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Témoignage d’une collègue de Lettres classiques - AgoraVox le média citoyen
samedi 10 octobre 2015 - par Robin Guilloux

Témoignage d’une collègue de Lettres classiques

 
Je viens de recevoir ce mail d'une amie. Je le retranscris ici intégralement. A moi aussi, les mots me manquent, à moi aussi les mots me restent en travers de la gorge, tandis que les larmes me montent aux yeux et la rage au coeur...
 
Nous sommes peut-être encore quelques-uns, au milieu de l'indifférence générale (mais combien et pour combien de temps ?), à souffrir dans notre chair, indiciblement, de cette défaite de l'esprit, de la mort intellectuelle et spirituelle d'un vieux pays, désormais sans monnaie et sans frontières, blessé à mort dans sa mémoire et dans sa culture, et nous nous effaçons du monde, comme disaient les vieux Romains, désespérés et impuissants - que faire devant tant de bêtise, de lâcheté et de renoncement ? -, tandis que se pavanent en pérorant les puissants du jour....
 
Notre culture et notre mémoire s'effacent inexorablement, comme des traces de pas sur le sable. Elle s'efface avec le complicité de fonctionnaires aux ordres, de philosophes ratés, d'idiots utiles, de faux naïfs, de vrais opportunistes, de syndicalistes vendus, de recteurs récompensés par des "primes", de ministres incultes (le ou la pire depuis Jérôme Carcopino), d'inspecteurs pédagogiques qui n'ont jamais enseigné, de chefs d'établissement serviles qui vendraient père et mère pour une miette de pouvoir, qui vendraient leur âme ou le peu qu'il en reste pour qu'un supérieur hiérarchique épingle au revers d'une veste neuve - et réversible - achetée pour l'occasion à la CAMIF, une médaille assortie d'une "prime"... Une prime pour services rendus à la barbarie ordinaire, à la montée de l'ignorance, à l'éradication de la mémoire.
 
J'ai consacré près de quarante années de ma vie à l'Ecole de la nation, avant de prendre ma retraite, blessé à mort, comme cette collègue, par l'évolution mortifère de que l'on n'appelle plus désormais l'Ecole de la République, mais le "système". Entendez la machine à broyer les esprits et les coeurs, la machine à produire des "consommateurs" sans mémoire, dociles, incultes et décervelés, entre niaiserie et barbarie ordinaire, la "fabrique du crétin", 'l'enseignement de l'ignorance"...
 
Ce pays va-t-il enfin se réveiller... Le cri de Cicéron trouvera-t-il un jour un écho ?
 
"Quousque tandem abutere patientiam nostram..."
 
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Le musée du Prado à Tunis
 
 
Bonjour Robin, comment allez-vous ?
 
Je viens de lire sur néoprofs le texte déchirant d'Audrey à qui on retire sa raison de vivre : enseigner les lettres classiques. J'ai pensé que vous l'aimeriez assez pour en faire un topic sur votre site.
 
Manif le 10 à Paris avec happening des néoprofs : s'allonger ou s'asseoir, pour figurer le stop indispensable à mettre à cette réforme indigne.
 
Courage pour la suite. Mireille
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"Aujourd’hui, j’ai mal. Je me sens vide. Vidée. Lessivée. Inutile.

Je ne contrôle plus cette angoisse jusque là sourde. Elle déborde et obscurcit chacune de mes nuits, chacune des minutes que je ne passe pas à m’affairer à ce quotidien professionnel qui ronge ma vie comme un chancre.

Cet après-midi, j’aurais pu rentrer chez moi à 14h, gagner la plage de liberté encore laissée à mon emploi du temps dans ce raz-de-marée de réunions toutes plus vaines et ronflantes les unes que les autres… et je n’ai quitté le collège qu’à 16h45.

La principale veut que nous lui remettions nos projets pour l’Accompagnement personnalisé pour le 3 novembre, jour de la première vague de formation. Elle veut aussi que nous lui remettions nos projets d’EPI pour le mardi 17 novembre, jour où nous les présenterons en réunion de 12h45 à 14h.

Alors il faut faire une réunion d’équipe disciplinaire, forcément. Il faut que l’on sache si nous avons une position commune, et si oui, laquelle.

Va-t-on céder des heures de français pour faire de l’AP ?

Va-t-on céder des heures de français pour qu’un EPI Langues et Cultures de l’Antiquité puisse être mis en place ?

Ou va-t-on refuser collectivement de le faire, laissant la principale trancher, et lui laissant le champ large pour participer à la mise à mort des langues anciennes, et surtout du grec, ce truc qui depuis 5 ans qu’elle travaille dans notre collège, lui complique la vie, ampute sa DHG de quelques heures pour des élèves qui “ont déjà tout” ?

Je suis la coordonnatrice de l’équipe de Lettres, c’est donc à moi que revient la tâche de consulter les emplois du temps de mes collègues pour trouver un moment de rencontre possible, à moi que revient la tâche d’expliquer le but de la réunion, de veiller à ce que chacun ait les infos nécessaires, et de faire remonter les décisions de l’équipe.

C’est à moi que revient , potentiellement, la responsabilité de dire à la Principale que non, nous refusons de proposer un quelconque EPI, condamnant de fait l’enseignement des langues anciennes à disparaître totalement de notre collège.

A moi que revient, potentiellement, la responsabilité d’abandonner latin et grec au coutelas funeste de la Réforme.

A moi, professeur de Lettres Classiques.

A moi, qui depuis l’âge des premiers mots écrits et lus, des premiers contes écoutés et réclamés, ai consacré mes heures de lectures, mes loisirs, mes études, mes rêves, à la découverte et au partage des trésors des cultures antiques.

On me demande, que je propose un EPI ou que je m’y refuse, de sacrifier sur l’autel de la réforme du collège ce à quoi j’ai consacré ma vie professionnelle et une grande partie de ma vie intellectuelle.

Et j’en crève.

Et je sais qu’aucune intervention divine ne soustraira mes deux matières de coeur au coup mortel que la Ministre a décidé de leur porter un beau jour de février 2015.

Aujourd’hui, j’ai laissé cette angoisse jusque là sourde éclater en salle des professeurs.

Devant les emplois du temps des professeurs de Lettres, les larmes m’ont surprise, ont coulé, ma gorge s’est serrée, écrasant dans un sanglot la question banale que je posais sur la possibilité d’organiser une réunion avec mes collègues. 

Cette réunion, c’est la goutte de trop. C’est l’étape ultime, celle que je ne peux atteindre, celle que mon coeur, mon corps m’interdisent d’accomplir.

Les larmes ont coulé.

Les larmes ont parlé. Les larmes ont crié. Autour, les échanges anodins se sont tus. Oubliés le carnet de correspondance de tel élève, le devoir non-rendu de tel autre, l’orage qui gronde dehors…

Mes larmes ont éclaboussé la salle des profs de leur réalité crue : chaque jour qui passe assassine un peu plus le professeur de Lettres Classiques que je suis, et plus rien ne peut contenir, plus rien ne peut cacher l’hémorragie de cette mort à réussite savamment différée par le Ministère.

J’ai mon grec à nu, j’ai mon latin à vif.

Je ne peux plus passer la porte de ma salle de classe sans penser que c’est la dernière fois que j’étudie ce texte latin ou grec avec eux.

Je ne peux plus regarder les manuels en préparant mes cours de latin ou grec sans penser que je n’aurai plus de raison de les utiliser l’an prochain.

Je ne peux plus expliquer à mes élèves que je veux garder un peu de mystère et ne leur parlerai de Jules César que l’année prochaine.

Je ne peux plus dire à mes élèves de 4e, en effaçant le tableau après un cours de grec : “Regardez comme cette écriture est gracieuse… Petits veinards ! Vous pourrez l’apprendre l’année prochaine !”.

Je ne peux plus flâner dans une librairie en me réjouissant d’avoir trouvé le livre parfait pour parler de l’histoire des sciences antiques à mes élèves.

Je ne peux plus guider la main de l’élève qui, studieusement, tire la langue en tentant de tracer pour la 12e fois le Zêta parfait sans sentir un pincement au coeur devant ce geste millénaire.

Je ne peux plus entendre un élève déclamer, avec conviction : “Quo usque tandem abutere, Catilina, patientia nostra ?” sans avoir envie de hurler de colère avec lui.

Je ne peux plus prendre en riant les remarques de mes collègues qui me disent que je me prépare avec sérieux à la réforme du collège quand je constate, dépitée, que j’ai oublié chez moi le cours de latin de 3e, dix minutes avant de retrouver mes élèves.

Je ne peux plus dire à des élèves que je suis Professeur de Lettres Classiques sans penser que c’est la dernière année que cela a du sens pour eux, et pour moi.

Je perds mon humour, je perds mon énergie, je perds ma motivation, je perds ma flamme, celle qui de cap en cap a brillé de l’Antiquité jusqu’à nous, jusqu’à moi, jusqu’à eux.

Pire, je perds ma mémoire.

Je perds mes mots.

Je perds les mots qui me servaient à transmettre leur mémoire.

Je ne suis pourtant pas malade.

Je m’efface malgré moi.

La béance qui croît chaque jour en moi m’absorbe douloureusement.

On m’efface malgré moi.

J’aurai été Professeur de Lettres Classiques."



37 réactions


  • colere48 colere48 10 octobre 2015 16:01

    Corruptissima re publica plurimae leges


  • philippe baron-abrioux 10 octobre 2015 17:02

    BONJOUR ,

    non ,je ne peux être d’accord avec votre dernière phrase :« j’aurai été Professeur de Lettres Classiques » .

     « PERGUE QUO COEPISTI ! » poursuis sur le chemin que tu as entrepris !

    j’ai étudié le Latin de la 6ième à la terminale ,le Grec de la 4ième à la terminale et l’Allemand comme première (et unique) langue vivante . au bac A1 ,j’ai présenté l’occitan en matière facultative .
     
    en écoutant les « débats » sur la réforme prévue ,j’ai appris que j’avais fait partie des« privilégiés » ,voire d’une élite .

    oui ,sans aucun doute, j’ai été privilégié d’avoir des enseignants ,des Maitres qui aimaient leur métier , qui se faisaient un devoir de nous transmettre dans les meilleures conditions ce qu’ils avaient eux mêmes appris de leurs Maitres dont ils parlaient avec respect et reconnaissance comme je le fais chaque fois vis à vis d’eux .

    je pense qu’il est question ici d’une belle imposture car je suis persuadé que la majorité de ceux qui ont eu cette funeste idée ont eux mêmes bénéficié de l’étude de ces deux langues anciennes et non mortes comme on le dit trop souvent .

    JE COMPRENDS VOTRE TRISTESSE ,votre désarroi devant une telle sottise pas aussi innocente qu’il y parait .

    j’ai voyagé en Grèce à quatre reprises ;à chaque fois ,il m’a semblé respirer un air léger tant il était chargé de beauté pour les yeux et de paix pour l’esprit ,cette paix que l’on peut sentir à Delphes ou à Dodone ,à Mystra, à Hrisovitsa ,petit village à quelques kilomètres de Metsovon sans aucun car de touristes beuglant devant des anciens assis le komboloi à la main ,laissant filer le temps entre leurs doigts ,sagement ,à peu de gestes mais l’oeil vif .

    la Grèce dont on se moque depuis des années et particulièrement cet été est, pour tout Européen, un point sur une carte où se trouve nos racines . pourquoi évincer cette langue ? elle a évolué certes, mais comme toute langue . je me souviens de Rania ,jeune élève de l’école française d’archéologie d’Athènes , à Héraklion qui prenait soin de nous éviter de trébucher lors de la visite du palais du roi Minos .

    la Grèce vit ,le Grec l’ancien comme l’actuel doit vivre . vous avez une belle histoire d’amour avec lui et à juste titre vous souhaitez pouvoir continuer à le transmettre . au nom de quelle absurdité pourrait on vous en empêcher ?
     
     JE VOUS ASSURE DE TOUT MON SOUTIEN DE SIMPLE ANCIEN ELEVE DE CETTE BELLE LANGUE que des personnes m’ont enseigné un temps mais dont je garde le bénéfice ce qui n’est pas un privilège .

    bonne fin de journée et YASSAS !

    P.B.A


  • philippe baron-abrioux 10 octobre 2015 17:13

    bonjour à nouveau ,

    j’ai commis une erreur dans la citation :lire ; quae cum ita sint, « perge quo coepisti » .

    d’autre part ,auriez vous l’amabilité de transmettre mon message à votre collègue si justement triste ?

    je vous en remercie .

    P.B.A


  • Pie 3,14 10 octobre 2015 17:35

    Le musée du Prado est à Madrid, à Tunis, c’est celui du Bardo.


    La seconde photographie n’est pas légendée. Elle est connue, c’est celle d’un homme qui pleure lors de l’entrée des nazis dans Paris en 1940. Quel est le rapport avec le sujet ? cet homme ne pleure pas parce que les heures de latin et de grec dans le secondaire sont en diminution !!!

    Les options en général sont en train d’être sacrifiées sur l’autel des économies au nom d’une hypocrite égalité. C’est dommage mais ce n’est pas irréparable ni forcément définitif (cela fait si longtemps qu’elles sont menacées). 
    Voilà pourquoi ce ton au lyrisme désespéré me semble exagéré et un peu ridicule.



    • Robin Guilloux Robin Guilloux 10 octobre 2015 18:19

      @Pie 3,14

      Il s’agit effectivement du muse du Bardo à Tunis. Si vous étiez personnellement concerné , comme ma collègue, vous ne trouveriez pas sa réaction « ridicule ».


    • Richard Clambe 10 octobre 2015 20:32

      @Robin guilloux

      Dans un grand nombre d’entreprises beaucoup de gens sont concernés par les Économies, mêmes les grecs aujourd’hui le sont... Le ridicule est aujourd’hui un assassin ordinaire qui tue toujours mais sans grandiloquence !

    • Pie 3,14 10 octobre 2015 21:18

      @Robin Guilloux

      Il se trouve que je suis aussi concerné.

    • Bracam Bracam 11 octobre 2015 00:15

      @Pie 3,14
      ce ton vous semble un peu ridicule (ce n’est pas le mot que j’aurais écrit, bien qu’étant vieux, ayant perdu beaucoup d’illusions, d’attentes, de perspectives d’avenir). Pour aller dans le sens de votre contribution, je voudrais ajouter que votre avis n’a aucune importance, aucun intérêt, il est déjà perdu dans le grand tout du réseau, je ne sais même pas comment ni pourquoi je l’ai lu, encore moins pourquoi je le commente, ma réaction étant d’ores et déjà effacée. Puisque le ridicule ne tue pas, notre témoin mourra de mort lente dans l’indifférence, ou sous les sarcasmes, à moins que ce ne soit sous les bisous de gens très affectés. Voici donc le temps de l’effacement ; vous êtes presque effacé, moi plus encore, fallait-il que nous le comprenions, dans un monde qui a perdu la boule, disent les vieux encore engagé pour une société qui les ignore en fait depuis longtemps ? 


      Ouais ouais, c’est déchirant de voir un artisan perdre ses mains, ses yeux, son âme parce que son métier disparaît, sa pensée, sa vie avec. On ne pourrait rien faire, on n’aurait pas à s’élever contre l’injustice ni la bêtise ou la méchanceté, impossibles à définir dans le grand tout mondialisé, dans lequel toutes les opinions seraient de même « valeur ». Certaines sont cependant plus égales que d’autres... Ce ton lyrique... il est celui des désespérés. Va donc comprendre le désespoir que tu n’as pas éprouvé, ou sous d’autres formes qui elles avaient du sens. Et puis c’est un peu inconvenant, pour qui n’a pas perdu sa chemise, pardon pour l’ironie...

      Dernier point, je ne comprends pas l’idée que les destructions d’un monde si proche des anciens (de nos parents, le nôtre aussi), cette obsession humaine, ne serait « pas irréparable ni forcément définitive » parce que « cela fait si longtemps qu’elles sont menacées ». Cela me semble singulièrement illogique. 

    • Croa Croa 11 octobre 2015 10:30

      À Richard Clambe,
      Il faut se méfier des apparences : Il ne s’agit pas de faire des économies mais d’un choix de priorités (Les économies c’est l’occasion qui fait le larron.) La langue n’a plus besoins d’évoluer sur ses racines. Les communicants et même les scientifiques préfèrent y accrocher un vague jargon anglo-saxon plutôt que faire l’effort d’enrichir la langue de leur naissance (et ne parlons même pas des publicistes !) Donc les profs comme celui que cite l’auteur gênent, forcément !


    • Pie 3,14 11 octobre 2015 10:42

      @Bracam

      Le grec et le latin ne disparaissent pas du second degré avec la réforme du collège.

      D’une part parce que cela ne concerne pas le lycée, d’autre part parce que il n’y a aucune suppression officielle. En revanche cette réforme permet aux établissements d’amputer ces options de la plupart de leurs heures. C’est donc grave mais non irréparable car il suffit qu’un prochain ministre affecte quelques heures propres à ces matières pour que les choses s’améliorent.

      Plus généralement, toutes les options facultatives sont sur la sellette. Elles sont très nombreuses particulièrement au lycée et coûtent cher. Il se dit qu’une purge drastique est prévue pour très bientôt à moins que les élections à venir bloquent l’affaire...

      Je comprends qu’on puisse être triste devant cette situation mais l’exagération est mauvaise conseillère d’autant que certains ont plus de raisons de se plaindre encore. Je pense aux profs et élèves des classes européennes qui sont carrément supprimées à la rentrée prochaine.

    • Bracam Bracam 11 octobre 2015 17:00

      @Pie 3,14
      Je comprends (à peu près) ce que vous dites. Cependant, j’y vois. en filigrane, la marque pénible qui pourrit notre temps, celle de l’affrontement des malheurs, des problèmes : le tien est-il vraiment important, lorsque l’on voit celui du voisin, souvent lointain, dont on sait en réalité peu de chose et que l’on agite comme un épouvantail. Quand on voit le malheur à notre porte en effet, de quoi se plaint-on... 


      C’est en somme la question du verre que l’on verrait à moitié plein, alors qu’il me semble bientôt vide si nous ne défendons pas non les acquis – il faut absolument prétendre qu’on s’en moque si l’on veut survivre... mais très modestement des valeurs humanistes simples. Sur quoi les établir, comment les définir, et surtout, surtout, combien ça coûte. Rendu à cette question unique, propre comme jamais à notre « civilisation » financiarisée à l’intelligence fatiguée, les jeux (du cirque) semblent faits. Latin et grec ne seraient donc pas perdus à jamais ; cela me rassure un peu, peu en fait, pour les raisons du point de vue que je me suis permis de partager ici. Une année en classe latine a failli me tué, il y a 45 ans ; peut-être que je compte indûment sur le beau savoir des maîtres antiques ; qui les fera aimer, et comprendre leur actualité ?

      C’est la question de la compassion : à quoi sert-elle, quelle est sa cote en bourse, à la baisse, ou faut-il investir ? Celle de l’incontinence sentimentale dans un monde particulièrement divers et, on s’en rend compte, ignoblement bas et violent aussi. Celle de la manière, pour les démunis (au sens large), de faire entendre leur voix, et agir la communauté de manière solidaire et réfléchie, avec une vision d’avenir plutôt qu’à trois mois et pour des intérêts particuliers. Je sais de quoi je parle, moi qui suis terrorisé par la crainte de perdre mes dents et ma voiture... 

  • troletbuse troletbuse 10 octobre 2015 18:10

    Nous sommes passés au siècle du « Casse-toi,pov’ con », de la « bravitude » et du « déclinisme » utilisés par les plus hauts fonctionnaires du pays. Ca promet.


  • Krokodilo Krokodilo 10 octobre 2015 18:11

    Les syndicats et les associations de profs de langue n’ont rien dit quand la réforme du primaire a inscrit l’anglais dans le cadre commun, sous l’hypocrite appellation « initiation aux langues », rien non plus quand on l’a imposé de plus en plus tôt (imposé car le choix est rarissime), et maintenant ils commencent à comprendre... Un peu tard. J’avais en mon temps proposé une réforme plus souple et plus favorable à la diversité des langues, vivantes comme mortes, et à la diversité des cursus, (en gros initiation aux langues au CM2 seulement, non spécialisée dans une langue, puis total libre choix de deux langues à valider à des niveaux raisonnables, parmi toutes, en utilisant entre autres la mutualisation et le numérique) Déjà bien beau qu’on ait récemment convenu qu’il fallait un peu plus de français au primaire.


  • Elliot Elliot 10 octobre 2015 20:38

    Depuis quarante ans on dirait qu’il y a un complot avec toutes les réformes scolaires qui visent, semble-t-il, à produire des imbéciles.

    Il ne faut pas chercher bien loin pour trouver les instigateurs de cette agression sur le savoir, ils gravitent tous à plus ou moins proche orbite de la ploutojudéocratie qui soumet l’ordre du monde à ses intérêts.
    Le résultat est là qui se traduit dans la vie par de beaux exemples de confusion mentale ou en termes électoraux par le renforcement du camp des abstentionnistes ou pire du poids du Front National.
    Je n’oserais pas prétendre que l’enseignement des langues classiques pût à lui tout seul empêcher la déferlante de l’apolitisme et de ce refoulement de l’esprit rationnel qui prend les chemins détournés du populisme dans ce qu’il a de plus grégaire et tribal mais il me semble que l’étude des discours de Cicéron dans le texte original ferait plus pour le développement des facultés intellectuelles que les éructations primatiales d’une Marine Le Pen, le nouveau leurre à la mode pour distraire le commun des vrais problèmes en le ramenant à l’état d’unité panurgique d’une meute acharnée, la bave à la gueule, dans la chasse aux intrus.

    Il semblerait que l’homo economicus moderne doive en plus être un homo blennus ( crétin en latin classique ) mais sans qu’il en ait la moindre conscience, ce qui bien la moindre des choses pour un sot soumis à ses instincts triviaux.

     


  • cathy cathy 10 octobre 2015 22:38

    Je ne suis pas sûre qu’Hitler aurait supprimé les cours de latin/grec.


    • cathy cathy 11 octobre 2015 08:00

      @sarcastelle
      Je suis tout à fait d’accord, c’est moisi, parce que c’est notre culture que l’on jette aux orties. Et je sais par quoi on va la remplacer. Mais vous ne pouvez pas comprendre ma phrase précédente, l’auteur lui comprendra. 


  • eau-du-robinet eau-du-robinet 11 octobre 2015 04:33

    Bonjour Robin Guilloux,
    .
    Le constat / témoignage qui est fait dans cet article ne me surprend pas car nous assistons depuis des années à un démantèlement accéléré de la 5ème république française en particuliers des valeurs républicains je parlerai « d’une réorientation / transformation / destruction » de la culture française.
    .
    Une des valeurs principales de la république française est la souveraineté, souveraineté qui à été cède par une trahison de la classe politique française, droite comme gauche, en 2008 à la commission européenne. Les hommes politiques français ont tout simplement ignoré la volonté exprimé des électeurs en 2005 ( Le référendum français sur le traité établissant une constitution pour l’Europe )
    La souveraineté est un point fondamental, notamment pour pouvoir décider de la survie de la langue française, de la culture, ... !
    La souveraineté permet à un peuple de prendre part aux orientations à prendre et d’influencer ainsi son avenir. Les français, les européens, je parle des citoyens des différents pays européens, n’ont quasiment plus aucune influence sur la politique européenne (politique néo-libérale) qui est dicte par la commission européenne, une institution au fonctionnement anti-démocratique qui représente les intérêts de l’oligarchie financière.

    .
    Que dit la constitution française :
    Extrait d’un texte intégral de la Constitution du 4 octobre 1958 en vigueur
    .
    PRÉAMBULE

    Le peuple français proclame solennellement son attachement aux Droits de l’homme et aux principes de la souveraineté nationale tels qu’ils ont été définis par la Déclaration de 1789, confirmée et complétée par le préambule de la Constitution de 1946, ainsi qu’aux droits et devoirs définis dans la Charte de l’environnement de 2004.
    http://www.conseil-constitutionnel.fr/conseil-constitutionnel/francais/la-constitution/la-constitution-du-4-octobre-1958/texte-integral-de-la-constitution-du-4-octobre-1958-en-vigueur.5074.html
    .
    ARTICLE 2.
    La langue de la République est le français. 
    — fin de citation —
    .
    La culture française est en cours de démantèlement et elle subit une réorientation pour s’aligner sur la culture anglo saxone !
    .
    François Asselineau sur Europe1 au GRAND DÉBAT SUR LA LOI FIORASO_21 mai 2013

    http://www.dailymotion.com/video/x103fed_francois-asselineau-sur-europe1-au-grand-debat-sur-la-loi-fioraso-21-mai-2013_news
    .
    Sous couvert de « modernité » et de « réalisme », le prétendu « gouvernement », prétendument « socialiste », prétendument « français », représenté par Mme Geneviève Fioraso, ministre de l’Enseignement supérieur et de la Recherche, envisage ni plus ni moins que d’autoriser les études supérieures et les examens ENTIÈREMENT en langue anglaise dans la patrie de Molière.
    .
    À terme, c’est la destruction même de notre langue et de notre culture qui se profile inexorablement derrière ce projet de loi, pour consentir à faire de la France une colonie américaine, comme c’est l’objectif final de la prétendue « construction européenne ».
    .
    Charles de Gaulle parlait de la politique américaine comme d’une opération de « colonisation ».
    .
    On nous demande rien moins que de saborder l’une des plus grandes langues mondiales, et d’ânonner dans la langue de McDonald’s, pour satisfaire aux objectifs de « rentabilité » d’une oligarchie mondiale qui ne pèse rien face aux peuples et à l’histoire du monde.
    .
    Notons d’ailleurs que l’américanisation, notamment de la langue, fait aussi des ravages aux Pays-Bas, en Allemagne, en Italie et dans de nombreux pays de l’Est. Preuve qu’après une « monnaie unique », c’est désormais une « langue unique » qui est imposée aux peuples d’Europe.
    .
    http://www.upr.fr/actualite/france/petition-contre-la-loi-fioraso-ledifiante-comparaison-des-reponses-de-jean-marc-ayrault-et-dabdou-diouf-a-mes-demandes-daudience
    .
    Un des piliers de républicaine française sont les services publiques, qui ont garantie un équilibre social, hors cet équilibre est mise en question par les traitées européens le TUE et le TFUE. Pour être exact c’est l’article 106 du TUE qui permet la privatisation / démantèlement des services publics ! Ce n’est pas un hasard, c’est voulu par l’oligarchie financière.
    http://www.upr.fr/wp-content/uploads/2010/11/UE-escroquerie-web.pdf
    .
    La culture française à été « confisque par des fossoyeurs intellectuelles, des pseudo experts / des pseudo philosophes auto-proclamés comme Jacques Attalli / BHL donc leur mission est celle de nous conduire vers la mondialisation, concept néo-libéral, nous promettant de la prospérité, des nouveaux emplois, bref des fausses promesses donc l’oligarchie financière est le seul bénéficiaire.
    .
    Les journaux grand public et la télévision sous contrôle de l’oligarchie financière sont chargés de faire la pédagogie du néo-libéralisme.
    De plus en plus de français se rendent compte de la fausseté totale de la propagande européiste dans tous les domaines, l’effondrement de notre industrie, l’effacement de notre culture, les fausses promesses sur la création des nouveaux emplois par les futurs traitées CETA, TTIP, etc....
    .
    Tous les moyens sont employé par les mondialistes et leur représentants français, notamment les Young Leaders, pour détruire la culture française .... même l’emploi du 49.3 à répétition !!!
    Le projet de loi, qui regroupe plus de 400 articles contre une centaine à l’origine, comporte de nombreuses dispositions allant de la réforme des professions juridiques réglementées à la libéralisation des transports en autocar en passant par l’extension du travail dominical ou bien encore l’assouplissement de la publicité pour l’alcool ou le plafonnement des indemnités pour licenciement abusif.
    .
    Fleur Pellerin a le parcours classique de la plupart de nos gouvernants : Science-Po, l’ENA. C’est en général le gage d’avoir un solide petit soldat défenseur de la cause néo-libérale et du bien-être des grands industriels-créateurs-de-richesses-trululut. Mais nos »élites« politiques passent aussi depuis plusieurs années (depuis 1981 précisément) par un troisième filtre qui leur permettra d’être pleinement reconnues par leurs pairs et d’avoir le droit aux sondages bidonnés des marchands de canon ou de béton et de leurs médias : la French-American Foundation et le programme des Young leaders.
    http://www.agoravox.fr/tribune-libre/article/hollande-et-sa-clique-de-young-138241
    .
    La liste des Young leaders depuis 1981 est très facilement consultable.
    http://philip.dru-administrateur.nwo.over-blog.com/article-liste-des-young-leaders-fran-ais-depuis-1981-105102778.html
    .
    L’élection de François Hollande, prétendument « de gauche », a accentué encore cette dégradation de l’image de la France. Car désormais, vu d’Amérique latine, ce sont les deux partis politiques français de gouvernement, « de droite » ou « de gauche », qui sont totalement inféodés aux Yankees.
    .
    Monsieur Robin Guilloux vous n’êtes pas le seul à vous poser la question :
     »Ce pays va-t-il enfin se réveiller... ???"
    .
    OUI, les français se réveillent lentement mais surement ... >>> http://www.upr.fr
    .


    • Croa Croa 11 octobre 2015 10:45

      À eau-du-robinet
      *
      TOUT À FAIT !
      Il existe une cohérence politique entre la langue et tout le reste de ce qui constitue la nation. (Même si la langue ne concerne pas que nous mais aussi les autres nations francophones.) Nous n’avons plus de monnaie propre, plus de défense propre.... Alors la langue quelle importance ?


  • non667 11 octobre 2015 11:55

    trop tard pour pleurer !
    vous avez voté ps  ?
    il faut payer !


    • eau-du-robinet eau-du-robinet 11 octobre 2015 13:07

      Bonjour non667,
      .
      Je me permet d’étendre, votre question !

      vous avez voté ps voire avant pour l’UMP (renomme en « Les ripouxbilcains »)  ?  smiley
      .
      Quand aux deux partis politiques leaders de droite / gauche en France,
      on peut citer Étienne Chouard ancien prof. d’économie qui avait dit dans une de ses vidéos : 
      « Droite/gauche, UMP/PS c’est la même merdasse ! ».
      .
      Et ce qui me fait désespérer c’est qu’il y à des gens qui vont continuer à voter pour ses deux partis voyous / fossoyeurs de la république !
      .
      https://www.youtube.com/watch?v=33Fq51TVohs
      .
      .


    • Allexandre 11 octobre 2015 17:39

      @non667
      Propos facile et inintelligent. Je vais donc le reprendre !

      Trop tard pour pleurer
      Vous avez voté UMP en 2002 ET 2007,
      il faut payer (l’addition évidemment).

      Il y a des gens qui n’évoluent pas et en restent au combat droite/gauche (notions dénaturées qui plus est) dans une perspective partisane !! Vous n’avez de toute évidence, rien compris à la stratégie de nos politiques de gauche et de droite !! On peut même y rajouter les extrêmes qui ne feraient pas mieux, pire sûrement !

    • Croa Croa 11 octobre 2015 19:58

      À eau-du-robinet,
      Pas « voyous » mais mafieux. (Par voyous on entend plutôt des délinquants de petite envergure.) 


    • A.Vi 13 novembre 2019 17:45

      @non667
      Vous la connaissez pour dire qu’elle a voté ps ?
      Il serait temps que vous fassiez évoluer cette image désuète du professeur politiquement de gauche !! Informez-vous, s’il vous plait.


  • attis attis 11 octobre 2015 15:54

    La marche irrésistible du progrès ne peut s’embarrasser de boulets tels que la mémoire des peuples.
     
    Du passé faisons table rase !


    • attis attis 11 octobre 2015 16:04

      @attis
      Malgré le tragique de la situation, je ris en voyant tous ces profs socialistes intégristes qui se lamentent en constatant les conséquences de leur propre aveuglement. Ils n’ont que ce qu’ils méritent.
      Le problème est qu’ils font supporter les conséquences de leur stupidité au reste de la population.
      Et là, je ne ris plus.
      J’ai rencontré un couple de profs socialos intégristes cet été, des vieilles connaissances. Des profs de latin/grec... J’ai vraiment eu beaucoup de mal à ne pas être ordurier à leur endroit. Ils avaient visiblement honte, et baissaient la tête. Trop tard, fallait y penser avant, bande de crétins.


  • doctorix, complotiste doctorix 11 octobre 2015 16:37

    J’ai vécu toute mon enfance entre mes parents, ma grand-mère, et deux vieilles tantes dont l’une était prof de Français-Latin-Grec.

    Je lui dois mon Français que j’espère sans reproche (sauf quand je le viole volontairement), une culture et une ouverture d’esprit sur toutes choses, une morale saine, un esprit critique affûté, en accord et en respect absolus pour la culture gréco-latine. En tout cas le goût de m’en approcher.
    Elle doit se retourner dans sa tombe.
    Najat Vallaud-Belkacem est une catastrophe nationale. Un poignard dans le cœur de la France, aiguisé par le Nouvel Ordre Mondial pour détruire toute culture et toute morale minimale. Une traîtresse à son pays, comme la clique dont elle fait partie.


    • Allexandre 11 octobre 2015 17:02

      @doctorix
      Bonjour,


      Je partage votre point de vue globalement. Je crains cependant qu’on rende, injustement, la ministre responsable de cette réforme. Elle n’a sûrement pas pondu une telle réforme en si peu de temps ! Les décisions en la matière viennent d’ailleurs et de plus haut. Aujourd’hui, nos gouvernants ne sont plus guère que des exécutants d’une volonté mondialiste qui se trouve en plusieurs lieux de la planète, mais sûrement pas dans l’hexagone. Les Français comment à s’éveiller et à comprendre que ces réformes successives sont avant tout une volonté politique, d’abrutir une jeunesse et les futures générations jusqu’à en faire des « moutons consommateurs » sans réflexion et sans esprit critique. L’enseignant pourrait être le dernier rempart de cette hécatombe annoncée, refuser de faire ce qu’on lui dit de faire, même si c’est difficile. Le problème étant que les jeune générations de profs sont déjà formatées et ne jurent que par le B.O et les inspecteurs pédagogiques, ces bons petits larbins du Ministère. LES PLUS ANCIENS FINISSENT PAR BAISSER LES BRAS, DE GUERRE LASSE, attendant une retraite prochaine bien méritée et arrivée en même temps qu’une grande frustration et un gâchis sans nom !

  • lloreen 11 octobre 2015 22:12

    Vous pouvez rejoindre le conseil national de transition français. Ils ont besoin de tout ce que le pays compte de forces vives pour un autre lendemain.

    http://www.conseilnational.fr/

    Le moment est venu où les gens commencent à ouvrir les yeux parce qu’ ils comprennent que les escrocs au pouvoir n’ ont que faire de leur intelligence et de leur créativité.
    La plupart des citoyens ont le désir de bien faire leur travail, de donner une bonne éducation et un avenir meilleur à leurs enfants mais ils se rendent compte qu’ il y a un décalage de plus en plus grand entre leurs aspirations et l’ agenda des boulimiques du pouvoir, souvent d’ une ignorance crasse car ce profil est en parfaite adéquation avec ce que le syndicat du crime à la tête des gouvernements vendus aux puissances de l’ argent attend de leurs complices.

    Partout les citoyens font comprendre qu’ ils ne veulent plus de la société que les gouvernementeurs veulent leur imposer.

    Ce samedi 10.10. 2015 les professeurs et les parents ont manifesté contre le sabotage de l’ Education Nationale à Paris.

    A Berlin, des milliers d’allemands se sont rassemblés pour manifester contre l’ accord commercial au détriment de chaque citoyen (TPCI).
    https://fr.news.yahoo.com/manifestation-monstre-%C3%A0-berlin-contre-laccord-commercial-ue-153954087—business.html

    Il existe maintenant en France un rassemblement de citoyens désireux de reprendre les choses en mains.
    https://www.youtube.com/watch?t=1&v=YXTgWA4F5D4


  • Arnes Arnes 12 octobre 2015 09:21

    Contrairement aux contributeurs de ce site, je ne suis pas enseignant, mais simple citoyen.

    Ce que je comprends, c’est qu’en France, malgré un budget conséquent, la machine éducative devient de plus en plus une machine à exclure : 15 à 20% sans diplôme.
    Vous pouvez établir toutes les réformes que vous voulez (inspirées ou pas par le GRAND CAPITALISME ou BRUXELLES) s’il n’y a pas l’acceptation et l’implication des enseignants, c’est raté d’avance.
    Or, les propositions pratiques et positives des enseignants, je n’en voit pas, à part de gémir sur la disparition de telle ou telle matière, les bas salaires ou les classes trop nombreuses, j’aimerais entendre des propositions concrètes pour remonter le pente ; par exemple comment cette prof de lettres classique pourrait contribuer dans son établissement à récupérer ces 15 à 20%. 

  • ZenZoe ZenZoe 12 octobre 2015 13:11

    « Les larmes aux yeux » « la rage au coeur. » " souffrir dans notre chair«  »blessé à mort«  »désespéré et impuissant"...
    Vous n’exagérez pas un peu là ? Entendons-nous bien. Je comprends tout à fait que la suppression de ces matières puisse attrister un enseignant passionné, je pense moi aussi par ailleurs qu’il est bien dommage d’en venir là, mais de là à en faire un drame intime et un cataclysme national !

    Ceci révèle tout d’abord quelque chose d’extrêmement inquiétant : les enseignants semble-t-il vivent sur une autre planète. Vous ne regardez pas autour de vous ? Les gens souffrent. Vraiment. Ils sont terrifiés par les lendemains qui déchantent, ils ont peur du déclassement, de se retrouver aux restos du coeur, de ne rien avoir pour leur retraite. Mais, au vu des mots que vous utilisez, on dirait bien que tout ceci n’est rien en face d’un prof de lettres classique qui lui est presqu’au bord du suicide par, tenez-vous bien, la suppression du grec et du latin à l’école.. Un peu de retenue ! Car en outre j’ai mes doutes sur vos motivations. Plus que l’avenir de la France, c’est plutôt la peur que vos petites habitudes soient bousculés qui vous effraie non ? Ceci est bien compréhensible, mais ne justifie pas que l’on souffre dans sa chair et qu’on soit blessé à mort !

    Par ailleurs, on pourrait vous demander, qu’avez-vous fait de l’école ? Nos écoles qui dégringolent inexorablement dans les classements internationaux. Les jeunes ne connaissent plus leur langue, le calcul mental, ignorent les langues étrangères (Je regarde souvent avec étonnement les réfugiés qui arrivent, ils parlent tous un anglais impeccable, alors que leur pays est en guerre, que l’éducation là-bas doit y être difficile). .. alors que le budget de l’EN est l’un des plus colossaux dans le monde et qu’on y enseigne toujours les langues classiques !!! Alors quoi ? 
    La baisse des crédits n’explique pas tout. Vous portez une part de responsabilité quoi que vous en disiez. Au lieu de gémir, de vous tordre les mains et d’écrire des articles afin d’essayer de rallier les gens à votre cause, posez-vous donc un moment, et réfléchissez, à vous, à votre efficacité, à vos méthodes... Prenez une année sabbatique, et allez voir comment les choses se passent ailleurs, les résultats obtenus, peut-être que vous en retireriez quelque chose...


    • A.Vi 13 novembre 2019 18:04

      @ZenZoe
      Je suis allé voir ailleurs et après avoir subi pendant longtemps un haut mépris contre les enseignants comparable à celui qui transpire dans votre commentaire, j’ai découvert la planète des gens qui souffrent : je tiens un petit hôtel/restaurant avec ma femme qui elle aussi a quitté l’éducation nationale !
      Nouis bossons dur, comme autrefois lorsque nous étions profs, mais entendez bien ceci : nous souffrons moins, beaucoup moins,car supporter ce mépris était une réelle souffrance. ça aussi, vous allez le trouver exagéré ? Je vous trouve bien sûr de vous.


  • coinfinger 12 octobre 2015 18:14

    Je comprends la souffrance là et la partage . Faut tirer la sonnette d’alarme mais pas dramatiser .
    C’est une guerre contre les félons qui nous gouvernent . Certains sont bléssés à mort mais pas tous . Malheureusement c’est déjà arrivé nombre de fois dans notre histoire , mais on a repris le dessus .
    Je préfére espérer que c’est encore possible .


  • Christophe Roy (Moscou) 13 octobre 2015 11:03

    Petit à petit, ils essaient de détruire l’identité du pays, ses valeurs.

    Annihiler la connaissance, le savoir car la pensée fait peur.
    Réécrire l’histoire, jeter le terreau qui a faisait de ce payx, mon pays, une référence, une voix écoutée.
    Je suis triste et révolté quand je vois que le parle plus de littérature française en Russie qu’en France.
    La spirale de l’inculture, le manque de respect de l’enseignement et non l’éducation (c’est aux parents d’éduquer), crée un système où le prof que l’on respectait (je ne parle pas des planqués qui choississent cette voix pour de mauvaises raisons) se trouve aujourd’hui dans une situation où enseigner, qui est déjà un sacerdoce peut devenir un enfer.



  • rosemar rosemar 13 octobre 2015 12:23

    Oui, les humanités sont menacées, et pourtant le latin et le grec sont des enseignements si formateurs :Un article sur ce sujet :




  • lloreen 13 octobre 2015 14:05

    Je ne suis pas enseignante mais je connais bien une dame professeur en collège qui me parle du comportement moutonnier de ses collègues, ne pensant qu ’ à se faire la guerre aux heures supplémentaire, qui sont pas ou très peu solidaires entre eux tant les réformes successives qu’ ils ont combattues du bout des lèvres ont été adoptées avec leur collaboration.

    Ce n’ est pas une critique mais une simple constatation.
    On ne peut pas ménager la chèvre et le chou ni servir deux maîtres à la fois.
    A partir du moment où les gens acceptent de se prostituer (travail en échange de monnaie de singe) ils sont considérés par le système comme des singes. Ils sont de plus ne plus taillables et corvéables. Les plus coriaces ont quitté le système, ceux qui restent en seront réduits à être de simples exécutants à force de servilité.

    Il paraît que des réunions ont déjà cours pour appliquer les nouvelles directives que tous les professeurs ont refusé en manifestant ce samedi 10 octobre à Paris.

    Les professeurs ont-ils prévu de boycotter ces réunions ou vont-ils s’ y rendre et se décrédibiliser eux-même ?
    Les syndicats sont déjà opposés entre eux, ce qui n’ augure rien de bon pour le futur. Mais cela ne surprend personne, surtout pas ceux qui savent que le but du syndicat est de maintenir la division (donc un meilleur contrôle) des troupes.


  • lloreen 13 octobre 2015 14:07

    pardon : supplémentaires-refusées


  • philippe baron-abrioux 13 octobre 2015 15:50

     BONJOUR ,

     je viens de lire des commentaires à l’article de samedi dernier . Il s’agit d’un témoignage d’une enseignante de lettres classiques (latin et grec) dont le poste est voué à disparaitre .

     DANS NOMBRE DE COMMENTAIRES ,ce que je lis est consternant .

     QUELLE PIETRE OPINION de ceux à qui vous confiez ,comme je l’ai fait en son temps ,

     VOS ENFANTS OU ADOLESCENTS  !

     ils ne seraient à vous lire que bien peu de choses ,rien en tous cas qui mérite le moindre respect .
     
     COMMENT faites vous alors pour confier à de telles personnes la partie enseignement de vos enfants ?

     vous décrivez les enseignants de façon caricaturale :

     pleurnicheurs pour leurs salaires ,

    ignorants des difficultés de la société qui les entoure ,

    refusant toute idée d’évolution ou de changement ,

    destructeurs même de la culture ,

    ramenés à l’échelon animal (singe ,même si ce n’est qu’une image ) ,

    vous vous moquez de la peine qu’éprouve cette femme enseignante à voir sa matière d’enseignement à laquelle elle est attachée être jetée aux oubliettes d’une E nième réforme ;

     QUE DIRIEZ VOUS SI UNE PART IMPORTANTE DE VOTRE INVESTISSEMENT PROFESSIONNEL
     
    PASSAIT A LA TRAPPE DU JOUR AU LENDEMAIN ?

     RIEN ,alors vous ne méritez pas davantage de respect que celui que vous refusez aux enseignants !

    ne demandez plus à vos enfants la moindre marque de respect vis à vis de vous si ,à ceux à qui vous confiez la lourde tache de leur transmettre ce que peut être vous n’avez jamais acquis vous même ,vous en réfutez le droit .

     DE TELS PROPOS QUI DEVALORISENT ENCORE UN PEU PLUS UNE PROFESSION ,

    ESSAYEZ DE REFLECHIR A CE QUE CELA PROVOQUERAIT CHEZ VOUS SI ON FAISAIT DE
     
    MEME POUR LA VOTRE.
     

    QUI AIME ENTENDRE DIRE « ton boulot ,c’est un boulot de M.... ! » ?

     le travail à accomplir PAR TOUS est primordial pour vos ,nos enfants ,tous ,ceux qui avancent bien, comme ceux qui sont dans les difficultés .

     si vous ne comprenez pas que ce travail nécessite un investissement de tous ,parents ,enseignants mais aussi personnel de service et technique ,vous aurez peut être de bien mauvaises surprise à l’avenir .

     et rattraper les erreurs est toujours plus difficile que d’essayer de s’investir au moment opportun .

     BONNE FIN DE JOURNEE !

     P.B.A

     


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