jeudi 31 janvier - par Taverne

La dimension quantitative du précepte « Connais-toi toi-même » :

Le précepte "Connais-toi toi-même" de Delphes - et que Socrate prit comme devise - possède une dimension quantitative. Cette dimension n'apparaît pas de façon évidente à un cerveau contemporain, d'autant plus que le second précepte est souvent oublié. Mais si on associe le second précepte de Delphes au premier, comme le faisaient les Grecs, là tout s'éclaire car ce second précepte dit "rien de trop". Quelles sont les conséquences pratiques de cette analyse pour notre vie de tous les jours ?

"Connais-toi toi-même" suivi de "rien de trop" étaient les préceptes du temple d'Apollon. Si on regarde de façon non séparée ces deux préceptes, comme le faisaient les Grecs, on en déduit que se connaître soi-même, c'est aussi se regarder comme un contenant qui doit veiller à son contenu. Quel contenu ? Il y a d'abord le contenu qui sort de soi : ce sont les passions comme la rage, la colère, la haine. Il y a ensuite tout ce qui entre en nous, à savoir le désir et les opinions de la Doxa. Ainsi, les deux préceptes liés nous enseignent à veiller à ne pas tomber dans l'excès de contenu et à ne pas céder non plus à l'abus de la recherche de son propre contentement.

Rien de trop dans le contentement de nos appétits : le juste dû.

Rien de trop dans l'absorption de ce qui nous vient du dehors, dans le désir d'appropriation ou de prélèvement des ressources naturelles. Les Indiens d'Amérique, tout comme d'autres peuplades, savaient respecter ce principe d'économie et de sobriété et ne constituent pas une menace pour la planète.

Le précepte "Rien de trop" suppose aussi que notre esprit reste critique et qu'il examine toujours avec soin les opinions et les idées qui nous parviennent. La plupart des gens ne seraient pas dupes des fake news si elles s'en tenaient à la sagesse de la Grèce antique.

Dans cette démarche, le "connais-toi toi-même" est prédominant car il consiste à différencier ce qui, en nous, nous appartient en propre et ce qui, en nous, est emprunté. Il s'agit en quelque sorte de circonscrire ce que l'on est pour tracer la limite entre notre contenu originel et authentique et le surplus qui nous vient d'ailleurs, entre notre identité et notre personnalité et ce qui est la part de la société ou de personnes dont nous nous inspirons (des maîtres à penser, des proches...).

Se circonscrire est utile mais cependant contraire à la nature humaine dont la conscience est infinie.

La limiter n'est donc pas un but en soi. Cette délimitation doit s'appliquer uniquement à ce qui est sain de maîtriser, comme nos affects ou notre expression en société. Il ne convient pas d'enclore la pensée dans des limites, surtout pas. La pensée est libre et doit le rester. De toutes les manières, réprimez-la et elle reviendra inconsciemment par d'autres voies. L'imagination non plus ne doit pas être bridée, ce serait racornir l'esprit humain. Mais le désir, lui, doit rester dans certaines limites acceptables.

Mais l'être humain n'est pas qu'un contenu : c'est surtout une volonté.

Ici vient l'autre acception, non remarquée, des préceptes grecs : le devoir d'être maître et non esclave. Je m'explique. Les Grecs pensaient de façon binaire en opposant d'une part les maîtres et les citoyens d'un côté, aux esclaves et aux barbares, de l'autre côté. Cette distinction ayant disparu, les préceptes ont perdu l'une de leurs significations et qui est la suivante : il faut rester maître de soi pour ne pas être esclave.

Pour les Grecs anciens, ne pas pratiquer la discipline régulière des deux précepte de Delphes, c'était prendre le risque d'être esclave.

Esclave de quoi ? De nos propres passions ou de la Doxa (l'opinion publique), de l'esprit de conformisme, des pressions d'autrui, des manipulations morales ou intellectuelles dont on peut être l'objet. L'obervation régulière des deux préceptes nous rend maîtres de nous-mêmes. Leur inobservation, leur oubli, risque au contraire de faire de nous des esclaves : esclaves de quoi ? Des escalves de nous-mêmes - en tant que "contenants" non maîtrisés -, mais aussi des esclaves de la société et du Pouvoir politique.

La dimension expressive et la dimension du contrôle

Que veut dire plus précisément "être maitre de soi" ?

Il faut le voir en deux dimensions : la dimension expressive et la dimension du contrôle. A savoir qu'il faut rester maître de soi dans notre expression (savoir bien parler, ne pas céder à la colère ou à l'envie d'injurier l'Autre). Personnellement, je différencie la colère et la haine à divers titres. L'une des différences essentielles que je vois est que la colère a des droits à faire valoir, la haine non. La colère a une finalité assez précise et lorsqu'elle atteint son but, elle retombe. Au contraire, la haine ne s'éteint pas facilement. Elle est comme le feu qu'on ne peut éteincre et elle consume. Alors que la colère est une affaire entre une personne et un objet déterminé (qui peut être une autre personne), la haine naît entre deux pôles opposés, elle met en action deux forces qui se confrontent très frontalement (en cela un a un point commun avec l'amour qui est aussi une force mettant en jeu deux pôles de puissance affective).

Il y a deux dimensions pour être soi-même.

1 - On est soi en s'exprimant. En effet, la personne inhibée qui n'ose s'exprimer ne peut être vraiment elle-même puisqu'elle s'étouffe elle-même. Le phénomène des Gilets jaunes exprime ce que le peuple (pas "tout" le peuple) veut montrer de lui. le peuple veut exprimer ce qu'il est et cela est légitime.

2 - On est soi en se contrôlant. En effet ici, c'est le Moi, la volonté qui est à l'oeuvre et nous révèle autant qu'elle nous façonne.

Quand on sort de ses gonds pour insulter une personne, on dit que l'on "vomit" des injures. La formule imagée est exacte en ce qu'elle montre que nous sommes alors comme un contenant sans loi, sans tête, sans cerveau, qui ne maîtrise pas son contenu de rage ou d'aversion et le laisse jaillir ou s'écouler de façon irresponsable et irrespectueuse.

Les vides et les trop-pleins

Se connaître soi même mais "rien de trop" illustre la sagesse grecque et socratique.

Il incombe à chaque humain responsable de maîtriser, par la volonté, sa personne pour que "rien de trop" n'entre ou ne sorte de soi de façon intempestive ou préjudiciable aux autres.

Mais ce n'est pas tout. Il convient d'être prudent aussi dans la "'gestion" si j'ose dire de nos vides et de nos trop-pleins. Trop souvent pour combler un vide qui nous fait souffrir nous nous jetons sur une chose qui vient compenser imparfaitement le vide ressenti. Notre discernement doit intervenir pour comprendre ce que nous ressentons et juger si cette solution est opportune ou si nous cédons par là à une tendance qui nous réduit à des états d'esclaves de nous-mêmes. Quelquefois même nous recherchons le trop-plein pour occulter ce qui est en nous un désir non comblé. Il n'y a pas toujours correspondance entre le contentement recherché, voire le trop-plein, et le vide qui est en nous.

Comprendre tous ces jeux de contentement (de "remplissage") et d'évacuation des passions (de "purges") favorise le travail sur soi et la connaissance de soi.

Les Gilets jaunes scandent des revendications mais ces demandes sont-elles conformes à ce qu'ils souhaitent véritablement au fond d'eux-mêmes ou sont-ce là des exutoires, de pis-aller, des compensations qui dissimulent d'authentiques besoins, des aspirations profondes ? La question est simplement posée et je n'y répondrai pas moi-même. A chacun de voir.

Voilà j'espère qui donnera matière à réflexion aux lecteurs afin d'appréhender de façon plus complète les deux préceptes de Delphes que l'on tronque trop souvent et qui en réalité, selon moi, ne font qu'un :

"Connais-toi toi-même !" et "rien de trop".

 



37 réactions


  • Gollum Gollum 31 janvier 09:49

    On peut voir aussi le Rien de trop comme une invitation à commencer par exercer la vertu de Tempérance d’ailleurs évoquée par Platon.

    La Tempérance se trouve évoquée dans le jeu de Tarot à la lame XIV. On y voit un ange essayant de tenir en équilibre le contenu de deux vases qui se remplissent mutuellement.

    La Tempérance vise de façon expresse les appétits du corps. Bref, les désirs.

    Mais la Tempérance ne suffit pas. Pour être un homme complet il fallait mettre en équilibre les trois autres vertus : Force, Justice et Prudence.

    On retrouve là l’expression d’une quaternité en équilibre, image même du Soi tel que nous l’a révélé CG Jung : https://www.agoravox.fr/culture-loisirs/extraits-d-ouvrages/article/carl-gustav-jung-ma-vie-212068

    Se connaitre soi-même c’est donc mettre en équilibre 4 pôles, complémentaires deux à deux. Il s’agit d’une énergétique et d’une logique de type taoïste.

    Bien évidemment on peut faire un lien entre ces 4 vertus antiques et les 4 fonctions de Jung, il y a correspondance évidente. La Tempérance correspondant à la fonction Sensation. Et à l’élément Terre. Je vous laisse faire le lien pour les 3 autres.


    • Taverne Taverne 31 janvier 10:55

      @Gollum

      Absolument. Mais cela varie selon les philosophies. Ainsi, les Anciens distinguaient la tempérance de la modération. La tempérance a à voir avec les besoins (boire, manger...), la modération « est, chez les Grecs, la vertu de ne jamais atteindre l’excès dans les choses de la vie. Dans le christianisme, elle correspond à la vertu cardinale de tempérance. » (Wikipédia) La prudence est une notion aussi souvent mise en avant.


    • Taverne Taverne 31 janvier 11:48

      @Zaza

      « 3 où 4 siècles avant Platon », cela n’a rien de « quasi préhistorique ».

       smiley


    • Gollum Gollum 31 janvier 11:53

      @Zaza

      Foutez nous la paix avec votre jugement sur Jung que vous avez avoué n’avoir pas lu !

      Il faut le faire quand même pour porter un jugement sur une œuvre considérable sans l’avoir lu. Cela révèle bien le fond de vos façons de faire.

      En plus je ne supporte pas cette façon de dévaluer les Anciens. Comme si le fait d’avoir 3 ou 4 siècles de moins que Platon en faisait une bande de crétins..


  • Laconique Laconique 31 janvier 10:08

    Toutes ces morales antiques sont centrées sur l’autonomie de l’individu. D’où le stoïcisme comme aboutissement logique des morales antiques. Seul le christianisme offre une ouverture vers l’Autre, par le biais de la Charité. Charité bien souvent absente des commentaires comme des articles sur Agoravox. Or seule la Charité ouvre sur la Vie. Tout le reste mène à l’autosatisfaction, à la rancœur et à la mort. (Suicide comme aboutissement logique du stoïcisme, cf. Sénèque).


    • Gollum Gollum 31 janvier 11:49

      @Laconique

      Seul le christianisme offre une ouverture vers l’Autre, par le biais de la Charité. Charité bien souvent absente des commentaires comme des articles sur Agoravox.

      Agoravox est une foire d’empoigne parfois mais on peut tomber sur des personnes raisonnables de temps en temps.. 

      Sur la Charité chrétienne. J’en ai souvent parlé mais les chrétiens mettent la charrue avant les bœufs. Car l’amour des autres vient en second et en conséquence de l’amour de Dieu. Or l’amour de Dieu implique de s’y identifier, de devenir Un. 

      Le fait de mettre la Charité en premier aboutit à une sorte de sentimentalisme mou dont on voit aujourd’hui l’omniprésence. Et enfin cette pratique n’aboutit pas à la connaissance de soi. Mais au sacrifice de soi. Cela a certes une certaine valeur mais je ne suis pas convaincu que cela soit la valeur ultime.

      Car l’élan vers l’autre peut vite s’user et se galvauder, à moins d’être de tempérament héroïque, ce qui n’est pas commun.

      Le Bouddhisme notamment, qui met la Compassion au centre de sa doctrine, incite d’abord à la pratique spirituelle pour que cette compassion puisse émerger et être solide.

      En fait on s’aperçoit vite qu’il faut cultiver aussi bien ses capacités d’empathie que ses capacités cognitives, ainsi que ses capacités à être enraciné dans le réel comme à s’ouvrir à l’inconnu. Ce que je viens d’évoquer là ne sont rien d’autre que les 4 fonctions de Jung, dans l’ordre : sentiment, pensée, sensation, intuition.


    • Laconique Laconique 31 janvier 12:20

      @Gollum

      Toujours pertinent, cher Gollum. Je connais Jung seulement par le filtre d’Hermann Hesse (Demian). Pour la Charité, vous avez tout à fait raison. Il ne s’agit pas de quelque chose de nature émotionnelle, mais d’un enracinement inconditionnel, fruit d’un don gratuit, et qui est source de vie.


      Pour le reste, votre propos s’oriente dangereusement vers Plotin, l’intellectualisme, Guénon, or tout le message biblique est dicté non par l’universel, mais par le singulier (élection d’Abraham, d’Israël, de David, du Christ, etc.).


    • Gollum Gollum 31 janvier 14:08

      @Laconique

      Je ne comprends pas votre diabolisation de Plotin et Guénon.

      Sur l’universel : ben moi c’est l’universel qui m’intéresse. C’est pour cela que, bien avant d’avoir lu Guénon, j’ai étudié les diverses traditions religieuses afin d’en extraire les éléments communs. J’ai alors vu que toutes prônent le détachement, afin d’échapper au sensible et de permettre à l’invisible de faire sa demeure en nous. Le reste est quelque peu secondaire.

      Je ne suis pas très fan d’ailleurs de la tradition, et des rameaux, issus du Livre. Le christianisme recèle bien des éléments sectaires en son sein je l’ai suffisamment dit ici.

      Sur l’intellectualisme que vous attribuez à Plotin et Guénon. Guénon distingue bien cet Intellect de la Raison. Le premier est fécondé par la Sagesse et est donc susceptible de l’exprimer, la seconde est livrée à elle-même.

      L’Inde ancienne a d’ailleurs placé son Yoga le plus important, le Jnana Yoga, sous l’auspice de l’Intellect au sens de Guénon, susceptible d’aboutir à la Libération rapidement. Alors que le Yoga basé sur l’amour, le Bhakti Yoga, est considéré comme subalterne et plus pour la masse. Et beaucoup moins susceptible de parvenir à la Libération en cette vie ci. On peut difficilement faire plus clair.

      Le christianisme de masse est en fait un Bhakti Yoga.


    • Taverne Taverne 31 janvier 14:22

      @Gollum

      Moi, j’aime bien Plotin et pourtant je suis athée.

      Par exemple, dans mon étude du nombre Pi, j’ai trouvé une illustration de l’universelle trinité et de la force du cosmos qui tendrait vers le Un. En effet, en présentant les « décimales » par colonnes de 9 et lignes de 9 (donc 3 fois 3 : trinités), des logiques arithmétiques très rigoureuses sont apparues ainsi que des récurrences de formes. Une partie des mes travaux est publiée sur ce site.


    • Gollum Gollum 31 janvier 17:00

      @Taverne

      Moi, j’aime bien Plotin et pourtant je suis athée.

      Pourquoi pas. Moi je suis un fan de Nietzsche, athée, alors que je ne le suis pas. Comme quoi tout peut arriver.

      Sur vos travaux avec nombres j’ai parcouru (car moi aussi cela m’intéresse) mais sincèrement cela ne m’a pas convaincu.

      C’est quand même bizarre de penser que la force du cosmos tend vers le Un et de rester athée. Je trouve cela contradictoire quelque part.


    • osiris 31 janvier 21:35

      @Laconique

      Ce n’est pas tout à fait vrai ,la morale antique ou différente de la morale chrétienne connaît aussi la vertu de la charité , il suffit de lire par exemple le Livre des Morts égyptiens ou lire le livre « intuitions Préchrétiennes » de la philosophe helléniste et mystique Simone Weil pour le constater ,le bouddhisme aussi connaît bien la charité avec la vertu cardinale d e la compassion .

       De plus les philosophies antiques mettent l’accent sur la Justice plus que la Charité comme Platon ou Socrate ,en cela elles contiennent aussi la Charité car la Justice contient la Charité ,être juste implique aussi d’être charitable ou avoir d ela compassion pour autrui pour ne pas être dans la haine ou le rejet inconsidéré d e l’autre pour bien juger et être juste .la Justice est supérieure à la Charité en la contenant. On peut être injuste en étant charitable mais on ne peut être charitable sans être juste.

       La philosophie morale marxiste met la Justice au dessus de la Charité et même critique une certaine forme de charité qui peut masquer les injustices des privilèges exorbitants

       mais même pour la morale chrétienne je ne suis pas sûr que la charité soit la vertu première mais plutôt l’humilité.


    • Gollum Gollum 1er février 14:31

      @osiris

      mais même pour la morale chrétienne je ne suis pas sûr que la charité soit la vertu première mais plutôt l’humilité.

      Oui. Le détachement vient aussi bien avant. L’amour des autres mis en premier est plutôt une idée chrétienne moderne qui fait suite au sentimentalisme sirupeux de la modernité.


  • JL JL 31 janvier 10:18

    Bonjour Taverne,

     

    ’’Il y a d’abord le contenu qui sort de soi : ce sont les passions comme la rage, la colère, la haine.’’

     

    La colère n’est pas une passion, c’est une émotion, passagère par définition passagère et en opposition à la haine qui en est le prolongement. En revanche, l’amour est une passion, que vous omettez.

     

    cf. "les passions tristes et les passions joyeuses.

     

    « Les passions joyeuses se distinguent des passions tristes parce que les passions joyeuses augmentent ma puissance d’agir, tandis que les passions tristes la diminuent. ... Inspirer des passions tristes est nécessaire à l’exercice du pouvoir » (Gilles Deleuze)

     

    Diminuer la puissance d’agir du peuple ! Voilà un programme politique qu’il est beau ! Il suffira de savoir tirer profit du mécontentement, chose qui n’est pas à la portée du premier imbécile venu.

     

    Vous dites : ’’ la colère a des droits à faire valoir, la haine non ’’

     

    Je ne crois pas que la colère soit plus légitime que la haine : à mon avis, il n’est en l’occurrence, pas question de droit ou de légitimité. C’est justement ce qui caractérise les émotions et les passions, qu’elles soient joyeuses ou tristes. Croire le contraire serait immature.

     

    « Toute une vie ne suffit pas pour désapprendre ce que naïf, soumis, tu t’es laissé mettre dans la tête - innocent ! - sans songer aux conséquences. » Henri Michaux


    • Taverne Taverne 31 janvier 11:00

      @JL

      « La colère n’est pas une passion » : Certes, mais je prends ici le mot « passions » au sens classique comme vous le faites vous-même en citant Deleuze qui ne fait que reprendre mot à mot la pensée de Spinoza.

      « L’amour est une passion, que vous omettez. » Oui. Mais c’est normal puisque le sujet est la question du « trop ». Serait-ce un mal d’aimer trop ?


    • JL JL 31 janvier 11:24

      @Taverne
       
      Je pense que ce n’est pas une question de bien ou de mal, mais de bon ou mauvais.
       
      Il ne faut pas abuser des bonnes choses : « Trop bon », c’est pas l’expression préférée des jeunes ? Gare au diabète.
       
       smiley
       


  • JL JL 31 janvier 12:50

    « Inspirer des passions tristes est nécessaire à l’exercice du pouvoir » (Gilles Deleuze)

     

    En pleine tempête hivernale, la police évacue et détruit un camp de migrant à Paris

    " Ce mardi matin, 300 personnes ont été évacuées d’un campement situé à la porte de La Chapelle, au nord de Paris. Des demandeurs d’asile, déboutés et réfugiés vivaient depuis plusieurs semaines dans des conditions insalubres, ce qui illustre les énormes limites et difficultés concernant l’accueil des migrants dans la capitale."


  • soi même 31 janvier 18:51

    Il y a encore du boulot pour comprendre et surtout le vivre

    Connais-toi toi-même et tu connaîtras l’univers et les Dieux

     smiley

    • Taverne Taverne 31 janvier 19:31

      @soi même

      Je suis d’accord. D’ailleurs cet article ne traite que d’une petite partie des questions soulevées par le précepte, à savoir sa dimension quantitative, qui apparaît par juxtaposition du second précepte (« rien de trop »). S’il fallait interpréter le précepte dans toutes ses dimensions, un (gros) livre ne suffirait pas.


    • L'enfoiré L’enfoiré 1er février 13:29

      @soi même

      Laissons les Dieux là où ils sont. Ils ont beaucoup trop à faire avec leur petite santé smiley


    • L'enfoiré L’enfoiré 1er février 13:35

      @Taverne,
       Si tu vas lire le dernier S&V, tu verras qu’on est parvenu à rendre la première bactérie quantique. Le chat de Schrödinger devient possible L’intrication du Chlorobaculum tepidum a créé un nouvel état vivant.
      En fait nous sommes tous quantique sans même le savoir.
      C’est encore notre seul avantage vis-à-vis des machines binaires qui ne connaissent que le 0 et le 1.
      Mais attention, les machines quantiques arrivent.... et là... on ’aurait plus beaucoup d’avantages sur elles..


    • Gollum Gollum 1er février 14:28

      @L’enfoiré

      tu verras qu’on est parvenu à rendre la première bactérie quantique.

      Je savais qu’on l’avait fait pour des atomes. Mais là on a franchi un cap supplémentaire.. Stupéfiant.


    • Monarque31 Monarque31 1er février 16:12

      @L’enfoiré
      Que signifie « rendre une bactérie quantique » ? Surtout que vous dites juste après que « nous sommes tous quantique sans même le savoir ». La bactérie était déjà quantique alors ou pas ? Et qu’est-ce que ça signifie au juste être quantique ?


    • troletbuse troletbuse 1er février 16:15

      @Monarque31
      Il a voulu dire con tique. smiley


    • Gollum Gollum 1er février 16:28

      @Monarque31

      Rendre une bactérie quantique c’est la faire passer par les deux fentes de Young.

      Ce qui est normalement impossible pour un objet macroscopique. Car un objet passe soit dans une fente, soit dans l’autre.

      C’est cette expérience de Young appliquée à une particule bien déterminée qui avait initié la mécanique quantique.

      Puis on est arrivé à faire l’expérience avec un atome. Puis plusieurs atomes. 
      Maintenant une bactérie si on en croit l’enfoiré.

      D’où la conclusion que le monde macroscopique est une approximation du monde quantique. En fait il n’y a que du quantique.

      Entre parenthèse cela donne un crédit théorique à la vieille observation comme quoi certaines personnes seraient capables d’être à deux endroits à la fois.. Cette capacité fut attribuée à certains mystiques..


    • soi même 1er février 19:14

      @L’enfoiré, a si tu savais comment les Dieux sont attristés que les hommes les ont oubliées ;


  • velosolex velosolex 31 janvier 19:47

    Reste qu’il reste à savoir comment on peut se connaitre ?.. Pas un détail quand même. Il faut se confronter au monde, comme Bouddha l’’avait fait.. .Beaucoup passent leur vie avec un parfait étranger, en prenant des poses dans une glace, et en engloutissant des livres, sans les connaitre au fond, en effleurant les lignes, et les concepts, qu’ils tournent à leur avantage…... 

    Généralement, ceux qui ont tout cuit dans le bec ont tendance à croire que tout cela vient de leur mérite personnel….Une bonne guerre, une catastrophe, une maladie que je ne souhaite bien sûr à personne, pour rester politiquement et humainement correct, ramène les choses en perspective, et en calories.

    Même si elles vous font perdre quelques kilos, et illusions, c’ est parfois bien plus profitable que les humanités Grecques, ou un bon polar. Personnellement c’est dans les situations difficiles, voir plus, que j’en ai appris le plus sur moi, et sur les autres. Tout le monde connait l’adage « selon que vous soyez puissant ou misérable »...La cigüe, on préfère souvent que les autres la boive. ... Schopenhauer était très sombre, mais gourmand, et dissertait de la mort autour d’un bon repas. Mieux tout de même qu’Heidegger avec sa croix de fer, et une pensée de rat d’égout, sous les dorures, dés que la guerre éclata. Le bien, le mal, vivre, mourir, retour brusque aux fondamentaux, en temps de crise, ou l’on se battra pour une boite de conserves. Au moins, à l’armistice, on en aura appris beaucoup sur soi.

    La culture n’est souvent au fond qu’un vernis cachant parfois un bois infesté de vers et de parasites, et tenant debout par miracle, grâce au regard des autres, et à sa position sociale. 


    • L'enfoiré L’enfoiré 1er février 13:28

      @velosolex

      "dans les situations difficiles, voir plus, que j’en ai appris le plus sur moi, et sur les autres.

      « 
      Exact. Vous êtes aussi »platonicien« . 
      C’est quand tout va mal que l’on voit ceux qui résistent et qui peuvent échapper aux drames.
      Je viens de revoir le film »La guerre des mondes" et bien que ce soit un cauchemar, il y a ceux qui vont lâcher prise et ceux qui peuvent se sortir du mauvais pas après réflexions.


    • velosolex velosolex 1er février 14:10

      @L’enfoiré
      la mécanique, c’est bien beau ; ON peut l’étudier dans un livre ; Mais rien ne vaut une moto pour savoir si après démonté un moteur, on sera capable de remettre la bécane en route. La philosophie supporte les sophistes et les démagogues, pas un moteur, qui vous met face à des concepts. C’est le sujet d’un livre d’ailleurs écrit par un philosophe qui fréquente les ateliers. ’L’éloge du carburateur, de M. Crawford. Ma vie m’a fait passer d’un boulot à l’autre, et j’ai fait des voyages dans ma prime jeunesse, qui auraient pu m’être fatals. La psychiatrie ensuite m’a familiarisé avec les traumatismes, les concepts de résilience, cette faculté que certains possèdent d’inverser le négatif en positif, pour ne pas être à la masse pourrait on dire. En apprendre sur soi est forcément une sorte d’échange et d’évaluation constante avec le monde en mouvement perpétuel, dans lequel rien n’est définitif. 


    • Gollum Gollum 1er février 14:26

      @velosolex

      Vous avez raison sur la confrontation au réel. Je l’ai d’ailleurs évoqué. Mais ce n’est qu’un aspect de la connaissance de soi. Les autres aspects sont tout aussi importants. La psychologie comme évoqué par l’enfoiré est pour moi une quasi obligation. Notamment la psychologie des profondeurs.

      Pour la philosophie il y a la philosophie réelle au sens des Anciens : apprendre à faire face au monde. Et celle des « penseurs », surtout les modernes, qui n’aboutit bien souvent qu’à un nihilisme et une déconstruction de l’homme..

      Ces derniers me sont insupportables.

      De façon générale se connaitre implique de la souffrance. S’il n’y a pas de souffrance il n’y a pas de connaissance réelle.

      C’est valable pour démonter une moto... Vous aurez du mal à y arriver du premier coup.. smiley


  • L'enfoiré L’enfoiré 1er février 13:23

    Salut Paul,

     C’est exactement cela. Je ne suis pas vraiment l’idée de Socrate qui est toujours un peu égocentrique. Je suis plus celle de Platon.dans cet article : Connais l’homme pour mieux te connaître.

     La psychologie aide énormément à comprendre les autres.

     « Maitriser ses émotions » est affaire de self-control, mais comprendre les émotions des autres demande beaucoup de pratique.


     


    • JL JL 1er février 13:34

      @L’enfoiré
       
      ’’comprendre les émotions des autres demande beaucoup de pratique.’’
       
      Particulièrement ou peut-être seulement quand on a affaire à une personne qui n’en éprouve aucune ou qui sait donner le change.
       
      Par exemple au poker.


    • L'enfoiré L’enfoiré 1er février 13:40

      @JL bonjour,

       Tout à fait.
       Je ne joue pas au poker.
       Aux échecs, je suis trop impulsif.
       Non, je suis un très mauvais joueur et comme je n’aime pas perdre, je ne joue pas à tous les jeux.
       Je suis resté parmi les 2% de personnes qui quand ils visitent Las Vegas, n’ont touché à aucune machine à sous.
       Je ne connais même pas comment fonctionnent les différentes loteries.


    • JL JL 1er février 13:43

      @L’enfoiré bonjour,
       
       je ne joue pas non plus, ni au poker ni aux autres jeux d’argent.
       

      Mais j’aime bien certains jeux,dont le poker, quand il n’y a pas d’argent en jeu, ou alors des sommes symboliques.


  • Taverne Taverne 1er février 14:32

    Connais-toi toi-même pour que ta colère ne te dépasse pas, pour qu’elle ne trahisse pas ce que tu es. La colère doit être ton serviteur et non ton maître.

    1 - La colère naît de la prise de conscience aiguë d’un besoin à satisfaire rapidement. La colère est légitime quand elle repose sur un besoin réel vital ou crucial. La route vers la réalisation de ce besoin étant barrée pour des raisons injustes.

    2 - La colère prend la forme d’une émotion le plus souvent excessive. Cette forme, cette émotion, ne doit pas déteindre sur le fond qui est la poursuite d’un but bien précis. La colère a tendance à vouloir réclamer tous les arriérés d’une dette de la souffrance passée. Ses demandes abusives risquent alors de ne pas être entendue : « vous n’êtes pas raisonnable ! »

    3 - La colère est impatience. « Cédez immédiatement à la totalité de ma requête tant que je suis en colère parce que je serai vite fatigué de ma colère et je vais retourner à mon état d’agneau ». 

    4 - La colère doit être efficiente : la colère ne doit pas être excessive : elle doit être ef-fi-cien-te !


    • Taverne Taverne 1er février 14:39

      J’oubliais un point important : la colère est accompagnée de souffrance. Cette souffrance est un bienfait car elle permet de se connaître soi-même. Qui ne souffre jamais ne se connaît pas lui-même, comme le dit velosolex ci-dessus. La souffrance est bonne conseillère autant que la colère est mauvaise conseillère. Elle permet aussi de se réformer.


  • troletbuse troletbuse 1er février 16:46

    On pourrait penser que nous avons eu 2 présidents quantiques, Flamby et Micron. Leur programme électoral était imprimé sur l’écran gauche, la lumière du projecteur était passé par la fente de Young-comme l’a expliqué Gollum-la fente gauche. Mais quand ils ont débouché la fente de droite, Ils ont vu le programme de leurs maîtres qui était complétement contraire au précédent. Et c’est celui qu’ils ont choisi.

    Est-ce du à la dualité des corpuscules de lumière ?.(Pour Flamby comme pour Micron, on ne peut pas dire que ce sont des lumières)

    Non, ce sont tout simplement des menteurs arrivistes et soumis à leurs instincts de pervers. Pas de quantique la dedans


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