samedi 24 janvier 2009 - par Senatus populusque (Courouve)

Liberté d’expression et politiquement correct

Dans certaines discussions autour de la liberté d’expression, on bute souvent sur la formule "on n’a pas le droit de dire n’importe quoi, de dire des contre-vérités". Le débat public exige pourtant que l’on ne fasse pas de la vérité des propos le critère du droit à la parole.

Dans l’arrêt Orban du 15 janvier 2009, la Cour européenne des Droits de l’homme rappelle une nouvelle fois que : « la liberté d’expression vaut non seulement pour les « informations » ou « idées » accueillies avec faveur ou considérées comme inoffensives ou indifférentes, mais aussi pour celles qui heurtent, choquent ou inquiètent : ainsi le veulent le pluralisme, la tolérance et l’esprit d’ouverture sans lesquels il n’est pas de « société démocratique » »

La liberté d’expression est bridée par des plaintes d’associations communautaires accompagnant des dénonciations de journalistes (récemment Claude Askolovitch contre Siné), la promotion d’un vocabulaire orwellien. Or une telle liberté doit valoir pour tous et pour tous les sujets ; à défaut, elle se résume à un privilège. La Déclaration de 1789 affirme l’égalité comme principe d’attribution des droits de l’homme, et la liberté comme le premier de ces droits. Elle fait une place exceptionnelle aux libertés d’opinion et d’expression :

« Nul ne doit être inquiété pour ses opinions, même religieuses, pourvu que leur manifestation ne trouble pas l’ordre public établi par la loi. » Déclaration des droits de l’homme et du citoyen, article 10, proposé par Louis de Castellane et Jean-Baptiste Gobel.

« La libre communication des pensées et des opinions est un des droits les plus précieux de l’homme ; tout citoyen peut donc parler, écrire, imprimer librement, sauf à répondre de l’abus de cette liberté dans les cas déterminés par la loi. » Déclaration des droits de l’homme et du citoyen, article 11, proposé par le duc de La Rochefoucauld d’Enville.

Les polémiques sont aussi polluées par la mauvaise foi ; certains débats contemporains font penser au dialogue des « représentants de commerce du Peuple » de Prévert : « – Qu’est-ce que cela peut faire que je lutte pour la mauvaise cause puisque je suis de bonne foi ? – Et qu’est-ce que cela peut faire que je sois de mauvaise foi puisque c’est pour la bonne cause ? » (Spectacle (1949), Représentation). Il y a émancipation de ces polémistes par rapport à la morale, la probité, mais aussi par rapport à la logique.

Une série de termes ont été inventés ou détournés pour dénaturer les notions communes, orienter insidieusement le débat et déconsidérer a priori l’adversaire ; d’autres ont pris une connotation qui bloque les débats. Dans les deux cas, c’est une police de la parole qui s’instaure.

Anticommunisme : intimidation associée à la formule : La gauche s’arrête là où l’anticommunisme commence.

Antisémitisme : Si l’antisémitisme était un délit selon Jean-Paul Sartre – qui en 1941 succéda néanmoins, en tant que professeur titulaire au lycée Condorcet, à un professeur juif révoqué ..., le n° 92 de la revue Commentaire en apportait confirmation –, l’historien Jules Isaac, plus compétent en la matière, et auteur de Genèse de l’antisémitisme, le considérait comme un courant d’opinion ; ce qui ne lui donne pas de consistance logique ou morale pour autant, bien entendu, cela devrait aller sans dire.

On a rangé sous la catégorie d’antisémitisme des choses fort différentes :

- un préjugé de type racial pouvant aller jusqu’à des discriminations et des persécutions

- une hostilité à la politique, voire à l’existence, de l’Etat d’Israël

- une hostilité au communautarisme incarné par le CRIF, qui est contraire au principe d’indivisibilité de la République française.

Dérapage : délit d’opinion à géométrie variable ; ainsi la journaliste Vanessa Schneider est épargnée pour sa formule (fausse d’ailleurs) sur le père de Nicolas Sarkozy : « Juif hongrois coureur de jupons » (Libération, 8 juillet 2004. Eric Zemmour est accablé pour son emploi du mot « race ».

Haine : on en accuse à tout bout de champ ceux dont les arguments dérangent.

Homophobie : délit d’opinion, contré tout récemment par l’arrêt Vanneste (Cour de cassation, chambre criminelle, 12 novembre 2008). « Le terme d’homophobie s’est imposé : ce mot piégé confond (volontairement) le refus de la normalisation symbolique et sociale de l’homosexualité avec l’animosité à l’égard de la personne des homosexuels. L’homophobe, c’est le fasciste d’aujourd’hui. » (Jean Sévillia, Le Terrorisme intellectuel de 1945 à nos jours, Perrin, 2000). Le terme alimente un discours qui stigmatise un délit d’opinion et dissimule le fait que l’homosexualité relève bien davantage de la liberté que de l’égalité des droits sociaux.

Islamophobie : terme créé pour disqualifier la critique d’une religion sous couvert d’antiracisme, et pour assimiler cette critique à une discrimination.

D’autres termes orientent "positivement" le débat :

Citoyen (adj.) : conforme au politiquement correct.

Communauté : invoquée à tout bout de champ ; exemple : « site francophone s’adressant à la communauté bisexuelle »

Diversité : fait la promotion de la confusion entre multiracialisme et multiculturalisme.

Français d’origine française : environ un milier de références sur Google pour cette expression qui enregistre la perte de sens du terme « Français ».

Incivilités : euphémisme pour petite délinquance.

Mémoire : concept promu par Pierre Nora, dévoyé ensuite ; les mémoires communautaires sont promues en lieu et place de l’histoire objective qui devient impossible à enseigner. à la fin du deuxième millénaire, le matérialisme historique échappait aux règles de la connaissance et de la logique ordinaires ; aujourd’hui, la mémoire collective à usage politique et communautaire récuse le savoir, et plus précisément l’histoire méthodique et objective, jusque dans l’enseignement, au nom du principe « tout est politique » ; il semble que l’on suive le slogan du Parti dans 1984 de George Orwell : "Who controls the past controls the future : who controls the present controls the past". Dans ce qui est bien davantage une mutation qu’un déclin du marxisme, le sélectif "devoir de mémoire" de l’individu communautaire remplace la "prise de conscience" proposée au prolétaire ; il entraîne une surenchère permanente dans la culpabilisation collective des uni-nationaux, une dérive intolérante dans l’opinion et les médias les plus engagés. En revanche, comme remarqua Jacques Bouveresse, l’abandon du marxisme n’est l’objet d’aucun commencement de réflexion de la part de ses anciens fidèles (mais l’ont-ils véritablement abandonné ? On peut en douter).

Les restrictions actuelles à la liberté d’expression ne sont pas accidentelles ; elles participent d’une forme de lutte sociale dont les tenants considèrent que c’est l’orthodoxie qui donne le droit à la parole, orthodoxie qu’ils appellent vérité et dont ils prétendent qu’on ne peut accepter de la placer sur le même plan que l’erreur (selon eux). Le Monde des Débats de septembre 2000, page 23, le disait clairement : « Nazisme, bolchevisme, antisémitisme hantent notre histoire. Faut-il accepter de discuter le lien que l’historien allemand Ernst Nolte établit entre eux ? Ou sa thèse est-elle trop suspecte pour être prise en considération ? ». Nouvelle loi des suspects, certes plus douce, pour l’instant, que celle de la Convention en 1793.

Le terme "journalisme" désigne désormais « autant une idéologie qu’un métier », concluait, après une longue fréquentation de la presse, Paul Thibaud  ; c’est l’idéologie du politiquement correct, de la soumission obligée de la compétence à la majorité, de la valeur au vedettariat, l’idéologie du primat du commun sur le savoir, du politique sur l’épistémologique, de la prétention vigilante à informer et à alerter sur la conscience du besoin de s’informer, d’étudier, de comprendre et de s’expliquer. C’est pourquoi Internet suscite autant d’inquiétude chez les journalistes et les adversaires de la liberté d’expression, liberté qui est une valeur culturelle, intellectuelle, et pas seulement une valeur politique, démocratique.



36 réactions


  • 3.14 3.14 24 janvier 2009 13:59

    Merci pour cet excellent article, qui a le mérite de résumer beaucoup de pensées que je me suis fait ces derniers temps.
    Ainsi, j’ai été surpris de constater que la liberté d’opinion et d’expression dans notre "démocratie" ne s’appliquait pas sur certains sujets, comme l’Holocauste par exemple. Impossible d’avoir un débat sur cette question, impossible d’en discuter le moindre aspect, que l’on soit simple citoyen ou historien. Mr. Faurisson en a douloureusement fait les frais au cours de sa vie (nombreux procès, licenciement de son poste d’enseignant en université, attaques physiques dont une qui a failli le tuer...). Malgré sa qualité d’historien et de prof de fac, il a été immédiatement accusé d’antisémitisme, de négationisme à la seconde même où il a présenté sa thèse : les chambres à gaz n’ont pas existé. Sans pour autant contester l’existence des camps de concentration, ni celle de l’Holocauste, mais il y a des Vérités (établies) qui ne supportent aucun changement, même dans leurs détails.
    Car il s’agit bien d’un détail historique finalement, qu’importe la façon dont les fuifs, tziganes ou autres ont été massacrés, l’important est qu’il l’ait été, n’est-ce pas ? Franchement, est-ce que les nazis seraient moins terribles et les juifs moins victimes, s’il apparaissait que ces derniers ont été tués par des moyens "classiques", ou même "juste" forcés au travail jusqu’à l’épuisement ? Est-ce que la souffrance de ce peuple diminuerait-elle réellement ?
    Je ne crois pas, mais le problème est que depuis la fin de la Seconde Guerre Mondiale, on a chercher à charger la concsience des européens (et des Allemands surtout), et à charger la souffrance juive pour permettre l’instalation d’une véritable colonie occidentale (car Israël a été fondé de la même manère que les colonies européennes) au Proche-Orient. Région qui devenait importante car le pétrole l’était de plus en plus, et région qui permettait au leadership américain de s’implanter face aux européens dans une zone qui leur avait été confié par la SDN après la dislocation de l’empire Ottoman.

    Aujourd’hui la question de l’Holocauste, comme l’a montré la soi-disant affaire Dieudonné, reste une question tabou dans notre pays. Ceci, j’en suis persuadé, à cause d’une propagande entretenue depuis 45 par les USA et par les Israëliens qui ont tout à gagner à rappeler leurs souffrances passées pour faire oublier celles des Palestiniens.
    Heureusement, une nouvelle génération arrive (dont je fait partie) qui n’a pas subi une propagande aussi importante, qui ne se sent absolument pas responsable de l’Holocauste et qui peut alors avoir un regard plus froid et pragmatique sur ce sujet.
    Je me souviens d’un intervenant sur AgoravoxTV qui avait l’air tout à fait ouvert (par exemple sur le 11 septembre), mais qui s’est mis à produire des arguments d’autorité pour couper court à la conversation lorsque nous débattions de Mr. Faurisson, car son grand-père (juif) avait été déporté (mais avait survécu). La même réaction s’est produite chez ma mère (55 ans) lorsque je lui ais parlé de Faurisson et de ses thèses, elle ne le connaissait pas du tout, ne l’avait jamais entendu parler, mais s’est permis de le traiter de "mégalo", de "type d’extrême-droite", etc...bref, des jugements hâtifs que je ne lui connaissait pas et dont elle aurait été je pense incapable sur un autre sujet.

    Voilà, désolé d’avoir été si long, mais je souhaitais compléter cet article sur le thème du politiquement correct historique, qui est je pense une grave menace (sur ce sujet et d’autres) pour notre connaissance de l’Histoire, et celle de ses enseignements.


    • Asp Explorer Asp Explorer 25 janvier 2009 10:12

      Ça ne me choque pas plus que ça que Faurisson soit taxé d’antisémitisme - c’est vraisemblablement justifié - en revanche il me consterne que d’une part on ai cru bon d’inventer une loi instaurant un délit d’opinion spécialement pour mettre monsieur Faurisson hors d’état de "nuire" (pour autant qu’on puisse nuire avec des mots, ce qui reste à débattre), et d’autre part, il m’inquiète que toute personne évoquant ce monsieur autrement que pour le traiter de fasciste soit systématiquement écartée de toute existence publique.

      J’ignore qui a eu l’idée d’inventer ces lois ni dans quel but, mais ce n’était certainement pas une très bonne idée de s’attirer la défiance des amis de la liberté.


    • Senatus populusque (Courouve) Courouve 26 janvier 2009 15:28

      "la question de l’Holocauste, comme l’a montré la soi-disant affaire Dieudonné, reste une question tabou dans notre pays. Ceci, j’en suis persuadé, à cause d’une propagande entretenue depuis 45 par les USA et par les Israëliens qui ont tout à gagner à rappeler leurs souffrances passées pour faire oublier celles des Palestiniens. "

      Et avant l’affaire de l’abbé Pierre ; tout récemment encore le bruit autour du délit d’opinion de l’évêque révisionniste et intégriste. Quant aux causes, outre celles que vous évoquez, il y a le bénéfice que tirent à la fois l’Eglise catholique et le camp communiste à se focaliser sur le seul antisémitisme nazi.


  • Marsupilami Marsupilami 24 janvier 2009 16:22

     @ Courouve

    Bon billet. La liberté d’expression doit être totale. Pour démonter les mensonges et désinformations, il faut qu’ils soient sur la place publique. Le politiquement correct est insupportable... mais la démocratie d’opinion l’est tout autant.


    • Senatus populusque (Courouve) Courouve 26 janvier 2009 16:00

      La dépolitisation de l’opinion publique est bien sûr regrettable, tout comme l’est sa désintellectualisation. Ceci est dû à la primauté du spontané sur le réfléchi, de l’expression sur la compréhension. Les "valeurs" de la démocratie d’opinion relèvent davantage d’un effet de mode conformiste que d’un engagement intelligent.


    • Marsupilami Marsupilami 26 janvier 2009 16:33

       @ Courouve

      Pour qu’on assiste à une "désintellectualisation" de l’opinion publique, encore faudrait-il qu’elle ait un jour été "intellectualisée", ce qui me semble faux. Le panem & circenses ne date pas d’hier, et les philosophes grecs ne pouvaient se livrer a leurs délicates spéculations intellectuelles que parce qu’ils avaient des armées d’esclaves pour faire le sale boulot !


    • Senatus populusque (Courouve) Courouve 27 janvier 2009 15:25
      De nombreuses études ont montré une baisse de niveau intellectuel depuis les débuts de la IIIe République, et pas seulement en France. J’en cite une :

      Le rapport Chervel compare des dictées de 1873 à celles de 1987 ; on y lit, p. 161 : "Presque la moitié de l’effectif du XIXe siècle commet moins de cinq fautes, alors que pour le XXe siècle, c’est seulement le tiers de l’échantillon qui obtient ce résultat".
       
      L’échantillon de 1987 avait été soigneusement déterminé de façon à pouvoir être comparé à celui de 1873 ; mais les auteurs ont cependant "redressé", à la fois les scores de 1873 et ceux de 1987 pour aboutir, tout à fait à la Bourdieu [Voir Philippe Bénéton, Le Fléau du bien, Paris : R. Laffont, 1983, pp. 48-55, la "méthode Bourdieu"], à la conclusion souhaitée : "le niveau actuel en orthographe est donc incontestablement supérieur" (Rapport, p. 164), affirmation figurant dans le dernier chapitre, plus sobrement intitulé "CONCLUSION. Comparaison du niveau en orthographe entre 1873-1877 et 1986-1987".
       
       Cette retenue ne se trouve plus dans La Dictée, ouvrage destiné au grand public, où le chapitre VI est intitulé : VI "Supériorité des élèves de 1987". On y lit cependant qu’il y a "victoire aux points du corpus du XIXe siècle sur celui du XXe siècle" (La Dictée, p. 182) ; comprenne qui pourra ...
       
      Le graphique de la p. 163 du Rapport montre qu’en 1873, plus d’élèves (par rapport à 1987) font moins de fautes, et qu’en 1987, plus d’élèves (par rapport à 1873) font plus de fautes.
       
      Pp. 14-15 de La Dictée, on lit encore ceci :
       
      "Il importe peu, aujourd’hui, que le niveau général en latin ait (probablement) baissé puisque dans le même temps le niveau général en mathématiques n’a cessé de s’élever."
       
      Dans La Dictée, p. 260, figurait déjà cette remarque : "le niveau des classes de sixième [n’est] plus ce qu’il était il y a trente ans."

      Les affirmations selon lesquelles le niveau monte, ou le niveau a toujours été le même, font partie du politiquement correct.

      Cette désintellectualisation se voit aussi dans le contenu des débats ; ainsi les débats entre croyants et incroyants, vifs sous la IIIe République, sont maintenant étouffés au nom du respect des croyances. Le politiquement correct interdit tout débat sur la peine de mort ou sur l’avortement.

      Quant aux Grecs, c’est bien simpliste de croire que c’était l’esclavage qui permettait leur philosophie ; certains philosophes avaient même été esclaves eux-même, si je me souviens bien. Bien des civilisations ont connu l’esclavage sans en avoir la contrepartie philosophique.

    • masuyer masuyer 28 janvier 2009 15:31

      Courouve,

      je pense également que les idées se combattent sur le terrain des idées, pas dans les prêtoires.

      Par contre, s’appuyer sur la maitrise de l’orthographe pour valider la thèse d’une "baisse du niveau intellectuel" m’apparait bien peu pertinent.

      En effet, il me semble que l’intelligence telle que nous la comprenons, est la capacité à relier entre eux des phénomènes qui sans elle seraient perçus comme indépendant. On peut donc raisonnablement penser que la logique est un élément prépondérant de l’intelligence.

      Or, si intéressant cela soit-il du point de vue de l’étude linguistique, l’orthographe est absolument illogique, ou plus exactement tend à le devenir au fil de l’évolution de la langue.

      Prenons par exemple le phonème [ɛ̃] en français qui peut s’écrire [ein], [ain], [in]. Rien de bien logique, convenez en.

      Une langue comme le turc est plus logique dans son orthographe, puisque celle-ci a été fixée récemment (un signe=un phonème). Pourtant, à peine un siècle plus tard, certaines exceptions à la règle sont déjà constatable, notamment par l’influence du parler stambouliote.

      Dernière chose, les comparaisons dont vous parlez, ont, me semble-t-il en tout cas, une limite : pour être tout à fait pertinentes, il faudrait pouvoir faire passer à l’ensemble des enfants de 1873 en âge aujourd’hui de le passer, mettons le BEPC.


    • Senatus populusque (Courouve) Courouve 28 janvier 2009 15:48
      "l’intelligence telle que nous la comprenons, est la capacité à relier entre eux des phénomènes qui sans elle seraient perçus comme indépendants."

      L’intelligence est tout autant la faculté de distinguer à propos que celle de relier à propos ; or nous souffrons aujourd’hui de l’absence du premier terme.

      La "logique" de l’orthographe est historique, et parfois aléatoire, du fait des déformations survenues ; ainsi charcutier qui vient de chaircuitier , le vendeur de chair (viande) cuite. Mais bien évidemment, il n’y a pas que l’orthographe.

      La baisse du niveau moyen d’études est occidentale et pas seulement française ; elle est confirmée par l’évolution des programmes du secondaire vers la simplification et par la quasi-disparition des démonstrations dans le cours de maths, cours lui-même mis en forme dogmatique et déjà réduit au minimum avant les propos légers de Claude Allègre sur une supposée dévaluation des mathématiques. 
       
       Les programmes officiels indiquent que la plupart des résultats doivent être admis ; ajoutons-y la détérioration des méthodes de travail des lycéens et étudiants. Notamment, en France au moins, le morcellement du "contrôle continu", des DST ("devoirs sur table" - comme si chez eux les élèves travaillaient dans leur lit ...) et des partiels, qui remplace les anciennes compositions trimestrielles et les examens traditionnels. En résumé, cette dégradation intellectuelle (et morale car souvent associée à diverses formes de fraude) des méthodes consiste en ce qu’aujourd’hui :
       
      a) On apprend, plus que l’on ne prend le temps d’étudier ;
      b) On révise encore plus que l’on n’apprend ;
      c) On révise les exercices, les sujets qui ont des chances de sortir ..., plus que l’on ne révise les exposés des professeurs, « le cours » (non appris …).
       

    • masuyer masuyer 28 janvier 2009 16:01

      Je vais poser la question autrement :

      quel pourcentage de la population scolaire atteignait le secondaire en 1873 et aujourd’hui ?

      comment peut-on établir une comparaison objective si on ne peut pas faire passer le BEPC à des enfants de 1873 dans un pourcentage équivalent à ceux qui l’atteignent aujourd’hui ?

      Autre question : politiquement correct n’est-elle pas une expression fourre-tout où chacun met ce qu’il veut, d’où le bel unanimisme sur votre article ?


    • Senatus populusque (Courouve) Courouve 30 janvier 2009 14:26
      Tout récemment, une enquête 1986-2006 a encore confirmé une baisse du niveau scolaire entre ces deux dates ; à cette occasion il a été signalé (par Bentolila je crois) que la plupart des fautes d’orthographe étaient des fautes d’accord.

      Un des critères du déclin du savoir et de la désintellectualisation est cette baisse de niveau scolaire. Cette baisse était ressentie par 71 % des jeunes profs, selon un sondage SNES-SOFRES de mars 2001. Le nombre croissant de lycéens (généraux et professionnels) et de bacheliers ne peut être à lui seul un argument en faveur d’une élévation de niveau de connaissances ; encore faudrait-il faire le bilan de ce que l’on comprend, de ce que l’apprend, et de ce que l’on en retient comme savoir et comme savoir-faire.
       
       "Contrairement aux idées reçues, ils calculent aussi bien qu’il y a vingt ans, d’autant plus que la population des élèves concernés par le collège aujourd’hui est beaucoup plus large qu’alors" (Barrier et Robin, 1985).
       
      Ce d’autant plus évoque irrésistiblement le paralogisme du boulanger d’une des questions d’une échelle d’intelligence (la N.E.M.I.), commerçant qui « perd sur chaque petit pain, mais se rattrape sur la quantité ». Il y aurait eu, entre 1964 et 1982, "progrès en algèbre, sauf les inéquations ; recul en géométrie ; stagnation en arithmétique et statistiques".

      Les données "n’autorisent pas une conclusion défavorable quand au niveau des élèves actuels par rapport à ceux de 1964" ; mais elles ne permettent pas davantage la conclusion favorable que Roger Girod en avait tiré : "leur score moyen s’est légèrement amélioré".

      Pendant un période assez longue, la démocratisation s’était accompagnée d’une augmentation de niveau, puis, sous la Ve République, le niveau a commençé à baisser nettement, et par ailleurs la démocratisation aussi a régressé ; il y a auourd’hui, en pourcentage, moins d’enfants d’ouvriers et d’employés dans les grandes écoles qu’il y a 40 ans.


    • Senatus populusque (Courouve) Courouve 30 janvier 2009 14:39

      Quant à la définition du pollitiquement correct, celle-ci me paraît acceptable :

      http://la-catastrophe-internationale.over-blog.com/article-3645535-6.html

      Je dirais de plus que le politiquement correct consiste en le sacrifice de la culture, voire de la nature (avec la revendication de "mariage" homo) à la démocratie radicalisée. J’ai compris ce que c’était lorsqu’un un collègue enseignant en maths m’a dit, en 1969, qu’il ne fallait pas expliquer les maths aux élèves ; lorsque j’ai demandé pourquoi, il a répondu : parce que certains risqueraient de ne pas comprendre. Ce nivellement par le bas, cette soumission de la culture à l’égalitarisme, c’est pour moi l’essence du politiquement correct.


  • aldebaran aldebaran 24 janvier 2009 17:11

    @l’auteur
    Merci et tous mes compliments pour cet article.
    Je suis consterné de voir chaque jour, comme vous le mentionnez, les ravages de cette ’idéologie du primat du commun sur le savoir’.
    S’agissant d’internet, je suis moi aussi convaincu qu’il permet une plus large liberté d’expression ; toutefois je relève que sur le Net, encore une fois, rechercher l’information juste est un vrai travail.
    Hélas, les moteurs de recherche (pour ne citer qu’eux) font largement prévaloir la popularité sur la pertinence... alors que l’expérience montre qu’une opinion partagée par tout le monde a bien des chances d’être aussi plate et consensuelle qu’il est possible. Une idée qui plaît à tout le monde est surtout une idée qui ne déplaît à personne.

    Je ne résiste pas au plaisir de citer Chamfort : ’On réfutait je ne sais quelle opinion de M….sur un ouvrage, en lui parlant du public qui en jugeait autrement : « Le public, le public dit-il ! Combien faut-il de sots pour faire un public ? »’

     smiley


  • HELIOS HELIOS 24 janvier 2009 17:57

    J’ai aimé... merci


    • Senatus populusque (Courouve) Courouve 26 janvier 2009 16:18
      « Interdire l’expression du racisme, c’est tout simplement militer pour le refoulement, pour le secret, le renfermement et la conspiration. Et à terme, pour plus d’attentats, plus de meurtres. »
      Serge July, "La liberté d’expression des racistes", Libération, 24 novembre 1978.

  • lionesse 25 janvier 2009 07:56

    Très bon papier qui a l’art d’appeler un chat par son nom. Merci !
    Mais combien "d’associations de défense" dont le sectarisme est le fond de commerce ne vont-elles pas s’élever contre lui ?
    Notre société qui met tellement en avant "les droits" en oubliant les devoirs n’a-t-elle pas aussi sa part de responsabilité dans l’évolution de ce politiquement correct ?


  • noop noop 25 janvier 2009 12:15
    Merci pour cet article.
    La liberté d’expression est un sujet sensible.
    Les Français y sont légitimement attachés. Pour contourner cet attachement « on » a mis en place le politiquement correct. Système efficace, qui maltraite les mots, qui manie l’amalgame et le tabou avec brio afin de restreindre précisément la liberté d’expression.
    Les médias classiques, télé, radio, presse écrite (dans une moindre mesure), en sont les promoteurs, avec l’appui des partis politiques, particulièrement à gauche. Le but est de biaiser le débat sur certains sujets sensibles ou tout simplement de l’interdire.
    Internet est devenu le lieu d’expression libre par excellence.
    Hélas parfois s’y exprime aussi la grossièreté résultat de la frustration et de la bêtise, voire pire.

    Concernant la liberté d’expression, je renvoie à la très courageuse déclaration d’Alain Finkielkraut devant des députés.

    • Céline Ertalif Céline Ertalif 25 janvier 2009 23:16

      Je suis d’accord avec ce que dit Finkelkraut contre la loi Gayssot, cela rejoint le point de vue de Chomsky dans l’affaire de sa préface à Faurisson.

      La question est tout de même de savoir quelle société, et quel pouvoir politique, sont prêts à admettre une totale liberté de pensée comme l’ont rêvé les Lumières, la psychanalyse dans ses expressions les plus radicales, ou encore l’athéïsme à grande échelle. Remarquons tout de même qu’Obama a fait une belle promotion de la laïcité dans son discours d’investiture, reconnaissance du droit à l’athéïsme inclus - ce qui pour un américain est pas mal !

      Une société a besoin d’obéissance, et donc l’autonomie oui, mais il y a immanquablement des limites. La liberté de quelques aristocrates, même un peu libertins, n’a jamais vraiment génée. Le pouvoir politique a besoin que ces limites soient socialement circonscrites.

      Personnellement, je suis d’accord avec le fond de l’article de Courouve sous réserve du contrepoint de Marsupilami sur la démocratie d’opinion. La liberté d’expression oui, mais n’oublions pas que la propagande existe et qu’entre la pensée et l’opinion il y a une différence de nature : dans un cas il y a une construction intellectuelle personnelle, dans l’autre il n’y a que des options personnelles sur les propagandes construites ailleurs dans une logique qui dépasse l’individu qui opine. 


    • Senatus populusque (Courouve) Courouve 26 janvier 2009 16:24

      Alain Finkielkraut avait défendu Renaud Camus quand plusieurs journalistes s’étaient déchaînés contre lui à cause de ces lignes de son Journal :

      « Les collaborateurs juifs du "Panorama" de France-Culture exagèrent un peu, tout de même [...] ils font en sorte qu’une émission par semaine au moins soit consacrée à la culture juive, à la religion juive, à des écrivains juifs, à l’État d’Israël et à sa politique, à la vie des juifs en France et par le monde, aujourd’hui et à travers les siècles. C’est quelques fois très intéressant, quelquefois non ; mais c’est surtout un peu agaçant, à la longue, par défaut d’équilibre. »
      (La Campagne de France., page 48)


  • Bois-Guisbert 25 janvier 2009 15:47

    M. Courouve, Pour votre information personnelle, je vous signale la définition que le Petit Larousse illustré éd. de 1922, donne d’antisémitisme, p.46 : 

    Doctrine de ceux qui sont opposés à l’influence des juifs.


    • Senatus populusque (Courouve) Courouve 27 janvier 2009 16:19

      Que les juifs aient une influence, rien de plus normal. Le problème commencerait si l’on constatait que cette influence est excessive ou disproportionnée.


  • joelim joelim 25 janvier 2009 18:28

     @bois-guibert : il faudrait peut-être mettre à jour votre dico, qui est un tout petit peu périmé.

    Mais, bon, si on s’en tient à votre définition, je suppose qu’elle sous-entend "l’influence des juifs" en tant que communauté. Mais deux graves problèmes surgissent alors :


    — le communautarisme dit "pro-juif" tel qu’il est pratiqué actuellement (celui du CRIF par exemple) ne représente pas du tout l’ensemble ni même la majorité de ceux qui se réclament de la culture juive ; ou alors il faudrait des chiffres incontestables ; il ne représente que l’idéologie sioniste, qui n’est qu’un épi-phénomène (hélas très grave et inquiétant) apparu dans une minorité appartenant à la culture juive,


    — toute personne contestant la pertinence du communautarisme, de quelque côté qu’il soit, tombe de facto sous la coupe de cette drôle de définition de l’antisémitisme.

    Finalement, le terme d’antisémitisme galvaudé d’aujourd’hui correspond bien à cette définition obsolète, et n’a plus rien à voir avec le vieux racisme anti-juif qui a persisté chez une fraction des Européens jusqu’au XXe siècle, et qu’il fût utile de dénoncer.

    En résumé, les sionistes ont fait de la notion d’antisémitisme une arme politique d’accusation injustifiée. Çà reste cohérent avec le peu de respect qu’ils ont, dans le fond, envers les martyrs juifs (et tziganes, etc.) qui ont été massivement assassinés par le régime nazi.


    • Senatus populusque (Courouve) Claude Courouve 23 septembre 2009 18:07

      « les sionistes ont fait de la notion d’antisémitisme une arme politique d’accusation injustifiée. »

      Un peu comme les communistes avaient réussi à convaincre jusqu’à Jean-Paul Sartre que « tout anticommuniste est un chien ».


  • joelim joelim 25 janvier 2009 19:57

     Cette façon qu’a eu le sionisme d’instrumentaliser la notion d’antisémitisme est d’autant plus abjecte que leur vision semble basée sur un principe de "peuple élu", principe qui fût aussi à l’origine de la Shoa. smiley

    Indécence intellectuelle. Manipulation mentale.

    Le plus drôle, est que les médias et les élus sont toujours tétanisés par ces accusations communautaristes de ne pas être assez contrit devant le drame de la Shoa, dès qu’ils commenceraient à sortir de leur alignement sur la politique belliqueuse d’Israël.

    Ce qui fait que cet Etat sera probablement pardonné de sa dernière action, faute d’être condamné autrement que par des mots. A moins que les principaux gouvernements décident d’arrêter de déconsidérer l’ONU à laquelle ils appartiennent...

    Attention, je ne tiens pas du tout à diaboliser Israël (diabolisation, piège à cons, on a vu ce que çà donne), mais la politique pro-guerre, pro-peuple élu, et à 100% alignée sur les intérêts des lobbys américains de l’armement, qui pourraient être à l’origine de beaucoup de choses.

    Mais désolé, je disgresse... Pour moi l’antisémitisme est un mot qu’il faudrait sérieusement dépoussiérer. Que les accusateurs tout-azimut continuent à l’utiliser, ou emploient plutôt selon le cas les termes de "racisme anti-juif", d’"anti-sionisme", "anti-pro-guerre israëlienne", et "anti-paradigme du peuple élu". Cela serait beaucoup plus clair et précis.

    Quant à moi, j’en reviendrais à une éthymologie basique du mot : l’antisémitisme en 2009 serait alors le fait de considérer des sémites (qu’ils soient juifs ou arabes) comme étant des êtres inférieurs ou détestables par cette seule propriété.

    Il en résulterait alors que seuls les partisans du choc des civilisations, qu’ils soient évangélistes américains, extrêmistes israëliens, ou extrêmistes musulmans, sont antisémites. Dans le dernier cas, à l’égard des juifs, et dans les deux premiers à l’égard des musulmans. Rétablissement salvateur de sens, via un retour au concret, au tangible : hormis les affaires de police et de sécurité des gens, les méchants sont toujours du côté opposé au canon. smiley 

    Tous ceux qui pensent qu’une vie de leur "bord" vaut 10 vies (et maintenant 100) de l’"autre bord", devraient être dénoncés pour racisme par les médias. Mais les médias mainstreams n’ont-ils pas subtilement dérivé vers ce que j’appellerais des néo-médias, ces choses dans lesquels on apprend plus sur la désinformation que sur l’information ?


  • Senatus populusque (Courouve) Courouve 28 janvier 2009 14:52

    La liberté d’expression serait-elle en voie de rétablissement en France ? Après l’arrêt Vanneste (Cour de cassation, 12 novembre 2008) et la condamnation de la France dans l’affaire Aussaresses/Orban, voici que le parquet de Lyon a requis, mercredi 28 janvier, la relaxe du chroniqueur et dessinateur Siné, poursuivi pour "incitation à la haine raciale" après avoir ironisé, dans Charlie Hebdo, sur une éventuelle conversion au judaïsme de Jean Sarkozy à l’occation de son mariage avec l’héritère de Darty. Siné reprenait alors des propos de Patrick Gaubert parus dans Libération.

    "La lecture de ces chroniques, on ne peut pas la faire en faisant abstraction de l’hebdomadaire dans laquelle elles ont été publiées. Charlie Hebdo est un journal satirique, on est sur le terrain de la provocation", a déclaré, dans son réquisitoire, le procureur Bernard Reynaud.


  • Senatus populusque (Courouve) Courouve 25 février 2009 15:45

    "De même qu’une société démocratique implique que les athées, voire les antireligieux, tolèrent que les croyants manifestent paisiblement leur religion, ces derniers doivent également tolérer la critique exprimée librement par les athées car les systèmes religieux ne forment pas des ensembles intouchables ou tabous", lit-on dans le jugement rendu mardi 24 février 2009 par le T.G.I. (chambre correctionnelle) de Lyon.

    "La liberté d’expression et la liberté de religion sont d’égale valeur : l’une ne supplante pas l’autre". "Le bouffon joue un rôle éminent dans la défense des libertés", a commenté Fernand Schir, président de la 6e chambre.

    Enfin une application du principe d’égalité dans la question de la liberté d’expression !!


  • Senatus populusque (Courouve) Courouve 31 mars 2009 17:17

    Le président de la Région Languedoc-Roussillon, Georges Frêche (divers gauche), a vu sa relaxe confirmée, mardi 31 mars, dans la controverse sur ses propos envers les harkis. Georges Frêche était poursuivi par plusieurs associations pour "injure raciale".

    "Vous êtes allés avec les gaullistes (...) Ils ont massacré les vôtres en Algérie (...). Ils les ont égorgés comme des porcs. Vous faites partie de ces harkis qui ont vocation à être cocus jusqu’à la fin des temps (...). Vous êtes des sous-hommes, vous êtes sans honneur", avait lancé Georges Frêche à un groupe de harkis, le 11 février 2006. Il s’exprimait lors d’un hommage à un ancien leader pied-noir et sur fond de discussion sur l’article de loi évoquant le rôle "positif" de la colonisation. Des harkis présents avaient assisté le même jour à une manifestation similaire de l’UMP.

    Ses propos avaient suscité une vive réaction dans la communauté en France.


    • Senatus populusque (Courouve) Courouve 31 mars 2009 17:21

      Poursuivi pour injure raciale, le président de la communauté d’agglomération de Montpellier avait été condamné en janvier 2007 à une amende de 15.000 euros. Mais le 13 septembre 2007, il avait été relaxé par la cour d’appel de Montpellier.

      Abasourdis par cette décision, l’association Génération Mémoire Harkis, la Ligue des droits de l’Homme et le Mouvement contre le racisme et pour l’amitié entre les peuples (Mrap) avaient formé un pourvoi devant la chambre criminelle de la Cour de cassation. Sans succès, le pourvoi étant rejeté.


  • Senatus populusque (Courouve) Courouve 24 juin 2009 15:59

    Par un arrêt rendu mardi 23 juin, la Cour de cassation a annulé la condamnation de Bruno Gollnisch à 3 mois de prison avec sursis et 5.000 euros d’amende pour contestation de crimes contre l’humanité.

    Poursuivi devant la justice lyonnaise pour des propos controversés sur les chambres à gaz, le vice-président du Front National avait été condamné le 18 janvier 2007 par le tribunal correctionnel de Lyon, décision confirmée en appel.

    Le 11 octobre 2004, lors d’une conférence de presse à Lyon, l’élu frontiste avait assuré « ne pas remettre en cause les déportations » ni « les millions de morts » des camps nazis, avant d’ajouter : « Quant à savoir la façon dont les gens sont morts, ce débat doit avoir lieu ».

    Interrogé plus spécifiquement sur les chambres à gaz, il avait répondu : « Je ne nie pas les chambres à gaz homicides. Mais je ne suis pas spécialiste de cette question et je pense qu’il faut laisser les historiens en discuter. Et cette discussion devrait être libre ».
    M. Gollnisch avait alors formé un pourvoi en cassation. La chambre criminelle de la Cour de cassation a annulé ce mardi la condamnation. Les motivations de l’arrêt ne seront connues que d’ici quelques semaines.
    (Nouvelobs.com avec AFP)

    Le 12 novembre dernier, la Cour de cassation avait déjà soutenu la liberté d’expression en annulant la condamnation pour « homophobie » du député Christian Vanneste.

    http://www.agoravox.fr/tribune-libre/article/ni-big-brother-ni-gayssot-attitude-54425


  • Senatus populusque (Courouve) Courouve 29 août 2009 22:05

    Des réflexions allant dans le même sens que cet article ont été publiées par Abgeschiedenheit dans :

    http://www.agoravox.fr/tribune-libre/article/une-societe-schizophrenique-60805


  • Senatus populusque (Courouve) Claude Courouve 23 septembre 2009 18:04

    Ce matin à France-Infos, à propos du procès Dieudonné-Faurisson, il est dit : « Le tribunal a requis une peine de prison de un an avec sursis »

    Désinformation insidieuse, car c’est le procureur qui requiert, pas le tribunal dans son ensemble. Pour France-Infos, c’est comme si le jugement avait déjà eu lieu.

    Cette nouvelle affaire Dieudonné-Faurisson agite passablement le web 2.0, notamment facebook.fr . Aussi bien sur le plan intérieur qu’international, les atteintes à la liberté d’expression en vue d’imposer des dogmes d’Etat deviennent de plus en plus intenables, qu’il s’agisse du 11/9 ou des chambres à gaz (chambres à gaz dont, dans leurs Mémoires, ni Eisenhower, ni Churchill, ni de Gaulle, ni le maréchal Joukov, n’ont parlé).

    Il est urgent de rétablir la liberté d’expression (1) en France, et de distinguer entre les discriminations, dont la répression est nécessaire, et la contradiction que devraient pouvoir supporter les croyants des diverses religions et idéologies.

    «  Citizens have the right to complain about discrimination against themselves, but not about dissent, even strongly worded, impolite dissent, from their thoughts.  »

    Salman Rushdie, «  A platform for closed minds  », The Guardian, 28 septembre 2002.

    1. La liberté d’expression est constitutionnellement la première des libertés, et la liberté est le premier des droits de l’homme. Le principe d’attribution des droits en général, donc aussi des droits de l’homme, est l’égalité. C’est pourquoi la liberté d’expression et de communication doit valoir pour tous et pour tous les sujets. Dans le cas contraire, ce ne serait plus une liberté de tous, mais un privilège de quelques uns.


  • Senatus populusque (Courouve) Senatus populusque 24 octobre 2009 19:10

    Le vase est plein, mais le prefét de l’Isère vient d’en rajouter une goutte en interdisant le spectacle de Dieudonné cette semaine.

    Peut-être faudrait-il, pour engorger la justice et rétablir rapidement en France une liberté d’expression qui n’aurait jamais dû être bridée, tenir tous des propos outranciers un jour donné ; ce serait une grande et belle manif pour la liberté d’expression, un texte qui circulerait sur Internet et qui proclamerait, par exemple, que :

    l’islam est la religion la plus con, les pédés sont des vicieux et des destructeurs de l’humanité, les juifs des radins et qu’il y en a trop à France-Culture, les femmes des écervelées qui ne savent pas faire un créneau, les noirs des malodorants dépourvus d’esprit, les gendarmes des ivrognes, les arabes des voleurs, les fonctionnaires des fainéants, et à propos de Jean Sarkozy, que ’il ira loin ce petit".

    Bien sûr, cela est à améliorer.

    http://laconnaissanceouverteetsesdetracteurs.blogspos.com 



  • Senatus populusque (Courouve) Senatus populusque 1er mai 2010 13:01

    Le 30 avril 2010 à l’Assemblée Nationale, à l’initiative de Lionnel LUCA, a été créé le Collectif des Parlementaires pour la Liberté d’Expression (CPLE) qui rassemble déjà 28 Députés connus pour leur liberté de ton au sein de l’UMP, avec chacun des sensibilités différentes.

     Il appartient aux Députés de le rappeler solennellement et de la défendre publiquement.

    C’est ce qu’ils feront dans les semaines à venir.

    Lionnel LUCA

    Membres :

    Lionnel LUCA,
    BIANCHERI Gabriel,
    BOUVARD Loïc ,
    BRANGET Françoise,
    DEBRE Bernard,
    DECOOL Jean-Pierre ,
    DIEFENBACHER Michel,
    FERRAND Jean-Michel,
    FORT Marie-Louise,
    GANDOLFI-SCHEIT Sauveur,
    GILARD Franck,
    GINESTA Georges,
    GORGES Jean-Pierre,
    GROSSKOST Arlette,
    HOSTALIER Françoise,
    LE FUR Marc,
    MACH Daniel,
    MARIANI Thierry,
    MARTINEZ Henriette,
    MEUNIER Philippe,
    MIGNON Jean-Claude,
    MOREL-A-L’HUISSIER Pierre,
    MOYNE-BRESSAND Alain,
    MYARD Jacques,
    NESMES Jean-Marc,
    ROATTA Jean,
    TIBERI Jean,
    VANNESTE Christian.


  • Senatus populusque (Courouve) Senatus populusque 1er mai 2010 13:02

    Aujourd’hui à l’Assemblée Nationale, à l’initiative de Lionnel LUCA, a été créé le Collectif des Parlementaires pour la Liberté d’Expression (CPLE) qui rassemble déjà 28 Députés connus pour leur liberté de ton au sein de l’UMP, avec chacun des sensibilités différentes.

     Il appartient aux Députés de le rappeler solennellement et de la défendre publiquement.

    C’est ce qu’ils feront dans les semaines à venir.

    Lionnel LUCA

    Membres :

    Lionnel LUCA,
    BIANCHERI Gabriel,
    BOUVARD Loïc ,
    BRANGET Françoise,
    DEBRE Bernard,
    DECOOL Jean-Pierre ,
    DIEFENBACHER Michel,
    FERRAND Jean-Michel,
    FORT Marie-Louise,
    GANDOLFI-SCHEIT Sauveur,
    GILARD Franck,
    GINESTA Georges,
    GORGES Jean-Pierre,
    GROSSKOST Arlette,
    HOSTALIER Françoise,
    LE FUR Marc,
    MACH Daniel,
    MARIANI Thierry,
    MARTINEZ Henriette,
    MEUNIER Philippe,
    MIGNON Jean-Claude,
    MOREL-A-L’HUISSIER Pierre,
    MOYNE-BRESSAND Alain,
    MYARD Jacques,
    NESMES Jean-Marc,
    ROATTA Jean,
    TIBERI Jean,
    VANNESTE Christian.


Réagir