mardi 19 avril 2011 - par Fabienm

Improvisation au sommet

On pourrait espérer prendre un peu de hauteur en découvrant les réflexions actuelles au sommet de l’état concernant le pouvoir d’achat. En fait, il faut se rendre à l’évidence, les décisions qui viennent d’en haut sont en général prises sous le coup de l’émotion médiatique, ou à des fins de visées électorales. Ce n’est pas une grande découverte, mais le dernier exemple en date, la fameuse « prime de 1000 euros », est tout de même un modèle du genre, dans la catégorie improvisation.

La règle des trois tiers

En 2009, Sarkozy nous promettait une révolution concernant le pouvoir d’achat. Le fric (et c’est un fin connaisseur) ne pouvait plus partir ainsi vers le monde de la finance impunément via des dividendes honteux, il fallait redéfinir le partage du gâteau. En voilà une idée qu’elle était intéressante. Il inventa alors la règle des trois tiers (enfin, inventer est un bien grand mot, le partage du gâteau est une idée qui ne date pas d’hier, mais bon, faisons comme si). Pas besoin de pâtissier, Sarko était là.

A l’époque, l’Insee, à travers sa note du 16 février 2009, faisait état de la répartition suivante :

v Part conservée par l’entreprise : 51,8%

v Part versée aux actionnaires et aux propriétaires des terrains : 42%

v Part distribuée aux salariés : 5,5%

On voit qu’il y avait de la marge, qui se transforma donc en brèche dans laquelle Sarko, futur dieu du pouvoir d’achat, décida de pénétrer.

Aujourd’hui, on attend toujours.

Le jeu des 1000 euros

En fait, on n’attend plus, puisque les quelques milliards à redistribuer se sont érodés comme le pouvoir d’achat et la côte de popularité de Naboléon, et se sont transformés en une primer de 1000 euros à distribuer dans les entreprises qui payent des dividendes. Exit donc la majorité des entreprises et de ses salariés qui n’auront qu’à s’exiler dans un pays plus clément pour les classes moyennes, et recentrage sur les grandes entreprises (où les employés ne sont pourtant pas les plus mal lotis soit dit en passant).

Donc, Sarko a mis deux ans pour faire son calcul (faut dire qu’avec les ministres qu’il a à la manœuvre, c’est pas simple de faire une règle de trois), et donc, le résultat c’est qu’il faut donner 1000 euros aux salariés. Pas 999, ni 1001, non juste 1000. Ca sonne bien, c’est miraculeux, on se demande même si l’Euro n’a pas juste été inventé pour cette mesure (histoire que ça tombe juste).

Evidemment, personne n’y comprend rien, Baroin rame, Bertrand en rajoute. C’est le bordel, personne n’a été interrogé avant, le Medef gueule, les syndicats veulent renégocier les salaires. Bref, l’improvisation.

Et l’actionnariat salariés ?

Alors, vous me direz, existe-t-il une solution ?

Fausse bonne idée typique, l’actionnariat salariés semble être le nouveau credo des grands entreprises, car elle permet de calmer les organisations syndicales pour un temps, sans modifier la structure globale de rémunération. Malheureusement, pour l’employé, ce n’est qu’un jeu de dupes où il se voit distribuer quelques miettes, pendant que le gros du gâteau est toujours réparti à peu près de la même façon. De plus, cela le rend légèrement schizophrène, la logique du salarié étant relativement divergente de celle de l’actionnaire. On imagine ainsi mal un salarié s’enthousiasmer à l’annonce d’un plan social, ce qui pourtant fait mécaniquement monter le cours de l’action.

Et les salaires ?

Qu’attendre d’un Sarko, ami des patrons du CAC40 qui lui susurrent à l’oreille à quel point les salariés sont une plaie (non seulement on doit les payer, mais en plus ils ne sont pas contents) ? Cela fait longtemps qu’il est persuadé que les employés d’une société sont avant tout une charge, et pas du tout un moteur essentiel à l’activité dans lesquels il faut investir. Les salariés sont la variable d’ajustement d’une mécanique bien huilée : celle qui consiste à faire rémunérer de plus en plus grassement l’actionnaire (où sont passés ces % de PIB qui ont “glissé” du travail vers le capital : http://blog.mondediplo.net/2009-02-25-Le-paradoxe-de-la-part-salariale ?).

Malheureusement personne pour expliquer à Sarko que le pouvoir d'achat, c'est la différence entre un truc qui rentre (le salaire) et un truc qui sort (les dépenses).

Personne pour lui expliquer que ce n’est que par la contrainte législative que l’on fera évoluer la répartition des richesses créées par l’entreprise, que ce n’est qu’en les plafonnant que les salaires des patrons redeviendront décents, et que ce n’est qu’en le contrôlant que le flux d’argent vers le capital servira les intérêts économiques, alors que c’est bien l’inverse qui est la règle aujourd’hui.

La conclusion qui s’impose est donc que cette mesurette, imaginée sans doute par Sarko devant son bol de café, est encore une annonce en trompe l’œil, qui n’a été discutée ni avec le patronat, ni avec les organisations syndicales (ni même probablement avec son gouvernement), et va donc permettre de ne rien faire. Ainsi, Sarko pourra dire qu’il a fait ce qu’il a pu, mais que vraiment, la France est hostile au changement. Il faut donc la réformer au plus vite, ha mince zut, c’est déjà 2012.

Votez pour moi.



28 réactions


  • Jean-Pierre Llabrés Jean-Pierre Llabrés 19 avril 2011 10:48

    Pour les salariés, le meilleur moyen de participer aux profits et dividendes des entreprises serait d’en être actionnaires.
    Une gouvernance économique démocratique [nationale (1 pays) ? régionale (plusieurs pays) ? mondiale ?] serait, au minimum, parfaitement possible si les « démunis », par un mouvement soutenu d’épargne à long terme, s’attachaient à acquérir et à gérer collectivement la majorité des actions des entreprises cotées en bourse, banques incluses, qui, aujourd’hui, totalisent un capital mondial d’environ 36.000 milliards d’Euros majoritairement détenu par une minorité de « nantis ».

    Cette restructuration permettrait l’Acquisition Citoyenne du Pouvoir Économique et l’émergence d’un Capitalisme intrinsèquement Écologique, Anthropocentrique, Philanthropique et Équitable ce qui représenterait un bouleversement politique mondial.
    En cela, l’avenir des démunis est entre leurs mains : le capital boursier mondial est disponible à la vente/achat.
    Pour un Nouvel Ordre Socio-Économique Français Équitable !


    • jpm jpm 19 avril 2011 11:12

      Bonjour Jean-Piere,

      comme on vous l´a fait remarque dans un autre post... le probleme des plus demunis c´est que malheureusement ils n´ont deja pas d´argent pour vivre... et donc encore moins pour investir dans le capital des societes cotees en bourse. Malgre tout, votre idee n´est pas bete et plutot que cette prime ridicule de 1000 euros... ne serait il pas plus simple de reserver 15 ou 20% des benefices pour les redistribuer sous forme d´actions aux salaries. Ainsi tout salarie serait obligatoirement associe aux benefices de sa societe en en devenant actionnaire. Les salaries deviendraient donc collectivement proprietaires d´une partie de leur societes et pourraient avoir un droit de regard sur la gestion via leurs representants. 

      Je crois que c´etait plus ou moins l´idee orginale des stock options... associe chaque salarie au developpement de leur societe. Malheureusement les cadres et les dirigeants se sont accapare ce privilege... et les petits employes n´en ont jamais vu la couleur.


    • Jean-Pierre Llabrés Jean-Pierre Llabrés 19 avril 2011 11:31
      Par jpm (xxx.xxx.xxx.37) 19 avril 11:12
      « comme on vous l´a fait remarque dans un autre post... le probleme des plus demunis c´est que malheureusement ils n´ont deja pas d´argent pour vivre...  »

      J’avais ironiquement répondu : « 
      Vous avez raison : je n’ai tenu aucun compte du fait que les »démunis« sont pauvres...
      Où avais-je la tête ?... »
      Croyez-vous que 99% des Français soient « démunis » au point que vous évoquez ?
      Savez-vous quel effort d’épargne j’envisage dans ma proposition ? 1 € par jour & per capita, soit 365 Euros par an. Si vous considérez qu’un tel effort d’épargne est impossible, il est urgent de surtout ne rien entreprendre.

    • jpm jpm 19 avril 2011 13:32

      Ma remarque etait egalement ironique... mais encore une fois il sera difficile de convaincre quelqu´un qui n´a rien... et qui surtout n´a pas la culture de l´actionariat d´investir dans le capital des grandes societes les quelques euros qu´il pourrait mettre de cote. Je suis daccord que c´est bien dommage... car finalement ce sont toujours les plus riches qui font les meilleurs investissements... et qui au bout du compte gardent le pouvoir.

      Malgre tout, que pensez vous de l´idee d´imposer aux societes qui veulent distribuer un dividende, d´en offrir (obligatoirement) 15 ou 20 % sous forme d´actions aux salaries (dans le cas de PME non cotees, ca pourrait aussi etre une somme d´argent). Ca serait un premier pas vers la generalisation de l´actionnariat populaire. Comme cela, les gens s´habitueraient a etre actionnaires et il serait alors plus simple de leur expliquer et de leur vendre votre systeme.

      Il faut savoir que les petits epargnants sont toujours tres frileux des lors qu´on leur parle d´investissement en actions. Pas forcement a tord, car souvent par inexperimentation ils sont les dindons de la farce... en achetant au plus cher... et souvent en sortant au plus mauvais moment avec de fortes pertes. C´est dailleurs un excellent indicateur sur les marches... lorsque le grand public commence a investir... il est temps de vendre.

      Je rappelle aussi qu´il existe deja les societes cooperatives... ou chaque salarie est egalement societaire (c´est a dire actionnaire) de son entreprise. C´est plutot vers cette forme de societe que je pencherais.


    • Fabienm 19 avril 2011 13:42

      Hello
      ok pour votre dernier paragraphe, pour le reste je suis sceptique.
      Le pouvoir est au mains des gros actionnaires dans les grands groupes, les autres ont de la peine à se faire entendre. Quant à l’actionnariat salarié, la logique est trop divergente comme je le dis dans l’article.


    • Jean-Pierre Llabrés Jean-Pierre Llabrés 19 avril 2011 13:51
      Par jpm (xxx.xxx.xxx.37) 19 avril 13:32
      « que pensez vous de l´idee d´imposer aux societes qui veulent distribuer un dividende, d´en offrir (obligatoirement) 15 ou 20 % sous forme d´actions aux salaries »

      Je propose une épargne et un investissement collectifs afin d’éviter que tous les oeufs ne se retrouvent dans le même panier et donc diversifier les risques.
      Imaginez que les seuls salariés d’une même entreprise soient exclusivement actionnaires de leur seule entreprise. Que leur arrive-t-il si l’entreprise dépose son bilan et disparaît ? Les salariés-actionnaires perdent l’ensemble de leur capital investi dans ladite entreprise !

    • jpm jpm 19 avril 2011 13:55

      Il est vrai que le pouvoir est presque toujours aux mains des grands actionnaires... car souvent les petits actionnaires ont du mal a se regrouper et a se mettre daccord sur des objectifs communs. Maintenant imaginons que les salaries arrivent a avoir entre 10 et 15 % du capital de leur societe et soient representes par un elu du personnel unique... ils pourraient certainement plus facilement faire valoir leur point de vue... et bloquer les projets les plus inequitables telles que des delocalisations. Surtout, ils seraient informes en priorite de ces projets.


    • Fabienm 19 avril 2011 13:56

      La notion de risque pour un salarié me paraît étrange, il ne devrait pas avoir à risquer quoi que ce soit pour fournir un travail, mais bon.
      Concernant la faillite d’une société, pour le cas des travailleurs ’de base’, le résultat est le même qu’il soit actionnaire ou pas. Dans tous les cas, ce qui compte c’est que le partage du gateau (tant qu’il n’est pas à la poubelle) ne soit pas désavantageux pour une des parties. Or aujourd’hui, on voit bien que les actionnaires ont le fric et le pouvoir, et que donc les boîtes côtées sont gérées avec des visions court terme, un peu comme un citron que l’on presse pour en extraire le jus (et on laisse les pépins aux employés).


    • Jean-Pierre Llabrés Jean-Pierre Llabrés 19 avril 2011 14:00
      Par Fabienm (xxx.xxx.xxx.17) 19 avril 13:42
      « le gros du gâteau est toujours réparti à peu près de la même façon ».
      Le gros du gâteau est, à long terme, accessible à un collectif d’épargne et d’investissement. Tout le capital boursier mondial est disponible à la vente/achat.

      « On imagine ainsi mal un salarié s’enthousiasmer à l’annonce d’un plan social »
      L’existence d’un Dividende Universel met tout salarié à l’abri des plus graves conséquences d’un plan social.



    • Jean-Pierre Llabrés Jean-Pierre Llabrés 19 avril 2011 14:08
      Par Fabienm (xxx.xxx.xxx.17) 19 avril 13:56
      « La notion de risque pour un salarié me paraît étrange, il ne devrait pas avoir à risquer quoi que ce soit pour fournir un travail, mais bon ».
      Je me référais au risque du salarié en tant qu’actionnaire...

      « Concernant la faillite d’une société, pour le cas des travailleurs ’de base’, le résultat est le même qu’il soit actionnaire ou pas ».
      Ah bon ? Si ces « travailleurs de base » sont également actionnaires de leur entreprise en faillite, en plus de leur emploi ne perdent-ils pas leur capital investi dans ladite entreprise ?


    • jpm jpm 19 avril 2011 14:09

      Vous avez raison, il n´est jamais prudent de mettre tous ses oeufs dans le meme panier. on peut dailleurs citer le cas d´Enron aux Etats Unis ou les salaries et les pensiones ont tout perdu.D´un autre cote, si les salaries ne conservent pas un minimum de temps les actions de leur entreprise, c´en est fini de leur capacite de blocage dans les conseils d´administration. Et ce n´est pas evident qu´une grande cooperative actionariale detenue par l´ensemble des citoyens d´un pays soit plus philantropique et sensible aux interets particuliers des salaries d´une entreprise donnee.

      Pour information, il existe deja des grands fonds de pension, geres par des pays (les fonds souverains) ou des investisseurs institutionnels comme les caisses de retraites, qui interviennent sur les marches. Ce ne sont pas vraiment des philantropes... et le bien etre des salaries des entreprises dans lesquelles ils investissent n´est pas leur priorite.


    • Fabienm 19 avril 2011 14:15

      Concernant l’actionnariat salarié, j’ai vu certains de mes collègues se réjouir d’actions débiles de leur « grande société » juste parce que « c’était bon pour l’action ».

      Je pense pour faire synthétique que la bourse ne sert plus à financer les entreprises (qui vont voir leur banque comme tout un chacun), que tout ceci n’est qu’un leurre pour masquer la réalité de la fuite des capitaux vers la finance. Je pense donc qu’il faut supprimer la bourse.
      Tous les systèmes que vous proposez ne sont que des palliatifs à une situation qui n’existerait pas sans ce mécanisme qui a été perverti il y a déjà trop longtemps.


    • jpm jpm 19 avril 2011 14:16

      Jean-Pierre, j´ai lu votre projet mais je trouve que la mise en place de votre dividende universel est un concept interessant mais sa realisation pratique apres la phase d´epargne est trop eloignee dans le temps. Je prefere donc un revenu universel immediat finance par l´impot progressif sur tous les revenus... et pourquoi pas aussi une taxe sur les benefices des societes.


    • Fabienm 19 avril 2011 14:20

      Quand vous mettez en place une taxe sur les bénéfices, les sociétés embauchent des armées de fiscalistes pour ne pas la payer (cf. Total qui fait des milliards de bénéf et payent quasi que dalle d’impôt !! (les 40 entreprises du CAC40 sont taxées sous 10% alors que les PME le sont à 30% !!!)


    • Jean-Pierre Llabrés Jean-Pierre Llabrés 19 avril 2011 14:21
      Par jpm (xxx.xxx.xxx.37) 19 avril 14:09
      « ce n´est pas evident qu´une grande cooperative actionariale detenue par l´ensemble des citoyens d´un pays soit plus philantropique et sensible aux interets particuliers des salaries d´une entreprise donnee ».

      Si vous n’avez absolument aucune confiance dans les capacités philanthropiques de l’être humain, il ne faut surtout pas envisager de mettre en oeuvre une « coopérative actionnariale ».

      D’autre part, cette « coopérative actionnariale » pourrait décider d’en terminer avec telle ou telle activité industrielle, commerciale ou de service sans que les intérêts particuliers des salariés soient lésés puisque le Dividende Universel mettrait tout salarié à l’abri des plus graves conséquences d’un plan social.


    • jpm jpm 19 avril 2011 14:32

      La bourse n´est qu´un lieu d´echange. Ferme la bourse c´est un peu comme casser le thermometre pour ne plus voir la fievre smiley Qu´il faille mettre un peu d´ordre dans la finance, nous sommes daccord, mais il sera toujours necessaire de trouver une moyen de financement pour les entreprises qui veulent se developper.

      Maintenant, je vous trouve bien naif de croire que les societes pourraient se financer uniquement grace aux banques. Croyez moi, ce sont certainement les pires des charognards... Je prefere cent fois des actionnaires eclaires et concernes que des banquiers verreux. Attention, quand je parle de banquiers verreux, je ne parle pas des employes de banque que vous pouvez croiser au guichet, mais bien des banquiers d´affaires.


    • jpm jpm 19 avril 2011 14:41

      Je crois et j´ai confiance aux capacités philanthropiques de l’être humain, mais a l´echelle humaine. Je crois a votre bonne foi... a la mienne, comme a celle de tous ceux qui ne sont pas daccord avec moi. Par contre je suis toujours plus mefiant quand il s´agit de grandes organisations... qui finissent toujours par etre noyautees par des gens aux intentions plus ou moins louables.

      C´est donc pour cela que je ne suis pas persuade de l´interet d´une « coopérative actionnariale ». De la meme facon que je ne crois pas que les fonds du prix nobel soient vraiment geres de maniere philantropique.

      Mais nous sommes daccord sur la neccessite de mettre en place un revenu ou dividende universel qui pemette a chacun de vivre dignement. Nous divergeons juste sur son financement. 


    • Fabienm 19 avril 2011 14:53

      « La bourse n´est qu´un lieu d´echange. Ferme la bourse c´est un peu comme casser le thermometre pour ne plus voir la fievre   »

      le thermomètre est malheureusement contaminé puisqu’il induit des comportements déshumanisés et pervers, et surtout très loins de l’économie réelle.

      "Qu´il faille mettre un peu d´ordre dans la finance, nous sommes daccord, mais il sera toujours necessaire de trouver une moyen de financement pour les entreprises qui veulent se developper.« 

      La bourse ne sert malheureusement plus à financer depuis bien longtemps, on voit d’ailleurs que le recours aux banques pour le financement des entreprises n’a pas cessé d’augmenter depuis 30 ans.

       »Maintenant, je vous trouve bien naif de croire que les societes pourraient se financer uniquement grace aux banques.« 

      C’est le cas de la majorité des entreprises (celles non côtées) de fait, et c’est même le cas des entreprises du CAC40 en pourcentage de financement.

       » Croyez moi, ce sont certainement les pires des charognards...« 

      Nous sommes malheureusement d’accord, je n’ai pas dit que je préférais les banques, je constate juste que la bourse ne sert pas à financer (ou trop peu).

       » Je prefere cent fois des actionnaires eclaires et concernes que des banquiers verreux. Attention, quand je parle de banquiers verreux, je ne parle pas des employes de banque que vous pouvez croiser au guichet, mais bien des banquiers d´affaires."

      Oui, il faut séparer la banque de détails de la banque d’affaires pour éviter que l’une ne finance l’autre !


    • Jean-Pierre Llabrés Jean-Pierre Llabrés 19 avril 2011 15:02
      Par jpm (xxx.xxx.xxx.37) 19 avril 14:09
      « Pour information, il existe deja des grands fonds de pension, geres par des pays (les fonds souverains) ou des investisseurs institutionnels comme les caisses de retraites, qui interviennent sur les marches. Ce ne sont pas vraiment des philantropes... »
      Merci pour cette information que je connais. Ces fonds n’ont pas la vocation philanthropique de la « Holding »« citoyenne » que je propose. Il n’y a donc pas lieu de s’étonner de leur démarche...

      Par jpm (xxx.xxx.xxx.37) 19 avril 14:16
      j´ai lu votre projet mais je trouve que la mise en place de votre dividende universel est un concept interessant mais sa realisation pratique apres la phase d´epargne est trop eloignee dans le temps.
      Depuis plus de 160 ans, Karl Marx fourvoie le « prolétariat » avec le résultat que vous pouvez observer. 50 ans d’épargne puis 50 ans d’attente avant que le Dividende Universel soit définitivement opérationnel, cela vous paraît-il insurmontable ?

      Je prefere donc un revenu universel immediat finance par l´impot progressif sur tous les revenus... et pourquoi pas aussi une taxe sur les benefices des societes.
      Avant que le Dividende Universel soit opérationnel, je reprends la proposition de feu Jacques Marseille d’instaurer une Allocation Universelle transitoire et inconditionnelle de 750 Euros mensuels pour tout citoyen(ne) adulte (et de 375 Euros pour les mineurs), financée par la fusion de toutes les budgets sociaux actuellement existants. Cela représente un coût fiscal additionnel de 11 milliards en première année (calculs de Jacques Marseille).
      Par parenthèse, cela revient beaucoup moins cher que le Revenu Citoyen conditionnel de 850 Euros mensuels de Dominique Galouzeau qui coûtera 30 milliards par an...


    • Jean-Pierre Llabrés Jean-Pierre Llabrés 19 avril 2011 15:08
      Par jpm (xxx.xxx.xxx.37) 19 avril 14:41
      « il s´agit de grandes organisations... qui finissent toujours par etre noyautees par des gens aux intentions plus ou moins louables.
      C´est donc pour cela que je ne suis pas persuade de l´interet d´une »coopérative actionnariale« . De la meme facon que je ne crois pas que les fonds du prix nobel soient vraiment geres de maniere philantropique ».

      Je donne la Fondation Nobel en exemple pour sa capacité à gérer une fortune sur le long terme : plus d’un siècle.
      Je ne me prononce pas sur la philanthropie de ses investissements.


    • jpm jpm 19 avril 2011 15:11

      50 ans c´est un peu tard... car j´ai peur de n´etre plus la pour voir cela... ou alors juste trop gateux pour m´en rejouir. Par ailleurs, cela suppose surtout qu´aucun homme politique mal intentionne ne decide d´utiliser la gagnote a des fins electoralistes.

      Mais je me contenterais volontier de votre phase transitoire... car la proposition de Jacques Marseille me plait bien. C´est grace a elle que j´ai decouvert le principe de revenu universel smiley 


    • Jean-Pierre Llabrés Jean-Pierre Llabrés 19 avril 2011 15:19
      Par jpm (xxx.xxx.xxx.37) 19 avril 15:11
      « 50 ans c´est un peu tard... car j´ai peur de n´etre plus la pour voir cela... »
      Seriez-vous égoïste ? Incapable d’épargner pour la postérité ? Pour les petits-enfants de vos petits-enfants...

      Par ailleurs, cela suppose surtout qu´aucun homme politique mal intentionne ne decide d´utiliser la gagnote a des fins electoralistes.

      Si vous avez bien lu ma proposition la « Holding »« Citoyenne » serait totalement indépendante du pouvoir politique et serait gérée par une représentation démocratiquement élue des citoyens-électeurs-contribuables.

    • jpm jpm 19 avril 2011 15:31

      Disons que tres egoistement je me contente de payer des impots pour le moment... et que je ne m´en plains pas smiley Ce que je voulais dire c´est que je trouve long de devoir attendre 50 ans avant que cette mesure ne voit le jour... non pas pour en profiter a titre personnel car j´espere encore avoir ce qu´il faut pour bien vivre... mais tout simplement pour me rejouir qu´on y soit parvenu.

      Ok pour la separation des pouvoirs... mais bon tout cela me rappelle le fameux debat sur l´independance de la banque europeenne... etes vous vraiment sur qu´aucun pouvoir politique, plus ou moins populiste, ne viendra pas mettre son grain de sable dans operation de tres long terme ?


    • Jean-Pierre Llabrés Jean-Pierre Llabrés 19 avril 2011 15:44
      Par jpm (xxx.xxx.xxx.37) 19 avril 15:31
      « mais tout simplement pour me rejouir qu´on y soit parvenu ».
      Rassurez-vous ! Votre joie posthume d’être parvenu à monter un tel projet pour la postérité sera mentionnée, en lettres d’or, sur votre pierre tombale ! ! ! smiley

      « etes vous vraiment sur qu´aucun pouvoir politique, plus ou moins populiste, ne viendra pas mettre son grain de sable dans operation de tres long terme ? »
      J’ose croire que nos descendants et héritiers de cette construction, pour leur seul bénéfice, sauront défendre cet acquis contre toute tentative d’ingérence de qui que ce soit ! ! !

    • jpm jpm 19 avril 2011 15:49

      Ok alors si je ne suis pas mort (on ne sait jamais) vous mettrez cela au dos de ma chaise a roulettes smiley


    • Jean-Pierre Llabrés Jean-Pierre Llabrés 19 avril 2011 15:56
      Par jpm (xxx.xxx.xxx.37) 19 avril 15:49

      Allons, soyez optimiste ! Si vous êtes encore vivant, vieillard cacochyme et crachotant dans votre chaise roulante, vous pourrez encore vous vanter de vos exploits, par vous-même, en bavant immodérément ! ! !...
       smiley smiley smiley 

  • Francis JL 19 avril 2011 11:18

    Pour Marx, il existe deux grands goupes impliqués dans le processus économique : les capitalistes et les prolétaires.

    Cela n’a pas été contredit par les économistes capitalistes qui ont adopté la comptabilité qui fait de l’entreprise, la possession du capital, et qui voit dans les salaires une charge au même titre que les dépenses de quelques natures qu’elles soient.

    Mais si les salarés s’appropriaient l’entreprise - comme le suggère JPL ci-dessus qui n’a apparemment pas lu l’article -, pourquoi ceux-ci ne mettraient-ils pas les intérêts qui reviennent au Capital au rang de charges, ou bien encore le bénéfice qui va à l’entrepreneur ?

    Mais si c’était le cas, la notion même de frais de production ne se justifierait plus ! 
    On le voit, la bonne manière d’appréhender les choses est de considérer que la plus value doit être partagée entre les différents acteurs, dans un jeu à somme nulle, et sans qu’aucun d’entre eux ne considère l’autre comme une charge dont il copnvient de se débarrasser : le capitalisme se débarassant du travailleur trop coûteux, le communisme se débarrassant du capitaliste trop rapace.

    Revenons à la proposition de JPL : une telle proposition reviendrait à dire qu’il existe des investisseurs qui travaillent, et d’autres qui ne travaillent pas. Or leurs intérêts sont, on l’a vu, antagonistes. Au bout du compte, ceux qui ne travaillent pas ont la part belle, puisque ceux qui travaillent deviennent schizophènes : quelle serait la part du travail et quelle serait la part de la rente ? Les primes d’intéressements n’ont pas d’autre but que celui de semer le trouble dans les classes laborieuses.


  • Taverne Taverne 19 avril 2011 13:44

    Sarkozy a la foi qui soulève les montagnes qui accouchent des souris.


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