Le monde selon Epstein

Les révélations du cercle Epstein furent un choc, au moins pour les personnes dotées d’un minimum de conscience.
Nous savions que l’oligarchie souhaitait diriger le monde pour ses intérêts propres et était prête à tout pour optimiser ses gains, que la démocratie n’était qu’un slogan destiné à anesthésier la population, que nous n’étions que des pions destinés à disparaître sur l’autel de l’infinie cupidité des dirigeants.
Mais malgré tout, restait un fond de rationalité et d’humanité, même dégradée, qui se trouvait là, quelque part, au plus profond du pire des oligarques.
Eh bien non !
Ils ne respectent même pas l’autre dans sa relation singulière avec lui. L’autre n’est pas un sujet, mais un objet du désir que l’on peut détruire. C’est-à-dire que chez eux ne fonctionne pas l’autrement qu’être dont a parlé Emmanuel Levinas, le visage de l’autre, de celle dont ils prennent possession, ne leur apparaît pas comme une singularité magique de l’être dans son unicité, mais comme du matériel humain à user jusqu’à sa rupture, et d’autant plus qu’elle est innocente par l’âge encore de la découverte de soi, des autres et du monde.
À partir de là, de ce point obscur où l’autre devant lequel ils sont physiquement, corporellement et mentalement, n’a pas de valeur humaine pour eux, comment peuvent-ils considérer les peuples qu’ils n’appréhendent même pas ? Si la personne devant eux n’est rien qu’un outil de jouissance auquel ils nient l’humanité, comment pourraient-ils considérer celle de celles et ceux qu’ils ne connaissent même pas ? Nous, les humains, ne sommes plus que du bétail de boucherie, ni plus, ni moins.
Bien entendu, cela explique la suppression de tout l’appareil social en Europe et aux États-Unis, cela explique les lois liberticides, cela explique aussi les génocides de Gaza ou l’usage des Ukrainiens comme matière à broyer devant les Russes. Cela explique également les assassinats des dirigeants, les guerres perpétuelles sans souci des conséquences pour les populations soit victimes directes comme les Palestiniens, les Ukrainiens, les Libanais ou les Iraniens ou indirectes comme les Européens avec l’effondrement de l’économie. Cela explique aussi pourquoi il leur est jouissif de bombarder des hôpitaux, des écoles, et plus particulièrement de jeunes filles.
Nous pouvons dire que l’horreur est en eux, comme la trace fondamentale d’un crime qu’ils accomplissent par délice.
Et toutes les institutions de cet Occident qui se disent être au-dessus du reste de la planète, comme une belle oasis au milieu de la jungle, sont gangrenées par la trace de ce crime. Bien entendu les services secrets qui organisent ces cercles afin de posséder des documents compromettants, la justice qui regarde ailleurs, là où le crime reste ordinaire perpétré par des quidams sans pouvoir, mais refuse de voir les crimes qui sont en fait des crimes d’État. Les médias en sont les complices profonds, souhaitant ne dévoiler que ce qui leur est autorisé par ceux qui sont aux commandes de l’organisation de ce ou ces cercles, et ne sortir de noms que celles et ceux déjà en prison ou morts et ne faire parler que des victimes restées en fait sur le bord, juste avant la chute et ne dévoilant aucun nom compromettant. Les autres victimes sont soit déjà mortes, soit vivent avec la peur de mourir et se taisent.
Mais c’est bien l’Occident dans son ensemble qui se perd ainsi lui-même dans un abîme de pourriture, y compris sa propre population qui ne réagit pas devant l’effroi que devrait provoquer l’existence de ce cercle infernal, comme si elle se sentait à l’abri, car du bon côté du manche. "Au fond, ce sont des filles de l’Est, cela ne nous concerne pas, même si les crimes ont lieu au sein des plus beaux quartiers de la Capitale", sans voir qu’ils seront bientôt les prochains sur la liste. Cela a déjà commencé par la progressive raréfaction de l’énergie, mais bien entendu, ce ne sera qu’un dur moment à passer. Non, nous y sommes, la destruction a commencé de façon beaucoup plus violente qu’auparavant. Le covid n’avait été qu’un avant-propos, un laboratoire, une expérimentation. Comme l’Ukraine et Gaza dont l'horreur devrait interpeler. Ce ne sont que des laboratoires de l'horreur qu’ils étendent désormais au Liban et à l’Iran.
Bien entendu, le « valeurs » de l’Union européenne, la soit-disant lutte contre la violence de genre et les porcs que l’on doit balancer, les affaires de gifles de tel ou tel député sur sa compagne, ou de harcèlement, sont une façade médiatique derrière laquelle se cache l’impunité de porcs bien plus immondes, mais dûment protégés par le système. À quoi bon dénoncer le harcèlement dans les ascenseurs ou les transports si des violeurs de mineures multirécidivistes non seulement ne sont pas poursuivis, mais sont protégés jusqu’à éliminer les victimes qui pourraient témoigner ? Comme la noblesse a le droit de chasse à cour, l’élite d’État aurait un permis de violer, y compris des mineures, de torturer et de tuer ? L’un ne justifie pas l’autre, mais cacher les pires crimes en prétendant poursuivre les moindres délits ôte toute sincérité aux valeurs affichées par une Europe en état de décomposition éthique avancée.
Il ne s’agit même plus d’une justice à deux vitesses, mais d’une justice complice de crimes que l’on peut qualifier de crimes contre l’humanité vu le nombre de victimes et l’usage de lieux qui s’apparentent à des camps de concentration, mais à caractère sexuel.
Les conséquences géopolitiques en sont une volonté de destruction sans borne qui crée des guerres sur tous les continents que l’on voit à l’œuvre actuellement. Mais la dispersion que cela crée, le paradoxe d’une optimisation des profits qui provoque une désindustrialisation massive, la recherche des profits à tout prix, conséquence l’hybris même de l’oligarchie, y compris dans des armements de plus en plus chers et sophistiqués, et du coup fragiles et défaillants, la démoralisation et dégradation intellectuelle de la population occidentale, suite à une volonté de déséducation généralisée, ont des effets délétères et rendent progressivement inefficaces les sur-moyens occidentaux. Nous entrons dans une phase dialectique où l’hybris occidentale qui au plus haut, une volonté de destruction uniquement égalée par le régime nazi, lui aussi démesurément pervers, entre en contradiction avec les effets eux-mêmes destructeurs sur l’appareil industriel et les capacités scientifiques et techniques, ainsi qu'énergétiques, de ce même Occident. Il est encore capable de destructions colossales, mais son heure est comptée.
Comme dirait Samuel Beckett, l’Occident est cap au pire, mais le reste du monde veille, encore divisé et dans l’incompréhension de ses vraies motivations. Reste à espérer que le dévoilement progressif de celles-ci va finir par réveiller ceux qui croient encore en un avenir radieux sous ses hospices, avant que la volonté destructive d’une élite perverse aille jusqu’au grand saut, final et fatal.




