mercredi 3 septembre 2025 - par Jacques-Robert SIMON

L’impossible intelligence collective

Il n'y a pas de bon système politique, tous s'efforcent de supprimer l'intelligence ou l'ingéniosité individuelle en vue de desseins abstraits entrant dans des cadres plus ou moins grandioses. Et les politiques sont parfaitement inefficaces pour ce faire, les clés du destin sont dans d'autres mains. La quantité de richesse produite par habitant n'a pratiquement pas varié depuis le temps du Christ jusqu'au début de l'utilisation massive des énergies fossiles vers 1800. Le Progrès n'a pas été créé par les marchands ou les idéologues mais par les scientifiques et les technologues qui ont su utiliser judicieusement les immenses quantités d'énergie qui gisaient sous leurs pieds.. Tout découla des découvertes faites dans ce cadre, y compris l'établissement des systèmes sociaux plus ou moins protecteurs qui purent émerger (avec peine). Les Savants fort heureusement ne sont pas mus, du moins pas tous, par les instincts de domination bases de tout système politique. C'est heureux car l'appartenance à un groupe implique de perdre tout ou partie de son libre arbitre, de son pouvoir créatif, de son intelligence, afin de se conformer aux préceptes et aux intérêts du groupe qui souhaite créer une égalité de tous en rendant tous ses éléments similaires.. En contrepartie de cette amputation, vous bénéficiez de la force du nombre pour neutraliser les gêneurs. Pour devenir Bête, Méchant et surtout puissant il faut faire un groupe. 

Convaincre ou réprimer. C'est le seul choix qui se pose pour un dirigeant. Historiquement, il est évident que ce qu'il propose n'a strictement aucune importance. Ainsi un homme on ne peut plus ordinaire se proposa d'exterminer tout ce qui ne relevait pas d'un Homme présumé supérieur dont il se prétendait l'image : 1,75 mètre, célèbre pour ses difficultés intimes, médiocre à l'école, ayant abandonné ses études à 18 ans sans obtenir le baccalauréat, ayant tenté vainement d'entrer aux Beaux Arts animé par sa vocation de devenir peintre. Muni de ces atouts, il va convaincre d'abord des proches (en dehors de ses professeurs), puis des sections de militants, puis des électeurs et enfin une majorité de parlementaires pour devenir le héraut d'une Nation pourtant hautement civilisée, où les savants abondent, les romanciers illustres foisonnent, les ingénieurs ingénieux sont légion. Un avorton avait ainsi réussi à réunir sous sa coupe suffisamment de fidèles pour pouvoir exterminer au nom de sa doctrine, d'abord des homosexuels et des communistes et un tout petit peu plus tard des millions d'une race qualifiée d'inférieure. Au début de ce parcours politique vertigineux, l'apparence démocratique des institutions avait été plus ou moins préservée. N'importe qui peut faire n'importe quoi, surtout le pire, à condition qu'il réussisse è agglutiner autour de lui la force du nombre. Ainsi un peuple éduqué, travailleur et pour l'essentiel chrétien (ou se prétendant tel) a pu devenir une meute féroce sous la férule d'une insignifiance ordinaire qui créa son propre Bien, son propre Mal, mettant à mal près de 2000 ans de prêche d'une religion qui se réclamait d'un Amour universel. Les scientifiques ne peuvent pas constitutionnellement accéder au pouvoir mais si les armées avaient dû se contenter de chevaux, d'arcs et de flèches, la grandeur des dévastations aurait été plus limitée, les guerres modernes dérivent elles- aussi des énergies fossiles et des technologies associées.

Pour ne plus connaître d'aventures à ce point mortifère, on mit en place la séparation des pouvoirs législatif, exécutif et judiciaire et on en fit un principe fondamental pour qualifier les démocraties représentatives. Le pouvoir n'était plus détenu par un seul, des contrepouvoirs forts et puissants veillaient. Mais il y a des forces quasi-mécaniques qui surpassent tous les artifices que l'on peut créer pour empêcher leur venue, la plus importante d'entre elle c'est qu'un dirigeant souhaite garder le pouvoir pour lui ou ses semblables quel qu'en soit le prix, et si les institutions ne le permettent pas, une "élite" fera tout pour préserver le système dans lequel elle prospère. Les Nations les plus avancées vers un système moins barbare que les précédents, les Démocraties, oublièrent que si il faut impérativement donner des lois à un peuple, il faut se garder de prétendre modeler la nature humaine aux lois.

Comment s'y prendre pour museler les dissidents ?

Vous examinez n'importe quel problème qui agite l'actualité, l'essentiel est accessible à tous et à chacun, vous n'avez pas à faire partie d'une classe sociale dorlotée en géopolitique ou charmée par les Sciences pour comprendre pourquoi les uns envahissent les autres, s'il faut utiliser une voiture électrique ou pas, si la température globale monte inexorablement (même si de nombreux experts tentent de vous étourdir par leurs arguties). J'eus à cet égard une discussion instructive avec un marchand de fruits et légumes loin d'un centre ville. Je lui fis remarquer qu'il était aisé de voir ce qui n'allait pas lors d'un travail manuel mais que c'était impossible de se débarrasser des embrouillaminis souvent intéressés des intellectuels, des sachants. Après un temps de réflexion il me répondit : "Si ça fini par se voir." Malheureusement avec beaucoup de retard, ils ont déjà fait beaucoup de dégâts. La démarche intellectuelle a ceci de merveilleux c'est qu'elle ne se soucie pas de la réalité. Une théorie, et plus encore une idéologie, doit être cohérente avant d'être vraie et seuls des fidèles peuvent en contempler la beauté. Pour ne plus jamais tomber dans les affres du totalitarisme, on fit en sorte que tous décident de tout sans autre guide que la maxime : "Tout s'achète, tout se vend". Le plus parfait des groupes fut ainsi constitué. De fait, les décisions politiques dépendirent d'abord de délibérations de cénacles, puis des plus nombreux (souvent les plus exaltés). Le naufrage était inévitable, il n'existe aucune organisation humaine (pu animale) qui puisse prendre une décision intelligente sans qu'une quelconque hiérarchie ne se mette en place. On cite souvent en contre-exemple Churchill qui à la tête de la première des Démocraties résista à la barbarie, mais il fut défait dès que les périls disparurent. Pour cacher l'ineptie de prises de décisions faites uniquement sur des bases déclamatoires, les sachants fabriquèrent tout un lexique de ce qu'il convenait de dire mais qu'on pouvait s'abstenir de faire. Le but ? L'usage des diverses punitions possibles n'étant plus de mode, il fallait trouver un moyen de tuer symboliquement ceux qui ne se conformaient pas ou pas assez à la Norme. Pour ce faire, un moyen commode consista en la création de mots. Parmi les plus en vogue : Complotiste, Boomer, Anti-Vax, illibéral, homophobe et pire encore Pédo-criminel. Récemment un scandale dans un lieu d'enseignement catholique a été révélé par l'auteur d'un livre. Sur les médias, l'Homme passablement exalté, finit sa déclaration en disant "Je ne veux rien avoir à faire avec le Vatican empli de criminels" Pourquoi pas ! Les abus dénoncés dataient de plus de 40 ans et il a avoué que les victimes ne voulaient pas s'exprimer et qu'ils devaient suivre des leçons avec un psychologue pour pouvoir formuler clairement leur pensée. La sincérité des aveux par ce biais peut peut-être être contestée. Cette affaire n'aurait qu'une importance relative si ce fonctionnement ne s'appliquait pas toujours et dans tous les domaines. Les médias et des réseaux sociaux ne bâtissent pas autrement leurs "pensées".

Il est dangereux de confier trop de responsabilités à un seul, c'est suicidaire de suivre aveuglément l'avis de tous. Alors que faire ?



30 réactions


  • Lonzine 3 septembre 2025 10:42

    « Alors que faire ? » oui, que faire ?

    quand un problème n’a pas de solution alors il n’y a pas de problème. smiley


  • placide21 3 septembre 2025 16:39

    « Guy Debord disait que les sociétés libérales préfèrent être définies par leurs ennemis que par leurs résultats. Lorsque vous n’avez aucun résultat, vous avez besoin d’énormément d’ennemis. C’est l’une des principales raisons de la haine déraisonnable envers la Russie en ce moment. L’extériorisation des tensions dans un environnement politique vidé de tout contenu est forcément incontrôlée et violente, et bien sûr l’existence d’un ennemi extérieur vous donne, à son tour, une excuse pour identifier et cibler des ennemis internes face auxquels vous cherchez à vous identifier. C’est ce que font les sociétés libérales en guise de politique. Mais lorsque les ennemis extérieurs ne parviennent pas à satisfaire, ou deviennent obsolètes, ces énergies qui seraient normalement dirigées vers un débat sain, des arguments sur la politique, deviennent simplement des combats de factions et la purge de vos ennemis. Et si le Parti ne veut pas se détruire, il doit trouver, ou si nécessaire créer, des ennemis convenus dans la société en général. »https://lesakerfrancophone.fr/pas-de-pourquoi-dans-le-liberalisme


    • Jacques-Robert SIMON Jacques-Robert SIMON 5 septembre 2025 10:27

      @placide21
      C’est exact que les groupes, tous les groupes, se définissent bien davantage par leurs ennemis que par leur contenu, avec quelques exceptions toutefois.


  • perlseb 3 septembre 2025 19:39

    il n’existe aucune organisation humaine (ou animale) qui puisse prendre une décision intelligente sans qu’une quelconque hiérarchie ne se mette en place

    Y a-t-il une hiérarchie dans une fourmilière ? De notre point de vue oui, parce qu’on nomme les pondeuses des reines. Sauf que ces « reines » ne décident de rien, elles ne font que manger et pondre (même chez les abeilles, c’est la concertation des ouvrières qui décident du déplacement de l’essaim).

    Il y a de nombreuses vidéos ou articles sur le net discutant de l’intelligence collective des fourmis, sachant qu’individuellement, leur programme est assez bête. Donc l’intelligence peut bien émerger sans hiérarchie dans la nature (à partir d’individus moins intelligents).

    Donc où est le problème chez l’homme ? À mon avis, l’homme, comme beaucoup de mammifères, est conçu pour vivre en groupe (comme les loups) avec un mâle alpha qui domine les autres. Pourquoi ? Parce que l’homme est faible individuellement, difficile de protéger et nourrir des enfants en étant juste un couple dans la nature. Si la domination n’a pas lieu dans le groupe, alors les combats incessants entre mâles conduiraient à l’extinction de l’espèce (groupe impossible mais individus trop fragiles). Je suppose que notre système hiérarchique utilise notre propension naturelle à la soumission pour entretenir la hiérarchie alors même qu’elle n’a plus aucune justification aujourd’hui (l’homme a suffisamment de technique pour compenser sa faiblesse).

    De mon point de vue, nos « civilisations », ou organisations hiérarchiques complexes, ne font qu’utiliser notre animalisme pour prospérer, ce qui ne veut pas dire qu’une organisation non hiérarchique ne pourrait pas fonctionner : on n’a jamais réellement essayé, à cause de notre blocage intérieur. Mais une vraie civilisation devrait nous enseigner cette propension à la soumission (« connais-toi toi-même ») afin de former des citoyens libres. Et on pourrait s’inspirer des fourmis pour créer une super-structure non hiérarchique plus intelligente que chaque individu.


    • pemile pemile 3 septembre 2025 20:28

      @perlseb " À mon avis, l’homme, comme beaucoup de mammifères, est conçu pour vivre en groupe (comme les loups) avec un mâle alpha qui domine les autres. "

      Le système matriarcal chez nos cousins bonobos prouve le contraire ?


    • pemile pemile 3 septembre 2025 20:37

      @perlseb

      Une expérience sociale : peut-on s’organiser sans chef ?

      https://www.youtube.com/watch?v=7AktPjxLe8k


    • perlseb 3 septembre 2025 21:21

      @pemile
      Sur l’IA t’es vraiment un troll, mais là, la vidéo que tu donnes est très intéressante et illustre parfaitement le sujet, il est même fait allusion à l’organisation non pyramidale des fourmis à la fin.
      En conclusion, l’imitation des fourmis par les humains a marché (aucun chef) avec le bémol du youtubeur : avec d’autres problèmes, d’autres intervenants et un peu plus de tension, pourrions-nous toujours réussir à imiter les fourmis ?

      De mon point de vue, c’est éducatif : notre éducation est pyramidale (fondée sur l’obéissance). Avec de l’entrainement à la décentralisation, je pense qu’on pourrait arriver à résoudre les problèmes plus complexes comme le font les fourmis. Mais personne ne pourrait tirer son épingle du jeu et vivre bien mieux que les autres sur le dos des autres : et c’est bien l’unique raison (non valable) pour laquelle nous avons des chefs, parce qu’ils profitent de notre soumission, pas parce qu’une organisation hiérarchique est nécessaire.

      Donc il faut se débarrasser des chefs ... après avoir pratiqué le travail sans chef. Sinon, d’autres chefs émergeront immédiatement si les gens n’ont rien appris d’autres que l’obéissance.


    • pemile pemile 3 septembre 2025 23:05

      @perlseb «  Sur l’IA t’es vraiment un troll »

      Si ta définition d’un troll c’est quelqu’un qui ne suit pas ton église ? smiley


    • perlseb 4 septembre 2025 14:52

      @pemile
      Si l’IA (en faisant abstraction totale du terme intelligence) peut remplacer ou faire mieux que des experts dans un nombre de domaines qui ne fait que croître (traducteurs, infographistes, ingénieurs qui agencent les composants d’un circuit intégré), alors il y a danger. Il « suffit », pour comprendre ce danger, de se mettre à la place de ces experts remplacés : ils doivent faire autre chose (plus de travail à fournir pour réapprendre autre chose avec moins de reconnaissance car plus experts) à supposer qu’il y ait bien autre chose à faire et que les capacités d’adaptation soient intactes.


    • pemile pemile 4 septembre 2025 15:06

      @perlseb «  alors il y a danger »

      Parce que depuis 1972 la calculatrice Texas Instrument fait mieux qu’un humain ?

      @perlseb «  pareil bientôt pour les programmeurs, etc... A quoi vont réellement servir les études ? »

      A gagner 20% de temps en évitant d’utiliser l’IA ?

      https://secondthoughts.ai/p/ai-coding-slowdown



    • perlseb 4 septembre 2025 19:08

      @pemile
      T’es revenu en mode troll... Si tu ne fais aucune différence entre une calculatrice qui est justement un programme qui déroule des développements limités (pour les calculs de fonctions) et un réseau neuronal qui peut parler à un humain, alors je ne peux rien pour toi. On ne peut pas créer un programme (ou « système expert ») qui discute avec un humain : c’est bien trop complexe. On peut déjà dire qu’on est dans la science-fiction d’hier (en comparant les LLM avec un truc aussi nul que Siri par exemple) et ce n’est que le début. Et l’amusant dans l’histoire (pour contredire ton gourou), c’est que les LLM généralistes sont meilleurs en traduction que les anciennes machines spécialisées qui justement ne comprenaient rien du tout (incapables de détecter le contexte).

      Alors je sais, les ultras dans ton genre sont persuadés que l’IA ne comprend rien du tout quand on lui parle, mais comment fait-elle pour répondre à tes questions ou pour générer une image correspondant à ce que tu lui demandes ? N’est-ce pas ça la compréhension ? Et je ne parle ni de conscience, ni d’intelligence, je me fous de ces termes qui ne sont réservés qu’à l’homme qui a un « je ne sais quoi » de merveilleux.
      Ah, j’oubliais, tu es convaincu qu’elle donne une réponse statistique et qu’elle réussit à obtenir la médaille d’or aux Olympiades internationales de mathématiques en moyennant tout ce qu’elle a vu sur internet.
      Je peux comprendre que Luc Julia soit payé pour raconter de telles âneries, mais tu as aussi le droit de réfléchir.
      J’arrête de nourrir le troll.


    • pemile pemile 4 septembre 2025 20:34

      @perlseb «  un réseau neuronal qui peut parler à un humain »

      Une histoire de perroquet scolastique qui ne comprend même pas ce qu’il dit ?


    • xenozoid xenozoid 4 septembre 2025 20:37

      @pemile

        ?????????????????????????????????????????????????????????????????????????????????????????????????????????????????????????????????????????????????????????????????????????????????????????????????????????????????????????????????????????????????????????????????????????????????????????????????????????????????


    • pemile pemile 4 septembre 2025 20:42

      @perlseb " Ah, j’oubliais, tu es convaincu qu’elle donne une réponse statistique et qu’elle réussit à obtenir la médaille d’or aux Olympiades internationales de mathématiques en moyennant tout ce qu’elle a vu sur internet. « 

      Comme toute personne sensée, même les créateurs de ces superbes outils.

      Et le danger de l’IA qui se révèle c’est bien qu’en manipulant habilement le langage ces outils créent un sentiment de parler à une »personne" chez les utilisateurs qui ne comprennent pas comment ils fonctionnent !


    • pemile pemile 4 septembre 2025 20:44

      @xenozoid «  ????????????????? »

      Oups, oui, perroquet stochastiques !


    • xenozoid xenozoid 4 septembre 2025 20:58

      @pemile
       ????????????????????????????????????????????????????????????????????????????????????????????????????????????????????????????????????????????????????????????????????????????????????????????????????????????????????????????????????????????????????????????????????????????????????????????????????????????????????????????????????????????????????????????????????????????????????????????????????????????????????????????????????????????????????????????????????????????????????????????????????????????????????????????????????????????????????????????????????????????????????????????????


    • xenozoid xenozoid 4 septembre 2025 21:14

      quand on voit le nombre de réactions sur guissepe de bella etc...on constate la définition du point d’intérogation


    • Jacques-Robert SIMON Jacques-Robert SIMON 5 septembre 2025 10:32

      @perlseb Même si les fourmis sont intelligentes en groupe, ceci serait l’exception dans le monde animal et encore plus chez les humains individuellement plus raffinés que des fourmis.


    • Jacques-Robert SIMON Jacques-Robert SIMON 5 septembre 2025 10:39

      @perlseb
      Vos informations sont intéressantes mais en discuter nécessiterait un peu de temps.


    • perlseb 5 septembre 2025 14:54

      @Jacques-Robert SIMON
      Les fourmis sont une exception ... ou pas. Si on s’intéresse à tous les animaux capables de former des sociétés (avec répartition de tâches) de plusieurs milliers d’individus, alors il y a les abeilles, les guêpes et les termites (je ne vois rapidement rien d’autres : dans les bancs de poissons, il n’y a aucune spécialisation, on ne peut guère parler de société). Et toutes ces organisations (avec spécialisation des tâches) capables d’atteindre le millier d’individus ne sont pas hiérarchiques. Donc c’est la règle (?).
      Dans la nature, la hiérarchie semble adaptée à des groupes plus restreints dont l’homme faisait partie initialement. Maintenant que nos sociétés ressemblent plus à des fourmilières (par le nombre d’individus), alors peut-être devrions-nous chercher à imiter les fourmis ? Disons que 99.9% de la population y gagnerait mais, manque de pot, ce sont les 0.1% qui décident de tout.


    • SilentArrow 6 septembre 2025 23:59

      @perlseb

      Un exemple d’intelligence distribuée, comme chez les fourmis.

      Il n’y a pas un leader qui analyse la situation pour décider de ce qu’il y a à faire.

      Au contraire, chaque individu pousse ou tire au hasard. Quand, par hasard, un certain nombre d’individus poussent ou tirent en même temps dans le bon sens, le camion commence à se redresser et une boucle de rétroaction s’établit. En un instant, tout le monde imite tout le monde et le camion se retrouve sur ses roues.

      La faiblesse de cette intelligence collective d’insectes : comme personne n’a analysé la situation, personne n’a pensé à engager le frein à main avant de remettre le camion sur ses roues sur une piste en pente.


    • Francis Francis, agnotologue 7 septembre 2025 09:45

      @SilentArrow
       
       l’animal avec lequel il faut compter n’est pas la fourmi mais la fourmilière.


    • SilentArrow 8 septembre 2025 10:06

      @Francis, agnotologue
       

       l’animal avec lequel il faut compter n’est pas la fourmi mais la fourmilière.

      C’est bien ce que la vidéo démontre.

    • Jacques-Robert SIMON Jacques-Robert SIMON 8 septembre 2025 11:23

      @perlseb
      Je connais bien (ou assez bien) le milieu scientifique, je n’ai jamais rencontré une structure de groupe. C’est le cas aussi chez les peintres, les musiciens, les architectes...


    • perlseb 8 septembre 2025 17:28

      @SilentArrow
      Dans la vidéo, je ne suis pas sûr qu’il n’y ait pas de chefs justement, car on entend des cris assez forts, comme si quelqu’un dit aux autres de faire ceci ou cela (ok, il y a peut-être plusieurs chefs en conflit qui en savaient tous plus les uns que les autres). Autrement dit, si le chef est stupide, le résultat collectif sera une catastrophe.
      Donc cette vidéo ne dit rien sur l’intelligence collective : il aurait fallu que la scène se passe intégralement en silence pour être certain que l’échec soit lié au collectif.
      Mais cet exemple est très particulier : à l’évidence, ils étaient tous débutants dans le domaine du dépannage de véhicule, peut-être même que beaucoup d’entre eux ne savent pas conduire et ne connaissent même pas l’existence du frein à main. Donc certains profiteront de cette expérience (pour ne pas faire la même bêtise la prochaine fois), mais pas forcément tout le monde (s’ils partent de trop loin pour tirer les bonnes conclusions de cet échec).
      On peut être intelligent et faire des erreurs lorsqu’on rencontre un problème nouveau : ce qui compte, c’est d’apprendre de ses erreurs et de ne pas recommencer (gagner en expérience : comprendre l’échec, et mémoriser pour la prochaine fois).
      C’est pourquoi les structures collectives qui ont du succès conduisent à la spécialisation (gains d’expérience importants dans un domaine). Mais la hiérarchie avec des chefs qui en savent moins que l’expert ne sert à rien. Et l’expert qui ne pratique plus ou ne forme pas ne sert à rien non plus. Je crois en l’expertise et en la formation, mais pas en la hiérarchie (chef / pions).


    • perlseb 8 septembre 2025 18:09

      @Jacques-Robert SIMON
      Je crois effectivement que les structures non hiérarchiques sont quasiment absentes chez l’homme. Je pense qu’on est plus ou moins programmé pour la hiérarchie (par notre faiblesse naturelle) et que par conséquent, sans remise en question avec une éducation volontariste pour inverser la tendance, il ne faut rien espérer d’autre que des hiérarchies.
      Mais les programmes de l’éducation nationale et la « culture » sont donnés de manière hiérarchique. C’est la base qui doit se désolidariser de son obéissance naturelle, la tête n’y a aucun intérêt.
      Notre éducation nous enseigne qu’il y avait des grands personnages historiques (collectif quasi-nul) qui ont façonné le monde et la « culture » nous abreuve d’hommes avec beaucoup de talents (sportifs, hommes d’affaires, artistes...) qui méritent bien plus que les autres.
      Combien de Mozart parmi les paysans qui n’avaient pas les moyens d’apprendre la musique ? Nourrir les autres est constamment dévalué dans la société, pourquoi ? Ne faut-il pas s’étonner si on mange si mal aujourd’hui avec des cas de cancers qui explosent et une pollution omniprésente ? Je pense qu’un système hiérarchique, même piloté par les plus grandes intelligences, conduit toujours à des catastrophes (l’intérêt général ne peut pas coïncider avec l’intérêt d’une caste dirigeante), c’est-à-dire que le système hiérarchique, par les graves crises qu’il engendre, devient de moins en moins efficace (pour le plus grand nombre) à mesure que la population gérée augmente. Mais on peut toujours focaliser l’attention sur les gens « talentueux » pour essayer de masquer les catastrophes bien réelles.


    • Jacques-Robert SIMON Jacques-Robert SIMON 10 septembre 2025 11:11

      @perlseb
      C’est un vaste programme qui mériterait beaucoup d’énergie.


  • Le Volksgeist représente un Weg, un chemin qui évoque le passé comme histoire et culture d’un peuple ; c’est-à-dire un Weg qui s’ouvre à l’héritage traditionnel d’un peuple et constitue le fondement de son identité. Les racines de l’identité sont directement liées au passé défini comme l’ensemble des événements formant l’histoire du peuple. Dans ce sens là, le droit est arraché duGeist du peuple. Il traduit une avulsion (au sens figuré du terme : un arrachement) à l’esprit du peuple vecteur de son éthique, de sa façon d’être et de se comporter à travers sa genèse jusqu’à son actualité.

    Or, le Volksgeist accuse une Avulsionstätigkeit.

    https://sens-public.org/static/git-articles/SP383/SP383.pdf


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