samedi 4 avril - par Christophe Cros Houplon

Alexandre Douguine, le Raspoutine de Poutine ?

Il est celui dont on ne parle quasiment jamais, celui dont les principaux ouvrages sont étudiés dans les écoles préparant à l’entrée dans l’armée russe, celui que d’aucuns, bien informés, qualifient de Raspoutine de Poutine.

Ami personnel d’Henry Kissinger, ennemi déclaré dans les années quatre-vingt-dix du régime de Boris Eltsine qu’il qualifiait de pro-occidental, fondateur du Parti National Bolchevique en 1993 puis du parti Eurasia en 2001, nostalgique comme l’actuel chef du Kremlin de la grandeur de l’URSS, Alexandre Douguine a théorisé la matrice idéologique de ce qu’on appelle en bon français du racialisme. A savoir la supériorité de la race slave sur toutes les autres, selon le modèle d’un certain Adolph Hitler notamment, dont l’idéologie de cet ultra-orthodoxe anciennement conseiller du Président de la Douma épouse scrupuleusement les thèses tout en avouant sans détour sa fascination pour le régime du IIIème Reich.

Qui dit peuple supérieur dit nécessité d’agrandir le territoire, donc d’annexer la Crimée, d’envahir l’Ukraine, de reprendre une à une les forteresses du bloc soviétique passées à l’occident, enfin de prendre progressivement le lead en Europe et de se rapprocher de l’Asie.

Le concept d’Eurasie c’est ça, et ce concept vient de lui. A la suprématie maritime du bloc atlantiste, Douguine oppose celle de la terre dont la Russie serait le cœur nucléaire et le reste des deux continents l’équivalent des pays de l’ex URSS rattachés au Parti unique basé à Moscou.

Douguine représente donc la tendance la plus dure du régime actuel de Moscou, dont Vladimir Poutine, aussi surprenant que cela puisse paraître incarne une tendance modérée. Il suffit, pour se convaincre sur ce dernier point, de se brancher sur certaines chaînes et émissions de la télévision russe.

Pour savoir ce que pense Douguine, il convient simplement de le lire et de l’écouter. Au sujet de l’indépendance de l’Ukraine, il s’y opposait fermement dès 1997 dans Fondamentaux de géopolitique. Dès 2008 il appelait à l’annexion de la Crimée. En 2014, en pleine guerre dans le Dombass, il distinguait les vrais ukrainiens russophiles des autres qu’il faut « tuer, tuer et tuer ».

« La souveraineté de l'Ukraine représente un grave danger pour l'ensemble de l'Eurasie et qu'il est impératif d'exercer un contrôle militaire et politique total sur la mer Noire en faisant de l'Ukraine une simple région administrative au sein de l'État russe », déclarait-il en 2022.

Il fut le théoricien de cette cinquième colonne qui en occident s’est sous son égide rassemblée. Pour prendre le contrôle de l’Europe, il suffit d’arroser les mécontentements de quelque bord qu’ils proviennent tout en feignant de les soutenir et de mettre en lumière les influenceurs reprenant tout ou partie du narratif voulu.

Il théorisa dès 1993 la nécessité d’une alliance entre les rouges (communistes) et les bruns (les fascistes) avec pour ennemis le capitalisme et le libéralisme occidental sous toutes leurs formes, y compris bien évidemment en jouant sur la dimension civilisationnelle et religieuse (l’actuelle « guerre de civilisation » entre une Fédération de Russie orthodoxe supposément pure et un occident décadent voué aux dérives des LGBT). Aux racines de la pensée de Douguine on trouve en effet de l’ésotérisme, une forme de mysticisme basé sur un culte envers la tradition, enfin cette idée selon laquelle Moscou serait « la troisième Rome ».

Dans Fondamentaux de géopolitique (1997) qui eut en Russie un énorme retentissement, il recommandait de « faire en sorte d'introduire du désordre géopolitique dans les activités intérieures des États-Unis (et de l’occident en général), en encourageant toute forme de conflit ethnique et racial, en soutenant les mouvements dissidents, extrémistes, racistes et sectaires afin de déstabiliser le pays ».

Ce qui inclut également les luttes sociales fragilisant les pouvoirs en place, donc l’extrême gauche.

Ce furent RT France et Sputnik donnant incessamment la parole à Marine Le Pen, Florian Philipot ou François Asselineau, le soutien en trompe-l’œil au mouvement des gilets jaunes, la mise en avant y compris en les faisant venir en Russie d’Alain Soral, des dirigeants de Géopolitique Profonde, de Francis Lalanne, de Richard Boutry et de tous les bergers de moutons noirs inclus dans la case complotistes d’extrême droite. Lesquels, il suffit de les écouter, importent sans qu’on les y ait forcés toutes les thèses du Kremlin à demeure dans la langue de Molière.

A cela s’ajoutèrent la mise en lumière des préfaces payées des fortunes à l’homme d’affaires Xavier Moreau, lequel travaille exclusivement sur place avec des proches du Kremlin, la cascade de fake news colportées par les fermes à trolls russes basées à Saint Pétersbourg et à Moscou (Jean-Michel Trogneux ,,,), ainsi que ce concept clef à l’heure des réseaux sociaux et de l’intelligence artificielle de « vérité alternative ». Car quand on ne sait plus distinguer le vrai du faux, on peut alors imposer un narratif dans les esprits répondant à une propagande d’état basée sur une idéologie extrémiste assise sur une lecture du monde ultra religieuse et racialiste.

Evidemment on fait tout au Kremlin pour minimiser l’influence grandissante de la matrice idéologique construite par Alexandre Douguine au sein d’un régime où plusieurs ministres ont pourtant adhéré au parti Eurasia. A écouter certains pontes, il ne serait qu’un intellectuel marginal qu’on invite pour participer à des cercles de réflexion. Pourtant dès 2001 Poutine en personne déclarait que la Russie était un pays eurasien.

Poutine, on s’en souvient, connut à ses débuts une sorte de fascination envers certains dirigeants du bloc occidental dont il parvint quelque temps à se rapprocher avant, face à ce qu’à l’époque il prit pour du mépris, de s’en éloigner. En coulisses, Douguine l’idéologue excitait la bête et la conduisait à se méfier. Sa ligne, aujourd’hui, prédomine d’autant mieux que le Raspoutine de l’époque demeure prudemment caché dans les coulisses.

Et c’est là qu’une lecture critique de la biographie cachée de l’actuel dirigeant de la Fédération de Russie, à la tête d’un empire qu’on pourrait qualifier selon l’idéologue d’Eurasia de IVème Reich, fait de l’historiographie construite par des années de propagande une blague. Quand, comme dans le chef d’œuvre éponyme d’Andrzej Wajda, on fait tomber de son socle la statue de l’homme de marbre, on se retrouve avec un nabot.

On l’apprit en 2023. Deux oligarques proches du Kremlin furent surpris lors d’une conversation téléphonique où tous deux, éméchés à la vodka, conversaient depuis des pays étrangers sans deviner une seconde qu’ils étaient placés sur écoutes. Ces proches de Vladimir Poutine nous en apprirent de bonnes, non sans avoir au préalable couvert d’injures le « tsar » qu’ils décrivaient comme un nabot émasculé et hypocondriaque dont le profil de judoka chassant le loup blanc dans les steppes chaque hiver était une pure construction de la propagande du Kremlin. A Moscou, ricanaient-ils, Poutine n’a aucun pouvoir, c’est un pantin à qui on souffle ses répliques et qui lit sur prompteur. Poutine, à les écouter, c’est un froussard qui craint de se faire assassiner tous les jours, fait goûter ses plats et refuse de prendre le moindre avion de peur que celui-ci ne se fasse abattre.

Un des anciens collègues du KGB, Alexandre Litvinenko, assassiné par empoisonnement en 2006, avait en 2004 sorti en Grande Bretagne une bombe à retardement au travers d’un ouvrage fort bien documenté. Un ouvrage gorgé de révélations chocs qui lui coûta la vie.

Né d’une mère géorgienne, Poutine, ancienne petite frappe dans son adolescence à Saint Pétersbourg, n’est même pas russe. Les quelques journalistes qui localement avaient révélé la supercherie se sont tous faits assassiner par la police secrète. La supposée maman du chef du Kremlin est donc une actrice. Cerise sur le gâteau, Poutine, dans ses années au KGB où il s’était spécialisé sur ce qu’on appelle le « kompromat », s’était fait serrer par sa hiérarchie avec un lourd dossier l’accusant d’avoir commis des actes pédophiles, ce qui fut sur le moment étouffé mais eut pour conséquence que sa carrière connut pendant plusieurs années un cran d’arrêt.

Avec ce dossier sous le coude, quoi de plus simple pour en faire un obligé ?

Poutine fut donc engagé en 1999 par des fondés de pouvoir de la City depuis un lieu tenu secret proche de l’Espagne, mis dans les pattes de Boris Eltsine, désigné premier ministre six mois d’affilée avant de prendre le sceptre suprême sitôt le buveur de vodka démissionné. Il sera décoré en 2004 par la City et jamais cette décoration suprême ne lui fut depuis reprise.

Voilà donc le régime et le dirigeant devant lesquels nos patriotes en carton s’aplatissent tout en se réclamant du Général de Gaulle. Lequel de Gaulle, sauf à ce qu’on me contredise, ne prenait pas à l’époque sa feuille de route ou ses argumentaires dans les instances du Parti communiste bolchevique.



133 réactions


    • Fanny 6 avril 09:50

      @Christophe Cros Houplon
       vous n’êtes clairement pas au niveau.

      Poutine "pédophile, nazi, nabot, castrat, racialiste, pauvre type manipulé par la City, …"

      Et vous avez le culot de parler de niveau ?

      Vos dégueulis traduisent simplement la détresse de l’Occident face au nouveau monde dont Poutine est un acteur majeur. Vous nous faites pitié plutôt qu’imaginer une place avantageuse pour l’Occident dans ce nouveau monde qui vient. Cela suppose un peu de hauteur de vue, pas un torrent d’insultes.


    • Christophe Cros Houplon Christophe Cros Houplon 6 avril 10:03

      @Fanny

      Filez donc passer votre retraite andropausée en Russie si vous aimez tant cette gentille dictature.
      Je vous laisse continuer à déverser votre bile. J’ai poney aujourd’hui. Merci pour le référencement, sinon.


    • Fanny 6 avril 10:13

      @Christophe Cros Houplon
      J’ai poney aujourd’hui.

      J’avais donc raison, vos propos manquent de hauteur.

      Merci de confirmer.

      Quand vous serez capable de monter à cheval, on en reparle.


    • Christophe 6 avril 11:38

      @Fanny

      Comment voulez vous qu’un cheval accepte d’être monté par un résidu de fausse couche ?

      Il suffit de lire ses réactions pour connaître le niveau du guignol qui se donne de grand airs.


  • Christophe Cros Houplon Christophe Cros Houplon 5 avril 21:19

    Un grand merci aux poutinolâtres et vaselineaulâtres pour vos nombreux commentaires depuis 24 heures.

    Je vous en informe au cas où vous ignoriez les lois numériques élémentaires. Le moindre commentaire, positif ou négatif, également le moindre + ou — à cet article comme à n’importe quel commentaire de cet article augmente sa visibilité sur Google. Merci pour cette mise en valeur.

    Sur le fond la journée fut riche en distribution de biffles dans la tronche. Ne vous inquiétez pas, chers obsédés de l’invasion de la culture LGBT dans vos mornes petites vies. A force vous allez finir par aimer !


  • Christophe Cros Houplon Christophe Cros Houplon 5 avril 21:21

    Un grand merci aux poutinolâtres et vaselineaulâtres pour vos nombreux commentaires depuis 24 heures.

    Je vous en informe au cas où vous ignoriez les lois numériques élémentaires. Le moindre commentaire, positif ou négatif, également le moindre + ou — à cet article comme à n’importe quel commentaire de cet article augmente sa visibilité sur Google. Merci pour cette mise en valeur.

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    • xenozoid xenozoid 5 avril 21:26

      @Christophe Cros Houplon

      • Christophe Cros Houplon 5 avril 21:21

        Un grand merci aux poutinolâtres et vaselineaulâtres pour vos nombreux commentaires depuis 24 heures.

        Je vous en informe au cas où vous ignoriez les lois numériques élémentaires. Le moindre commentaire, positif ou négatif, également le moindre + ou — à cet article comme à n’importe quel commentaire de cet article augmente sa visibilité sur Google. Merci pour cette mise en valeur.

        Sur le fond la journée fut riche en distribution de biffles dans la tronche. Ne vous inquiétez pas, chers obsédés de l’invasion de la culture LGBT dans vos mornes petites vies. A force vous allez finir par aimer !


      • Christophe Cros Houplon 5 avril 21:19

        Un grand merci aux poutinolâtres et vaselineaulâtres pour vos nombreux commentaires depuis 24 heures.

        Je vous en informe au cas où vous ignoriez les lois numériques élémentaires. Le moindre commentaire, positif ou négatif, également le moindre + ou — à cet article comme à n’importe quel commentaire de cet article augmente sa visibilité sur Google. Merci pour cette mise en valeur.

        Sur le fond la journée fut riche en distribution de biffles dans la tronche. Ne vous inquiétez pas, chers obsédés de l’invasion de la culture LGBT dans vos mornes petites vies. A force vous allez finir par aimer !



    • xenozoid xenozoid 5 avril 21:27

      @xenozoid


    • xenozoid xenozoid 5 avril 21:28

      @xenozoid

      • Christophe Cros Houplon 5 avril 19:28

        @adeline
        Quelle concierge ! De quoi je me mêle ?



      • Christophe Cros Houplon 5 avril 18:44

        @Com une outre

        Ouin ouin.



      • Christophe Cros Houplon 5 avril 18:17

        @Jean-Paul Foscarvel

        Comparer Douguine qui est un extrémiste orthodoxe à Bernanos, on peut dire que vous ne reculez devant aucune comparaison hasardeuse.

        La définition de « vrais textes », dites voir, ce ne serait pas ceux qui traduisent ce que vous pensez ?

        Les « mondialistes epsteiniens » : jolie formule mais particulièrement manipulatoire. 

        Pour votre gouverne étant donné que l’on oppose les mondialistes et les russes du Kremlin : les oligarques russes ainsi que Poutine possèdent des parts de capital dans des consortiums du bloc ouest, et cela marche dans l’autre sens. Tous les projets de Davos (IA, numérisation, reconnaissance faciale, monnaie numérique etc) qui sont en marche du côté occidental ont été au préalable testés en Chine (allié de la Russie) où ils sont dans certaines mégapoles opérationnels avant d’être identiquement développés et en Occident et en Russie. Le maitre d’œuvre en Russie est la JP Morgan en collaboration directe avec la Banque Centrale Russe.

        Ne me parlez pas d’opposition est/ouest, quand on suit l’essentiel c’est-à-dire l’argent (la finance internationale apatride) cette opposition géopolitique n’existe plus. Mon texte en parle en filigrane : Poutine fut recruté depuis la City of London et décoré comme citoyen d’honneur en 2004 par celle-ci.

        Votre logiciel est totalement périmé.


    • xenozoid xenozoid 5 avril 21:29

      @xenozoid

      • Christophe Cros Houplon 5 avril 16:46

        @Thot

        Mec, ton article et ta poutinolâtrerie tu te les gardes. Je ne lis pas ce genre de daubes.


      • Christophe Cros Houplon 5 avril 15:54

        @Christophe

        Lisez l’ouvrage (au delà de la fiche Wikipédia ci-dessous), branchez-vous sur quelques émissions de la télévision russe et vous aurez la réponse à vos questions : https://fr.wikipedia.org/wiki/Fondamentaux_de_g%C3%A9opolitique


      • Christophe Cros Houplon 5 avril 15:32

        @Thot

        De Gaulle se tenait stricto sensu à équidistance de tout bloc. USA comme URSS. Mais il était clairement davantage proche des USA. Cultivez-vous un peu !

        La Russie n’est pas du genre à poser un lapin aux français ? Non elle est du genre à pirater les systèmes d’information de nos hôpitaux, à faire de l’infiltration dans certains de nos médias et à engager une 5ème colonne à demeure.

        Vous, ouvert, vous plaisantez ? Vous êtes borné, vous tapez en dessous de la ceinture à la moindre contradiction, vous slalomez avec qui vous êtes en avançant masqué et surtout vous n’assumez même pas ce à quoi vous croyez. Vous êtes poutinolâtre, il n’y a qu’à vous lire. Allez, bon dimanche.


    • xenozoid xenozoid 5 avril 21:30

      @xenozoid


    • xenozoid xenozoid 5 avril 21:31

      @xenozoid

      • Christophe Cros Houplon 5 avril 15:01

        @Thot
        Encore une référence médicale ?
        Vous n’avez aucun argument
        Intellectuellement vous êtes un nain.


      • Christophe Cros Houplon 5 avril 15:00

        @Thot

        La bonne blague : de Gaulle n’a jamais épousé le narratif de l’ex URSS, votre Vaselineau pioche allègrement dans celui de Poutine. Vaselineau est l’anti De Gaulle par excellence. Même son ex boss Charles Pasqua se foutait ouvertement de lui.

        Vous êtes totalement décérébré par des années à gober sans recul les fadaises de ce pauvre petit mec.

        PS : on ne peut PAS discuter avec un militant car un militant ne réfléchit pas par lui-même et patauge autant dans la doxa de sa secte que dans la mauvaise foi.


      • Christophe Cros Houplon 5 avril 13:05

        @Tolzan

        Ouin ouin (et ça continue).




    • xenozoid xenozoid 5 avril 21:32

      @Christophe Cros Houplon

      • Ouin ouin (et ça continue).


    • xenozoid xenozoid 5 avril 21:34

      @Christophe Cros Houplon

       ouin ouin.... !!!!


  • Eric F Eric F 6 avril 09:21

    En attendant, le conflit en Ukraine est embourbé, les forces russes n’ont pas gagné de territoire en mars. il serait temps de mettre fin sur la base de la ligne de front, sans demander ce qui n’est pas conquis et ne semble plus en passe de l’être. Poutine pourrait alors passer pour plus avisé que son homologue de la Maison Blanche qui détruit l’Iran pour rien, provoque une crise mondiale et des destructions par rétorsion sur ses « protégés » du Golfe. La protection étasunienne est désormais plutôt néfaste....


    • Christophe Cros Houplon Christophe Cros Houplon 6 avril 10:04

      @Eric F

      Entre nous, être plus avisé que Trump, la barre n’est pas haute ...


    • Jean Dugenêt Jean Dugenêt 6 avril 13:33

      @Eric F
      « il serait temps de mettre fin sur la base de la ligne de front »

      Vous continuez à croire qu’il est bon de prendre pour un fait accompli une conquête obtenue par la force des armes sans aucune légitimité.

      Il serait temps de revenir à la frontière d’avant 2014 pour retrouver la paix qui existait avant que les va-t-en guerre viennent semer... 


    • Eric F Eric F 6 avril 13:49

      @Jean Dugenêt
      "il serait temps de..’’ les incantations et les postures ne changent pas les réalités, il faut trouver le moins mauvais compromis. La paix vaut mieux que les hécatombes basées sur des illusions (celle des Ukrainiens de tout reprendre, celle des Russes de conquérir les rives de la Mer noire jusqu’à l’estuaire du Danube)..
      C’était avant qu’il aurait fallu éviter d’en arriver à une situation induisant un conflit.


    • Eric F Eric F 6 avril 13:54

      @Christophe Cros Houplon
      En effet, la barre n’est pas haute, on en arrive même à considérer comparativement Macron comme plus sensé que l’énergumène du bureau ovale.


    • Fanny 6 avril 15:54

      @Jean Dugenêt
      Il serait temps de revenir à la frontière d’avant 2014 

      On serait presque d’accord, avec une très large autonomie / Kiev et à l’exception de la Crimée (ses habitants ne seraient pas du tout d’accord, à 80%, pour revenir sous Kiev).

      Et pas d’OTAN et d’armes de destruction massive à proximité (de part et d’autre).


    • Jean Dugenêt Jean Dugenêt 6 avril 16:12

      @Eric F
      « C’était avant qu’il aurait fallu éviter d’en arriver à une situation induisant un conflit. »

      Vous insinuez une accusation. Que fallait-il faire pour éviter d’arriver à une situation induisant un conflit ?

      J’ai la réponse : il fallait que d’une façon ou d’une autre les ukrainiens acceptent d’être dominé par « les Russes » c’est-à-dire par Poutine. Il aurait fallu par exemple qu’ils fassent comme les Bielorusses c’est-à-dire qu’ils aient à leur tête des pantins qui soient les valets de Poutine.

      Poutine ne pouvait pas supporter qu’ils soient libres, indépendants. Pour Poutine, les états qui échappent à sa domination sont colonisés par les USA-OTAN. S’ils veulent se sortir de l’impérialisme russe c’est donc, de son point de vue, qu’ils sont manipulés par les USA-OTAN.

      Les poutinolâtres en ont la preuve : une dame avec un blouson bleu a distribué des petits pains sur la place Maïdan.


    • Jean Dugenêt Jean Dugenêt 6 avril 16:23

      @Fanny
      « l’exception de la Crimée (ses habitants ne seraient pas du tout d’accord, à 80%, pour revenir sous Kiev). »

      En renvoyant les colons russes venus s’installer en Crimée depuis 2014 et en faisant revenir les ukrainiens déportés et emprisonnés la Crimée redeviendrait ukrainienne. Ainsi, pilotée par un État qui n’a jamais manifesté d’intention impérialiste ou colonisatrice, elle obtiendrait très rapidement un statut qui lui laisserait toute la part d’autonomie que souhaiteraient ses habitants.

      Je ne demande pas que les ukrainiens de Crimée massacrés par les brutes de Poutine (groupe Wagner...) soient ressuscités mais il faut au minimum que les enfants soient rendus à leurs familles. 

      Je suis d’accord avec : pas d’OTAN... et pas de bases militaires russes.

      Je suis surtout d’accord pour les États Unis Socialistes d’Europe de l’Atlantique à l’Oural.


    • Eric F Eric F 6 avril 18:22

      @Jean Dugenêt
      Les protestataires de Maïdan ne constituent pas l’ensemble des ukrainiens, il y a eu des manifestations anti-Maïdan dans d’autres régions -tout aussi sponsorisées évidemment-, et les Criméens ont accepté à ce point la réannexion dans la FDR qu’ils ont ensuite voté pour Poutine davantage que la moyenne nationale. idem les républiques séparatistes.

      Vous voulez faire croire que les anglo-saxos ont voulu attirer l’Ukraine dans le bloc occidental par philanthropie ? Non, l’objectif avait été annoncé dans le « grand échiquier » de Brzezinsky : isoler la Russie (non pas la détruire, mais l’affaiblir pour ne plus redevenir une grade puissance). Ce n’est pas une insinuation, c’est écrit très explicitement.
      Le risque a été pris, les conséquences étaient prévisibles. Faire de la moraline à deux balles c’est de la posture facile. 


    • Jean Dugenêt Jean Dugenêt 6 avril 19:30

      @Eric F
      "les Criméens ont accepté à ce point la réannexion dans la FDR qu’ils ont ensuite voté pour Poutine davantage que la moyenne nationale. idem les républiques séparatistes.« 

      Vous avez des notions de démocratie bien particulières. Vous prenez en considération les pétendus votes organisés par des envahisseurs dès qu’ils prennent possession d’un territoire.

       »Vous voulez faire croire que les anglo-saxos ont voulu attirer l’Ukraine dans le bloc occidental« 

      C’est Poutine qui veut faire croire que les ukrainiens ont été attirés par des puissances étrangères. Pour ma part, je sais que les ukrainiens ont voulu se débarrasser de la tutelle d’une puissance étrangère. et ils n’avaient besoin de personne pour avoir ce légitime désir. Un désir qui fut exprimé bien des fois par d’autres peuples : Berlin 1953, Hongrie 1956, Tchéchoslovaquie 1968, Tchétchénie.... et à chaque fois les mêmes discours.

       »l’objectif avait été annoncé dans le « grand échiquier » de Brzezinsky« . Ce Brzezibnski n’a rien décidé, rien inventé. Il a pris ses désirs pour des réalités comme tous les défenseurs des puissances capitalistes. Il est certain que pendant des décennies les capitalistes ont rêvé d’envahir l’URSS pour restaurer le capitalisme et, évidemment, en venant de l’Ouest, ils se sont vus (dans leurs rêves) commencer par l’Ukraine. Cela n’a pas été nécessaire car la restauration est venue de l’intérieur de l’URSS. Brzezinsky a écrit ou décrit le rêve des capitalistes. J’oubliais ce détail tout aussi insignifiant que la dame au blouson bleu. Voilà bien les deux arguties (Brezinsky et la dame au blouson bleu) des poutinolâtres pour tenter de justifier ce qui est injustifiable : une invasion.

      Maintenant qu’ils ont envahi, il faudrait leur céder les territoires qu’ils ont envahi. 

       »Le risque a été pris, les conséquences étaient prévisibles. Faire de la moraline à deux balles c’est de la posture facile."

      Le risque est pris continuellement par tous les peuples de la Fédération de Russie et des anciens pays de l’URSS. Ils veulent tous se libérer de l’impérialisme-colonialisme russe. Vous n’êtes pas quitte de nous parler des manœuvres de la CIA ou d’autres Brezinsky pour expliquer que leur désir d’émancipation est provoqué par les autres puissances capitalistes. 

      La conséquence est prévisible. Poutine va disparaître. Il n’y a aucune autre issue possible. 1 mort permettra d’économiser des centaines de milliers de vies. C’est ce que vous appelez de la moraline. Votre morale justifie les invasions avec leurs cortèges de massacres.


    • Eric F Eric F 7 avril 09:17

      @Jean Dugenêt
      A propos des votes en Crimée, je n’ai pas parlé du referendum (quoi que des instituts occidentaux ont confirmé la tendance cf sondage Gallup p39), mais des votes aux présidentielles et législatives postérieurs à l’annexion, en comparaison avec le reste du pays. 

      Ce n’est pas Poutine qui prétend que l’Ukraine a été entrainé par le bloc occidental, c’était planifié (vous avez beau minimiser grand chessboard Brzezisnky 1997 : extrait « both the EU and NATO will have to address the question of extending membership to the Baltic re-publics, Slovenia, Romania, Bulgaria, and Slovakia, and perhaps also, eventually, to Ukraine »), le soutien occidental aux mouvements orange et plus activement à l’insurrection Maïdan a été explicite. Ce programme a été appliqué étape par étape, ce n’est pas un rêve isolé de son auteur.

      Après ça, quelle issue au présent conflit ? le principe des réalités prévaut, comme ce fut le cas de la guerre soviéto-polonaise, et en plus on a ici affaire à des populations de tradition et culture russe, dont les ukrainistes post Maïdan on réduit les droits. Il ne faut pas s’étonner qu’il y ait eu séparatisme, comme si en Belgique seul le flamand avait statut de langue nationale.

      Si Poutine disparait (nos média le présentaient comme moribond en 2022), eh bien Medvedev ou un autre plus ultra encore prendra la relève. Ce serait pareil si Netanyahou disparaissait, un plus radical prendrait la place. 

      Tant que les forces russes avançaient un peu, Poutine avait intérêt à élargir son pré-carré, désormais que ça s’enlise, il aurait intérêt à être plus conciliant dans les négos ...en se faisant passer pour magnanime car il est fin matois. 


    • Eric F Eric F 7 avril 11:47

      oops : je voulais évoquer la « guerre soviéto finlandaise » (et non soviéto polonaise)


    • Jean Dugenêt Jean Dugenêt 7 avril 12:31

      @Eric F

      Vous isolez des petites actions diplomatiques pour en faire la preuve d’agressions caractérisées et ainsi justifier de réelles déclarations de guerre avec invasion militaire de la part d’un dictateur.

      Je le répète des pontes des USA ont certainement élaboré des centaines de plans pour réintroduire le capitalisme dans l’URSS. Probablement que la plupart de ces plans incluaient des actions militaires. Ils n’ont pas eu à les mettre en œuvre car se sont les bureaucrates du Kremlin qui ont eux-mêmes assuré le retour au capitalisme. Ils étaient évidemment pleinement d’accord avec tous les capitalistes qui les ont aidé le plus possible. Certainement que ce Brzezisnky ne devait pas être le dernier à se réjouir de la politique de Gorbatchev, Eltsine et Poutine.

      Que dans ces circonstances celui-là ou un autre ait écrit : « l’UE et l’OTAN devront toutes deux se pencher sur la question de l’élargissement de l’adhésion aux républiques baltes (Slovénie, Roumanie, Bulgarie et Slovaquie) et peut-être aussi, à terme, à l’Ukraine. » n’a rien d’étonnant. Que les capitalistes étaient tous favorables à cela et qu’ils l’aient affirmé ne prouve nullement que leur action a été déterminante dans ces multiples « révolutions de couleur ». 

      Savez vous faire la différence entre : 
       Je suis favorable à cela
       j’interviens pour faire en sorte que cela se réalise.

      Vous osez écrire : « c’était planifié ».

      Non ! Personne n’a planifié ce qui s’est passé. Les mobilisations populaires n’ont pas été planifiées. L’histoire ne se fait pas dans les agences des services d’espionnage. Vous insultez les peuples qui se sont soulevés par millions pour se sortir des sordides dictatures dans lesquelles ils étaient enfermés. Vous n’êtes pas quitte de pleurer devant les mobilisations de ces peuples. Croyez bien que les bielorusses, les Georgiens, les Tchétchènes et bien d’autres détestent l’emprise de l’impérialisme russe sur leur pays. Ils n’ont pas besoin des américains pour le faire savoir et vous vous en apercevrez. Il faudra alors que vous alliez farfouiller dans une quantité de faits et de documents insignifiants pour dire que vous tenez la preuve d’une action de la CIA/USA/OTAN.

      Ce qui a été déterminant dans la désintégration de l’URSS c’est la volonté des peuples de s’émanciper d’un impérialisme-dictatiorial-russe qu’ils ont subi pendant des décennies.

      Je n’ai que faire de vos histoires de vote dans des dictatures. Le fait qu’El Assad ait été élu avec 95% des voix ne prouve nullement que les syriens l’adoraient. On a des dizaines d’exemples de ce genre.

      Vous rendez-vous compte de ce que vous écirvez :

      « des populations de tradition et culture russe, dont les ukrainistes post Maïdan on réduit les droits ».

      Les villes les plus peuplées d’ukrainiens russophones ont été rasées par les bombardements de Poutine. Vous croyez que les ukrainiens russophones qui habitaient dans ces villes adorent Poutine et le prenne pour un libérateur.

      "Si Poutine disparait (nos média le présentaient comme moribond en 2022), eh bien Medvedev ou un autre plus ultra encore prendra la relève."

      Poutine disparaitra au grand regret d’une minorité de moscovites qui sont ultra-nationalistes et racistes en plus d’être privilégiés. La grande masse des peuples miséreux de la Fédération de Russie n’ira pas le pleurer. Son emprise sur les peuples colonisés de la Moscovie blanche n’est pas celle qu’avait Staline.
       


  • Fanny 6 avril 10:03

     ce qui n’est pas conquis et ne semble plus en passe de l’être.

    Vous vous posez là comme un grand expert de la chose militaire, sur la base des mouvement sur le front durant un mois. Mes compliments.

    Pas expert du tout, je sais néanmoins qu’il se passe des choses sur le front, et qu’une nouvelle guerre se développe, à base de milliers de drones.

    La production de drones de part et d’autre se compte par millions. Que faire face à un essaim de milliers de drones ? C’est à cette question que les militaires cherchent à répondre. Pas sûr qu’ils ne trouvent pas la réponse, auquel cas le front se remettrait à bouger. 

    C’est pas fini, l’histoire se poursuit.


    • Fanny 6 avril 10:07

      @Fanny
      Vous vous posez là comme un grand expert de la chose militaire, C’est pas fini, l’histoire se poursuit.

      Réponse à Eric F


    • Eric F Eric F 6 avril 14:07

      @Fanny
      J’avais en effet compris être le destinataire de votre message.
      Mais le fait est que le piétinement s’est mué en enlisement, et pour ce qui est des drones, c’est match nul, ça ne conquiert pas de terrain mais ça sape les offensives, et ça fait des dégâts sur les arrières.
      A ce propos il est instructif de voir que l’Ukraine fait des offres de services au monarchies du golfe sur l’expertise de lutte anti-drone. Les drones iraniens sont pour leur part perfectionnés par les Russes et utilisent du guidage satellite chinois. 


    • Fanny 6 avril 15:15

      @Eric F
      c’est match nul, ça ne conquiert pas de terrain mais ça sape les offensives,

      Votre expression « match nul » résonne comme un voeux.

      Je ne partage pas votre avis.

      En avril 2022, la guerre pouvait s’arrêter en soutenant la négociation : les Anglo-Saxons (US+GB) ont dit non, il faut continuer la guerre, on va la gagner.

      En mars 2026, la guerre pouvait être évitée en concluant la ngociation : Israël+USA ont dit non, il faut écraser l’Iran, on va le faire.

      La prochaine grande confrontation, ce sera avec la Chine qui s’arme à toute vitesse dans la perspective d’une guerre qu’elle juge probable avec les USA.

      Les USA vont la jouer comme d’habitude, avec la conseillère du Président (le futur) appelant à « tuer, tuer, tuer » au nom du Christ, comme vient de le faire la conseillère de Trump. Ce qui signifie que la confrontation avec la Chine va se jouer à armes nucléaires, très logiquement. Avec l’UE appelant à vaincre l’agresseur chinois (comme elle appelle aujourd’hui l’Iran à cesser son « agression », l’agresseur dans la novlangue occidentale étant celui qui conteste la suprématie occidentale  en interne on le nomme complotiste).

      Vous me voyez pessimiste, car les USA sont une nation guerrière, qui ne négocie que quand il n’y a plus d’autre perspective. Si l’enjeu est la suprématie mondiale face à la Chine, il n’y aura rien à négocier, juste à « tuer, tuer, tuer » comme le dit si bien la conseillère spirituelle de Trump.

      Donc le « match nul » que vous envisagez en Ukraine (faux nul car la ligne de front ne bougerait plus), je ne le vois pas bien. L’Ouest est globalement pour la poursuite de la guerre, comme en 2022, dans un jeu de passage de relais USA-UE, dans un sens ou dans l’autre selon les circonstances et les intérêts.

      L’UE s’arme pour aller en guerre avec la Russie vers 2030. Les militaires vont apprendre à se battre avec les drones, tout le monde va profiter de ce « laboratoire de la nouvelle guerre » qu’est devenue l’Ukraine, et l’Ukraine sera encore plus détruite chaque jour, et ses habitants vont continuer de fuir ce pays (45 M puis 30 M, on parle aujourd’hui de 20 M).

      L’option guerre, c’est la plus crédible pour les années à venir, et nous (l’Ouest) en sommes les premiers acteurs, faute d’admettre que le monde change et parce qu’au fond, nous aimons gagner des guerres, c’est dans notre ADN historique (celui des USA surtout).


    • Eric F Eric F 6 avril 18:08

      @Fanny
      je constate quand même que côté drones, il y a actuellement un équilibre entre les Russes et Ukrainiens, cela ne conduit pas l’un à prendre le dessus.

      Je ne vois pas ce qui ferait dire qu’au stade actuel c’est plus particulièrement l’occident qui est pour la poursuite de la guerre en Ukraine, la FDR bloque le processus en exigeant le rattachement de territoires non encore occupés, ce qui est évidemment irrecevable par l’Ukraine, qui n’est pas écrasée. Une conciliation sur la ligne de front est plus « classique » (comme ce fut pour la guerre soviéto finlandaise, ou encore le statu quo en Corée depuis les années 50).

      L’UE ne veut pas « aller en guerre » en 2030 (ça c’est du Soloviev), elle se prépare pour dissuader (ou réagir à) une agression contre un pays de l’Est.

      Pour ce qui est de l’Iran, on ne peut absolument pas dire que les européens soutiennent l’opération israélo-américaine, ils se font insulter de ne pas le faire, l’appel à l’Iran était de ne pas riposter sur les pays du Golfe, non de ne pas se défendre. 

      Et pour l’avenir, si le trumpisme devait se poursuivre, la rupture entre Europe et USA s’approfondirait, il serait hors de question de les suivre en Asie-Pacifique.


  • beo111 beo111 6 avril 16:30

    LCI avait fait un mini-sujet sur la pensée du gars :

    https://www.agoravox.tv/actualites/article/le-liberalisme-a-t-il-degenere-101263

    D’un niveau correct d’ailleurs, ça m’avait surpris de leur part.


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