samedi 4 janvier 2014 - par alinea

Champ lexical : PRESSER

JPEG « exercer une force » :

On constate tous que le pouvoir n'est plus un pouvoir pépère qui organise, canalise, ordonne, dans tous ses sens, ou dans tous les sens, défend ses intérêts, bien sûr, mais avec l'aise de son assise, ce qui laisse un peu de mou au citoyen, un peu d'initiative, un peu de créativité.

On presse un citron, et nous en sommes au point que nous avons tous l'impression d'être des citrons.

On garde le jus, on jette le reste ; certains suggèrent qu'on puisse le recycler.

Deux interprétations sont possibles : quand tous les citrons seront pressés au point de n'avoir plus de jus, naîtra une révolte ; ou bien, n'ayant plus de jus- comme on dit d'un cheval qu'il a du jus, c'est à dire une énergie qu'il nous faut canaliser-, plus de révolte possible.

Mais presser, c'est aussi serrer de près une personne : « enfoncer, planter imprimer ».

On nous presse d'être consommateurs, on imprime en nous par toutes sortes de moyens le credo : soumettez-vous à la liberté. Oui, bien sûr, on nous dit cela : le libéralisme est la liberté d'entreprendre, entreprendre est le propre de l'humain, le moyen sine qua non, de se réaliser..., on plante le germe de la haine de l'autre, et on imprime dès le plus jeune âge, la seule voie possible : la concurrence, la rivalité, la compétition.

Mais comme par hasard ce mot possède sous tout rapport, un lien avec « abaisser » « simplifier » et « abattre ».

Incroyable ! On aborde également le « fouler au pied » et « frapper ».

On a affaire, là, à du solide ! À l'horizon, pas l'ombre d'une douceur. Nous sommes donc pressés d'obtempérer, d'obéir, de se soumettre- ce qui est dans la norme pour un peuple- mais en plus , nous somme pressés, au sens trivial du terme ; toujours à bout, à labours, en retard, jamais le temps ; vite vite ruons nous sur les soldes, sur les routes, dans le métro, sur les plages, dans les aéroports, enfin bref : hâtez-vous si vous voulez avoir un peu d'air.

Dès ses premiers emplois, nous dit Alain Rey dans son Robert Historique, « presser » est employé transitivement, au sens moral, pour « tourmenter, accabler » qui réalise sur un plan abstrait une valeur fondamentale, celle « d'exercer une forte contrainte ». On en vient à l'oppression.

Il est évident que nous ne sommes pas tous contraints, oppressés, tourmentés accablés, de la même manière . La forme pyramidale de notre société laisse, en son milieu, l'aise à certains de prendre un peu de recul face à cette oppression. Tout dépend aussi, naturellement, de la sensibilité de chacun.

Ainsi, la plupart des habitants de la frange du milieu, est assise sur une aise qui l'incite à ne pas s'ombrager des forces de l'ordre rencontrées à tous les coins de rues, dans tous les aéroports, les gares et les lieux qui, par nature et usage, rassemblent la foule. Ou l'agglutine. Aussi se sont-ils facilement adaptés aux fouilles, à la présence de protecteurs armés lourdement, et cela ne gêne en rien leurs transports gais vers le lieu idyllique de leurs vacances, dans des avions à l'air pressurisé. De la même manière, ils ne subissent pas, mais vivent sans ambages, les files d'attente très canalisées aux portes des musées des cinés des spectacles... ils ne s'offusquent pas d'être privés définitivement de leur Laguiole ou Opinel, que pourtant ils conservent depuis l'adolescence dans leurs poches, parce qu'ils voulaient récolter quelques lichens dans le grand Nord, ou quelques herbes dans le Grand Sud, ne râlent pas de se voir interdire le port d'une bouteille d'eau ou d'un flacon de parfum qu'ils pensaient offrir à leur hôte, le parfum, on le sait, étant le fleuron de la France.

La classe moyenne, qui bouge, mais toute la classe moyenne bouge puisqu'elle en a les moyens, est mûre, mûre pour la répression généralisée.

Car bien sûr, la répression, c'est parenté quasi incestueuse !

On s'habitue, que voulez-vous ; les choses ne sont pas venues d'un coup ; on s'habitue aux plans vigipirate, et à tout, puisque c'est pour notre bien ! Si un attentat a lieu à Islamabad, on s'en fout, c'est normal, mais à Boston, avec dix fois moins de morts, toutes nos écoles sont barricadées, et les parents, à la queue leu leu devant les collèges lycées ou écoles primaires acceptent cette entrave à la libre circulation, parce qu'ils le valent bien ! De l'oppression à la répression, il n'y a qu'un pas dont certains sont bien sûr de ne jamais avoir à le franchir. C'est cool, ça coule ! Parce que pour ces gens-là, l'oppression n'est pas harcèlement ni persécution, mais juste une « application avec force », qui ne les concerne pas. La gêne qui ressort de tout ceci ne les atteint pas, qu'ils l'occultent ou qu'ils l'ignorent, impressionnés depuis le berceau par l'obligation de docilité, ils obtempèrent sans même s'en rendre compte. S'ils se pressent au portillon, c'est sans rancune, la gêne ne les gêne pas, ils savent qu'ils ont bonne presse.

Ce n'est qu'apparence , voyez-vous, car un bon nombre d'entre eux sont dépressifs, à force d'être pressurés par leur conjoint ou leur supérieur hiérarchique ; mais les antidépresseurs eux aussi ont bonne presse. Tout baigne et rien ne presse ! Ils parent au plus pressé dans d'autres domaines de leur vie, porter le costume au pressing, en espérant que cette fois-ci il ne manquera pas un bouton-pression au pantalon, lire la presse, et subir les hautes ou basses pressions météorologiques. Et c'est déjà beaucoup.

Bien sûr ils peuvent être eux-mêmes sous pression dans leur boulot, ou savoir que leurs employés le sont, mais peu appartiennent à un un groupe de pression, c'est sûr. En revanche ils font montre d'empressement à l'égard de la hiérarchie mais sont peu empressés à soutenir le larron victime de l'oppression.

S'ils sont attentifs à la compression du personnel, ce n'est que pour s'aviser que leur nom ne figure pas sur les listes de dégraissage.

Bon, l'oppression ne consiste pas seulement dans le fait de subir la vue de quelques barrières, de quelques mitraillettes, casques ou autres boucliers en plexiglass ; du reste les âmes peu impressionnables rétorquent que c'est pire ailleurs ; avec raison, c'est vrai que quand je regarde en contre-bas, je me sens grande. Mais les âmes sensibles s'oppressent facilement, ceux qui ont besoin d'air aussi.

Vous n'êtes pas oppressés, vous, par la pub, les infos, la télé, toute parole lénifiante que l'on a décodée voici quelques lurettes ? Car c'est vrai, tant qu'on n'a pas compris, on prend pour argent comptant les faux billets tendus avec le sourire ; mais quand on a compris, diable, on ne supporte plus qu'on nous prennent pour des cons !

Être pris pour des délinquants en puissance, des fraudeurs potentiels, cela n'atteint guère tous ceux qui filent doux, par sagesse pragmatique, je n'en doute pas, et qui n'auraient idée ni de désobéir ni de sortir du rang. Ils s'installent aux normes, appliquent les règles, remplissent leurs papelards en temps et en heure sans être pressurés, se plient aux lois quand elles tombent, se soumettent aux contrôles et à force, ne voient pas qu'ils se multiplient, se resserrent.

Car s'ils ne sont guère impressionnés par toutes les manifestations de notre état policier, c'est qu'ils ont été impressionnés très jeunes, et marqués de manière indélébile jusqu'au tréfonds du moindre de leurs tissus, par un formatage qui n'avait rien de répressif parce qu'il était assez puissant et convainquant pour n'en avoir point besoin.

Mais quand on a compris, c'est insupportable !! Notre pâte alors, n'est plus à modeler, aiguisée, acérée, elle se rebiffe.

Cependant, une foule de nos concitoyens sont oppressés sans en connaître, ou vouloir en connaître la cause. La peur d'abord, la peur du lendemain, la peur du chômage, la peur du voleur ou du violeur auxquels on donne tous les noms, qui les pousse à fermer les volets les portes et les fenêtres, s'entourer de murs et de barreaux, une oppression quotidienne, volontaire, mais qu'ils ne conscientisent pas, tellement elle est devenue normale. L'oppression est le plus sûr et le plus rapide chemin qui mène à la mort psychique, avec toutes ses conséquences de haine, de repli sur soi, ou au contraire d'arrogance, d'exhibition.

D'autres ont trouvé la solution, s'arrêtent à ces certitudes, qu'il soit question d'endiguer toute immigration, sortir de l'Europe ou de l'Otan, sans vouloir prendre garde au fait que dans l'Otan, nous n'y sommes que depuis peu de temps, et que l'Europe n'est pas une cause mais un symptôme ; certes prendre une aspirine peut passer un mal de tête, mais j'ai bien peur que dans notre cas, cela ne suffise pas ! D'ailleurs je suis sujette à cette peur-là.

Mais, me direz-vous, on met des oeillères à un cheval, ainsi, non sujet à des frayeurs soudaines, il nous conduira à bon port ; c'est vrai ; du reste, je ne suis pas l'ennemie de ceux-là, qui suivent le faisceau de leur lampe de poche, avec détermination et obstination.

Cependant, ceux qui sont réticents à emprunter ce passage conseillé, conscients, eux, de la cause, seront vite rattrapés, réduits au silence après moult répressions plus ou moins notoires, ils subiront l'exil à l'intérieur même de leurs frontières, se retireront ou bien mourront, tout bêtement.

Les plus costauds s'adaptent, c'est la règle, à moins qu'ils ne soient les plus faibles, contraints pour survivre de ne pas voir la réalité en face, car je sais que l'inconscient parfois nous protège.

Tous les enseignants se sont adaptés aux nouvelles conditions insanes de leur profession ; ils récupèrent pendant leurs congés, en voyage, se ressourcent en des lieux orientaux, pratiquent les arts martiaux, le yoga ou zazen, baissent les bras en réalité et laissent filer les heures .. aux ministres de mettre leur grain de sel dans le gâteau ou leur cerise dessus.

Mais surtout, les consommateurs sont de moins en moins rassasiés, et pour cause ! Je passe l'obsolescence des produits qu'ils achètent, les services , voyons les services, une foire d'empoigne pour y avoir droit, un parcours du combattant pour le moindre recours et trouver, face à soi, des géants, tous cousins, soutenus par les lois, entretenus par les impôts !

J'ai idée que la répression devra être terrible pour endiguer la déception agacée puis révoltée de tous ceux qui ont tout bradé pour la sainte consommation ! Abandonné leur savoir-faire, dédaigné le fait-maison, ricané de la débrouille, oblitéré jusqu'à leur imagination, négligé la frugalité !

Aujourd'hui : arnaque à tous les carrefours.. et toujours les plus nantis pour le dénier ! Ou les plus aveugles pour ne pas le voir, ou les plus optimistes pour l'occulter. Mais, à mon sens, toujours des mauvaises raisons.

Tout ne tient qu'en force, en force d'inertie. On sait bien que celle-ci n'est pas éternelle ! Tout ne tient qu'à bout de bras, on sait bien que les muscles finissent par se tétaniser.

Au bout du compte, il semble bien que nous ayons attrapé la carotte tendue comme appât devant notre nez depuis des décennies, le pompon du tour de foire, mais que celui-ci et que celle-ci s'avèrent très décevants ; la déception est une pilule amère, dure à avaler, aussi faudra-t-il attendre que tous aient accepté cette réalité avant d'en envisager une autre ; les durs à cuire sont encore trop nombreux qui cherchent ailleurs la source de leurs maux.

Mais pour moi, la course est finie, les petits tours qui se font encore, ne sont que des restes d'habitude et j'espère que le mal déjà fait n'est pas trop profond, parce qu'en réalité, c'est bien, c'est très bien que tout ça s'arrête.

Parce qu'il ne reste d'aise qu'aux nantis, et à eux seuls.

Ils ont l'allant de soi qui fait glisser les quelques brimades qu'ils pourraient subir ; on minimise, on en rit, on étouffe l'affaire, histoire de ne pas se gâcher le plaisir...surtout, on ne s'en plaint pas... mais j'ai déjà raconté tout ça.

Rien ne m'exaspère plus que cela : réduire à une ordinaire insignifiance la manifestation, pourtant, du signifiant.

Mais on ne peut contraindre un âne à boire s'il n'a pas soif ni un bout de bois mort à souffrir quand on le taille. On ne peut contraindre la certitude à devenir doute ni une névrose à se soigner.



19 réactions


  • gaijin gaijin 4 janvier 2014 09:28

    salut alinéa
    pression , oppression, répression
    ça donne soif ton histoire : garçon un demi !
    ça serait drôle si ce n’était pas dramatique mais tu décris très bien la situation : les éléments de la dictature de mettent en place et la manière la plus lente est la plus efficace : le livre dit : « quand on marche sur du givre la glace n’est pas loin » ( yi king )
    c’est toujours pour notre bien ne vit t’ on pas dans un monde merveilleux ? pour nous protéger ....y compris de nous même ....

    prochaine étape les puces intradermiques :
    on nous y habitue pour nos animaux
    ensuite on nous les vendra comme le dernier gadjet a la mode
    ensuite elle permettront de suivre notre santé ( quand on vous dit que c’est pour votre bien )
    ce qui permettra de les rendre obligatoire de fait par le biais des assurances
    plan en 3 temps :
    1 incitation si t’a puces tu paye moins cher 
    2
    répression si t’a pas ta puce tu paye plus cher
    3 obligation : ( quand il ne restera qu’ une poignée de récalcitrant ) si t’a pas ta puce t’est pas assuré 
    vous verrez c’est très bien les puces ça vous géolocalise ne cas d’accident ça suit votre santé ......
    ( pas de problèmes au niveau 3 pour ceux qui n’auront pas les moyens elles seront remboursées par la sécu )
    et puis un jour .....
    ça vous oblige a manger ce qu’on vous dit pour ne pas accroitre votre taux de cholestérol, votre voiture ne démarre plus si vous avez consommé de l’alcool .....
    vous ne pouvez plus quitter le pays ......
    on vous coupe l’eau si vous ne votez pas ....ou pas comme il faut .....
    mais vous serez en sécurité , protégés, protégés de la liberté .....

    au fait pour ceux a qui ça aurait échappé ce système existe déjà pour les vaches : alimentation pilotée par ordinateur en fonction du rendement de la vache ......
    meuuuh non ???
    bêêêê si !!!!
    la Vache !!
    oui comme tu dit la vache ! et ben elle vit dix ans de moins ..... mais elle est rentable ...

    http://www.youtube.com/watch?v=MjRK-0_NTUY&feature=plcp


    • alinea Alinea 4 janvier 2014 11:21

      C’est tout à fait ça ! ( merde j’ai oublié la bière !)
      Quand un vieux cheval meurt, qui n’a jamais été pucé parce que ce n’est pas si vieux l’obligation de le faire, la SARIA ( boîte privée maintenant) ne te l’embarque pas ( s’il l’est, c’est 600 euros tout de même !) mais il est interdit de l’enterrer ; si on te dénonce, tu vends ta baraque ; alors qu’est-ce que tu fais ? Tu le puce post mortem ; c’est 150 euros je crois ! mais les chevaux sont un signe extérieur de richesse, la preuve, j’en ai trois !!
      Eh bien, quand nous ne serons pas pucés, on ne nous brûlera pas et comme il sera interdit de nous enterrer, c’est polluant quand même ! et bien on nous mettra une puce post mortem ; il faut dire que tout ça fera grimper le PIB ! et tu peux être sûr qu’il s’en trouvera à la pelle, des gens pour faire cela ! Il faut bien gagner sa vie n’est-ce pas ?
      Bonne année gaijin


    • gaijin gaijin 4 janvier 2014 11:36

      bonne année ma puce smiley


    • Le421... Refuznik !! Le421 5 janvier 2014 11:23

      C’est tellement vrai ce que vous dites qu’il y a même des « conos » pour vous moinsser...
      Monde de tarés !!


  • Kookaburra Kookaburra 4 janvier 2014 13:11

    Pour moi c’est la pression de la presse, des médias, qui nous abrutissent qui m’exaspère et me rend au bord de la dé-pression. Mais, heureusement, le chien est pressé de sortir, et une fois sur le sentier dans la fôret, j’oublie toutes ces pressions politiques et sociales, pour laisser la joie si évidente du chien m’envahir. Bonne année Alinea.


    • alinea Alinea 4 janvier 2014 14:45

      Bonjour Kookaburra,
      L’oppression de la presse m’est, à moi aussi, insupportable ; je définis cette oppression par le fait que je la subis, je n’ai pas mon mot à dire, je ne peux pas « vérifier » les données ; je suis un canard qu’on gave, et « gaver » aux deux sens du terme ! On envahit ma mémoire au point de l’anéantir, on désarçonne mon esprit critique, sauf si je m’en tiens à « une » vérité, que je m’y accroche et que j’en fasse le filtre de tous ces apports !
      Alors ; comme je n’ai pas de vérité à laquelle m’accrocher, comme je fais une indigestion de ce gavage, je fais ma mauvaise tête : je boude !
      Je m’en sens beaucoup mieux ; et ici, je lis à droite, à gauche et, au moins, je peux donner un coup de gueule, applaudir ou demander des éclaircissements ; je ne me sens pas réduite à la passivité ! et je n’ai pas le sentiment que grand chose m’échappe !


  • Jason Jason 4 janvier 2014 13:26

    Ca alors ! Mille sabords et scrogneugneu ! Serais-je pressé sans le savoir ?

    Je ferme les écoutilles et me mets en plongée profonde. Zéro télé, pas de radio, adieu téléphone, sceller ma boîte aux lettres, et tout et tout. J’attends les presseurs qui prétendent arriver en trombes, avec leurs arguments urgents, leurs évidences incontournables, et leurs séductions fielleuses. Si vous ne faites pas ceci ou cela, vous courez un risque. Lequel risque, le doute, le lendemain, la main invisible, constituent l’horizon incontournable de l’homo oeconomicus.

    Sacrebleu, auriez-vous réussi à me mettre la puce à l’oreille ? Avant que les risqueux et les oppresseurs ne me la mettent ailleurs.


  • Fergus Fergus 4 janvier 2014 15:49

    Bonjour, Alinea.

    Beaucoup de vrai dans ce constat amer de ce qu’est devenue notre société, avec la complicité, il est vrai, de tous ceux qui subissent cette « pression » aux multiples visages.

    Pour ma part, je ne le ressens pas trop, nulle contrainte ne m’empêchant de randonner ici et là à ma guise sur les sentiers de montagne ou ceux des côtes bretonnes, nulle autre contrainte ne me privant des évasions musicales dont je suis friand. Je sors d’ailleurs d’écouter le 1er concerto pour violon de Joseph Haydn et je vais bientôt réécouter les superbes chants napolitains par la Nuova Compagnia di Canto Popolare (superbe !).

    Les espaces de liberté restent heureusement immenses...

    Je te souhaite une excellente année !


    • alinea Alinea 4 janvier 2014 17:40

      Bonjour Fergus,
      Je vous souhaite aussi une excellente année, pleine de ces virées et de ces photos dont vous nous faites profiter.
      Ne goûtant guère les loisirs, je me contente d’ être heureuse dans mon travail ; mais, depuis quelques temps, je ressens cette oppression, les terrains qui se ferment, appartenant désormais, non plus à des paysans, mais à de riches européens du nord ; les GR de mon coin sont envahis de quads et autres deux roues motorisées bruyamment, ça et là des marcheurs en troupeau avec leur cane de sport font le parcours vanté dans les gazettes de la région ; des panneaux indicateurs, des tracés , des voies de chemin de fer, à peine démolies, se font goudronner pour le plus grand plaisir des cyclistes et des rollers ! bref, la ville nous envahit, la belle ordonnance prévue d’en haut, uniformisation et tout le toutim ! mais il reste encore de grands espaces, heureusement, de beaux paysages, variés.
      Vous faîtes, autant que je puisse en juger, partie de cette classe privilégiée dont je parle ; vous êtes, comme vous le dîtes, protégé ; c’est un luxe dorénavant alors qu’il n’est pas si loin le temps où tout ça était normal !


    • Fergus Fergus 4 janvier 2014 17:54

      @ Alinea.

      A propos de cela, « les terrains qui se ferment, appartenant désormais, non plus à des paysans, mais à de riches européens du nord », il faut voir le bon côté des choses : au lieu de retourner à la friche, ces terres sont souvent sauvées par ces gens-là, de même que les habitations qui sont bâties dessus et qui tomberaient très vite en ruines. Je connais des cas de ce genre en Auvergne, mais aussi en Bretagne, de nombreux hameaux des Monts d’Arrée ayant été sauvés par l’arrivée des Anglais.

      Suis-je protégé ? Sans doute. Mais la protection de soi-même et de son entourage peut être liée à un état d’esprit, au moins partiellement, non ? Et tous les éléments qui concourent à la pression sur nous autres, les anonymes, ne sont pas à mettre sur le même plan. C’est ainsi que la pression des médias m’est insupportable, tant elle résulte d’une volonté délibérée de manipuler l’opinion pour servir les intérêts de l’oligarchie ; à l’inverse, je ne trouve pas la moindre pression dans les mesures de sécurité routière dont j’approuve largement la finalité.


    • alinea Alinea 4 janvier 2014 19:48

      C’est votre pragmatisme qui vous fait dire cela ; du reste je ne le critique pas !! mais je l’entends partout ; mon pauvre idéalisme qui aurait préféré que les petits ou moyens paysans prospèrent est mis à mal ! il semble que plus personne, jamais, ne se battra plus pour « la terre appartient à celui qui la travaille » ; car évidemment, quand les propriétés sont immenses, il y a des ouvriers dessus !! nous revenons, nous sommes exactement aux temps féodaux ; mais c’est un moindre mal n’est-ce pas ?
      Ma douleur sur ce sujet est sans remède ; pardonnez-moi !


  • Taverne Taverne 4 janvier 2014 18:49

    L’oppression ressentie aujourd’hui me paraît d’une même force délétère que celle exercée par le Pouvoir avant 1968 et qui provoqua l’explosion de la marmite. Même si la pression de nos jours est de nature différente - surtout fiscale en France - elle est très négative et dissuasive, brimante.

    Le Pouvoir censé drainer les énergies et propulser de actions positives se limite à exercer une forte pression permanente. Pression et mensonge allant de pair. La seule chose qui comte, la réélection, les postes...


    • alinea Alinea 4 janvier 2014 19:56

      Oui Taverne ; la pression est partout, je la ressens partout, mais la seule dont nous parlons est celle du pouvoir d’achat ; je ne nie pas son importance, loin de là, mais elle occulte toutes les autres, toutes les autres morts qui étaient, pourtant, la vie de notre culture. et il y avait tant à faire pour avancer ! patatras ! régression !
      C’est peut-être un oxymore, c’est surtout que les mots sont vidés de leur sens !!
      Merci Taverne, et je vous souhaite une bonne année, même si j’ai bien conscience de l’inanité d’un tel souhait ! une bonne année, positive et pleine de réalisations, pour beaucoup d’entre nous, renverserait peut-être, un peu, la vapeur ?


  • Taverne Taverne 4 janvier 2014 18:51

    Pardon pour les fautes de frappe.
    J’ai bien aimé « le credo : soumettez-vous à la liberté. »Oxymore à méditer...


    • alinea Alinea 4 janvier 2014 23:45

      Je la connaissais !! Tu avoueras que c’est employer les grands moyens ! sans compter que la plupart des ânes n’en ont plus !! smiley
      Mais est-ce que ça marche pour un type plein de certitudes ? smiley


  • claude-michel claude-michel 5 janvier 2014 09:02

    Bel article tellement vrai...++

    Personnellement j’ai toujours dit non au système en place (ce qui m’a valu moult déboires et tracas)...Encore faut il se donner les moyens de ce NON...ce qui hélas n’est pas la K pour la grande masse...a qui on apprend à dire oui depuis la tendre enfance...Notre société est étouffante..(voulue par la minorité qui gouverne)..Les peuples sont malléables serviles et lâches..En relisant l’histoire on y trouve toujours quelques Spartacus prêt à la révolte...mais à la fin écrasé par le système.. !
    Les hommes sont pollués...comme la nature c’est ainsi et pas près de changer il me semble.. ?

    • Fergus Fergus 5 janvier 2014 09:43

      Bonjour, Claude-Michel.

      Des déboires, j’en ai aussi connus en entreprise, précisément à cause de ce refus de jouer les moutons qu’acceptent en général sans sourciller la majorité des employés. Cela m’a valu d’être en général considéré comme un franc-tireur, qualificatif que j’ai bien volontiers accepté. A noter que si cette attitude m’a valu des déboires, elle m’a aussi valu une bien meilleure considération et l’accès à des postes de travail indépendants parfaitement en adéquation avec mes aspirations. 

      A chaque nouvelle étape de la vie, il convient, autant que faire se peut, de mettre très vite en place des barrières pour garder l’estime de soi et la goût de ce que l’on fait. Mais je reconnais que ce n’est pas toujours facile et qu’il faut avoir le caractère idoine. Une chose encore que les gens devraient savoir : il n’y a pas de pires couards que les chefs, petits ou grands ! 


  • Le421... Refuznik !! Le421 5 janvier 2014 11:27

    Quand, au nom de la sécurité, on laisse filer un peu de sa liberté, on finit par la perdre toute entière.

    Je ne me rappelle plus qui a dit ça.
    C’était au début du XXème siècle.

    Excellent article. Rien à redire !!


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