mardi 7 janvier 2014 - par Bernard Dugué

Austérité, sobriété, prospérité ! Une devise européenne pour la France et son Nouveau Régime

Vous venez de découvrir la nouvelle devise républicaine, doux euphémisme s’il en est tant on se demande où est passé la république, sans doute dans quelques recoins poussiéreux des livres d’histoire. Qui nous rappellent qu’avant il y eut une république avec un esprit républicain et la fameuse devise liberté égalité fraternité. La liberté s’est estompée, avec l’idéologie sécuritaire, la pensée correcte et même un ministre qui veut d’autorité interdire un spectacle, accompagné par une cohorte d’élus s’arrogeant le droit de décider ce que doit être un spectacle. La police qui n’est plus au service de la liberté d’expression. A quand l’interdiction d’un film sous prétexte qu’il déplaît à une communauté dont les membres sont prêts à troubler la séance ? L’égalité, c’est un lieu commun de dire qu’elle est devenue (ou restée) une abstraction juridique et que dans les faits, seule l’inégalité règne. La fraternité, elle se dessine de plus en plus dans les communautés et de moins en moins dans la société. Il reste la famille et les réseaux d’amis. La jungle darwinienne et la compétition pour vivre ont submergé la fraternité.

L’histoire de France retiendra que le pays est passé de l’Ancien Régime à la République, puis au Nouveau Régime mis en place à partir des années 1980. La nouvelle devise étant :

AUSTERITE, SOBRIETE, PROSPERITE

L’Ancien Régime était scindé en trois ordres, la noblesse, avec ses comtes, marquis et autres barons régnant sur leurs domaines respectifs. Le clergé, régnant sur les ouailles et disposant pour les plus hauts placés de demeures plutôt princières. Pour mémoire, le somptueux palais Rohan accueillant la mairie de Bordeaux était la résidence de l’archevêque Ferdinand Maximilien Mériadec de Rohan, bâti en 1771. Et puis il y avait le tiers-état, autrement dit le reste de la société composée d’un ensemble hétérogène où figuraient tous les corps de professions avec des situations assez disparates, selon que l’on soit un riche bourgeois pratiquant le négoce avec les îles, un artisan du coin, un céréalier, ou un ouvrier du bâtiment. Cette tripartition n’avait rien d’économique. Elle s’inscrivait plutôt dans l’héritage de la tripartition védique distinguant les cultivateurs, les guerriers et les prêtes dans l’Inde antique. Dans la France de Louis XVI, un curé de village n’avait pas le même niveau de vie qu’un évêque dans une grande ville de province.

2014, la France du nouveau régime s’est installé avec une tripartition nouvelle, celle des pauvres, des classes moyennes et des classes aisées.

Parmi les riches, on trouve les héritiers des anciens ordres réunis maintenant dans la prospérité. Le clergé a été remplacé par les écrivains à succès, les artistes de variété, les animateurs et autres journalistes, les intellectuels médiatiques. Prenez le salaire de cet animateur sur la 8 dont l’émission consiste à ricaner de tout en s’adressant à des QI d’huîtres. 25 000 euros par mois et ce con qui ose tout en profite pour se plaindre. Le corps de la noblesse a été remplacé par la noblesse d’Etat, clin d’œil à Bourdieu. Avec en plus les élus de la politique. Les chiffres parlent. Il suffit d’observer l’augmentation des indemnités des élus, les carrières des hauts fonctionnaires avec primes et promotions, les avantages pour les sénateurs, députés et autres squatteurs de strapontins dans les conseils régionaux ou au parlement européen, pour comprendre que tous des gens sont unis par une devise, prospérité ! Et bien évidemment, la bourgeoisie économique s’ajoute à l’ensemble avec les grandes fortunes qui ne cessent de croître et la prospérité qui s’accroît pour cette minorité économique qui sait s’allier le monde des clercs médiatiques et la noblesse politiques pour rendre sûre la prospérité chaque année. Cela dure depuis 25 ans. Les chiffres sont devenus significatifs depuis une décennie.

Pour les classes moyennes, il y aura les évolutions de carrières, les augmentations de salaire concédées par les patrons, les salaires indexés mais les choses sont contrastées selon que l’on soit locataire ou propriétaire tandis que les charges, les taxes et autres impôt locaux grignotent les augmentation de revenus si bien que ces classes moyennes doivent surveiller de près leur budget et ne pas trop dépenser. Prévoir un peu d’épargne pour les coups durs. Hésiter à chaque dépense pas indispensable. Une place de ciné, un resto, un week end romantique, un jeu pour les enfants, quoique, l’enfant est le maillon fort dans le domaine de la sobriété. Les parents feront quelques sacrifices mais ils ne se sentiront pas forcément frustrés, surtout s’ils adhèrent à l’idée d’une sobriété heureuse qui se répand dans les médias. Sobriété pour les classes moyennes, heureuses ou malheureuses.

Il y a enfin les pauvres. Ceux-là n’hésitent pas lorsqu’il faut faire une dépense non indispensable car ils n’en font jamais et tout ce qu’ils gagnent avec des travails précaires ou des aides sociales, ils le dépensent pour des choses indispensables. Tout passe dans le logement, la bouffe, les tickets de transport ou le carburant, l’électricité, un peu d’habillement, d’autres frais fixes et s’il leur reste un surplus, ce sera pour un petit plaisir exceptionnel ou pour se chauffer un peu mieux. La devise pour ces gens-là c’est austérité.

Dans la France de 2014, c’est prospérité pour les uns, austérité pour les autres et sobriété pour le reste. Austérité, sobriété, prospérité ! Tiens donc, cette devise semble s’appliquer aussi à l’Espagne, à la Grèce, à l’Italie, à l’Allemagne… Enfin, ça y est, l’Europe existe vraiment, elle a trouvé sa devise, Austérité, Sobriété, Prospérité !

L’équation de l’Europe, c’est une combinaison linéaire pondérée par des coefficients variables selon les pays et les régions, une combinaison d’austérité, de sobriété et de prospérité. C’est une loi naturelle mais les sociétés peuvent décider qu’il en soit autrement. Après le nouveau régime, la nouvelle révolution ?



12 réactions


  • Alpo47 Alpo47 7 janvier 2014 10:13

    Lorsque vous décrivez l’état de la société, vous semblez classer tout en haut de l’échelle ceux qui vivent encore bien. Or, ceux là sont les profiteurs du système, les 10% qui en constituent l’ossature et qui consomment. Du cadre moyen ou profession libérale, jusqu’au dirigeant de société ou trader.

    Vous avez oublié le haut du panel, la toute petite oligarchie qui tire les ficelles, drivant les hommes politiques, a le capital pour prêter aux Etats endettés et s’emparer ainsi de ceux-ci. Les 0,001% (peut être faudrait il encore ajouter un ou deux zéros) . Je les appelle, les« rentiers-actionnaires ».

    Or, c’est cette infime minorité qui a crée le système et le maintient au travers des 10% au dessous.

    Effectivement, il reste 90% qui sont la « variable d’ajustement ». Et ce dernier terme, largement utilisé par les économises notamment, montre bien le mépris et le peu de cas fait des intérêts de la majorité du peuple.


  • Buddha Marcel. 7 janvier 2014 11:28

    Certes le descriptif est intéressant, mais que décrit il au juste ? la société dite pyramidale. Pyramide qui selon certains se construisent par le haut, que ce soit la vrai pyramide donc la pyramide sociétale aussi, et dieu créa le riche qui alors voyant que cela etait bon en voulu encore plus et vola le peu que le pauvre avait, 2 bananes et quelques sauterelles grillées,et un peu de vin de cailloux..

    alors le riche vit que cela était bon et que de faire travailler le pauvre était bien, alors il le regarda, puis le vola , puis le battit puis le rompit avec ses mains et dit : ceci est ton sang, travaille sale con !!! ou je t’éclate..

    voila résumé l’histoire humaine dans toute sa splendeur ; mais bon on a quand même des bonnes voitures et bientot plus d’ énergie bon marché..

    qu’attendre d’autre que d’une vie ou on donne des valeurs aux gens, et a tout ce qui est.. ? rien de bon ne peut arriver, sauf quand la torture se termine, il y a comme un soulagement momentanée ,juste avant quelques secondes d’immense lucidité juste avant de mourir ,au moment de se rendre compte que j’ai fais tout cela uniquement pour fuir que vivre c’est mourir et que j’ai donc totalement manque le fait de vivre..je n’ai jamais été vivant et même le rocher dans la montagne a plus de vie .............mais quelques secondes de lucidité qui viennent trop tard, le mal est fait.........

    Pour tout part et fini uniquement dans le cerveau qui analyse, celui ci n’aura jamais de réel contact avec la Nature des Choses, jamais, il vit avec lui même en circuit fermé et fait ses questions et ses réponses lui même X par 7 milliards si le chiffre est bon,car même là il faut aussi douter !! , et qui est probalement environ 5% de l’ensemble de celui-ci, je ne suis aucunement expert en cerveau et je refuserais cela de toutes façons, mais pour moi comme pour certains le cerveau entier s’est déjà réveillé alors moi comme d’autres on sait l’arrogance en moi car ce « savoir » ne peut être arrogant,, on sait que on passe intégralement à coté de la vie, cela dit nul n’est obligé d’ être ignorant, c’est très clairement un choix binaire de celui qui analyse et qui se fait appeler « moi je »

    l’univers n’est pas en expansion du tout,c’est impossible je le sais comme d’autres aussi... !!!!! quenelle !


  • L'enfoiré L’enfoiré 7 janvier 2014 14:16

    « Austérité, sobriété, prospérité ! Une devise européenne pour la France et son Nouveau Régime »


    Je dirais que si ce n’était que la France, ce serait un cas unique, mais c’est l’idée générale du continent.
    Et qui gagne à agir autrement ?
    Le Japon et les Etats-Unis... C’est fou, non ?


  • alinea Alinea 7 janvier 2014 14:44

    L’idée est bonne ( c’est mon avis !), le glissement des valeurs est limpide ; caractériser les trois classes sociales me semble plus juste qu’évoquer un voeu pieux avec des mots qui ne veulent plus rien dire !! cependant, les mots me chagrinent :
    - austérité : il y a trop de valeur morale dans ce mot, religieuse même ; ses synonymes sont « ascétique » « puritain » « rigide » « rigoriste »,etc. Rien à voir avec ce que vivent les pauvres ; les pauvres font « tintin » !! ce qui ne les empêche pas de supporter ( aux deux sens du terme) la pollution et la barbarie à outrance ; Honte leur est faite. L’impuissance est leur lot.
    Sobriété ; pareil, le mot sonne positif à mes oreilles ; il me fait penser à « frugalité », donc respect, chère à la décroissance que je soutiens ; les classes moyennes ne sont pas sobres, elles polluent à qui mieux mieux ; elles trahissent ou rêvent de le faire, elles sont la courroie de transmission du pouvoir ; pour elles, je vois l’indécence
    Quant aux vrais riches, rien à dire d’autre qu’obscénité.
    Mais c’est vrai que que la suite formée par ces trois mots, ne fait pas devise !!!
     smiley


    • L'enfoiré L’enfoiré 7 janvier 2014 17:45

      Bonsoir Alinéas,

       Qu’est-ce qu’un vrai riche ?
       Une petite réflexion qui vous fera réfléchir smiley

    • alinea Alinea 7 janvier 2014 18:01

      L’Enfoiré ? Euh ! Que dire ? Ce petit article est sensé me faire réfléchir sur quoi ? M’apprendre quoi ? Je suis tellement plus bête que vous ne l’imaginez que je ne l’ai pas vu !!
      Et bonne année qui , je l’espère, vous rendra plus transparent, pour ne pas dire clairvoyant ! smiley


  • zygzornifle zygzornifle 7 janvier 2014 16:25

    Né pour payer tel est la devise du Français.....


  • Captain Marlo Fifi Brind_acier 7 janvier 2014 20:01

     « Répartition des richesses aux USA » . Différence entre l’appréciation de la richesse, et la réalité.

    Sur la répartition en trois groupes en France, je suis dubitative, car cela ne correspond pas aux revenus réels.

    « Etude du CREDOC sur les classes moyennes. »

    Page 5, un graphique indique la réalité des revenus.

    Au delà de 4700 euros par mois, seuil de richesse selon les Français, après impôts, on ne trouve que 3% de riches.

    Le revenu moyen tourne autour de 1400 euros.

    Une personne sur 2 a un revenu entre 1100 et 2200 euros par mois. Classe moyenne ou pas ?

    Dans cette courbe, bien malin celui qui peut dire où commence et où finit la « classe moyenne »...

    Une infirmière à 1800 euros, ou un ingénieur à 2300 euros, c’est au dessus de la moyenne, on le classe dans la classe moyenne ou chez les riches ? Va savoir...


    • goc goc 8 janvier 2014 01:03

      ces chiffres n’ont aucun sens des lors qu’ils ne tiennent pas compte du poste principal des dépenses à savoir le logement

      si on gagne 1100euros avec un loyer a 500euros ramené a 200 euros avec les aides, on a plus d’argent que celui qui gagne 2100 euros mais paye 1500 euros de remboursement de crédit

      de même un couple qui gagne 3000 euros avec 1000 euros de loyer s’en sort mieux qu’un célibataire qui gagnerait 2000 euros avec 500 euros de loyer

      voila ce qu’il faut prendre en compte


    • alinea Alinea 8 janvier 2014 01:36

      Pour moi Fifi, la classe moyenne va bien au delà de ça ; je ne pense pas qu’il faille la définir seulement en fonction de ses revenus : la classe moyenne sert le pouvoir, de l’instit au fonctionnaire européen ; de1600 à 10 000 euros ! la classe moyenne inférieure est presque pauvre, la supérieure presque riche, mais ils peuvent « se parler » !! smiley , ils sont de la même classe !


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