fait que cette religion est englobante. 


    • Analis 1er septembre 2015 16:23

      @Jonas

      "Le même Bachar Al-Assad , ne se prive pas de bombarder avec des barils bourrés d’explosifs son peuple."

      Non, désolé, il s’agit encore d’une accusation mensongère contre le gouvernement syrien et son armée relayés par les pressetitués occidentaux, amenant aussi à se poser des questions sur l’intégrité de l’association Human Rights Watch (il est vrai que cette histoire de barils de poudre suintait l’invraisemblance à des centaines de kilomètres à la ronde) :

      http://arretsurinfo.ch/human-rights-watch-poursuit-ses-accusations-a-laide-de-fausses-photos/

       :: :: :: :: :: :: :: :: :: :: :: :: :: :: :: :: :: :: :: :: :: :: :: :: :: :: :: :: :: :: :: :: :: :: :: :: :: :: ::

      Syrie : Human Rights Watch poursuit ses accusations à l’aide de fausses photos

      Par Moon of Alabama le 17 mai 2015

      Kenneth Roth de HRW poursuit ses accusations mensongères à l’aide d’une autre fausse

      photo

      La semaine dernière, nous avons [URL=http://www.moonofalabama.org/2015/05/human-rights-watch-again-accuses-syria-of-barrel-bomb-damage-done-by-others.html]constaté[/URL]que le directeur de Human Rights

      Watch, Kenneth Roth, avait utilisé une image des destructions à Gaza provoquées

      par Israël pour accuser le gouvernement syrien d’utiliser aveuglément des

      « bombes barils ». Nous écrivions alors :C’est donc au moins la troisième fois

      qu’HRW utilise une photo détournée pour accuser des ennemis actuels de

      l’impérialisme américain d’avoir causé des destructions que l’empire américain

      et / ou de ses amis ont causées. Ce n’est pas seulement du parti-pris de la part

      d’HRW, c’est de la fraude pure et simple.

      Suite à notre post et à de nombreuses protestations sur Twitter, Kenneth Roth a été obligé de se rétracter et de supprimer ce tweet. Il a [URL=https://twitter.com/KenRoth/status/597005125018906625]posté[/URL] :

      http://www.moonofalabama.org/images4/kenroth2.jpg

      Furieux d’avoir à retirer le tweet accusateur, il en a envoyé un autre, accusant une fois de plus le gouvernement syrien d’avoir provoqué avec des « bombes barils » les destructions qu’on voit sur cette image :

      http://www.moonofalabama.org/images4/kenroth3.jpg

      Mais cette image ne représente pas davantage des destructions causées par les « bombes barils » du gouvernement syrien.

      Pour ce tweet Kenneth Roth a utilisé une photo de l’AFP prise par George Ourfalian et [URL=http://www.gettyimages.co.uk/detail/news-photo/general-view-shows-destruction-in-the-hamidiyeh-news-photo/469041930]distribuée[/URL] par l’agence Gettyimages.

      http://www.moonofalabama.org/images4/kenrothgetty.jpg

      Voilà ce qu’on lit sur la capture d’écran de l’image originale de Getty :

      La destruction du quartier Hamidiyeh de la ville d’Alep au nord de la Syrie où les

      combattants des comités populaires locaux, qui soutiennent les forces

      gouvernementales syriennes, tentent de défendre ce quartier traditionnellement

      chrétien, au troisième jour de combats intensifs contre les djihadistes du groupe Etat

      islamique, le 9 avril 2015. AFP PHOTO / GEORGE OUFALIAN

      Ce qu’on voit sur l’image, c’est la destruction d’un quartier attaqué par les djihadistes anti-syriens et défendu par des forces pro-syriennes qui appuient le gouvernement. Kenneth Roth insinue-t-il que le gouvernement syrien a causé ces ravages en bombardant ses partisans avec des « bombes barils » ? Ne serait-ce pas plutôt les « rebelles modérés », que lui soutient apparemment, qui ont détruit ces bâtiments ?

      A en juger par la manière dont Human Rights Watch et Kenneth Roth utilisent habituellement les photos, on peut supposer sans risque que la seconde hypothèse est la bonne.

      Et tandis que Kenneth Roth fait tout un barouf avec les « bombes barils » en Syrie, qui ne sont pas différentes des autres bombes standard, nous attendons toujours qu’il tweet contre l’usage des bombes thermobariques* par le gouvernement saoudien au Yémen sur les structures solides, des armes qui tuent ou mutilent en même temps de nombreux innocents.

      Avec ses accusations très sélectives et ses fausses images, Kenneth Roth a fait de Human Rights Watch une

      organisation de relation publique de mensonges–à-but-lucratif à la solde de gouvernements « occidentaux » et de diverses dictatures du Golfe.

      Moon of Alabama | 15 mai 2015

      Note  : *http://blog.silverhive.com/?p=1648

      Article original : [URL=http://www.moonofalabama.org/2015/05/hrws-kenneth-roth-continues-unfounded-accusations-with-another-false-picture.html]Moon of Alabama.org[/URL] – Traduction : Dominique Muselet

      Chacun est libre de diffuser les articles publiés par Arrêt sur info à condition de mentionner le nom de l’auteur et le lien de la source.


    • Laurent 47 2 septembre 2015 14:40

      @Jonas
      Ah ! ah ! ah !, Encore l’histoire des « barils de poudre » ? Mais il n’y a plus que quelques tarés du Middle-West et de rares « intellectuels » européens ( comme Bernard-Henri Lévy, ce philosophe que le monde entier nous envie ), pour avaler des âneries pareilles, étant-donné qu’on est encore en train de chercher la moindre preuve !

      Pourquoi pas des boulets en pierre de la Guerre de Cent Ans, tant qu’on y-est ?
      Est-ce que vous croyez sérieusement à ce que vous racontez ?
      Si c’est oui, alors vous avez un sérieux problème !

  • lmcal140 30 août 2015 19:28

    Il devient de plus en plus apparent que État islamique pour l’Irak et le Levant (ISIL, en français EI), ou Daesh, comme il est nommé en arabe, ou ISIS – État islamique d’Irak et du Levant –, que les partisans d’Israël préfèrent à cause de la similitude peu rassurante entre Israël et ISIL, fait partie d’une nouvelle opération de la Central Intelligence Agency dans le but de créer artificiellement une stratégie de la tension pour les masses eurasiennes et africaines.


    Lundi 6 Juillet 2015


    Un autre exemple de la nature non islamique d’EI en témoigne dans l’ancienne ville syrienne de Palmyre : l’explosion de la tombe de Mohammad Bin Ali, un descendant du cousin du Prophète Mohammed, l’imam Ali, par les brigands et les mercenaires d’EI. Le véritable but d’EI est d’éradiquer l’histoire arabe et pré-arabe du Moyen-Orient, avec une exception de taille. Il n’y a eu pratiquement aucun rapport concernant la destruction d’importantes antiquités sacrées pour les sionistes, ni en Syrie ni en Irak. Les cibles principales pour les équipes de démolition d’EI étaient sumériennes, acadiennes, babyloniennes, romaines, assyriennes, perses, alaouites, druzes, turkmènes, yazidis, parthes, chrétiennes, chiites et soufis (l’autre tombe importante détruite à Palmyre était celle de Nizar Abu Bahaa Eddine, un savant soufi qui vivait il y a 500 ans). EI a détruit le tombeau de Yunus (Jonas) dans la mosquée qui porte son nom en Irak, non parce qu’elle rendait hommage au patriarche juif Jonas, mais parce que c’était une mosquée.

    Le tombeau présumé du prophète juif Daniel détruit par EI à Mossoul est l’un des six tombeaux de Daniel situés en Irak, en Iran et en Ouzbékistan. Le Talmud, le livre juif d’où les sionistes ont tiré la plus grande partie de leur inspiration géopolitique, interdit strictement toutes les représentations des visages, mais autorise la possession d’images de visages créées par des non-juifs. Bien qu’EI et les talmudistes soient sur la même longueur d’onde pour détruire des sculptures, des céramiques et des peintures représentant des personnes, l’exception du Talmud qui permet aux juifs de posséder des images créées par des non-juifs a donné lieu à un lucratif marché noir d’antiquités volées par EI et vendues par des courtiers à Tel Aviv, Amsterdam et Genève.

    Il devient clair qu’EI, depuis le tout début, était une construction de la CIA et de son directeur pro-saoudien et pro-israélien, John Brennan ; du Mossad israélien, qui a veillé à ce que les cibles israéliennes soient protégées des attaques d’EI ; et de l’Arabie saoudite, qui a, de fait, autorisé EI à attaquer deux mosquées chiites, l’une dans le village de al-Qadeeh et l’autre à Dammam, dans la province de l’Est, où les chiites sont majoritaires par rapport aux sunnites wahhabites. En Irak et en Syrie, des témoins ont vu des armes états-uniennes et israéliennes en train d’être transférées à EI et aux forces armées de ses alliés, dont le front al-Nusra en Syrie. Des reçus de retraits de cash sur des banques saoudiennes ont été trouvés dans les quartiers généraux abandonnés d’EI, en Syrie et en Irak. Les attaques d’EI sur les chiites d’Arabie saoudite sont considérées par beaucoup comme des avertissements lancés par l’alliance contre-nature de Washington, Tel Aviv et Riyad contre l’Iran majoritairement chiite.

    Depuis la cellule stay-behind terroriste Gladio [dépendant de l’Otan, NdT] – un réseau de fascistes qui ont lancé des attaques terroristes en Europe dans les années 1970 et 1980 attribuées à des gauchistes marginaux – jusqu’à la grande alliance des terroristes de l’UNITA en Angola, des moudjahidines d’Afghanistan, des contras du Nicaragua, des Hmongs du Laos – qui se sont réunis en 1985 à Jamba, en Angola, sous l’égide des Américains – la CIA a découvert, historiquement, que les groupes terroristes faisaient des alliés avantageux. La CIA a violé clandestinement et donc illégalement deux lois des États-Unis, les amendements Clark et Boland, respectivement, pour soutenir les terroristes angolais et nicaraguayens.

    Aujourd’hui, EI est un atout important de la CIA, de l’Arabie saoudite et d’Israël contre des ennemis communs comme l’Iran. EI n’a fait aucun secret de son désir d’apporter la mort et la destruction qu’il a déversées sur la Syrie et l’Irak jusqu’au cœur de l’Iran. La déstabilisation de l’Iran, en y soutenant des attaques terroristes contre des cibles iraniennes à l’étranger, a longtemps été le modus operandi des États-Unis, d’Israël et de l’Arabie saoudite, qui agissaient la plupart du temps à travers l’organisation des Moudjahidines du peuple iranien (OMPI) anti-Téhéran, et les séparatistes baloutches basés au Pakistan. EI parle de l’Iran, de l’Afghanistan, du Pakistan, de l’Inde, du Tibet, du Sri Lanka, du Tadjikistan, de l’Ouzbékistan, du Kazakhstan, du Kirghizstan et du Turkménistan comme appartenant au Wilayat Khorasan ou État du Khorasan. Une filiale d’EI, connue comme le Groupe Khorasan, a combattu en Syrie et est censé être composé de recrues et de chefs d’EI en Asie centrale.

    On a récemment annoncé que le colonel Gulmurod Khalimov, qui a un temps dirigé les forces d’élite de la police anti-terroriste du Tadjikistan, connu sous le nom de OMON [forces spéciales du ministère de l’Intérieur russe, NdT], a déserté pour rejoindre EI et est maintenant l’un de ses commandants en chef en Syrie. Khalimov, qui a été entraîné par des agents des opérations spéciales US, de Blackwater et de la CIA lors de divers séjours aux États-Unis, a promis de revenir au Tadjikistan pour massacrer le président tadjik Emomali Rakhmonov, recruter des Tadjiks travaillant en Russie pour y lancer des attaques terroristes et des Tadjiks au Tadjikistan pour attaquer les troupes militaires russes qui y sont stationnées (ce qui fait de Khalimov un allié du haut commandement militaire de l’Otan, le général Philip Breedlove, et du secrétaire à la Défense des États-Unis Ashton Carter, qui veulent augmenter la pression militaire sur la Russie jusqu’au niveau de la guerre froide). Les guérilleros d’EI, pour la plupart des Tchétchènes, tout frais revenus des combats en Syrie et en Irak, ont été découverts en train de combattre avec les bataillons de mercenaires dirigés par Israël et les néo-nazis d’Igor Kolomoïsky contre les forces pro-russes de Donetsk et Lougansk en Ukraine de l’est.

    Fort opportunément pour l’Occident, EI a attaqué les forces talibanes en Afghanistan. Les Talibans ont déclaré illégitime le califat autoproclamé par EI, et qualifié son calife, Abu Bakr al-Baghdadi, qui pourrait être un produit artificiel des unités de guerre psychologique de la CIA et du Mossad, de charlatan. Les Talibans se sont alarmés lorsque quelques-uns de leurs membres ont rompu les rangs avec le mouvement djihadiste et ont rejoint EI en Afghanistan et au Pakistan. En outre, EI a déclaré que les Talibans étaient des kafirs, ou des infidèles à l’islam. En avril, Al-Baghadi a déclaré que le mollah taliban Omar était « un fou et un seigneur de la guerre illettré ». Ce n’est pas une coïncidence si la rhétorique d’EI sur l’énigmatique dirigeant taliban correspond tout à fait avec celle que développaient les unités états-uniennes spécialisées dans les opérations psychologiques en Afghanistan au plus fort de l’intervention armée américaine dans ce pays. A la mi-juin, EI a diffusé une vidéo montrant ses forces décapitant un prisonnier taliban en Afghanistan.

    EI a aussi, de concert avec la pression militaire croissante des États-Unis sur la Chine et la Corée du Nord, déclaré le djihad ou la guerre sainte contre ces deux nations. En mai, un couple nord-coréen qui travaillait comme médecins dans l’hôpital de Zallah, en Libye, ont été capturés par EI. Aucune information n’a été reçue sur le sort du couple de médecins, le mari nord-coréen et son épouse. En janvier, les pirates informatiques d’EI, connus comme le Cyber Caliphate, ont revendiqué la modification de la page Facebook d’Air Koryo, la compagnie aérienne de l’État de Corée du Nord. Le drapeau noir et blanc d’EI a été collé sur la page Facebook avec un commentaire proclamant que le dirigeant nord-coréen Kim Jong Un est « un cochon qui pleure » [pendant qu’on l’égorge ? NdT]. Les hackers d’EI avaient aussi un avertissement pour la Corée du Nord et la Chine : « La Corée du Nord, le pays communiste voyou, et les voyous communistes chinois paieront le prix de leur collaboration avec les ennemis des moudjahidines. »

    La rhétorique propagandiste d’EI sur la Chine et la Corée du Nord coïncide aussi avec des déclarations émanant du Commandement pacifique états-unien à Hawaii sur les menaces militaires que représentent Beijing et Pyongyang. La Corée du Nord a répondu aux menaces d’EI en livrant au gouvernement irakien et aux forces kurdes qui combattent EI en Syrie la mitrailleuse de type 73, fabriquée en Corée du Nord. Les conseillers militaires nord-coréens sont aussi réputés assister le gouvernement syrien et les forces du Hezbollah libanais qui combattent EI en Syrie. La Corée du Sud, qui ne manque jamais une occasion de se confronter militairement avec la Corée du Nord, a autorisé un citoyen sud-coréen, connu seulement sous le nom – très courant en Corée – de Kim, à rejoindre les rangs d’EI en Syrie, en février. Il est très probable que Kim est un agent des renseignements sud-coréens, responsable de coordonner les attaques d’EI sur les avoirs nord-coréens dans la région, dont le couple de médecins nord-coréens en Libye.

    Nicolas Maduro, le président du Venezuela, que la CIA est très occupée à renverser, a décrit EI comme « Frankenstein, un monstre nourri par l’Occident lui-même » dans un discours à l’Assemblée générale des Nations unies. Ce n’est pas un hasard si, au moment où le président Barack Obama a déclaré que le Venezuela représentait une « menace pour la sécurité nationale » des États-Unis, en mars, des rapports faisaient état d’une activité naissante d’EI au Venezuela. L’École de guerre de l’armée américaine, y compris le professeur Robert Bunker, a commencé à publier des déclarations affirmant qu’une augmentation de l’activité d’EI au Venezuela serait bonne pour la sécurité nationale des États-Unis parce que EI est l’ennemi naturel du Hezbollah, dont les néocons affirment qu’il a conquis une position stratégique au Venezuela. Les liens entre EI et l’Occident en Amérique latine n’ont pas échappé au vieux et sage chef d’État de l’hémisphère occidental, l’ancien président cubain Fidel Castro. En septembre 2014, Castro a accusé le Mossad israélien, associé avec le sénateur McCain, d’avoir aidé à créer EI.

    Les principaux auteurs des ravages d’EI au Moyen-Orient ne doivent pas être recherchés dans les déserts du Moyen-Orient et les montagnes d’Afghanistan, mais dans la suite directoriale, au septième étage du quartier général de la CIA, à Langley [en Virginie]. En 1985, la même année où la CIA a soutenu financièrement le sommet des groupes terroristes d’extrême-droite à Jamba, Angola, la CIA a tenté de tuer le grand ayatollah libanais chiite Muhammad Hussein Fadl-Allah dans un attentat à la voiture piégée à Beyrouth. La CIA a manqué l’ayatollah, mais a tué 80 personnes innocentes et en a blessé 256 autres. Aujourd’hui, la CIA autorise EI à fourrer ses mains sales dans des attaques terroristes menées depuis l’Irak et la Syrie au Yémen et en Libye. EI ne peut pas être mise à genoux sans âpre négociation avec M.  Brennan et ses principaux conseillers.

    WAYNE MADSEN


  • Denoual 31 août 2015 12:03

    Cela ne vous semble pas étrange, ces migrants par centaines de milliers vers l’Europe, pris en charge par d’obscurs trafiquants maffieux, contre lesquels personne ne fait rien, avec la bénédiction des médias officiels unanimes, en appelant à notre humanité ?
    Et s’il fallait d’un côté vider certains pays de leurs populations ( et liquider l’armée syrienne p ex), pour satisfaire à quelques coalitions coloniales et impérialistes fascisantes, avec la bénédiction des États Unis fauteurs de guerre, qui engendrent les guerres sans en assumer la responsabilité, laissant à charge de leur succursale européenne les conséquences humaines de leurs forfaits ?
    Et si, finalement, l’ultralibéralisme européen n’était pas mécontent de cet apport de main-d’oeuvre souvent qualifiée mais bon marché, avec un effet concurrentiel certain sur ce qu’ils appellent le coût du travail et la compétitivité des entreprises ?
    Et si cette histoire d’États islamique n’était qu’une sanglante et cynique couverture médiatique avec des buts géopolitiques précis, et si ces migrants n’étaient objectivement que des déportés de l’impérialisme et du fascisme ?


    • le moine du côté obscur 31 août 2015 16:43

      @Denoual

      Je pense et ça n’engage que moi que certains riches veulent briser l’humain « d’en bas » (donc nous peu importe notre race et notre origine) et en faire un esclave docile. Ils auront ainsi de la main d’oeuvre bon marché et corvéable à souhait. Ils auront des esclaves sexuels, d’autres types d’esclaves notamment des femmes qui vendent leur ventre pour les amateurs de la GPA et enfin des gens qui donneront leurs organes pour des vieillards ou autres richards qui en auraient besoin. D’ailleurs dans les camps de réfugiés syriens il y aurait ce genre de choses. Je pense que les populations européennes du « peuple d’en bas » (j’en parle ici : http://www.agoravox.fr/ecrire/?exec=articles&id_article=171223) veulent être aussi transformés esclaves par ces mêmes riches dégénérés. En tout cas j’espère me tromper mais c’est ce que je perçois. 


  • Pingouin094 Pingouin094 31 août 2015 14:03

    Pour quelqu’un qui « suit depuis quelques temps déjà » la situation en Syrie, votre article est étonnamment simpliste, pour une situation extrêmement compliqué. Combien de factions se battent-elles en Syrie, pour combien de but différents ?

    Vous suivez la situation « depuis quelques temps déjà », mais vraisemblablement pas depuis le début. 

    Au début, il n’y avait pas de terroristes ni d’islamistes en Syrie. Il y’avait un peuple qui manifestait contre Bachar Al Assad et voulait son départ. Et il y’avait un dictateur qui a envoyé l’armée pour réprimer le peuple.

    Ensuite, une partie de l’armée s’est révolté, et a formé « l’Armée Syrienne Libre », opposition démocratique et laïque qui tentait à l’origine de protéger les manifestants avant de passer dans la lutte armée proprement dite. Et le pays a basculé dans la guerre civile.

    Et puis le conflit s’est particulièrement compliqué. Il y’a eu l’arrivée des premiers mouvements armés islamistes à visée « nationale », soutenus par des pays étrangers. Il y’a eu l’entrée en jeu des Kurdes. Puis il y’a eu Al Quaïda et son Front Al-Nosra. Puis le Hezbollah et l’Iran se sont mis de la partie, et enfin Daech.
    Bref, un bon gros bordel, qui laisse largement assez de place pour diviser le monde entre autre chose que les gentils et les méchants, et même dans cette vision assez simpliste pour plusieurs « méchants ».

    Donc oui, rappelons qu’aux origines du conflit syrien, le peuple syrien voulait majoritairement le départ d’Assad.
     Donc oui, rappelons que les égorgements de Daech sont horribles, mais n’atténuent en rien l’horreur des bombardements aux barils de TNT de l’armée syrienne contre les populations civiles.
     Donc oui, rappelons qu’on torture toujours gaiement dans les geôles syriennes, comme on le fait depuis des décennies ; et aussi horrible que soi le marché aux esclaves de Mossoul, il ne rend pas les prisons syriennes plus accueillante pour autant.

    La Syrie est immense bordel. Il y’aurait eu une chance de sauver le peuple syrien quand la principale opposition à Bachar Al Assad était une opposition laïque et démocratique. Les occidentaux ont laissé pourrir la situation. On voit le résultat : le choix entre Daech et Assad, entre la Peste et le Choléra....


    • le moine du côté obscur 31 août 2015 16:20

      @Pingouin094

      La version des faits est la vôtre et que vous vouliez la défendre c’est votre droit. Je n’ai jamais dit que le parti Baath et son actuel leaders étaient des saints et eux-mêmes reconnaissent qu’ils ont commis de grosses erreurs dans la gestion des problèmes en Syrie et ont depuis vraisemblablement fait de gros progrès à ce niveau. De plus des pays comme la Syrie sont des pays complexes à gérer et il faut apparemment une certaine forme d’autorité pour tenter de les rendre aptes à être dirigés. Une des erreurs commises était semble-t-il de vouloir appliquer des réformes libérales (tant appréciées par des cancers comme le FMI et autres groupes d’idéologues) en supprimant par exemple des subventions aux paysans ce qui aurait eu un effet désastreux. Ces paysans à ce que je sais étaient parmi les premiers à manifester leur mécontentement poussés en fond par des frères musulmans et autres. Il est clair que les partisans des « révolutions colorées » s’appuient sur des mécontentements réels pour agiter les foules. Comme le disait si bien Talleyrand « agiter le peuple avant de s’en servir ». 
      Et à ma connaissance les islamistes étaient de la partie dès le début ! Donc l’armée n’a pas été à ce que je sais impliquée au début mais au fur à mesure. De plus nous savons que les étasuniens voulaient déstabiliser la Syrie depuis longtemps donc les mouvements populaires qui deviennent violents et insurrectionnels ils savent y faire et les exemples sont nombreux. Pour ma part je ne crois en aucune révolution colorée et je ne crois en aucune révolution plébiscitée par les médias de masse occidentaux. Et je me méfie de toute info d’où qu’elle vient, mais je croise les données et j’essaie de voir ce qui me paraît sensé. Est-ce que je peux me tromper ? Bien sûr je ne suis pas omniscient ! Quant au fait que certains militaires aient désertés, certains parlent de plusieurs milliers de soldats, c’est plus que probable notamment si on leur a promis des pétrodollars. Ce sont des cas de figure déjà vus ailleurs. Mais il semble bien que la grande majorité des soldats est restée fidèle. De plus je pense qu’un des problèmes de certains soldats étaient qu’ils étaient des soldats de paix donc il y a sûrement du avoir des désertions pour ne pas se battre ce que j’ai déjà vu ailleurs. Le Hezbollah se serait plaint au début du manque de combativité des soldats syriens. D’autres soldats encore n’étaient pas aguerris à certains types de combats comme les combats de rue. L’un dans l’autre on peut aisément comprendre certains problèmes de l’Armée Arabe Syrienne. Celle-ci est donc aidée toujours à ma connaissance par le Hezbollah libanais, par des milices irakiennes chiites et d’autres parlent de chiites afghans (3500 environ à ce que j’ai entendu) venant d’Iran. Et aux dernières nouvelles des conseillers russes seraient arrivés encore en Syrie. Toutes ces infos sont à mon sens à prendre avec des pincettes même pour le Hezbollah dont l’aide apportée est claire et nette. 
      Quant à savoir ce que le peuple syrien voulait ! Etes-vous syrien ? Vivez-vous en Syrie ? Qu’une partie du peuple ait voulu du mieux c’est évident et humain. Qu’ils aient été manipulés par des propagandistes financés par l’étranger c’est clair pour ma part. Je pense que beaucoup de syriens n’ont pas compris vers quoi on les poussait. Et comme beaucoup de pays ont des intérêts parfois divergents parfois convergents il est clair que cela entraîne un chaos terrible. Entre les turcs qui ne veulent clairement pas que les kurdes syriens soient autonomes d’où leur jeu ambigu au moments des évènements tragiques à Aïn Al Arab appelé Kobané par les occidentaux. Et actuellement ils bombardent les Kurdes en prétextant vouloir lutter contre l’EI. Et les autres pays qui pour une raison ou une autre s’ingèrent en Syrie difficile parfois de s’y retrouver. Donc effectivement la situation en Syrie est complexe mais je pense qu’au fil du temps Al Assad s’est affirmé comme un leader et probablement la personne pouvant « sauver » l’état syrien. Après qu’il faille des changements sans doute, mais avec toutes les ingérences difficiles de voir clair et de se projeter. 
      Quant aux dirigeants occidentaux et autres, de mon point de vue c’est diviser pour régner. D’un on affaiblit les états forts et on détruit leurs armées. De deux on dirige les jeunes qui ont trop de testostérone là bas pour qu’ils y crèvent, ça fait des cas de moins à gérer. Quant aux autres plus faibles, ils seront des esclaves dociles et pour les plus « intéressants » de la main d’oeuvre bon marché et corvéable à souhait. Ou encore des esclaves sexuels, des fournisseurs d’organes humains pour les riches connards qui ont des organes vitaux défaillants tels que les reins, les foies et autres. Pour conclure de mon point de vue Assad est le moindre mal et je ne crois pas aux gentils et aux méchants, mais à des nuances de mauvais. En tant que croyant pour moi aucun humain n’est bon et aucun ne peut l’être. 

  • Analis 31 août 2015 21:44

    Allez, encore du réseau voltaire et du Meyssan, puisque n’en déplaisent à certains (dont les fanatiques de la politique occidentale qui gobent sa propagande à plein nez), leurs analyses ont l’air de mieux coller aux complexes évolutions du moment que les autres. Si on renonce à une explication simpliste et manichéenne, le déroulement des agressions occidentales et alliées contre la Syrie, l’Irak et la Libye (et maintenant le Yémen) paraissent prendre sens, et s’inscrire dans ce qu’on pourrait appeler la géopolitique du déclin des USA (et plus généralement de l’Occident) :

     :: :: :: :: :: :: :: :: :: :: :: :: :: :: :: :: :: :: :: :: :: :: :: :: :: :: :: :: :: :: :: :: :: :: :: :: :: :: :: :: :: :: :: :: :: :

    http://www.voltairenet.org/article188390.html

    Syrie, rhétorique et vérité

    par Thierry Meyssan

    Depuis deux semaines, la presse internationale bruisse de rumeurs annonçant le début d’une opération militaire états-unienne contre la Syrie. Thierry Meyssan, qui avait dénoncé une manipulation du général John Allen et de ses amis en vue de saboter l’accord USA/Iran, revient ici sur l’absurdité de cette imputation. Il explique pourquoi le soutien stratégique de la Russie et de la Chine à une Syrie laïque n’est pas négociable.

    Réseau Voltaire | Beyrouth (Liban) | 10 août 2015

    Le 27 juillet, le New York Times annonçait la création d’une zone de sécurité en Syrie par Washington et Ankara pour abriter des réfugiés syriens actuellement stationnés en Turquie [1]. Peu après, la Maison-Blanche démentait cette information. J’ai expliqué dans un article précédent que le New York Times avait été intoxiqué à la fois par le général John Allen, envoyé spécial pour la Coalition internationale anti-Daesh, et par le gouvernement intérimaire turc [2]. J’ai rappelé qu’Allen avait déjà participé à deux autres tentatives de sabotage de la paix en Syrie, en juin 2012 et en décembre 2014, et que le président Obama avait tenté de le faire arrêter il y a près de trois ans, en septembre 2012.

    De très nombreux commentateurs ont rapproché cette information d’une autre selon laquelle le Pentagone s’autorise désormais à soutenir ses «  rebelles modérés » lorsqu’ils sont attaqués, quel que soit leur agresseur. Ils y ont vu le lancement de la très attendue campagne de l’Otan contre la République arabe syrienne.

    Cette interprétation est absurde et ces éléments doivent être interprétés différemment.

    Déclarations contradictoires et réalité sur le terrain

    Il se trouve que la Coalition a pris l’engagement de ne pas frapper l’Armée arabe syrienne, mais uniquement Daesh —et désormais également al-Qaïda— en Syrie. En outre, elle transmet le plan de vol de ses bombardiers et les missions de ses troupes au sol à l’avance à l’état-major de l’Armée arabe syrienne, par l’entremise de leurs alliés kurdes du PYG. De cette manière, la Coalition s’assure à l’avance que ses avions ne seront pas descendus par la chasse syrienne, mais qu’ils contribueront aux mêmes objectifs que l’Armée arabe syrienne sans avoir à plus se coordonner.

    Officiellement, les Britanniques et les Français ne participent pas aux opérations en territoire syrien. Pourtant nous savons que c’est faux. Voilà des mois que ces nations bombardent Daesh en Syrie. Il y a quelques jours, le ministre britannique des Affaires étrangères a été contraint d’admettre la vérité à la Chambre des Communes [3]. Son homologue français, qui n’est pas soumis aux mêmes pressions politiques, continue à nier les faits. En outre, les Britanniques ont déployés 120 SAS au sol pour guider les frappes aériennes [4]. Ce travail étant particulièrement risqué pour des étrangers qui ne connaissent pas le terrain, le Pentagone a formé 60 « rebelles syriens modérés » pour les y aider. 54 sont entrés en territoire syrien et ont été immédiatement attaqués par al-Qaïda.

    Il est grotesque de prétendre que le Pentagone a formé ces 60 combattants dans le but de vaincre les centaines de milliers de soldats de l’Armée arabe syrienne et de renverser la République. Leur seule fonction est de participer à la Coalition anti-Daesh et leur seule mission est de déterminer au sol les cibles des bombardiers.

    Il est vrai, comme l’a fait remarquer le ministre russe des Affaires étrangères Sergey Lavrov, que cette annonce était mal formulée. Le porte-parole de la Maison-Blanche aurait dû se douter qu’elle serait mal interprétée vu la volonté d’une partie des États-uniens et des dirigeants français et turcs d’entrer en guerre ouverte contre la Syrie. Dans la pratique, il a préféré induire en erreur les adversaires de l’accord USA/Iran.

    Au demeurant, le Pentagone a fait allusion à une situation qui s’est présentée. Ses 54 « rebelles modérés » ont été attaqués par al-Qaïda et il les a défendus. Or, au cours des derniers mois, la France, l’Arabie saoudite et la Turquie ont tenté de réhabiliter al-Qaïda en Syrie (Front al-Nosra) pour en faire une alternative acceptable à Daesh. Contrairement aux conclusions de nombreux commentateurs, en bombardant à la fois Daesh et al-Qaïda, ce qui est nouveau, le Pentagone a fait en réalité le jeu de la République arabe syrienne, conformément à son accord avec l’Iran.

    Principes géostratégiques

    Maintenant, venons-en au fond. Cette polémique, habilement fabriquée par le général Allen lors de l’Aspen Security Forum et par la Turquie vise à faire accroire à un changement radical de la politique états-unienne. Washington, après avoir longtemps hésité à se lancer en guerre ouverte contre la Syrie, s’y serait enfin résolu. La Syrie serait prochainement bombardée comme jadis la Libye et l’on serait enfin débarrassé du président Bachar el-Assad.

    Si tel était le cas, nous serions entrés en Guerre mondiale.

    En effet, par quatre fois déjà, la Russie et la Chine ont apposé leur véto au Conseil de sécurité à des projets de résolution autorisant ou préparant une attaque contre la Syrie. En apposant leur véto, Moscou et Beijing ne se sont pas contentés de ne pas soutenir ces résolutions. Ils sont entrés en conflit diplomatique avec les auteurs de ces projets. Ils ont affirmé être prêts à faire la guerre contre eux s’ils passaient unilatéralement à l’acte.

    Le premier veto, le 4 octobre 2011, a surpris Washington. Le second, le 4 février 2012, l’a convaincu de renoncer à agir en Syrie comme en Libye. La France, le Qatar et la Turquie ont décidé de relancer la guerre et ont déposé deux autres projets de résolution, le 19 juillet 2012, et sur la question des crimes contre l’humanité attribués à la République, le 22 mai 2014. Ils ont essuyé les mêmes vétos.

    Les déclarations françaises, qataries et turques selon lesquelles des diplomates se consacrent à convaincre leurs amis russes de lâcher Bachar el-Assad sont stupides et les récentes déclarations de Barack Obama sur une évolution des positions de la Russie et de l’Iran ne valent guère mieux. Au demeurant, le président états-unien visait, quant à lui, à endormir les opposants à l’accord qu’il a négocié avec l’Iran.

    Mais nous ne parlons pas ici de l’Iran. Uniquement des deux puissances permanentes du Conseil de sécurité que sont la Russie et la Chine.

    Les intérêts russes et chinois

    La position de Moscou et de Pékin n’est ni une bravade anti-occidentale, ni une solidarité entre dictatures, puisque c’est ainsi que les Occidentaux qualifient les régimes de ces États. C’est une question géostratégique qui s’inscrit dans des siècles d’histoire. C’est tout sauf négociable.

    La présence russe en Méditerranée et au Proche-Orient dépend d’un régime respectueux de la diversité religieuse à Damas. Elle serait impossible en cas d’une prise de pouvoir par les Frères musulmans ou tout autre groupe islamiste de cette mouvance. C’était déjà le cas à l’époque de la Tsarine Catherine II qui affirmait voir en la Syrie la clé du Proche-Orient pour la Russie et c’est toujours le cas pour le président Poutine. En outre, les Russes, qui sont majoritairement orthodoxes et en ont souffert, se sentent solidaires des chrétiens syriens, à majorité orthodoxe.

    Certes, la Russie n’a pas toujours été en mesure de défendre ses intérêts. Ainsi, refusa-t-elle en 2005 la proposition syrienne d’occuper le port de Tartous et 30 kilomètres de côte pour sa flotte en Méditerranée —Damas espérait ainsi prévenir la guerre que Washington avait commencé à préparer bien avant le Printemps arabe—. Mais, à l’époque, elle n’avait plus de flotte en Méditerranée depuis l’effondrement de l’URSS. Aujourd’hui, elle s’est reprise, a reconstitué sa puissance maritime, et utilise effectivement le port de Tartous.

    Pour se développer, le commerce chinois suppose la sécurisation de routes continentales reliant la Chine à la Méditerranée. Au Moyen-âge, les Chinois construisirent la « route de la soie » reliant la capitale de l’époque, Xi’an, à Damas. Les Omeyyades, qui ont fondé la religion musulmane, veillèrent à protéger les autres religions locales, judaïsme, mandéisme et christianisme. Lorsqu’ils étendirent leur pouvoir en Asie centrale, jusqu’au Xin Qiang, ils agirent identiquement avec les religions d’Extrême-Orient —Ils étaient certes bien loin du sectarisme de l’islam actuel—. Aujourd’hui encore, toutes les religions prient chaque jour dans la Grande Mosquée de Damas et l’une de ses mosaïques rend hommage à une pagode chinoise. Pour se développer, la Chine actuelle tente de reconstruire des « routes de la soie ». Elle vient pour cela de fonder la Banque asiatique d’investissement (AIIB).

    Que l’on ne s’y trompe pas, le soutien stratégique de Moscou et de Beijing à Damas ne signifie aucunement qu’ils vont envoyer leurs troupes défendre le pays contre les jihadistes qui le saignent —Ils ne l’ont pas fait et ne le feront pas— ; juste qu’ils ne laisseront pas les puissances occidentales utiliser leurs propres armées pour détruire la République arabe syrienne.

    De leur côté, les États-Unis sont la puissance dominante globale parce qu’ils contraignent le commerce global à s’effectuer principalement par voie maritime et, qu’avec l’aide du Royaume-Uni, ils contrôlent et sécurisent tous les océans. C’est pourquoi, Washington considère comme essentiel pour le maintien de sa puissance de saboter les tentatives de routes continentales [5]. Le chaos en Irak et la chute de Palmyre coupent la voie de communication par le Sud, tandis que le chaos en Ukraine coupe la voie par le Nord.

    Dans le conflit syrien, les Occidentaux et les puissances du Golfe soutiennent les Frères musulmans, tandis que la Russie et la Chine soutiennent la République laïque.

    Les illusions de la France, de l’Arabie saoudite et de la Turquie

    Le gouvernement turc, qui ne comprend décidément rien à la politique, a tenté deux fois de forcer les États-Unis à entrer en guerre ouverte. Le 11 mai 2013, il a dénoncé un vaste attentat à Reyhanlı qu’il a attribué aux services secrets syriens. Recep Tayyip Erdoğan s’est précipité chez le président Obama pour se plaindre. Mais celui-ci avait été prévenu à l’avance par la CIA que l’attentat qui coûta la vie à 51 Turcs et qui en rendit 140 infirmes était une mise en scène du Millî İstihbarat Teşkilatı (MIT), une opération sous faux drapeau des services secrets turcs. Depuis, d’ailleurs, les responsables ont été contraints à la démission.

    M. Erdoğan a récidivé quatre mois plus tard en organisant, avec l’aide de l’Élysée, l’attaque chimique de la Ghoutta de Damas, le 21 août 2013. Ils ont immédiatement été démasqués par le MI6 britannique qui s’est empressé de prévenir ses amis états-uniens. À l’issue d’une habile mise en scène à la Chambre des Communes, Londres et Washington ont laissé Ankara et Paris à leurs crimes et leurs rodomontades.

    Nous pouvons discuter des capacités de l’administration Obama à défendre sa nouvelle stratégie d’alliance avec le clergé chiite iranien ou de celles de ses adversaires états-uniens à poursuivre la stratégie straussienne de remodelage du « Moyen-Orient élargi » et de chaos généralisé. Mais, quoi qu’il en soit, jamais, ni les uns, ni les autres ne passeront d’une guerre par jihadistes interposés à un conflit classique. Il est absurde d’imaginer que Washington va se lancer dans une Troisième Guerre mondiale contre la Russie et la Chine dans le seul but de remplacer le président Bachar el-Assad par les Frères musulmans.

    Thierry Meyssan

    [1] « Turkey and U.S. Plan to Create Syria ‘Safe Zone’ Free of ISIS », Anne Barnard, Michael R. Gordon & Eric Schmitt, The New York Times, July 27, 2015.

    [2] « Clinton, Juppé, Erdoğan, Daesh et le PKK », par Thierry Meyssan, Réseau Voltaire, 3 août 2015.

    [3] « Le Royaume-Uni et la France bombardent Daesh en Syrie », Réseau Voltaire, 21 juillet 2015.

    [4] “SAS dress as ISIS fighters in undercover war on jihadis”, Marco Giannangeli and Josh Taylor, Sunday Express, August 1, 2015.

    [5] “The Geopolitics of American Global Decline”, by Alfred McCoy, Tom Dispatch (USA), Voltaire Network, 22 June 2015.


    • Analis 31 août 2015 21:53

      Très mauvaise nouvelle pour les soutiens de l’agression contre la Syrie, du côté russe, les choses commencent enfin à changer. Un début de ré-entente avec les USA se fait jour, mais après le mauvais tour joué en Ukraine, la coopération ne pourra plus être la même, , et le but d’Obama étant de toutes façons entre autres de conserver le plus de parts d’influence au Proche- et Moyen-Orient ;si Obama s’est montrée moins empressé de combattre les faucons de son pays sur le front ukrainien, c’est notamment par ce que cela permettait de mette à bas l’accord qu’il avait conclu avec les russes fin 2013 sur le partage de l’ifluence moyen-orientale.

      Quoi qu’il en soit, avec l’arrivée de conseillers militaires russes et de gardiens de la révolution iraniens, les choses s’annoncent mal en Syrie tant pour l’EI que pour Al-Nosra et les restes de l’ASL. Les russes redoutent cependant que sa « période d’utilité » au Levant ayant expiré, Daech ne soit redéployé dans le Caucase : 

      http://www.voltairenet.org/article188499.html

       :: :: :: :: :: :: :: :: :: :: :: :: :: :: :: :: :: :: :: :: :: :: :: :: :: :: :: :: :: :: :: :: :: :: :: :: :

      L’armée russe commence à s’engager en Syrie

      par Thierry Meyssan

      C’est un changement profond et significatif qui vient de s’opérer au Levant  : l’armée russe commence à s’engager contre le terrorisme en Syrie. Alors qu’elle est absente de la scène internationale depuis la dissolution de l’Union soviétique et bien qu’elle avance avec prudence, elle vient de constituer une Commission russo-syrienne, de livrer des armes et du renseignement, et d’envoyer des conseillers. Tout ceci plus ou moins coordonné avec la Maison-Blanche.

      Réseau Voltaire | Damas (Syrie) | 24 août 2015

      Originaire du Tatarstan, le général Valéri Guérassimov, chef d’état-major des forces armées de la Fédération de Russie et vice-ministre de la Défense, connait bien l’islam. En outre, il a réprimé des crimes commis par d’autres militaires russes en Tchétchénie et combattu victorieusement les jihadistes de l’Émirat islamique d’Itchkérie.

      La Russie qui avait négocié une alliance régionale contre l’Émirat islamique impliquant l’Arabie saoudite, la Syrie et la Turquie a dû changer de stratégie après le revirement turc. Ankara a en effet décidé de rompre avec Moscou, annulant sans motif réel le contrat du gazoduc Turkish Stream, créant avec l’Ukraine une Brigade islamique internationale pour déstabiliser la Crimée [1], et venant en renfort de l’Émirat islamique contre les Kurdes du PKK et de l’YPG.

      Identiquement, la Maison-Blanche a dû changer de stratégie après les manœuvres du général John Allen qui s’était engagé auprès du président Recep Tayyip Erdoğan a créer une « zone de sécurité » pour l’Émirat islamique au Nord de la Syrie [2].

      En définitive, Moscou et Washington ont coordonné

      - le retrait des missiles Patriot stationnés en Turquie ;

      - la création d’une Commission militaire russo-syrienne.

      La fin de la zone d’exclusion aérienne

      Les missiles Patriot avaient été installés à partir de janvier 2013 par l’Otan en Turquie afin d’empêcher l’armée de l’air syrienne de se déployer à la frontière. De la sorte, les jihadistes du Front al-Nosra (al-Qaïda) avaient pu s’emparer du Nord du pays. À partir de l’été 2014, cette zone impossible à survoler avait été occupée par l’Émirat islamique.

      Ainsi, lors de la bataille de Kobané, l’armée de l’air syrienne n’avait pu bombarder l’Émirat islamique et avait été contrainte de tenter une percée terrestre pour sauver la ville. Comme elle ne parvenait pas à franchir les 30 derniers kilomètres, la presse atlantiste présenta les forces kurdes du YPG comme indépendantes de Damas, alors que la République arabe syrienne lui avait fourni ses armes et payait ses soldats.

      Les missiles Patriot, initialement déployés par l’Allemagne et les Pays-Bas, sont aujourd’hui allemands et espagnols. Ils seront d’abord révisés et modernisés, puis redéployés en Lithuanie, à la frontière russe.

      L’entrée de l’armée russe dans la guerre contre la Syrie

      Alors que depuis le début du conflit, la Russie s’est abstenue de participer aux opérations militaires, elle vient de créer une Commission militaire russo-syrienne. Pourtant, l’Otan a organisé l’ensemble des événements dit du « Printemps arabe », dont la guerre contre la Syrie, et a coordonné les groupes jihadistes étrangers et leurs collaborateurs libyens et syriens, dits « rebelles », depuis la base turque d’Izmir [3], devenue depuis le siège du LancCom (commandement des forces terrestres des 28 États membres de l’Alliance atlantique).

      En quelques semaines, de nombreux conseillers militaires sont arrivés à Damas. On évoque la possibilité d’ouvrir un second port militaire russe.

      Six Mikoyan-Gourevitch MiG-31 ont été livrés. Ces avions sont les meilleurs intercepteurs au monde. Ils avaient été achetés en 2007, mais ce contrat avait été bloqué. Leur livraison ne tombe pas sous le coup de l’embargo sur les armes car ils ne peuvent pas être utilisés à des opérations de maintien de l’ordre, mais uniquement à la Défense nationale, en l’occurrence face aux incursions d’Israël ou de la Turquie. Sous des prétextes divers, ces deux États sont intervenus de multiples fois au cours de la guerre pour soutenir les jihadistes lorsqu’ils étaient en difficulté.

      Ainsi, le 30 janvier 2013, Tsahal bombardait le Centre de recherches militaires de Jemraya, sous prétexte de détruire des armes destinées au Hezbollah. Il s’agissait en réalité de détruire une mallette de communication des données satellitaires de l’Otan, saisie par l’Armée arabe syrienne, avant que celle-ci n’en perce le système de cryptage [4]. L’opération avait été conduite par l’armée de l’Air israélienne en coordination avec l’Armée syrienne libre, elle même encadrée par des officiers de la Légion étrangère française sous la supervision du LandCom de l’Otan. Depuis, les opérations communes se sont succédé. Le 21 août, alors qu’al-Qaïda attaquait au sol et Israël depuis les airs la base militaire syrienne de Quneitra (limite du Golan), la Défense syrienne a été en mesure d’abattre un des avions de la Coalition jihadistes/Israël.

      Simultanément, l’armée russe vient de fournir, pour la première fois, des images satellitaires à la Syrie. Cette décision, attendue depuis cinq ans, renverse la situation militaire. En effet, jusqu’ici les jihadistes échappaient souvent à l’armée arabe syrienne grâce aux images satellitaires que l’Otan leur fournissait en temps réel. Même si, depuis un semestre, il semble que l’Otan ne partage plus ses renseignements avec l’Émirat islamique, mais uniquement avec le Front al-Nosra (al-Qaïda).

      Enfin, les conseillers militaires russes rassemblent de nombreuses informations de manière à étudier la possibilité d’un déploiement international sous l’égide des Nations unies. Ils devraient présenter un rapport au Kremlin qui étudiera aussi bien la possibilité d’une opération russe que celle d’une opération conjointe de l’Organisation du Traité de sécurité collective (OTSC). Celle-ci se réunira au Tadjikistan, à Douchanbé, le 15 septembre. Un déploiement de l’OTSC avait déjà été envisagé, en juin 2012 lors de la préparation de la « Conférence de Genève 1 » [5]. En effet, cette alliance militaire comprend trois États à population musulmane, le Kazakhstan, le Kirghizistan, et le Tadjikistan, plus aptes que la Russie à lutter contre des terroristes se réclamant de l’islam. Cependant à l’époque, l’OTSC n’avait pas d’accord avec l’Onu pour effectuer des opérations de paix. Ceci a été réglé le 28 septembre 2012 et pourrait être appliqué aussi bien en Afghanistan qu’en Syrie [6].

      Les limites de la coopération entre le Kremlin et la Maison-Blanche

      Quoi qu’il en soit, la coopération entre le Kremlin et la Maison-Blanche a ses limites : la Russie souhaite éradiquer les jihadistes avant qu’ils ne se retournent contre elle, tandis que les États-Unis espèrent bien que certains d’entre eux pourront être activés dans d’autres conflits, comme ce fut le cas précédemment en Afghanistan, en Bosnie-Herzégovine, en Tchétchénie et au Kosovo.

      D’ores et déjà, quelques éléments de Daesh sont arrivés à Kherson (Ukraine), où se trouve déjà un prétendu « gouvernement de Crimée en exil ».

      Il est évident que, du côté états-unien, le retrait des Patriot est un piège. Washington serait enchanté que la Russie réduise le nombre de jihadistes, mais ne serait pas mécontent non plus si elle s’enlisait en Syrie. C’est pourquoi l’ours russe avance avec prudence.

      Thierry Meyssan

      [1] « L’Ukraine et la Turquie créent une Brigade internationale islamique contre la Russie », par Thierry Meyssan, Réseau Voltaire, 12 août 2015.

      [2] « Clinton, Juppé, Erdoğan, Daesh et le PKK », par Thierry Meyssan, Réseau Voltaire, 3 août 2015.

      [3] “Izmir base likely to become NATO’s Land Component Command”, Today’s Zaman, 6 juin 2011.

      [4] « L’ASL et Israël attaquent un Centre de recherche syrien », Réseau Voltaire, 31 janvier 2013.

      [5] « Syrie : Vladimir Poutine propose une Force de paix de l’OTSC », Réseau Voltaire, 3 juin 2012.

      [6] « L’OTSC pourra déployer des « chapkas bleues » sur mandat de l’ONU », Réseau Voltaire, 29 septembre 2012.


    • lmcal140 31 août 2015 22:03

      ’’...
      Les russes redoutent cependant que sa « période d’utilité » au Levant ayant expiré, Daech ne soit redéployé dans le Caucase...’’

      Euh... je crois que les russes , eux, ont d’excellents satellites. Ce sera un carnage par l’aviation.

      Les américains , eux, doivent perfectionnés leurs satellites. Ils tirent rarement sur les cibles de DAECH ! Malchanceux ?


    • Analis 1er septembre 2015 11:03

      @lmcal140

      Le problème, c’est que l’EI devrait se cacher parmi les populations, ce qui compliquerait le travail des russes. En revanche, il est sûr que leurs colonnes en terrain découvert seront anéanties !

      Une lettre écrite par plusieurs intellectuels critique sévèrement la politique nationaliste confrontationiste d’Erdoğan, cherchant à lever turcs contre kurdes et arabes, et kurdes contre arabes, alors que les liens de ces groupes linguistiques sont profonds. Cette lettre détaille aussi le jeu complexe d’alliances entre le gouvernement turc et les kurdes d’Irak, plus particulièrement le clan Barzani, pro-impérialiste et anti-PKK (le clan Talibani évitant tout ce qui pourrait conduire à une guerre civile entre kurdes d’Irak, mais étant mieux disposé à l’égard des autres kurdes) :

       :

      http://www.voltairenet.org/article188506.html

       :: :: :: :: :: :: :: :: :: :: :: :: :: :: :: :: :: :: :: :: :: :: :: :: :

      Lettre ouverte au président Erdoğan

      La division ethnique fait le jeu des puissances coloniales

      par Hassan Hamadé

      Une partie des Turcs envisage les Kurdes comme un peuple étranger. Les Israéliens les ont divisés et emploient la famille Barzani pour contrôler ceux d’Irak et, éventuellement, coloniser le Nord de la Syrie. Hassan Hamadé rappelle ici que le peuple kurde joua un rôle central dans la civilisation arabe moderne et l’unité politique du monde arabe. C’est un contresens historique et culturel de présenter les Kurdes comme un peuple étranger à l’arabité.

      Réseau Voltaire | Beyrouth (Liban) | 22 août 2015

      Il semblerait, Monsieur le président, que vous ignorez tout de la réalité syrienne, de l’histoire, même récente, de la sainte Syrie. Sinon vous vous seriez donné la peine de songer, ne serait-ce qu’un instant, à cette fameuse sagesse énoncée par le président Choukri al-Kouatli à l’adresse du leader Jamal Abdel-Nasser, du balcon du palais présidentiel à Damas d’où ils saluaient ensemble, main dans la main, les bras levés en signe de victoire, la marée humaine venue acclamer la réalisation du rêve tant attendu du panarabisme : la République arabe unie, née de la fusion de l’Égypte et de la Syrie. C’était le 1er février 1958.

      En ce jour mémorable, Choukri al-Kouatli qui venait d’être honoré du titre de « citoyen arabe numéro 1 », a tenu à s’adresser aussi aux anciennes puissances coloniales en des termes qui méritent d’être observés avec beaucoup d’attention : « Nos frontières, disait Kouatli, ne sont pas des limites. Ce sont des blessures » [1].

      En principe, Monsieur le président, vous êtes supposé comprendre la signification de ces deux réflexions avancées par cet ancien homme d’État syrien, doté d’une très riche expérience politique qui remonte à 1907, date à laquelle il fonda le mouvement Jeune Arabe, dont la vocation était de « faire pendant au mouvement Jeune Turc  ».

      Il ne s’agit pas, par la présente et modeste missive, d’étaler et de critiquer les modalités et les résultats de votre participation, intense et continue, à cette guerre d’agression israélo-US visant la destruction massive de la sainte Syrie et son démantèlement intégral, ni de faire une critique détaillée de la tragique cécité politique de votre stratège, le professeur Ahmet Davutoğlu, et de sa malheureuse théorie du « zéro problème » avec le voisinage immédiat de la Turquie… Mon objectif, à travers cette lettre ouverte, consiste tout simplement à vous signifier la gravité de l’impasse à laquelle les rêves de la toute puissance ottomane vous ont conduits. Le dilemme kurdo-syrien, face auquel vous vous trouvez maintenant, en est la parfaite illustration.

      Vous vous êtes mis en tête un projet colossal, dépassant de très loin vos propres moyens, celui de la grande marche vers le Sud, supposée, selon vos estimations et vos prévisions, vous amener à une nouvelle conquête de l’éternelle Damas, la plus vieille capitale du monde, et à célébrer dans sa toute prestigieuse mosquée des Omeyyades, qui abrite toujours le reliquaire de Saint Jean-le-Baptiste, la prière à la gloire de la victorieuse revanche !

      Mais, ce fut la grande confusion entre vos désirs et la réalité… Voilà les ambitions impériales qui se réduisent, étape par étape, « comme un rêve doré, qui n’est plus au matin… » pour aboutir, en raison de calculs médiocres, à l’actuelle confrontation entre la Turquie et les Syriens d’ethnie kurde. C’est précisément là que l’enjeu se déroule.

      Vos choix en la matière révèlent une méconnaissance frappante du dossier. Contrairement aux cas de la Turquie et de l’Irak, il n’a jamais été question de « problème kurde » en Syrie, que ce soit depuis le début de la lutte contre la turquisation, ou plus tard contre le colonialisme français, ou tout au long de la période de l’indépendance et jusqu’à nos jours. La participation active des citoyens syriens d’ethnie kurde à la vie de la société syrienne s’est toujours déroulée sans fausse note comme en témoignent certains repères historiques hautement révélateurs.

      Il suffit de passer en revue la longue liste des leaders et des dirigeants syriens, d’ethnie kurde, pour réaliser à quel point fut décisive leur contribution à la défense de leur patrie syrienne et même à la promotion des thèses du nationalisme arabe. Oui, je dis bien du nationalisme arabe.

      Saviez-vous, Monsieur le président, que l’idéologue du nationalisme arabe moderne, le fameux Sati al Housri, était d’ethnie kurde ?...Lui qui a inspiré les diverses écoles du nationalisme arabe, lui qui fut intronisé par le monde politique et intellectuel comme le philosophe de référence du nationalisme arabe, lui qui a consacré des dizaines de ses ouvrages, en politique et en sociologie, à la défense de cette cause dont il était convaincu qu’elle représentait la seule planche du salut pour cette grande nation, brindille en diversité, fière de sa pluralité et constamment menacée par les puissances coloniales qui ne cessent de comploter pour sa dislocation et son anéantissement. Né à Sanaa, au Yémen, en 1880, de parents alépins, il fit sa carrière politico-éducative en Irak comme ministre de l’Éducation nationale, sous l’émir Fayçal 1er, avant de regagner la Syrie où il continua la lutte pour la réalisation de cet objectif.

      Saviez-vous que le grand symbole du patriotisme syrien, Youssef Al-Azmeh, était, lui aussi, d’ethnie kurde ? Lui, ministre syrien de la Défense, qui livra sur le champs de bataille de Maissaloun le dernier combat contre l’invasion française. C’était le 24 juillet 1920, il y a tout juste 95 ans. Lui qui avait décidé de sauver l’honneur de sa Patrie, savait que la bataille était perdue d’avance. À la tête d’un bataillon composé de 400 vaillants soldats syriens, dont la moitié étaient des volontaires, il choisit d’offrir à son peuple le sacrifice ultime. Le martyr de Youssef Al-Azmeh fut écrit en lettres de sang et de feu dans les annales de l’héroïsme. Et depuis, Maissaloun s’est transformé d’un simple bourg en un plateau de gloire. Son souvenir ne cesse d’animer le souffle du patriotisme syrien. De génération en génération se transmettent des chants en souvenir de ce repère solide de dévouement et de sacrifice dont la statue orne le centre de Damas.

      Et que dire de Mohamed Kurd Ali, ce kurde tcherkés qui fonda la l’Académie de langue arabe et en fut le président jusqu’à sa mort, en 1953. C’est à lui que l’on doit la pérennisation de notre langue, lui qui fut ministre de l’Éducation nationale de Syrie.

      Parallèlement à ces trois exemples qui en disent long sur la contribution, profonde et magistrale, des citoyens syriens d’ethnie kurde, à la formulation du concept laïque du nationalisme arabe et du patriotisme syrien, se dresse toute une panoplie de personnages illustres, de la même ethnie, qui ont marqué la vie publique en Syrie, à commencer par Ibrahim Hananou, le premier leader politique à rejoindre les rangs de la grande révolution patriotique de libération dirigée par Sultan Pacha el-Atrache contre l’occupation française. Des centaines de noms symboliques du monde politique, avec ses diverses composantes sociologiques, allant des vieilles familles féodales, telle la famille Barazi qui a donné plusieurs hommes d’État, jusqu’au chef très charismatique de la gauche syrienne Khaled Bagdache

      , qui fut pendant un demi siècle secrétaire général du Parti communiste, sans parler des étoiles du monde des arts, du spectacle, de la littérature, des forces armées, ainsi que dans le domaine religieux ou cheikh Ahmad Kaftarou et l’exégète Mohamed Saïd Ramadân al-Boutî ont marqué leur époque, le premier en conservant son poste de mufti de la République pendant plus de quarante ans, le second en occupant une place privilégiée dans le cénacle des oulémas avant d’être assassiné par les terroristes du Front Al-Nosra (al-Qaïda) au cœur même d’une mosquée.

      Monsieur le président,

      Permettez-moi de vous proposer, en toute objectivité, de demander à certains de vos amis syriens, s’ils savaient de quelle ethnie était l’un ou l’autre de ces personnages cités plus haut !...Vous risqueriez, Monsieur le président, de ne tomber sur aucune personne qui soit en mesure de vous donner la réponse exacte. Cette ignorance n’est pas due au fait qu’ils ont vendu leur pays, car on la rencontre aussi chez les citoyens syriens animés de patriotisme et de dévouement pour leur sainte Syrie, mais elle réside dans le fait que les critères communautaristes-tribaux sont absolument étrangers aux normes socio-patriotiques syriennes et n’y ont jamais eu droit de cité. Raison pour laquelle il n’existe aucune trace, dans les archives de la République arabe syrienne, d’un recensement de la population à base de critères communautaristes-tribaux. C’est précisément là ou l’on découvre l’âme syrienne dans sa splendeur, dans sa vérité. Car selon le dictionnaire patriotique syrien, ce genre d’artifice est malsain, hypocrite, ce n’est qu’un calcul macabre propre aux apprentis sorciers. Un artifice honteux, indigne des hommes libres. Il sert d’outil aux conspirations permanentes de l’impérialisme et de ses laquais.

      Depuis le début de cette guerre d’agression contre notre sainte Syrie, les vagues de fausses statistiques sur le nombre des membres de telle ou telle ethnie ou communauté religieuse ne cessent de se déferler à travers les médias dominants, avec pour objectif de fabriquer et d’attiser des contradictions ethniques et communautaristes tribales en vu de justifier les interventions de l’Otan. Vous n’êtes pas sans savoir que ces fausses statistiques émanent d’une source unique : la confrérie des Frères musulmans. Celle-ci brille dans l’artifice des calculs macabres, lesquels répondent à une constante historique chez les puissances coloniales, font partie du cadre général de leur fameuse « question d’Orient » et intensifient leur prurit belliqueux.

      Monsieur le président,

      Le simple fait d’ignorer toutes ces réalités ne pouvaient que vous conduire à l’impasse actuelle. Vous vous êtes lancé dans une entreprise guerrière dont vous n’êtes ni le commanditaire, ni le pilote, mais juste un sous-traitant. Cette entreprise a été décidée par le chef suprême de votre clan atlantiste. Il ne revient pas à vous de définir la trajectoire de cette guerre, ni sa finalité. Les rêves sultanesques sont irréalisables de nos jours. Ce qui étonne le plus chez vous, Monsieur le président, c’est votre totale ignorance du mécanisme de la stratégie ottomane, surtout en matière d’expansionnisme. Ce n’est pas en épousant les tactiques européennes, qui consistent à jouer la carte des conflits communautaires et sectaires, que vous pourriez faire revivre le sultanat. N’oubliez pas que ces tactiques avaient déjà sapé l’ordre ottoman. Je vous dirais même plus que ça ; Les Européens pourraient avoir recours à ce genre de tactique pour démanteler la Turquie actuelle. Ça ne pourrait pas être autrement puisque les projets de régionalisation, qui représentent un choix stratégique pour la haute hiérarchie de l’Union européenne, sape le centralisme des États-Nations en Europe au profit des instances fédérales dirigées par des groupes de technocrates non élus. Ceci étant, le projet européen auquel la Turquie espère adhérer aboutirait à la régionalisation de celle-ci de sorte que n’importe laquelle de ses régions serait en mesure de passer des accords, signer des pactes et, pourquoi pas, nouer des alliances avec d’autres régions d’Europe, ou même d’ailleurs, sans l’accord préalable du gouvernement turque.

      Monsieur le président,

      Les faux calculs ne pourront jamais être vertueux. Ils font miroiter des victoires virtuelles. À force d’adhérer aux tactiques occidentales, vous risqueriez de mettre votre propre pays à feu et à sang. Il me parait que vous n’avez aucune idée de l’effet boomerang dont les prémisses se font sentir et dont il est difficile d’endiguer les dégâts et les retombés sur la Turquie. Vous ne vous êtes pas rendu compte que vous êtes entrain de galoper à reculons. Vos alliés occidentaux se cachent derrière vous pour injecter leurs escadrons de la mort en territoire syrien, sans oublier de dénoncer votre connivence totale avec l’organisation Daech surtout dans la guerre que vous menez contre les citoyens syriens d’ethnie kurde. Par la force des choses, votre boulimie géographique tourne à l’anorexie. « Il n’y a que la certitude qui tue, pas le doute », disait Friedrich Nietzsche.

      Aujourd’hui, Monsieur le président de la République de Turquie, alors que vos escadrons de la mort, Al-Qaïda et ses dérivés, al-Nosra/Daech et compagnie, exécutent toute sorte de massacres et de vandalisme contre le peuple de la sainte Syrie, détruisant son prestigieux patrimoine, culturel et cultuel, selon le plan défini par l’Otan et sa base militaire régionale, Israel, vous pourriez entendre dans les rues des villes, des villages, à travers les plaines, les vallées et les montagnes de la sainte Syrie, meurtrie par cette barbarie politiquement correcte, les échos des chants dédiés à la gloire de Maissaloun et qui font des clins d’œil aux « blessures  » évoquées par Choukri al-Kouatli :

      « À chaque pas de notre traversée nous nous souvenons de Maissaloun

      Et de la terre de Palestine, nous écoutons les appels au secours venus d’Alexandrette.

      Patience chère Patrie… patience

      Nul ne pourra te séparer de nous

      Nul ne pourra nous séparer de toi

      Tu es et tu resteras l’artère dans laquelle coule notre sang

      Tu resteras notre chère Patrie, notre mère Patrie, notre sainte Patrie

      Tu resteras Souriana. »

      Monsieur le président,

      Je ne saurai terminer cette lettre qu’en adressant mes respectueux hommages aux martyrs de la sainte Syrie, aux enfants, aux femmes et aux vieillards, à tous les innocents massacrés par vos organisations terroristes.

      Hassan Hamadé

      [1] Un printemps arabe, par Jacques Benoist-Méchin, Albin Michel, 1959, p. 314.


    • Analis 1er septembre 2015 11:17

      Un autre entretien où Meyssan explique comment, en dépit de ses multiples tergiversations sans mentionner les innombrables interférences états-uniennes, françaises, britanniques, séoudiennes, turques, qatariennes etc..., la politique d’Obama au sujet de la Syrie, de l’Irak, de l’Iran, du Yémen et d’Israël (et de l’Ukraine !) s’insère bien dans une stratégie de maintien de ce qu’il est possible de suprématie dans une perspective de déclin :

      http://www.voltairenet.org/article188259.html

       :: :: :: :: :: :: :: :: :: :: :: :: :: :: :: :: :: :: :: :: :: :: :: :: :: :: :: :: :: :: :: :: :: :: :: :: :: :: :: :: :: :: :: :: :

      Entretien avec Geopolitika

      Après l’accord États-Unis/Iran, le monde se réorganise

      par Slobodan Eric, Thierry Meyssan

      En juillet, le mensuel politique serbe de référence, Geopolitika, a interviewé Thierry Meyssan sur la situation dans les Balkans et au Proche-Orient. Nous reproduisons ici cet entretien avec des notes sur les dernières évolutions. Pour l’analyste, les relations internationales sont dominées par la volonté états-unienne de garder le contrôle économique global et d’empêcher l’émergence de nouveaux rivaux, la Russie, la Chine et l’Union européenne. L’affrontement se joue à la fois au Proche-Orient et en Ukraine. Le basculement de l’Iran, d’une position révolutionnaire et anti-impérialiste à une position nationaliste et à une ambition d’influence régionale, redistribue toutes les cartes.

      Réseau Voltaire | Belgrade (Serbie) | 14 août 2015

      Geopolitika : Monsieur Meyssan, la Serbie et le Sud-Est de l’Europe en général, ont été « inondés » par la vague des immigrants. S’agit-il d’un processus spontané ou est-ce que quelqu’un serait intéressé par le déplacement d’une partie importante de la population du Proche-Orient, d’Afghanistan et d’autres pays vers le vieux continent ? Est-ce qu’il y a quelqu’un qui voudrait priver le président el-Assad du soutien de son peuple en encourageant les migrations depuis la Syrie ?

      Thierry Meyssan : Personne n’avait prévu l’ampleur de la vague de migrants actuelle. Ils proviennent principalement de Syrie, d’Afghanistan et de la Corne de l’Afrique. Contrairement à ce que prétendent les politiciens occidentaux, il ne s’agit ni de gens à la recherche du niveau de vie européen, ni de personnes qui tenteraient d’échapper à des régimes dictatoriaux. Ce sont simplement des êtres humains qui fuient les combats car leur pays est en guerre, généralement du fait des politiques occidentales.

      Les politiciens européens n’ont toujours pas compris que cette migration est la conséquence de la stratégie états-unienne depuis 2001. Washington ne cherche plus à prendre le contrôle d’États, mais à détruire les États et à imposer un chaos dans lequel rien ne peut s’organiser sans leur volonté. C’est la théorie du philosophe Leo Strauss qui a formé de nombreux responsables du secrétariat à la Défense.

      Cependant il est désormais évident pour les États-uniens que si le chaos sert localement leurs intérêts, il ne peut être contrôlé et tend à s’étendre. Les migrants sont désormais si nombreux qu’ils peuvent déstabiliser des États que Washington imaginait stables. Il semble que l’administration Obama vienne de modifier ses choix : abandonner la théorie du chaos et revenir à la confrontation classique de la Guerre froide. C’est en tous cas ainsi que j’interprète à la fois la nomination du nouveau stratège du secrétariat à la Défense, James H. Baker, la publication de la nouvelle Military Strategy par Ashton Carter, et les déclarations du prochain chef d’état-major interarmes, le général Joseph Dunford.

      Nous devrions donc voir, dans les années à venir, ce flux migratoire s’atténuer. Mais il faudra au moins deux ans pour que les populations réagissent à ce changement de stratégie. La crise actuelle va donc d’abord s’amplifier avant de se résoudre lentement.

      Geopolitika : Deutsche Welle et d’autres médias occidentaux annoncent avec malveillance la chute prochaine du régime en Syrie. Quelle est votre opinion sur la situation au front, qui est en train de devenir vraiment compliquée ? Comment aider l’armée syrienne, bien sûr, avant tout de façon militaire ? Est-ce que la Syrie peut toujours compter sur le soutien de la Russie pour l’armement, et sur l’aide de l’Iran, l’Irak et le Liban en ce qui concerne le personnel ?

      Thierry Meyssan : Les médias occidentaux prennent les rêves israéliens pour une réalité. Cela fait quatre ans qu’ils nous annoncent chaque semaine la chute imminente du « régime ». En fait, la situation a été critique à la mi-2012, mais est parfaitement contrôlée aujourd’hui.

      Sur 23 millions de Syriens, 3 à 4 millions sont réfugiés à l’étranger, 18 à 19 millions soutiennent la République arabe syrienne et environ 500 000 soutiennent les jihadistes. Les médias occidentaux masquent cette réalité en publiant des cartes absurdes sur les « zones libérées  » par les jihadistes. Or, l’Armée arabe syrienne a prit le parti de ne sécuriser que les villes et d’abandonner les déserts, qui représentent plus de la moitié du territoire. De son côté, l’Émirat islamique tient 3 villes et des routes à travers le désert. Les médias occidentaux font semblant de croire qu’il contrôle tout le désert. C’est simplement ridicule.

      La guerre a déjà été gagnée. Les événements actuels se poursuivront néanmoins tant que l’on fournira des mercenaires, de l’argent et des armes aux jihadistes. Ce qui logiquement devrait cesser après la signature de l’accord bilatéral secret entre les États-unis et l’Iran, parallèlement à l’accord multilatéral sur le nucléaire des 5+1.

      Concernant les alliances, pour beaucoup d’habitants du Proche-Orient, la partition de la Syrie historique par les Britanniques et les Français en 1916 (accords Sykes-Picot) a créé des États, mais n’a pas changé les peuples. Beaucoup de Libanais considèrent qu’ils forment un seul peuple avec les Syriens. Et ce sentiment existe, dans une moindre mesure, en Jordanie et en Palestine. Lorsque le Hezbollah est venu se battre en Syrie, il a affirmé intervenir non pas pour protéger la Syrie, mais le Liban. On voit bien aujourd’hui qu’il avait raison  : si le Hezbollah n’avait pas sécurisé la frontière syro-libanaise du côté syrien, le Liban serait aujourd’hui ravagé par la guerre.

      La Russie, quant à elle, a toujours protégé la Syrie lorsque son existence était menacée, et elle continuera de le faire. Mais il serait naïf de croire que Moscou fera plus. Elle a soutenue la Syrie —comme la Novorossia— au Conseil de sécurité, mais n’est pas intervenue directement dans les combats —ni en Syrie, ni en Novorossia—. Elle a même refusé de fournir des armes essentielles comme des images satellitaires ou des détecteurs de tunnels [1]

      L’Iran a changé au cours de cette guerre. Au départ, à l’époque de Mahmoud Ahmadinejad, les Iraniens étaient prêts à mourir pour leur idéal anti-impérialiste. Aujourd’hui, avec cheik Hassan Rohani, ils pensent à intégrer le commerce international et à étendre leur zone d’influence. Téhéran va donc continuer à soutenir Damas, mais il est vital pour la Syrie de se trouver de nouveaux alliés au risque d’être bientôt dominée par les Perses.

      Geopolitika : Quelle est la vérité sur l’État islamique, qui commet de crimes épouvantables ? Les forces états-uniennes soutiennent qu’elles bombardent les positions de Daesh, mais de l’autre côté, qui a aidé à ce qu’une telle formation militaire et para-étatique monstrueuse naisse, et qui a conquis des parties importantes de plusieurs États ? Qui leur a donné des armes, fourni la logistique…  ?

      Thierry Meyssan : L’État islamique est un projet des États-Unis qui a trop bien marché et les encombre désormais. Au départ, il s’agissait de partitionner l’Irak en créant à la fois un Sunnistan (l’actuel Califat) et un Kurdistan (qui ne verra finalement pas le jour), conformément à la carte de Robin Wright publiée par le New York Times en 2013. Ces nouveaux États auraient coupé la ligne de communication entre l’Iran d’un côté, la Syrie, le Liban et le Palestine de l’autre. Pour les créer, il fallait séparer les populations comme cela a été fait en Yougoslavie. Or, ceci étant un crime contre l’humanité ne pouvait être fait par l’armée US. D’où le recours à une organisation non-étatique, l’Émirat islamique.

      Nous disposons d’une documentation, certes incomplète mais déjà suffisante, pour conclure que l’Émirat islamique a été créé, sous sa forme actuelle, par Washington avec un financement saoudien et une aide israélienne. Cependant, aujourd’hui les États-unis ne savent plus comment traiter cette organisation qui s’est tant développée et dont le commandement est désormais assuré par la Turquie.

      L’Émirat islamique se réclame d’une idéologie takfiriste, c’est-à-dire qu’il se réfère à un penseur des Frères musulmans, Moustafa Choukri, et anathémise tous ceux qui ne partagent pas son interprétation sectaire de l’islam. Sa stratégie a été définie dans un ouvrage publié en 2004, Le Management de la sauvagerie ; un livre signé sous pseudonyme et dont la structure intellectuelle est clairement occidentale.

      Lors de sa création, en 2006, il s’agissait d’une organisation tribale composée de six tribus sunnites irakiennes et des combattants libyens d’al-Qaïda en Irak. L’Émirat islamique incorpore depuis sa réorganisation, en mai 2014, d’anciens officiers de Saddam Hussein, liés à l’Arabie saoudite, qui avaient soutenu la tentative de coup d’État des Frères musulmans en 1982 en Syrie. Mais son organisation rappelle celle des Moujahidines du peuple, une secte iranienne qui s’était réfugiée en Irak et que Saddam Hussein utilisait pour accomplir ses basses œuvres.

      Geopolitika : Vous considérez les accords nucléaires entre les États Unis et l’Iran comme une tentative d’un accord plus large entre Téhéran et Washington. Quelles en seront les conséquences pour le Proche-Orient ?

      Thierry Meyssan : En signant cet accord, la République islamique d’Iran a cessé d’être ce que signifie son nom. Selon l’imam Khomeiny, «  islamique » désignait à la fois la religion musulmane et la lutte pour la justice, c’est-à-dire contre l’impérialisme. Désormais, l’Iran récupère le rôle qu’elle jouait à l’époque du Shah, celui de gendarme régional pour le compte de Washington. «  Islamique » ne désigne plus que la religion musulmane.

      D’un côté, c’est une bonne nouvelle pour les populations car cela devrait permettre un cessez-le-feu pour les dix prochaines années. D’un autre, c’est une catastrophe parce que cette paix est injuste et que ceux qui combattent l’injustice sont désormais seuls.

      Geopolitika : Votre article sur la coopération secrète entre l’Arabie Saoudite et Israël est très intrigant. Quel est l’objet de cette coopération, et dans une sphère conspiratrice, où se rencontrent les intérêts de ces deux grands adversaires ?

      Thierry Meyssan : Israël et l’Arabie saoudite ne sont plus des adversaires, mais déjà des alliés militaires. Ils ont réalisé ensemble l’attaque du Yémen. L’état-major de la Force arabe commune n’est pas à Riyad, mais à Hargeisa, au Somaliland. Cet État non-reconnu, situé en Afrique à côté de Djibouti, est une colonie israélienne. Les bombardiers saoudiens sont principalement pilotés par des soldats israéliens. Et Israël a même fourni une bombe à neutrons qui a tué de nombreux yéménites dans un silence assourdissant de la «  communauté internationale ».

      En vertu de la National Security Strategy de Barack Obama, la sécurité d’Israël, une fois opéré le retrait des troupes états-uniennes du Proche-Orient et leur transfert en Extrême-Orient, sera assurée par la « Force arabe commune », sous les auspices de la Ligue arabe, mais sous commandement israélien.

      La collaboration entre Tel-Aviv et Riyad se poursuivra dans la décennie à venir avec l’exploitation du champ pétrolier de Rub al-Khali, principalement situé au Yémen, puis avec celui d’Ogaden, en Éthiopie. Dans cette perspective, le Saudi Bin Laden Group devrait construire un grand pont au dessus du détroit de Bab el-Mandeb, reliant Aden à Djibouti.

       :: :: :: :: :: :: :: :: :: :: :: :: :: :: :: :: :: :: :: :: :: :: :: :: :: :: :: :: :: :: :: :: :: :: :: :: :: :: :: :: :: :: :: :: :: :

      à suivre >


    • Analis 1er septembre 2015 11:24

      suite >

       :: :: :: :: :: :: :: :: :: :: :: :: :: :: :: :: :: :: :: :: :: :: :: :: :: :: :: :: :: :: :: :: :: :: :: :: :: :: :: :

      Geopolitika : Est-ce que le général Sissi et son armée résistent avec succès en Égypte et est-ce que la coalition britannique-US-qatari, qui en fait soutient les frères Musulmans, a subi une défaite dans la vallée du Nil ?

      Thierry Meyssan : Le projet visant à placer au pouvoir, partout dans le monde arabe, la société secrète des Frères musulmans a échoué. Ils ont perdu l’Égypte et la Tunisie, ne parviennent pas à s’imposer en Libye, ont été balayés en Syrie et ont échoué à perpétrer un coup d’État en Arabie saoudite.

      Au départ soutenus par le Qatar, ils le sont aujourd’hui par la Turquie. Le parcours de Khaled Mechaad est à ce sujet tout un symbole. Ce leader du Hamas incarnait la Résistance à Israël après que Tel-Aviv ait corrompu des dirigeants du Fateh et soit parvenu à ce qu’ils empoisonnent Yasser Arafat. Mechaal était réfugié en Syrie et y disposait d’un soutien sans faille. En 2012, considérant que le vent tournait et que les Frères allait l’emporter avec l’aide états-unienne, il a quitté Damas pour s’installer chez un des ennemis de la Syrie, le Qatar. Il a fait du Hamas la branche palestinienne des Frères et s’est allié à la fois à Al-Qaïda et aux Israéliens pour prendre le camp palestinien de Yarmouk, dans la banlieue de Damas, et assassiner les dirigeants palestiniens des autres factions dans le camp. Il a perdu. Aujourd’hui, il passe l’essentiel de son temps en Turquie et tente de se faire oublier. Sa trahison est un drame pour les Palestiniens.

      Le général Abdel Fattah al-Sissi n’est pas libre. Son pays est économiquement ruiné et, pour nourrir sa population, il a besoin de l’aide saoudienne. Il est donc contraint de participer à la guerre au Yémen dans un camp qui n’est pas le sien. Et il ne peut venir aider la Syrie.

      Geopolitika : En décembre vous avez annoncé la chute du président turque omnipotent, Tayyip Erdogan, en publiant des faits choquants de sa biographie… Quelle est la relation entre l’AKP turc et les Frères musulmans ? Que s’est-il vraiment passé après le mystérieux attentat contre le prince saoudien, Bandar ben Sultan ?

      Thierry Meyssan : Recep Tayyip Erdoğan n’est pas un politicien, mais un ex-petit délinquant qui a réussi en politique. Il n’a pas de stratégie, juste un rêve —celui de créer un nouvel empire turc— et un grand sens de l’opportunité.

      Après avoir laissé l’ambassade états-unienne gouverner son pays durant des années, il s’est laissé embarquer dans la guerre contre la Libye, bien que ce pays ait été un important partenaire économique de la Turquie. Puis, il a profité de la disparition du prince saoudien Bandar ben Sultan pour s’approprier les réseaux jihadistes internationaux. Bandar a été hospitalisé durant plus d’un an, suite à ses blessures après l’attentat en rétorsion de l’assassinat des membres du Conseil national syrien de sécurité. De même, il a profité de l’abdication de l’émir de Qatar pour récupérer la supervision des Frères musulmans. De sorte qu’il est aujourd’hui à la fois le parrain de la Confrérie secrète et le véritable chef de l’Émirat islamique.

      Enivré par son succès, il s’est emparé du gazoduc Turkish Stream lorsque Vladimir Poutine est venu lui proposer de le construire, en décembre dernier. C’est évidemment une grave erreur car, ce faisant, il est devenu le partenaire économique privilégié de la Russie tout en étant, via l’Otan, un partenaire militaire des États-Unis. C’est pourquoi j’ai immédiatement pronostiqué sa défaite. Effectivement, l’ambassade des États-Unis a réorganisé son opposition et il a perdu les élections. Soit il fait amende honorable —ce qui va lui coûter cher—, soit il devra partir [2].

      Geopolitika : Que pensez-vous de la situation en Ukraine, qui est devenue la raison pour une confrontation de plus en plus importante entre la Russie et l’Occident (les États-Unis et l’UE) ? Que pensez-vous de la politique de la Russie, sur le plan national et international, envers le monde, surtout concernant les sanctions que l’Occident a imposées à Moscou ? Beaucoup pensent que l’Ukraine est la vengeance des États Unis contre la Russie à propos de la Syrie.

      Thierry Meyssan : Les États-Unis n’ont que faire de l’Ukraine, un pays ruiné et corrompu. Ils n’ont jamais souhaité qu’elle intègre l’Union européenne. Ils ont organisé la mise en scène de la place Maïdan non pas pour placer Petro Poroshenko au pouvoir, mais pour détruire l’État. Ce qu’ils sont parvenus à faire. La situation actuelle au Donbass et à Donetsk leur convient parfaitement.

      La destruction de l’État ukrainien, comme celle de l’État irakien, correspond à leur grande stratégie : conserver leur supériorité mondiale en empêchant l’Union européenne, la Russie et la Chine de les concurrencer. Pour ce faire, premièrement, ils contrôlent les «  espaces communs » —les océans, l’air, et le cyberespace—, et, deuxièmement, ils coupent les possibles routes continentales. Détruire l’État irakien, c’est couper la « route de la soie » reliant la Chine à la Méditerranée. Détruire l’État ukrainien, c’est couper le projet de corridor Pékin-Berlin pour lequel la Chine vient de créer la gigantesque Banque asiatique d’investissement pour les infrastructures (AIIB).

      Certes, l’unification de la Crimée et de la Russie est un mauvais coup pour Washington, mais il sera toujours possible de fermer le Bosphore et les Dardanelles. Cela ne change rien à l’échelle globale.

      Geopolitika : La Grande-Bretagne et d’autres pays occidentaux ont essayé de faire passer à l’ONU une résolution sur Srebrenica, qui est directement dirigée contre la Serbie et les Serbes de Bosnie et d’Herzégovine, ce que la Russie a empêché par un veto. Que pensez-vous de la situation dans les Balkans, surtout en Macédoine, et pourquoi est-ce que la Serbie est toujours la cible de pressions sans fin, même si tous les gouvernements de Belgrade, après le coup d’État de 2000 et la suppression de Slobodan Milošević, ont énormément cédé aux demandes de l’Occident ?

      Thierry Meyssan : Les Occidentaux sont spécialistes dans la réécriture de l’Histoire. Le massacre de Srebrenica est sans aucun doute un génocide, mais ce ne sont pas les Serbes qui ont débuté le nettoyage ethnique en Yougoslavie. Dans un monde normal, nous devrions condamner les individus croates, bosniaques, serbes, qui ont commis des génocides. Encore devrions-nous leur reconnaître, à tous, des circonstances atténuantes. Car la folie qui s’est emparée de la Yougoslavie lui a été inoculée par les États-Unis. À l’époque, le département de la Défense considérait ce pays comme un « laboratoire » où il pourrait expérimenter la possibilité de créer ex nihilo une guerre civile. La résolution qui a échoué au Conseil de sécurité montre, qu’une fois de plus, les Occidentaux ne veulent condamner que les Serbes, parce qu’ils sont orthodoxes et culturellement proches de la Russie.

      Quoi qu’il en soit, ceci n’est pas la priorité de Washington. Aujourd’hui ce qui fait agir les États-Unis dans les Balkans, ce sont les projets russes de gazoduc. C’est pour s’y opposer que le général David Petraeus a investi dans la presse serbe, que la présidente croate Kolinda Grabar-Kitarović soutient l’indépendance de la Voïvodine et que la CIA a tenté d’organiser un coup d’État en Macédoine.

      En outre, les Balkans sont toujours la seule base terroriste en Europe. Au début de la guerre contre la Syrie, la Turquie a organisé au Kosovo la formation de jihadistes d’Al-Qaïda. Actuellement, Daesh dispose de camps d’entrainement en Bosnie, à Gornja Maoča, Ošve et Dubnica.

      Geopolitika : Que pensez-vous de la présence au Proche-Orient de votre patrie, la France, dont la politique, au début de la guerre en Syrie, s’est beaucoup distinguée dans le soutien aux « rebelles » ? Est-ce que la politique des affaires extérieures de la France concernant le Proche-Orient et l’Europe a commencé à s’améliorer, à avoir sa propre identité et à se rapprocher de la tradition diplomatique qu’avait dans l’histoire la République française ?

      Thierry Meyssan : Malheureusement, la politique de Nicolas Sarkozy et de François Hollande répond aux intérêts d’un petit clan capitaliste français qui reste dans l’ombre. Ce sont ces gens qui ont poussé aux interventions militaires en Côte d’Ivoire, en Libye, en Syrie, au Mali et en Centrafrique. Les Français constatent que les deux présidents ont conduit exactement la même politique, que ce soit à l’extérieur ou à l’intérieur, pour la Défense ou pour l’Économie. Mais ils n’ont toujours pas compris qui tirait les ficelles.

      Il existe pourtant des hauts-fonctionnaires, comme le secrétaire général de l’Élysée Jean-Pierre Jouyet, ou comme le chef d’état-major personnel du président, le général Benoît Puga, qui sont restés aux commandes malgré le vote populaire et le passage des « Républicains » aux «  Socialistes ». De même, les deux présidents ont dans leur cercle le plus intime des amis communs, comme le comte Henri de Castries, président des assurances AXA et du Groupe de Bilderberg.

      Ce sont ces gens, et non pas les partis politiques, qui font la politique de la France contre les Français. Au XIXème siècle, nous avions connu une situation comparable avec un groupuscule de grands patrons, d’hommes politiques et de militaires, mêlant personnalités de droite et de gauche, qui se faisait appeler « le parti de la colonisation ». Après avoir pressuré la classe ouvrière, ils sont partis à l’assaut de l’Afrique du Nord, de la Chine… et de la Syrie.

      Geopolitika : Enfin, Monsieur Meyssan, on ne peut pas résister, en sachant les connaissances et la perspicacité que vous possédez, à vous demander ce que vous pensez du référendum en Grèce et le destin des négociations entre Athènes et Bruxelles sur les finances de la dette grecque.

      Thierry Meyssan : Les Grecs n’avaient pas le choix. Les Traités les empêchaient de quitter l’euro sans quitter l’Union européenne, et les États-Unis leur interdisaient de quitter cette dernière. Chacun se souvient du coup d’État de 1967 et de celui de 1974 à Chypre.

      Le gouvernement Tsípras a donc d’abord obtenu une très large majorité pour rejeter le plan de la Troïka, puis a accepté ce même plan en échange d’une aide de 83 milliards d’euros négociée pour lui par les États-Unis.

      L’opinion publique n’y comprends rien, mais Aléxis Tsípras ne pouvait pas faire mieux. La Grèce a été écrasée par ses partenaires européens qui ont tellement peur de se retrouver libres —je veux dire de se retrouver sans le carcan de l’Union européenne— qu’ils acceptent tout et n’importe quoi de l’Allemagne. En l’occurrence, le gouvernement Merkel défend les principes du capitalisme global actuel. Il exploite de manière insensée sa classe ouvrière, dont le pouvoir d’achat a reculé, et agit maintenant sans se préoccuper des conséquences humaines pour la Grèce.

      Geopolitika : Merci beaucoup pour cet entretien et votre temps.

      Slobodan Eric

      Thierry Meyssan

      Traduction

      Svetlana Maksovic

      Source

      Geopolitika (Serbie)

       :: :: :: :: :: :: :: :: :: :: :: :: :: :: :: :: :: :: :: :: :: :: :: :: :: :: :: :: :: :: :: :: :: :: :: :: :: :: :: :: :: :: ::

      Il ne faut pas vraiment s’étonner du caractère apparemment contradictoire de certains agissements d’Obama ces derniers mois. Outre l’existence de sérieuses divergences entre certains éléments du Pentagone et lui, le fait qu’il continuait d’apporter un appui indirect à Daech tout en négociant un accord avec l’Iran au détriment de l’Arabie Séoudite (avec laquelle les relations sont au plus bas, en dépit d’une coopération minimale sur le Yémen), alors que logiquement cela aurait du se trahir par un abandon complet de l’EI, s’expliquait sans doute par une volonté cynique de conserver un moyen de pression sur ces deux parties tant qu’il n’avait pas obtenu cet accord. La France, de son côté, ne fait que se ridiculiser un peu plus.


  • Analis 1er septembre 2015 11:18

    suite >

     :: :: :: :: :: :: :: :: :: :: :: :: :: :: :: :: :: :: :: :: :: :: :: :: :: :: :: :: :: :: :: :: :: :: :: :: :: :: :: :

    Geopolitika : Est-ce que le général Sissi et son armée résistent avec succès en Égypte et est-ce que la coalition britannique-US-qatari, qui en fait soutient les frères Musulmans, a subi une défaite dans la vallée du Nil ?

    Thierry Meyssan : Le projet visant à placer au pouvoir, partout dans le monde arabe, la société secrète des Frères musulmans a échoué. Ils ont perdu l’Égypte et la Tunisie, ne parviennent pas à s’imposer en Libye, ont été balayés en Syrie et ont échoué à perpétrer un coup d’État en Arabie saoudite.

    Au départ soutenus par le Qatar, ils le sont aujourd’hui par la Turquie. Le parcours de Khaled Mechaad est à ce sujet tout un symbole. Ce leader du Hamas incarnait la Résistance à Israël après que Tel-Aviv ait corrompu des dirigeants du Fateh et soit parvenu à ce qu’ils empoisonnent Yasser Arafat. Mechaal était réfugié en Syrie et y disposait d’un soutien sans faille. En 2012, considérant que le vent tournait et que les Frères allait l’emporter avec l’aide états-unienne, il a quitté Damas pour s’installer chez un des ennemis de la Syrie, le Qatar. Il a fait du Hamas la branche palestinienne des Frères et s’est allié à la fois à Al-Qaïda et aux Israéliens pour prendre le camp palestinien de Yarmouk, dans la banlieue de Damas, et assassiner les dirigeants palestiniens des autres factions dans le camp. Il a perdu. Aujourd’hui, il passe l’essentiel de son temps en Turquie et tente de se faire oublier. Sa trahison est un drame pour les Palestiniens.

    Le général Abdel Fattah al-Sissi n’est pas libre. Son pays est économiquement ruiné et, pour nourrir sa population, il a besoin de l’aide saoudienne. Il est donc contraint de participer à la guerre au Yémen dans un camp qui n’est pas le sien. Et il ne peut venir aider la Syrie.

    Geopolitika : En décembre vous avez annoncé la chute du président turque omnipotent, Tayyip Erdogan, en publiant des faits choquants de sa biographie… Quelle est la relation entre l’AKP turc et les Frères musulmans ? Que s’est-il vraiment passé après le mystérieux attentat contre le prince saoudien, Bandar ben Sultan ?

    Thierry Meyssan : Recep Tayyip Erdoğan n’est pas un politicien, mais un ex-petit délinquant qui a réussi en politique. Il n’a pas de stratégie, juste un rêve —celui de créer un nouvel empire turc— et un grand sens de l’opportunité.

    Après avoir laissé l’ambassade états-unienne gouverner son pays durant des années, il s’est laissé embarquer dans la guerre contre la Libye, bien que ce pays ait été un important partenaire économique de la Turquie. Puis, il a profité de la disparition du prince saoudien Bandar ben Sultan pour s’approprier les réseaux jihadistes internationaux. Bandar a été hospitalisé durant plus d’un an, suite à ses blessures après l’attentat en rétorsion de l’assassinat des membres du Conseil national syrien de sécurité. De même, il a profité de l’abdication de l’émir de Qatar pour récupérer la supervision des Frères musulmans. De sorte qu’il est aujourd’hui à la fois le parrain de la Confrérie secrète et le véritable chef de l’Émirat islamique.

    Enivré par son succès, il s’est emparé du gazoduc Turkish Stream lorsque Vladimir Poutine est venu lui proposer de le construire, en décembre dernier. C’est évidemment une grave erreur car, ce faisant, il est devenu le partenaire économique privilégié de la Russie tout en étant, via l’Otan, un partenaire militaire des États-Unis. C’est pourquoi j’ai immédiatement pronostiqué sa défaite. Effectivement, l’ambassade des États-Unis a réorganisé son opposition et il a perdu les élections. Soit il fait amende honorable —ce qui va lui coûter cher—, soit il devra partir [2].

    Geopolitika : Que pensez-vous de la situation en Ukraine, qui est devenue la raison pour une confrontation de plus en plus importante entre la Russie et l’Occident (les États-Unis et l’UE) ? Que pensez-vous de la politique de la Russie, sur le plan national et international, envers le monde, surtout concernant les sanctions que l’Occident a imposées à Moscou ? Beaucoup pensent que l’Ukraine est la vengeance des États Unis contre la Russie à propos de la Syrie.

    Thierry Meyssan : Les États-Unis n’ont que faire de l’Ukraine, un pays ruiné et corrompu. Ils n’ont jamais souhaité qu’elle intègre l’Union européenne. Ils ont organisé la mise en scène de la place Maïdan non pas pour placer Petro Poroshenko au pouvoir, mais pour détruire l’État. Ce qu’ils sont parvenus à faire. La situation actuelle au Donbass et à Donetsk leur convient parfaitement.

    La destruction de l’État ukrainien, comme celle de l’État irakien, correspond à leur grande stratégie : conserver leur supériorité mondiale en empêchant l’Union européenne, la Russie et la Chine de les concurrencer. Pour ce faire, premièrement, ils contrôlent les «  espaces communs » —les océans, l’air, et le cyberespace—, et, deuxièmement, ils coupent les possibles routes continentales. Détruire l’État irakien, c’est couper la « route de la soie » reliant la Chine à la Méditerranée. Détruire l’État ukrainien, c’est couper le projet de corridor Pékin-Berlin pour lequel la Chine vient de créer la gigantesque Banque asiatique d’investissement pour les infrastructures (AIIB).

    Certes, l’unification de la Crimée et de la Russie est un mauvais coup pour Washington, mais il sera toujours possible de fermer le Bosphore et les Dardanelles. Cela ne change rien à l’échelle globale.

    Geopolitika : La Grande-Bretagne et d’autres pays occidentaux ont essayé de faire passer à l’ONU une résolution sur Srebrenica, qui est directement dirigée contre la Serbie et les Serbes de Bosnie et d’Herzégovine, ce que la Russie a empêché par un veto. Que pensez-vous de la situation dans les Balkans, surtout en Macédoine, et pourquoi est-ce que la Serbie est toujours la cible de pressions sans fin, même si tous les gouvernements de Belgrade, après le coup d’État de 2000 et la suppression de Slobodan Milošević, ont énormément cédé aux demandes de l’Occident ?

    Thierry Meyssan : Les Occidentaux sont spécialistes dans la réécriture de l’Histoire. Le massacre de Srebrenica est sans aucun doute un génocide, mais ce ne sont pas les Serbes qui ont débuté le nettoyage ethnique en Yougoslavie. Dans un monde normal, nous devrions condamner les individus croates, bosniaques, serbes, qui ont commis des génocides. Encore devrions-nous leur reconnaître, à tous, des circonstances atténuantes. Car la folie qui s’est emparée de la Yougoslavie lui a été inoculée par les États-Unis. À l’époque, le département de la Défense considérait ce pays comme un « laboratoire » où il pourrait expérimenter la possibilité de créer ex nihilo une guerre civile. La résolution qui a échoué au Conseil de sécurité montre, qu’une fois de plus, les Occidentaux ne veulent condamner que les Serbes, parce qu’ils sont orthodoxes et culturellement proches de la Russie.

    Quoi qu’il en soit, ceci n’est pas la priorité de Washington. Aujourd’hui ce qui fait agir les États-Unis dans les Balkans, ce sont les projets russes de gazoduc. C’est pour s’y opposer que le général David Petraeus a investi dans la presse serbe, que la présidente croate Kolinda Grabar-Kitarović soutient l’indépendance de la Voïvodine et que la CIA a tenté d’organiser un coup d’État en Macédoine.

    En outre, les Balkans sont toujours la seule base terroriste en Europe. Au début de la guerre contre la Syrie, la Turquie a organisé au Kosovo la formation de jihadistes d’Al-Qaïda. Actuellement, Daesh dispose de camps d’entrainement en Bosnie, à Gornja Maoča, Ošve et Dubnica.

    Geopolitika : Que pensez-vous de la présence au Proche-Orient de votre patrie, la France, dont la politique, au début de la guerre en Syrie, s’est beaucoup distinguée dans le soutien aux « rebelles » ? Est-ce que la politique des affaires extérieures de la France concernant le Proche-Orient et l’Europe a commencé à s’améliorer, à avoir sa propre identité et à se rapprocher de la tradition diplomatique qu’avait dans l’histoire la République française ?

    Thierry Meyssan : Malheureusement, la politique de Nicolas Sarkozy et de François Hollande répond aux intérêts d’un petit clan capitaliste français qui reste dans l’ombre. Ce sont ces gens qui ont poussé aux interventions militaires en Côte d’Ivoire, en Libye, en Syrie, au Mali et en Centrafrique. Les Français constatent que les deux présidents ont conduit exactement la même politique, que ce soit à l’extérieur ou à l’intérieur, pour la Défense ou pour l’Économie. Mais ils n’ont toujours pas compris qui tirait les ficelles.

    Il existe pourtant des hauts-fonctionnaires, comme le secrétaire général de l’Élysée Jean-Pierre Jouyet, ou comme le chef d’état-major personnel du président, le général Benoît Puga, qui sont restés aux commandes malgré le vote populaire et le passage des « Républicains » aux «  Socialistes ». De même, les deux présidents ont dans leur cercle le plus intime des amis communs, comme le comte Henri de Castries, président des assurances AXA et du Groupe de Bilderberg.

    Ce sont ces gens, et non pas les partis politiques, qui font la politique de la France contre les Français. Au XIXème siècle, nous avions connu une situation comparable avec un groupuscule de grands patrons, d’hommes politiques et de militaires, mêlant personnalités de droite et de gauche, qui se faisait appeler « le parti de la colonisation ». Après avoir pressuré la classe ouvrière, ils sont partis à l’assaut de l’Afrique du Nord, de la Chine… et de la Syrie.

    Geopolitika : Enfin, Monsieur Meyssan, on ne peut pas résister, en sachant les connaissances et la perspicacité que vous possédez, à vous demander ce que vous pensez du référendum en Grèce et le destin des négociations entre Athènes et Bruxelles sur les finances de la dette grecque.

    Thierry Meyssan : Les Grecs n’avaient pas le choix. Les Traités les empêchaient de quitter l’euro sans quitter l’Union européenne, et les États-Unis leur interdisaient de quitter cette dernière. Chacun se souvient du coup d’État de 1967 et de celui de 1974 à Chypre.

    Le gouvernement Tsípras a donc d’abord obtenu une très large majorité pour rejeter le plan de la Troïka, puis a accepté ce même plan en échange d’une aide de 83 milliards d’euros négociée pour lui par les États-Unis.

    L’opinion publique n’y comprends rien, mais Aléxis Tsípras ne pouvait pas faire mieux. La Grèce a été écrasée par ses partenaires européens qui ont tellement peur de se retrouver libres —je veux dire de se retrouver sans le carcan de l’Union européenne— qu’ils acceptent tout et n’importe quoi de l’Allemagne. En l’occurrence, le gouvernement Merkel défend les principes du capitalisme global actuel. Il exploite de manière insensée sa classe ouvrière, dont le pouvoir d’achat a reculé, et agit maintenant sans se préoccuper des conséquences humaines pour la Grèce.

    Geopolitika : Merci beaucoup pour cet entretien et votre temps.

    Slobodan Eric

    Thierry Meyssan

    Traduction

    Svetlana Maksovic

    Source

    Geopolitika (Serbie)

     :: :: :: :: :: :: :: :: :: :: :: :: :: :: :: :: :: :: :: :: :: :: :: :: :: :: :: :: :: :: :: :: :: :: :: :: :: :: :: :: :: :: ::

    Il ne faut pas vraiment s’étonner du caractère apparemment contradictoire de certains agissements d’Obama ces derniers mois. Outre l’existence de sérieuses divergences entre certains éléments du Pentagone et lui, le fait qu’il continuait d’apporter un appui indirect à Daech tout en négociant un accord avec l’Iran au détriment de l’Arabie Séoudite (avec laquelle les relations sont au plus bas, en dépit d’une coopération minimale sur le Yémen), alors que logiquement cela aurait du se trahir par un abandon complet de l’EI, s’expliquait sans doute par une volonté cynique de conserver un moyen de pression sur ces deux parties tant qu’il n’avait pas obtenu cet accord. La France, de son côté, ne fait que se ridiculiser un peu plus.


  • aldous II aldous II 16 septembre 2015 17:26

    Seule solution pour la planète si le désire de la paix est l’objectif finale : l’isolation total de Washington, pour son propre bien et Israël. ! Car ce Washington le problème, donc une fois Washington isole globalement, le président OBAMA sera finalement libéré du fascisme de AIPAC, AIPAC « union renversé et propagandiste de un judéo christianisme imaginaire » AIPAC : ce le dollar comme réserve mondial pétrodollars puis système financier et bancaire de l’occident « via Kissinger » Hollywood, toute la presse mondial libération, le monde, CNN, FOX NEWS, ABC Disney, ABC, I-tele, BFM, SFR, Numéricâble etc. Inclus, OTAN-NATO, Wall Street, Goldman Sachs la finance des dérivatives pollutions, virus mortel HIV, et la transformation d’Israël après 1967 comme puissance terroriste. Une nouvelle Amérique et un Israël, libre et saine trouvera son destin. Aucune autre solution est possible ne sera possible dans le future, donner la liberté a l’Amérique une deuxième fois c’est une devoir de l’Europe car c’est elle le parent de cette enfant égaré.


  • M. OU 17 janvier 2016 12:41

    TU PARLES DE RON CHAYA A CHAQUE ARTICLE !!! QUE T AS T’IL FAIT ??? C’EST D’UNE RÉPONSE QUI NE T’AS PAS PLU QUE TE VIENS TON ANTISÉMITISME ? IL A TRIPOTE TA MAMAN ??? C’’EST QUOI TON PROBLÈME AVEC LE RAV CHAYA LES JUIFS ( OU PLUTOT LES SIONISTES CA FAIT MOINS CONNARDS DE RACISTE) ET TES ARTICLES JUSTES MINABLES ??


Réagir