samedi 22 novembre 2008 - par ninou

La manipulation de l’opinion s’essouffle

Où l’on apprend que le malaise enseignant est entendu comme un malaise de la société.

A lire les articles de presse, à écouter la radio, il semble que la seule façon de « couvrir » une grève des enseignants soit d’apporter de l’eau au moulin des éternels pourfendeurs de la fonction publique en général et des enseignants en particulier.

En effet, quelle est l’information transmise au citoyen concerné (le parent) ?

Le service minimum d’accueil ne pourra pas être assuré (qu’un ronchon poli traduira par : « attendez-vous à des grosses difficultés d’organisation à cause des enseignants ») et : les enseignants font grève pour protester contre la fermeture de postes (que le ronchon poli ponctuera d’un « bande de privilégiés »).

Le bonheur, la découverte, c’est que l’intox médiatique ne marche pas si bien que cela.
 
De nombreux parents suivent, soutiennent, comprennent.
 
A la caisse du supermarché mercredi soir, veille de grève, une maman avec ses deux enfants, le caddie plein de victuailles pré-emballées expliquait gravement à la caissière que ses enfants vont habituellement à la cantine le jeudi mais que – grève oblige- elle les gardera chez elle le lendemain avec quelques camarades de classe (d’où les multiples sacs de bonbons par-dessus les nuggets). Moi je me dis : « ça y est, ça va repartir pour le laïus sur ces fainéants de profs ». Que nenni ! La dame poursuit : « c’est ma manière de soutenir le mouvement. J’aime pas qu’on se serve de mes enfants comme si c’était du bétail ». La jeune caissière, pas surprise pour deux sous, lui lance : « vous savez, même nous, on est pris pour du bétail. On aimerait bien faire grève aussi, mais les syndicats, chez nous, ils réagissent pas beaucoup. Le jour où on se mettra tous en grève en même temps, ils (j’ai compris « le gouvernement ») seront bien obligés de voir qu’on est indispensables ».

Jusque là, les réactions positives au mouvement que j’entendais émanaient de parents qui évoquaient, en passant, le sujet des réformes et qui, par politesse me semblait-il, faisaient preuve de commisération. Il m’apparaît maintenant que la suspicion de douce hypocrisie dont j’avais fait preuve à ces moments n’était pas de mise !
 
Bah oui…N’en déplaise à notre ministre, les parents, qui sont aussi des citoyens, des travailleurs, des consommateurs, sont, tout autant que les profs, exaspérés par l’attitude méprisante du gouvernement. Comme tout le monde, ils voient l’argent garanti aux banquiers et refusé à leurs enfants. Ils parlent avec les instits des réformes et de leurs conséquences pour l’avenir. Pour ceux qui ont des enfants en difficulté, par exemple, la disparition du Rased (dont ils sont les seuls à comprendre l’efficacité) est un signe d’abandon de l’égalité et de la fraternité républicaine par l’état.
 
Les autres travailleurs, qui ne sont pas mieux lotis, commencent eux aussi à entrapercevoir que les profs, ces « privilégiés », sont, tout autant qu’eux-mêmes, pris pour des exécutants insignifiants. Les inquiétudes des enseignants viennent se superposer, et non plus s’opposer, aux leurs. Avec la précarité et les exigences patronales à la hausse, il est vrai que c’est la vie (la vraie !) de cette caissière qui est en jeu : CDI qui ne viendra jamais, les demandes futures de travail « volontaire » le dimanche, le refus d’un temps plein, le pouvoir d’achat en berne…). Alors si on hypothèque l’avenir de ses futurs enfants en plus…
 
Revenons à la manœuvre de manipulation médiatique. Au lendemain de la grève que pouvait-on voir et entendre dans les médias concernant cette journée d’action ? Pas grand-chose. Ah ! Si ! Pardon… le discours de Messire Darcos « Droit dans ses bottes » (F.Inter) qui assimile la grève à une gesticulation d’un autre temps.
 
Mais le mépris dont il fait preuve envers la profession rebondit aussi sur ceux qui la soutiennent. C’est une mauvaise stratégie, un jeu dangereux qui ne tardera pas à engendrer de vraies réactions. Dans la « veille de l’opinion » qui verra bientôt le jour pour le bénéfice des ministères de l’éducation nationale, de la recherche et de l’enseignement supérieur, il est fort à parier que le travail de repérage du « risque d’opinion » sera titanesque. Et il ne sera pas forcément le fait des seuls profs car…

L’éducation est une partie majeure d’un projet de société. Si elle n’est pas intouchable, les décisions arbitraires qui la (dé)forment depuis 25 ans sous sa forme « éducation nationale » (qui n’est pas forcément sacrée non plus !) ne vont ni dans le sens de la démocratie, ni dans le sens de la raison et encore moins dans le sens de l’intérêt du peuple. De plus en plus de citoyens réclament un nouveau projet de société. Ceux-ci sentent sans doute que ce qui se trame dans les écoles enfonce encore un peu plus le clou de la nouvelle lutte des classes. On commence à entendre parler de grève générale et cela fait sourire de moins en moins de gens.

Dernier mot pour ma caissière révolutionnaire :
« Le jour où l’on se mettra tous en grève en même temps… »
Demain ?


49 réactions


  • 9thermidor 22 novembre 2008 16:18

    beaucoup ont sans doute de bonnes raisons de se plaindre

    il n’ empêche que la grève est un acte de guerre civile inadmissible et intolérable
    quand on détient un monopole d’ Etat.

    une collaboratrice de mon cabinet a dû payer 250€ de nourrice ( 1 journée) pour venir travailler,
    parce que , elle , elle voulait faire correctement son travail et ne pas décevoir les clients.

    pour que le corps social fonctionne et permette tout simplement aux citoyens de vivre , il faut que tous les organes fonctionnent.

    un gréviste est nécessairement un racketteur et un assasin de la société en puissance.
     se sont les faibles qui recoivent les coups et paient.

    drôles de héros que vos grévistes !


    • Mr Mimose Mr Mimose 22 novembre 2008 17:37

      Sthemidor c’est pas bien de troller ! Retourne jouer à la playstation.


    • foufouille foufouille 22 novembre 2008 17:59

      c’est pas un monopole, il y a des ecoles prives


    • K K 22 novembre 2008 19:51

      Bonjour,

      Vous écrivez : un gréviste est nécessairement un racketteur et un assasin de la société en puissance.
      se sont les faibles qui recoivent les coups et paient.

      Et un dirigeant qui ménace de mettre à la porte ceux qui ne le soutiennent pas, c’est un quoi ?

      Disons-le franchement, la grève est un constat d’échec. Le constat que la négociation ne suffit plus ou est inexistante. Dans le cas de cette colère des enseignants contre M Darcos, ce dernier a directement annoncé quelle serait sa réforme avant de consulter les syndicats. Autant dire que ce que les syndicats pouvaient lui proposer avit dans son esprit une place directe dans sa corbeille. D’où grève.

      La grève est une rupture temporaire du contrat de travail. Lorsqu un gouvernement annonce sans contrepartie et sans négociation que la retraite se fera plus tard, il y a modification substancielle du contrat de travail de manière, donc grève chez les personnels navigants.

      Le responsable de la grève est celui qui modifie l’équilibre, pas nécéssairement le gréviste.


    • norbert gabriel norbert gabriel 23 novembre 2008 15:59

      il faut vite rétablir l’esclavage, ainsi le corps social ne sera pas victime de ces assassins de la société... ça vous va comme programme ? 
      Pour les faibles qui reçoivent les coups comme vous dites, vous mettez dans quelle catégorie les travailleurs salariés qui ne peuvent plus se loger parce qu’aucun propriétaire ne loue si le locataire ne peut justifier d’un revenu de 3 fois( ou 4 fois) le loyer  ? Deux salariés au Smic, comme ces privilégiés de la Poste qui recrute au Smic et qui auraient dans l’idée de chercher un logement somptuaire de 60 mètres carrés à Paris doivent avoir 1000 euros de revenus annexes pour avoir une chance d’être retenus par une agence. 
      En Dordogne, un retraité ayant 1200/1300 euros par mois n’est pas crédible pour un loyer de 400 euros ; alors ? il reste les cavernes et le camping...
      Vous vivez dans quel monde ?
      La grève qui rackette .... cette société qui laisse les gens dans la rue, je me demande s’il ne faut pas une action plus radicale que la grève... je vous laisse réfléchir à ça
      Vous pouvez me dire dans quel coin on paye les nourrices 250 euros par jour ? j’envisage de me reconvertir.


    • lulu 23 novembre 2008 20:05

      250 euros une journée pour une nourrice ?!!!!! Je suis certaine que des nourrices seraient ravies ( ou consternées plutôt) d’entendre cela....un peu comme les 4400 euros de salaire du prof de Mr Darcos.....


    • troipattes 23 novembre 2008 21:04

      "guerre civile" dites vous ? Tiens, je croyais que c’était un droit...

      Etes-vous salarié ? Alors estimez-vous heureux que certains aient encore le courage de faire grève, faute de quoi préparez-vous à travailler 60 heures par semaine, sans repos dominical, de 14 à 70 ans.

      Mais vous avez raison, défendre l’emploi, le droit du travail, une éducation décente, des services publics efficaces, c’est sans ntérêt.

      Courbez l’échine, mon cher, au-dessus de vous il n’y a que de grands philanthropes prêts à vous aider, pas à vous exploiter jusqu’au trognon, c’est bien connu.

      Allez, je vous laisse vous abreuver de libéralo-niaiseries à la sauce TF1, nous recauserons quand vous vous serez offert un esprit critique

      250€ la nourrice à la journée ? Dites, si vous devez la défrayer, regardez-y à 2 fois, elle se fiche de vous !! C’est plus cher que des heures sup de prof agrégé !!


    • 65beve 65beve 23 novembre 2008 21:52

      "une collaboratrice de mon cabinet a dû payer 250€"
      Pour ce prix, le papa a dû avoir une pipe en prime......
      cdt
      bv


    • Traroth Traroth 23 novembre 2008 23:16

      Si tout ce que vous attendez de l’école, c’est qu’elle garde vos enfants pendant que vous êtes au travail, c’est exactement ce que vous allez obtenir. C’est en bonne voie, d’ailleurs. Bientôt le Ministère des Garderies Nationales...
      Les enseignants se battent pour que l’école soit plus que cela. Pour que l’école éduque des adultes responsables et capables d’esprit criitique, des citoyens aptes à participer utilement et intelligemment à la vie de la nation, et pour finir des professionnels capables de contribuer utilement à l’économie, et grâce à cela de s’élever socialement.
      Bref, tout ce que les libéraux veulent éviter...


    • 9thermidor 25 novembre 2008 08:25

      Monsieur,

      je ne suis pas salarié : je fais moi-même ma paie.
      je travaille 60 heures par semaine , au moins.
      j’ai bâti tout seul mon petit cabinet avec mes économies, en vivant de peu.

      une grève chez moi et c’est la fin en un mois,
      trois salariés au chômage
      quelques concurrents qui prendront gratuitement mon portefeuile

      et pas une larme dans la presse.
      pas de place pour une mentalité d’ esclave révolté.


  • jaja jaja 22 novembre 2008 16:18

    Cette caissière a bien raison !

    "Tous ensemble" scandent souvent les leaders des organisations syndicales, tout en se débrouillant pour n’appeler qu’à des grèves bidon, secteur par secteur, et donc fatalement sans grande ampleur...

    Oui, tous ensemble, grève générale où l’on bloque tout jusqu’à ce qu’ils cèdentà nos exigences !


    • titi 24 novembre 2008 08:24

      Qui ils ?
      Vos exigences valleraient plus que "les leurs" ? Pour quelles raisons ?


  • jaja jaja 22 novembre 2008 16:46

    A 250 euros par jour la nourrice de votre collaboratrice doit rouler en Ferrari...  smiley


    • foufouille foufouille 22 novembre 2008 18:06

      il voulait dire par mois et sans papiers la nourrice


    • 9thermidor 23 novembre 2008 15:27

      une nounou c’est 40€/h

      comme la Mairie ( st Maur) a prévenu à la denière minute qu’elle ne garderait pas les enfants,
      elle a dû passer à la caisse.

      la grève n’a pas affecté la Mairie,
      mais les finances des pauvres parents qui utilisent le service public et pas gratuit du tout.

      je persiste et signe , le gréviste est un individu qui nuit à ses concitoyens 
      pour faire pression sur son patron ,
      lequel s’en fiche complétement quand c’est un service monopolistique d’ Etat. 


  • JL JL 22 novembre 2008 17:37

    Excellente mise au point. Vous citez (F.Inter) : "Darcos " Droit dans ses bottes " qui assimile la grève à une gesticulation d’un autre temps."

    J’ai pour ma part entendu dire que la grève était "démodée". Comme si elle avait été une mode un jour. Décidément, on se demande si ce gouvernement est sérieux.


  • morice morice 22 novembre 2008 18:46

     "La manipulation de l’opinion s’essouffle" Pas sur l’afghanistan....


  • Gasty Gasty 22 novembre 2008 19:51

    Cet article est réconfortant et plein d’espoir.


  • mara 22 novembre 2008 21:21

    ça c’est une bonne nouvelle ! une nourrice aura gagné un jour de grève 250€  Pour sûr, y en a qui n’ont pas intérêt à se mettre en grève : pouvoir payer une nourice à ce prix, je n’ose imaginer le salaire qui doit tomber à la fin du mois... et puis elle aurait pu faire garder son enfant gracieusement... enfin, il faut dire que les services gracieux se rendent aussi...

    Voilà, l’idée qu’elle est bonne ! Que tous les misérables se solidarisent en se mettant en grève ensemble
    Quant à la grève du 20 novembre, je tiens à faire un petit rappel : elle a été menée pour soutenir les RASED (que Monsieur Darcos compte supprimer) ( RASED = réseaux d’enseignants venant en aide aux enfants dont la difficulté scolaire réside la plupart du temps, par le fait que ces derniers vivent dans un climat familial difficile ; les parents de ces enfants sont bien souvent submergés par des problèmes qui leur font perdre tout contact avec la société. Le RASED a ainsi ce rôle de rétablir les liens sociaux rompus) Dans les écoles classées ZEP ces réseaux sont primordiaux. On ne peut donc pas laisser s’instaurer une école à deux vitesses où la sélection risquera bientôt de se faire dès la maternelle. Chaque enfant, d’où qu’il vient, à droit à une chance et toutes les écoles se doivent de respecter ce droit.
    En outre, les parents ne rencontrant pas de problèmes particuliers vis à vis de la scolarité de leurs enfants, devraient ouvrir leurs yeux et faire preuve d’un peu plus de compréhension pour ceux dont les enfants sont en échec scolaire


    • tmd 23 novembre 2008 07:23

      Le RASED chez nous. C’est un psychologue, que l’on croise quand on repart de l’école à 8h40 après avoir posé ses enfants. Il arrive, tout tranquillement (le début des cours est à 8h30). Il ne prend aucun enfant avant la mi septembre, pour avoir le temps d’étudier les cas. Même si pour une bonne part, ce sont les mêmes que l’an dernier. Et puis le vendredi après midi, jamais d’enfants : il est en concertation avec ses maîtres, E ou G, je sais plus. Et puis ces maîtres là qui étaient avec lui l’an dernier, eh bien cette année ils ont une classe normale. Je peux vous dire qu’ils sentent la différence au niveau charge de travail. Pour finir, ce cher psychologue scolaire il y a deux ou trois ans de cela, a été injoingnable toute une semaine, au beau milieu de l’année scolaire : il était en stage de ski ! Alors franchement, des RASED comme cela, je vais pas me battre pour eux.


  • foufouille foufouille 22 novembre 2008 21:39

    pour darcosh, 1500€/an/gamin est un petit effort pour se payer une ecole prive


  • bobbygre bobbygre 23 novembre 2008 09:19

    Nous sommes nombreux à tranquillement militer pour une grève générale et à attendre ce moment...
    Ca vaudra tous les caténaires arrachés du monde...


  • Gaston_06 23 novembre 2008 09:24

    Les profs, les magistrats et avocats, les caissières, le monde de la santé dont les médecins, et même les flics maintenant il paraît... Ce gouvernement fait vraiment beaucoup d’efforts pour faire l’unanimité contre lui ! Ca mérite des encouragements ! :->


  • tiptop 23 novembre 2008 11:15
    Darkos : l’empire de la soustraction Depuis un an, l’école est sens dessus dessous. Chaque jour l’accumulation de réformes peu ou mal appliquées fragilise l’édifice. Les enseignants sont sommés parfois de manière extrêmement brutale de marcher au pas. Beaucoup aujourd’hui se posent la question : est-ce l’éducation nationale en tant que service publique qui est visée ? Discours de militants ou d’ultra gauche comme voudrait le faire croire le gouvernement (voir la lettre de Devedjian adressée aux militants UMP) ? Pas si simple. La protestation dépasse largement les opposants naturels de M. Darcos.
     
    Partout des appels à la désobéissance pédagogique se multiplient. Des motions circulent demandant la suspension de l’aide personnalisée. La grève du 20 novembre s’annonce massive.
    Examinons par le menu les sujets qui fâchent. La liste n’est pas exhaustive. A vous de la compléter.
    Je suis professeur des écoles en REP depuis 15 ans. Arrivé à 7h30, sorti à 17h 30 je travaille 10 heures par jour les lundi mardi jeudi vendredi. Peu de pauses. Corrections, préparations, concertations diverses et réunions rendent extrêmement denses les journées. Je ne me plains pas. Le hic est que ces journées de dingues sont aussi celles des enfants. Jusqu’à 10 h de présence à l’école et 7h 40 d’activités encadrés pour certains !! Sans même parler des devoirs le soir ! Je suis prêt avec beaucoup de mes collègues à réduire mes vacances, travailler le mercredi matin pour faire bénéficier à nos enfants , comme dans de nombreux pays, des journées allégées 8h- 15h, les municipalités prenant le relais par la suite. On en est très loin.
     
    Le rythme des enfants est le cadet des soucis d’un ministre affairé à vendre son « aide personnalisée » et ses stages pour mieux faire passer la suppression des autres dispositifs d’aides. Depuis des années, nous marchons sur la tête en terme de rythme scolaire. Les rapports des chronobiologistes, les enquêtes PISA qui dénoncent le niveau de stress chez les élèves français, prennent la poussière. Un CP travaille autant d’heures qu’un lycéen !
     
    Suppression de postes à tous les étages
     
    Dans notre établissement, cette année nous avons perdu nos EVS après notre aide éducatrice. Conséquence : les activités en demi-classe (précieuses pour gérer la difficulté scolaire et mener à bien certains projets) ne sont plus assurées. Les remplaçants se font rares. Une institutrice de l’ école voisine n’a pas été remplacée pendant 15 jours. Pire, l’éducation nationale a l’intention désormais de demander aux municipalités de remplacer au pied levé (Source : le délégué à l’éducation de ma commune). Avec du personnel non qualifié cela va sans dire…
     
    11 000 postes en 2008… Voilà le principal objectif affiché par le ministre de l’éducation nationale, le fil rouge de sa politique. Le « toujours plus » ne garantit pas l’amélioration des résultats nous assène-t-il. Oui, des moyens pour l’éducation nationale, c’est ce qu’on appelle en bonne logique une condition nécessaire mais pas suffisante…Il faut aussi des réformes structurelles et des pratiques pédagogiques adaptées. Mais alors il faut en déduire que le « toujours moins » à l’œuvre ne peut produire que le pire, surtout avec un tel niveau de désorganisation actuel. Darcos parie-t-il sur le pourrissement de la situation ? Qu’il se rassure, il est à l’œuvre…
     
    Suppression de l’aide spécialisée (Rased)
     
    J’ai dans ma classe 3 enfants du voyage en grande difficulté, deux ENAFs (élèves non francophones) deux élèves diagnostiqués hyperactifs, deux dyslexiques, et deux posant de graves problèmes de comportement. C’est la réalité d’une classe en REP aujourd’hui. Plus que jamais nous avons besoin de poser les bons diagnostics pour proposer des aides adaptées mais cela ne peut se faire qu’en équipe. Supprimer le RASED reviendrait à faire reposer toute la charge sur le seul instituteur. 
     
    L’aide personnalisée est en train de se mettre en place au prix au prix d’une surchauffe sans précédent dans les familles, les écoles et les municipalités… Quid des enfants dont le dispositif d’aide n’est pas pertinent et qui ont besoin d’une aide plus spécialisée ? 2000 postes RASED vont être supprimés dès la rentrée 2009.
     
    Flicage des profs dans la blogosphère et les forums.
     
    Internet est le seul espace où nous pouvons encore nous exprimer et être entendu. Dans les grands médias la cause est déjà entendue ; les journalistes du PAF ne font le plus souvent, à de rares exceptions près, que la communication du gouvernement. Avez vous déjà vu au JT un enseignant en grève s’exprimer plus de 10 secondes ? Les grands médias se fourvoient dans des faux débats (faut-il revenir à l’école d’autrefois) et présentent l’école d’aujourd’hui de façon souvent caricaturale. Certains éditorialistes (comme Natacha Polony. Marianne n’est pourtant pas un journal qui peut être soupçonné de Sarkozysme) défendent les thèses populistes des Brighelli et consorts et font parti de lobbies (« sauvons les lettres ») à l’origine des nouveaux programmes.
     
    Cette décision de confier à une entreprise privée le flicage des profs sur le net est d’une violence inouïe. Darcos prétend "anticiper et évaluer les risques de contagion et de crise". Personne n’est dupe, un enseignant auteur d’un blog contestataire s’est déjà vu attribué un blâme. On s’attaque à la liberté d’expression. Dans quelle démocratie vivons nous ?
     
    Rémunération à la prime
     
    Enseignant de Cm2, je vais toucher une prime de 400€ pour faire passer les évaluations nationales en Janvier. Mes collègues sont super contents pour moi. Eux ne toucheront pas un centime et passeront plus de temps à préparer eux-mêmes leurs évaluations…Et bonjour la zizanie lors de l’attribution des classes à la prochaine rentrée !
     
    Les nouveaux professeurs des écoles ont paraît-il touché une prime de 1500€. Je suis content pour eux. Ce ne les empêchera pas de se retrouver dans les quartiers les plus difficiles sans y être préparé (voir Formation professionnelle). Ils vont pouvoir se payer des vacances.
     
    Diviser pour mieux régner ? Une vieille stratégie de guerre du maréchal Lyautey.
     
     On prépare les enseignants à la rémunération au mérite. Sur le principe, pourquoi pas ? Mais comment évaluer les profs de façon équitable ? Temps de travail (investissement dans des projets) , qualité de l’enseignement, résultats des élèves ? Quel que soit l’angle choisi (Darcos a choisi le troisième) l’équation est d’une complexité inouïe. Nous travaillons sur de l’humain, les enfants ne sont pas des machines à apprendre. L’humilité est de mise dans ce dur métier où quoi qu’on dise les réussites et les échecs de nos élèves ne dépendent que pour une part de notre action. « Il y a trois métiers impossibles : celui de parents, d’enseignants, et de politiques ». Cette phrase de Freud devrait inquiéter Darcos, il cumule les trois…
     
    Evaluation nationale bilan et non plus diagnostic.
     
    Avant l’ère Darkos, nous faisions passer des évaluations nationales diagnostics. Dès septembre, nous avions des données précises sur les points faibles et points forts de nos élèves que nous pouvions exploiter en équipe et communiquer ensuite aux parents.
     
    Aujourd’hui, on change radicalement de logique. Il ne s’agit plus d’outiller les enseignants pour gérer la difficulté scolaire car en janvier les dés sont jetés depuis longtemps. On met les écoles en concurrence puisque les résultats globaux de chaque école seront accessibles par le bouche à oreille. Cela participe à l’actuel démantèlement de la carte scolaire.
     
    Assouplissement de la carte scolaire :
     
    Les exemples en Europe sont nombreux et les effets convergents. Une fois la digue rompue (elle était déjà fissurée de part en part), la nécessaire mixité sociale prend l’eau et des écoles dans certains quartiers se ghettoïsent.
    L’escroquerie consiste à dire que ce sont les parents qui choisissent. Les chefs d’établissement qui croulent sous les demandes d’inscriptions et les dérogations savent qu’il n’en est rien. Ce seront toujours les mêmes qui iront dans les établissement de leur choix.
     
    Nouveaux programmes. Tromperie au sujet des évaluations internationales PISA
     
    « Les connaissances et capacités s’acquièrent par l’entraînement » Cette phrase sentencieuse répétée à longueur de programme est un non sens pédagogique dénoncé par tous les professionnels. L’entraînement n’est qu’une étape dans le processus d’apprentissage. Le comble est que les petits français, si on en croit les résultats PISA, sont plutôt performants pour résoudre des exercices mécaniques. En revanche ils manquent d’imagination, d’initiative face à la résolution de problèmes.
     
    C’est dire si on fait fausse route avec des programmes plus lourds (introduction de l’histoire de l’art, réduction de 108 heures) et centrés sur l’accumulation mécanique de savoirs. Ils sont, contrairement à la propagande officielle, moins ambitieux et décentrés par rapport au fondamentaux. (je suis d’accord sur ce point avec Luc Ferry et Jack Lang). Ils induisent une pédagogie purement transmissive qui ne répond en rien à la difficulté scolaire. Si ce catalogue indigeste est réellement appliqués (rassurez vous les enseignants font encore preuve de bon sens !), la liberté pédagogique est un leurre. Mais alors que faire de programmes inapplicables ?
     
    Mais la véritable escroquerie est plutôt dans l’interprétation des données PISA par le ministre. Il prétend que les résultats désastreux de la France en matière d’éducation justifie l’abandon des programmes de 2002. Tout d’abord la France se situe dans la moyenne des pays de l’OCDE. Ce n’est certes pas glorieux mais ce n’est pas non plus la Berezina annoncée. De plus cette évaluation internationale se fait par tranche d’âge (15 ans) donc il faudrait attendre au moins 2012 pour commencer à avoir du recul sur les programmes 2002.
     
    Précisons que ces derniers faisaient l’objet d’un large consensus au sein de la communauté éducative. Les nouveaux programmes nous ont été présentés en mai 2008 lors d’une « consultation » grotesque (« Trouvez vous les programmes lisibles ? »). Les éditeurs, eux, n’ont pas attendu et nous avaient déjà proposé des manuels révisés 2008 ! Devant la gronde généralisée, le ministre en a retiré les aspects les plus grotesques. Mais l’esprit a été conservé.
     
    Réforme de l’inspection.
     
    Fini l’inspection des pratiques pédagogiques. Désormais ce sont les inspecteurs qui prendront la classe pendant une heure avec l’instit comme spectateur ! Objectif : vérifier l ‘acquisition des connaissances. On imagine la tête d’Amandine ou de Mouloud si on leur demande hors de tout contexte de réciter le passé antérieur ou de montrer qu’ils maîtrisent la règle de trois ! Bonjour le ridicule. Ce scénario surréaliste a été présenté aux inspecteurs lors d’une réunion académique particulièrement houleuse. Je plains ces derniers, leur métier, déjà extrêmement difficile, va devenir impossible.
     
    Fin programmée de l’école maternelle ?
     
    Plusieurs éléments convergents sont sur ce site : http://asso.nordnet.fr/ecole.et.territoire/fin%20de%20la%20maternelle.html
     
    Si Xavier Darcos ne veut pas être surnommé « le ministre de la sieste et des couches culottes », qu’il mette le paquet sur la maternelle au lieu de mettre les maternelles en paquet de 30 (rapport du HCE 2007) !
     
    Réforme des IUFM : fin de la formation professionnelle
     
    Tout est cohérent : les nouveaux programmes étant essentiellement fondés sur la transmission, il suffit de recruter des professeurs des écoles à bac +5
     
    La deuxième année d’IUFM consacrée à la professionnalisation des professeurs est supprimée. Les étudiants ayant décroché leur concours seront affectés directement dans les classes avec pour seule formation une sorte de tutorat assurée par un conseiller pédagogique. Cette réforme se base sur le principe que toute personne qui possède les compétences requises est à même de les transmettre !
    On imagine les dégâts à venir. 
     
    Mépris des enseignants
     
    C’est certainement la raison qui fait de Darcos le ministre de l’éducation le plus impopulaire de la 5ème république parmi les professeurs. Les exemples sont trop nombreux pour être cité ici. Le clip où il se demande s’il faut bac +5 pour changer les couches en maternelle nous a fait rire jaune. Voilà un ministre qui ignore que les enfants sont accueillis propres.
     
    Ce mépris, nous lui rendons bien.

  • mara 23 novembre 2008 12:40

    Voilà, le principal est dit dans le texte de Tiptop. Bien entendu, c’est en travaillant dans les écoles que l’on se rend vraiment compte du démantellement pernicieux que le ministre de l’éducation est entrain d’infliger au système scolaire et plus particulièrement aux écoles publiques laïques. C’est ce que j’espère, vraiment, que la manipulation de l’opinion s’essoufle !


  • mara 23 novembre 2008 12:49

    *démantèlement
    *s’essouffle

    Dommage qu’il n’ y ait pas de correcteur orthographique...


  • Foudebassan Foudebassan 23 novembre 2008 13:35

    La manipulation de l’opinion s’essouffle ? 
    Pas sûr ! Regardez comment SR arrive à manipuler les foules, simplement avec du vent !



  • Le vénérable du sommet Le vénérable du sommet 23 novembre 2008 16:29

    Il me parait de plus en plus évident que le choix de s’attaquer à l’éducation de la population est réfléchi et prémédité. il s’imbrique parfaitement avec l’appauvrisement intellectuel affligeant de nos (pseudo) représentants, avec le manque réel de vrais informations dans nos journaux, avec la médiocrité inquiétante de nos médias, etc ...
    Je crois que beaucoup de français commencent à comprendre que l’incohérence, l’incompétence et la brutalité de nos politiques les obligent à sortir de leur torpeur habituelle car elles sont vraiment tangibles dans la vie de tout les jours. Je crois aussi que beaucoup de parents comprennent que si ils ne réagissent pas bientôt, leurs enfants formeront un peuple d’ignorants que l’on pourra facilement embrigadé.

    Le beauf en Weston et rolex serait - il en train de préparer ses futures milices ?? :->


  • jak2pad 23 novembre 2008 17:11

    @tmd
    d’accord avec vous , j’en pratique un autre qui ressemble au vôtre, sauf que celui-là, il ne fait pas de stages, il est juste absentéiste, et très insaisissable....

    j’ai le bonheur de relire in - extenso la précieuse et passionnante contribution de tiptop, qui n’a pas jugé utile de réécrire même une ligne de son topo, et nous le rebalance une deuxième fois tel quel - on l’a pourtant déjà lu la semaine dernière - alors tiptop, on n’est pas du tout paresseux ? à quand une troisième parution de ce texte de référence ?

    j’avais dit dans ma réponse que beaucoup d’enseignants pratiquaient le double langage, mais aujourd’hui, quelle fraîcheur, quelle spontanéité :
    cette" ptite prof des écoles" de Cherbourg me plaît beaucoup : elle a des vrais arguments, en provenance directe du vrai peuple de base, celui qui s’exprime sur l’actualité aux caisses des Franprix de Cherbourg, où la caissière et la cliente tombent d’accord,immédiatement et sans détour - on sent le vécu, le vrai - pourquoi nos stupides instituts de sondage bossent-ils jour et nuit pour sortir des conclusions fausses, alors qu’ils pourraient avoir toutes les nouvelles fraîches et les vraies tendances du futur, simplement en allant s’informer à Cherbourg ?

    La seule chose qu’elle nous cache, cette jeune enseignante futée, c’est la date de cette grande grève générale de tous les pauvres, exploités, misérables et offensés ?

    Alors, juste pour moi, Ninette, tu me dis pour quand c’est ?


  • amynedd amynedd 23 novembre 2008 18:32

    Savez-vous qu’il y avait des professeurs du privé en grève. Même dans le privé les professeurs sentent le danger.
    Témoignage :
     Solange, professeur d’histoire-géographie en 6e, 5e, seconde et première au lycée privé Fénelon-Sainte-Marie à Paris.
     
    "Je ne suis pas touchée financièrement mais je fais grève parce que je sais que les prochains concernés par les réformes, c’est nous (les professeurs d’histoire-géographie).
     
    "J’ai des classes en demi-groupes. On va les supprimer. Les TPE, travaux personnels encadrés en demi-groupe pour la rédaction de mémoires pour les élèves de première, cela va être supprimé. C’est dans l’air du temps. Ce qu’ils veulent, c’est 35 élèves par heure devant chaque professeur.

    Malheureusement très peu d’info sur ces profs, comme d’hab.


    • Croa Croa 24 novembre 2008 19:11

      à Huhuhu qui a écrit :« Le peuple est tellement d accord avec les enseignants que ca fait trois elections qu ils votent a droite.. »

      La manipulation des sujets* est complexe mais réelle. Le résultat des élections est paradoxal parce qu’en fait le choix est virtuel :
       smiley  Nous ne sommes pas en démocratie !  smiley

      (*C’est pour cela que j’ai écrit "sujets" et non pas "citoyens")

      Lecture recommandée :

      L’illusion démocratique au service du capitalisme

    • ninou ninou 25 novembre 2008 19:39

      @ Croa
      Lien très à-propos. Merci.


  • mara 23 novembre 2008 20:03

    Mon texte a subitement disparu au moment d’être valider. Mais j’ai une bonne mémoire.

    Je ne saisi pas bien ce qu’exige toute cette fange de personnes hérissées à la vue d’un enseignant, ou bien si, je crois deviner... Ne serait-ce pas, par hasard, parce que l’enseignant est soit disant tenu d’assurer "l’éducation" dans le sens large du mot, celle dont les parents se déchargent ? Ne serait-ce pas, par hasard, parce qu’il est tenu d’apprendre à l’enfant pour que par la suite ce dernier puisse avoir un "bon métier"  ? Rares sont les parents qui s’enquièrent réellement des savoirs de leurs enfants.
    Voici ce qu’une majorité parents exigent : que leurs enfants rapportent de bonnes notes ; l’esprit étant à la compétition. Voici ce qu’espèrent la majorité des parents dans leur fort intérieur : que les devoirs soient faits en sortant de l’école. Ah ! mais c’est qu’ils ont été entendus ! les devoirs ne sont plus obligatoires, alors que l’on sait pertinement que l’acquisition des matières se fait avec des mises en application des leçons vues en classe.
    Mais ce n’est pas tout. Pourquoi la semaine de quatre jours a t-elle été mise en place ? Pour tous les parents qui passent leurs week-end à Disney Land ou dans les stations de ski, il ne faut pas se leurrer. Ces mêmes parents qui n’ont que du mépris pour les enseigants parce que ces derniers ne seront jamais les précepteurs de leurs enfants et, d’ailleurs, cela leur est bien égal puisqu’ ils finiront par payer des cours particuliers à leurs gosses pour les faire réussir quelque soit la détresse où baigne le système scolaire. Pendant que d’autres plus modestes, ramassent les pots cassés.

    Malheureusement la vérité c’est celle là : l’école pour tous n’est qu’une illusion qui touche à sa fin.


  • Brieuc Le Fèvre Brieuc Le Fèvre 23 novembre 2008 21:05

    La réalité de la "réforme", en particulier au lycée, c’est que le ministère a commandé un rapport à des "experts" pour savoir si il était possible de supprimer 80 000 postes d’enseignants. Réponse : oui, mais pas en conservant la structure éducative actuelle. D’où cette "réorganisation" du lycée (perte quasi achevée des sciences éco et sociales, "parcours à la carte", etc), et des maternelles/primaires (fin de la scolarisation précoce, bourrage des classes, suppression des RASED, etc).

    Ces réformes sont faites non pas en vue d’améliorer le système éducatif, mais en vue de réduire l’offre éducative et de réorganiser l’utilisation du temps de personnel de telle sorte qu’il soit possible de "sortir" 80 000 enseignants.

    C’est une réforme faite purement sur des objectifs comptables. Ni les profs, ni les parents, ni les élèves ne sont considérés.

    La seule considération éducative en jeu, c’est sûrement que si l’école fabriquait de bons éléments, elle finirait par en produire quelques uns qui seraient meilleurs que les "élites" actuellement au pouvoir. Or, la règle numéro un quand on est un con au pouvoir, c’est de ne s’entourer QUE de plus cons que soi. Et si ceux-ci viennent à manquer....

    Donc, notre bon ministre, en con avisé qu’il est, a décidé de transformer l’Ecole de la République en Usine à Fabriquer des Plus Cons que Lui.

    CQFD


    • Emohtaryp lululu 23 novembre 2008 22:08

       smiley il faudra faire fort pour être plus cos que darcon..bon post et excellent raisonnement,on fait du bizz sur nos enfant,tous les prétextes sont utilisés,comme d’habitude,"l’enfer est toujours pavé de bonnes intentions"....


  • Emohtaryp lululu 23 novembre 2008 22:01

    Nous sommes une très grande majorité à être aux côtés des enseignants,leur combat est aussi le notre,celui de tout le monde et de tous les parents,de l’avenir de nos enfants et de l’éducation.Il va falloir que notre exité calme le jeu sérieusement sous peine d’être mis au pied du mur ou plutôt vers la porte de sortie... nous approchons ,sans nul doute,à une grève pratiquement générale ,le vase débordera quand la "goutte ultime" tombera dedans. Et de gros nuages s’amoncellent à l’horizon,le retour de flamme de l’escroquerie financière commence à frapper à la porte....1700 milliards pour les escrocs,et on veut économiser les chandelles sur le dos de enfants ! restons sérieux,sinon c’est plus que les caténaires sabotées que l’on peut prédire dans les mois et années à venir,une insurection générale incontrôlée.....


  • bivipi 24 novembre 2008 08:40

    Chacun se souvient de son cours de maths qui dit que si A implique B, alors non-A implique non-B.

    Imaginons donc le jour ou la gauche reviendra au pouvoir. D’ici là, il y a une grande chance que toutes les écoles auront mis en place le service minimum d’accueil, bon gré mal gré. Imaginons alors que ce nouveau gouvernement le supprime. Ne sera-ce pas alors perçu comme un recul social évident qui pénalise les plus modestes ?

    CQFD


  • ugn402 24 novembre 2008 09:42

    Ma femme a ete enseignante en maternelle pendant 10 ans et je sais de quoi on parle : les enfants sont accueillis "propres" ? A 2ans et demi en petite section ? Pauvre fou ! La premiere chose qu’on demande aux parents c’est de fournir suffisamment de couches pour la journée ! Oui, en petyite, voir en moyenne section la maternelle c’est de la garderie, pas d’educatif du tout ! Par ailleurs dans bien d’autres pays, la maternelle n’existe pas et le niveau scolaire de eleves arrivés a l’equivalent BAC vaut bien le notre ! La maternelle n’est pas necessaire. Elle est utile, mais arretons de dire que c’est une ecole : vce n’est qu’une garderie. Bac + 5 en maternelle ? Allez y donc voir : l’essentiel du travail est fait par des ASSEM dont certaines n’ont meme pas le CAP petite enfance et elle font le meme boulot (parfois mieux) que les "enseignant(e)s - mdr - titulaires. Enfin, autant que je sache : faire la greve, c’est arreter de produire. Ok pour que les enseignants arretent de produire (arretent d’enseigner !) mais pas pour qu’ils fassent des pieds et des mains pour emm.... tout le monde ! Si demain je voulais faire la greve, je n’aurais pas le droit de les empecher de se rendre a leur boulot (ou plutot si, mais ils s’en foutraient puisqu’ils ne perdraiennt pas un cent de salaire. En effet : la fonction publique est TRES privilegiee. Mais attention, notre patience a des limites, et nous envisageons avec quelques amis d’organiser un service civil de substitution aux enseignants en cas de greve (accueil et cours ! .. et nous sommes tous ingenieurs d’ecole : personnellement ENSEEIHT toulouse).


    • 5A3N5D 24 novembre 2008 09:50

      et nous sommes tous ingenieurs d’ecole : personnellement ENSEEIHT toulouse).

      Lol ! Et comment il fait, l’ingénieur ENSEEIHT lorsque son rejeton ramène une grippe ou les oreillons de l’école ? Il... le met chez une nourrice ? Ben, oui, il a les moyens, l’ingénieur.

      Par contre, je ne pense pas qu’il aura les moyens de faire cours de façon profitable pour les élèves. Bref, le jour de la grève, il fera de la garderie, ni plus ni moins. 


  • jak2pad 24 novembre 2008 15:37

    @ ugn 402

    voua avez bien raison

    moi je travaille dans cette maison de fous qui s’appelle l’Education Nationale.

    Quand j’y suis entré (il y a longtemps...), cela fonctionnait pas trop mal, et il y avait pas mal de gens sérieux-à l’époque nous étions je pense meilleurs que les boîtes privées.

    C’est vrai qu’on n’en est plus là, et le privé a clairement pris l’avantage, pas parce qu’ils sont géniaux, mais tout simplement parce qu’ils bossent plus, et qu’ils ne sont pas absents la moitié du temps-quand un prof n’est pas là, un autre le remplace.
    Dans le public, au panneau d’affichage des profs absents, vous avez tous les matins la liste des malades, c’est vrai, mais aussi des tire-au - flanc, des paresseux, des dépressifs, des glandeurs et des petits malins qui enchaînent les stages syndicaux, et ça en fait du monde

    et tous ces gens sont payés, bien entendu, même d’ailleurs quand ils font grève, parce qu’ils s’arrangent très bien pour ne pas être déclarés

    mais ne le dites pas à haute voix, ou on vous traitera de tous les noms, le plus doux étant " traître", "fasciste" et "libéral"


    • Mr Mimose Mr Mimose 24 novembre 2008 19:16

      C’était mieux avant ! Tout se perd ma bonne dame !


    • dapeacemaker911 25 novembre 2008 09:57

      Ne soyez pas si naive madame...

      le Savoir est une arme des plus puissante pour celui qui le possede, il est hors de question que les masses disposent d un savoir qui leur permetrait de prendre des decisions conscientes basées sur une reflexion personnelle.... vous imaginez le bordel si les gens savaient ce qu est l OMC, le FMI, la BM ???
      Si ils apprenaient qui a financer le nazisme, et qui vendait des armes a Sadam Hussein ?
      Il se mettraient a comprendre que la crise actuelle n est qu un braquage mondial organisé, ils comprendraient que l argent se creer par l endettement et que donc le systeme n est pas viable.

      soyez serieuse 2 minutes : C est beaucoup plus simple d avoir une masse ignarde qui ne reflechi plus par elle meme et qui des stereotypes est devenue prisioniere.

      Un Peuple instruit pourrait s unir, critiquer, contester, reclamer... bref... que ce serai detestable n est ce pas ?


      DPM


    • ninou ninou 25 novembre 2008 19:34

      @DPM
      Précisément, sur le thème de l’éducation j’ai arrêté d’être naïve ! L’état veut se débarrasser de ses obligations (constitutionnelles soit dit en passant). Et le peuple sera toujours plus dévoué qu’il sera ignorant !
      @ux autres commentateurs
      Le sujet de l’article n’est pas de défendre ou pas l’éducation nationale. Or, je vois qu’il suffit d’avouer qu’on est prof pour avoir aussitôt une horde de hyènes à ses trousses (je ne vous inclue pas tous dans le lot !).
      Cette tribune libre est un article d’opinion et mon opinion est que les gens autour de moi perdent précisément leur naïveté sur bien des sujets. Est-ce l’effet internet ? Je ne sais pas. Je constate. Toujours est-il que chacun commence à écouter les "revendications" des autres avec une oreille bien plus attentive qu’il y a quelques années.
      En plus d’avoir fait d’autres métiers que celui d’instit, j’ai dans mon entourage un bon pannel de la société : de la femme de ménage au gestionnaire financier en passant par des intérimaires du bâtiment, secrétaires, infirmiers, artisans, policiers, métallurgistes, éducateurs... Dans leur métier comme dans leur vie de tous les jours, ils s’aperçoivent que le monde "marche de travers" et que les décideurs, qui sont bien décidés, malgré la crise, à ce que rien ne change pour eux, sont près à sacrifier la démocratie (ça c’est déjà fait) et l’idée de justice pour cela...
      Cela ne concerne même pas uniquement la France...
      Pour ceux qui réclament à corps et à cri la date précise de l’insurrection qui vient (!) je leur conseille simplement de rester aux aguets !
      Au plaisir de vous lire smiley


    • PUCK 25 novembre 2008 23:51

      @ Ninou .

      Il se trouve que j’ai peut être suivi un cursus proche du votre ,non pas instit ou prof des écoles ,mais prof tout court dans des lycées avec des classes comprises entre la 3ème et la terminale . J’ai abandonné cette administration ,car ,si je trouvais les élèves attachants ,les collègues ,par contre me semblaient sectaires et intolérants . Refusant d’obéir aux (fréquents ) ordres de grève , j’ai été sabrée par une proviseur en particulier qui m’a définitivement brouillée non pas avec le milieu en général ,car j’y ai gardé des amis mais avec un état d’esprit détestable .

      J’ai changé totalement d’orientation ,mais en suivant de près les études de mes enfants et petits enfants ,je peux noter une dégradation incroyable dans les programmes,et aussi ,ce qui est beaucoup plus grave ,dans le NIVEAU DES ENSEIGNANTS . Petite preuve à l’appui : vérifiez seulement l’orthographe de plusieurs des intervenants qui se disent enseignants !!


  • dapeacemaker911 25 novembre 2008 09:51

    @ premier commentateur qui parle de acte de guerre civile....

    mon ptit gars prepare toi bien, parce parti comme c est, on va l avoir cette guerre civile.

    Justement parce qu on laisse les inegalité progresser, et la justice s effacer.
    Justement parce qu on se laisse monter les uns contres les autres, pour une couleure de peau ou pour un metier particulier ; MAIS ON EST TOUS PAUVRE OU EN DEVENIR.
    Cessons de nous entretuer. Etteignons nos TV.

    PRENEZ VOS MARQUEURS VOS BOMBES DE PEINTURE, VOS AFFICHES ET TRACTS ET INSTAUREZ UN CLIMAT DE RESISTANCE.

    Pour la Liberté, l’Egalité, la Fraternité et surtout l origine de ces trois valeures : la JUSTICE.

    DPM


  • monavis 27 novembre 2008 11:53

    Pour 9thermidor :

    Ta copine vient de débourser 250 euros de nourice, mais combien déboursera t-elle pour son prochain enfant quand elle devra payer une année d’ecole privée alors que la petite section de maternelle sera supprimée ???

    Qu’adviendra til quand tout la maternelle sera privatisée, nourrit et eduqué par Ronald Mc Donald comme en Amérique ?

    Ne crois tu pas que cette grève est un combat contre l’empire qui ne souhaite qu’abrutir les populations et toujours nous faire raquer...



  • Fabien 09 Crazy Horse 29 novembre 2008 12:30

    "victime" de l’enseignement public, je constate impuissant que notre système est malade. La standardisation de l’enseignement fait beaucoup de tort aux personnes en difficultés comme aux élèves particulièrement doués. Seuls ceux qui se situent "au milieu" y trouvent à peu près leur compte. La qualité de l’enseignement ne fait que se dégrader, et j’ai pu le constater même à l’échelle de mon propre parcours scolaire. J’ai assisté aux coupes rases dans les programmes, j’ai entendu le désaroi de certains "vieux" profs, j’ai vu l’effet que cela avait sur les générations qui suivaient.

    L’enseignement scientifique est décousu, le génie de tous nos grands personnages est bafoué, on n’enseigne plus que des bribes de théorie dont on a retiré tout ce qui fait sens.

    Dans l’enseignement littéraire, c’est pas franchement plus reluisant.

    Et on s’étonne que la société va mal ? Il n’y a plus aucune éducation citoyenne, on brime l’esprit critique des jeunes parce qu’il révèle l’inaptitude du système, quand ce n’est pas celle de certains profs "planqués".

    D’un côté on méprise la culture et la connaissance, à la télé, dans la publicité, et d’un autre côté on jette en patûre à une foule eccléctique de gamins désorientés des lambeaux de savoir franchement peu appétissants par la forme dans laquelle on les présente.

    Même si ça me chagrine, je comprends que dans ces conditions, la plupart des jeunes de mon âge sont plus intéressés par la vie sexuelle de Britney Spears que par les dessous de la finance ou bien l’histoire intime de la France...

    Ceux qui comme moi sont consumés par ce qui leur reste de lucidité ont bien du mal à envisager un avenir serein et beaucoup sombrent dans la drogue, la paresse, ou les éclats violence.

    Je comprends l’intérêt d’un tel sabotage de l’enseignement dans un système politique autoritaire et obscurantiste, mais pas dans un pays qui se dit "démocratique" et dont l’héritage culturelle foisonne de nobles pensées humanistes.


  • Tristan Valmour 9 juin 2009 12:51

    Bonjour Ninou

     

    Je me suis aperçu qu’il était difficile de présenter les tests de mesure d’empan mnésique dans la partie commentaire. L’éditeur de texte ne se prête pas à cela. Je ne peux donc que vous proposer un exemple de test, et la « recette » pour les autres.

     

    Test 1 : quelqu’un vous lit la série de chiffres et vous la répétez après. Pour lire soi-même les séries, il faudrait les présenter autrement. Le test doit être arrêté s’il y a deux erreurs consécutives. Vous vous attribuez 1 point à chaque bonne réponse (donc 18 points maximum). Le slash / sépare les séries en paires. Ex : si la série a est 1-8 / 2-7, on vous lit 1-8 et vous répétez 1-8. Puis on vous lit 2-7 et vous répétez. Après on passe à la série b.

     

    1. 1-5 / 3-9
    2. 2-8-5 / 3-7-4
    3. 5-8-1-6 / 4-8-6-7
    4. 2-7-4-3-1 / 2-1-9-3-5
    5. 6-1-3-4-9-5 / 9-4-2-7-5-6
    6. 4-9-7-8-1-2-6 / 6-2-7-8-3-1-5
    7. 1-8-4-2-5-7-3-6 / 9-4-7-6-1-8-3-5
    8. 9-2-7-3-6-1-4-8-5 / 5-8-3-9-6-1-2-4-7

     

    Test 2 : On vous lit une série de chiffres, et vous la répétez à l’envers à la fin de la lecture. Exemple : on vous lit 4-9-2, vous répétez « 2-9-4 ». Pour les autres consignes, voir le test 1.

     

    Test 3 : On vous lit une série de chiffres et de lettres, vous la répétez à l’endroit. Ex : on vous lit 5-L-8-T-5, vous répétez la série. Pour les autres consignes, voir le test 1. On présente 9 séries de paires avec une incrémentation d’un chiffre.

     

    Test 4 : On vous lit une série de chiffres, et à la fin de la lecture, vous effectuez une addition selon le modèle suivant. On vous lit 5-9-7-2-6, vous devez dire « 14-16-9-8 » parce que 9+5= 14 ; 7+9 = 16 ; 2+7 = 9 et 6+2= 8 (voir la série proposée en exemple).

     

    Test 5 : comme le test 4, mais avec la multiplication.

    Test 6 : Sur le modèle du test 1, mais avec des paronymes : gâteau –château –râteau – plateau. 

    Test 7 : sur le modèle du test 1, mais avec des mots très différents : agathe – képi – pronom

    Test 8 : sur le modèle du test 1, mais en variant la longueur des mots : mots de 2 syllabes – 3 syll – 4 syll – 5 syll (etc.). L’ordre de grandeur des mots n’est pas forcément à respecter.

    Test 9 : Vous prenez 9 éléments d’un jeu de mémory, que vous disposez de manière à former un carré de 3x3 éléments. Sur le modèle du test 1, la personne qui vous fait passer le test touche 2 pièces, et vous les retouchez ensuite. Puis 3, etc. (9 pièces maximum)

     

    Il y a encore d’autres tests, mais comme je l’ai dis, je ne vois pas comment les publier sur Agoravox. C’est la limite du support. En plus, de nombreux tests nécessitent du matériel que l’on ne peut numériser. De toutes les façons, ce que j’ai proposé sert à débroussailler. L’empan mnésique normal est de 7 ( 2). Encore une fois, il faut consulter un neuropsychologue si vous avez des doutes sur la qualité de la mémoire de travail.

     

    Pour augmenter la mémoire de travail, vous pouvez faire l’exercice suivant :

     

    Imaginez une commode avec 3 tiroirs (par évocation visuelle ou verbale, selon votre modalité dominante). Vous placez un objet (un carré rouge, par exemple), dans le premier tiroir ; un autre (un triangle vert, par ex) dans le second ; un autre (un cercle jaune) dans le troisième. Tout en maintenant ces objets dans votre mémoire, vous effectuez des additions simples.

     

    Une fois que cela ne pose plus de problème, vous allez complexifier. Pour cela, vous pouvez jouer sur plusieurs paramètres :

    -  vous pouvez augmenter le nombre d’objets et/ou de tiroirs ;

    -  vous pouvez faire bouger les objets d’un tiroir à l’autre tout en effectuant les calculs ;

    -  vous pouvez remplacer les calculs par des exercices sur les mots et les lettres, en français comme dans les langues étrangères.

    -  Vous pouvez augmenter la complexité de l’objet (ex : carré rouge avec un point noir au centre).

     

    Commencer par 2 minutes et ne pas passer plus de 10 minutes parce que c’est très fatigant. J’ai mis au point cet exercice pour augmenter la performance (mémoire de travail, intelligence fluide, etc.) des managers comme des étudiants ; ils sont capables de manier en même temps plus de concepts qu’avant. J’ai d’autres exercices, mais ils sont beaucoup plus complexes, et puis cela fait partie de mon gagne-pain alors je n’en parlerai pas ici.

     

    Quand on fait ce genre d’exo, il faut garder à l’esprit la règle suivante : varier les exercices. En effet, le cerveau apprend très vite, effectue les connexions nécessaires, et comprend le type d’exercices. Il met alors en place une stratégie pour résoudre les problèmes. Cette stratégie répétée devient une habitude. L’habitude ne produit plus d’effets conséquents.

     

    Vous pouvez également visiter les sites suivants où vous trouverez des programmes gratuits :

    http://www.teach-the-brain.org/ (aller dans learning tools )

    http://ichi2.net/anki/index.html

    http://www.cse.ucsd.edu/ ckanan/FluidIntelligence.html

     

    On peut sans doute améliorer la mémoire de travail par la mémoire à long terme, une unité de recherche de l’université Descartes à Paris s’en occupe. Leurs travaux sont prometteurs.

     

    Il y a beaucoup d’autres liens, mais je ne vais tous les proposer ici. De même, il existe une bilblio très fournie sur le sujet.

     

    Les exercices sur la mémoire de travail ont un effet positif sur les troubles de l’attention.

     

    Voilà, j’espère avoir répondu à vos attentes. Bonne journée.

     


    • ninou ninou 9 juin 2009 19:50

      Tristan Valmour

      Merci pour ces informations.
      Les exercices me semblent un tantinet fastidieux, mais si, comme vous le dites ils ont un effet positif sur les troubles de l’attention, cela m’ouvre des pistes nouvelles pour travailler avec certains élèves.
      Je vais donc approfondir le sujet.

      Au plaisir de vous lire.


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