Dimanche 26 octobre 2014, la Ministre de la Culture n'avait pas réussi à citer un titre de roman de Patrick Modiano. Votre livre préféré de Modiano, lui avait demandé la journaliste de Canal+ : "Euh, euh", avait-elle d'abord répondu. "J'avoue sans aucun problème que je n'ai pas du tout le temps de lire depuis deux ans. Je lis beaucoup de notes, beaucoup de textes de loi, les nouvelles, les dépêches AFP, mais je lis très peu".
Je commence cette tribune hebdomadaire par ce micro évènement médiatique. Une ministre de la Culture qui ne lit pas ou plus. Sujet assez fascinant qui pousse à s'interroger sur le "niveau" de la Ministre. Mais à peine ai-je le temps de poser les bases de mon raisonnement qu'une interrogation en appelle une autre, j'apprends le 29/10 que la ministre tente de se rattraper en se disant "scandalisée" par les attaques dont elle est, bien évidemment, victime. Si l'on en croit sa fiche wikipedia Fleur Pellerin, est pourtant une excellente élève et un modèle d'intégration à la française :
"Née Kim Jong-Suk le 29 août 1973 à Séoul, en Corée du Sud, elle est adoptée à l'âge de six mois par une famille française. Élève au lycée franco-allemand de Buc (académie de Versailles), elle est titulaire du baccalauréat scientifique et de l'Abitur obtenus à l'âge de seize ans. Elle intègre les classes préparatoires commerciales à l'Ipesup. Admise à l'ESSEC, elle en sort diplômée à vingt et un ans. Elle poursuit ses études à l'Institut d'études politiques de Paris, où elle choisit alors la section Service public. À vingt-quatre ans, elle réussit le concours externe d'entrée à l'ENA. Elle deviendra alors élève de la promotion Averroès (1998-2000)."
Qu'a-t-il bien pu se passer pour qu'une personnalité aussi brillante se trouve soudain prise en flagrant délit d'incompétence ?
Une question qui pousse à s'interroger sur la compétence de la personne qui l'a nommé à un poste aussi exigeant sur le plan culturel, le plus exigeant de France. De fait, Fleur Pellerin ne peut pas être coupable d'être ce qu'elle est. Le coupable c'est ce qu'il a mis en place. On pourrait s'arrêter à Manuel Valls et sur son manque de sensibilité culturelle, digne avatar de Sarkozy qui a fait tant de mal à l'image de la France dans le monde. On attend le "Casse toi Pauv'Con" de Manolo qui ne saurait tarder à arriver. Mais Valls lui-même n'est qu'un rouage d'une mécanique d'appauvrissement culturel qui a commencé bien avant sa nomination comme chef du gouvernement. Ce qui a mis Fleur Pellerin en flagrant délit d'incompétence, c'est cette incapacité de la France à comprendre ce qui fait justement son excellence et sa grandeur. Car ce n'est ni l'ENA, ni l'ESSEC qui ont fait et feront la grandeur de la France mais c'est le fameux "Génie Français" cette capacité à manier le concept, à disserter, à raisonner et non pas à réciter. Si Fleur Pellerin, n'a pas pu citer un livre de Modiano, ce qu'elle n'a pas jugé utile de connaître ne serait-ce qu'un titre. C'est que tout au long de son brillant parcours, elle n'a pas été sensibilisée à l'importance de la littérature pour la France et l'importance de la France dans la littérature.
Quand d'autres, plus sensibles, plus éduqués, se seraient rattrapés dans une déclaration d'amour pour la littérature française et ses œuvres, la petite Pellerin répond : "J'ai dit que je lisais moins, je n'ai pas dit que je ne lisais pas, j'ai beaucoup lu pendant mes vacances". Elle a décidément la vue courte. On en reste presque bouche bée devant un tel manque de tact, de mesure, de sensibilité culturelle et historique. On comprend qu'être Ministre de la Culture cela ne s'apprend pas à l'ENA, on comprend aussi qu'on ne demande plus à la ministre de la culture d'être le Ministre de la Culture, on comprend qu'elle n'est qu'un relai, qu'un administrateur, d'une politique plus large, plus vaste, décidée à Bruxelles, peu soucieuse des intérêts de la France et de sa Grandeur. Je n'ai rien contre Fleur Pellerin elle n'est que le produit d'une machine intellectuelle qui a décidé bien avant qu'elle n'entre au lycée d'enterrer la France des Lumières. Une machine qui a créé des gentils administrateurs, des "professionnels" de la politique qui occupent des postes de Ministre comme on occupe un poste de fonctionnaire de catégorie A. Fleur Pellerin, censée incarner l'excellence à la française, n'est en fait que l'image de son déclin. Un déclin souhaité, pensé, imaginé. Un déclin si soudain, si vulgaire, si provocateur, qu'il sera balayé bientôt par la Résistance que j'incarne.
« The Revolution Will not be Televised » disait un certain Gill Scott Heron. Il n’y pas de Grand Soir la Révolution Française s’est faite tout le long du XIXème siècle. Il s’agissait d’une image mais je crois fièrement et naïvement que la Résistance et est en marche.
Moi, j’avoue sans problème que je préfère 1000x Fleur Pellerin à Filippeti.
Fillippeti avait une approche nationaliste de la culture, défendait les petits éditeurs/distributeurs nationaux (Gallimard, la Fnac, etc.), et cela au détriment des auteurs (son fameux : « ce sont les éditeurs qui font la littérature, pas les auteurs » )
Nous ne voulons pas d’une bureaucratie nationale autoritaire et incapable. Nous voulons collectiviser les multinationales, et ça ne peut pas se faire via vos « nationalisations ».
Détruire les petits bourgeois pour laisser place à des grooooos bourgeois... Sauf que la mondialisation de tes maitres ça n’aura jamais lieu, c’est fini la suprématie du dollar, bye bye oncle Sam.
et oui, c’est le concept, moins il y a de bourgeois, plus ce sera facile de les renverser. Plus l’appareil de production est concentré, plus c’est facile de le collectivisé.
Bybye Oncle Sam... Why not ?
Moi, c’est byebye Capitalisme qui m’intéresse. Et ça ne va pas tarder, car la chute du Dollar va entraîner le reste de l’économie mondiale.
« Le capitalisme, ainsi que nous l’avons vu, creuse lui-même sa propre tombe [...]
Nous avons vu également qu’au fur et à mesure du développement capitaliste, petite et moyenne production sont anéanties ; les industriels et les commerçants, petits et moyens, sont ruinés, sans parler des artisans : tous sont dévorés par le gros capital. Ce que possédaient les petits et moyens capitalistes, — leurs capitaux, — s’échappe de leurs mains, et, par différents chemins, se concentre dans celles des grands brigands, accroissant ainsi le capital de ces derniers. Ainsi, le capital, partagé jadis entre plusieurs possesseurs, se rassemble dans une seule main, dans un seul poing victorieux. Cette concentration du capital, autrefois dispersé, s’appelle la centralisation du capital.[...]
Cette centralisation et cette concentration de la production rendent également possible une production véritablement fraternelle, mais seulement après la Révolution prolétarienne. En effet, si cette concentration de la production n’existait pas et si le prolétariat prenait le pouvoir alors que la production est dispersée entre des centaines de milliers de tout petits ateliers où ne travaillent que deux ou trois ouvriers, il serait impossible d’organiser ces ateliers sur une base sociale. Plus le capitalisme est développé, plus la production est centralisée, et plus il est facile au prolétariat, après sa victoire, de diriger la production. »
Multinationales = Privatisation. Quand les flics et l’armée seront privatisés, ce ne sera plus la peine de manifester car l’Etat n’aura plus aucun pouvoir.
Tu n’est qu’un bouffon « lady gaga », un bouffon qui roule pour l’UMPS.
Alors, moi je n’essaie que difficilement de te faire comprendre les bases du Marxisme.
Dans le cadre du Capitalisme, les grandes entreprises vont nécessairement bouffer les petites. Il n’y a absolument aucun échappatoire à cela. Aucun. Tu comprends ? AU-CUN.
Mais : plus une entreprise est centralisée, plus c’est facile de la collectiviser.
Ces éditeurs nationaux étaient de véritables tyrans littéraires, qui vendaient de la littérature en conserve (les « romans »). Ce comportement autoritaire, jusqu’au coeur de la création artistique, est typique des comportements d’une haute bourgeoisie nationale, celle qui hier mettait en place le Fascisme et le Nazisme.
Mais, aujourd’hui, cette « grande » bourgeoisie nationale devient « petite » bourgeoisie internationale. Face à Amazon, le PDG de Gamillard fait figure d’épicier poujadiste.
Amazon bouffe tous ces « petits » éditeurs. Amazon peut imprimer des livres à la demande. Les équipes d’Amazon viennent de faire passer la majorité des les lecteurs américains sur les supports numériques. Bref, Amazon produit et distribue des livres à des coûts presque nuls, avec un taux de profit extrêmement faible (comme prévu par Marx dès 1870...). Se faisant, Amazon se fou totalement du contenu littéraire, et permet à n’importe quel petit auteur de s’autopublier et de s’autodistribuer, sans qu’aucune censure ne s’exerce.
Ce type d’entreprises, hautement automatisées, à coûts de production et distribution quasi nuls, permettant à chaque individu de fabriquer son produit personnalisé et ensuite de le redistribuer, est la BASE du tissu industriel de la société Socialiste.
voilà, quand fifi se met à parler complot, c’est qu’elle est à bout d’arguments. Donc, oui, Marx était dans la misère, et surendetté.
Quoi qu’il en soit, j’invite les gens à plutôt lire mon commentaire juste au dessus, qui lui, est en rapport avec l’article. (contrairement à fifi qui colle la propagande pour son parti/secte partout, sans se soucier des articles)
En France, pour être considéré comme cultivé, il faut connaître la littérature de divertissement et l’on peut ignorer la littérature de la connaissance.
Ce n’est pas la personne de Fleur
Pellerin qui est critiquée dans cet article, si j’ai bien compris (F. Pellerin
que j’aime beaucoup d’ailleurs ) ce qui est en cause, c’est ceux qui mettent
des administrateurs à certains postes dans les ministères, des postes qui demandent des
connaissances plus pointues comme à l’exemple celui-là ! Donc rien à voir avec cette jolie Fleur ; et j’ai compris que cela ne présage rien de bon pour
le futur concernant la culture française car il est possible que cela soit un déclin calculé !
Oui vous avez parfaitement compris. Elle est le stigmate d’un système
qui ne valorise pas la Culture dans son parcours éducatif. Une approche
trop utilitariste. Elle n’est pas une exception mais malheureusement une
règle. J’aurais pu conclure en disant que L’ENA n’est pas (ou plus)
capable de produire des Ministres de la Culture. Et la deuxième interrogation porte sur le processus de Nomination, car celui qui n’est pas à sa place c’est bien sûr le Nominateur qui lui non plus n’a pas le « niveau ». Mais cela fonde de grands espoirs sur les possibilités de les renverser.
Les complots, les complots, les complots : voilà le coeur de l’analyse de l’UPR, qui est un parti complotiste.
Le Capitalisme et la Bourgeoisie n’a besoin ni de la Franc Maçonnerie ni des Young Leaders pour fonctionner. Vous vous battez contre des moulins à vents. Vous feriez mieux d’étudier le fonctionnement du Capitalisme pour le combattre frontalement.
et les insultes... Fifi : tu es si désespérée ? D’habitude, tu argumentes... Qu’est-ce qui t’arrives ? Tu doutes ? Allez, n’hésite pas à renoncer au nationalisme, et à devenir socialiste.
Je ne résiste pas au plaisir de vous confier la dernière Marie-Ségolènade en date. Au sujet de Sivens : (il faut...) « construire une vérité collective au service du pays »
A l’ENA (et dans le monde politique en général) il n’y a de bonne vérité que celle que l’on invente que l’on « construit ». Moi qui croyais naïvement que la vérité était, qu’on la cherchait, que parfois on la trouvait ..., bah non quand elle ne vous plait pas, la vérité, on la reconstruit.
« Qu’a-t-il bien pu se passer pour qu’une personnalité aussi brillante se trouve soudain prise en flagrant délit d’incompétence ? »
J’avoue humblement ne pas connaître le travail de Fleur Pellerin. Mais j’ai du mal à comprendre comment le fait de déclarer ne pas avoir le temps de beaucoup lire depuis qu’elle est ministre devienne un flagrant d"lit d’incompétence. Je découvre avec stupéfaction qu’un ministre de la culture doit passer son temps à lire, plutôt que d’essayer de faire rayonner la culture et de prendre des décisions dans ce sens. Je me dis que nous n’avons que des ministres gravement incompétents puisque par exemple, Le Fol ne traie pas les vaches, Royal ne va pas se faire tuer à Sivens par Caseneuve, Patrick Kanner a plus de 20 ans, Tourraine ne fait jamais de piqure, Le Drian de démonte jamais son MAS 45 et Taubira ne va jamais en prison.
Bien vu : c’est ce que j’allais écrire. En plus, un(e) ministre n’est pas nécessairement censé(e) savoir -pour certains postes, il faut tout de même connaître un peu, les Finances par exemple, mais pour les autres, non-, il faut surtout qu’il(elle) sache se faire entourer.
Vous m’avez mal lu. Son incompétence ne tient pas du fait de « ne pas passer son temps à lire » mais tient de son « insensibilité littéraire ». Je lui reproche d’avoir déconsidéré, justement la portée rayonnante d’un prix Nobel. Alors qu’elle aurait du être la meilleure ambassadrice de Modiano pour porter la Culture Française et son Rayonnement, elle se trouve collée, et déprécie non seulement sa fonction mais aussi indirectement le Prix Nobel. Sa deuxième réaction (« je suis scandalisée »), son manque de prise de mesure, son incapacité à comprendre qu’elle n’a pas rempli son rôle de Ministre de la Culture, c’est sa vraie faute et oui son incompétence à promouvoir le rayonnement culturelle de la France. Mais son formatage intellectuel ne peut pas lui permettre de prendre la mesure des choses, de la relation particulière entre la France et la Littérature. Être Ministre c’est savoir s’adresser à la Nation et au Monde au nom de la France. Pour parler trivialement la France est une marque prestigieuse qui doit être comprise et respectée et a besoin d’ambassadeurs compétents.
Le parisien patriote, Vous n’avez pas compris que les Young Leaders se fichent de la France comme de leur première chemise ? Ils ne sont là que pour en finir avec l’ Etat Nation français. Ils soutiennent TAFTA et les euro- régions, pas la France.
Toutes une série d« euro-régions sont prévues à cheval sur les frontières actuelles avec des régions des pays voisins. Voici la carte de ce qui doit rester de la France. Plus de frontières = plus d’état = plus de nation = plus de peuple français. C’est ça, la politique américaine »diviser pour mieux régner« .
Les Youngs Leaders investissent BEAUCOUP d’argent en France, notamment dans les quartiers défavorisés, abandonné par la bourgeoisie nationale, qui pourtant regorge de talents susceptibles de créer énormément de valeur ajouté.
L’Europe appartient à la même dynamique. Le Capitalisme a toujours besoin d’agrandir ses marchés pour fonctionner, sinon, il sombre dans des crises économiques d’une violence absolument extrême. Mais, l’Union Européenne, contrairement à la France Jacobine Nationaliste, se construit dans le respect des cultures régionales, et tente même de faire renaître les cultures populaires authentiques de nos régions.
A BAS LA FRANCE ARTIFICIELLE, JACOBINE, ET PARISIENNE !
LES VRAIS NATIONS NATURELLES : CE SONT LES RÉGIONS !
Quand j’ai commencé de lire du Modiano, au temps où c’était comme obligatoire, par trois fois le livre m’est tombé des mains. Mais je suis bien content que l’écrivain ait eu le Nobel : ça prouve que la Terre tourne avec régularité.
À quand le prix Nobel, à titre posthume et avec plates excuses, pour François Rabelais ?
Si t’as pas lu Modiano à 50 ans, t’as raté ta vie... c’est comme pour la Rolex il me semble. Ce qui est sûr c’est que les intellos socialos sont plus cons que les gens qu’ils dénoncent.
Elle remontait ce quartier perdu, où tout avait changé, et où elle n’était plus qu’une étrangère parmi d’autres.
Mais avait-elle été déjà autre chose ?.
On disait « monsieur », tout bas, quant il rentrait, claquant la porte du café !
Soi disant un écrivain.
Mais elle aurait été bien incapable de dire ce qu’il écrivait.
A cette époque, quantité de gens assez énigmatiques, prétendaient écrire.Mais ils se livraient en fait à des choses moins reluisantes.
Elle se rappelait aussi de ce drôle de type fumant cigarette sur cigarette, faisant de grands gestes d’agité, comme un poisson rouge manquant d’air dans un bocal.
Elle préférait garder bien sûr ses pensées pour elle et préférait sourire, quant on lui demandait à quoi elle pensait.
Le nom de cet homme lui revenait tout à coup. Enfoui depuis longtemps dans les méandres de sa mémoire. C’était comme si la trace de ses pas remontait dans l’asphalte du trottoir.
« Monsieur Malraux ! »
Mais était ce vraiment son vrai nom ?
Certains aussi, portant des blousons d’aviateur, l’appelaient « Dédé, en lui tapant sur l’épaule.
Des types louches, mais en qui elle avait tout de même confiance, quant ils disaient qu’ils voulaient bien l’aider »pour sa carrière« , en la prenant par la taille, d’une façon paternelle.
Monsieur Malraux à cette époque revenait d’Indochine, et semblait atteint parfois d’une langueur un peu tropicale. Il parlait sans cesse d’un certain général avec lequel il était »en affaire« » !
Mais de quelles affaires s’agissait-il ?
Ce type était il vraiment général ?
Parfois, plus qu’à un poisson rouge, monsieur Malraux ressemblait plutôt à une sorte d’antiquaire, voulant vous vendre des objets les plus improbables.
Elle avait entendu dire qu’il avait fait du marché noir pendant la guerre.
Mais on ne savait que croire à cette époque.
En tout cas elle se rappelait bien cette première, fois, où elle l’ avait aperçu dans ce café qu’elle fréquenterait ensuite, avec « la petite bande », comme ils avaient appris à se nommer entre eux.
Beaucoup de jeunes gens toujours autour de monsieur Malraux, subjugué par sa présence, ses propos parfois cruels, mais toujours « brillants » !
« Brillant », comme« la condition humaine », une expression qui revenait en boucle !
Cela évoquait plutôt pour elle la brillantine « fortvil » dont les publicités géantes couvraient à cette époque les murs d’un paris un peu sale, un peu gris.
Il était là, très affable, payant tournée sur tournée, et s’était tourné brusquement vers elle :
« Et pour la jeune fille ? Vous n’allez pas me dire que vous voulez un thé ? »
Elle n’avait su que répondre, s’était senti bête.
« Vous verrez, lui avait-il dit, en la regardant fixement ; nous finirons tous deux ministres de la culture. C’est un métier où l’on ne vous demande que de faire »tapisserie« !
Ils avaient tous ri !
Elle n’avait fait que rougir.
Monsieur Malraux adorait »chambrer les nouveaux« »
C’était son expression.
Au café de Flore on trouvait d’autres habitués, en particulier ce monsieur Jean Jacques, accompagnée d’une certaine Simone, à l’élégance aristocratique, mais que l’on disait pourtant « de gauche » !
« Le troisième sexe » était sorti. Un nom improbable pour un titre de roman. Elle avait beau compter et recompter. Elle n’en trouvait toujours que deux, mais préférait garder ça pour elle, de peur qu’on la trouve « cruche » !
De toute façon, elle ne l’avait pas lui encore, et aurait été bien embêtée si on lui avait demandé ce qu’elle en pensait.
Elle aurait bien demandé à monsieur Malraux, si elle avait osé.
Mais il l’intimidait bien trop.
Pourquoi ne parlaient ils pas de « la princesse de Clèves », un livre qu’elle avait lu pour le bac, et dont elle avait partagé les tourments de l’héroïne.
Simone se faisait aussi appelé « le castor », par le premier cercle d’amis, les plus proches, ceux de « la rive gauche », précisément
Elle l’avait vu au bras de son amant américain, un type roulant en aronde décapotable rouge, et mâchant sans cesse un chewing-gum !
Elle s’était senti très sotte, à l’arrière de la voiture, alors que ses cheveux volaient au vent, après qu’ils l’aient invité à monter avec eux.
« Allez, ne soyez pas timide ! »
Ils roulaient maintenant à vive allure vers l’arc de triomphe, la place de l’étoile .
Il s’était retourné vers elle, et lui avait demandé brusquement :
« How are you, miss ? »
« Ca va, avait-elle dit.
» Savez vous que vous êtes intéressante ?«
Elle s’était senti bête, comme il la regardait, de façon un peu appuyé, dans le rétroviseur.
»Tiens, c’est drôle, vous vous appelez vous aussi Flore, comme ce café, c’est marrant comme concordance, non ?
Vous venez de chine, vous aussi, comme Marguerite Duras ? «
.....Bien sûr, elle n’avait pas osé demandé qui était cette Marguerite Duras.....Une écrivain, une artiste, ou bien pire....Elle sentait vaguement qu’on se moquait d’elle, et aurait voulu être ailleurs, peut être en mer de chine.
»Moi, j’aime bien les chinoises, je les trouve « intelligentes, pas comme les parisiennes... ! »
« Le castor » a coté de lui, s’était contenté de hausser les épaules....
Elle avait rougi, et n’avait su que répondre.
Une fois de plus.
Elle aurait voulu disparaître, comme un castor dans son trou.
Heureusement, elle n’était pas ministre de la culture.
En creux, une vision très inquiétante de la démocratie. Très technocratique et censitaire. Très professorale.
Le premier tirage initial du dernier Modiano, c’était 60 000 exemplaires avant le Nobel…
L’idée générale défendue ici, c’est qu’un Ministre de la culture ne saurait être choisit que parmi les 60 000 élus d’une rare élite, « parce qu’elle le vaut bien » ?
Ce n’est pas tout : au fond, on est pas vraiment obligé d’avoir lu un auteur, pour par exemple, prendre une décision politique d’aide à la lecture, décider d’aides à la numérisation, etc…Le métier d’un Ministre, c’est quand même plus cela que de faire de la critique littéraire. Il s’agit en principe de mettre en oeuvre des politiques voulues par les électeurs, pas de leur imposer une opinion sur ce qu’ils doivent lire, ni même d’avoir forcément lu la même chose qu’eux.
Le plus grave est ailleurs : ici, on est dans le bénin. Ce soir elle lira un volume, demain elle le citera de mémoire. Dans ces écoles, on apprend à lire vite et à retenir.
Mais la logique profonde de votre démarche, c’est qu’il faudra des banquier pour être Ministre des banques, des industriels pour s’occuper des questions de pollution. Il ne saurait être question d’associer des syndicalistes aux choix dans d’une entreprise. SI ils avaient lu Kotler-Duboi, ils seraient patrons et pas ouvrier…. Ou des parents aux choix concernant leur école…
Je suppose que vu même faites des choix dans ce qui, à vous suivre, constituerait différentes impossibilités théoriques de participer à la vie politique du pays….
Vous êtes d’une certaine façon en train de nous dire : pour être ministre, il faut s’intéresser à ce qui m’intéresse, lire ce que je lis, savoir ce que je sais. Et vous donnez des notes en fonction de ces critères…
Je ne sais pas si vous êtes prof, mais je suis sur que vous avez une idée curieuse de la Démocratie.
enfin une goutte de bon sens dans cet océan. Je commençais a désespérer. Et comme tu l’as mieux exprimé que je ne saurai le faire, je me limite ici à un simple +1
Une ministre de la Culture qui ne lit pas ou plus.
Vous êtes bêtes ou quoi ?
Les ministres sont en postes pour quelques mois (années ?) Alors quoi, passer par exemple du ministère de la culture à celui des sports devrait vous faire passer d’un clone de Bernard Pivot à celui de Zlatan ? Et j’insiste, le ministre de la défense devraient être au moins général de brigade, et celui des Sports, s’il n’a pas fait un ou deux JO dans sa vie est totalement incompétent.
Je vois que le niveau du site est toujours aussi élevé, une sorte de comité d’émancipation de la connerie Humaine et de la stupidité à l’état brut.