lundi 20 juillet - par Spartacus Lequidam

Ode au Capitalisme : La main invisible qui a sauvé l’humanité de la misère et de l’État

Par S Lequidam — sur X : @lequidampost

Avant-propos : Briser les utopies, pour vous faire retrouver le réel

Nous vivons dans un monde saturé de slogans, de dogmes recyclés, de certitudes prémâchées. On nous répète que le capitalisme serait une machine d’exploitation, que l’État serait notre protecteur, que la « justice sociale » serait un idéal indiscutable. On vous l’a inculqué par l'éducation et le capitalisme vous a souvent été présenté sous un jour sombre par les professeurs et les livres.

Mais personne ne prend le temps de regarder le réel. Le vrai. Le quotidien de l’individu, ses choix, ses contraintes, ses libertés qui vous ramènent à la réalité du terrain.

Cet article n’est pas un pamphlet : c’est une tentative de réintroduire la réalité dans un débat confisqué par l’idéologie. Il ne s’agit pas de défendre un camp, mais de décrire ce que chacun peut constater, s’il accepte de sortir des clichés et de penser par lui-même.

Le capitalisme n’est pas une théorie abstraite : c’est ce que vous faites chaque fois que vous échangez, que vous créez, que vous travaillez, que vous choisissez. L’étatisme, lui, n’est pas une utopie généreuse : c’est ce que vous subissez chaque fois qu’on vous impose, qu’on vous prélève, qu’on vous interdit.

Ce texte vous propose une chose simple : regarder le monde tel qu’il fonctionne réellement, et non tel qu’on vous l’a raconté.

I. Le capitalisme : une construction historique née du commerce, l’État : l’appareil de captation

Les sociétés humaines n’ont pas attendu la planification des États pour échanger, accumuler et investir. Contrairement à une idée reçue, le capitalisme moderne n’est pas apparu de manière magique ou purement « naturelle » ; il s'est forgé au cœur de la révolution commerciale médiévale, porté par le génie et l'ingéniosité marchande des grands comptoirs de Gênes et de Venise.

C’est dans ces comptoirs méditerranéens qu'ont été inventés les outils fondamentaux de notre économie de marché : la comptabilité en partie double, les premières sociétés par actions, les assurances maritimes et les lettres de change. Ce capitalisme initial est né de marchands indépendants qui, pour financer des expéditions lointaines et risquées, ont dû s'associer, innover et contractualiser librement, hors de la tutelle des seigneurs féodaux.

L’histoire nous montre une dynamique claire :

Le capitalisme s’est développé par l’extension de ces réseaux de comptoirs, fondés sur l’échange, le contrat et le consentement mutuel.

L’État territorial, lui, s’est développé par la conquête, cherchant par la suite à s'accaparer, taxer et réguler cette richesse qu'il n'avait pas créée.

Le premier repose sur le contrat.

Le second repose sur la contrainte.

Frédéric Bastiat, dans La Loi, résumait déjà cette vérité :

« L’État, c’est la grande fiction à travers laquelle tout le monde s’efforce de vivre aux dépens de tout le monde. »

Le capitalisme, lui, se nourrit de la seule dynamique réellement productive : la liberté d'entreprendre, d'innover et de commercer, dont les marchands génois et vénitiens furent les pionniers.

II. L’ordre spontané contre le chaos planifié

Pour saisir l'immense supériorité morale et technique du marché, il suffit de se pencher sur la démonstration foudroyante de Leonard Read dans son essai I, Pencil (Moi, le crayon). Aucun être humain sur cette Terre ne possède à lui seul les connaissances nécessaires pour fabriquer un simple crayon de papier HB. Il faut abattre un cèdre dans l'Oregon, extraire du graphite à Ceylan, acheminer du cuivre, synthétiser du caoutchouc, construire des cargos, des trains et des machines-outils.

Des millions d'individus qui ne se connaissent pas, qui parlent des langues différentes et qui ne partagent ni les mêmes croyances ni les mêmes cultures coopèrent au millimètre près pour produire cet objet banal vendu quelques centimes. Comme l'a magistralement théorisé Friedrich Hayek, le système des prix fonctionne comme un prodigieux réseau de télécommunications : le prix, le profit et la perte transmettent instantanément l'information sur la rareté et les besoins à travers le globe, sans qu'aucun commissaire au plan n'ait besoin de donner des ordres.

L’anarchie pacifique des échanges volontaires génère un ordre harmonieux d'une complexité infinie ; la centralisation étatique, avec sa présomption fatale de vouloir tout contrôler et tout planifier, ne récolte invariablement que le chaos, la désorganisation et la misère.

III. La cupidité est pacifique, la charité étatique est violente

La doxa anticapitaliste répète ad nauseam que « le marché repose sur l'égoïsme et le socialisme sur l'altruisme ». C'est une inversion complète de la réalité, que l'économiste Ludwig von Mises n'a eu de cesse de démonter. Dans une économie de marché véritable, le consommateur est un souverain absolu. Pour s'enrichir, l'entrepreneur n'a qu'une seule issue légitime et pacifique : deviner et satisfaire les désirs de ses semblables mieux que ses concurrents.

Une entreprise ne peut contraindre quiconque à acheter ses produits. Si elle se trompe sur les besoins du public, elle subit des pertes et disparaît. C'est le plébiscite quotidien de la démocratie économique : chaque euro dépensé est un bulletin de vote irrévocable qui récompense l'efficacité et le service rendu à autrui.

À l'inverse, que propose la pseudo-charité de l'État-providence ? Elle substitue au libre choix l'impôt obligatoire — qui, d'un point de vue strictement logique et moral, s'apparente à une extorsion légalisée —, pour confier à une caste technocratique le soin de distribuer des faveurs à ses obligés électoraux. L'histoire prouve sans exception que là où le profit pacifique est aboli, il est remplacé par la lutte féroce pour le pouvoir politique et par les files d'attente pour des denrées de base, comme l'a tragiquement illustré le naufrage du Venezuela socialiste.

IV. Le véritable remède à la pauvreté

Comme le rappelait Murray Rothbard, la misère est la condition originelle de l'humanité ; ce qui exige une explication et une admiration, c'est l'émergence de la richesse. Depuis l'expansion du capitalisme mondialisé au cours des dernières décennies, plus d'un milliard d'êtres humains ont été arrachés à la pauvreté extrême. Jamais dans toute l'aventure humaine un tel miracle d'élévation du niveau de vie n'avait été accompli.

Ce miracle n'est pas le fruit des programmes d'aide gouvernementale, des bureaucraties internationales ou de la redistribution forcée. La redistribution étatique ne crée aucune richesse : elle prélève sur les secteurs productifs pour subventionner la dépendance, enfermant les populations les plus vulnérables dans une trappe d'assistance perpétuelle qui assure leur soumission politique. La seule et unique cause de la hausse réelle des salaires et de la sortie de la misère est l'accumulation de capital par habitant et l'augmentation de la productivité du travail, rendues possibles par la baisse de la fiscalité, la liberté contractuelle et l'investissement privé.

V. Le capitalisme est le seul système compatible avec la dignité humaine

Le capitalisme ne se contente pas d'être le moteur d'efficacité économique le plus puissant ; il est avant avant tout le seul ordre d'organisation sociale qui respecte intégralement la dignité de l'individu et son principe fondateur : la propriété de soi. Chaque être humain est le propriétaire légitime et exclusif de son propre corps et, par extension inaliénable, des fruits de son travail et de ses talents.

Dans une société capitaliste, l'individu est traité en agent moral responsable, capable de contracter, de choisir son destin, de prendre des risques et de récolter le fruit de ses efforts. Le travail libre confère une dignité authentique, fondée sur l'échange de valeur et le sentiment d'utilité sociale. L'étatisme, à l'inverse, infantilise l'adulte en le transformant en éternel assisté, quémandant des allocations auprès de tuteurs administratifs tout en étant dépouillé de sa souveraineté personnelle.

VI. Le capitalisme est le seul système qui limite réellement le pouvoir

La liberté politique est rigoureusement impossible sans liberté économique. Lorsque l'État détient le monopole des moyens de production, de la distribution des ressources, des médias, des écoles et des opportunités d'emploi, toute contestation devient suicidaire. Celui qui dépend entièrement de l'État pour se nourrir, se loger et travailler est un esclave de fait.

Le capitalisme institue la séparation vitale entre le pouvoir économique et le pouvoir politique. En décentralisant la propriété et les décisions entre des millions de mains privées, il crée une pluralité de centres de pouvoir indépendants qui font contrepoids aux ambitions despotiques des gouvernants. La propriété privée est la citadelle inviolable du citoyen contre la tyrannie de la majorité et l'arbitraire bureaucratique.

VII. La suprématie morale du consentement

Le cœur philosophique du libéralisme et de l'économie de marché réside dans une ligne de démarcation absolue : la différence radicale entre une transaction volontaire et une coercition unilatérale. Tout contrat signé librement sur un marché libre augmente le bien-être subjectif des deux parties ; sans ce consentement mutuel, l'échange n'aurait tout simplement pas lieu.

Le socialisme et le collectivisme ne proposent au contraire qu'une morale de la force : la spoliation légale, la jalousie institutionnalisée et la guerre de tous contre tous pour le contrôle de la machine à taxer. La primauté morale du capitalisme est incontestable parce qu'il refuse d'utiliser l'autre comme un simple moyen à disposition des plans de l'État, sanctifiant la liberté contractuelle comme le seul mode civilisé de relations humaines.

VIII. Le capitalisme, moteur de la technologie et de l’innovation

On accuse souvent le capitalisme de n’être qu’un système matériel, froid, obsédé par le profit. C’est oublier que toutes les innovations majeures de l'histoire moderne sont nées dans des environnements où la liberté d’entreprendre était protégée.

Sans capitalisme, pas de :

  • microprocesseur

  • smartphone

  • internet

  • voiture électrique

  • avion moderne

  • médecine de pointe

  • intelligence artificielle

  • énergie solaire compétitive

  • logistique mondiale

  • agriculture hyper-productive

Ce n’est pas un hasard : l’innovation naît du risque, et le risque n’existe que là où l’individu peut espérer une récompense.

Hayek l’expliquait :

« La concurrence est un processus de découverte. »

L’État ne découvre rien. Il copie, il réglemente, il freine, il taxe. Le marché, lui, explore, teste, échoue, recommence, réussit.

IX. Les preuves historiques : quand la liberté enrichit, quand l’étatisme appauvrit

Hong Kong : la richesse née du laissez-faire

Hong Kong, sans ressources naturelles, sans hinterland, sans armée, est devenu en quelques décennies l’un des territoires les plus prospères du monde. Pourquoi ? Parce qu’il a appliqué le capitalisme le plus libre possible : impôts faibles, réglementation minimale, liberté totale d’entreprendre, et ouverture au commerce mondial. Résultat : une explosion de richesse, d’innovation, d’emploi.

Allemagne de l’Ouest vs Allemagne de l’Est : le test le plus clair de l’histoire

Deux peuples identiques, une même culture, une même langue. Deux systèmes opposés. À l’Ouest : économie de marché, propriété privée, liberté d’entreprendre. À l’Est : planification centrale, parti unique, contrôle étatique. Résultat : l’Ouest est devenu une puissance économique, tandis que l’Est a sombré dans la pénurie, la surveillance et la stagnation. Le mur de Berlin n’a pas été construit pour empêcher les capitalistes de fuir vers le socialisme, mais pour empêcher les socialistes de fuir vers le capitalisme.

Corée du Sud vs Corée du Nord : la démonstration la plus brutale

Même peuple, même histoire, même culture. Deux systèmes. La Corée du Sud a choisi le marché, l’ouverture, l’innovation. La Corée du Nord a choisi la planification totale, l’autarcie, le contrôle absolu. Résultat : la Corée du Sud est devenue un géant technologique mondial, tandis que la Corée du Nord reste l’un des pays les plus pauvres de la planète. La liberté crée la richesse, la planification crée la misère.

Argentine : la thérapie de choc libertarienne contre la ruine socialiste

Après des décennies de déclin, d'inflation hors de contrôle et de pillage étatique péroniste, l’Argentine a opéré une rupture historique et radicale avec le socialisme. Sous la direction de son président libertarien Javier Milei, économiste de l'école autrichienne et anarcho-capitaliste revendiqué, le pays a balayé d'un coup de tronçonneuse la bureaucratie et les dépenses publiques.

En libérant les marchés, en dérégulant l'économie à marche forcée et en restaurant la confiance dans la propriété privée, les réformes de Milei ont terrassé l'inflation et propulsé l'Argentine au rang de première croissance mondiale. La trajectoire est désormais claire : en brisant les chaînes de l'étatisme, l'Argentine suit la route pour devenir le nouveau Singapour d'Amérique du Sud, prouvant au monde entier qu'il suffit de rendre aux individus leur liberté économique pour ressusciter une nation que l'on croyait condamnée.

Conclusion : Comprendre pour résister à l’étatisme

L’étatisme n’est pas seulement une doctrine : c’est une pente naturelle des sociétés qui oublient la valeur de la liberté. Il avance masqué, sous les habits de la sécurité, de la vertu et de la redistribution collective, mais il commence toujours par confisquer avant de pouvoir donner. Le fonctionnarisme hypertrophié, la bureaucratie tentaculaire et la collusion politique forment un écosystème de dépendance qui transforme l'acteur économique en éternel administré.

Pour y résister, il faut lever un malentendu majeur entretenu par la propagande anticapitaliste. On nous accuse, nous libéraux, d'être contre la solidarité. C'est un mensonge grossier.

La solidarité étatique n’est pas de la solidarité : c’est de la coercition fiscale. C'est une spoliation obligatoire sous la menace de la sanction. Il n'y a aucune moralité à être généreux avec l'argent confisqué aux autres par la force.

La véritable solidarité ne peut être que volontaire, libre et choisie. Elle s'exprime dans la philanthropie, les associations, l'entraide mutuelle et les réseaux de soutien que les individus tissent spontanément entre eux, par pure bienveillance. Mais pour qu'il y ait de la charité authentique, il faut d'abord que les individus soient propriétaires d'eux-mêmes et des fruits de leur travail. Le capitalisme de marché libre, en étant le seul système capable de générer une richesse abondante, est précisément le seul qui donne aux hommes les moyens réels d'exercer une véritable générosité.

Ne confondons plus jamais compassion et coercition, justice et spoliation, société et État.

Le capitalisme n’est pas parfait. Il est simplement le seul système qui respecte l’individu, le contrat et le consentement, et le seul qui ait prouvé qu’il pouvait arracher l’humanité à la misère. Et cela mérite d’être dit, répété, défendu.

Vive la liberté. Vive la propriété. Vive le marché libre.



18 réactions


  • Octave Lebel Octave Lebel 20 juillet 19:49

    Capitalisme.

    Gardons le meilleur de ce qu’a apporté historiquement le capitalisme. Stimulation de la dynamique sciences/technologies y compris les sciences sociales. Nécessité d’élargir le niveau des connaissances au plus grand nombre. D’étendre la satisfaction des besoins et paradoxalement, de déclencher une prise de conscience et une réflexion sur la nature et les causes des injustices, les dégâts engendrés et les risques encourus. Avec dorénavant l’émergence de la nécessité d’un pilotage politique de l’économie s’appuyant sur une planification raisonnée. Ainsi que sur une avancée démocratique devenue à cet effet incontournable. Fondée sur des citoyens correctement informés, munis des moyens institutionnels de se faire respecter avec des élus comptables de leurs engagements et résultats. Il va de soi qu’ici le partage équitable des résultats du travail ainsi que la contribution financière de chacun aux dépenses collectives de l’état doivent être justement proportionnés à rebours de ce qui se passe avec le capitalisme dans sa fuite en avant perpétuelle et hasardeuse au bénéfice d’un surprofit privé qui ne peut pas attendre.


    • Octave Lebel Octave Lebel 20 juillet 19:52

      @complément

      → Un travail qui n’épuise pas le sujet mais qui débroussaille et stimule la réflexion : Les désillusions et la décomposition du capitalisme mondialisé (publié le 13/04/2024 par Laurent Ottavi Elucid).

      https://elucid.media/politique/les-desillusions-et-la-decomposition-du-capitalisme-mondialise

      Extraits : « En dépit de son génie d’adaptation et d’heureux renforts, incertains, mais possibles, de technologies ou de ressources, le capitalisme n’en demeurerait pas moins insoutenable pour trois autres causes au minimum. » « La première est une saturation sociale. Les inégalités économiques et toutes les autres (de logement, de transports, etc.) s’accentueront dans un contexte de pénuries et de réchauffement climatique et il sera de plus en plus difficile d’indemniser les plus touchés. D’autre part, quand bien même ces défis seraient neutralisés par des découvertes allant dans le sens du capitalisme, celui-ci n’en continuerait pas moins de produire de l’injustice croissante. »

      « La seconde limite du capitalisme, trop négligée, est une saturation psychologique. Fondamentalement autodestructeur, il ne sape pas seulement les conditions du bien-être qu’il promet et de l’habitabilité de la planète en surexploitant les ressources, en polluant, en saccageant la biodiversité et en détruisant les forêts et les océans, poumons de la population mondiale. Il fait aussi table rase des traditions et des cadres particuliers d’appartenance (famille, quartier), ou les recompose à son avantage, car ils sont des obstacles à sa marchandisation du monde, et il abîme ainsi les fondations de l’être-ensemble sans lequel il ne peut exister, car il ne produit pas, pour sa part, de lien social digne de ce nom. »

      « La dernière des trois causes de l’insoutenabilité du capitalisme est d’ordre culturel. Le mouvement d’unification marchand du monde et d’extension du soi-disant « american way of life », contre la diversité des traditions, des cultures et des langues, s’est doublé d’une fragmentation de la planète — la multiplication des frontières, visibles ou invisibles et des murs, la poussée des communautarismes et des identitarismes —, un processus qui s’accélère. Des religions se réaffirment sous leurs traits les plus dogmatiques et intolérants, des hindouistes en Inde aux orthodoxes israéliens en passant par les islamistes et les évangélistes américains. Elles offrent des repères dans le désordre du monde et une partie d’entre elles exploite le ressentiment contre les Occidentaux générés par leurs guerres, leurs firmes transnationales et leurs modes de vie. La standardisation et la sécularisation du monde par le capitalisme butent, en somme, sur des résistances et des résurgences censées appartenir au passé du point de vue du libéralisme moderne. Elles lui rappellent l’indispensable besoin de racines, de sacré et de spiritualité dans le cœur des hommes. »


  • Octave Lebel Octave Lebel 20 juillet 19:55

    Autres références, le sujet est très riche si j’ose dire.

    → Entretien, Stéphanie Roza et Laurent Ottavi : Le capitalisme numérique manipule salariés et consommateurs (6/04/25 Elucid).

    https://elucid.media/democratie/le-capitalisme-numerique-manipule-salaries-et-consommateurs-stephanie-roza

    → Capitalisme : l’impossible moralisation (29/03/22, Laurent ottavi Elucid).Ici une perspective historique et philosophique.

    https://elucid.media/economie/capitalisme-impossible-moralisation-neoliberalisme-lasch-michea

    Extraits : « Les vices privés font les vertus publiques ». Le capitalisme, dont cette formule de Bernard de Mandeville constitue le meilleur résumé d’après le philosophe Jean-Claude Michéa, s’est fatalement affranchi, depuis ses origines, des principes, des traditions ou des pratiques qui le préexistaient et le civilisaient. Ce premier article, centré sur l’économie, explique pour quelles raisons un retour en arrière ou l’imposition de contrôles stricts seraient de faux antidotes aux maux du capitalisme. Un second élargira la réflexion à d’autres domaines, et notamment à l’enjeu démocratique.

    → Le grand bluff des « valeurs » : les totems creux d’un capitalisme prédateur (publié le 04/01/2026 Par Mikaël Faujour).

    https://elucid.media/democratie/le-grand-bluff-des-valeurs-les-totems-creux-d-un-capitalisme-predateur

    → Un capitalisme sous perfusion : 157 milliards d’aides publiques aux entreprises (publié le 17/11/2022 Par Éric Juillot).

    https://elucid.media/politique/un-capitalisme-sous-perfusion-157-milliards-d-aides-publiques-aux-entreprises


  • Francis Francis 20 juillet 22:15

    Le capitalisme entre dans sa phase sénile (Par Samir Amin, Reve Solidaire, mars 2012)

    « Le volume des transactions sur les marchés est de plus de 2 500 000 milliards de dollars, alors que le PIB mondial est de 70 000 milliards de dollars. « La pensée économique néoclassique est une malédiction pour le monde actuel. Économiser pour réduire la dette ? Des mensonges délibérés ; Régulation du secteur financier ? Des phrases creuses.  »

    Samir Amin, 81 ans (en 2012), n’est pas tendre pour plusieurs de ses collègues économistes. Et encore moins pour la politique des gouvernements. Il nous livre dans ce document son analyse au scalpel de la crise économique.


    • Francis Francis 20 juillet 22:17

      @Francis

      « Le capitalisme contemporain est devenu par la force de la logique de l’accumulation, un « capitalisme de connivence ». Le terme anglais « crony capitalism » ne peut plus être réservé aux seules formes « sous-développées et corrompues » de l’Asie du Sud est et de l’Amérique latine que les « vrais économistes » (c’est à dire les croyants sincères et convaincus des vertus du libéralisme) fustigeaient hier. Il s’applique désormais aussi bien au capitalisme contemporain des États-Unis et de l’Europe. ... Dans son comportement courant, (cette classe dirigeante) se rapproche alors de ce qu’on connaît de celui des « mafias », quand bien même le terme paraîtrait insultant et extrême". » (Par Samir Amin, économiste et ancien président du World Forum for Alternatives.)


    • Francis Francis 20 juillet 22:30

      @Francis

      « Le capitalisme porte en lui la guerre comme la nuée l’orage » Jean Jaurès

      Pourquoi ont-ils tué Jaurès ?

      Pourquoi ont-ils tué Jaurès ? (par Jacues Brel)


  • Zolko Zolko 20 juillet 23:23

    @Spartacus : vous confondez capitalisme et économie de marché.

    Une économie de marché est, comme son nom l’indique, un endroit d’échange où règne la loi de l’offre et de la demande. Un bon produit se vendra plus cher qu’un mauvais. Mais l’économie de marché a un corollaire : celle de l’information juste ! En effet, un marchand qui mentirait sur la marchandise serait un escroc, et détruirait le marché en question. Il faut donc un organisme indépendant qui vérifie la véracité des informations fournies, et enregistre et juge les plaintes éventuellement déposées.

    Une économie de marché ne peut donc pas fonctionner sans une sorte d’organisation spérieur : un état, quoi.

    Tandis que la capitalisme peut être défini par le retour sur investissement : si on a bien investi, on gagnera plus que l’investissement initial, si on a mal investi on perd son investissement initial. Dans ce contexte, un paysan est un capitaliste : il sème des graines qu’il pourrait consommer avec l’espoir que, plus tard, ces graines germeront et produiront encore plus de graines.

    Mais ce retour sur investissement a aussi un corollaire : c’est qu’on sera capable de récolter le fruit de son investissement, de sa plantation, et qu’on ne se fera pas doubler par des brigands de passage. Imaginez un paysan qui passe l’année à cultiver un verger, pour voir une bande de voleur prendre tous les fruits de ses arbres avant qu’il ait pu le faire ! Pour que cela n’arrive pas, il faut une police, donc un état, qui attrape les brigands.

    Il est a noter que tant l’économie de marché comme le capitalisme sont apparus dans l’Humanité avec l’invention de l’agriculture, la spécialisation et la sédentarisation. Et donc avec l’invention d’un état nécessairement coercitif.

    Ces concepts seraient incompréhensibles pour les chasseurs-cueilleurs de la préhistoire, qui, eux n’avaient probablement pas d’idée d’état.


    • Spartacus Lequidam Spartacus Lequidam 21 juillet 09:45

      @Zolko

      Nous n’avons pas la même lecture Le capitlaisme a démaré avec les comptoirs de Genes et Venise et la concurence entre états européens qui ont préferer laisser les gens plus libres. Cela a créé une croissance depuis 300ans qui a sauvé l’humanité. Le socialisme tare du capitalisme fruit de la jalousie et des profiteurs de la coercition légale a créé des millions de morts. J’associe aussi le national socialisme au socialisme.

      Les pays les plus heureux sont aussi les pays les plus libréraux et capitalistes.

      Quand au capitalisme, il n’est pas contre le droit, mais contre la regulation et l’arbitraire. C’est a dire un état minimal total et regalien.


    • Zolko Zolko 21 juillet 14:13

      @Spartacus Lequidam : vous le dites vous-même :

      Ce capitalisme initial est né de marchands indépendants qui, pour financer des expéditions lointaines et risquées, ont ...

      c’est un très bon résumé du capitalisme : pour financer des expéditions risquées. Vous dites la même chose que moi : le principe du capitalisme est le retour sur investissement. Les contrats, lettres de changes et autres carabistouilles ne sont que des outils dans l’air du temps, le principe de base est l’investissement avec espoir d’un retour sur cet investissement.

      Les sociétés les plus heureuses sont celles qui croient en l’avenir, où investir dans l’avenir est vu positivement.

      Cela a créé une croissance depuis 300ans qui a sauvé l’humanité

      n’importe-quoi : la croissance de ces 300 dernières années est due à la révolution industrielle, aux nouvelles technologies, aux énergies fossiles, et au progrès scientifique. Rien à voir avec le capitalisme. Le capitalisme a été un potyautas du progrès technique.


  • jakem jakem 21 juillet 08:47

    1/2 - Une bonne chronique. En complément, cette publication de Yann Darwin sur X :

    << Le programme de Mélenchon est le meilleur programme de 2027. Le problème, c’est qu’on a les résultats du crash test. Grandeur nature. Sur 55 millions de Français.

    Alors je vais être honnête, parce que c’est trop facile de cracher dessus sans réfléchir : sur le papier, c’est le programme le plus séduisant de 2027 :
    - SMIC à 1600€ net.
    - Retraite à 60 ans.
    - Prix bloqués sur l’essentiel… Promesse inflation 0 ! Quand tu finis à découvert le 15 du mois, avoir envie d’y croire c’est pas de la bêtise. C’est humain.

    Le problème, c’est que ce programme a déjà tourné, on a les logs (et c’est pas beau à voir). Mai 1981 : Mitterrand arrive au pouvoir. Le VRAI programme socialiste, appliqué par de VRAIS socialistes, avec une majorité absolue. Pas un compromis donc : le truc intégral !
    - SMIC augmenté de 10 % direct
    - Retraite à 60 ans, passée par ordonnance en même pas un an (ordonnance = le gouvernement fait la loi directement, sans débat complet au Parlement. Oui : la même mesure que Mélenchon propose 45 ans plus tard, recyclée telle quelle). À l’époque c’est 39 banques et 5 groupes industriels nationalisés. L’État rachète les boîtes. Avec quel argent ? Le tien (et de la dette).

    La suite, c’est pas moi qui le dis. C’est le calendrier :
    - Octobre 1981 : première dévaluation du franc. Une dévaluation, c’est quand ton pays annonce officiellement que sa monnaie vaut moins. Pourquoi on en arrive là ? Parce que quand un État dépense beaucoup plus qu’il ne produit, plus personne ne veut détenir sa monnaie (ni sa dette). Elle se vend, elle chute, l’État finit par acter la chute. Conséquence directe pour toi : tout ce qui est importé (essence, fringues, alimentation, électronique…) augmente d’un coup. La dévaluation, c’est un impôt sur tout le monde, sans vote.
    - Juin 1982 : deuxième dévaluation. Cette fois avec blocage des prix ET des salaires. Signé Delors, un socialiste : le même gouvernement qui devait augmenter les salaires a fini par les geler officiellement.
    - Mars 1983 : troisième dévaluation + en bonus le « Tournant de la rigueur » : austérité générale, et contrôle des changes. L’État t’interdit de sortir ton propre argent du pays (oui, comme dans les pires dictatures) !!! Concrètement, les Français qui partaient en vacances avaient un carnet de change : un document officiel qui fixait combien de devises ils avaient le droit d’emporter (cherche « carnet de change 1983 ». Tu vas halluciner). Bref, ils ont détruit l’économie en 22 mois… Belle perf’ ! 22 mois entre les promesses d’élection magique du « tout le monde il est beau et égalitaire » et le gel des salaires par ceux-là mêmes qui promettaient de les augmenter !


    • jakem jakem 21 juillet 08:49

      @jakem

      2/2 : Et le pire ? Mitterrand jouait avec des cartes que Mélenchon n’aura jamais :
      - La dette publique en 1981 : 22 % du PIB. Aujourd’hui : plus de 110 %.
      - En 1981, la France avait le franc : dévaluer c’est douloureux mais ça amortit le choc, comme un fusible qui saute. Aujourd’hui on a l’euro : pas de fusible.
      - Quand un pays de la zone euro déraille, l’ajustement se fait autrement : coupes budgétaires, impôts, chômage… Demande aux Grecs.
      - En 1981, on pouvait bloquer les capitaux aux frontières. Aujourd’hui, les capitaux partent à Francfort, Genève, Dubaï ou Singapour en un clic. Légalement.

      Bref : même programme + cinq fois plus de dette + zéro amortisseur.

      Parenthèse sur le blocage des prix maintenant, vu que c’est la mesure star des socialo-communistes incompétents : Un prix, c’est pas une punition, c’est une information. Un prix qui monte, ça dit : « ce truc est rare ici. Produisez-en, apportez-en, y’a de l’argent à se faire ! »
      - Le prix élevé ATTIRE ce qui manque.
      - Tu bloques le prix : le signal disparaît. Plus personne n’a de raison de produire ou d’apporter le truc. T’as pas rendu le produit abordable : tu l’as fait disparaître des rayons !

      À… chaque… fois, la même histoire :
      - 1793 : en pleine Révolution française : la loi du maximum plafonne le prix du grain. Résultat : les paysans arrêtent de vendre, greniers vides, marché noir.
      - 1971 : Nixon gèle les prix aux US. Quand le choc pétrolier arrive en 73, les prix bloqués n’ont pas le droit de s’ajuster. Résultat : files d’attente de plusieurs kilomètres à la pompe. Les pays sans blocage payaient plus cher certes, mais eux, ils avaient de l’essence.
      - Venezuela, années 2010 : les plus grosses réserves de pétrole du monde et pourtant plus de PQ dans les rayons.

      Casser le thermomètre n’a jamais soigné une fièvre !

      Alors les amis de LFI, ils ont la solution à tout ça ! Il suffit de « faire payer les riches ». La plus inefficace des mesures ! Le programme est même pas voté que les cartons sont déjà faits. Un impôt, ça se vote à Paris, un patrimoine, ça se domicilie où on veut. Ce programme ne taxera donc pas les riches : il taxera ceux qui ne peuvent pas partir. C’est-à-dire exactement les gens qu’il prétend défendre.

      ( suite en 3 )


    • jakem jakem 21 juillet 08:51

      @jakem

      suite : Maintenant l’apothéose de la débilité : la tech ! C’est écrit noir sur blanc dans le programme, chapitre souveraineté numérique.
      - Ils veulent « un moratoire » (c’est-à-dire un gel, on va pas se leurrer) sur les data centers qui « ne répondent pas à un impératif de souveraineté ».

      Donc ça part sur une « mission nationale » de chercheurs et parlementaires chargée de déterminer quels projets d’IA sont « utiles aux besoins sociaux et écologiques ».

      Traduction pour les débiles capitalistes : un comité pour décider quelles technologies méritent d’exister. En URSS, ça s’appelait le Gosplan… On connaît la fin. Pendant ce temps, les US ont annoncé 500 milliards de dollars pour Stargate. Les Émirats en ont fait une priorité d’État. La Chine, je t’en parle même pas… La bataille économique du siècle est EN COURS ! Et les HPI de LFI proposent une commission-branlette pour vérifier si l’IA est « socialement utile » !!! Quelle boîte tech, française (ou étrangère) investirait UN SEUL euro ici DANS CES CONDITIONS ?

      Dernier bloc. Lis jusqu’au bout, c’est là que ça se joue :
      - La France dépense déjà 57 % de son PIB en dépense publique. Record d’Europe. Chaque année, l’État paie des intérêts sur sa dette : cette facture d’intérêts dépasse déjà le budget des armées. Sur la trajectoire actuelle, Bercy lui-même la voit devenir le premier poste de l’État. On emprunte pour payer les intérêts de ce qu’on a déjà emprunté ! Demande à n’importe quel chef d’entreprise comment ça s’appelle… Ça s’appelle faire de la cavalerie et foncer vers la cessation de paiement.

      Ce programme actuel, appliqué à notre pays actuel, dans son état actuel, c’est pas « un autre choix de société ». C’est l’arrêt cardiaque !

      Maintenant, spoiler alert ! La fin du film. La Grèce l’a déjà tourné pour nous : Syriza, la gauche radicale, élue en janvier 2015 en jurant de ne JAMAIS plier face à Bruxelles ! 61 % de la population vote NON à l’austérité par référendum. Et pourtant… Six mois après son élection, Tsipras signait TOUT :
      - Retraites amputées jusqu’à 40%.
      - Gel des salaires des fonctionnaires.
      - Hôpitaux sans médicaments.
      - Tout le pays dans la rue, chômage à VINGT-HUIT POURCENT. Une merde pas possible. + des années sous tutelle et bien plus d’une décennie pour s’en remettre.

      Mitterrand a tenu 22 mois. Tsipras, 6. La réalité du socialisme ne négocie pas.

      Mélenchon, lui, son argument de vente c’est aussi qu’il ne pivotera JAMAIS ! Le programme, rien que le programme. Jusqu’au bout.

      Mais jusqu’au bout de quoi ? T’as jusqu’à avril 2027 pour répondre. >>


    • Zolko Zolko 21 juillet 09:10

      @jakem

      Le programme de Mélenchon est le meilleur programme de 2027

      Mélenchon n’a pas avoir de programme économique puisqu’il est candidat à la présidence de la république, pas comme député à l’Assemblée Nationale.

      Il est là le vrai problème : Mélenchon ne comprend pas ce qu’il fait !


    • Spartacus Lequidam Spartacus Lequidam 21 juillet 09:50

      @jakem

      Melenchon est un fonctionnaire et bouffeur de gamelle de l’état depuis qu’il est en politique. 80% des elus LFI sont des fonctionnaires ou assimilés bouffeurs de gamelles de l’état.

      Aucun des élus LFI n’a fait autre chose que choisir le seul risque de ne jamais prendre de risques. Ce spont des ignares de l’économie de marché, ils velent l’économie du vol légal. A LFI ils reussissent a vendre l’irresponsabilité pour tous, comme l’idée absurde qu’in gouvernement aurai la légitimité d’être déficitaire et faire payer ses enfants sa retraite et ses couts.

      Le socle de base de LFI ce sont les bouffeurs de gamelle de l’état. Les assistés et les jaloux.


    • jakem jakem 21 juillet 09:57

      @Zolko

      I am rigoling ! Vous n’avez pas lu ...


    • jakem jakem 21 juillet 09:58

      @Spartacus Lequidam

      Là aussi, I am rigoling !

      Vous et moi sommes d’accord.

      Vous n’avez pas lu ce que j’ai publié.


    • Zolko Zolko 21 juillet 15:24

      @jakem : c’est vrai, mea culpa

      mais ça n’enlève rien à ma remarque : le programme d’un candidat à la présidence de la république devrait se concentrer sur les pouvoirs du président, et pas sur celui de l’assemblée nationale. Les décisions économiques ne sont pas du ressort du président de la république.

      Du coup, bon ou mauvais, le programme de Mélenchon est hors-sujet.

      Par exemple : que dit-il de l’OTAN ou de l’UE ? Veut-il en sortir ? Et l’€uro, ou le rétablissement du contrôle aux frontières ? *Ca* c’est du ressort du président de la république, et pas le niveau de l’imposition de la tranche supérieur de la plus-value immobilière après déduction des rabattements forfaitaires majorés des revenus du capital associatif investi.


  • jjwaDal jjwaDal 21 juillet 14:17

    Le capitalisme est une idéologie qui refuse de voir ses réalités en face. Il n’est intrinsèquement pas dans sa nature de se soucier des inconvénients de son application à la sphère sociale. Pour le profit privé il peut spolier le bien public dans des proportions considérables en s’en lavant les mains, puisqu’il n’est pas logique sans sanctions émanant d’une autorité extérieure de se soucier des effets collatéraux dommageables à la collectivité du moment que le profit privé est au rendez vous. On en a d’innombrables illustrations notamment dans deux domaines fondamentaux, car socles de l’économie capitalistes, qui sont l’agriculture et les activités minières. Sans intervention de l’Etat, il peut mettre sur le marché des produits phytosanitaires extrêmement efficaces qui vont s’avérer dangereux par les conséquences induites sur la faune et la flore, la réserve d’eau douce, alors que le résultat attendu par l’acheteur du produit est bien au rendez vous. Le vendeur est satisfait et l’acheteur aussi, mais tout le monde doit payer la facture des effets collatéraux. C’est particulièrement illustré dans le domaine minier et la quasi totalité des mines dans le monde, pillent une région en laissant un tas d’ordure à leur départ et des factures collectives de réhabilitations énormes. La protection de l’environnement ne fait pas partie naturellement du cahier des charges d’une entreprise capitaliste, encore moins l’intérêt collectif. Un monde capitaliste peu régulé a existé au 19ième siècle (aucune retraite, aucune allocation chômage ni allocations familiale ou pour handicapé, pas de pensions de retraite, un monde que vous semblez appeler de vos vœux) et le résultat prévisible était que l’immense majorité survivait à peine à côté d’immenses fortunes, faible croissance, faible innovation, à rebours du discours angélique. Les barons de l’époque n’avaient aucune raison de financer l’école gratuite pour toute la population et aucun scrupules à faire travailler des enfants en bas âge au fond des mines. Ils avaient des projets d’avenir pour eux, marginalement pour la société dans laquelle ils vivaient. Bien sûr quand les ressources naturelles à piller étaient immenses, faciles d’accès et que le volume de nos demandes étaient dans l’épaisseur du trait et aisément gérable par l’environnement, le côté prédateur du système se voyait peu. Mais quand la population explose, l’horizon est une décharge pour tout le monde. Le peuple est simplement pris entre les deux mâchoires d’une tenaille, la caste des intérêts privés de la finance et des grandes entreprises (qui ont un réel pouvoir sur le politique) et la caste d’Etat qui dépense sans compter et est irresponsable des conséquences de ses décisions (mais le privé se lave les mains de supprimer les abeilles ou la couche d’ozone). Il reste un monde à inventer où ces deux entités seront profondément réformées et comptables devant le collectif, ce qu’ils ne sont nullement en 2026.


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