lundi 17 novembre 2025 - par Florian Mazé

Jean-Jacques Rousseau, coupable d’avoir pensé avant Michel Onfray !

J’apprécie Michel Onfray, et je partage nombre de ses analyses sur Cnews, notamment lorsqu’il démonte les hypocrisies de notre époque avec verve et clarté. Mais c’est précisément en philosophie qu’il lui arrive, paradoxalement, de trébucher, et gravement. Le 15 novembre 2025, sur Cnews, en s’attaquant à Jean-Jacques Rousseau et à son Discours de l’inégalité, Onfray a multiplié les contresens, les amalgames et les procès d’intention. Ce billet propose de rétablir les faits, de restituer la complexité du texte, et de démonter les procédés d’un procès philosophique à charge (pour tout dire, assez ridicule).

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Il est des matins où l’on aimerait que les philosophes se taisent ! Ce 15 novembre 2025, sur CNEWS, Michel Onfray s’est livré à un exercice de démolition du Discours sur l’origine et les fondements de l’inégalité parmi les hommes de Jean-Jacques Rousseau, avec une assurance qui confine à la caricature. Le paradoxe est cruel : Onfray, si souvent lucide lorsqu’il commente les dérives contemporaines, devient approximatif, voire injuste et démago, lorsqu’il endosse le rôle du professeur de philosophie. Il ne résume pas Rousseau, il le défigure et l’instruit à charge. Et c’est précisément cette posture qui mérite d’être interrogée.

Onfray théologien (! !) : contresens sur Calvin

Onfray commence par souligner les origines suisses et calvinistes de Rousseau, pour moquer sa croyance en un « homme naturellement bon ». Il y voit une naïveté théologique, une ignorance du péché originel (ignorance dont les catholiques, eux, seraient protégés). Ironie suprême : c’est Onfray, l’athée revendiqué, qui distribue les blâmes doctrinaux chrétiens ! Il oublie que Calvin, loin de nier la corruption de l’homme, en fait un principe central. Le protestantisme, sur ce point, est au moins aussi pessimiste que le catholicisme. Rousseau, de toute façon, ne parle absolument pas de bonté morale, mais d’un état antérieur à la société — un état qu’il nous faut concevoir par une sorte d’expérience de pensée — où l’homme serait simplement libre, d’une liberté animale, en dehors de toute structuration sociale, dans une innocence originelle. C’est une réflexion anthropologique, pas un exercice de théologie.

Le procès en cabotinage académique

Onfray reproche ensuite à Rousseau d’avoir voulu « faire l’original » pour séduire une société savante de l’époque appelée l’académie de Dijon. Il compare Rousseau à un élève brillant, mais cabotin, cherchant à attirer l’attention d’un jury fatigué. Mais Rousseau n’a pas remporté le concours et il a même essuyé, entre autres avanies, les railleries de Voltaire. Et son texte, loin d’être flatteur, est un brûlot contre les institutions, une contestation du progrès et de la civilisation. Ce n’est pas une dissertation de concours, c’est une provocation philosophique.

Le texte est disponible ici : Discours sur l’inégalité – Rousseau (Wikisource).

Fiction explicitement méthodologique de Rousseau, mauvaise foi « réaliste » d’Onfray

Onfray s’indigne du caractère fictif de « l’homme à l’état de nature », comme si Rousseau avait inventé un ancêtre imaginaire. Mais Rousseau le dit explicitement : cet homme n’a jamais existé, n’existera jamais, et ne saurait exister. Il s’agit d’une hypothèse de travail, destinée à démonter les discours qui naturalisent les inégalités, qui postulent que toutes les inégalités sont naturelles.

Michel Onfray, dans sa volonté de déboulonner Rousseau, lui reproche d’avoir inventé un homme à l’état de nature fictif, fantasmatique, et de nier les déterminismes biologiques. Il oppose à Rousseau une vision plus « réaliste », comme si le Genevois était un idéologue désincarné. Mais ce qu’il rate, c’est que Rousseau ne nie pas la nature — il la relativise. Il pose, avec une audace rare pour son siècle, la question de l’inné et de l’acquis, bien avant que la science ne s’en empare.

Rousseau affirme que l’homme n’est pas un bloc de pulsions naturelles, mais un être modelé par l’éducation, la société, les institutions. Ce n’est pas la nature qui fait le tyran, ou son esclave, c’est l’histoire. Ce n’est pas la biologie qui produit l’inégalité, c’est la coutume. Et là, surprise : Pascal avait déjà dit la même chose, un siècle plus tôt. La prétendue nature est une première coutume, lorsque la coutume est devenue une seconde nature. Autrement dit, ce que nous appelons naturel est le plus souvent le produit d’une longue acculturation.

Onfray, en opposant Pascal à Rousseau, commet donc un contresens. Il les imagine en duel, alors qu’ils sont en dialogue. Tous deux dénoncent les faux-semblants des idéologies naturalistes, les illusions d’un déterminisme grossier, les pièges de l’habitude. Tous deux montrent que l’homme est un être plastique, façonné par son milieu. C’est une anthropologie de la transformation, pas de l’essence. Rousseau et Pascal nous rappellent que la « nature » ne doit jamais servir à justifier l’ordre établi.

Ainsi, avec ce concept d’homme naturel, Rousseau pose la question — toujours ouverte aujourd’hui — de la part respective de l’inné et de l’acquis. Il montre que les forces de l’esprit comme celles du corps sont largement modelées par l’éducation et les choix de société.

La société comme facteur de corruption, une erreur de Rousseau — vraiment ??

Onfray tourne en dérision l’idée que la société corrompt l’homme. Mais cette intuition est validée par le bon sens : pourquoi éloignerait-on les enfants des mauvaises fréquentations, des contenus violents, des environnements toxiques, si la société n’avait aucune influence ? Rousseau ne dit pas que l’homme est un ange — il dit que les institutions et les usages peuvent amplifier les vices, voire les susciter. Élevez votre môme au milieu des dealers et des caïds et vous verrez, surtout dans un pays comme la France où la justice libère les criminels tout en persécutant les patriotes ! Bref : Rousseau ne nie aucunement la part obscure de l’humain, mais il nous montre au contraire comment la méchanceté, la perversité sont activées, encouragées, légitimées par la société, surtout lorsque celle-ci est inique ou décadente.

L’amalgame Rousseau–Robespierre

Du grand classique ! Onfray accuse également Rousseau d’avoir engendré Robespierre, comme certains accusent Marx d’avoir engendré Staline. Ou même Platon d’avoir engendré Hitler ! C’est une logique d’amalgame rétroactif, qui confond pensée et instrumentalisation. Rousseau est mort en 1778, Robespierre commence à s’agiter en 1790. Rousseau n’a jamais prôné la Terreur, ni même la dictature vertueuse. Il a réfléchi à la souveraineté populaire, à la volonté générale — celle qui veut l’intérêt commun et qui, d’ailleurs, n’est pas toujours majoritaire en voix —, à la liberté comme obéissance à la loi qu’on s’est donnée par le suffrage (direct).

C’est une pensée exigeante, pas un appel au meurtre. C’est effrayant d’entendre Onfray le souverainiste prononcer un réquisitoire contre l’un des plus grands penseurs souverainistes de l’Histoire ! Onfray devrait relire certains passages du Contrat social, qui seraient très anti-Union européenne de Maastricht avant la lettre : Mais le corps politique ou le souverain, ne tirant son être que de la sainteté du contrat, ne peut jamais s’obliger, même envers autrui, à rien qui déroge à cet acte primitif, comme d’aliéner quelque portion de lui-même, ou de se soumettre à un autre souverain. Violer l’acte par lequel il existe, serait s’anéantir ; et qui n’est rien ne produit rien. Sitôt que cette multitude est ainsi réunie en un corps, on ne peut offenser un des membres sans attaquer le corps, encore moins offenser le corps sans que les membres s’en ressentent. (Du contrat social, Livre I, chapitre VII)

Rousseau ne parle pas ici d’un souverain abstrait, mais du peuple en tant que corps politique, détenteur de la volonté générale. Toute soumission à une autre autorité — qu’elle soit impériale, technocratique ou économique — est une contradiction dans les termes. La pensée de Rousseau est une pensée de la souveraineté pleine et entière, qui refuse les demi-mesures et les délégations sans contrôle démocratique direct.

La parabole de l’enclosure et de la propriété : Onfray… mieux de se taire !

Onfray interprète aussi la célèbre phrase sur l’enclosureLe premier qui, ayant enclos un terrain, s’avisa de dire : Ceci est à moi... — comme une attaque contre le travailleur propriétaire. Onfray voit presque dans cette phrase, je caricature à peine, une légitimation rousseauiste du squat ! Mais Rousseau dénonce les grandes usurpations foncières, pas le potager du jardinier. Il défend même la petite propriété — très suisse — dans Le Contrat social, chapitre IX (texte ici). Ce qu’il critique, c’est l’accaparement, l’usurpation, l’inégalité criante entre ceux qui possèdent des domaines entiers et ceux qui n’ont rien.

Enfin, Onfray se réclame souvent de Proudhon, qui a pourtant écrit : La propriété, c’est le vol. (source). Une formule bien plus radicale que celles de Rousseau. Proudhon va plus loin, plus frontalement, plus violemment. Et pourtant, Onfray l’absout, le célèbre — tandis qu’il accable Rousseau pour une phrase modérée… C’est une incohérence, une sélectivité idéologique, qui trahit une lecture biaisée.

Bref : Michel Onfray, dans son rôle de polémiste, simplifie, caricature, psychologise. Il transforme la philosophie en tribunal idéologique, où Rousseau est jugé non pour ce qu’il écrit, mais pour ce qu’on lui prête. Il légitime le mépris de certains droitards ignares pour le grand penseur genevois ; chose facile puisqu’il réduit le rousseauisme à la caricature angéliste que certains gauchistes en font. Onfray oublie que penser, c’est complexifier. Rousseau, loin d’être un prophète du chaos, un précurseur de Mélenchon, ou un bisounours avant la lettre, est un penseur du tragique, de la lucidité, de la mesure. Il mérite mieux qu’un procès en sorcellerie médiatique !

Michel Onfray devrait se calmer un peu et comprendre que ses billevesées ne servent pas du tout la cause souverainiste et populaire.

 

Florian Mazé,

Professeur de philosophie, né en 1968, en exercice ininterrompu dans l’Éducation nationale depuis le 1er septembre 1990 — et pas du tout gauchiste !

 



39 réactions


  • riemann66 riemann66 17 novembre 2025 08:50

    Bel article, merci.

    J’aime aussi Michel Onfray et il m’énerve aussi assez souvent. Quand on parle (et écrit) trop on s’expose à dire des bêtises. Mais tant pis, il propose des pistes de réflexion et c’est à son honneur.

    J’en profite pour poser une question au professeur de philosophie :

    - Les croyants ont un livre Torah, Bible, Coran, ... sensé leur fournir toutes les règles de vie. Quel livre (ou ensemble de livres ) pourrait-on conseiller aux jeunes générations (entr’autres) confrontées à un monde sans repères et susceptible de répondre à leurs questions existentielles ? Leur évitant de tomber dans les pièges des innombrables sectes supposées y répondre. Il y a bien eu le Siècle des Lumières mais je n’arrive pas à en extraire un « écrit fondateur » et, pire, j’ai l’impression que quelqu’un ... a éteint la Lumière en sortant, nous laissant dans l’obscurité.


    • ZenZoe ZenZoe 17 novembre 2025 09:15

      @riemann66
      a éteint la Lumière en sortant, nous laissant dans l’obscurité.

      Oui, j’ai même lu quelque part que nous vivions dans ’’le siècle des ampoules grillées’’.


    • riemann66 riemann66 17 novembre 2025 09:20

      @ZenZoe
      Pas mal :)
      Il y a aussi ceux qui n’ont pas le Coran à tous les étages.


    • In Bruges In Bruges 17 novembre 2025 09:28

      @riemann66
      Ils ont le Coran alternatif, comme disait le regretté Rachid Taha...


    • Eric F Eric F 17 novembre 2025 12:09

      Quel florilège de bons mots !


    • jakem jakem 17 novembre 2025 14:46

      @riemann66
      Par exemple : Ze Bible et Aventurez-vous dans le monde de la philosophie ( Brenda O’Donoghue, Larousse )


    • jakem jakem 17 novembre 2025 14:57

      @jakem
      Plus didactique : Encyclopédie de la philosophie, La Pochothèque


    • Jean-Paul Foscarvel Jean-Paul Foscarvel 17 novembre 2025 22:59

      @ZenZoe
      De mon côté, j’avais comparé ce qu’était devenu Paris à une ville lumière sous abat-jour.


    • La Bête du Gévaudan 18 novembre 2025 01:42

      @riemann66

      La « neutralité axiologique » n’existe pas. Chacun a une conception métaphysique générale, dont il va prendre peu à peu conscience au fil de sa vie. Vouloir « échapper aux sectes » est très sympathique, mais cela ne veut pas dire grand chose. C’est même parfois le meilleur moyen d’y tomber (« qui veut faire l’ange fait la bête »). Il ne faut pas chercher dans un livre une vérité à suivre. Le livre agit de manière dialectique avec le lecteur. Je ne peux que conseiller à vos jeunes gens de lire les auteurs par eux-mêmes, et non à travers des commentaires (parfois passionnants mais souvent biaisés). Et oser lire aussi les « infréquentables »

      Si j’ai un texte à conseiller à un jeune, c’est La Loi de Frédéric BASTIAT. Ca réfléchit sur ce que c’est que la loi. Et d’une manière générale, les Pamphlets et Sophismes économiques de Bastiat. Ca se lit très aisément, c’est une très belle langue et très pédagogique à la fois... un peu comme Molière ou La Fontaine. Un grand littérateur, un moraliste à la fois populaire et profond qui décrypte l’économie et les rapports sociaux « à hauteur d’homme »... 

      « Dans trois ans tous les Français peuvent savoir lire. Croyez-vous que nous en serons plus avancés ? Imaginez au contraire que, dans chaque commune, il y ait un bourgeois, un seul, ayant lu Bastiat, et que ce bourgeois-là soit respecté, les choses changeraient ! » Flaubert, lettre à George Sand. 


    • Jean Keim Jean Keim 18 novembre 2025 08:01

      @riemann66

      Il faut au contraire se libérer des écrits et autres médias à caractère idéologique qui prétendent nous rendre libre, mais libre de quoi ? Libre de choisir un référentiel (une croyance ?) et de s’y tenir mordicus, en attendant d’en changer pour un autre, avec cependant toujours les influences rémanentes des précédents ; un tel choix sera toujours à terme une aliénation.

      Dès que les jeunes esprits sont en âge de comprendre, nous devrions leur enseigner que nous sommes ce que nous pensons, nous pensons suivant les idiosyncrasies de notre mode de penser qui continûment se structure au fil du temps qui passe ; si par exemple un individu âgé devait se retrouver brusquement plongé dans le mode de penser de sa jeunesse (un thème largement exploité par le cinéma), il serait n’en doutons pas, complètement déboussolé.

      Penser correctement ne consiste pas à accumuler des savoirs, mais au contraire se libérer de ces derniers quand ils sont inutiles en faisant régulièrement le ménage.

      Cependant pourquoi se priver de lire des ouvrages religieux à la conditions de ne pas gober leurs fariboles, il y a parfois malgré tout dans leur contenu quelques diamants dans leur gangue.


    • jakem jakem 18 novembre 2025 16:40

      @jakem
      Et celui-ci que j’vais oublié et que je devrais recommencer à lire et aller jusqu’au bout : Philosophie des Lumières , Locke, Diderot, Rousseau, Voltaire, Fr. loisirs ( un pavé ! )


    • riemann66 riemann66 19 novembre 2025 06:23

      @jakem
      Merci.


    • riemann66 riemann66 19 novembre 2025 06:24

      @jakem
      Merci.


    • riemann66 riemann66 19 novembre 2025 06:39

      @jakem
      Re merci. C’est exactement ce que je recherche. Un pavé, comme les autres, qui montre une autre voie, qui comble le vide, qui évite de tomber dans les certitudes assénées par les autres. Qui dit « Cogito ergo sum », accepte le doute, la réponse est dans le chemin. A Napoléon qui lui demandait « Où se trouve Dieu dans vos équations ? » Laplace répondait « Je n’en ai pas eu besoin » . L’intelligence mesure la capacité à vivre dans le doute. Dans l’abstraction. Et dans l’acceptation des idées différentes. C’est le message à faire passer aux jeunes générations. A mon avis.


    • Jean Keim Jean Keim 19 novembre 2025 07:25

      @Jean Keim

      Il est courant de mettre en cause la société ou un autre concept comme la guerre, la politique, l’armée, la prostitution, l’État (maous costaud celui-ci), pourquoi pas ! mais en ne perdant pas de vue que ce qui donne un sens à un concept sont les individus qui le composent et le font exister.


    • juan 19 novembre 2025 09:51

      @riemann66
      Bonjour, 
      « sensé leur fournir toutes les règles de vie. » ? Ah, je comprends pourquoi les djeunes musulmans Français après la charia... se permettent d’égorger des Français de souche en suivant les préceptes de haine planqués parmi les sourates... Tant que la franchouille se laissera bercer par des manipulateurs à la solde de l’Islam des Frères Musulmans, il en sera ainsi. Anecdote : J’avais noué des relations de respect mutuel avec un vrai croyant praticant avec lequel nous échangions en toute franchise. la dernière fois que j’ai eu l’honneur de le voir il m’a confessé ; faisant allusions aux sourates mortifères : « J’ai trois fils ; j’espère qu’ils ne deviendrons pas des soldats... » Oui l’islam est un danger tant que ce livre « saint » ne sera pas réformé... et c’est impossible car il est réputé avoir été transmis oralement à Mahomet, et donc les Muzz le considèrent comme non réformable.
      Alors tous les foireux qui font dans leurs chausses rien que d’entendre la moindre mise en garde, qu’ils soient les premiers à en crever ! Ce sont EUX les responsables de tous les crimes perpétrés sur le sol de la France, et ça bien sûr ils ne veulent pas l’admettre, préférant accuser les lanceurs d’alerte... cette bande de pourris !


  • ZenZoe ZenZoe 17 novembre 2025 09:14

    Merci pour cet article. J’ai vu l’émission de samedi et j’ai tiqué un peu moi aussi. Onfray, tout érudit qu’il est (on ne peut pas lui enlever ça) ,a aussi ses opinions et ses allégeances qui peuvent franchement obscurcir son discours et le rendre partial. Quand bien même, il reste toujours intéressant à entendre.


  • Eric F Eric F 17 novembre 2025 12:19

    Onfray parle brillamment, mais de manière aussi péremptoire quand il soutenait Besancenot en 2007 que quand il soutient désormais le souverainisme. 

    Le présent article, érudit et argumenté, montre que l’éloquence ne constitue pas une assurance de vérité.


  • Fergus Fergus 17 novembre 2025 12:55

    Bonjour, Florian

    Bien que n’étant pas versé dans le domaine de la philosophie, je partage très largement votre point de vue.

    Onfray est en effet capable de constats pertinents, mais il a trop souvent tendance depuis quelques années à livrer des analyses pour le moins spécieuses et injustes. 

    Est-ce pour faire parler de lui ? Ou se laisse-t-il griser par sa verve polémiste ?


    • mmbbb 18 novembre 2025 09:26

      @Fergus il est trop dans les médias .et sa parole se dilue .

      Mais ce prof aurait du rebondir sur notre monde contemporain .

      Et la ou Onfray a peut être raison est que la gauche qui se réclame de Rousseau, ce qui n est pas un reproche, a dévoyé la penseé de Rousseau .

      Du contrat social , on est passé à une définition « victimaire de la société »  ou désormais la responsabilté est éludée .

      L exemple de la famille Traoré s érigeant en victime .

      Quant a la propriété privée , elle n est plus préservée et garantie .

      Les gens du voyage peuvent s installer dans un champ , les teuffers aussi ,et saccager l outil de travail en toute impunité .

      Et les squatteurs  peuvent s approprier le bien d autrui et le propriétaire ne peut faire valoir son droit .

      Quant a l educ nat , il n est plus question de transmettre le savoir et d emanciper les esprits  et les eleves des classes pop seront plus intéresses par un M Bappe que par Rousseau .

      Le contrat social a volé en éclat , c est l ensauvagement de la société et l educ nat n est pas epargnée  .
      C est l exact inverse , la société a généré ses propres monstres puisque la societe l education les institutions n apportent plus un modele ,

      C est ce hiatus que cet éminent auteur aurait du avancer et non de rester au sujet philosophique et polémique .



  • mmbbb 17 novembre 2025 13:16

    ’ Onfray oublie que penser, c’est complexifier. Rousseau, loin d’être un prophète du chaos ’ 


    Je vous laisse le soin de complexifier  complexifier  !!!  Etre prof et employer ce verbe « valise » n est pas tres judicieux .


    «  Rousseau affirme que l’homme n’est pas un bloc de pulsions naturelles, mais un être modelé par l’éducation, la société, les institutions. Ce n’est pas la nature qui fait le tyran, ou son esclave, c’est l’histoire. Ce n’est pas la biologie qui produit l’inégalité, c’est la coutume. » 


    C est complètement faux une idée rousseauiste reprise par la gauche .


    Il y a des hommes qui naissent malsain , l esprit vicié  l histoire l a amplement démontré .


    Quant à l inégalité , c est la biologie , les pauvres souvent pauvre d esprit procréent et s abstiennent de toute responsabilité de leur acte .


    Une aubaine durant la révolution industrielle ou le patronat avait une masse salariale corvéable et la loi d airain etait la regle Malthus l avait compris et les libéraux dénigrent Malthus

    Aujourd hui les patrons s accommodent de cette immigration de masse .


    Vouloir reporter la destiné de l homme uniquement sur l environnement  sociéte education et la coutume est réducteur . L homme ne nait pas égaux sauf dans le Meilleur des mondes . De l inégalité biologique comme il en est de l inégalité des races .


    Quant a la propriété privée origine du mal , la revolution francaise a voulu crée " l homme nouveau ’ issu de la passion égalitaire et source des régimes totalitaires .

    Le résultat fut une grande réussite ! 


    PS Rousseau n a jamais prône la terreur , Il fut du siecle des Lumieres , La révolution francaise en est le fruit 

    Rousseau mourut avant l avènement de la Révolution et ne connut pas la Terreur .

    La Terreur n etait pas inscrite dans les textes ni promue par les révolutionnaires lors des premiers jours .

    La Terreur , c est l emballement de la Révolution, des esprits enflammés exacerbés ou la violence prit le pas sur la raison . Les révolutions s accouchent toujours dans une riiviere de sang et la Révolution dévora les siens

    Vous faites un contresens historique .

    Idem en affirmant que Rousseau etait souverainiste ,Ce mouvement certes tres actuel aijourd hui prit ses racines apres la révolution francaise qui édifia l etat nation .

    Ce n est pas probant pour un prof .





  • Mustik 17 novembre 2025 14:28

    Salut Professeur !

    Réaction très instructive pour le profane que je suis ( pour moi la polémique Rousseau / Voltaire est restée au niveau du folklore pour potache en littérature ).

    Je déplore seulement, l’utilisation, l’extrapolation qui est faite de l’esprit du Bonhomme Rousseau par les adeptes d’une tolérance maximale aux dérives, aux excès de la société dite-moderne. Certains commentateurs d’Agoravox sont représentés dans l’effectif...

    Tout va très bien Madame la Marquise etc,...


  • jakem jakem 17 novembre 2025 14:38

    Une chronique intéressante et instructive. Merci à l’auteur.

    Je ne suis pas de taille à rivaliser avec Onfray quand il parle de philo, pourtant je n’avale pas tout ce qu’il dit. 
    Et je le trouve souvent péremptoire.
    Comme Charles Gave d’ailleurs.


  • Marrex Marrex 17 novembre 2025 18:15

    Quels sont les noms des objecteurs de confiance d’AGV,chargé :
    -de fliquer,
    -d’effacer,
    -de museler,
    -de réduire,
    — de signaler les postes qu"ils ont jugé à charge. 

    Quels sont les noms de ces gamins de cours d’école !

    Recensement, le piolet, de l’Élysée a sauvé le tête à Benalla .

    Alexandre Benalla était cité dans une affaire de coruption en Azerbaïdjan. Un tribunal a condamné ce jeudi Anass Derraz, directeur pour le Moyen-Orient de l’industriel français de l’eau Saur, à douze ans de prison pour avoir accepté un pot-de-vin d’un oligarque russe. Selon le Parquet, une partie de l’argent serait arrivée sur un compte bancaire détenu par Alexandre Benalla, ex-chargé de mission à l’Elysée pour la sécurité et ancien proche d’Emmanuel Macron.

    lol 


  • Goldo Du Goldo Du 17 novembre 2025 19:29

    Onfray est un imbécile depuis qu’il a fait du « c’était mieux avant » un leitmotiv qu’il anone comme un âne. Et ceux qui le soutiennent encore sont aussi des imbéciles.

    Quand on pense à son talent passé, quel gâchis !


    • La Bête du Gévaudan 18 novembre 2025 19:22

      @Goldo Du

      je suis d’accord qu’Onfray dit parfois des âneries et des approximations... mais c’était déjà le cas du temps où vous l’appréciiez... simplement, aujourd’hui, vous n’appréciez plus son évolution intellectuelle (ce qui est votre droit le plus strict !)... d’ailleurs, il s’est fait jeter de France-culture depuis qu’il ne correspond plus à la ligne idéologique. 

      Sur le fond, je pense que c’est un « compilateur » assez talentueux... comme il en a existé à toutes les époques, et qu’on aimait entendre dans les salons et lire dans les journaux, parce-qu’ils produisent un « digest » commode quand on ne connaît pas un sujet... on ne peut pas lui retirer ça... quoi qu’on pense par ailleurs de ce qu’il raconte, et de ses approximations et erreurs... Après, évidemment, je suis d’accord avec vous, il faut dépasser le « stade Onfray »

      Sur le « c’était mieux avant », ce n’est pas propre à Onfray ni aux réactionnaires catholiques... les humanistes, les protestants et les lumières et jusqu’aux néopaïens contemporains sont largement basés sur un « c’était mieux avant (le catholicisme) »... Les écolos pensent que « c’était mieux avant l’industrialisation », les marxistes que « c’était mieux avant la propriété privé », et les tiers-mondistes que « c’était mieux avant la colonisation », etc. Nous sommes tous le réactionnaire de quelqu’un, ah ah ! La vie est ainsi faite. 


    • La Bête du Gévaudan 18 novembre 2025 19:24

      @Goldo Du

      Quand on pense à son talent passé, quel gâchis !


      D’ailleurs, n’est-ce pas là du « onfro-réactionnaire » ? ... a.k.a. : « Onfray c’était mieux avant le c’était mieux avant » ! O temps, ô moeurs ! 

    • Goldo Du Goldo Du 20 novembre 2025 08:28

      @La Bête du Gévaudan
      « il s’est fait jeter de France-culture depuis qu’il ne correspond plus à la ligne idéologique »
      C’est un point de vue. Parfaitement discutable.
      « Sur le « c’était mieux avant », ce n’est pas propre à Onfray ni aux réactionnaires »
      C’est néanmoins le coeur de leur ADN quoi que tu souhaites faire croire que les autres seraient à égalité pour justifier cette attitude que tu partages.


  • Jean-Paul Foscarvel Jean-Paul Foscarvel 17 novembre 2025 23:16

    Article très intéressant.

    J’avais écouté un temps ses cours sur France Cul(ture).

    Je trouvais qu’il parlait trop vite, que le temps de réflexion de l’auditeur était restreint, qu’il imposait une pensée plutôt que de proposer l’ouverture vers la réflexion personnelle. On n’a pas le temps de réfléchir de façon critique à ses propos. Ce qui est indispensable pour la pensée éclairée.

    J’avais lu son traité d’athéologie. Certains arguments paraissaient fallacieux, comme des procès d’intention. J’avais été déçu. Il a écrit aussi sur Kant et Freud, également pour démolir leur pensée.

    Il me paraît être plus un démolisseur de la pensée d’autrui qu’un constructeur de sa propre pensée.

    Il faut dire que les médias ont tendance à perdre ceux qui les utilisent, ils perdent la tête, comme ceux qui arrivent au pouvoir et finissent par ressembler à Macbeth. C’est arrivé bien plus tôt à BHL, mais également à Alain Finkelkraut.

    Il existe des personnalités qui semblent garder la tête sur les épaules, comme Emmanuel Todd ou Frédéric Lordon. Mais ils ne passent pas sur les chaînes mainstream.

    Il y eut le regretté Gilles Deleuze, mais là, c’était un autre niveau.


    • ZenZoe ZenZoe 18 novembre 2025 10:12

      @Jean-Paul Foscarvel
      Il me paraît être plus un démolisseur de la pensée d’autrui qu’un constructeur de sa propre pensée.

      Remarque fort juste.


    • Eric F Eric F 18 novembre 2025 10:15

      @Jean-Paul Foscarvel
      « ...son traité d’athéologie. Certains arguments paraissaient fallacieux... »
      En fait c’était un compendium anti-religion (et non pas traité d’athéisme), reprenant de nombreux poncifs contre celle-ci, rien de véritablement nouveau ou percutant. Mais bien écrit, c’est plus un beau parleur qu’un penseur.


    • toto toto 18 novembre 2025 21:11

      @Jean-Paul Foscarvel
      Il semble qu’il y ait eu un Onfray avant AVC et un autre aujourd’hui...
      Sinon,j’ai eu Deleuze comme prof..


  • La Bête du Gévaudan 18 novembre 2025 02:01

    En quoi a-t-on attendu M. Rousseau pour s’élever contre les préjugés et les coutumes ? Il y a 2000 ans, un petit monsieur a prononcé un « sermon sur la montagne » articulé autour de cette célèbre formule : 

    « Vous avez appris qu’il a été dit... et moi je vous dis... »

    Et ce monsieur a servi de base à 15 siècles qui ont façonné l’Occident. Et ce n’est là, bien sûr, qu’un exemple parmi tant d’autres. 

    Aujourd’hui, on a le contraire :

    Vous avez appris qu’il ne faut pas lapider les femmes adultères (Jésus), et moi je vous dis qu’il faut lapider les femmes adultères (Mahomet)...

    Et la gauche appelle cela le progrès ! Que voulez-vous que je vous dise ? En tous cas, il faut constater qu’on n’a jamais cessé de remettre les préjugés en cause, dans un sens ou dans l’autre. Quant à savoir si c’est en bien ou en mal, c’est une autre affaire. 


    • Eric F Eric F 18 novembre 2025 10:18

      @La Bête du Gévaudan
      Le Coran est, en terme de prescriptions, une régression vétérotestamentaire.
      Si on comparait avec la politique, ce serait comme un retour à l’ancien régime.


  • Jean-Paul Garraud
    Communiqué

    12 février 2021

    Ces soutiens français de George Soros au Parlement européen

    Communiqué de presse de Jean-Paul GARRAUD, Député français au Parlement européen, Président de l’Association Professionnelle des Magistrats


    Le Parlement européen a refusé ce 9 février 2021 d’adopter un amendement du Rassemblement national demandant à la Commission européenne et à ses commissaires d’être pleinement transparents en ce qui concerne les lobbies, par exemple les liens qui les unissent avec la fondation Open Society de George Soros, dont la mainmise sur la Cour européenne des droits de l’homme (CEDH) a été révélée par l’enquête du European Centre for Law and Justice (ECLJ) en février 2020.

    En votant contre cet amendement, les élus LR (sauf M. Bellamy), LREM, Europe Écologie Les Verts, socialistes, et Emmanuel Maurel de la France Insoumise (les autres élus LFI s’étant abstenus) s’affichent donc comme des soutiens de M. Soros, un milliardaire américain qui impose à l’Europe son idéologie de la « société ouverte » et sans frontières visant à terme à l’établissement d’un « homme nouveau », véritable individu sans identité ni repères réduit à un rôle d’ultra-consommateur.

    L’opacité de la Commission européenne, institution surpuissante de l’Union européenne, et ses relations sulfureuses doivent être enfin dénoncées et ses soutiens parlementaires assumer leurs votes. Il est plus que temps de nettoyer les écuries de Bruxelles !
    Jean-Paul Garraud


  • L'apostilleur L’apostilleur 18 novembre 2025 10:49

    @ l’auteur 

    « ..Onfray commence par souligner les origines suisses et calvinistes de Rousseau.. »

    Difficile de reprocher à Rousseau une porosité profonde avec Calvin tant il s’est opposé à sa prédestination contraire à sa conception de la liberté morale. 

    Rousseau partisan de la liberté de conscience et religieuse, était plus proche de Spinoza que de l’ostracisme calviniste.


  • Bruno Hubacher Bruno Hubacher 18 novembre 2025 16:12

    Et pourtant, vous appréciez Michel Onfray. Ceci dit, moi aussi, je l’appréciais, il y a fort longtemps, avant de m’être rendu compte de son égocentrisme primaire d’intellectuel de la Cour, en dépit de ses prétentions « d’homme du peuple ». Quoi qu’il en soit, en ce qui concerne ce sujet en général, et Jean Jacques Rousseau en particulier, je me permets de recommander l’ouvrage de feu David Graeber, anthropologiste américain et l’archéologue britannique David Wengrow « The Dawn of Everything » ou, dans sa version française, « Au commencement était... ».

    https://www.agoravox.fr/tribune-libre/article/crepuscule-des-certitudes-239538


  • Mustik 23 novembre 2025 18:23

    Quand je serais célèbre ( la tête au-dessus des nuages...) j’espère avoir des détracteurs smiley


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