« Il est de retour »
Vous voudrez bien m'excuser si l'image qui illustre l'article peu paraître un piège grossier, mais il est nullement question du retour de Lutz Bacman, le démissionné de Pédiga pour une petite moustache et une coupe de cheveux polémiques, dans cet article. Mais bien du retour du vrai Adolf Hitler dans un livre de Timur Vermes publié en Allemagne et maintenant en France. Un ouvrage parodique qui fait un tabac brun qu'il ne sert à rien de nier. Déjà 1 500 000 exemplaires vendus outre- Rhin pour un bouquin traduit en 35 langues. Un succès de librairie dans la lignée de Zemmour, Houellebecq et Trierweiler. Inutile de vous dire que chez nos voisins européens, l'oeuvre est diversement appréciée.

D'abord son prix qui à lui seul raconte déjà un moment déterminant de l'Histoire. 19,33 euros, en référence à l'année 1933 ou Adolf Hitler devint chancelier. Une chance pour les acheteurs, ce n'est pas le trente janvier qui a été retenu, 30 euros ça faisait un peu cher payé, même pour se moquer d'un dictateur.
Les amateurs qui liront cette fiction parodique où la satire et l'humour font bon ménage parait-il, pourront peut-être expliquer par quel miracle ou quelle magie d'un mauvais génie, aura permis à Hitler de se réveiller au milieu d'un terrain vague en 2011. Imaginez ensuite la surprise du Furher lorsqu'il se rendra compte que le salut nazi n'est plus d'actualité. Pire encore que c'est une femme qui dirige maintenant le pays. Et puis que font donc tous ces Turcs dans les rues de Berlin. Adolf goûtera-t-il un kebab, il faudra lire le bouquin pour le savoir. Bien sûr sa ressemblance avec le vrai Hitler le fait remarquer, forcément puisque ce n'est pas une copie mais l'authentique bête immonde qui est de retour. Et puis comment un personnage qui fait le buzz partout où il passe pourrait-il échapper aux médias. Le voilà donc invité sur les plateaux télé, star sur YouTube. Il aura même une adresse mail et pour remplacer son uniforme portera un jean et une jolie chemise à carreaux.
Vulgariser Hitler est-il dangereux
Le voilà fin prêt pour reconquérir l'Allemagne, voire plus, et finir le travail commencé en 1940. Mais si je ne connais pas la fin de cette histoire là, nul doute quelle sera beaucoup moins sanglante et n'aura pas les mêmes conséquences que la véritable.
Maintenant vous savez comment sont les gens, toujours prêts à employer des mots forts comme apologie ou nostalgie du troisième reich dès qu'est prononcé le nom du Furher. C'est vrai que chez les Germains, pas seulement chez eux d'ailleurs, vous avez une sacrée bande d'énergumènes pas franchement sympathiques qui naviguent en eaux troubles entre idéologie néo-nazie et affligeante bêtise. N'empêche que l'engouement pour un livre écrit par un auteur qui sans racisme aucun, servait dans le passé de "nègre", et était très peu connu avant la parution de ce livre, autorise quelques questions. Aurait-on déjà oublié, ou n'a-t-on rien appris de l'Histoire, n'y a-t-il vraiment aucun autre sujet plus risible que celui là.
Selon un spécialiste du nazisme qui probablement n'apprécie pas trop qu'on touche à sa tasse de thé. Avec Er ist wieder da, le danger serait qu'Hitler ne fasse pas plus peur que Gargamel. Il vaudrait donc mieux ne pas le banaliser. Surtout qu'à la fin de l'année, Mein Kampt rentrera dans le domaine public, ce qui ne changera strictement rien, puisque ceux qui en Allemagne voulaient le lire, pouvaient le faire tranquillement sur le net.
Selon l'auteur du livre
A' la question, un Hitler pourrait-il revenir aujourd'hui. Timur Vermes répond :
"Les gens se sentent en sécurité. On ne l'est pas. L'Allemagne n'aurait pas de dictature aujourd'hui car elle est riche. Mais si elle ne l'est plus ? Regardez les Grecs, les Hongrois. Des leaders charismatiques émergent. Ils ne pensent pas être nazis, ils pensent être différents. C'est comme ça que les dictatures commencent."



