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Bibracte, Cabillodunum : aveuglement et turpitudes - AgoraVox le média citoyen
jeudi 30 octobre 2014 - par Emile Mourey

Bibracte, Cabillodunum : aveuglement et turpitudes

Bibracte au mont Beuvray ? Tragique erreur ! Les touristes américains et chinois qui boudent le site ne s'y sont pas trompés, eux qui ne voient l'histoire de France commencer qu'à Paris. Et, en effet, quel intérêt pour les touristes étrangers amateurs de culture historique de visiter un site à la Potemkine où on ne montre que des remparts reconstitués de pierres sèches, pauvres vestiges d'une population apparemment misérable qui n'aurait connu l'usage de la construction en pierres cimentée de chaux qu'à l'arrivée des Romains... aux deux premiers siècles avant J.C..(1)

Et avant, rien ! Quelle absurdité !

Reprenons la stricte chronologie des faits à la lumière d'une réinterprétation critique des textes, des vestiges archéologiques enfouis ou toujours debout et de la logique principalement militaire.

Partant du fait reconnu que les Phéniciens ont précédé les Grecs dans leur implantation à Marseille, il n'est pas besoin de sortir de Saint-Cyr pour comprendre qu'ils ont, bien évidemment, remonté le couloir Rhône/Saône jusqu'à l'endroit où le fleuve n'était plus navigable et avant que le cours d'eau ne bifurque dans plusieurs directions. Cet endroit correspond à la région de Chalon-sur-Saône, endroit privilégié qui leur ouvrait tout l'intérieur du pays ; en outre, il y avait là l'avantage d'une large rivière, calme et poissonneuse, ainsi que des terres étendues fertiles, propices à l'élevage et aux cultures. Intérêt militaire déterminant, on pouvait en assurer le sécurité sur un large horizon depuis une tour judicieusement placée sur la colline de Taisey qui domine le Chalon d'aujourd'hui. Avec en plus, en arrière, la présence d'un lac pour alimenter en eau les fossés de défense et autres usages, situation unique.

Car si Pythéas était capable, vers l'an 300 avant J.C., de contourner le continent par l'océan jusqu'à une mer d'eau et de glace mêlées où le jour ne durait que deux heures, cela signifie de toute évidence que le site chalonnais a été visité plusieurs siècles auparavant.

Visités par qui, par quels Phéniciens ou apparentés ?

Phéniciens, Cananéens, Chaldéens sont des termes génériques assez vagues pour désigner les anciennes populations vivant alors en Palestine jusqu'à l'Irak. Et encore au temps de Jésus.

Au VI ème siècle avant J.C., Hécatée de Millet, historien et géographe grec, évoquant notre région "barbare", ne cite que trois villes : Narbonne, Marseille qu'il situe en Ligurie et, au-delà de Marseille, Nuerax, habitée par les Keltoï. Il s'agit de la première mention connue des Celtes. Or, Keltoï est très proche du mot Kaldaï désignant les Chaldéens (2). Première déduction/hypothèse : une première colonie chaldéenne/celte dans la région de l'actuelle Chalon-sur-Saône. (2) 

Au Vème siècle avant J.C., Hérodote écrit qu'au-delà des colonnes d'Hercule - donc, en abordant la Gaule par la côte atlantique après avoir franchi le détroit de Gibraltar -, on trouve les Kinèsioi, qui sont, à l'Occident, le dernier peuple d'Europe. Tout de suite après eux - donc à l'est - se trouvent les Celtes... Or Kinèsioï est un mot très proche de Kinneret, première capitale et plus ancienne ville du pays de Canaan située à l’extrémité sud du lac de Galilée. Deuxième déduction/hypothèse : une colonie cananéenne/celte en Auvergne, à Gergovie qu'on ne peut raisonnablement situé qu'au Crest, à quelques kilomètres au sud de Clermont. (3)

Je pourrais également citer d'autres textes qui confirment, et la puissance de Gergovie, et la puissance des Éduens que Strabon situe à Bibracte et à Cabillo/Chalon... évoquer également le lien qui existe avec l'histoire de l'Atlantide : s'inspirant d'auteurs antérieurs, Denys D'Halicarnasse écrit, au Ier siècle avant J.C., qu'Héraclès - colons venus du Proche Orient - au cours de sa course errante, se serait uni à l'atlantide Astéropè. Deux fils seraient nés de cette union, Ibéros (les Ibères d'Espagne) et Keltos (les Celtes de la Gaule). (4)

Cabillodunum, la cité de Strabon, ne peut être que l'ancien hameau de Taisey qui s'est développée à l'ombre de son oppidum/castrum, sur la colline qui domine par la vue toute la région. C'est l'emplacement militairement logique de la première fondation "coloniale" des Phéniciens/Chaldéens voire Cananéens. Le chemin des condamnés, la place du carcan témoignent de son autorité originelle. C'est de là que le roi Ambicat, vers l'an 600 avant J.C., envoya le trop plein de ses populations avec ses guerriers celtes en deux expéditions de conquête jusque-là jamais vues, l'une sur Italie, l'autre sur l'Europe continentale. C'est de là que partit le seigneur gaulois Litavic, à la tête d'une armée de fantassins, pour se porter au secours de Vercingétorix. C'est cet oppidum qu'évoque César au sujet d'une curieuse affaire où des marchands romains furent pris à partie par la population. C'est dans ce castrum que siégeait le conseil de la ville cité par César. Voilà, ici, d'une façon absolument irréfutable ce qu'il faut nommer "castrum", la tour, et ce qu'il faut appeler "oppidum", l'enclos/refuge avec son rempart en arrière (5). Un médaillon sculpté sur marbre du III ème siècle nous apporte la preuve qu'il s'agit bien là d'une capitale fortifiée et mystique (la tour principale et la prison sont toujours là).  

Dans ma logique militaire, Cabillodunum/Taisey pourrait être la Nuerax d'Hécatée de Millet, Noviodunum/arx, la nouvelle forteresse, mot double à la fois latin et grec pour satisfaire tout le monde. Dans ma logique militaire, Bibracte, bis arx, la deuxième forteresse construite en position d'appui et refuge, en région montagneuse, serait la Bibracte de Strabon que je situe à Mont-Saint-Vincent, proche de Cluny, là où l'archéologue Henri Parriat s'interrogeait, au siècle dernier, sur les restes de murailles cyclopéennes qui s'y trouvaient encore. Le contour ovale de l'ancien oppidum rappelle celui de l'illustre ville de Troie et l'architecture de son église, celle du temple de Salomon. 

Après la conquête romaine, le nouveau pouvoir militaire s'installe tout naturellement dans le castrum de Taisey mais, curieusement, le préfet de la flotte se fait construire une demeure "à la romaine" en forme de palais, à son pied, à la Vigne-aux-saules, en terrain vague non protégé, probablement pour y percevoir les péages, à l'entrée d'une agglomération dispersée. C'est là que saint Marcel y est intercepté, présenté devant le gouverneur romain, conduit, bien évidemment, au castrum de Taisey pour y être enfermé dans la prison neuve "romaine", puis trainé à Sevrey pour y être supplicié. Nous sommes au II ème siècle, en l'an 177. Les actes de saint Marcel ne nomment pas textuellement le castrum de Taisey mais le qualifie de sanctuaire d'Ammon, le dieu païen d'Égypte, tandis que l'agglomération de Taisey est désigné sous le nom d'Argentomagus, le marché de l'argent, alias Taisey, Tasiacum, thesaurus, trésor. Or un exemplaire de la Notitia dignitatum - qui nous renseigne sur l'organisation romaine des pays conquis - nous indique qu'une fabrique d'armement s'y trouvait, à Argentomagus. (6)

Au III ème siècle, l'empereur romain enfant Salonin qui a succédé à son père Gallien siège toujours à Taisey ainsi que dans son palais de la Vigne-aux-saules. Sur un fond de remparts qui rappellent ceux de Jérusalem, il décide qu'une cathédrale sera construite au bord de la Saône et que l'autorité passera de l'ancien conseil de Taisey/Cabillodunum au conseil de la nouvelle ville qui va s'élever au bord du fleuve. (6)

Succédant à Salonin dont il était pour ainsi dire le protecteur avant, tout simplement, de le déposer, l'empereur gaulois Posthumus fonde officiellement la nouvelle ville entourée de son rempart en étroite collaboration avec Victorinus César, l'héritier légitime probable de la dynastie toujours chaldéenne/celte de Mont-Saint-Vincent/Bibracte, et avec l'aide financière des riches colonies judaïques (7). Dans la cathédrale/temple dit d'Apollon, les deux Victorinus sont sculptés dans un chapiteau, portant l'étole, ce qui signifie qu'ils sont toujours, conformément à la tradition juive, les grands prêtres officiant dans le monument et peut-être pas Posthumus comme je l'ai un moment pensé.

En 274, l'empire gaulois s'écroule. Vainqueur aux abords de Chalon, à Champforgueil, l'empereur romain Aurélien reçoit la reddition de la ville en installant son trône dans le toujours palais de la Vigne-aux-saules.

12 ans après, en 286, y trône l'empereur romain Maximien, le tétrarque qui a ramené la Gaule dans l'empire romain, et le pays éduen, mais aussi Gergovie comme le montre une médaille où figure l'oppidum.

En 306, le rhéteur Eumène nous apprend que le palais du César Constance Chlore se trouve à Augustodunum/Mont-Saint-Vincent, donc antique Bibracte. Il ne peut s'agir que de l'ancien palais des fondateurs Chaldéens/Celtes et des seigneurs gaulois Eporédorix (probablement toujours existant).(8)

Vers la même date, Augustodunum/Autun, simple colonie de Mont-Saint-Vincent/Bibracte est refondée et devient une vraie ville entourée de remparts en même temps que sort de terre sa majestueuse cathédrale vouée au futur empereur Constantin. (9)

Tout cela ne va pas sans troubles. Bandes bagaudes, Gaulois rebelles, pillards allamans, etc, on a l'impression que toutes ces conflits se passent autour des oppidum militaires, en dehors des villes retranchées qui continuent à célébrer plus ou moins tranquillement leurs offices dans leurs cathédrales judaïques. Le palais de la Vigne-aux-saules, en dehors de l'agglomération, en est un indice étonnant.

Il faudra attendre l'empereur Julien pour que celui-ci préfère vivre dans la ville plus agréable de Vienne.

Vers 350, la basilique de Vèzelay est dédiée à cet empereur tandis que Paris s'annonce comme une future capitale, mieux placée au centre de l'hexagone. (10)

Vers 441, quand Attila s'approche pour piller la ville chalonnaise, c'est Herrich, roi des Burgondes, peuple guerrier mercenaire, qui va à sa rencontre aux abords du castrum de Taisey et qui sauve la ville en lui payant rançon. Cela se passe avant la bataille des champs catalauniques où Attila mordit la poussière, en 451. (11)

En 534, le conflit entre les Burgondes et les Francs, là encore, se règle en dehors des villes, par la victoire des seconds lors de la bataille d'Augustodunum/Bibracte/Mont-Saint-Vincent, en pleine zône montagneuse.

 En 585, le roi franco-burgonde Gontran fait construire un monastère dédié à saint Marcel, à Hubiliacum (Sevrey), à côté de sa basilique ; et les deux monuments sont toujours là. Étonnant ! Une petite église de campagne croyant dans un christ venu alors que la ville de Chalon continue à officier, à l'intérieur de ses remparts, dans sa grande cathédrale/basilique dont les chapiteaux honorent un christ essénien à venir mais qui est peut-être venu.

Vers 592, en mourant à Chalon, le roi franco-burgonde tout puissant Gontran prouve qu'il occupe toujours l'antique forteresse de Taisey même s'il séjourne principalement dans son castel de Mont-Saint-Vincent/Augustodunum/Bibracte. C'est d'ailleurs là que la reine Brunhilde lui succèdera.

En 732, Charles Martel, prince de Neustrie et d’Austrasie, remporte sur les Sarrazins sa célèbre victoire de Poitiers. Childebrand, son frère, devient comte d’Augustodunum, c'est-à-dire de Mont-Saint-Vincent/Bibracte et de Chalon.

Succèdent alors de 830 à 1170, au castrum de Taisey/Chalon, d'importants comtes, de Guérin à Savaric de Donzy dit de Vergy.

De 1177 à 1200, la famille des Barres tient la position ; mais après l'échange du comté de Chalon par Jean de Chalon, c'est un Gaudin de Taisey, chevalier, qui occupe la maison forte au nom du duc de Bourgogne.

Ainsi se termine la grande histoire du site chaldéen/celte de Taisey/Cabillodunum, véritable capitale antique de l'avant France qui a rayonné sa culture chaldéenne/celte/cananéenne/essénienne/judaïque/chrétienne sur tout le pays et au-delà.

À la fin du grand siècle de Louis XIV, le site ressuscite dans le château versaillais dont le noble bourgeois Guillaume Magnien de Chalon a entrepris la construction. La construction se poursuit sous le règne de Louis XV. En 1815, la pièce prévue pour la chapelle n'est toujours pas terminée. En 1870, victime des troubles et des révolutions, le bâtiment se cache derrrière les arbres de son parc centenaire. En 1960, dans l'indifférence générale, un lotissement s'y installe tandis que le bâtiment est livré au vandalisme et à la maltraitance. J'ai racheté en trois fois ce qui restait du domaine, d'abord le château versaillais en 1976, ensuite la tour en 1979, ensuite ce qui restait du parc en 1981. Enfin, en 2005, le point de vue sur le site en montant la rue du château que tous les seigneurs locaux ont préservé jusque-là est saccagé par un nouveau lotissement, sur l'initiative conjointe de la commune, de l'architecte des bâtiments de France et avec l'approbation tacite de la DRAC et du préfet que j'ai pourtant alertés, et cela, sans l'intervention d'élus, qu'ils soient de droite ou de gauche.

Je suis étonné que personne n'ait encore compris que si, depuis 38 ans, je travaille chaque jour pour remettre en état le site, c'est principalement par fierté nationale pour qu'un jour, il soit montré aux enfants des écoles, aux touristes étrangers et aux Français d'origine plus récente que moi, tel qu'il témoigne de la grandeur de notre histoire antique et des origines de notre civilisation. Mais peut-être que cette chape de plomb sur laquelle je bute s'explique parce que mes propos contrarient, ainsi que mon action en faveur du patrimoine national ?

Emile Mourey, ancien officier de carrière, 30 octobre 2014.

Renvois. 

1. Il est absolument ahurissant qu'on ait placé la capitale éduenne dans un Morvan aussi inhospitalier et couvert de forêts. Position essentiellement stratégique occupée successivement par les Arvernes, les Germains d'Arioviste et les Boïens, le mont Beuvray n'est que le site de Gorgobina cité par César. Les vestiges archéologiques mis au jour, le texte de César, la bataille de Magetobriga à Mesvres, sont des preuves irréfutables. 

2. J'ai été beaucoup critiqué sur ce rapprochement par des soi-disant spécialistes qui le jugent impossible dans la rigueur de leur raisonnement étymologique. Argumentation un peu trop facile quand on constate, encore à l'époque de la guerre des Gaules, comment les noms des chefs gaulois varient dans leur orthographe.

3.L'implantation celte : http://www.bibracte.com/mon_histoire_de_la_gaule/de_la_veritable_origine_des_celtes.html
Là aussi, les preuves abondent pour situer Gergovie dans l'ancienne ville murée du Crest : une bonne traduction du texte de César, de Polyen, de Sidoïne Apollinaire, un antique chapiteau qui représente la forteresse, le dessin du héraut d'armes Guillaume Revel, son temple toujours existant.

4. L'Atlantide de Platon, c'est un éclairage fabuleux sur la Gaule antique http://www.agoravox.fr/culture-loisirs/culture/article/gergovie-est-elle-l-atlantide-19859

5. Consilium publicum (DBG VII, 43)

6. Le martyre de saint Marcel et un jugement à la Salomon http://www.agoravox.fr/tribune-libre/article/un-jugement-de-salomon-au-temps-89757

7. http://www.agoravox.fr/tribune-libre/article/pourquoi-leonard-de-vinci-a-t-il-147425

8. http://www.agoravox.fr/tribune-libre/article/au-iiieme-siecle-le-plus-beau-86738 et http://www.agoravox.fr/tribune-libre/article/bibracte-et-les-errements-de-la-138532

9. http://www.agoravox.fr/tribune-libre/article/iveme-siecle-la-basilique-gauloise-87057

10. http://www.agoravox.fr/tribune-libre/article/vezelay-la-basilique-de-l-empereur-87450

11. http://www.agoravox.fr/tribune-libre/article/les-burgondes-histoire-patrimoine-137046

Pour plus de références, se reporter au site du journal citoyen Agoravox où j'ai publié plus de 280 articles ainsi qu'à mes ouvrages www.bibracte.com



21 réactions


  • Electric Electric 30 octobre 2014 14:26

    C’est toujours un plaisir de vous lire Emile.

    Une question : connaissez vous la thèse du Dr Carotta qui assimile Caius Julius Caesar à Jésus Christ ?

    http://www.carotta.de/eindex.html

    http://divusjulius.wordpress.com/goc/gocdl/

    http://www.carotta.de/subseite/texte/articula/Fulvia_fr.pdf

    http://www.carotta.de/subseite/texte/articula/LiberaliaTuAccusas_en.pdf

    http://www.carotta.de/subseite/texte/articula/Orpheos_Bakkikos_en.pdf

    http://www.carotta.de/subseite/texte/jwc_e/introit.html

    Gros boulot. Linguiste distingué (syrien, araméen, hébreux, latin, grec, et langues communes du XXème siècle).


  • Emile Mourey Emile Mourey 30 octobre 2014 14:53

    @ Electric


    Bonjour,

    Non, je ne connais pas. Moi aussi, je pense, au minimum, qu’il y a un parallélisme. Par exemple, le culte de l’empereur, célébration de sa naissance, apothéose à sa mort. L’idée de cet auteur est intéressante mais il faut inverser la relation. L’iconographie de Vézelay qui, à mon sens, célèbre Julien empereur est révélatrice. L’esprit de Jésus, christ dans le ciel, descend sur terre comme l’a annoncé le protévangile de Jacques mais il s’incarne dans l’empereur Julien qui est ainsi présenté au peuple comme le nouveau sauveur.

  • Electric Electric 30 octobre 2014 15:45

    Merci de votre réponse. Je ne saurai trop vous conseiller la lecture des travaux de Carotta. Cela rejoint ce que vous dites à propos de Julien, une transposition tardive.

    En gros, la thèse de Carotta :

    Le personnage historique de Jésus n’était autre que Caius Julius Caesar, né d’un Déesse (Vénus), mort pour le 15 Nizan, soit à Pâques, et ressuscité le 3ème jour (le 17, jour des Liberalia, du Liber Pater) pour aller s’asseoir à la droite du Père, Jupiter.

    Son effigie en cire a été symboliquement crucifiée au pied du mont du crane (Golgotha) le jour de ses funérailles par Fulvia et son mari Marcus Antonius, auteurs du premier évangile de Marc. En cela, Fulvia a reproduit les funérailles de son premier mari Publius Claudius Pulcher.

    Elle jouera le rôle de Marie Madeleine dans les Evangiles. Selon le Dr Carotta, Fulvia joua un rôle central dans la naissance du premier Evangile. Elle fut par ailleurs la première femme de l’Empire a avoir son effigie gravée sur une monnaie (Lugdunum). Elle leva une armée et occupa Rome.

    Caesar était un populare, assassiné pour sa réforme monétaire, économique fiscale et agraire, il a pris partie à l’époque pour les 99% contre les 1% de possédants :

    http://armstrongeconomics.com/693-2/2012-2/anatomy-of-a-debt-crisis/

    Caesar fut un génie économique. Sa réforme monétaire, fiscale et agraire montre qu’il avait très bien compris le caractère dynamique de la monnaie. Sa réforme pourrait servir aujourd’hui de modèle à la résolution de l’actuelle crise de la dette (bis repetita).

    Caesar était réputé pour sa clémence (Clementia Caesaris), et bcp de ses statues sont des « Pieta ». Comme Jésus, il a été assassiné, pour avoir été accusé de vouloir devenir Roi.

    Une découverte récente en Espagne, considérée comme la plus vielle représentation du Christ, nous montre un Jésus imberbe vêtu en toge de « philosophe grec » :

    http://www.dailymail.co.uk/news/article-2780928/Beardless-Jesus-unearthed-Spain-Image-Christ-4th-Century-plate-short-curly-hair-wearing-toga-sheds-new-light-appearance.html

    La famille Iuli possède un tombeau sous l’Altar de la Basilique St Pierre. Les funérailles de Caesar ont eu lieu le jour des Liberalia, la fête dyonisaque du partage du pain et du vin. Le pin coupé faisait aussi partie de la célébration des mystères du printemps auquel on accrochait moult colifichets.

    Visite de la crypte du Vatican avec la tombe des Iuli, montrant Caesar montant aux cieux. Réinterprété par l’Eglise comme Jésus montant aux cieux.

    http://www.vatican.va/various/basiliche/necropoli/scavi_english.html

    Au moment des jeux d’été 44, présidés par Octavius en l’honneur de Julius, une comète est apparue, ce qui fut interprété comme l’âme de Caesar descendant sur le divi filiu (incarnation du ciel vers la Terre, identique à votre thèse sur Julien) . Caesar (Divus Julius) a été fait Dieu de son vivant, ainsi qu’Octavien, le futur Auguste qui donnera un caractère solaire à son règne, le nouvel Apollon.

    Dans les Evangiles, Octavien est le Jésus solaire de l’enfance (blond au yeux bleus comme Octave et le jésus de nos crèches), pendant que le Caesar de 49 à 44 est le Jésus de 30 à 33 ans (qui meurt brun sur la croix). C’est Calpurnia, beaucoup plus jeune que Caesar, qui joue le rôle de Marie pleurant la mort de Jésus, en fait Caesar que l’on a déposé sur le pas de sa porte et qu’elle tient dans ses bras dans la célèbre statue de Raphaël. C’est pourquoi Marie apparait toujours aussi jeune dans les représentations ultérieures.

    Le christianisme est fait d’un mélange des anciens mystères dyonisaques (sacrifice, eucharistie) et du culte solaire lié à Apollon et Mythra, dichotomie que l’on retrouve dans tous les textes :

    https://archive.org/details/lesmystrespaens00loisgoog

    Le culte de Caesar s’est perpétué dans tout l’Empire, à travers les Caesare et les anciens légionnaires devenus propriétaires, car les Acta Caesaris ont été sauvés lors des négociations avec les meurtriers Cassius et Brutus : le pardon contre l’application des lois sociales césariennes. (ce qui n’empêchera pas Octavien de les pourchasser jusqu’au dernier, rompant par la même la philosophie du pardon et de la clémence envers ses ennemis d’hier prônée par Jules qui fut le premier à rompre avec la vengeance).

    Octavien a placé son règne sous la protection d’Apollo, alors que Caesar fut déclaré « Parens Optime Meritus » par Marcus Antonius, ce qui à l’époque pouvait s’interpréter comme « celui qui a donné sa vie pour la patrie », en terme chrétien, celui qui a connu la passion.

    Les frontières de l’Empire romain se juxtaposent parfaitement avec celles du christianisme, et pour cause. Cela explique très bien la diffusion simultanée du christianisme à tout l’Empire, en tout cas bien mieux que selon la légende d’apôtres solitaires arpentant l’Europe.

    Les flaviens (Vespasien et Titus) ont ensuite relocalisé le culte en Palestine pour acheter la paix religieuse auprès d’un peuple juif remuant et contestataire dont ils venaient de détruire la ville phare, volant les objets rituels les plus sacrés. Ils construisent alors leur propre légende divine. Les recherches menées par Abelard Reuchlin indiquent que c’est probablement la famille Calpurnius Piso (belle famille de Caesar) qui a rédigé les Evangiles complets avec les actes au tournant du 1er siècle, se mettant en scène de façon codée dans la version en grec (où comme en hébreux, les lettres ont valeur de chiffre).

    La conversion paulinienne a été l’artifice trouvé par les auteurs pour convaincre le peuple juif de suivre le culte nouveau, un culte qui s’adressait aussi aux gentils (débats sur la circoncision avec Pierre et autres). Tout a été fait pour que les juifs ET les gentils se retrouvent ensemble devant les mêmes autels, pour la plus grande gloire de Rome.

    Certains juifs instruits n’ont pu que refuser ce nouveau culte, un culte à un empereur. Ce refus sera aussi celui des esclaves, des citoyens de seconde zone qui refuseront cela et deviendront les premiers martyrs, martyrs récupérés ensuite après Constantin.

    Le christianisme authentique est celui des petits propriétaires, les anciens légionnaires de Caesar, relogés dans tout l’Empire, gaulois et germains pour la plupart en Palestine. Ils vénéraient Caesar et sa clementia. Le christianisme institutionnel est celui d’Octavien, le nouvel Apollon, qui soutient les latifundistes, vengeur et autoritaire.

    Cette dichotomie se retrouve au cœur des débats qui animent encore aujourd’hui le christianisme.

    Au cours de la relocalisation, Gallia est devenue Galilea, Corfinium Capharnaum, le Rubicon le Jourdain. Paul, personnage fictif, se confond avec un autre personnage fictif (selon Reuchlin) : Flavius Josèphe. Des historiens comme Tacite ou Suétone étaient probablement complices.

    Le « frère » et néanmoins ennemi de Caesar, à savoir Pompée, prendra le rôle de Saint Jean Baptiste. Sa tête finira sur un plateau, comme celle de Jean.

    La religion chrétienne ne fera que reprendre l’ancienne organisation de la Rome antique pour prospérer (prêtres, Evêques, diocèses, architecture (le roman), jusqu’à l’actuel Pontifex Maximus).

    On retrouve aussi la dichotomie chrétiens d’orient (plus dyonisaques) / chrétiens d’occident (Apolloniens, solaires, autoritaires).

    Enfin, Carotta voit dans les monnaies frappées sous Octave le Chi Rhô qui deviendra l’emblème chrétien :

    http://www.romancoins.info/12C-JulioClaud.HTML#Caesar

    L’étoile à 6 branches surmontée de la comète !

    Bref, les travaux de Carotta, et notamment le film en lien ci-avant, la reconstitution des funérailles de Caesar à Rome sont à prendre avec sérieux, pour farfelus qu’ils apparaissent au prime abord. Les parallèles avec les rites cultuels encore en vigueur dans le sud et principalement en Espagne est troublante.


    • Emile Mourey Emile Mourey 30 octobre 2014 18:57

      Je comprends bien la pensée de Carotta mais, à mon avis, il fait fausse route en faisant des rapprochements qui, en effet, existent mais qui s’expliquent d’une façon beaucoup plus logique en accord avec les textes. Toutefois, je ne dis pas que les communautés esséniennes qui ont écrit, selon moi, les évangiles n’ont pas « pioché » une partie de leur « inspiration » dans la vie de Jules César ou ailleurs, ou été influencées, mais je crois plutôt que depuis le Ier siècle avant JC, le monde antique baignait dans une atmosphère de croyances et d’espérances judaïques beaucoup plus prégnante et étendue qu’on ne pense, notamment dans l’espérance de la venue d’un sauveur. Rien d’étonnant à ce que César, Octave, et leur entourage aient joué l’équivoque pour flatter une Gaule en voie de judaïsation messianique, sans toutefois aller jusqu’aux affirmations évangéliques qui ont suivi, ce qui n’aurait certainement pas été accepté, à cette époque, par les sénateurs de Rome.


      Pour moi, la plus intéressante, authentique et plus belle représentation d’un Jésus, virgule, Christ, date du III ème siècle après J.C. et évoque la prise Jérusalem par TItus, mais il est dans le ciel http://commons.wikimedia.org/wiki/File:Leoni_Bekehrung_des_hl_Paulus_BNM.jpg. La plus authentique représentation d’un sauveur juif espéré date du Ier siècle avant J.C, avant l’arrivée de César en Gaule. Son visage a pu inspirer les représentations qui ont suivi mais son nom est Cléopas.



  • Laulau Laulau 30 octobre 2014 17:04

    Un article de rêve, écrit par un rêveur. J’ai déjà beaucoup de mal à croire les archéologues et leurs déductions quelquefois hâtives sur des sites historiques. Mais alors, vos rapprochements sont vertigineux. L’imagination est une qualité dont vous êtes très pourvus .... un peu trop, à mon goût.


  • Antenor Antenor 30 octobre 2014 17:54

    On peut aussi rapprocher les Keltoi de Keto, le monstre marin des mythes grecs qui a engendré les trois gorgones d’Occident (Gaule, Espagne et Grande-Bretagne ?). Cette même Keto symbolisant sans doute la puissance maritime chypriote de Kition, la Kittim biblique.

    Du point de vue linguistique, il est plus logique de chercher l’origine des Celtes du côté des indo-européens d’Egée-Anatolie plutôt que de celui des sémites de Canaan.

    Peut-être que Kition était au départ une colonie de Kinneret qui a ensuite essaimé à son tour vers l’Occident avec les Grées (les trois petites iles de Malte ?) puis les Gorgones.


  • Emile Mourey Emile Mourey 30 octobre 2014 19:38

    @ Antenor


    J’ai cru, un moment, que la linguistique pouvait être une piste. Peut-être, mais à condition que cela cadre avec une certaine logique et avec l’archéologie, sinon, c’est un piège, sachant par ailleurs que les migrants, plus cultivés que la masse populaire ne parlaient peut-être pas la même langue que dans le fond des campagnes ; peut-être, comme vous le pensez, un indo-européen. Il faut interroger les archéologues qui fouillent actuellement le site de Kinneret, car il est bien possible que le site, vu les tribulations de l’Histoire, ait été occupé à l’époque qui nous intéresse par une population, ou colonie, qui n’était pas à proprement cananéenne même si elle était considérée comme telle. Il ne semble pas qu’on y ait trouvé trace d’écriture. En revanche, poterie phénicienne, enterrement dans la position du foetus comme en Gaule, oui. Voyez mon article http://www.agoravox.fr/tribune-libre/article/les-origines-pheniciennes-de-notre-69205

    • Antenor Antenor 30 octobre 2014 20:26

      Il y a bien l’hypothèse d’une colonisation hittite en Canaan mais il est difficile de démontrer quelle langue était parlée dans cette région-carrefour.


    • Antenor Antenor 30 octobre 2014 21:04

      L’inhumation en position fœtal est pratiquée en Europe depuis au moins le Néolithique.


    • Emile Mourey Emile Mourey 30 octobre 2014 23:38

      Justement, cela établit tout de même un lien dans une croyance commune


  • Antenor Antenor 30 octobre 2014 22:09

    Y aurait-il un rapport entre Pégase libéré par Persée lorsqu’il tranche la tête de la Gorgone et le port de Pagases en Thessalie ???

    http://fr.wikipedia.org/wiki/Pagases

    Pégase symboliserait-il des colons thessaliens retenus en otage par des phéniciens chypriotes ?


    • Emile Mourey Emile Mourey 30 octobre 2014 23:36

      C’est très possible qu’il y ait un rapport mais comme le montrent certaines représentations, Pégase, ce sont plutôt les Celtes de Chalon (le cheval Epona) que dans une petite sculpture, la Gorgone/Gergovie tenait prisonnière et que Thésée/expédition grecque libère. Mais je crois me rappeler qu’il y a un lien avec la Thessalie.


  • Antenor Antenor 7 novembre 2014 18:11

    @ Emile

    Pour le lien linguistique entre Canaan et la Gaule, la piste la plus sérieuse à explorer est sans doute celle des marins Philistins / Kaphtorim / Keftiou. D’autant que la tradition situe à Jaffa la libération d’Andromède par Persée monté sur Pégase et armé de la tête de Méduse.


  • Emile Mourey Emile Mourey 8 novembre 2014 08:44

    @ Antenor

    Je ne connais pas cette tradition. Est-ce une piste sérieuse ? Peut-être, mais dans l’état actuel de la question, vous comprendrez que prudence s’impose. Voyez http://22.alloforum.com/peuples-i398904.html



    • Antenor Antenor 8 novembre 2014 10:06

      @ Emile

      C’est Pline l’Ancien qui situe l’action à Jaffa, confirmé par la tradition locale et son rocher d’Andromède. Dans d’autres textes grecs, l’action se situe en Ethiopie mais je pense qu’il s’agit d’une confusion avec l’ancien nom de Jaffa : Joppe. Si on rajoute à Joppe le « Het » fréquent dans les toponymes de la région, ça donne Het-joppe facile à confondre avec Ethiopie.

      Le culte de Céto rapporté par Pline appuie cette localisation.

      http://fr.wikipedia.org/wiki/C%C3%A9to#cite_ref-2

      http://fr.wikipedia.org/wiki/Jaffa

      Andromède est attachée au rocher de Jaffa parce que sa mère Cassiopée, la reine de Jaffa, a affirmé que la beauté de sa fille égalait celle des Néréides, filles de Doris. Poséidon, époux d’une Néréide, envoie le monstre Céto ravager Jaffa. L’oracle affirme que le roi de Jaffa doit sacrifier Andromède au monstre pour retrouver la paix. Elle est exposée sur le rocher de Jaffa. C’est alors que survient Persée de retour des Hespérides après avoir décapité Méduse et paralysé Atlas. Persée anéantit le monstre puis épouse Andromède

      En clair : Jaffa prétendait égaler la puissance de la flotte grecque dorienne sur les mers. En réaction, les Grecs doriens ont envoyé la flotte basée à Cition ravager Jaffa. La seule solution pour sauver Jaffa semble être de livrer la flotte de Jaffa aux Grecs doriens. La flotte est placée à l’entrée du port attendant stoïquement l’assaut des Grecs doriens. C’est alors que survient une autre flotte grecque mais argienne, qui drôle de hasard, vient de détruire la colonie de Cition en Gaule. Cette flotte grecque argienne va détruire celle des assiégeants doriens et une alliance est établie entre Argos et Jaffa.


    • Antenor Antenor 8 novembre 2014 10:31

      Persée étant l’arrière-grand père d’Héraclès et ce dernier appartenant à la génération de héros précédant celle de la guerre de Troie, on peut situer l’histoire de Persée vers -1800. Tyr n’émergera réellement que quelques siècles plus tard.


    • Emile Mourey Emile Mourey 9 novembre 2014 10:15

      @ Antenor


      Bien d’accord en ce qui concerne la confusion avec l’Ethiopie. L’histoire se joue sur les mers depuis les rivages de la Gaule jusqu’aux côtes de Palestine avec Chypre en position centrale. C’est, apparemment, l’histoire de la flotte grecque racontée en images, symboliques ou allégoriques. Pas facile à déchiffrer mais d’autant plus passionnant. Tout cela a un sens, et même ce Simon Pierre qui se trouvait à Joppé avant de recevoir du ciel l’ordre de se rendre à Césarée pose le problème de sa nationalité d’origine. On n’a pas fini de se poser des questions.

    • Antenor Antenor 10 novembre 2014 17:01

      Surtout que Céphas/Simon porte le même nom que le père d’Andromède, roi de Jaffa : Céphée

      Dans l’Evangile de Jean, Simon est dit « Fils de Jonas ». Dans l’Ancien Testament, le début du périple de Jonas débute à Jaffa.

      Le roc sur lequel Jésus voulait bâtir son église, c’était peut-être Jaffa ?!


    • Antenor Antenor 10 novembre 2014 17:03

      Jonas se rendait de Jaffa à Tarse... la patrie de Saul/Paul ! Etonnante coïncidence... 


    • Emile Mourey Emile Mourey 10 novembre 2014 18:37

      @ Antenor

      Oui, c’est assez incroyable ; il est clair que les auteurs des évangiles connaissaient leur histoire et le symbolisme attaché à certains lieux.

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