Les druides attendaient-ils un messie ?
Mon article du 11 juillet « Le Dieu des druides et des Gaulois » avait pour but de montrer et de démontrer qu’au Ier siècle avant J.C., la Gaule n’en était pas restée à un panthéon de tradition mais qu’elle avait commencé à développer sous l’influence du judaïsme et de la pensée grecque une réflexion philosophique sur l’existence d’un Dieu qui guide l’humanité.
Suite logique de ce raisonnement philosophique devenue croyance, il devient dès lors rationnel d’imaginer que ces druides et Gaulois se soient mis à espérer un sauveur qui viendrait du ciel, envoyé de Dieu pour les délivrer du mal. Il n’y a là que du très normal ; je dirais même tout ce qu’il y a de plus ordinaire. A Rome, après le dieu César, Octave se fera adorer comme l’Auguste du ciel, ouvrant la voie au culte impérial de la naissance et de l’ascension divine, tandis qu’en Palestine, les écrits bibliques et esséniens bruissaient d’espérances messianiques.
flamboyante marquée au sceau des quatre roues du petit charriot de Dieu, le charriot de David. Au revers, on le voit en entier, apparemment vêtu de cottes de mailles ou d’une légère cuirasse. Il porte casque à paragnathides et épaulières rembourrées. Son bâton de commandement est accroché à sa ceinture. Passant le bras par dessus la constellation du lion qui s’apprête à féconder celle de la Vierge, il tient fermement de la main droite le sanglier qui se trouve dans la Grande Ourse, symbole du courage militaire. De la main gauche, il tient une tête coupée, sa propre tête/âme, pour bien montrer qu’il a fait le sacrifice de sa vie.
En arrière-plan, le carnyx gaulois, voix du chef et voix de Dieu, a la même signification que le tambour qui bat la charge.
Sur la paroi en vis-à vis, face à Dumnorix, messie guerrier, lion de la guerre, Cleo-pas, lion de la paix (leo pascis), autre nom probable du druide Divitiac, son frère. Auréolé de la croix celte, portant barbe juive, il offre à Dieu les prépuces de deux catéchumènes. Au-dessus de sa tête : IHS, In Hoc Signo, par ce signe. Nous avons là les deux messies annoncés par les textes esséniens : le messie sacerdotal et le messie royal, futur oint d’Israël. Or, si Dumnorix était considéré par ses partisans comme le messie guerrier, futur roi, on comprend comment César a pu être dupe des fausses accusations de Divitiac contre son frère qui, selon lui, aurait prétendu au pouvoir absolu.
Au registre supérieur, au-dessus de la tenture peinte, au-delà de l’horizon visible, la mule du roi a gravi la pente qui conduit à Bethléem. Sur la crête, Jérusalem se devine. La mule porte sur le dos une simple couverture en guise de selle, mais il n’y a pas de cavalier. On se rappelle qu’Absalon a perdu la royauté lorsque, restant accroché par les cheveux à un arbre, sa mule l’avait abandonné. David, lui aussi, avait sa mule, signe d’humilité dans la grandeur. Lorsque la vieillesse arriva, il convoqua les prêtres et les prophètes et leur dit en résumé ceci : « Vous ferez monter mon fils, Salomon, sur ma propre mule. Vous descendrez à Guihôn, et là, vous le sacrerez roi sur Israël. » Dans la fresque de Gourdon, la mule monte à Bethléem pour y chercher celui que les prophètes ont annoncé, le nouveau roi des Juifs. Dans la fresque du bas, David sort du tombeau. Confirmation de mon interprétation, la lyre de David figure sur certaines monnaies gauloises de Dumnorix.

Contrairement à l’avis des numismates, la lyre qui apparait à cette époque dans les monnaies gauloises n’est pas celle d’Hermès mais celle du roi David. Elle apparait, en particulier, sur une monnaie arverne, ce qui montre bien qu’après la génération Divitiac/Dumnorix, cette espérance ne s’est pas éteinte. Ce qui montre aussi que Vercingétorix et le pays arverne étaient à la tête de cette révolution, en alliance avec Litavic et le pays éduen. Cette lyre est en quelque sorte le drapeau de la révolution druido-judaïque qui a secoué la Gaule. C’est dans cette situation révolutionnaire ou pré-révolutionnaire que César va intervenir comme un éléphant dans un magasin de porcelaine.De l’origine des Eduens, peuple gaulois implanté jadis en Bourgogne.
Cela étant dit, il nous faut maintenant tenter de retrouver le fil logique de l’Histoire. Nous rapprochons étymologiquement les mots "Eduens" et "Iduméens", peuple de Palestine. Nous les faisons dériver tous deux du même mot "Edom" (Edom est le fils d’Esaü, Gn 36, 43). Nous en déduisons que les Eduens sont des Iduméens du sud de la Palestine venus s’installer en colonie à Gourdon quelques siècles avant J.-C. Ces Eduens ont conservé des liens avec leur pays d’origine, notamment des liens de culture dans la tradition de la descendance d’Esaü, fils d’Isaac, frère de Jacob. Ceci explique que les fresques de Gourdon réalisées par ces Eduens/Iduméens, ou par leurs descendants, soient judaïques car l’on sait que ces fils d’Esaü ont été reconvertis par les Juifs de Jérusalem - lignée de Jacob/Israël - à la nouvelle doctrine.
La proximité de l’Egypte et de l’Idumée nous amène à prendre en considération l’importante et dynamique communauté juive d’Alexandrie. Cleopas - mot dérivé de Cléopâtre - pourrait donc être une espérance de messie née dans cette communauté et reprise par les Eduens/Iduméens de Gourdon.
Cela nous amène également à nous interroger sur Hérode et sur son père iduméen Antipater. Etonnant cet Hérode le Grand, maitre de Nazareth, qui, au début de son règne, est présenté, lui aussi, comme un messie par ses disciples hérodiens. Etonnant, le fait que deux Hérode de sa descendance aient choisi de venir se retirer en Gaule, dont un à Lyon sous protection éduenne. Etonnante, cette amitié entre Antipater et César, comme si ce dernier avait puisé dans ce peuple iduméen/éduen des combattants pour conquérir et la Gaule et le pays des Juifs (cf. Flavius Josèphe).

