vendredi 8 juin 2007 - par Philippakos

Se représenter le paradis

S’il est une représentation délicate ce serait celle du paradis. Elle fait appel à l’imaginaire de chacun et ne repose sur aucune base concrète. Les représentations paradisiaques évoluent au fil des découvertes biologiques et géographiques. A partir du XVIIIe siècle, la notion de paradis imaginaire tend à s’amoindrir à une époque qui devient cartésienne et où l’on supporte mal la référence abstraite. Mais représenter picturalement le paradis, cela revient à l’annuler, tout simplement parce qu’en concrétisant le rêve on tue son essence même qui est d’être particulier à chacun de nous. Pour perdurer, le paradis aurait dû rester pure abstraction.

D’abord remarquons que toutes les religions possèdent un paradis, ou équivalent. Dans le cas du christianisme, il est de deux natures, terrestre et céleste. Le paradis terrestre est celui que nous avons perdu, celui d’Adam et Eve. Le paradis céleste est celui auquel les chrétiens aspirent, ancré dans l’imaginaire de chacun et destiné à contrebalancer les souffrances terrestres. Dans les représentations comme dans les textes, les deux se confondent souvent en désignant ce qui pourrait être l’image du ravissement et du plaisir.

«  La religion décourage les représentations trop exactes du paradis : ce lieu de délices absolues où n’existent plus ni la faim ni la soif ni le temps, où les corps ressusciteront dotés d’une éternelle jeunesse au milieu d’une cour resplendissante emplie d’anges et de saints, ne pouvait donner lieu à une figuration trop précise » P. Bruckner, L’Euphorie perpétuelle (Grasset, 2000). Ajoutons à cela que représenter le paradis revient à représenter le bonheur, et quoi de plus relatif que cette notion-là ? Les mots sont plus aptes à enclencher l’imaginaire que la plupart des images qui se replient sur elles-mêmes en nous imposant une rêverie toute faite et donc rarement satisfaisante. Surtout quand il s’agit des désirs de chacun dont on peut supposer qu’ils ne sont pas identiques.

Dans l’iconographie, les représentations du paradis ont évolué à mesure des découvertes biologiques. Si jusqu’au XVIIe siècle la faune et la flore sont celles d’un pays occidental tempéré, les siècles suivants le représentent le plus souvent comme un pays exotique tropical humide. Les constantes restent l’eau, les plantes et les arbres, les animaux, bref la nature très arborée et accueillante, où l’homme peut vivre sans souffrance, avec à boire et à manger à portée de main. Les représentations de paradis citadins sont extrêment rares, pour ne pas dire inexistantes.

Récemment interrogés sur leurs croyances, une majorité de chrétiens avouaient ne plus croire à ce jardin des merveilles. Chez les juifs, le chiffre atteint 95 %. L’existence serait-elle devenue plus douce, ne nécessitant plus une projection hypothétique dans un monde imaginaire de félicités ? L’homme serait-il devenu plus pragmatique en séparant le réel de la fiction ? Il est toutefois intéressant de constater que la passion des citoyens pour l’horticulture explose quand la croyance au paradis décline.

Cette lente évolution date du siècle des Lumières, quand Voltaire écrivait : « Le paradis terreste est où je suis » Le mondain (1736). A la suite du tremblement de terre dévastateur de Lisbonne, il relativise ses mots, mais il lance l’idée majeure, contemporaine, que le monde peut devenir un somptueux jardin et qu’il n’est pas seulement une terre de désolation destinée à recueillir nos souffrances en attendant mieux («  L’Eden c’est toujours plus tard »). Au XVIIIe siècle pointe donc le concept, qui persistera, que le bonheur peut advenir maintenant. Cela touche aujourd’hui à la vie elle-même. Alors qu’au Moyen Age, l’individu était un mort en sursis, grâce à la science contemporaine l’homme moderne est promis à devenir immortel. Le décès lui-même n’est plus une fatalité mais une panne qu’on saura bientôt réparer. Il est patent que le paradis céleste ne pouvait perdurer face au culte du bonheur immédiat. Le paradis passe en moins de deux siècles de l’état d’onirique à celui de tangible. Les publicitaires en ont assez joué en inventant le mythe des îles tropicales aux danseuses habillées de colliers de fleurs, les plages aux eaux bleu turquoise, toujours baignées d’un climat qui ne connaît ni le froid ni même la pluie. Ce nouveau paradis-là est essentiellement visuel et laisse peu de place à l’imaginaire. Et comme tout bonheur sur mesure, il reste délicat parce qu’il s’épuise de lui-même dès qu’il se donne libre cours. « La terre promise est déjà une terre éternellement compromise » écrivait Jankélévitch. Pire encore, il risque fort de dégénérer : « La déconcertante facilité avec laquelle la poursuite d’un idéal peut déboucher sur son contraire  » I. Berlin. A force de trop jouer sur la même corde, la félicité peut se transformer en calvaire sitôt que l’imaginaire cesse de fonctionner.
Une représentation du paradis, les chrétiens l’avaient senti, relève du plus haut risque, celui de l’épuisement rapide ou tout simplement celui d’annihiler le rêve en puissance lové en chacun de nous. Représenter le bonheur est sans doute plus complexe qu’une image, si riche soit-elle.
Illustrations : Haut, Brueghel-Le paradis terrestre (vers 1600) Bas, Chagall- Adam et Eve chassés du paradis (1961)


73 réactions


  • Marsupilami Marsupilami 8 juin 2007 12:49

    Texte intéressant et bien documenté, belle méditation qui change agréablement de la politicaillerie hargneuse qui sévit sur Agoravox.

    Comme chantait Barbara, « J’aime mieux vivre en enfer que de mourir en paradis ».

    Mais grâce à Polnareff quand même, On ira tous au paradis !


    • Marie Pierre 8 juin 2007 13:42

      D’accord avec toi Marsu, ou comme le chantait (disait) Bernard Dimey :

      " L’enfer peut ressembler au Paradis des autres

      Jusqu’au jardin désert qu’on n’avait pas cherché" ou encore

      " Un paradis joyeux où l’on prendrait sa cuite

      Sans avoir à payer l’archange qui vous sert."

      L’auteur exprime son paradis en mots, les images, c’est à chacun de dessiner son paradis...


  • maxim maxim 8 juin 2007 14:05

    le sejour de la félicité sera le partage des hommes vertueux.. il sera planté d’arbres et de vignes. des filles célestes au sein arrondi et palpitant en feront l’ornement ....

    Mahomet ,Koran,LXXVIII....

    un livre de vers sous la rameé ,

    un pichet de vin,une miche de pain...et toi

    à mes côtés chantant dans la solitude .....

    et la solitude est à présent le paradis ...

    Omar Kayyam ,Rubaiyat .....

    finalement ,le paradis ,n’est ce pas qu’un moment de bonheur simple ,que l’on peut trouver au cours d’une journée ,une musique qui flatte l’oreille ,quelque chose de beau qui flatte l’oeil ,n’importe quoi qui apporte un peu de bonheur ne serait ce qu’un instant ?????

    je m’en contente déjà et je ne suis pas si pressé de découvrir le paradis que l’on nous promet ,et puis qui vraiment d’entre nous l’aurait mérité ?????

    pas moi en tout cas !!!!!


  • haddock 8 juin 2007 14:53

    Le paradis est un genre de droguerie où l’ on peut se procurer des gobelets et des brosses .Adam , chef de rayon des pinceaux vit un jour arriver Eve ( craquante genèse ) qui cherchait justement un blaireau , lui trouvait un physique avantageux. Elle lui demanda de grimper la côte ensemble , bonne pomme Adam ne sut lui refuser. Ensuite vinrent les pépins.


  • Paradisial Paradisial 8 juin 2007 18:26

    Paradis est tiré du terme persan Pardès.

    Le même mot persan on le retrouve dans une forme arabisée, sous le vocable : firdaws.

    En arabe, pour désigner le Paradis on emploit le terme : Jannah.

    Etymologiquement parlant, on en entendrait que la beauté et la description d’un tel endroit échapperait à toute perception et/ou immagination, vu le caractère très très limités de nos références (trop) terrestres et de nos sens.

    Que peindre dès lors ?!! smiley


    • L'enfoiré L’enfoiré 8 juin 2007 18:53

      Bonjour,

      Bel article, bien décrit, bien documenté. Je comprends le problème, mais j’aurais aimé voir la compréhension du paradis par la vision islamique. Ici, c’est très occidental, il faut bien l’avouer.

      Le paradis est souvent là où on ne le cherche pas. C’est ma conviction. Une promenade en forêt, un oiseau qui ne s’appelle pas « oiseau de paradis » et qui s’arrête de voler et qui s’approche, une fleur qui éclos, le rire d’un enfant et tant de petites choses simples que l’on ne voit plus.

      J’aime la photographie et je l’ai rencontré de nombreuses fois.

      Paradisal tu dis « la beauté et la description d’un tel endroit échapperait à toute perception et/ou imagination »

      Et bien non, chez moi c’est du tangible avec un peu d’imagination, je le conçois. smiley


    • Paradisial Paradisial 8 juin 2007 19:25

      L’enfoiré,

      « la beauté et la description d’un tel endroit échapperait à toute perception et/ou imagination »

      J’entendais par ce que le vrai paradis devrait être largement meilleur et plus beau que toute chose jusqu’ici existante (dans l’univers) (tout autour de nous) (et dans nos référentiels, d’ailleurs limités).

      Tout y sera perfection et beauté absolues, au-delà de tous les critères de perfection et de beauté qui nous sont propres.

      Les peintres, poètes et essayistes ne tentent que d’imager le paradis à partir de ce qu’il y a autour d’eux de terrestre. Imager ainsi le paradis serait faire comme les grecs représentant Dieu tel un bel homme. Ce serait aussi prétendre que Dieu serait inapte à créer quelque chose d’infiniment meilleur.

      Notre planète n’est même pas un grain de sable dans cet infinitésimal univers. Notre cerveau ne dépasse pas un kilogramme et quelques de matière grise ; ce serait trop pompeux de notre part d’oser croire que nous serions à même de nous nous représenter la beauté suprême telle que le Créateur de ce même univers la voudrait être (dans l’au-delà).

      Jannah entend justement quelque chose d’imperceptible à la conscience et aux cinq sens.

      Le terme Génie y est apparenté, via la racine trilitère, le verbe janna : cacher.


    • Paradisial Paradisial 8 juin 2007 19:34

      L’enfoiré,

      Quant à votre question : que serait la compréhension du paradis par la vision islamique ?

      Je n’y répondrais pas pour le moment.

      Avant de vous livrer (plus tard) un développement qui m’est propre (et qui est assez singulier), je vous poserais une question, que je vous appelle à réfléchir, même si vous êtes athée (dans la perspective où Dieu existerait) :

        Dieu, par toute sa majesté et puissance, aurait bien pu épargner à l’humanité tous les maux dont elle a toujours semblé souffrir, en plaçant - dès le début de la création - l’espèce humaine dans une sorte de paradis éternel, où régnerait une atmosphère de félicité éternelle, pure et parfaite. Mais la volonté et la sagesse divines décidèrent des choses autrement. Pourquoi ?

      Ce sera le point de départ de ma futur réponse.

      Réfléchissez à la question en attendant. Problablement, je fournirais ma réponse demain soir (au plus tard) Incha-Allah.

      A travers ledit développement on pourra aussi déduire si la présence du mal dans ce monde réfuterait oui ou non l’existance de Dieu.

      Salutations les meilleures.


    • Paradisial Paradisial 8 juin 2007 19:38

      Erratum :

      Fallait lire :« que serait la compréhension du paradis dans la vision islamique ? »

      Question Alternative (ou plutôt une autre variante) :

      Si Dieu existe, pourquoi ne sommes-nous pas dans un (ou le) paradis ?


    • L'enfoiré L’enfoiré 8 juin 2007 19:45

      Cher Paradisial,

      Désolé, je ne vole pas si haut. Mon ambition est plus terrestre, des envies plus modestes, plus simples. Je me contente de très peu, en fait. Je suis très terre à terre, comme tu vois. La religion rend très exigeant apparemment.

      « Mais la volonté et la sagesse divines décidèrent des choses autrement. Pourquoi ? »

      >>> Là, j’attends ta réponse incontestable.

      « ...déduire si la présence du mal dans ce monde réfuterait oui ou non l’existence de Dieu. »

      >>> L’enfer est pavé de bonnes intentions, dit-on. Le paradis, aussi. Mais, tu vas aussi me donner réponse à cela.

      Rien que pour nous mettre à l’aise, j’ai eu de grandes discussions très constructives avec mon « opposition » stratégique. De cela, est sorti après plusieurs mois mes articles « Le ciel pour horizon ». L’islam n’y était pas. Tu peux les chercher sur mon site en triptyque.

      Salutations sincères smiley


    • L'enfoiré L’enfoiré 8 juin 2007 19:46

      mais nous y sommes au paradis dans ma conception.


    • Paradisial Paradisial 8 juin 2007 20:40

      L’enfoiré,

      J’ai cherché ton essai : « Le ciel pour horizon » sur ton site, mais vainement. Il y est un système d’archives, mais point une rubrique de recherche.

      J’apprécierais bien avoir l’url directe y menant.

      D’avance merci.

      Moi non plus je ne me déplace pas avec des deltaplanes. Ma foi en Dieu est une foi réfléchie et rationnelle.

      On est déjà dans le paradis quand on y a posé déjà un pas (càd quand on oeuvre pour).

      Mon intervention futur dans ce fil sera pour demain soir.

      A tantôt Messir.


    • Philippakos Philippakos 9 juin 2007 05:29

      Oui, très chrétien en effet mais, sans être spécialiste, je crois que l’Islam est une religion majoritairement iconoclaste et le sujet traité est la représentation picturale du Paradis. Mais peut-être existe-t-il des représentations du Paradis Islamique, c’est à vous de me le dire.


    • L'enfoiré L’enfoiré 9 juin 2007 08:21

      @Philippakos,

      Le côté « iconoclaste » est ce qui se voit le plus par ce qui est présenté par les médias. Et on ne comprend pas vraiment de ce côté. Je crois que l’islamisme ne peut pas montrer ce qu’est leur « paradis ». Je me trompe peut-être. C’est la raison de ma demande et Paradisial doit avoir des idées. Voilà vraiment la raison d’être d’AV : confronter les idées, les idéologies dans le respect de chacun et dans la sérénité. smiley


    • Paradisial Paradisial 9 juin 2007 18:48

      L’enfoiré & Philippakos,

      L’iconoclasme (du gr. εικών eikon « icône » et κλαστειν klastein « casser ») est stricto sensu la destruction de représentations, qu’elle soit due à des considérations religieuses ou profanes. L’iconoclasme religieux rejette l’adoration vouée aux représentations du divin, dans les icônes en particulier [wikipedia].

      Philippakos a bien raison de qualifier l’Islam comme majoritairement iconoclaste.

      Il n’y a pas de représentations picturales du paradis chez les musulmans ; ma connaissance relative du chiisme ne me permetrait pas de dire s’il y existe quelques peintures allusives du paradis ; c’est très peu probable, ce serait prétendre que Dieu serait inapte à créer quelque chose d’infiniment meilleur (et faire comme leurs prédécesseurs grecoromains) (comme disais-je plus haut), même s’ils se permettent (non pas tous) de peindre des représentations du Prophète (voilé ou maculé de lumière) et/ou de certains membres de sa famille.

      Nous ne pourrons pas davantage conclure que les ryades (jardins luxurieux, exubérants de végétations et abondants en eaux) seraient des représentations terrestres du paradis (comme le disent certains orientalistes), ce n’est qu’un raffinnement gustatif et architectural à travers lequel les riches musulmans (d’antan) se miroitaient le bonheur céleste via la recherche d’un bonheur terrestre.


  • L'enfoiré L’enfoiré 8 juin 2007 21:11

    Paradisial,

    Je suis vraiment impudent. J’oublie de te remercier pour ton temps de lecture. Ce n’est pas des choses qui s’écrivent sur un ticket de bus, et au cours d’un week-end et, donc enfin, pas qui se lisent en 5 minutes.

    Bonne lecture et je serais heureux de te revoir ici. smiley


  • JL JL 9 juin 2007 07:47

    Vous publiez pour être lu j’imagine : désolé, si tôt le matin je n’ai pas envie de rêver.

    Pour moi, plus les puissants font de la terre un enfer, plus les marchands de paradis font recette, c’est bien connu. Malraux ne s’était pas trompé qui avait bien perçu le sens de l’évolution de la société.

    Le mot d’ordre à notre époque du fric c’est « demain il y aura des richesses pour tous mais pour cela vous devez abandonner vos ’croyances humanistes’ ».

    Une société à deux vitesses est une société stable : le paradis sur terre pour quelques uns, l’espoir pour tous les autres. L’esclavage n’aurait pas été possible sans l’illusion du paradis.


    • L'enfoiré L’enfoiré 9 juin 2007 08:13

      @Jl,

      Voilà la différence entre le réaliste et l’idéaliste. A toi de choisir ton camp. Ta dernière phrase est parfaitement exacte. smiley


  • pixel pixel 9 juin 2007 12:07

    Le paradis n’existe qu’avec son inverse : l’enfer. Ce couple ,récompense /punition,c’est la sanction d’un jugement. Pour juger il faut des lois et un juge.Les lois ont été communiquées aux hommes par les messies ou les prophètes.Quant au Juge c’est Dieu. L’individu doit respecter la loi car il ne peut échaper à l’omniscience divine. La religion à donc été le moyen le plus économique de faire respecter les lois au plus grand nombre. Pas besoin de police, il était impossible d’échaper au regard de Dieu et à la comptabilité exhaustive de ses péchés en fin de parcours. Le paradis à été un élément du système de contrôle social ; le pouvoir sous traitait le maintient de l’ordre aux consciences individuelles.


    • L'enfoiré L’enfoiré 9 juin 2007 13:13

      @Pixel,

      Bonne compréhension du sujet. Comme l’homme a perdu l’instinct de conservation a souvent disparu, il fallait des lois pour la survie de l’espèce. Chez les naimaux pas de dieu, pas de loi, seul un instinct. smiley


    • pixel pixel 9 juin 2007 13:26

      L’enfoiré

      Et chez les animaux pas d’échanges matériels ni possessions, donc pas besoin de loi pour les réguler car les lois humaines ainsi que les conflits sont fondamentalement liés à la propriété.


    • L'enfoiré L’enfoiré 9 juin 2007 13:45

      @Pixel,

      En fait la propriété existe chez les animaux. Le territoire est défini par une appropriation de l’espace vital à un moment « x » qui correspond à l’instinct de perpétuer l’espèce et, ainsi, la création d’une famille. Si elle est bafouée par un congénère, la réaction s’exprime simplement par une attaque brève, brutale et en général, une reconnaissance immédiate par l’intrus qu’il faut aller se ballader ailleurs. Donc, attention, humaniser tout et n’importe comment, n’est pas la solution non plus. smiley


    • pixel pixel 9 juin 2007 14:27

      Vous avez raison j’ai fait une projection un peu hative.


  • pixel pixel 9 juin 2007 13:35

    Quoique chez les animaux il y a le territoir source de conflit. A méditer.


  • Paradisial Paradisial 9 juin 2007 17:30

    L’enfoiré,

    Ton essai « Le ciel pour horizon » je ne l’ai pas encore lu, comme tu l’insinuais : ce n’est pas dans un week-end que l’on le lirait (d’autant que pas mal de sollicitations m’attendent).

    J’en avais parcouru rapidement les titres, et constaté que tu y tentais de dresser l’ontologie de la religion. Une ontologie que j’ai trouvée fort occidentale, marquée pas mal par une logique athée. Elle n’est pas déplaisante. En tant que déiste je saurais très bien l’apprécier. Je la lirais à tête reposée dès que j’en aurais le temps. Promis.

    Quant à mon initiale promesse de réponse, j’espère quelle puisse être assez digeste et compréhensible : cela fait un bagne que je tentais de finaliser l’écriture de l’essai, le recomposer et mieux le structurer, mais j’ai dû bacler le travail pour te fournir une matière à juger.

    Avant de le balancer pour autant (dans la file principale), permets moi de te donner une image de la conception que le musulman a et de son devoir dans la vie, et de la nature de l’apostolat. Ladite image ne pourrait à elle se tout résumer, ni tout expliquer, mais elle aiderait à mieux comprendre que dans l’Islam il n’y est pas d’ontologie des religions, mais une série de régressions et de restaurations de La Religion.

    Les deux contributions (essais) qui seront collés dans la file secondaire (ci-dessous) ont été extraits de conversations passées s’étant déroulées en réaction à d’autres articles et commentaires.

    Ami belge, je m’excuserai d’avance si tu les aurais déjà entrevues.

    L’essai relatif à notre ploblématique soulevée viendra dans la file parente.

    Bien à toi. smiley


    • Paradisial Paradisial 9 juin 2007 17:32

      Première extraction :

      Le prophète aurait-il plagié ceux lui étant antérieurs ?!!

      Ce sont quoi ces sornettes ?!

      Si votre réponse serait affirmative, cela devrait entendre que Jésus (lui même israélite) (que le salut de Dieu soit sur lui) ait plagié les juifs israélites qui le précédèrent, et que chaque prophète israélite ait plagié celui qui le précédait, et de rechef, jusqu’à Moïse (que le salut de Dieu soit sur lui), et jusqu’à Isaac, puis Jacob, puis Abraham ....

      Les dix commandements existaient déjà du temps de Hamourabi, de longtemps antérieur à Moïse.

      Moïse aurait-il plagié Hamourabi ?!!

      Hamourabi qui aurait-il plagié, lui à son tour ?!!!

      Finalement l’apostolat et la prophétie ne seraient que des affaires de plagiat !!!

      Hé bein.... Votre logique se retourne contre vous.

      Pour être différent de tous ces prophètes, et éviter d’être accusé de plagiat, Mohammed (que le salut de Dieu soit sur lui) devait-il innover ?!! Raconter que nous tous sommes des dieux, et que Dieu serait le fils incarné des hommes, ou l’Homme incarné en dieu ?!!!!

      Est-ce cela que vous vouliez ?! Une régression de plus ?! Une mythologie grecque de plus ?!!!

      Bah nonnnnnn. Mohammed (que le salut de Dieu soit sur lui) est venu restaurer le Monothéisme (tel tous les messagers qui l’on précédé, quand les révélations de leurs prédécesseurs s’éfritaient ou se retrouvaient trop altérées).

      Dans la tradition islamique, l’islam n’est pas une nouvelle religion, mais la religion originelle.

      Dieu est UN. Son message également, celui que tous les prophètes ont colporté.

      L’histoire de l’apostolat est semblable à l’image d’un grand fleuve dont l’eau coule depuis une seule source : les prophètes sont tels des hommes qui se tiennent debout tout au long dudit fleuve, certains sont en amont, d’autres en aval.

      Il n’y eut pas des religions, mais juste une : celle de tous les prophètes.

      Dans la tradition musulmane, il est rapporté que Dieu révéla à l’humanité 124.000 prophètes (dans différents temps et dans divers espaces, chez des sociétés assez disparates), dont 315 messagers (portant une révélation codifiée).

      Bhuddah, Mani, Zoroastra, Confucius, Brahma .... tous ces hommes qui ont instruit une certaine sagesse à l’humanité, pourraient appartenir à cette lignée de prophètes. Ce n’est que par paganisme et différentes outrances et innovations que les messages furent altérés par les générations qui leur furent postérieures (certaines allant jusqu’à diviniser les prophètes eux-mêmes).

      Signé : Paradisial


    • Paradisial Paradisial 9 juin 2007 17:41

      Deuxième extraction (tirée d’un échange ayant eu lieu avec Muadib, qui s’interrogeait sur la façon à travers laquelle un musulman illétré pourrait bonnement vivre sa religion, sans avoir accès à une quelconque érudition. J’avais sciemment parlé de ma défunte grande-mère pour faire allusion aux dites franges de personnes).

      Muadib,

      Que j’aie intégré l’une des meilleurs écoles supérieures de France ne fait pas de moi un musulman meilleur que ma très chère grande-mère maternelle (que Dieu ait son âme), elle qui était totalement illetrée ; loin m’en faut pour atteindre son degré de piété, elle qui étincellait toute de lumières, et qui sentait un énivrant parfum naturel alors qu’elle ne se parfumait pas.

      Pour être un pieux musulman il ne faudrait pas forcément passer par les meilleures écoles pour apprendre correctement l’Islam.

      Ma très chère grande-mère n’avait nullement besoin d’une érudition telle que celle que je tente de cultiver dans les trois religion pour être une bonne musulmane, doublée d’une très noble dame.

      Il lui suffisait d’avoir la certitude qu’un Créateur de cet Univers existe, et d’admettre son Unicité Absolue, qu’il n’eut point enfanté, ni eut été enfanté, de reconnaître ses prophètes ainsi que l’unicité de leurs messages, de concevoir l’idée que Mohammed (que le Salut de Dieu soit sur lui) - en appartenant à la lignée prophétique - ne soit venu que pour restaurer ledit message tout en le rendant universel, d’accomplir une prière sorbre rejoignant l’orthodoxie des prophètes (dans laquelle l’homme essaie d’entrer en résonnance avec son Créateur), d’être solidaire des nécessiteux en étant charitable, d’observer le jeûne (une autre façon de sentir la mysère des pauvres, et d’en être solidaire, tout en effectuant un régime sanitaire, et manifestant un acte de dévotion et de charité du coeur et de l’esprit que seule la foi peut amener l’Homme à accomplir), d’être aimable et bienfaisante avec tout le monde (proche et lointain), d’éduquer ses enfants et d’entretenir son ménage (en commun avec son époux) de façon responsable et harmonieuse, de ne laisser jamais une mauvaise pensée ou pulsion dicter quelconque de ses actions (malgré la dualité de notre âme), d’être le plus altruiste et le moins égoïste (sans opportunisme, ni distinctions entre interacteurs), et d’être la douceur vraiment parfaite.

      Devant le comportement modèle de ma grande-mère mon érudition ne pèse rien (j’en ai vraiment la larme à l’oeil). smiley

      On n’a pas besoin de discourir sur le sexe des anges en Islam ou de théologie musulmane pour être bon musulman (ladite polémique relative aux anges est d’ailleurs tranchée ; on n’a pas à faire d’anthropomorphismes ; que feraient les anges de sexes !).

      Sachez Muadib que c’est l’Islam en personne qui souffre de la mauvaise représentatitivité que lui confèrent certains de ces mauvais et faux ambassadeurs.

      Si l’Islam a de nombreux faux ambassadeurs dans les rangs de certaines sociétés, il n’en est pas pour autant responsable. Cette responsabilité est de nature politique, et est strictement liée aux forts taux d’analphabétisme et au retard culturel et éducationnel qui sévissent dans nombre de pays musulmans, qui sont les arcanes structurelles des régimes non démocrates, dont les dirigeants tirent tous leurs pouvoirs et bénéfices matériels.

      Pour combattre l’intégrisme, il faut privilégier la démocratie, combattre l’analphabétisme en promouvant l’enseignement, l’éducation et la culture.

      La redécouverte de l’Islam par un style académique (quand on a besoin d’approndir ses connaissances, en allant vers des méandres inépuisables) viendra (ou s’imposera) d’elle même, et se fera de la façon la plus saine et rationnelle possible.

      Personnellement, mon initiation académique à l’Islam s’était faite en école (des soeurs, par des profs d’arabe certes) (cela se fait aussi dans les écoles publiques) du primaire jusq’au baccalauréat (sans quelconque bourrage de crânes).

      Je ne suis pas le seul.

      L’Islam du 21ième siècle est en cours de naissance, sans s’écarter du noyau de l’orthodoxie (dans le sens et l’incarnation nobles du terme), en étant très moderne, très intellectuel, et très rationnel.

      Pas besoin de réviser quoi que ce soit ; il y a juste le besoin de bien décrypter les sources et ressources, et de savoir les lire avec académie et minutie (sans le moindre littéralisme : refuge des ignorants et autres impuissants).

      La différence entre le dévot musulman et le dévot chrétien ne réside pas dans la sincérité et dans le degré de la piété (qui peuveut d’ailleurs leur être communes), mais dans la nature même des dogmes distinguant les deux religions :

      - le musulman est farouchement attaché à l’unicité, et rejète foncièrement toute idée énnonçant une consubstantiation de Dieu (comme la trinité en l’occurence, dans le cas du Christianisme) ;

      - il n’y a pas de pêché originel : chaque être humain n’est responsable que de ses propres actes ;

      - le Salut est dépendant des uniques actions de l’être humain, selon qu’elles soient bonnes ou bien mauvaises, pour lesquels chacun sera tenu responsable ;

      - les prophètes n’étaient là que pour rappeller le droit chemin, aucune sacralité ne leur est due au-delà de leur nature de messagers ;

      - Jésus (que le Salut de Dieu soit sur lui) figure parmi les plus émérites messagers de Dieu ; illustre et miraculeuse soit sa naissance (par parthénogenèse), il reste un messager adamique pareil que tous les prophètes.

      Paradisial


    • pixel pixel 9 juin 2007 18:09

      Vous n’êtes pas déiste puisque musulman.


    • Paradisial Paradisial 9 juin 2007 18:16

      Pixel,

      Déiste c’est déjà un premier pas, consistant à reconnaître l’existance de Dieu.

      Appartenir à une religion (dans une seconde étape), entend que l’on est plus que Déiste, étant parvenu à se retrouver dans un système théophysique que l’on reconnaît émanant de Dieu.

      La seconde phase inclut la première. smiley


    • pixel pixel 9 juin 2007 18:50

      Je pense que les religions sont des productions humaine à la recherche du pouvoir sur des humains.La meilleure preuve en est la religion musulmane qui à remplacé le marxisme dans le rôle de struture fédérante pour la lutte contre l’occident.Penser un Dieu sans religion c’est éviter le prosélytisme qui vise à augmenter des groupes en vue d’assurer des rapports de forces bien terrestres.C’est le chemin inverse à celui que vous préconisez qu’il faut prendre : Les religions ont pris Dieu en otage et il faut le libérer de celles-ci.


    • Paradisial Paradisial 9 juin 2007 20:17

      Pixel,

      Je ne partage pas votre avis, de plus, je ne suis pas sûr que vous ayez bien compris l’approche de l’homme musulman de la religion.

      L’islam ne vise nullement à fédérer quelques hommes contre l’Occident ni contre un quelconque Orient.

      La religion a pour finalité de mettre l’homme en bonne résonance avec son créateur, mais aussi en bonne résonance avec les autres hommes (car la première résonnance ne saurait être acceptée sans la seconde, et la seconde ne saurait être bien appréciée sans la première).

      Un hadith qoudsy, où Dieu s’exprime à la première forme du singulier dit :

        J’ai créé les anges dotés que d’Esprit,

        j’ai créé les animeaux dotés que de passions,

        puis j’ai créé l’Homme doté et d’Esprit et de passions,

        puis je lui ai imparti de se rapprocher plus des anges que des animeaux.

      Par quoi sommes nous si semblables aux animeaux, si ce n’est par nos instincts et besoins : nous mangeons, buvons, faisons du sexe (pour le plaisir et pour la reproduction), avons besoin de repos et de distraction, donc de sommeil et de loisirs. Nous nous entretenons par le sport, pareils que la fauve qui courre dans les plaines, nous sommes dans une lutte des classes et faisons tout pour atteindre les sommités de la société (études), pareils que le félidé qui acère ses griffes sur un tronc d’arbre et qui courre derrière sa mère pour apprendre les techniques de la chasse....

      Par quoi serions nous si différents des animeaux, si ce n’est par notre Esprit !

      Mais qu’en faisons-nous souvent ?

      On l’investit pour la pluart que pour assouvir nos besoins primaires et nos instincts animaliers.

      Quelle gloire mériterions-nous si notre Esprit ne nous élève que pour finaliment nous abaisser vers la satisfaction de tout ce qui est primaire en nous ?!!

      Même cette culture que nous nous vantons trop de détenir - devant nos paire - et que l’on peine beaucoup à récolter et à entretenir, l’animal non plus n’en est pas exempte, il en a une qui lui est propre, toutefois, contrairement à nous, elle est souvent innée chez lui.

      L’usage le meilleur (de l’Esprit) que l’on pourrait rendre à l’animal qui est en nous, serait celui d’investir notre Esrit pour tenter de trouver des réponses aux questions existentielles qui nous taraudent dans notre for intérieur.

      Les prophètes n’ont fait que tenter de nous aider à trouver des réponses auxdites questions existentielles, via un système théophysique que l’on nomme religion.


  • Paradisial Paradisial 9 juin 2007 18:00

    L’enfoiré,

    Voilà enfin l’essai (il est mal écrit, je m’en excuse, il devrait être encore fignolé) :

    La Vie vue par un Musulman

    La vie semble aux gens qui en adoptent une analyse simpliste assez complexe et tumultueuse, avec ses soucis quotidiens, et ses imperfections arbitraires, qui ne cessent de gâcher et de ternir le bonheur et les perspectives matérielles convoités par tout un chacun. Les plus extrémistes parmi eux vont jusqu’à affirmer que la présence du mal témoigne de l’absence de Dieu. Ont-ils tort ou ont-ils raison ?

    Dieu, par toute sa majesté et puissance, aurait bien pu épargner à l’humanité tous les maux dont elle a toujours semblé souffrir, en plaçant - dès le début de la création - l’espèce humaine dans une sorte de paradis éternel, où régnerait une atmosphère de félicité perpétuelle, pure et parfaite. Mais la volonté et la sagesse divines décidèrent des choses autrement. Pourquoi ?

    Nous pouvons bien nous nous hasarder à répondre ensemble à une telle question, à travers un raisonnement que l’on voudra le plus logique possible, quoique l’on puisse estimer que nous ne saurions sonder la volonté divine, dans toute sa splendeur et dans toute sa sagesse.

    Mais comme nous avons la faculté de réfléchir, nous pouvons avoir cette audace.

    La réponse qui s’imposerait d’elle-même, serait celle d’imaginer que l’Homme - placé ainsi, dès ses premiers jours, et éternellement, dans un tel paradis - ne saura jamais appréhender et estimer à leurs justes valeurs un tel Eden dans lequel il réside, la vie paradisiaque qu’il y mène, la félicité incommensurable qu’il y connaît, et toutes les faveurs par lesquelles Dieu l’a comblé. Quelle morale aurait-il pu tirer d’une telle existence, et quel sens aurait-il pu trouver à une telle vie ?!! Et surtout, aurait-il été à même de développer une quelconque conscience de tous ces éléments et de toutes ces questions ?!

    La sagesse divine aurait été celle de permettre à l’Homme de développer une telle conscience, en lui faisant connaître la dualité, et celle de responsabiliser l’Homme quant au choix de la demeure éternelle où il sera installé, en lui faisant subir le grand test de la dualité. C’est ainsi que Dieu créa la vie d’ici-bas dans la dualité, et y fit placé l’Homme, créé lui aussi dans la dualité.

    Essayons ensemble de mieux comprendre cela.

    La dualité est le caractère qui donne à toute chose (que l’on puisse imaginer) une essence, un sens et une valeur à travers sa confrontation avec son opposé, son contre-exemple.

    • par essence sont entendues teneur et nature qui peuvent rendre tangible ou intangible un élément quelconque ;
    • par sens est entendue la manière selon laquelle on peut accorder une définition à un tel élément, pour en décrire la nature, et ce de la façon la plus tangible possible ;
    • et par valeur est entendue l’appréciation que l’on peut affecter aux qualités dudit élément, pour y reconnaître des parts d’utilité ou de nocivité.

    Toute chose qui nous entoure, et toute sensation que nous éprouvons, nous n’aurions jamais été à même d’en cerner l’essence, le sens et la valeur, et en conséquence, d’en développer une quelconque conscience, sans l’existence d’un contre-exemple auquel elles sont confrontées.

    Petite Démonstration :

    Un homme qui aurait été placé durant longtemps, en cobaye, dès sa naissance, et pour toute une vie, dans un espace fermé soumis à un éclairage tamisé (dans lequel il ne saura distinguer ni la source lumineuse, ni y retrouvera une projection de sa propre ombre, qui risqueront de susciter sa curiosité à travers des questions de causalité), n’arrivera pas à développer une conscience de ce qu’est la lumière. Il pourra achever toute sa vie dans une totale ignorance de l’essence, du sens et de la valeur de la lumière, tant qu’il n’aura pas connu son opposé : l’obscurité. Il n’en développera conscience, qu’une fois quand celui qui mène l’expérience arrêterait ledit éclairage tamisé. Ladite conscience risquera alors de se manifester de façon foudroyante chez ledit cobaye, peut être par un grand effroi.

    Reprenons. Dieu créa toute chose dans la vie ici-bas dans la dualité, et y plaça l’Homme, de telle sorte que ce dernier puisse développer sa conscience.

    A l’image de l’exemple de la lumière face à l’obscurité, tous les éléments qui conditionnent notre existence ou la constituent tirent leurs essences, sens et valeurs à travers la dualité, à travers un percutant jeu de combinaisons, comme pour la richesse face à la pauvreté, la jouissance face à la souffrance, l’amour face à la haine, la santé face à l’infirmité, la satiété face à la faim, la chaleur face au froid, le solide face au liquide, le sucré face au salé, l’amer face à l’absence des deux ...

    Développons un peu notre imagination : si tous les Hommes étaient riches, la richesse et la pauvreté n’auront ni essence, ni sens, ni valeur ; et si tous les Hommes auraient été tous pauvres, la pauvreté et la richesse n’en auront pas davantage ; idem, si tous les Hommes étaient beaux, la beauté et la laideur n’auraient eu ni essence, ni sens ni valeur ; vice versa ; et ainsi de suite...

    Par ailleurs, Dieu ne s’est pas suffit uniquement de nous permettre de cultiver la conscience de toute chose à travers la dualité. La perfection divine fut de parachever la conscience de l’Homme, en couplant celle-ci avec la responsabilité.

    En accordant à l’Homme un cerveau et une intelligence, Dieu y plaça également la dualité, en lui inculquant deux propensions : la propension vers le bien, et la propension vers le mal ; c’est en optant vers l’une ou vers l’autre que le libre arbitre de l’Homme se manifeste ; et c’est bien là qu’est la grande épreuve de tout individu : la dualité.

    Arrêtons nous un moment, et ouvrons une parenthèse (ne pas se laisser distraire par ce, le paragraphe précédant et celui suivant sont plus importants) :

    • un être complexe ne pourrait survivre une seule minute dans ce monde sans cerveau ; il sera accouché mort-né ;
    • un être doté d’un cerveau mais dépourvu d’intelligence, un fou en l’occurrence, ne peut cultiver une parfaite conscience et de son existence et du monde dans lequel il vit. Il sera incapable d’appréhender la dualité. Il ne saurait distinguer - à titre d’exemple - la différence entre le bien et le mal. En conséquence, il ne peut être rendu responsable de ses actes ;
    • de même, un être conscient ne pourrait être tenu pour responsable si le libre arbitre et la possibilité de choisir lui seraient retranchés ;
    • par contre, dès que l’on a un cerveau, l’intelligence, la conscience, le libre arbitre, et la possibilité de procéder à un choix on devient responsable de toute action que l’on entreprend.
    Fermons la parenthèse.

    Le grand test de l’humain est de décider comment va-t-il investir la dualité qui est en lui face à la dualité de la vie. C’est-à-dire, va-t-il investir sa propension vers le bien, ou plutôt investira-t-il sa propension vers le mal face à la dualité de la vie (dans la composante positive et négative) ?

    Comment illustrer ce genre d’épreuves ?

    Par exemple, le riche est en épreuve face à la dualité (sa propre richesse face à la pauvreté des autres) : va-t-il investir sa propension vers le mal en étant égocentrique, jouissant tout seul de sa richesse, ou plutôt investira-t-il sa propension vers le bien, en donnant une partie de sa richesse, voire en créant du travail pour les moins nantis ?

    Le pauvre lui aussi est en épreuve face à la dualité (sa propre pauvreté face à la richesse des autres) : va-t-il investir sa propension vers le mal, en jalousant et en s’adonnant au vol, ou plutôt investira-t-il sa propension vers le bien, en cherchant un gagne-pain honnête, et quand il n’est pas à même de trouver un travail en se résignant à solliciter de l’aide ?!

    La dualité est indispensable à l’Homme à plusieurs titres :

    1. elle lui permet de connaître l’essence, le sens et la valeur de toute chose ;
    2. devenant - grâce à elle - plus conscient du monde qui l’entoure, l’Homme acquiert (face à Dieu) le statut d’être responsable : il lui incombe désormais le devoir de démontrer qu’il est capable de bien investir son intelligence, sa conscience et son libre arbitre face à la dualité de la vie ;
    3. l’Homme est alors rendu responsable de son présent comme de son futur : comme seront ses choix ici-bas face à la dualité - celle de la vie, et celle qui est sienne (la propension vers le bien et la propension vers le mal qui existent en lui) - sera son futur dans l’au-delà ; il sera rétribué après sa mort à l’image de ce qu’il a effectué durant sa propre vie ;
    4. et c’est là que se manifeste la justice divine : l’Homme pourrait être injuste à son propre égard ou à l’égard des autres humains ; une telle injustice finira toujours par le rejoindre quand il aura à rendre acte de l’emploi qu’il a fait et de son intelligence et de sa conscience et de son libre arbitre ;

    Ouvrons une parenthèse, faisons une digression :

      La dualité existant dans ce bas monde touche tout, et s’arrête à un seul élément, que l’on ne pourra intégrer dans quelconque couple ; il s’agit de Dieu (certes lorsqu’on est déiste, et monothéiste). Dans l’au-delà nous retrouverons encore la même dualité, mais dans une toute autre forme.

      Dans la vie ici-bas les composantes de la dualité : tout y est mélangé, le positif et le négatif coexistent ensemble. Dans l’au-delà la dualité continuera d’existée, mais dans une forme scindée :

    • tout ce qui est positif dans la vie ici-bas sera unifié, rassemblé et décuplé de façon infiniment plus belle et plus puissante et sera placé dans le paradis ;
    • de même, tout ce qui y est négatif sera unifié, rassemblé et décuplé de façon infiniment plus forte et plus négative et sera placé dans l’enfer ;
    Fermons la parenthèse.
    1. si l’Homme se retrouvera alors au Paradis, il saura dès lors pourquoi il y est, et combien il l’eut mérité (tout en estimant par extrapolation ce qu’il a évité comme destination alternative), saura y appréhender pleinement l’essence, le sens et la valeur de toute chose considérablement délectable qui s’y trouve, et en sera - de plus - largement plus reconnaissant à son Créateur ;
    2. par contre, s’il lui arriverait de se retrouver en Enfer, il saura pourquoi il y est, combien il l’a mérité, ce qu’il a raté comme opportunités et destination alternative, saura appréhender pleinement l’essence, le sens et la valeur de toutes les vanités derrière lesquelles il a couru, et de la sacralité hautement supérieure de tout ce qu’il a négligé (à causes de ses mauvaises propensions), et n’aura qu’à s’en blâmer personnellement d’avoir approcher la vie passée avec autant de légèreté et d’irresponsabilité, et raté l’essentiel et la félicité éternelle.
      et ce après avoir pris tout son temps dans la vie ici-bas pour tenter de trouver des réponses aux différentes questions existentielles qui taraudent l’esprit de tout Homme qui sache réfléchir, et après avoir bonnement pris son temps pour préparer son chemin selon ce que lui eurent dicté son intelligence, sa conscience et son libre arbitre.

    La vie est une épreuve. La dualité en est l’aventure. La bonne conscience en est la clef. La bonne action y est le billet vers le Salut. Le Paradis en est la consécration.

    Coran 99:7-8. Quiconque fait un bien fût-ce du poids d’un atome, il le retrouvera, et quiconque fait un mal fût-ce du poids d’un atome, le retrouvera.

    Finalement, on est déjà dans le paradis quand on y a posé déjà un pas (càd quand on oeuvre pour). smiley

    Salutations les Meilleures.


    • Marsupilami Marsupilami 9 juin 2007 18:10

      @ Paradisial

      Tu nous fatigues avec ta propagande islamiste déjantée qui n’intéresse personne sinon toi. Essaie donc de placer ta prose verbeuse chez Oumma.com. A propos du dualisme corânique, lis donc ce texte hilarant, ça nourrira tes délires de métis dézingué d’école de commerce high-tech et de madrasa moyenâgeuse.


    • Paradisial Paradisial 9 juin 2007 18:22

      L’essai in sus s’intitulerait plutôt : Comment comprendre le sens de la vie via la dualité ?

      Je reconnais qu’il est difficile à cerner dans son enchaînement et dans sa logique. Une relecture (ou plusieurs) s’imposerai(en)t.

      Une prestation orale aurait été plus translucide et plus simple à rendre ; j’en avais fait l’expérience à deux reprises sur la radio Ici et Maintenant, et plusieurs fois devant quelques auditoires (comme durant les veillées funéraires). Cela était toujours très bien reçu (dans ces diverses occasions) malgré l’hétérogénéité de l’audience.


    • Paradisial Paradisial 9 juin 2007 18:25

      Marsupilami, Docteur Inanité,

      Je n’ai cure de tes invectives, outrances et inanités.

      Ton drolastique m’interdit de t’intolérer. smiley


    • Paradisial Paradisial 9 juin 2007 19:41

      Marsupilami,

      Il m’arrive très très très rarement de lire oumma.com ; ce n’est pas que j’en aurais honte, ou aimerais m’en dédouaner, mais il y est des explorations largement meilleures à faire, comme lire Al Ghazâli et Harun Yahya, et bien d’autres auteurs moins célébres.

      Quant au texte hilarant vers lequel tu renvois, il est plutôt pénible et que pure charabia, émanant de quelqu’un qui usurpe le titre de philosophe (moderne), et qui s’adonne allégrement à plein de contorsions. Il tente de faire la séparation entre les concepts de raison et de ’aql alors qu’ils sont le même mot exprimé dans deux langues différentes (quoique le concept de ’aql dépasse largement celui de raison, dans sa définition).

      En fait son auteur a l’allure d’un soufi, qui essaie d’insinuer par ses multiples contorsions et déformations que la compréhension du Coran ne devrait pas se faire par un appel de la raison (contredisant même le Coran qui stipule le contraire) mais par un appel du coeur, pour justifier vers la définitive : une initiation ésétorique à l’Islam et à l’amour de Dieu, trop chère aux soufis de ces temps ; alors que les grands soufis d’antan étaient loin d’être des gens dénués de raison, mais des savants pluridisciplinaires : tels les philosophes Al Ghazâli (vraiment inégalable), Al Kindi, et j’en oublierais toute une série.


    • L'enfoiré L’enfoiré 9 juin 2007 19:48

      Paradisial,

      Je m’attendais à tous ce que tu me dis. J’ai eu un collègue qui parlait comme toi de la religion. Nous avons eu des dialogues de sourds parce que il y a des principes de base qui étaient édictés en dogme de départ. Il suffisait d’arrêter le monologue par des questions simples « Quelles sont les preuves physiques, tangibles de ce que tu viens de dire ? Le château de cartes reprenait sur une autre voix pour ne pas tombe. Tu as bien appris ta leçon, bravo et je ne conteste aucunement. Ce qui est écrit ne vient pas d’en haut mais d’ici bas. Tout cela avec le raisonnement ne tient pas longtemps. Sorry, chacun sa propre interprétation et tu vas avoir difficile de me convaincre. D’autres ont essayé. Le Coran est comme la Bible une école de conduite en fixant des ornières pour ne pas glisser vers des endroits qui ne sont pas dans la ligne du »parti". Mais comme tu as pris le temps de me répondre, je vais reprendre au vol certaines.

      - Puisque Dieu a créé toutes choses ici bas, pourquoi aurait-il attendu si longtemps et passer en revue toute l’évolution avant de donner l’intelligence ? Evolution qui est d’ailleurs bien loin d’être achevée. Nous ne sommes qu’à la moitié de l’existence de la terre.

      - Pourquoi aurait-il créé un paradis ailleurs ? Il a toutes les « pièces » du puzzle sur place et sur terre. Tout existe, microbes, virus, plantes, animaux et un stade de l’homme. Que lui airait-il manqué d’après toi ? Qu’est-ce que tu espère vraiment d’un autre monde ou comme tu l’appelles « paradis » ?

      - La richesse te semble importante. Ok. Vision de l’esprit. L’homme des forêts (qui est aussi « homme ») n’en avait rien à cirer de l’argent. Il était riche par ce qu’il trouvait sur place. Ce n’était absolument pas des « imbéciles heureux » comme on les présentaient. Ils avaient ajusté leurs connaissances à la foret. L’idée de richesse est arrivée après, par la comparaison avec les peuples qui sont arrivés d’ailleurs en dompteurs avec la bonne parole. L’envie était née. Les ennuis aussi.

      - Dualité ? Pourquoi y aurait-il un bien et un mal ? Notions totalement artificielles. Vue d’un esprit en mal de reconnaissance vis à vis d’une autre personne. Un naufragé, seul sur une île, le bien et le mal ne serait absolument pas nécessaire.

      - Etre complexe l’homme ? Et si je te disais que ce n’est rien par rapport à ce qui sera dans 3 milliards d’années. (Laissons le dernier milliard pour les ennuis avec le soleil). Le cerveau ? Qui te prouve que sur une autre planète ou galaxie, le cerveau ne serait pas complètement autre chose qu’un amas de neurones interconnectés ?

      Voilà, je crois que tu as aussi du pain sur la planche. Mon triptyque t’en apprendra bien d’autres.

      Avec toute ma sympathie. smiley


    • Paradisial Paradisial 9 juin 2007 20:46

      L’enfoiré,

      On va pas rentrer dans des surenchères l’ami.

      L’essai en question il est bien spéculatif, certes je n’aurais rien de tangible à apporter pour étayer ses idées.

      Je le voulais une sorte de spéculation philosophique (quoique la philosophie vise à partir de spéculations pour aboutir vers de raisonnables conclusions).

      L’objet de l’essai pourrait se résumer dans le titre : Comment expliquer le sens de la vie via la dualité. Tu trouveras certainenement d’autres personnes, issues d’autres confessions, voire de sectes, qui te donneront d’autres visions, sens et finalité.

      Mon développement se voulait quelque peut logique (quoique spéculatif) ne faisant intercéder aucun concept à fort connotation religieuse typique à une confession ou à une autre (en dehors de celui de paradis et d’enfer).

      L’essai ne parle nullement du Coran (j’avais d’ailleurs beaucoup hésité à placer le verset coranique à la fin du texte).

      L’essai ne résume pas non plus des cours que j’aurais appris. C’est juste la résultante d’une réflexion personnelle au sujet de la dualité de ce monde et au sujet de la question : pourquoi ne sommes nous pas dans le paradis ?

      Tu disais :« La richesse te semble importante ». Faux, au contraire. D’ailleurs je n’avais rien écrit dont puisse filtrer une idée pareille.

      A ce sujet permet moi de partager avec toi deux citations qui me sont très très chères :

      • On ne doit appeller richesse les choses que l’on peut perdre [Léonard de Vinci]. smiley
      • Le savoir est la parure du riche, tandis que la richesse est la parure du pauvre [Imam Ali]. smiley

      La dualité n’est pas si virtuelle que tu le prétends. Elle est patente, et est présente tout autour de nous. Sans elle nous n’aurons aucune conscience ; vraiment aucune, ni de nous-mêmes, ni du monde.

      Je t’invite à méditer très très profondément la « Métaphore de la Lumière » présente dans l’essai.

      Tu disais : « Puisque Dieu a créé toutes choses ici bas, pourquoi aurait-il attendu si longtemps et passer en revue toute l’évolution avant de donner l’intelligence ? Evolution qui est d’ailleurs bien loin d’être achevée. Nous ne sommes qu’à la moitié de l’existence de la terre ».

      Je te dirais mon cher que tu as une approche très très linéaire du temps, que nous musulmans n’avons pas.

      Quand on est déiste on pourrait adhérer à une relativité du temps tout à fait différente de celle propre à Einstein.

      Je ne saurais assez ergoter pour t’en donner une idée. Je t’inviterais plutôt à réfléchir cette approche (déiste) assez particulière du temps, fournie dans une tentative de réponse à une question posée anciennement par Dan : le Coran créé ou incréé ?!!

      Sympathie mutuellement partagée. smiley

      Mille mercis. smiley


    • Paradisial Paradisial 9 juin 2007 20:57

      Je m’absente jusqu’à demain soir. J’ai des sollicitations pour ce soir, demain matin je serais en pique-nique.

      Un grand bonsoir à la Belgique.


    • L'enfoiré L’enfoiré 9 juin 2007 21:29

      Paradisal,

      « On va pas rentrer dans des surenchères l’ami. »

      >>> Tout à fait d’accord. Comme tu as pris le temps de me répondre avec ton esprit et ton coeur, je ne pouvais pas manquer de le faire. En conclusion aux miennes, j’ai la faiblesse d’avoir confiance dans l’homme et à son sens de la conservation de l’espèce humaine (même si les événements montrent le contraire). L’homme n’est pas idiot fondamentalement et il trouvera son chemin en finale par lui-même. La philosophie c’est aussi cela avec un angle différent. L’amour, chanté, pensé, béate attitude ? Je suis un rêveur, peut-être. Mais ça j’y crois. On aura retrouvé alors par une autre voie, l’instinct de conservation perdu.

      « L’essai en question il est bien spéculatif, certes je n’aurais rien de tangible à apporter pour étayer ses idées. »

      >>> Sorry, je suis très pragmatique, très cartésien, très visuel. La spéculation, connaît pas.

      « ..expliquer le sens de la vie via la dualité. »

      >>> Il faut essayer toutes les éventualité d’explication. D’accord. D’autres confessions ont droit au chapitre aussi. De l’approche commune jaillira la vérité. Pluralisme d’idées.

      « L’essai ne parle nullement du Coran »

      >>> Je ne l’ai cité qu’accompagné à la Bible.

      « pourquoi ne sommes nous pas dans le paradis ? »

      >>> Tu n’as pas répondu.

      « Tu disais : » La richesse te semble importante« . Faux, au contraire. D’ailleurs je n’avais rien écrit dont puisse filtrer une idée pareille. »

      >>> Content de te l’entendre dire. Mais tu as utilisé le mot pour le paradis.

      « Le savoir est la parure du riche, tandis que la richesse est la parure du pauvre [Imam Ali]. »

      >>> Je suis persuadé de cela et pas de l’obscurantisme.

      « La dualité ... non virtuelle...est présente tout autour de nous. »

      >>> Oui, en société. Seul la conscience se résume à penser à survivre. Le monde on ne le limiterait qu’à son île. Je l’ai dit plus haut.

      >>>le temps propre à Einstein a été démontré et contredit par après. C’est cela la Science, elle progresse. J’adore la contradiction. Le temps est actuellement une dimension que le calcul essaye d’appréhender. Pourtant, il peut être remis en question.

      Tu vois cher ami, nous avons des chemins parallèles. Se retrouvera-t-on à l’infini ? L’infini n’est qu’un 8 bien penché... Mais il faudra arrêter ici, sinon on va lasser les commentateurs.

      Bien à toi,

       smiley


    • Paradisial Paradisial 10 juin 2007 12:15

      L’enfoiré,

      L’enfoiré,

      La citation de Léonard de Vinci « on ne doit appeler richesse les choses que l’on peut perdre » entend que la richesse est loin d’être matérielle, et que la vraie richesse dès que l’on l’acquiert on ne peut plus jamais la perdre (comme la culture, l’érudition, la science, l’expérience, la sagesse, la charité du cœur...), contrairement à toute les autres vanités matérielles que certains peuvent maladroitement prendre pour richesses, comme l’argent par exemple, que l’on peut perdre tout aussi aisément et rapidement que l’on les a acquises.

      La citation de l’Imam Ali « le savoir est la parure du riche tandis que la richesse est la parure du pauvre » (il m’a semblé que tu l’as lue littéralement, donc maladroitement) abonde dans le même sens, et le conforte davantage.

      Elle entend que le vrai pauvre n’est pas celui qui connaît l’indigence et le manque d’argent, mais est l’individu qui - lorsqu’il paraît en société - ne peut s’attirer la considération des gens et leur estime qu’en se parant par différents signes extérieurs de richesse (vêtements de luxe et/ou signés, bijoux ostentatoires, voiture d’ostentation, argent follement dilapidé et autres extravagances), et qu’en camouflant ses grandes misères intérieures par toutes sortes d’artifices (langage creux mais maniéré, voix solennelle mais fausse, discours intellectualisé mais insipide, torse bombé, accent de pacotille...). Alors que le vrai riche n’est pas logiquement celui qui serait millionnaire, mais est l’individu qui peut s’estimer riche par son éducation, par sa largesse du coeur cœur, par sa vertu, par sa culture, par sa science, par sa sagesse, par son ouverture d’esprit, par, par et par... et qui parvient à s’attirer l’estime de toutes les personnes qu’il rencontre sans qu’il n’ait besoin d’arborer quelconque signe extérieur de richesse.

      Dans ce sens beaucoup de pauvres sont fabuleusement riches, tandis qu’une grande majorité de ceux baignant dans l’opulence sont effroyablement miséreux.

      L’analogie utilisée par l’Imam Ali est plus forte et poignante que celle de Léonard de Vinci.

      L’essai nommé « Comment expliquer le sens de la vie via la dualité » lui aussi est plein d’analogies.

      Je disais en haut que la philosophie vise à partir de spéculations pour aboutir vers de raisonnables conclusions. Dans la philosophie on peut faire preuve de cartésianisme, d’empirisme (ce serait mieux) (d’ailleurs tous les deux sont impossibles à utiliser ici, puisqu’on parle d’intangible, à savoir l’au-delà), et de théorisation logique (mon essai se situe dans ce 3ième registre, c’était donc pas la peine de tenter de m’acculer en me demandant du tangible // ce aurait été plutôt plus intéressant de tenter d’en briser le cheminement logique).

      La spéculation de départ était la suivante :

      « Dieu, par toute sa majesté et puissance, aurait bien pu épargner à l’humanité tous les maux dont elle a toujours semblé souffrir, en plaçant - dès le début de la création - l’espèce humaine dans une sorte de paradis éternel, où régnerait une atmosphère de félicité perpétuelle, pure et parfaite. Mais la volonté et la sagesse divines décidèrent des choses autrement. Pourquoi ? »

      Que d’ailleurs on pourrait intervertir en une autre question alternative : « pourquoi ne sommes-nous pas dans le paradis ? » (question à laquelle tu avais cru que je n’avais pas livré de réponse).

      Très cher ami belge, la réponse venait juste par la suite (non loin du tout, après un court palabre qui aurait pu être évité), sous format d’une conclusion raisonnable, trop précoce (car livrée d’avance), posée au conditionnel (tout en étant rationnelle) :

      « La réponse qui s’imposerait d’elle-même, serait celle d’imaginer que l’Homme - placé ainsi, dès ses premiers jours, et éternellement, dans un tel paradis - ne saura jamais appréhender et estimer à leurs justes valeurs un tel Eden dans lequel il réside, la vie paradisiaque qu’il y mène, la félicité incommensurable qu’il y connaît, et toutes les faveurs par lesquelles Dieu l’a comblé. Quelle morale aurait-il pu tirer d’une telle existence, et quel sens aurait-il pu trouver à une telle vie ?!! Et surtout, aurait-il été à même de développer une quelconque conscience de tous ces éléments et de toutes ces questions ?! »

      Tout ce qui venait par la suite était une tentative de démontrer par la logique (et non pas par empirisme) le bien pensant de ladite conclusion en mettant l’accent sur la notion de dualité, d’abord en en livrant la définition (je ne suis pas certains que tu aies compris le concept de dualité, car tu sembles le limiter à celle opposant le bien au mal, alors qu’elle est largement au-delà) ; puis en en précisant le rôle et la façon par laquelle elle permet incontestablement la construction et le développement de la conscience (de soi et de l’environnement) (à ce titre, la métaphore de la lumière est très très poignante, quand on prend le temps de bien la lire, et quand on est à même de la décrypter) ; puis j’avais parlé des liaisons mettant en connexion intelligence, conscience, libre arbitre et dualité ; puis avais expliqué comment les natures endogènes et exogènes de la dualité nous rendaient responsables de nos actions et entreprises ; et exposé comment la vie de chaque individu d’entre nous pourrait ne se résumer qu’à une série interminable d’épreuves face à la dualité (exogène et endogène), puis avais conclu que le paradis et l’enfer n’étaient que les consécrations finales de ce tumultueux voyage que l’individu mène face à la dualité, sur ce long chemin vers la prise de conscience (qu’il nous appartient de rendre responsable ou pas, dominée par une propension ou par l’autre).

      Je recole la conclusion du départ :

      « La réponse qui s’imposerait d’elle-même, serait celle d’imaginer que l’Homme - placé ainsi, dès ses premiers jours, et éternellement, dans un tel paradis - ne saura jamais appréhender et estimer à leurs justes valeurs un tel Eden dans lequel il réside, la vie paradisiaque qu’il y mène, la félicité incommensurable qu’il y connaît, et toutes les faveurs par lesquelles Dieu l’a comblé. Quelle morale aurait-il pu tirer d’une telle existence, et quel sens aurait-il pu trouver à une telle vie ?!! Et surtout, aurait-il été à même de développer une quelconque conscience de tous ces éléments et de toutes ces questions ?! »

      Si nous aurions été créés et placés dès les premiers jours dans un paradis éternel, nous n’aurions été que des légumes végétant dans un paradis, sans quelconque conscience de quoi que ce soit (là encore nous pourrons faire la translation avec la métaphore de la lumière, elle est toujours toute aussi poignante, il faudrait juste remplacer « l’espace confiné » par une autre image différente). Passer par un monde dualiste devrait cultiver en nous la conscience (de soi et de toute chose). Mais dès lors que nous devenons des êtres conscients nous en devenons au même titre des êtres responsables ; du coup, la destination des gens responsables et irresponsables (sur le chemin vers la maturité) devient elle aussi duelle (dualiste) (par pur esprit de justesse et de justice suprême) : quiconque fait le bien (en toute circonstance) le retrouvera, et quiconque fait le mal le retrouvera (mettre le juste et l’injuste sur le même pied d’égalité serait une injustice envers le juste, une mauvaise reconnaissance de la justice, et une tolérance abusive envers l’injustice).

      Mon ami je suis loin d’être non cartésien et irrationnel. Accepter tout ce qui a précédé serait difficile à envisager lorsqu’on n’est pas déiste. Trouver Dieu, dans une démarche rationnelle et selon un esprit cartésien, est tout à fait possible ; mais ceci est un autre registre, et toute une autre histoire.

      Je concluerais en disant ceci :

      • Nous sommes tous des enfants de la terre, notre corps est de la poussière d’étoile, la planète est notre mère, notre berceau, notre tapis, notre lit et notre futur tombeau.
      • Notre corps est une barque pour une âme en voyage vers une résidence éternelle, pour laquelle nos actes sont notre passeport.

      Salutations pleines d’estime au belge et à la Belgique smiley smiley

      Je sors pique-niquer (j’y vais très en retard, j’avais veillé assez tardivement hier).

      Bon Dimanche

      A propos, le temps n’existe pas, smiley mais ceci est une autre histoire. smiley


    • Paradisial Paradisial 13 juin 2007 12:41

      En sioniste athée que tu es, évoquerais-tu par ce le martyre de plusieurs centaines de libanais sous le napalm israélien ?!!


  • haddock 9 juin 2007 20:00

    On a connu un soufi qui en avait jamais assez.


  • JL JL 10 juin 2007 00:03

    « Il existe une catégorie assez nombreuse d’hommes honnêtes mais faibles qui, trop intelligents pour prendre les dogmes chrétiens au sérieux, les rejettent en détail, mais n’ont pas le courage ni la force, ni la résolution nécessaire pour les repousser en gros… ils se cramponnent avec désespoir à l’absurdité principale, l’existence de Dieu. (mais) Leur Dieu n’est point le Dieu brutalement positif de la théologie.. C’est un Etre nébuleux, diaphane, tellement illusoire, que quand on croit le saisir, il se transforme en néant… Dans la vie publique, ils s’appellent les socialistes bourgeois. Aucune discussion avec eux ni contre eux n’est possible, ils sont trop malades » (Bakounine, "Dieu et l’Etat, ed. Mille et un nuits)

    La seule chose de vraie dans les religions comme dans les superstitions, magies et toutes ces diverses croyances indémontrables, c’est le cérémonial, la pompe, la liturgie, le rituel, …

    Quand un prêtre évoque les « brebis égarées », ne vous y trompez pas : il ne montre pas les esprits forts, les athées, non, il désigne ceux-là même qu’a si bien décrit Bakounine dans de très belles pages que j’ai tenté de résumer ci-dessus pour mon propos. Il n’y a pas de place chez Bakounine pour des croyants non pratiquants.


    • JL JL 10 juin 2007 00:04

      Mais comme dit G. Brassens, ou plutôt Blaise Pascal : « faites semblant de croire, et bientôt vous croirez ».

      Bakounine, encore lui écrit : "Il est une catégorie de gens qui, s’ils ne croient pas, doivent au moins faire semblant de croire. Ce sont tous les tourmenteurs, tous les oppresseurs, et tous les exploiteurs de l’humanité. Prêtres, monarques, hommes d’Etat, hommes de guerre, financiers publics et privés, … (j’en passe), jusqu’au dernier vendeur d’épices, tous répéteront à l’unisson ces paroles de Voltaire :

      « si Dieu n’existait pas, il faudrait l’inventer ». Car, vous comprenez, il faut une religion pour le peuple. C’est la soupape de sureté".


    • pixel pixel 10 juin 2007 01:17

      JL Vous évoquez des références, il serait bien plus profitable de’argumenter par vous même.Se réfugier dérriére des auteurs connus n’apporte pas une caution à vos assertions, sauf à leurs accorder une véracité qui deviendrait quelque peut métaphysique.


    • JL JL 10 juin 2007 07:56

      @ Pixel, vous ne m’avez pas lu, ou alors vous n’avez pas compris. Il est vrai que dans ce dans ce domaine, les croyants sont inépuisables, et les athées perdent leur temps.

      Quand Bakounine dit « Aucune discussion avec eux ni contre eux n’est possible, ils sont trop malades ». Il parlait de ces gens pour qui Dieu n’est « ni fait, ni à faire », ceux que j’ai désigné par « les brebis égarées », les cibles préférées des prosélytes. Je vous les laisse.

      Je vous laisse aussi cette citation : « Tout discours sur Dieu qui n’est pas d’adoration est un discours vain ». Cela devrait nous mettre d’accords, et clôt la discussion.


    • Jason Jason 10 juin 2007 12:20

      @ JL

      Je partage entièrement vos propos. J’y ajouterai quelques mots.

      Il n’y a pas d’arrière-monde, comme le souligne à bon escient Michel Onfray. Pas de paradis, de purgatoire, d’enfer, etc. Ces lieux hypothétiques n’appartiennent qu’à l’imaginaire. Leur représentation picturale ou littéraire relèvent d’une tradition, ce qui est un fond de commerce comme un autre.

      Voulez-vous la preuve que dieu n’existe pas ? Regardez l’humanité.

      Les Eglises, religions, qui s’insinuent dans toutes les étapes de la vie ne sont que de gigantesques entreprises de marketing, politique, social, économique, aux ambitions démesurées. Je suis étonné qu’on discute encore sérieusement de telles foutaises aujourd’hui. Et qu’il y ait encore autant d’esprits faibles pour y croire.


  • Philippakos Philippakos 10 juin 2007 09:06

    Bon, je vois que parler de Paradis fait dériver dans le débat religieux, avec les croyants et les antireligieux... débat où chacun tente de convaincre l’autre des bienfaits de la foi où de l’absurdité des religions. Alors je vous donne mon point de vue, en tant que non religieux (même pas baptisé) qui a un peu réfléchi sur le phénomène, bien qu’étranger pour lui.
    - Force est de constater que tous les peuples possèdent une religion, et ceci depuis le début des temps. L’absence de religion est entièrement contemporaine et ne touche qu’une infime minorité de citoyens de par le monde. Au lieu de le regretter demandons-nous plutôt pourquoi.
    - Il semble exister chez l’homme un désir profond d’irrationnel qui a tendance à diminuer en Occident sous l’effet d’un cartésianisme efficace et producteur. Cet irrationnel vient contrebalancer le pragmatisme, comme si l’esprit humain possédait deux domaines complémentaires, et que les deux doivent s’exprimer pour que l’esprit accède à un équilibre. Le religieux prend beaucoup de place chez le premier. Mais quand ce n’est pas le religieux, c’est le politique (Marx promet un monde proche du Paradis aussi), ou toute autre forme d’idéologie qui n’a de sens que si elle reste à l’état d’abstraction. C’est ce qui a tué le communisme, la confrontation à la réalité qui ne faisait guère rêver. Savoir si les religions ont raison ou tort me semble un débat dépourvu de sens. Aujourd’hui, en occident, les religions sont presque toujours du côté du pouvoir (ce qui les rend très antipathiques aux yeux de certains) mais ce n’est pas le cas partout et elles peuvent même représenter une grande force antidictatoriale (Don helder Camara au Brésil, pendant les années 1980, comprenait, encourageait presque, le vol de nourriture pour ceux qui avaient faim. Au Brésil, la religion, ainsi qu’une frange de l’armée, représentaient les principales forces d’opposition à la dictature de l’époque. De quoi laisser certains songeurs). Combien de citoyens ont péri en exprimant des croyances réprimées ou interdites. Profitons de ce qu’aujourd’hui la croyance religieuse n’est plus synonyme de pouvoir pour laisser ceux qui ont la foi (tout le problème est là : la foi) l’exprimer librement en faisant toutefois attention à ce que, persuadés d’avoir raison, ils n’en déduisent pas immédiatement que les autres ont tort et ne cherchent alors à les convaincre. Voilà la règle de base : la tolérance qui exclut le prosélytisme. Chacun pense ce qu’il veut... et n’a pas forcément tort, à défaut d’avoir toujours raison.


    • JL JL 10 juin 2007 11:00

      Je n’en attendais pas moins, que cette petite mise au point de la part de l’auteur.

      D’accord en gros avec cette dernière intervention. Mais alors, que cherchez vous en abordant un sujet aussi polémique ?

      C’est un rabin qui a dit :« Tout discours sur Dieu qui n’est pas d’adoration est à exclure ». Et je l’approuve. Votre discours, si j’ai bien compris, n’est pas d’adoration ?

      à Agoravox : je suppose que les discours d’adoration ne sont pas publiés sur AV, mais les discours déguisés (avoués ou non) peuvent passer, et celui-ci en est la preuve ?


    • Paradisial Paradisial 10 juin 2007 12:18

      Philippakos,

      Attester de l’existence de Dieu est loin d’être irrationnel. On pourrait parvenir à cela par pur esprit cartésien, et même par empirisme (sans craindre de m’hasarder en le disant).

      Je sors piquer-niquer (non pas pour éluder un échange, mais parce que le vélo est sacré chez moi le dimanche).

      Salut


    • JL JL 10 juin 2007 18:38

      Ce que les mots veulent dire : «  »Attester de l’existence de Dieu «  » c’est faire un faux témoignage. smiley


    • Paradisial Paradisial 13 juin 2007 12:53

      JL,

      Absolument pas. Ce serait l’athée plutot qui ferait preuve d’aveuglement et d’autisme.

      Pour t’en rendre compte, je t’inviterais à lire deux fabuleux ouvrages : Le Miracle de La Création ainsi que Les Miracles de l’Atome, en cliquant sur ce lien Comment retrouver Dieu sous le Prisme de la Science, dans lequel vous retrouverez de nouveau la fabuleuse Parabole de la Lumière, réinvestie de toute une autre manière. smiley


  • Philippakos Philippakos 10 juin 2007 19:10

    Je ne vois pas en quoi le sujet est polémique. Je crains que ce soit certains lecteurs qui le rendent ainsi. L’intérêt de l’article était de voir comment on peut représenter ce qui reste une abstraction, et de voir comment les représentations d’une entité spirituelle pouvaient être un obstacle à l’imagination. Loin de moi l’idée de polémiquer sur les religions elles-mêmes.


    • L'enfoiré L’enfoiré 10 juin 2007 20:30

      @Philippakos (et partiellement à Paradisial),

      Je te remercie pour avoir remis les pendules à l’heure très intelligemment ;

      Ton sujet, tu devais t’en douter devait à un moment ou un autre « déraper » ou plutôt s’« extrapoler ». Il n’y a pas eu vraiment polémique. Ce que chacun n’a pas voulu manifestement. Je félicite Paradisial pour cette sagesse et son calme. Je ne continuerai pas la discussion car comme je le disais cela risque de ne jamais finir, être vain et de déplaire complètement le fil.

      D’autres conversations du genre ont été bien plus pourries. Pour moi, il était important de connaître les réactions vues par une autre voie que celle du chrétien auquel je m’étais déjà frottées.

      J’ai eu un autre article qui s’appelait « Le miracle, c’est d’y croire » qui suivait une émission télé. Les commentaires ont été francs et recherchant la compréhension ou la persuasion. Le final a été l’intervention des évêques de Belgique qui était bien moins gentil et compréhensif.

      Comme je l’ai dit, chacun, pour peu qu’il ait réfléchit dans sa vie, a des idées inflexibles. Il y a des exemples célèbres de revirement (comme Liszt) mais pas tellement.

      C’est une question d’éducation, d’environnement et d’expérience. Chacun a les siens et chacun aura son chemin dans le respect des autres et de lui-même.

      Il est dommage qu’il n’y ait pas plus de Phillippakos et de Paradisial. Il y aurait beaucoup moins de problèmes.

      Les extrêmes sont malheureusement, même minoritaires, sont beaucoup trop audibles.

      Merci à tous, ici, pour les opinions tranchées et constructives. Il y a des moments où les comparaisons doivent se faire et les différences se comprendre. Le progrès de l’homme est dans cet exercice.  smiley


    • Paradisial Paradisial 12 juin 2007 00:36

      L’enfoiré,

      Je te remercie pour ton appréciation élogieuse ; certains pourraient la retrouver très imméritée. Moi non plus je ne saurais m’évertuer à la considérer méritée.

      Je ne suis pas toujours si sage, il m’arrive d’aller vers l’insolence quand on sait m’y conduire (souvent en gardant un brin d’humour) ; une manifestation de la dualité certainement. smiley

      Ami belge, ta largeur du coeur me touche.

      Je salue ton grand esprit et l’allégresse de ta plume (avec son sens si fin de la formule et de la nuance), qui abondent aussi plaisamment sur Agoravox que votre sourire si serein et débonnaire.

      Le profil dressé en haut de l’homme riche vous irait à merveille. Tu impose plein de bons sentiments.

      Toute mon estime au Belge et à la Belgique

      Philippakos,

      Veuillez m’excuser d’avoir omis de vous féliciter pour votre article ; il est de très bonne facture, et juxatopose bellement l’opinion évolutive de la société occidentale quant à la représentation du paradis avec la vision que vous avez (personnellement) et de l’art (de par votre métier) et de l’attitude de l’homme avec la religion (de par votre vision proprement athée).

      J’étais l’un de ceux qui votèrent positivement à ce bel article. L’opposition des regards n’induit pas forcément des intolérences. smiley

      N’est-ce pas Le Belge ?! smiley

      Merci encore à vous deux. smiley


  • pixel pixel 10 juin 2007 19:39

    La représentation iconographique des concepts religieux en occident à suppléé à l’illétrisme. L’enjeux de ces représentations n’était pas de développer l’imaginaire mais d’enrôler des fidèles.


  • elevergois 10 juin 2007 21:34

    Je m’interessse de très près à cette question (disons comme poète si vous voulez ), et, après bien évidemment avoir lu les trois tomes que J. Delumeau a consacrés a cette question (Une histoire du paradis), j’ai parcouru le « Convivio » de Dante, et puis comme par hasard, je suis tombé sur une phrase de l’écrivain Ennio Flaiano qui dit ceci, à propos du dernier vers de la Divine Comédie : « L’amour qui meut le ciel et les autres étoiles » : à travers cette phrase, (écrit Flaiano), je vois plus loin qu’à travers le téléscope de Galilée. Nous sommes sans doute très loin des théologiens et mystiques du Moyen-Age, mais j’ai souvent été tenté, en considérant jusqu’à quel niveau certains religieux se sont élevés, ( pensez aussi à l’incroyable et fulgurant plaidoyer de Boèce dans sa prison , ou encore à certain textes de Plotin pour moi magiques), de penser que nous sommes vraiment en panne du côté de la spiritualité. Et je ne suis pas à proprement parler un croyant. Seulement, je finis par penser, comme René Guénon, que l’évolution de nos sociétés nous fait courber l’échine devant les valeurs les plus matérialistes qui soient. Je livre d’ailleurs cette anecdote professionnelle à votre sagacité : Un jour que je voulais étaler un peu ma science devant mes étudiants, je cite (pratiquement mot pour mot) une observation du grand logicien du langage A.V. Quine et je leur dis ceci : il y a des mots qui continuent à vivre dans la langue sans qu’on éprouve plus du tout le moyen ou l’occasion de débattre de ce qu’ils signifient, ce sont des mots qui survivent à certaines époques, mais nous ne les employons pas tous les jours comme dans les siècles passés, sans nous représenter leur caractère vieilli, prenez le mot « âme » par exemple...Un OURAGAN DE PROTESTATIONS a tout à coup balayé la salle : « comment donc pourrais-je continuer mes études de chant, sans une âme ? » me dit l’un ; « et moi qui consacre ma vie au violon, sans mon âme, que suis-je donc ? » et puis, comme tout le monde protestait avec des accents de pays différents, il y a eu un silence, et mes étudiants se sont tournés vers leur amie chinoise assise en bout de table, attentifs et anxieux, pendant qu’elle cherchait sur son dictionnaire-calculette électronique si quelque chose réagissait au mot AME. « Oui, j’ai ça,dit-elle, c’est écrit ici ! » Cri de triomphe de tous les autres : « Vous voyez bien, votre exemple est mal choisi, trouvez un autre mot, âme ça ne marche pas ! ». Un jeune sociologue italien a bien fait remarquer qu’on peut rester au minimum trois ans devant les programmes de la télévision sans qu’un débat sur l’âme y apparaisse, mais le groupe était trop content de sa victoire sur le prof. Admettons. Seulement, je suis resté très perplexe devant cette jeunesse qu’on nourrit de sottises et de jeux video à gogo et qui en redemande à cor et à cri si on parle tout à coup d’un mot qu’on croyait perdu. Bien évidemment, je n’entends pas soutenir par là l’existence de l’âme chrétienne, mais décrire leur réaction à mot contenant, disons, une part d’infini personnel. Ils auraient pu l’écarter d’un revers de la main, ils ne l’ont pas fait. Bizarre... Cela m’amène à votre débat sur l’irreprésentabilité du paradis : je ne sais pas si un tableau détaillé peut offrir une vision réaliste ou pas,a priori ce genre de fresque ou de figures pour cathédrales avait une vertu plus pédagogique qu’autre chose, il semble facile de condamner « au nom de la Raison » des mises en scènes de la béatitude, qui, par définition, si elles se trouvent ailleurs, ne sont pas ici bas. Seulement, ça n’empêche pas le XIII siècle et son incroyable floraison intellectuelle, ni l’existence insistante du sacré dans pas mal d’oeuvres qui importent à la formation de l’esprit, et qui jusqu’à il n’y a pas longtemps, étaient citées sans honte par rapport aux théories du bonheur pour tous qui ont fait du xx siècle une épouvantable boucherie (inutile de les nommer, le lecteur fera sa liste personnelle). Nous n’avons plus de paradis représentable,(nous avons encore des peintres d’autrefois qui nous proposent d’entrer dans leur pensée, ça n’est pas si mal) mais on peut songer que la recherche personnelle (à l’écart, et pas à coups de canon) de quelque chose comme un « paradis » apportera à certains, en chemin, en réfléchissant aux notions qu’il faut manipuler, de quoi traiter les autres hommes avec des sentiments moins superficiels et sans pratiquer cette cruauté quotidienne du monde moderne qu’on glorifie à tour de rotatives jour et nuit, et dont l’horreur quotidienne fait froid dans le dos. Il est à noter, par ailleurs et dans un tout autre domaine, que c’est après avoir tout perdu, tout laissé derrière soi, que l’écrivain (Dante est un exemple frappant)peut commencer à écrire ce qui lui tient le plus à profondément à coeur. Cela pourrait confirmer l’aphorisme de Proust (cette phrase me hante) : « les vrais paradis sont les paradis qu’on a perdus ». Je pense, que personnellement, je vais écrire sur ce sujet (voilà un exemple de « making of », comme on dit) à partir du nocturne N°4 et du N° 16 de Chopin, qui me transportent de...(joie ? je ne sais pas comment dire) à partir de pasages des Fragments de Novalis, d’un visage d’une fresque de Piero della Francesca qui, avant sa restauration,(heureusement il reste les photos) présentait l’avantage un peu surréaliste d’avoir la forme d’une céramique brisée et comme flottant dans l’air. Voilà, dans mon imagination ce sera un peu comme les photogrammes superposés d’Abel Gance, et tout cela, non pour représenter nommément le paradis, mais les « merveilleux nuages » d’un pays qui m’est cher. Les nuages d’un pays et d’un « paradis » que j’ai perdus, bien évidemment.elevergois


    • L'enfoiré L’enfoiré 11 juin 2007 15:28

      @Elevergois,

      Je te remercie pour ce témoignage très révélateur.

      Je me suis souvent demandé, si le jeune (et le moins jeune) avaient moins de problèmes pour exister (aujourd’hui et hier) et si le paradis ferait tant recette.

      Car il fait de plus en plus recette, c’est incontestable. Sciences et Vie en 2005 montrait clairement que les religions montaient en puissance.

      Etre bien dans sa peau est devenu le problème majeur de notre époque. Les antidépresseurs sont la première étape avant le recours à des idéologies moins objectives ou moins indépendantes qu’il n’y parait.

      Je n’ai pas voulu pousser le bouchon plus loin dans la discussion, mais, il faut constater que, souvent, les « extrêmes » sont précédées de beaucoup d’étapes bien pacifiques. Le mot « intégrisme », je n’aime pas utiliser car être « être intègre » est une qualité.

      Mais, j’en ai déjà trop dit. Donc, je me retire sur la pointe des pieds. smiley


  • JL JL 11 juin 2007 07:14

    Elevergeois, vous faites là un commentaire on ne peut plus constructif, dans tous les sens du terme.

    J’aimerai vous proposer la réaction qu’elle suscite en moi :

    « L’homme n’est ni ange ni bête, mais qui veut faire l’ange fait la bête » a dit Blaise Pascal.

    L’auteur écrit : «  » D’abord remarquons que toutes les religions possèdent un paradis, ou équivalent. Dans le cas du christianisme, il est de deux natures, terrestre et céleste«  »

    En attribuant à Dieu ce qu’il y a de divin dans l’homme, on l’asservit au rang de la brute parce que, au contraire de l’animal, il n’a pas d’instinct salvateur. C’est pourtant ce que font toutes les religions, c’est leur fond de commerce et le paradis est leur affiche publicitaire.


  • elevergois 11 juin 2007 22:05

    Ah, ben dites donc, comme comité de bienvenue, c’est charmant chez vous ! - l’un me traite de crypto-calotin rampant, et l’autre de suppôt de l’intégrisme néo-lefevriste, et encore je me limite aux premières conclusions de l’enquête. Le diable m’emporte si je sais qui je suis ! disait Diderot. Et ce que j’en ai à faire est pire encore : faulkner ne disait-il pas qu’il était le fils d’une femme noire et d’un alligator ?? Effectivement, je ne comprends pas la logique d’une psittacitation tronquée de Pascal passée au Moulinex confrontée à mon papier, mais j’avais prévenu dans le texte - pas méchant, celui-là - que je suis poète à mes heures. Race irritable disait Rimbaud et il n’était pas le premier.Ni le dernier si vous continuez à me lire. Je ne suis pas croyant non plus, c’est AUSSI dans mon texte. Vous n’avez pas fait le choix entre lire le savoir et savoir lire, mais c’est trop tard. Donc, selon vous, je me vautre dans la nouvelle boue sauce piquante qui est le divin-bestial. Ca intesserait Pastoureau votre machin, en tout cas ça se marie bien avec la salade. Bigre, alors rugissons : je suis sans doute une bête plus basse et plus vile que l’homme pour être un lecteur de Dante (c’est d’ailleurs plein de bêtes fauves et de trucs pas croyables, ce texte, saviez pas ?), et pis Dante était un banni de sa terre natale, comme moi, et d’une. n’ai aucun respect pour les arracheurs de Dante, tous menteurs, et je ne travaille pas non plus avec un livre de citations sur les genoux ou dessous pour paraître plus grand que je ne suis. Ecrire est mon boulot depuis toujours, et de deux. J’ai tendu moi aussi des cordes de clocher à clocher, mais je n’en ai pas du tout l’esprit dudit clocher ou minaret ou sanctuaire ou tabernacle d’aucune sorte, et de trois. Sachez, augustes censeurs qui prenez le pirée pour un homme comme dans la fable, que vous êtes véhémentement soupçonnés de vous entrelarder les uns les autres à coups d’ouï-lire et d’anti-sèches et autres confidences des pages rosses du larousse glanées dans des lits de hasard (c’est du Ferré,ça, m’sieur Bakhounine) et que je n’écris pas souvent -ça doit faire trente ans - pour le plaisir solitaire, nocturne et adolescent de me relire en douce.Mais pour soixante signes sur vingt-cinq, contre des éloges ou des sous, mais pas des claques. Adieu donc, agoravorax, je retourne à mes chères études et à mes chers étudiants (et leurs tonnes de bouquins) pour commettre le péché de chaire où j’en saigne. Ils auront une description furibarde de ce site de lapidation désorganisée, kärcherisible et voxiféroce à un point qui n’était pas mentionné, ni sur l’étiquette ni sur le gourdin de Guignol - que vous maniez avec une agilité étourdissante. D’ailleurs, question « éthiquette »...bon,je préfère m’en tenir là. Je suis sidéré, outré, vexé, humilié, par le style de boxe française de ce site. Et vous salue chapeau bas tous et toutes, avec toutes mes excuses de m’être fendu d’un papier sérieux où j’ai mis gratuitement les pulsations de mon coeur et l’ardeur de mon sang. Merci encore.


    • JL JL 11 juin 2007 22:40

      Elevergois : «  » l’un me traite de crypto-calotin rampant, et l’autre de suppôt de l’intégrisme néo-lefevriste«  »

      Mais où donc avez-vous lu cela ? quelles est cette magie ? Je n’ai lu que deux commentaires à votre intervention, le mien et celui de l’enfoiré, et tous deux positif. Expliquez vous svp.


  • mcm 12 juin 2007 00:41

    @Philippakos,

    je suis venu voir quelques représentation du paradis, je n’y ai vu que l’enfer des coraneries d’un musulman trop géné pour nous dépeindre le paradis islamique.

    Lequel paradis islamique, consiste en valeureux martyrs et guerriers qui reçoivent chacun 72 vierges pour forniquer avec elles comme des bouc, plus quelques éphèbes pour les travaux domestique et/ou quelques services plus intime.

    Le paradis chrétien est totalement chaste, il n’y a là bas ni femmes, ni hommes, les esprits libres et asexués flottant dans les délices de paix, d’amour et d’harmonie universelle.

    En gros on peut comparer le paradis chrétien à un immense jardin d’enuques et celui mahométan à une gigantesque maison close.


    • Paradisial Paradisial 12 juin 2007 21:47

      Moncef Christian,

      La pureté est le pouvoir de contempler la souillure. smiley C’est pour cela qu’il m’arrive des fois de tarder à réagir à tes inanités. smiley

      J’avais tardé à répondre aux diatribes que tu émettais dans le fil de discussion conséquent à un autre article, pour des raisons qui me sont propres, aussi n’as tu trouvé de distrayant que de continuer ton invective en me suivant à la trace. C’est charmant, je ne t’en veux pas.

      Que tu exagères lorsque tu m’accuses d’étaler des coraneries. Dans toutes les contributions que j’ai apportées ici sur ce fil il n’était nullement question de parler du Coran. Je te conseille de consulter un ophtalmologue ; c’est à peine si j’avais évoqué deux versets coraniques.

      L’objectif premier de mon intervention était de tenter de partager une réflexion touchant à une question existentielle, pouvant être partagée tant par l’homme déiste que par celui athée, à savoir : pourquoi ne sommes nous pas dans le paradis ?

      J’avais tenté d’y répondre via une autre sorte d’interrogation, à savoir : comment expliquer le sens de la vie via la dualité ?

      L’orientation de ma réponse a été entièrement allégorique, se basant sur pas mal d’analogies.

      J’aurais pu l’étayer invariablement soit par des références coraniques, soit par des références bibliques, ou en faisant une juxtaposition des deux, mais je m’en suis abstenu, car je savais pertinemment que le lectorat ici est plus athée que déiste. Et mon approche se voulait partiellement philosophique que purement théologique.

      La concentration de ton dénigrement à connotation fort sexuelle sur le regard que les uns et les autres pourraient avoir du paradis dénoncerait des frustrations personnelles dont tu souffres, tels des sortes de points d’ancrage sur lesquels s’implanteraient toutes les hantises de ta psychée. En plus de l’ophtalmologue, je te conseillerais de consulter un psychiatre sexologue.

      Heureusement que tous les croyants ne font pas comme toi, et n’ont pas une telle perception sexuelle du paradis.

      Voilà 1400 ans que l’Islam existe, et ses rangs vont sans cesse grandissant, on ne puit dire que les musulmans sont musulmans parce qu’ils aspirent à un paradis libidinal, comme tu voudrais incidieusement insinuer, et de plus via les guerres et les martyrs, pfffffff.

      Je te conseillerais un neurologue aussi. Tu disjoncte complètement.

      L’Homme musulman ne s’estime sur cette terre que comme un agriculteur : ce qu’il sèmera ici-bas il le récoltera dans l’au-delà. S’il sèmerait du bien, il le retrouvera, infiniment et indéfiniment décuplé, s’il sèmerait du mal, pareillement, il le retrouvera, effroyablement et éternellement décuplé.

      Jésus lui aussi insinuait cela (l’homme attendant le jour du jugement n’est qu’un cultivateur vivant une saison sur terre // le semeur récolte plus que ce qu’il n’a semé) :

      Marc 4:26-32

        26 Il dit encore : Il en est du royaume de Dieu comme quand un homme jette de la semence en terre ; 27 qu’il dorme ou qu’il veille, nuit et jour, la semence germe et croît sans qu’il sache comment. 28 La terre produit d’elle-même, d’abord l’herbe, puis l’épi, puis le grain tout formé dans l’épi ; 29 et, dès que le fruit est mûr, on y met la faucille, car la moisson est là. 30 Il dit encore : A quoi comparerons-nous le royaume de Dieu, ou par quelle parabole le représenterons-nous ? 31 Il est semblable à un grain de sénevé, qui, lorsqu’on le sème en terre, est la plus petite de toutes les semences qui sont sur la terre ; 32 mais, lorsqu’il a été semé, il monte, devient plus grand que tous les légumes, et pousse de grandes branches, en sorte que les oiseaux du ciel peuvent habiter sous son ombre.

      Luc 13:20-21 (tout y décuple)

        20 Il dit encore : A quoi comparerai-je le royaume de Dieu ? 21 Il est semblable à du levain qu’une femme a pris et mis dans trois mesures de farine, pour faire lever toute la pâte.

      Tout y décuplera, dans l’intensité et la beauté. Mais toi, de tout les délices terrestres et paradisiaques, tu ne fais une fixation que sur tes frustrations.

      Quant au fait de parler de 72 vierges, le Coran n’y fait nullement mention, ni ne parle de vierges dans le sens propre du terme, ni davantage n’énumère de chiffres, mais fait allusion à des houris, une sorte d’êtres paradisiaques immaculées (je reviendrais à cela si nécessaire, dans un post à part, si une personne demanderait davantage de détails), ni ne parle d’éphèbes sexuels (comme tu essaies de le faire croire), mais de « ghilmane », càd des serviteurs (eux aussi paradisiaques, dont l’identité et les traits ne pourraient être qu’inconnus) dans le sens littéraire et littéral du terme (ce n’est que dans le christianisme que l’on retrouve de l’antropomorphique à l’égard et de Dieu et des anges, qui s’introduit d’ailleurs dans les concepts de substanciation, et qui donna naissance entre autres aux discours stériles relatifs au sexe des anges). smiley Je trouve - intellectuellement parlant - peu intégre de ta part de te réfèrer à des hadiths faibles, et à de si mauvaises traductions et à de si vils détournements de langage.

      Je te trouve assez drôle quand tu déclares que :« Le paradis chrétien est totalement chaste, il n’y a là bas ni femmes, ni hommes ». Je ne sais pas sur quelles références tu t’es basé. Serait-ce d’ailleurs pour cela que l’on les illustre l’art religieux nus smiley se couvrant à peine d’une feuille de vigne. smiley Quant aux anges, tu connais déjà l’image. smiley

      Ahh, tu parlais de 72 vierges, fort absentes du Coran, alors que tu omettais de remarquer ces versets présents dans le Nouveau Testament :

      Matthieu - Chapitre 25 (je te laisse le soin de lire le contexte et les sens des paraboles livrées dans l’ensemble du chapitre)

        1 Alors le royaume des cieux sera semblable à dix vierges qui, ayant pris leurs lampes, allèrent à la rencontre de l’époux. 2 Cinq d’entre elles étaient folles, et cinq sages. 3 Les folles, en prenant leurs lampes, ne prirent point d’huile avec elles ; 4 mais les sages prirent, avec leurs lampes, de l’huile dans des vases. 5 Comme l’époux tardait, toutes s’assoupirent et s’endormirent. 6 Au milieu de la nuit, on cria : Voici l’époux, allez à sa rencontre ! 7 Alors toutes ces vierges se réveillèrent, et préparèrent leurs lampes. 8 Les folles dirent aux sages : Donnez-nous de votre huile, car nos lampes s’éteignent. 9 Les sages répondirent : Non ; il n’y en aurait pas assez pour nous et pour vous ; allez plutôt chez ceux qui en vendent, et achetez-en pour vous. 10 Pendant qu’elles allaient en acheter, l’époux arriva ; celles qui étaient prêtes entrèrent avec lui dans la salle des noces, et la porte fut fermée. smiley smiley

      Je devrais peut-être revenir plus tard sur la notion de « Houri ». En tout cas ce que je puis te dire, tous les prêtres se convertissant à l’Islam ne le font pas pour avoir une délivrance libidinale, pas plus que les autres chrétiens ordinaires (qui ne se vouèrent pas au monachisme). En embrasse l’Islam non pas à cause de houris, ni à cause du Paradis, mais par conviction en la nature simple et rationnelle de ses dogmes :

      • unicité parfaite, que ne polue aucune notion de consubstancialité ;
      • aucune culpabilité originelle ; tout le monde nait avec un registre blanc, ne supportant aucun pêché imputé à un ancêtre ;
      • le salut est tributaire du parcourt de l’individu dans sa vie terrestre ; chacun ne sera responsable que de ses actions propres, dont il aura à rendre compte ;
      • Dieu est un, son message reste un : le même révélé par l’ensemble des prophètes ; l’islam est leur orthodoxie commune
      • Jésus est reconnu comme l’un des illustres messagers de Dieu ; malgré le caractère miraculeux de sa naissance, il reste un messager adamique pareil que tous les prophètes.

      Voilà un cadeau : smiley

      Par quoi tous ces gens furent-ils convaincus ?!!!


    • Paradisial Paradisial 13 juin 2007 12:35

      Seb59,

      A supposer que Aïcha se soit mariée à l’âge de 11 ans, tu pourrais consulter un essai intitulé Accusation de Pédophilie, qui évoque - entre autres - certains détails, comme : l’âge minimum de mariage tel que rapporté dans le Talmud, deux histoires d’incestes (il y en a à foison dans la Bible) liées à Abraham [l’histoire des hébreux commence par un inceste] et à Moïse [et s’affirme] (que le Salut de Dieu soit sur ces deux prophètes, et à Dieu ne plaise que de telles histoires soient vraies) et pleins d’autres dérives (émanant certainement que des scribes) entachant l’histoire biblique....

      Il faudra corriger l’âge de mariage d’Aîcha évoqué dans ledit essai rétrospectif.

      Le prophète Mohammad (que le Salut de Dieu soit sur lui) épousa Aïcha alors qu’elle avait 17 ans.

      Cela peut être académiquement démontré.

      Si tu sais lire l’anglais, en voilà la démonstration : smiley

      Réponse : 17 ans. C’est historiquement et académiquement parlant irréfutable. Je traduirais un jour ladite page en français, rien que pour te rendre service. smiley


    • Paradisial Paradisial 13 juin 2007 15:45

      Seb59,

      Tes sources objectives se sont les hadiths faibles, tandis que les institutions faisant la réfutation académique, technique et historique de tels hadiths (peu fiables) eux te paraissent - par contre - douteux.

      T’es libres de tes choix, et de tes mauvaises lectures.

      L’IIIE est un institut américain islamique, qui publie des notes de haute qualité, et non pas une association de pacotilles.

      Visiblement tu lui préfèrerais les idées éclairantes de charlatants obscurantistes, pour étayer ta haute culture du néant.

      Apparement tu n’as rien cerné du document traitant de façon académique de l’âge de mariage d’Aicha, ni de celui parlant de jihad.

      finalement ce ne serait pas un seul texte que j’aurais à traduire, mais deux.

      Je te remercie pour le second lien, intéressant lui aussi (je l’insère désormais dans la liste des contenus à traduire).

      Lekh toda dowdy. smiley

      On ne convainc pas les aveugles, qui lisent mal, et qui préfèrent se gaver d’amalgames et de mauvaises références.

      Il n’y a pas de lapidation, ni de mise à mort de l’apostat dans l’Islam, mais au judaïsme si, c’est indiqué noir sur blanc.


    • Paradisial Paradisial 13 juin 2007 17:38

      En faisant allusion aux aveugles qui se nourissent d’amalgames et de racourcis, ton apparation ne pouvait être plus opportune. smiley


  • Emile Red Emile Red 12 juin 2007 12:43

    Le Paradis n’est ce point la vision picturale de l’Espoir ?

    Du chrétien au musulman, du juif à l’athée, du communiste au libéral quel est le dessein qui dirige l’humanité ? Les uns répondent le paradis qui est pour les autres une société juste et sans violence, traduction même d’une vision intellectuelle, l’humanité veut sans cesse aller vers une illumination qu’il nomme à sa guise, mais l’ultime but que chacun se donne, semble cette idéalité qu’est l’espoir.


  • JL JL 13 juin 2007 08:33

    D’accord avec le commentaire précédent, avec une précision : L’homme est un animal supérieur en ce sens qu’il a des passions. C’est pourquoi la loi de la jungle où l’on ne tue que pour ses besoins, ne lui convient pas. C’est pourquoi il a du, pour survivre, s’élever au dessus de la condition animale et inventer la loi.

    Au passage, il a inventé Dieu. Bon, mais Dieu est mort. Aujourd’hui nous en savons assez pour nous comporter comme des homme c’est-à-dire, ni comme des moutons ni comme des loups. Nos lois protègent les plus faibles. Enfin, on veut y croire.

    Si l’idée de ’Dieu’ revient, et avec elle l’idée du paradis. c’est parce que l’obscurantisme revient, et avec lui la barbarie. Pour la plus grande joie des trafiquants en tous genres, y compris d’âmes.


    • Emile Red Emile Red 13 juin 2007 08:48

      Sartre disant « l’enfer c’est les autres » pensait non pas que l’autre était un danger pour soi, mais que l’image renvoyée de soi par l’autre était plus « miroitique » que la reflexion qu’on s’auto attribue.

      Le paradis tient du même processus, l’image de l’idéal ou de l’espoir renvoyée par l’autre est bien plus circonspecte et nuancée que celle qu’on désire s’imposer.

      Chaque représentation du paradis ne peut être qu’unique et personnelle, renvoyant tout concept dogmatique ou religieux vers une néantitude absolue.


    • JL JL 15 juin 2007 08:53

      Emile Red, bien vu sur Sartre, mais pas seulement. Pour moi, l’enfer sur terre c’est bien les soucis exogènes : les contingences du monde physique, et aussi ’les autres’ quand ils sont mauvais, brutes ou bêtes.

      Quand à ’l’image renvoyée de soi par l’autre qui est plus « miroitique » que la réflexion qu’on s’auto attribue« , c’est cela l’enfer ou le paradis (non physiques donc, sorte d’au delà) selon ce que l’on est soi-même, et c’est cela que les croyants attribuent à Dieu. De sorte que la phrase : ’Dieu est mort’ doit s’entendre : »l’idée de Dieu est morte", mais cela ne modifie en rien la condition de l’homme.

      En fait, aujourd’hui « Dieu revient », ou plutôt l’idée de Dieu. C’était d’ailleurs le sujet de la chronique d’Alain Gérard Slama (mon ennemi personnel) ce matin. Malraux avait vu juste.


    • Paradisial Paradisial 13 juin 2007 13:13

      Mais non, il y a erreur, il suffirait juste de regarder ton avatar.... la paix.

      Si tu en rêve autant, fais toi incinérer.


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