samedi 16 mars 2024 - par Fergus

Le Grindadráp : une tradition barbare

Comme chaque année vont se dérouler dans le cadre somptueux des Îles Féroé les chasses traditionnelles aux globicéphales noirs et aux dauphins. Dénommées localement Grindadráp, ces chasses sont en réalité des massacres abominables. Jadis perpétrées par nécessité, elles sont désormais devenues très largement inutiles. Au nom de la tradition, une minorité des habitants les perpétuent malgré tout, le couteau en main et les jambes baignant dans un flot de sang…

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Photo World Animal Protection Danmark

La tradition du Grindadráp* est très ancienne : elle daterait d’avant l’An Mille, et le premier document qui en atteste l’existence est un décret royal norvégien de 1298, communément dénommé « Lettre des moutons ». Mais en réalité cela fait belle lurette que cette chasse ancestrale ne répond plus aux besoins essentiels des habitants de ces îles danoises**. Leurs conditions de vie, austères en période estivale et particulièrement rudes en saison hivernale, ont en effet été nettement améliorées au cours des dernières décennies, grâce notamment à la modernisation des relations maritimes et aériennes entre l’archipel et le continent (Danemark et Norvège).

Il en est résulté une diversification des approvisionnements en nourriture appréciée par les habitants, et notamment par les plus jeunes d’entre eux, majoritairement attirés par un mode de vie différent. Peu à peu, ces changements ont induit une évolution des pratiques alimentaires, et cela d’autant plus que la publication d’études scientifiques a démontré que les globicéphales et les dauphins qui fréquentent les côtes féroïennes concentrent des doses plus ou moins importantes de produits toxiques cancérigènes. En l’occurrence des HAP et des PCB, mais aussi des métaux lourds, dont la présence dans les organismes des cétacés est directement liée à la pollution des eaux de l’Atlantique nord.

Au vu de ces constats, la consommation de chair et de graisse des globicéphales et des dauphins est déconseillée. Pour cette raison, de moins en moins d’îliens en constituent des réserves, contrairement à leurs aïeux qui en salaient ou en séchaient de grandes quantités qu’ils conservaient dans des locaux dédiés. À noter que quelques restaurants pour touristes proposent – couleur locale oblige – cette viande sur leur carte***. Et pourtant, cette année encore, des centaines de globicéphales et de dauphins vont être massacrés lors des Grindadráp qui auront lieu au cours des prochains mois. En 2021, il a même été décimé 2089 cétacés, dont 1428 dauphins en une seule journée, le 15 septembre !

La méthode de chasse est simple : dès qu’un groupe de cétacés a été repéré – on utilise désormais pour cela des moyens techniques modernes comme les sonars ou la VHF –, une flottille de bateaux se rend sur zone et forme, autour des animaux, un arc de cercle fermé par un filet afin de les rabattre vers une grève sableuse située au creux d’une anse ou au fond d’un fjord (il existe 23 sites officiels). Faute de pouvoir s’échapper de la nasse ainsi constituée, la plupart des cétacés s’échouent sur cette grève. Et ceux qui ne se sont pas échoués sont tirés vers le rivage avec des gaffes plantées dans leurs évents (les harpons ont été interdits en 1985). Le massacre peut commencer...

Les enfants invités au carnage

Seuls les Féroïens mâles – les femmes sont interdites de Dráp – se chargent de la mise à mort des globicéphales et des dauphins. Tous sont armés d’outils aiguisés pour l’occasion comme des lames de rasoir : le Mønustingari et le Grindaknívur (couteau traditionnel décoré, et transmis de père en fils). L’un sert à trancher le dos de l’animal pour sectionner la moelle épinière ; l’autre à lui ouvrir le cou, afin qu’un maximum de sang s’échappe en flots spectaculaires du corps en vue de faciliter la conservation des chairs, puis à le dépecer. Très vite, les eaux deviennent rouges du sang des animaux, pour le plus grand plaisir des acteurs de ce massacre et d’une partie des spectateurs, fascinés par cette orgie sanglante.

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Photo Sea Sheperd

On imagine sans mal la terreur des cétacés, confrontés, impuissants, à la mise à mort de leurs congénères avant d’être eux-mêmes tués. Une pratique inadmissible aux yeux des militants de plusieurs associations, notamment Sea Sheperd Conservation Society, dont les membres se mobilisent depuis de longues années – et sont parfois lourdement sanctionnés – pour tenter de mettre fin à ce qu’ils considèrent comme des massacres devenus inutiles. Non sans raisons : les Féroïens consomment de moins en moins de viande de globicéphale ou de dauphin, et ils n’ont plus besoin d’huile animale pour s’éclairer, ni que l’on fabrique de vêtements ou autres objets en cuir de cétacé pour les besoins de la vie courante. 

Bien qu’un nombre croissant de Féroïens soient opposés au Grindadráp ou s’en détachent peu à peu, la pratique de cette chasse, considérée, malgré son évidente cruauté, comme un élément culturel majeur de l’archipel, ne disparaît pourtant pas. D’aucuns, parmi les observateurs, pensent même que les actions menées par Sea Sheperd – ainsi que les campagnes d’opinion du WDCS (Whale & Dolphin Conservation Society) – ont un effet contre-productif sur la mentalité des Féroïens. Sans ces actions et l’écho médiatique qui leur est donné en Scandinavie, le Grindadráp serait, d’après eux, voué à une disparition progressive inéluctable.

Au lieu de quoi, les attaques dont ils sont l’objet incitent les Féroïens à perpétuer ces carnages par fierté identitaire, même si de telles chasses sont de moins en moins justifiées par le mode de vie moderne. Ici et là, les enfants des écoles sont même invités à assister à ce spectacle macabre sur fond de mer rougie par le sang des globicéphales et des dauphins ! Et c’est ainsi qu’en 2024 des centaines d’animaux marins seront massacrés sur les grèves féroïennes, comme 1,5 million d’autres cétacés avant eux depuis le 18e siècle. Et comme chaque année, les gouvernants du Danemark, pays pourtant signataire de la Convention de Berne sur la « Conservation de la vie sauvage », resteront muets, arguant du statut d’autonomie des Îles Féroé pour se laver les mains de ces actes barbares !

Ce terme est une contraction des mots féroïen Grindhvalur (globicéphale) et Dráp (meurtre, mise à mort).

** Situées dans l’Atlantique nord, grosso modo à équidistance des îles écossaises Shetland, de la Norvège et de l’Islande, les Îes Féroé dépendent de la couronne danoise mais bénéficient d’un statut comparable à celui du Groenland. Comme ce dernier, elles sont régies par un gouvernement autonome.

*** Cela peut être sous la forme de steak ou du traditionnel Tvøst og Spik (littéralement viande et graisse) garni de pommes de terre.

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191 réactions


  • Sirius S. Lampion 16 mars 2024 09:51

    «  les attaques dont ils sont l’objet incitent les Féroïens à perpétuer ces carnages par fierté identitaire, »

    c’est bizarre, ça me rappelle vaguement quelque chose qui se passe dans une sorte de désert, mais les cibles ne sont pas des globicéphales


    • Fergus Fergus 16 mars 2024 09:59

      Bonjour, S. Lampion

      Je m’attendais à ce genre de commentaire.
      Oui, les « massacres » ou les « carnages » perpétrés par l’armée israélienne en réponse à l’attaque terroriste du Hamas sont « abominables » ; ce sont d’ailleurs les mots que j’ai moi-même utilisés à différentes reprises pour qualifier les actes criminels de l’état hébreu.
      Mais c’est hors-sujet.


    • Sirius S. Lampion 16 mars 2024 10:01

      @Fergus

      c’est peut-être hors-sujet, mais je me préoccupe plus de mes congénères que des cétacés


    • Fergus Fergus 16 mars 2024 10:04

      @ S. Lampion

      Je suis d’accord avec vous, mais l’un n’empêche pas l’autre.
      Ce ne sont d’ailleurs pas les occasions qui manquent d’exprimer la juste colère que l’on peut ressentir au vu du sort réservé aux Gazaouis qui manquent sur ce site.


    • mmbbb 16 mars 2024 16:06

      @S. Lampion je prefere avoir de la compassion pour le sort de ces cétaces qu à certains de mes congénères .


    • Fergus Fergus 16 mars 2024 16:31

      Bonjour, mmbbb

      Voilà qui n’est pas très chrétien, mon fils !
      Parole d’athée. smiley


    • mmbbb 16 mars 2024 18:40

      @Fergus j ai reçu une religion catholique mais ayant perdu du temps certain avec cet enseignement , j ai commence a comprendre que les hommes ( le genre humain ) ne se valaient pas .

      Apprendre conjointement la philosophie et notamment Hobbes ou les les Caracteres de la Bruyere m eut ete plus utile a comprendre cet humain

      Non je ne peux pas avoir de la compassion pour certains


    • Fergus Fergus 16 mars 2024 19:48

      @ mmbbb

      « ayant perdu du temps certain avec cet enseignement »
      Même chose pour moi. Jusqu’au moment où, préadolescent, j’ai compris en observant les comportements des gens autour de moi que les croyants ne sont ni meilleurs ni pires que les autres.
      Dès lors, j’ai définitivement rompu avec la religion pour me plonger dans la lecture des grands auteurs.


    • mmbbb 17 mars 2024 07:45

      @Fergus c est ce que disait Bernanos ou par convention sociale, beaucoup n avaient pas une reelle foi.

      Il est évident qu adolescent ou cet enseignement dogmatique a pu inflechir ma raison et en me donnant une illusion de la nature humaine mais en m enlevant les armes de defense .

      Le pape lui a des gardes suisses


  • Clocel Clocel 16 mars 2024 10:10

    On se croirait à Gaza...


    • Fergus Fergus 16 mars 2024 11:19

      Bonjour, Clocel

      Même réponse qu’à S. Lampion à 9 h 59.


    • JPCiron JPCiron 16 mars 2024 20:54

      @Clocel
      On se croirait à Gaza... > ... ou en Cisjordanie !
      Car, sur ces 20 dernières années, 1O.000+ Palestiniens ont été tués.
      ici, les chiffres par année, jusqu’au 06 octobre 2023 :
      https://ifamericansknew.org/images/Chart-comparison-preOct2023.jpg
      Bien sûr, nos médias n’en parlent guère : ils sont Arabes chrétiens ou musulmans. Souvent, ce sont des jeunes, tués d’une balledans la tête ou au coeur.
      Un exemple arrivé aujourd’hui dans mon mail (HAARETZ) :
      Le pére revient des courses avec ses deux fils : 7 et 10 ans
      Un soldat ’tire’ l’ainé à la tête. 
      https://www.haaretz.com/israel-news/twilight-zone/2024-03-16/ty-article-magazine/.highlight/he-was-shot-by-israeli-troops-in-front-of-his-father-and-died-in-his-brothers-arms/0000018e-4466-d1ed-a7ef-557737090000
      C’est comme cela tous les jours.


    • JPCiron JPCiron 16 mars 2024 21:00

      @Fergus

      Même réponse qu’à S. Lampion à 9 h 59.>
      Il n’y a pas de hiérarchie dans les abominations.
      Toutes doivent cesser d’être tues ou masquées.
      Il y a aussi le traitement des animaux intelligents dans nos élévages et nos abattoirs : c’est à vomir.
      Et ces ’’dauphins’’ sont des êtres qui doivent aussi être protégés.

      Nos religions du Livre mettent l’homme au-dessus de l’animal, et non ’’à côté’’ de lui. C’est une abomination.


    • Fergus Fergus 16 mars 2024 23:25

      Bonsoir, JPCiron

      « Toutes doivent cesser d’être tues ou masquées »
      D’accord avec vous. Mais je ne pense pas qu’il soit pertinent de mettre les massacres subis par des hommes sur le même plan que ceux qui sont subis par des animaux.

      Il y a en effet beaucoup à dire sur les traitements infligés aux animaux dans certains élevages et certains abattoirs, les vidéos de L214 sont à cet égard édifiantes. Mais tous ne peuvent pas être stigmatisés.

      « Nos religions du Livre mettent l’homme au-dessus de l’animal, et non ’’à côté’’ de lui. »
      Sans aller jusqu’au terme « abomination », je suis assez d’accord avec vous. A cet égard, j’ai d’ailleurs récemment établi un parallèle, à propos de la fin de vie, entre l’euthanasie mise en oeuvre par certains pour leurs animaux domestiques en grande souffrance et le suicide assisté que les mêmes refusent  pour des raisons religieuses ou philosophiques à des proches atteints d’une maladie incurable et exposés à des souffrances réfractaires. Cela n’a pas de sens, animaux et humains étant des êtres sensibles.


  • pemile pemile 16 mars 2024 10:20

    "D’aucuns, parmi les observateurs, pensent même que les actions menées par Sea Sheperd – ainsi que les campagnes d’opinion du WDCS (Whale & Dolphin Conservation Society) – ont un effet contre-productif sur la mentalité des Féroïens. Sans ces actions et l’écho médiatique qui leur est donné en Scandinavie, le Grindadráp serait, d’après eux, voué à une disparition progressive inéluctable."

    Tu cautionnes cette analyse foireuse ?


    • pasglop 16 mars 2024 10:43

      @pemile
      Pourquoi foireuse ?


    • pemile pemile 16 mars 2024 10:48

      @pasglop

      Parce que les traditions sont solides et que prétendre que dénoncer des ignominies enracine ces ignominies c’est foireux, trouve moi un seul exemple sinon ?


    • Fergus Fergus 16 mars 2024 11:25

      Bonjour, pemile

      Cette « analyse » n’est à mon avis pas « foireuse » : il s’agit de constats sociologiques, pas de prises de position de nature politique.

      Et à titre personnel, je suis plutôt porté à soutenir les actions de dénonciation des pratiques barbares, même si cela peut, ponctuellement, exacerber la radicalisation des partisans comme on le constate avec les corridas.


    • Sirius S. Lampion 16 mars 2024 11:37

      @Fergus

      sans « me-too », le machisme serait-il tombé en désuétude ?


    • Fergus Fergus 16 mars 2024 11:49

      @ S. Lampion

      Bien sûr que non, et c’est pourquoi je trouve très sain que ces campagnes aient été lancées par les femmes, même s’il a pu y avoir ici et là quelques inévitables (mais probablement marginales) dérives. 

      On ne peut toutefois pas comparer avec la lutte contre le massacre des baleines ou les tortures et mises à mort de taureaux dans les arènes : Me too remet en cause des millénaires de machisme, et les rapports entre les deux moitiés de la population mondiale !


    • pemile pemile 16 mars 2024 12:15

      @Fergus « il s’agit de constats sociologiques, pas de prises de position de nature politique. »

      Curieux de voir quels seraient ces « constats sociologiques » !


    • Fergus Fergus 16 mars 2024 13:34

      @ pemile

      Ce sont des évidences qui n’ont même pas besoin de rapports officiels.
      Néanmoins, vous devriez pouvoir trouver des textes sur le sujet si vous les cherchez. Personnellement, je n’ai pas archivé de références.


    • mmbbb 16 mars 2024 16:22

      @pemile comme l explique Fergus ( article bon ) ces cétacés qui se trouvent en haut de la chaine alimentaire ne sont pas des aliments saints .

      Leurs tissus concentrent notamment les metaux lourds ce qui demontre que les oceans sont devenus des depotoirs .

      Et que dans ces Iles la nourriture comme en Europe n est plus un problème .

      In fine c est une tradition débile comme tant d autres .

      PS le cannibalisme a ete aussi une tradition

       


    • Christophe 16 mars 2024 16:28

      @pemile

      Parce que les traditions sont solides et que prétendre que dénoncer des ignominies enracine ces ignominies c’est foireux, trouve moi un seul exemple sinon ?

      En Espagne (bien d’intérêt culturel), Mexique (patrimoine culturel), Colombie et Pérou, la tauromachie avec mise à mort est toujours présente.

      Je reste assez d’accord sur le fait que cela ne les renforce pas mais cela ne les arrête pas.


    • Christophe 16 mars 2024 16:37

      @pemile

      Pour être plus précis, en Espagne et au Mexique la tauromachie n’avait aucun statut politique, ce qui n’est plus le cas suite aux attaques par les anti-corridas.

      En Espagne elle a été déclarée « bien d’intérêt culturel » depuis 2013 et en 2019.

      Au Mexique la tauromachie a été déclarée protégée comme patrimoine culturel dans 7 Etats sur 32. Un juge fédéral est parvenu à interdire les corridas à Mexico, c’est dans cette ville qu’il y a plus les grandes arènes du monde (environ 50 000 places). La bataille fait encore rage ...

      Il y a donc des démarches politiques pour ne pas permettre qu’on les arrête ... 


    • pemile pemile 16 mars 2024 17:51

      @Fergus « Ce sont des évidences qui n’ont même pas besoin de rapports officiels »

      Étonnant que tu penses cela et botte en touche si rapidement !

      Ou alors tu me parles du fait réel que « d’aucuns pensent même que » mais pas du fait que leur discours est foireux ?


    • Fergus Fergus 16 mars 2024 18:03

      @ pemile

      Je ne vois rien là de « foireux », juste le constat d’une réalité sociologique.


    • pemile pemile 16 mars 2024 18:07

      @Fergus « Je ne vois rien là de « foireux », juste le constat d’une réalité sociologique. »

      Ok, je reste très étonné de ta réalité et ce n’est pas la mienne, mais c’est qu’un détail, je pense que tu vas avoir du boulot pour répondre à ceux qui te disent qu’en Bretagne on a bien pêché la sardine et que cépareil smiley


    • Fergus Fergus 16 mars 2024 19:28

      @ pemile

      Rien à voir ! La pêche à la sardine a un but alimentaire. La chasse aux cétacés, de moins en moins, et c’est bien là qu’est le problème.


  • pasglop 16 mars 2024 10:58

    @pemile

    Vous ne voyez pas la contradiction dans votre réponse, ou plutôt absence de réponse ?

    Rien qu’en France et en Europe : chasse au renard et blaireau (vénerie) et autres espèces « nuisibles », dont des oiseaux et rapaces.

    Quand je dis chasse c’est plutôt torture.

    Corrida avec mise à mort.


    • pemile pemile 16 mars 2024 11:05

      @pasglop « Quand je dis chasse c’est plutôt torture. Corrida avec mise à mort. »

      Tu penses sincèrement que ces ignominies « traditionnelles » disparaîtraient et que c’est le fait de les dénoncer (comme tu le fais) qui les enracine ?


    • Fergus Fergus 16 mars 2024 11:27

      Bonjour, pasglop

      « Quand je dis chasse c’est plutôt torture »
      C’est trop souvent vrai pour certaines espèces. 


    • Fergus Fergus 16 mars 2024 11:38

      @ pemile

      « c’est le fait de les dénoncer (...) qui les enracine »
      Disons que cela joue un rôle dans la crispation des partisans qui ont baigné toute leur vie dans la tolérance. Et pour cause : il n’est pas évident de remettre en cause son propre ressenti de ces pratiques.

      Fort heureusement, elles sont, j’en suis persuadé, appelées à disparaître tôt ou tard. D’autant plus que les jeunes grandissent en prenant conscience que les opposants  des militants pugnaces devenus omniprésents ont à faire valoir de solides arguments que leurs parents refusaient d’entendre. Peu à peu, cela infuse.


    • pasglop 16 mars 2024 11:44

      @pemile
      Et oui, dans une certaine mesure, car les gens concernés se sentent agressés dans leur façon de vivre.
      Au large de l’Ecosse, jusqu’au miieu du vingtième siècle, on allait chasser des milliers d’oiseaux sur une île dans des conditions dantesques, mais les gens se nourrissaient essentiellement de ça.
      Cette chasse a régressé spontanément quand ils ont pu diversifier leur alimentation.


    • Fergus Fergus 16 mars 2024 11:52

      @ pasglop

      J’en ai parlé dans l’un de mes articles : Les fous de Sula Sgeir (2014).


    • pemile pemile 16 mars 2024 12:19

      @pasglop « Cette chasse a régressé spontanément »

      L’explication est plus simplement dans ton texte « dans des conditions dantesques »


    • pasglop 16 mars 2024 12:20

      @Fergus
      Oui elle existe toujours je crois, mais plus dans les mêmes proportions...


    • Aristide Aristide 16 mars 2024 12:23

      @Fergus

      Pour ma part, je ne crois ni à l’efficacité de telles actions contre ces pratiques ni à la radicalisation qu’elle provoquerait chez les partisans. Ces traditions en général disparaissent au fil du temps par la raréfaction des adeptes ou des participants. Actuellement, seulement 20 % de la population des iles Féroé soutient cette pratique... Et cela va diminuer… jusqu’à la disparition complète…

      La corrida va continuer à vivre tant qu’il existera une part de la société qui lui permet de continuer à exister financièrement. Il est à parier que l’absence complète du renouvellement à la fois du public et des participants suffiront à faire disparaitre cette pratique « traditionnelle ».

      La chasse à cour échappe à cela, elle est un phénomène traditionnel, mais son caractère élitiste et les moyens financiers de ses adeptes sont tels qu’elle va continuer tant que l’État n’interviendra pas. Pour d’autres chasses comme celle des palombières, la baisse et le vieillissement des adeptes est le signe d’une disparition future de la pratique annoncée.

      Ces traditions vont disparaitre à court ou moyen terme, par contre la biodiversité est largement mise en danger pour des raisons d’une nature plus difficile à contester : les raisons économiques, souvent fausses et presque toujours supposées incontournables. 

       


    • charlyposte charlyposte 16 mars 2024 12:23

      @pemile
      Sources ?


    • charlyposte charlyposte 16 mars 2024 12:41

      @Aristide
      Pour savoir et acter la fins des traditions et celui du paganisme ambiant... il faudra attendre la fin d’une troisième guerre mondiale pour comprendre le monde d’après ! tout un programme smiley


    • Fergus Fergus 16 mars 2024 13:23

      Bonjour, Aristide

      « seulement 20 % de la population des iles Féroé soutient cette pratique... Et cela va diminuer… jusqu’à la disparition complète »
      Sans aucun doute. D’autant plus que, les années passant, la population a de moins en moins besoin de la chair, de la graisse et du cuir des cétacés.

      Assez d’accord également sur la pérennité de la corrida.

      Idem sur les différentes pratiques de chasse. Même les chasses à courre sont en péril, les jeunes des milieux pratiquants ayant tendance à se détourner de ce loisir coûteux et en grande partie suranné.
      Le point positif de la chasse à courre, ce sont les sonneries de cor : il en existe de très belles. smiley

      Pour ce qui est de « la biodiversité (...) largement mise en danger », la responsabilité de l’agriculture intensive est très nettement engagée.


    • Aristide Aristide 16 mars 2024 13:56

      @Fergus

      Pour ce qui est de « la biodiversité (...) largement mise en danger », la responsabilité de l’agriculture intensive est très nettement engagée.

      Il me semble que ce n’est pas l’agriculture en tant que telle, intensive ou pas, mais les pratiques qui sont à condamner, et pas seulement dans l’agriculture, la sylviculture, l’élevage, ... sont aussi en cause… Les programmes de remembrement ont malheureusement été accompagnés de la disparition des espaces de haies, des zones humides et autres milieux propices à la biodiversité.

      Les programmes actuels visant à régénérer des haies, à réserver des zones en jachère, à créer des zones humides, furent-elles artificielles, sont un progrès indéniable. Insuffisant surement, mais tout de même un progrès...

      Je ne crois pas à la désignation du responsable, surtout unique, c’est souvent une maladresse de croire qu’il suffirait de le supprimer pour que cela s’arrange naturellement. C’est le marché qui fait que le fournisseur s’adapte à la demande. Et dans le domaine de l’agriculture, la demande va depuis des décennies à une alimentation moins chère… et donc des conditions de production adaptées…


    • charlyposte charlyposte 16 mars 2024 13:59

      @Aristide
      Vivement une application * ADOPTE UN SANGLIER * hum smiley


    • Fergus Fergus 16 mars 2024 15:09

      @ Aristide

      Il y a des exploitants agricoles qui travaillent sans pesticides ni engrais chimiques qui vivent plutôt bien de leur travail. Certes, ils perdent une partie de la récolte, mais ils économisent sur les produits phytosanitaires. 

      « Les programmes actuels visant à régénérer des haies, à réserver des zones en jachère, à créer des zones humides, furent-elles artificielles, sont un progrès indéniable. Insuffisant surement, mais tout de même un progrès. »
      C’est vrai, mais certains tentent de s’en exonérer et y parviennent.

      « dans le domaine de l’agriculture, la demande va depuis des décennies à une alimentation moins chère »
      Certes, mais on ne peut passer sous silence la quête de profits juteux de la part de l’industrie agroalimentaire qui est un frein puissant à la diminution des produits chimiques.


    • Eric F Eric F 16 mars 2024 16:11

      @Fergus
      ’’D’autant plus que les jeunes grandissent en prenant conscience...’’


      Quand on voit l’enfant chevauchant un cétacé égorgé, on voit que les traditions se transmettent en famille au fil des générations. 
      Les scandinaves dont on vante l’esprit policé et progressiste ont gardé des aspects de leurs ancêtres de l’époque des ’’grandes invasions’’.


    • Eric F Eric F 16 mars 2024 16:18

      A propos de l’agriculture intensive, est-ce qu’une agriculture à l’ancienne nourrirait 8 milliards de terriens (puis 9, 10...) à prix abordable ?
      Il faut garder de hauts rendements, tout en limitant les apports chimiques, on s’y achemine lentement...


    • Fergus Fergus 16 mars 2024 16:36

      Bonjour, Eric F

      Il semble quand même que les jeunes féroïens se détachent peu à peu de cette tradition. Mais elle reste très ancrée dans certaines familles comme le sont certaines pratiques de chasse dans notre pays.


  • pasglop 16 mars 2024 11:12

    Je ne dis pas qu’il ne faut pas les dénoncer, je dis qu’il faut les interdire.

    Les « traditions » de ce genre ne sont qu’un avatar morbide d’une « identité » complètement déphasée avec les besoins alimentaires ou les particularismes locaux.

    Les traditions oui, la mort gratuite non.


    • Sirius S. Lampion 16 mars 2024 11:40

      @pasglop

      l’« identité » du Dixieland, c’est le KuKluxKlan

      Strange Fruit


    • Fergus Fergus 16 mars 2024 11:41

      Bonjour, pasglop

      « Les traditions oui, la mort gratuite non »
      100 % d’accord avec vous.

      Voir à cet égard mes articles  référencés à la fin de mon texte  sur la corrida, le déterrage des blaireaux et même l’équitation de haute école (où, certes, il n’y a pas de mise à mort, mais des pratiques de torture).


    • pasglop 16 mars 2024 11:47

      @S. Lampion
      Erreur 404


    • pasglop 16 mars 2024 11:51

      @pasglop
      Mais je vois bien de quoi il s’agit...


    • Sirius S. Lampion 16 mars 2024 11:56

      @pasglop

      Strange Fruit


    • pasglop 16 mars 2024 12:06

      @S. Lampion
      Hors sujet, pardon...
      La Nouvelle-Orléans a été peuplée d’un fort contingent de fuyards noirs, blancs et mulâtres dès les années 1790-1800, arrivés dans cette ville après la révolte des esclaves en Haïti.
      Certains disent que ce sont leurs descendants qui ont « inventé » le jazz.


    • charlyposte charlyposte 16 mars 2024 12:48

      @pasglop
      Vive la France ! hum smiley


    • Fergus Fergus 16 mars 2024 13:28

      @ pasglop

      « Certains disent que ce sont leurs descendants qui ont « inventé » le jazz »

      Dès le milieu du 18e siècle, un compositeur né à la Nouvelle Orléans s’est clairement inspiré de leurs rythmes pour jeter les bases du ragtime, bien avant Joplin :
      Gottschalk : du piano romantique aux sources du ragtime (2018).


    • Eric F Eric F 16 mars 2024 16:22

      @Fergus
      Ne pas confondre les tueries totalement injustifiées d’animaux juste pour le plaisir ou la tradition, avec la destruction de vrais nuisibles, les blaireaux le sont dans certaines régions, sans parler de la protection des rats parisiens.


    • Fergus Fergus 16 mars 2024 16:39

      @ Eric F

      C’est moins la destruction des blaireaux  il y a en effet des lieux où ils occasionnent des dégâts que la manière dont ils sont capturés (par déterrage) et tués (souvent à coups de pioche) qui est inadmissible.


    • Fergus Fergus 16 mars 2024 16:43

      @ Eric F

      Les rats parisiens ne sont pas « protégés ». Il y a même régulièrement des campagnes de dératisation !


    • Eric F Eric F 16 mars 2024 19:55

      @Fergus
      Je ne connais pas les modalités d’action du déterrage des blaireaux, mais à propos de pioche, je dois avouer qu’il m’arrive de donner un coup de pioche vertical sur une taupinière lorsque je vois une remontée de terre -elles passent généralement à un endroit donné à heure fixe- ...le taux de réussite est faible.

      Pour les rats de Paris, il y a bel et bien des organisations animalistes qui prennent leur défense.


    • Fergus Fergus 16 mars 2024 20:03

      @ Eric F

      Cette organisation ne milite pas pour laisser proliférer les rats, mais pour dénoncer les méthodes utilisées afin d’en réduire la population, ce qui est très différent.


  • SilentArrow 16 mars 2024 13:11

    @Fergus

    J’ai en horreur ce genre de barbarie, mais je crois que je déteste encore plus les activistes sortis d’on ne sait où et qui cherchent toutes les occasions pour imposer leur morale à des gens qu’ils ne connaissent pas et qui ne leur ont rien demandé.

    Je pense que ces pratiques anachroniques mourront de leur belle mort sans qu’il y ait besoin de montrer leurs auteurs d’un doigt accusateur.

    Au fait, personne n’a vu la Greta sur son balai de sorcière ?


    • Clocel Clocel 16 mars 2024 13:14

      @SilentArrow

      "Au fait, personne n’a vu la Greta sur son balai de sorcière ?

      Nân... Il parait que comme Voldemort, elle peut voler sans ! smiley


    • Fergus Fergus 16 mars 2024 13:32

      Bonjour, SilentArrow

      Votre point de vue est parfaitement respectable.

      Les protestations n’en sont pas moins justifiées dans la mesure où elles ciblent le hiatus évident de nos jours entre la finalité de cette chasse et les motifs qui l’ont justifiée dans le passé.


    • charlyposte charlyposte 16 mars 2024 13:36

      @Fergus
      Dans vingt ans ils interdiront les randonnées pour ne pas déranger les insectes smiley


    • SilentArrow 16 mars 2024 14:27

      @Fergus

      Bonjour
       

      Les protestations n’en sont pas moins justifiées dans la mesure où elles ciblent le hiatus évident de nos jours entre la finalité de cette chasse et les motifs qui l’ont justifiée dans le passé.

      Peut-être, à condition de ne pas en faire des caisses. Les gens sont connectés de nos jours. Il finiront bien par se dire, sans y être forcés « de quoi avons-nous l’air avec cette tradition ? ».

      Patience et longueur de temps
      Font plus que force ni que rage


    • Fergus Fergus 16 mars 2024 14:59

      Bonjour, charlyposte

       smiley Heureusement que l’on n’en viendra pas là.


    • Com une outre 16 mars 2024 17:37

      @SilentArrow
      Le globicéphale est un animal protégé par la convention de Berne mais « on » tolère les pratiques des barbares complètement arriérés des îles Féroé, qui font partie de ce pays si « exemplaire » qu’est le Danemark. Vous vous référez à la morale et aux pratiques habituelles des autres mais ce n’est en rien un argument recevable, l’histoire des civilisations est là pour le prouver. Si nous tolérions tous les excès de nos ancêtres sous couvert de pseudo tradition, vous seriez le premier à vous en plaindre. Cette pratique détestable est une abomination injustifiée et injustifiable pratiquée par des débiles mentaux, sûrement un problème de consanguinité sur ses îles, et à laquelle il faut mettre fin de la manière la plus expéditive qui soit. Le patrimoine animal et végétal de la planète fait partie d’un tout qui n’appartient à personne et à tous, qui participe à l’équilibre de la Nature et donc à la vie sur Terre. Essayons de le respecter, pour notre avenir, plutôt que de l’exploiter sans vergogne ou encore de le détruire par pure imbécilité. Ces gens n’ont aucune excuse, être un imbécile n’en est pas une, ce massacre gratuit et préjudiciable à tous doit cesser sans délai. Votre passivité sous couvert de tolérance et respect des traditions a déjà entraîné la disparition de bon nombre d’espèces. Et je préfère les activistes éclairés aux gens comme vous qui regardent le monde mourir comme les vaches regardent les trains passer.


    • SilentArrow 16 mars 2024 18:00

      @Com une outre

      D’accord avec votre condamnation des ces pratiques barbares.

      Je pense seulement que les auteurs de ces pratiques s’arrêteront d’eux-mêmes et que les attaques de militants ne fait que produire un repli identitaire qui retarde en fait l’abandon de ces pratiques.

      Mais je peux me tromper.


  • saint louis 16 mars 2024 13:47

    Au fond de la nature humaine, même civilisé, reste pour certains un plaisir de commettre un massacre, si possible sans risque.

    Pas question d’aller trop s’exposer contre un gibier ou un adversaire qui pourrait se défendre à arme égale.

    Mais avoir une certaine légitimité pour commettre des crimes créer les conditions, pour attirer nombre d’adeptes.

    Comme on dit il faut de tout pour faire un monde.


    • Fergus Fergus 16 mars 2024 15:02

      Bonjour, saint louis

      « si possible sans risque »

      Mais pas toujours : il y a des toreros encornés lors de certaines corridas ; et en 2015, une collision entre deux bateaux de Féroïens lors d’un Grindadrap par temps agité a fait... 14 morts.


    • charlyposte charlyposte 16 mars 2024 15:49

      @Fergus
      Que dire de la plus grande corrida de tous les temps qui se situe actuellement dans la plus grande arène qui de surcroît n’a aucune issues de secours, ni la moindre planche de salut .... cette arène s’appelle * la bande de Gaza *


    • Fergus Fergus 16 mars 2024 16:45

      @ charlyposte

      Voir en début de fil ma réponse à S. Lampion !


    • Com une outre 16 mars 2024 17:39

      @Fergus
      C’est bien fait pour leur gueule, vous n’allez pas les plaindre quand même ?


    • Fergus Fergus 16 mars 2024 18:02

      Bonjour, Com une outre

      Je ne plains surtout pas les toreros, acteurs d’une tradition à la fois barbare et sadique motivée par la seule jouissance dans l’arène et dans les gradins.

      Pour les Féroïens, cela a été un drame auquel je compatis, même si je désapprouve la perpétuation du Grindadrap : les marins à bord des bateaux portaient le poids d’une tradition millénaire que leur représentation justifiait encore pour des motifs alimentaires même si ce n’est largement plus le cas.


  • njama njama 16 mars 2024 15:32

    Une tradition « barbare » ? le mot signifie étranger, soit par sa race, soit par son appartenance à une autre civilisation.

    Peut-on invoquer l’humanité, ou l’inhumanité, dans ce qui n’est qu’une chasse traditionnelle ?

    dont les formes peuvent heurter évidemment... les citadins surtout qui vivent hors sol tout en fréquentant la boucher et le poissonnier smiley

    Nous tuons combien de dindes pour Noël, c’est moins spectaculaire

    Le mot « massacre » est -il approprié ? il supposerait sauvagerie, ce qui ne semble pas être le cas. Abattage peut-être plus approprié (?)

    Le nombre de prises est très variable d’une année sur l’autre, très souvent moins de mille

    https://fr.wikipedia.org/wiki/Grindadr%C3%A1p#Chiffres

    Combien de baleines, rorquals, bélugas et autres cétacés pêchés dans le monde chaque année par la pêche industrielle, quelque 300 000

    faut relativiser les océans représentent les 4/5 de la planète...


    • Fergus Fergus 16 mars 2024 16:57

      Bonjour, njama

      Les mots peuvent sembler excessifs, je vous l’accorde.
      Ils ne le sont pourtant pas, dès lors qu’une pratique essentielle à la survie des humains dans un lieu démuni cède la place à une tradition qui ne trouve plus de réelle justification.

      Autrefois, l’on pouvait parler d’« abattage », mais c’est de moins en moins vrai de nos jours, la tuerie prenant désormais la forme d’une fête barbare déconnectée des besoins des Feroïens. 

      Le « massacre » des 1428 dauphins en 2021 a parfaitement illustré cette dérive :à l’évidence, l’on a eu affaire là à une soif inextinguible de tuer dictée par la seule présence d’un énorme banc de cétacés, très loin des quotas habituels. Même dans l’archipel, cela a engendré de très vives réactions, y compris chez des partisans de la pérennité du Grindadrap. 


    • charlyposte charlyposte 16 mars 2024 17:13

      @Fergus
      En fait, les traditions d’ailleurs viennent à nous petit à petit en nous faisant bientôt manger des sauterelles, des grillons,des scarabées, des vers , des araignées grillées, des petits serpents sans venin .... etc smiley


    • Fergus Fergus 16 mars 2024 17:19

      @ charlyposte

      A mon avis, ce n’est pas demain que nous mangerons des bestioles de ce genre. Sauf dans des restaurants branchés. smiley

      Je pense que nombre de nos compatriotes feraient plutôt le choix de l’alimentation végétale au cas où la viande viendrait à manquer ou serait vendue trop cher.


    • njama njama 16 mars 2024 17:19

      @charlyposte
      que des petite bestioles, les globicéphales et les dauphins c’est trop gros forcément ...
      en plus qu’on ne peut pas en faire de l’élevage faut les nourrir ! et pourquoi s’embêter à les nourrir puisque le font très bien tout seul


    • Com une outre 16 mars 2024 17:45

      @njama
      Vous auriez mieux fait de ne rien écrire que ce tissu de fadaises. Restez-en à des sujets beaucoup plus politiques, vous y êtes bien plus éclairée, perspicace.


    • Christophe 16 mars 2024 19:40

      @charlyposte

      mdrrr j’ai un piètre souvenir d’un voyage professionnel en Corée du Sud où ils ont comme tradition de manger des insectes. La Corée du Sud s’est occidentalisée et l’uniformisation des pratiques avec, aujourd’hui ils mangent toujours des insectes mais sous forme de poudre ou autre. Mais il est vrai que quand tu dois manger des insectes encore entier (comme des scarabées, c’était le cas il y a 20 ans) ce n’est pas simple, surtout que le non respect des traditions est très mal perçu dans une société qui est encore attachée à sa culture.


  • njama njama 16 mars 2024 16:07

    Sur les photos d’illustration les enfants n’ont pas l’air traumatisé...


    • Eric F Eric F 16 mars 2024 16:24

      @njama
      c’est en effet une des choses qui m’a choqué.


    • Fergus Fergus 16 mars 2024 16:45

      @ njama

      En effet, et c’est très choquant comme le souligne Eric F.


    • njama njama 16 mars 2024 16:58

      @Eric F
      C’est à vous de vous questionner si ça vous choque, et pourquoi ça vous choque...
      C’est juste parce que vous n’avez pas été éduqué dans ces traditions

      photo de 1937
      photo de 1937
      photo de 1937

      Juste peut-être que vous n’avez jamais pratiqué la pêche, la chasse... (?)

      On peut comprendre que les Parisiens, question d’éducation, ça leur donne des bouffées de chaleur, et ces citadins nous sortent la moraline (inadmissible, abominable, carnage, massacre, spectacle macabre, actes barbares, orgie sanglante, Convention de Berne...)

      80 000 moutons vivent paisiblement en quasi liberté dans cet archipel, ils finiront tous en côtelettes en gigots,... mais c’est pas pareil, c’est plus civilisé, vu qu’ils sont domestiqués


    • Fergus Fergus 16 mars 2024 17:08

      @ njama

      Ce n’est pas une question de « citadins » : même aux Féroé, il y a de plus en plus d’opposants dans une population pourtant au contact quasi-quotidien des activités d’élevage et de pêche.
      Ce qui est avant tout en cause, c’est  comme je l’ai déjà indiqué  la déconnection grandissante entre les besoins des Féroïens et la perpétuation de ces tueries de masse.
      Rien à voir avec les moutons qui sont abattus strictement en fonction des besoins des îliens !


    • Com une outre 16 mars 2024 17:58

      @njama
      Vous comparez l’incomparable. Autant à une époque il s’agissait de pêche à but alimentaire, même si sa forme était déjà très critiquable, autant ce n’est plus le cas aujourd’hui. Ce que vous appelez avec mépris moraline s’appelle en fait civilisation. On ne détruit pas par simple plaisir. Emmener des animaux à l’abattoir où il sont tués dans une réglementation précise n’est pas comparable et effectivement, c’est pas pareil, c’est plus civilisé. Quant à l’élevage, qui satisfait notre besoin de viande, vous devriez comprendre que vu le nombre que nous sommes aujourd’hui sur terre, nous ne pouvons plus être des « chasseurs cueilleurs » qui courent armés de leur arc, nus dans la forêt, à la recherche de leur repas et la fleur aux dents pour faire plus tradition niaiseuse.


    • Fergus Fergus 16 mars 2024 18:05

      @ Com une outre

      100 % d’accord avec vous !


    • Com une outre 16 mars 2024 18:08

      @njama
      On peut faire beaucoup de mal aux enfants alors qu’ils semblent passifs.


    • Christophe 16 mars 2024 19:50

      @Com une outre

      Quant à l’élevage, qui satisfait notre besoin de viande, vous devriez comprendre que vu le nombre que nous sommes aujourd’hui sur terre, nous ne pouvons plus être des « chasseurs cueilleurs » qui courent armés de leur arc, nus dans la forêt, à la recherche de leur repas et la fleur aux dents pour faire plus tradition niaiseuse.


      A votre propos nous pouvons y opposer aussi que l’être humain n’est en aucun cas un carnivore, ces caractéristiques corporelles démentent totalement le fait d’avoir besoin de viande pour vivre ; la viande n’est qu’un objet de consommation rentable qui n’a pas de nécessité véritable pour la vie humaine ; d’ailleurs nous sommes bien plus des chamoniards que des carnassiers puisque nous ne mangeons pas de viande fraiche.

      Aujourd’hui nous élevons de façon intensive et nous tuons de façon intensive des animaux pour des besoins superflus humains, cela peut tout autant être perçu comme une forme de barbarie puisque la viande n’est pas indispensable à la vie.

      Si besoin pour déterminer de façon simple la classe entre carnivore, hominivore, herbivore, ... c’est la longueur de l’intestin qui détermine ce que nous sommes. Les carnassiers ont un intestin très cours, les carnivores cours, et nous il est long, les herbivores très long.


    • Fergus Fergus 16 mars 2024 19:56

      @ Christophe

      Les « chamoniards » ne sont pas tous des charognards ! smiley 


    • Eric F Eric F 16 mars 2024 20:03

      @njama
      Même sans être citadin, l’égorgement sans nécessité alimentaire d’animaux non nuisibles, sous forme de défoulement festif, parait tout à fait déplacé.


    • Fergus Fergus 16 mars 2024 20:05

      @ Eric F

      Absolument ! 


    • Christophe 16 mars 2024 20:21

      @Fergus

      Désolé pour la faute, je suis occupé à autre chose en ce moment.

      Ce qui reste un point déterminant c’est quelle est la limite acceptable des pratiques des uns et des autres ? Qui fixe ce qui est acceptable et qui ne l’est pas ? Est-ce que tout ce qui est fait sur terre doit passer les fourches caudines de l’utilitarisme ?

      Nous avons une forte tendance à nous offusquer, et même si personnellement je n’apprécie pas cette pratique, et je ne l’aime pas depuis que je l’ai connu il y a 30 ans, je ne pense pas qu’il soit nécessaire de s’indigner, toute chose nait et meurt même les pratiques sociétales. Laissons faire donc ... Mais je reconnais que vous avez le droit de partager votre avis, pas de demander un changement.


    • Fergus Fergus 16 mars 2024 21:01

      @ Christophe

      Pas de problème pour la faute, il m’arrive également d’en commettre par étourderie ou en rédigeant des commentaires trop rapidement.

      Si je condamne les actions violentes des militants de la cause animale, je suis quand même partisan de prises de parole et de rassemblements destinés à dénoncer la perpétuation de pratiques injustifiables. Illustration :

      Chaque année à Pâques, et depuis la nuit des temps, la tradition du village de Manganeses (dans la province espagnole de Zamora) voulait qu’une chèvre soit jetée vivante du haut du clocher de l’église ; la pauvre bête, terrorisée, se fracassait sur le pavé !

      Sans les actions des opposants, cet acte barbare perdurerait. Ce n’est heureusement plus le cas depuis une vingtaine d’années : désormais, la chèvre est descendue du clocher attachée à une corde ; c’est stressant pour elle, mais elle n’est ni tuée ni blessée.


    • njama njama 16 mars 2024 21:17

      @Christophe
      Les photos d’illustration vont jouer sur l’émotionnel, des émotions complétement étrangères au contexte local... pour influencer à dessein le jugement.
      Les photos sont devenues des arguments, qui n’en sont pas en fait !
      La mer rouge de sang.... ouh lalalala... cachez ce sang que je ne saurais voir ! grrrr... on va regretter les photos en noir et blanc ! c’était moins trash
      ben oui, c’est juste des questions d’époque, l’indignation va toujours avec l’époque, comme une girouette avec le sens du vent

      gamin, le boucher avait sa boutique à 100 m de chez mes parents, chaque semaine il tuait, un veau, ou un bœuf, un ou deux cochons, des lapins, des poules, des pigeons, des cailles, des dindes, il dépiautait les lièvres qu’on lui ramenait... dans son arrière boutique ou derrière sa porte cochère pour le gros bétail, le sang coulait à flot vers le caniveau dans la rue... et puis, il passait un jet d’eau pour rincer la voirie
      C’était juste comme ça, qui s’en offusquait, personne
      Après des lois de la république ont interdit la besogne ouvrière à domicile, ah oui, l’hygiène, le microbisme la nouvelle phobie de la fin du siècle dernier ! ce boucher n’a jamais tué personne avec sa marchandise, toutes les bêtes venaient des fermes voisines, qu’il connaissait bien sûr... puis il fallut qu’elles fussent trucidées désormais en abattoir...
      https://www.youtube.com/watch?v=_PRuf4naBWc


    • njama njama 16 mars 2024 21:41

      Ce que je veux dire, c’est que la vision du monde est devenue aseptisée dans la foulée... même la mort d’un animal

      L’auteur et bien d’autres cités s’offusquent de cette tradition locale, parce qu’elle est (encore) visible par le prisme amplificateur de médias, là où les mêmes pratiques à bien plus grande échelle par des navires de pêche usine sont invisibles, où tout ce qui n’est pas attendu sur le « marché », dans les criées, pris dans les filets, est transformé en farine de poisson... ou rejeté à la mer.

      L’article ne répond pas à la question, les globicéphales, et les dauphins, étaient—ils des animaux comestibles, il faut croire que oui, ils l’étaient et le sont encore forcément.

      Interdire cette pêche si singulière, si locale, quasi insignifiante en volume par rapport à la pêche halieutique sur tous les continents... pourquoi ? on se le demande surtout quand la vindicte est lancée depuis l’étranger, qu’elle prend des airs d’ingérence étrangère...

      Çà me questionne...cui bono ?


    • Christophe 16 mars 2024 22:19

      @njama
      Je comprends très bien la position, puisque dans ma Bourgogne originelle, j’ai appris à tuer et dépiauter les lapins, tuer et plumer les poules, tuer un cochon par an avec mon père et un veau avec un de ses amis pour se le partager.

      Là où je te rejoins c’est que même si la méthode peut choquer, le volume d’animaux tués ne représente rien au regard de ce qui est tuer sur une année aussi bien dans la mer que sur terre, mais cela personne ne s’en offusque alors que manger de la viande et du poisson n’est pas impératif pour les besoins humains. Cela ne choque personne que nous tuions énormément d’animaux pour du confort, un choix de vie, pour assurer l’opulence.


    • Eric F Eric F 17 mars 2024 09:11

      @Christophe
      Concernant l’action de tuer des animaux pour l’alimentation, on se choque aussi des mauvaises pratiques cruelles dans les abattoirs, dès lors qu’existent les moyens d’éviter la souffrance inutile.


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