samedi 2 septembre - par rosemar

Le choc de la rentrée...

La rentrée approche : et, dès que l'année scolaire est engagée, c'est pour les enseignants un véritable bouleversement qui commence, après le temps des vacances...
 
Le travail de l'enseignant est exigeant et prenant, car l'esprit est, sans cesse, mobilisé par toutes les tâches à accomplir : en début d'année scolaire, il faut d'abord se familiariser avec un nouvel emploi du temps, de nouveaux élèves qu'il faut apprendre à connaître.
 
Et, dès la première semaine, l'enseignant se doit non seulement d'assurer ses cours, de veiller à la discipline, mais aussi de prévoir le travail du trimestre, avec une progression, des exercices, des devoirs à préparer...
Car le temps passé en cours n'est qu'une petite partie du travail fourni par les enseignants...
 
La préparation des cours, la correction des copies occupent souvent les vacances, le week-end, si bien que le temps de loisirs se réduit à peau de chagrin.
 
Dès que l'année scolaire est lancée, c'est, pour les professeurs, une course pour finir les programmes, notamment, dans les classes à examen.
 


La surcharge des classes contribue également à un surcroît de travail, de fatigue et de stress. Les enseignants, confrontés à des classes hétérogènes, doivent s'adapter à un public très divers qui vient d'horizons différents.
Les semaines qui s'enchaînent au cours d'un trimestre ne laissent guère de place à la détente, aux loisirs...
 
Oui, la rentrée est un véritable choc car c'est le début d'un long marathon qui s'achèvera à la fin de l'année scolaire, un marathon au cours duquel les enseignants se mettent au service des élèves, de leurs parents, de l'administration.
 
Ainsi, il n'est pas rare que les parents demandent des rendez-vous avec le personnel éducatif.... Il faut, alors, passer du temps pour donner des conseils, des directives précises.
 
Les tâches administratives font aussi partie du travail de l'enseignant : remplir régulièrement le cahier de textes de chaque classe, de préférence en double exemplaire, en cas de visite d'un inspecteur : sur papier et sur ordinateur.
Il faut veiller, au début de chaque heure de cours, à faire rigoureusement l'appel, noter les absents et transmettre cet appel à l'administration.
A la fin de chaque trimestre, il faut remplir tous les bulletins scolaires de chaque élève.
Il faudra avoir veillé auparavant à faire le relevé de toutes les notes des élèves.
 

Des réunions sont parfois organisées en vue de la préparation de devoirs communs : les professeurs décident en concertation des exercices qui seront proposés aux élèves.
 
On le voit : les tâches sont multiples et diverses...
Le travail est conséquent : il exige disponibilité, rigueur, sérieux, attention permanente.
 
C'est certain : la rentrée bouleverse les habitudes de tout un chacun, mais plus encore pour les enseignants, c'est le début d'un long marathon qui mobilise l'esprit et exige un travail très absorbant.

 
 
 Le blog :

http://rosemar.over-blog.com/2017/08/le-choc-de-la-rentree.html

 



40 réactions


  • Robert Lavigue Robert Lavigue 2 septembre 16:11

    c’est pour les enseignants un véritable bouleversement qui commence, après le temps des vacances...

    J’veux bien le croire. J’imagine que 2 mois de vacances, on met pas mal de temps à s’en remettre...


  • phan 2 septembre 17:55
    Un compte pénibilité est désormais attribué aux salariés exposés à des travaux pénibles. 

    • rosemar rosemar 2 septembre 21:46

      @phan

      Merci pour le lien : je ne pense pas que les enseignants puissent rentrer dans ce cadre du compte pénibilité et je suis consciente que certains métiers mettent à rude épreuve les corps de nombreux salariés...
      Mais, en général, on a tendance à considérer que les profs font un métier de tout repos : ce n’est pas le cas.

    • Doume65 3 septembre 16:46

      @rosemar
      « on a tendance à considérer que les profs font un métier de tout repos : ce n’est pas le cas »
      Qui est « on » ? On est un con, donc forcément il dit des conneries. Je dirais donc plutôt « certains ».
      Quant au travail que font les profs, il est loin d’être homogène. Certains se tuent à la tâche, d’autres ne foutent rien. Et vous savez quoi ? Eh bien ce ne sont pas les premiers qui sont forcément récompensés. Pour cela, il faut avant tout rendre service(s) à l’inspecteur (genre neutre), c’est à dire faire son boulot dont il s’arrogera les mérites, puis ne pas poser de problème au proviseur (par exemple prévenir que de la drogue circule dans le bahut) et enfin faire preuve d’initiatives plus ou moins utiles sur le plan pédagogique (dont la hiérarchie et les collègues s’arrogeront les mérites), mais qui pourront montrer aux familles que l’établissement « construit des actions pour l’épanouissement des élèves ».
      La démagogie fonctionne aussi bien dans l’Educ Nat que partout ailleurs.


    • rosemar rosemar 3 septembre 21:24

      @Doume65

      Ce que vous dites est assez juste, oui mais je pense que la plupart des enseignants fournissent un travail sérieux, même s’il existe quelques exceptions.

  • covadonga*722 covadonga*722 2 septembre 19:08




    debout les damnés de la terre !
    debout les forçats de la faim !


  • Surya Surya 2 septembre 19:29

    Bonjour Rosemar,


    A vous lire, je commence à me demander si vous ne devriez pas envisager de changer de métier. On s’imagine en effet les enseignants attendant avec impatience cette rentrée, heureux de rencontrer de nouveaux élèves, de reprendre les cours, heureux de faire leur métier, quoi. 

    Or, votre article montre bien que vous y allez à reculons, comme on irait à l’échafaud. Il semble que tout ce qui constitue le travail quotidien de l’enseignant soit devenu pour vous un calvaire, même des petites choses (enfin, ce qui semble des petites choses à un non enseignant) comme faire l’appel à chaque début de cours, vous semblez le vivre très mal, le vivre comme une épreuve, un chemin de croix. 
    Il est clair que vous n’aviez pas envie d’y retourner. Vous allez jusqu’à parler de choc ! Le mot est vraiment fort !! 

    Si vous en êtes à ce stade, pourquoi continuer dans ces conditions ? Je ne pense pas que vous soyez maso, et il y a des tas d’autres métiers à faire en dehors de l’enseignement.

    J’ai souvent pensé, à vous lire, que vous étiez devenue enseignante par idéalisme, et c’est tout à votre honneur, mais que la réalité vous avait rattrapée. Parfois, il faut la regarder en face, cette réalité, et arrêter de mettre la tête dans le sable. Personne ne vous a demandé de vous sacrifier, de sacrifier votre vie entière. Vous n’avez pas à faire ça. Vous attendez votre prochaine vie pour être heureuse ou quoi ? Mais si vous ne croyez pas à la réincarnation, peut-être est-il temps pour vous de songer à la reconversion ?

    • rosemar rosemar 2 septembre 21:39

      @Surya

      Mon objectif est simplement de faire comprendre la pénibilité d’un métier qu’on considère souvent comme facile : on met en avant les vacances des enseignants, le nombre d’heures de cours et on ne voit pas l’envers du décor...

    • onesime leufeross onesime leufeross 2 septembre 23:53

      @rosemar
      .
      « Mon objectif est simplement de faire comprendre la pénibilité d’un métier »
      .
      Bin c’est exactement le contraire qui est produit par ce texte surnaturel à force de mauvaise foi ou de maladresse
      On ne peut trancher
      C’est vraiment triste de la part d’un prof de français


    • phan 3 septembre 08:44

      @Surya

      Rosemar exerce par vocation, un métier plutôt difficile que pénible. Elle aime bien enseigner le Français, utilise le mot choc (émotionnel) pour décrire le trac devant un nouveau public à chaque rentrée. Bref, elle a un bon Karma, inutile de parler de reconversion parce qu’elle est à la retraite, je présume ? 
      Vous avez déjà noté : Rosemar est une personne très sensible, êtes vous prête à rejoindre la cellule de soutien psychologique ?


    • Surya Surya 3 septembre 10:44

      @phan

      Oui pourquoi pas ? J’ai pas toujours été tendre avec Rosemar mais si elle a besoin de soutien, si elle a un coup de pompe, le moral à plat, si je peux faire quelque chose je le ferai.

      Sauf que (et là je m’adresse à vous, Rosemar) je ne crois justement pas pouvoir faire quoi que ce soit. Si votre article ne donne pas l’impression que vous vous sentez bien dans votre quotidien de prof, à part vous comprendre et compatir (ou vous agresser pour certains) on ne peut justement pas faire grand chose pour vous, c’est bien ça le problème. Nous ne sommes que des lecteurs d’Agoravox. Tout ce qu’on peut vous dire, c’est : ben si c’est si horrible que ça, partez, fuyez, et faites autre chose de votre vie. 

      Ce métier est pénible, je m’en doute bien si j’en juge par les reportages diffusés à la télé sur la vie des profs de collège et lycées, (c’est un métier que je n’aurais JAMAIS fait). mais il vous appartient à vous seule de peser le pour et le contre pour savoir si vous avez envie de faire ça jusqu’à la retraite. (Je ne sais pas sur quoi phan se base pour dire que vous y êtes déjà).

      C’est à vous de décider ce que vous voulez faire de votre vie. Si c’est vraiment dur, voire insupportable, mais que malgré tout vous voulez rester quand même (et subir, personnellement c’est ainsi que je le vois) et en plus voir votre métier se dégrader un peu plus chaque année, vos conditions de travail devenir de plus en plus pénibles, donc voir votre VIE se dégrader, à part lire vos articles et s’exclamer « Oh que c’est affreux ! Ma pauvre je compatis »... on ne peut pas faire grand chose.

      Que les gens compatissent est une chose, qu’ils se demandent pourquoi diable, dans ce cas, vous continuer à subir tout ça en est une autre.

  • pipiou 2 septembre 21:21

    Malgré votre énorme surcharge de travail vous avez trouvé le temps d’écrire cet article, c’est un exploit.


  • nono le simplet nono le simplet 3 septembre 07:37

    c’est quand même marrant ces jugements sur des métiers qu’on ne connaît pas 

    les profs sont des feignants, les garagistes des voleurs ...
    je vais oser une comparaison ...
    comme quand on écrit un article, pas facile quand on est enseignant d’être en permanence perturbé par les cancres du fond de la classe smiley

  • Aristide Aristide 3 septembre 10:03

    Le métier d’enseignant mérite mieux que cette description assez ... naïve et à la fois affligeante d’une réalité décrite comme un choc et illustrée par de simples travaux que tout salarié, cadre ou simple employé, ... exécute assez naturellement sans parler de choc.


    Quelques exemples ? 

    Voilà donc « Des réunions sont parfois organisées en vue de la préparation de devoirs communs : les professeurs décident en concertation des exercices qui seront proposés aux élèves. » Ouahh, parfois donc il faut partager ses expériences, son savoir, essayer de trouver des solutions à des problèmes, ... un vrai choc.


    Un paragraphe entier illustre assez clairement cette ... hystérie autour de travaux d’une simplicité évidente : « Les tâches administratives font aussi partie du travail de l’enseignant : remplir régulièrement le cahier de textes de chaque classe, de préférence en double exemplaire, en cas de visite d’un inspecteur : sur papier et sur ordinateur.
    Il faut veiller, au début de chaque heure de cours, à faire rigoureusement l’appel, noter les absents et transmettre cet appel à l’administration.
    A la fin de chaque trimestre, il faut remplir tous les bulletins scolaires de chaque élève.
    Il faudra avoir veillé auparavant à faire le relevé de toutes les notes des élèves. »

    Heureusement, cette description est très loin des préoccupations des enseignants, les vrais, en cette période : faire réussir leurs élèves, les faire parvenir au mieux de leurs possibilités, ... mais bon, elle est choquée et ne se préoccupe que de son tout petit nombril pour retrouver la paix ...

  • philippe baron-abrioux 3 septembre 10:53

    @l’auteur , Rosemar ,

     Bonjour Rosemar ,

     « j’attendais ce type de réaction »

     hier , dès que j’ai lu le titre de votre article , j’ai pensé qu’effectivement , vous auriez droit à ce même type de commentaires , aucune surprise donc à attendre .

     Surya dans son commentaire parle de « vocation » : ce mot a sans doute fait rire certains et pourtant ...

     je me refuse à décrire quel est l’investissement personnel de l’immense majorité des enseignants .

    par contre , je suis toujours tristement surpris que certains, qui sans doute demandent tout le respect pour les engagements qu’ils ont pris dans leur vie personnelle et professionnelle , se permettent, très souvent sans même avoir eux mêmes exercé un métier d’enseignement , de caricaturer avec autant de virulence les métiers de ceux auxquels ils ont confié leurs enfants , auxquels ils demandent non seulement la transmission de savoirs mais aussi de parfaire ou de rectifier quelques failles dans l’éducation de leurs enfants qui demeure toujours à la charge des parents qu’ils sont ou ont été .

      faudra t il que les enseignants en plus des savoirs fondamentaux en lecture , écriture , calcul et autres matières , ressortent quelques éléments concernant la citoyenneté et du vivre ensemble , qui implique le respect, à l’usage des enfants , bien sûr , mais souvent aussi de ces parents qui se déchargent d’une partie de ce qui leur échoit du fait de leur statut de parents ?

     aurez vous un jour deux préparations à envisager , une à destination des élèves doublée par une seconde à l’usage de certains parents ?

     il est vrai que la tendance est à déconsidérer tout ce qui n’est pas monnayable mais pourtant contribue bel et bien à construire ces « adultes en devenir » .

     faudra t il inclure dans le droit à la formation des adultes des « cours de parentalité » obligatoires dès l’âge de la majorité biologique ?

     faudra t il prévoir pour tout parent qui voudrait inscrire son enfant en maternelle qu’ au préalable il ait pris connaissance et signé une charte de bonne conduite expliquant clairement ce qui relève de l’enseignement et ce qui relève de l’éducation bien comprise ?

     combien d’élèves paient les conséquences des paroles entendues de parents qui ne cessent de reporter sur les enseignants les difficultés scolaires de leurs enfants alors que leur origine réelle se trouve dans le milieu familial qui « nourrit » certes et se contente de remplir des ventres et des poches en s’estimant quitte de tout le reste ?

     quand j’accueillais des jeunes illettrés et que j’entendais certains des propos qu’ils tenaient sur l’école , souvent ils avaient été confortés par des « l’école ça ne sert à rien , c’est une perte de temps » prononcés autour de la table familiale .

     Courage , Rosemar , vous n’arriverez sans doute pas à obtenir l’écoute de certains , pas même un peu de solidarité, ni même de cohérence dans leur critique .

     ils sont peut être en train de courir dans les rayons pour choisir le dernier portable pour se conformer à travers leur enfant à une société où le respect dû aux métiers ne s’évalue plus qu’à ce qu’il rapporte et à ce qu’il permet de se procurer comme marqueur social d’appartenance à un milieu de référence et peu importe le reste .

     bonne fin de journée !

     P.B.A

     

     

     


    • Aristide Aristide 3 septembre 11:55

      @philippe baron-abrioux

      Dommage que Rosemar n’ait dit ce que vous dites. Décrire une éducation nationale avec des enseignants qui ne s’arrêtent pas à la réunion entre profs, l’appel en classe ou la tenue d’un cahier en double exemplaire. Un choc ? Allons, un peu de mesure.

      L’importance du milieu familial, pour l’éducation aux règles de vie est bien sur à la charge des parents. Mais, il y a une réalité malheureuse qui fait que les exclus de l’école d’hier reproduisent les mêmes erreurs avec leurs enfants. Le rôle de l’enseignant est aussi de savoir compenser ces lacunes, il ne s’agit pas seulement de discipline et de respect des autres bien sur, il s’agit de redonner confiance à ces élèves isolés souvent sans soutien familial afin qu’ils réussissent au mieux de leur facultés.

      Les enseignants le font bien évidement, ils essaient, pas toujours soutenu par les parents qui pour certains y voient une intrusion dans leur vie ou pire une perte d’autorité. 

      Vous admettrez peut être que ces enjeux sont d’une autre nature que les pleurnicheries assez ridicules autour de son nombril en place de mettre en avant le rôle social de l’enseignant dans nos sociétés.

      Si comme vous le soulignez les parents sont au centre du projet d’éducation, il serait nécessaire de mieux les entendre, car tous ne sont pas des victimes de la mode des cartables et des adultes sans règles.


    • rosemar rosemar 3 septembre 13:29

      @philippe baron-abrioux

      MERCI pour toutes ces réflexions : les parents démissionnent trop souvent dans l’éducation de leurs enfants, et au lieu de soutenir les enseignants, ils ont une fâcheuse tendance à les critiquer...

      L’administration a aussi tendance à fermer les yeux devant certains problèmes : ne pas faire de vagues, surtout...
      Quant aux élèves, sollicités par toutes sortes de distractions, ils se dispersent et leur attention est parfois bien défaillante...


      Bonne journée


    • rosemar rosemar 3 septembre 13:33

      @Aristide

      Il ne s’agit pas de pleurnicheries : il s’agit de mettre en évidence la complexité d’un métier de transmission où les différents acteurs font porter toutes les responsabilités sur les enseignants : les parents, l’administration, les élèves eux-mêmes...

    • Surya Surya 3 septembre 19:58

      @philippe baron-abrioux

      « Courage , Rosemar »

      Je ne pense pas que ce soit le meilleur conseil à donner à Rosemar. 
      Lui dire « courage », en gros ça signifie « tenez bon », « serrez les dents », bref, continuez à subir, la société a besoin de gens comme vous qui acceptent de sacrifier leur vie pour une institution qui n’en a rien à faire d’eux et pour des mômes que par ailleurs tout le monde critique allègrement : « ne pensent qu’à s’acheter les derniers téléphones portables », « je ne voudrais pas être jeté dans la cage aux fauves » 

      Oui, j’ai bien lu : « fauves » !!!! Déjà, c’est vachement sympa pour eux de les appeler des « fauves », c’est bien méprisant comme remarque et ça va leur faire plaisir, et puis franchement, je sais pas en quoi ça peut soutenir Rosemar que de lui dire qu’elle va tout les matins se jeter dans une cage aux fauves !! C’est sûr que ça va vachement l’aider !

      Bien que Rosemar dise que cet article ne veut qu’alerter les gens sur la pénibilité du boulot, personnellement j’y ai vu un véritable appel à l’aide, un sos lancé par quelqu’un qui, visiblement, n’en peut plus de ses conditions de vie. 

      Et si je me permets de dire ça, c’est justement à cause de ce qu’on lit dans cet article : Rosemar se plaint de cet appel quotidien qu’il lui faut faire, de ces cahiers qu’il lui faut remplir... or, beaucoup de lecteurs se grattent la tête et se demandent en quoi ces deux tâches sont des épreuves si insurmontables, des Himalayas à gravir, et du coup, elle se fait agresser.

      En fait, on a l’impression d’une personne qui en est arrivée à un point où elle ne supporte plus rien, pas même la plus insignifiante des tâches inhérentes à son métier, (car faire l’appel chaque jour, après tout, c’est un peu vrai, en quoi est-ce si abominable ???) Imaginez par exemple une caissière qui dirait : « mon travail est abominable, rendez vous compte, il faut que j’ouvre le tiroir caisse chaque fois qu’un client me tend un billet, puis il faut que je mette le billet dans le tiroir et qu’ensuite je referme le tiroir ! » On lui dirait : « mais enfin, en quoi est-ce abominable ? », « de quoi tu te plains ?? »

      C’est cette impression là que donne Rosemar : ne plus rien supporter, pas même les petits détails de la vie quotidienne de son métier. C’est en ça que je saisis la raison pour laquelle Aristide a mis le com qu’il a mis, bien qu’il ait pas pris des gants pour le faire.

      Mais plutôt que de dire à Rosemar, au sujet de ces petits détails dont elle se plaint presque de façon maladroite (d’où les réactions agressives) « de quoi vous plaignez vous, arrêtez de geindre du matin au soir » je crois que le meilleur conseil à lui donner, c’est : « si vous ne supportez même plus de faire ces tâches administratives aussi simples et anodines (et qui ne demandent, de plus, aucun effort particulier physique ou intellectuel) que faire l’appel au début d’un cours, chose que tout enseignant doit faire car cela fait partie intégrante de son travail, alors il vaut mieux pour vous que vous fassiez autre chose, parce que soit vous n’étiez pas faite pour ce métier, soit vous l’avez idéalisé et la chute a été rude, soit vous êtes arrivée à un point où vous n’en pouvez plus et si vous continuez, vous allez pêter un câble. »

      Mon opinion dans le fait que Rosemar devrait envisager de faire un autre métier a été renforcée par le com de bluerage, qui lui dit exactement la même chose et en plus, il sait de quoi il parle puisqu’il a été prof lui même, ce qui n’a jamais été mon cas.

      Donc lui dire « courage Rosemar », autrement dit « accrochez vous, serrez les dents et continuez », je ne crois pas que ce soit un bon conseil à lui donner, même si elle vous a remercié de votre intervention.

    • rosemar rosemar 3 septembre 21:20

      @Surya

      Mon article n’a d’autre objectif que de faire comprendre à chacun combien ce métier est exigeant : des tâches multiples qui ne se réduisent pas à transmettre des connaissances et surtout un travail qui occupe l’esprit... 

      Cela peut être passionnant, mais les contraintes imposées aux profs, l’indifférence de l’administration, les problèmes de discipline, les ingérences des parents : tout cela pèse et accroît la fatigue.


    • Surya Surya 4 septembre 09:54

      @rosemar


      « les contraintes imposées aux profs, l’indifférence de l’administration, les problèmes de discipline, les ingérences des parents »

      Et c’est pour cette raison que je me pose (pour vous) la question de savoir si le jeu en vaut la chandelle.

      « Cela peut être passionnant » mais excusez moi Rosemar, mais normalement, un prof choisit ce métier justement parce qu’il le trouve passionnant. Il accepte donc de bon gré toutes les contraintes qui vont avec, et que visiblement vous ne pouvez pas supporter. 
      Lorsqu’il pèse le « pour » et le « contre », il voit bien que le « pour » l’emporte largement. Il ne se plaint pas de devoir faire l’appel, de devoir rencontrer les parents...

      « les ingérences des parents »
      Mais vous êtes tout de même incroyable, Rosemar ! Personnellement, je trouve ça normal qu’un prof rencontre les parents ! Et je trouve ça tout à fait normal qu’un parent demande à rencontrer l’enseignant de son enfant et lui pose des questions !! S’ils ne le faisaient pas, vous iriez vous plaindre que les parents ne s’intéressent pas à la scolarité de leur enfant ! Vous appelez ça de « l’ingérence » ! Mais c’est de leur enfant, dont il s’agit, tout de même ! Ils ont peut être encore le droit de « s’ingérer » dans les affaires de leurs enfants, non ?


      Vous dîtes maintenant que ça peut être passionnant, mais à vous lire mois après mois, article après article, ce n’est vraiment, vraiment pas l’impression qu’on a. Vos articles donnent fâcheusement l’impression que votre balance à vous s’est effondrée du côté du « contre ». Excusez moi, j’y peux rien, vous n’avez qu’à vous relire, vous verrez. 

      Ecrivez donc des articles pour nous parler du « pour », alors. 

      Ce n’est évidemment pas que je veuille donner raison à ceux qui vous agressent en permanence sur vos articles, mais je dois bien avouer qu’ils (vos articles) commencent à me donner très sérieusement envie d’arrêter de m’intéresser à la cause enseignante.

    • philippe baron-abrioux 4 septembre 17:54

      @Surya

       Bonjour Surya ,

       si vous vouliez bien relire les quelques mots que j’adresse à Rosemar dans la réponse que je lui ai faite , vous pourriez comprendre que , en lui disant « bon courage ! » , c’est un encouragement à persévérer comme elle le fait, face aux difficultés qu’elle rencontre et rencontrera encore bien longtemps selon moi à tenter d’obtenir de la part de certains des commentaires mesurés , pondérés et moins caricaturaux que ceux qui lui sont si souvent adressés ce qui est bien loin de ce que vous en avez compris

       précision , je n’ai jamais parlé de « fauves » (merci de ne pas le faire à ma place !) en parlant d’élèves, ni là , ni ailleurs même si il m’est arrivé un jour comme formateur pour jeunes adultes illettrés de me retrouver avec un pistolet sur la tempe parce que j’avais demandé( en aparté, je le précise car c’est visiblement parfois nécessaire ) à un des stagiaires présents de rendre à un participant à cette séquence de formation , le blouson en cuir qu’il venait de lui dérober pendant la pause .

       une fois l’arme baissée et quelques témoins rassurés , nous avons refait une courte pause , tous ensemble , en silence : on en avait tous grand besoin .

       l’ai je pour autant considéré comme un« fauve » ?

       non, mais passé le coup de la stupeur , son geste et le fait qu’à seize ou dix sept ans il soit en possession d’une arme à feu m’aurait plutôt amené à en reparler avec lui, entre quatre yeux, immédiatement après .

       je m’en suis bien gardé et j’ai laissé passer quelques jours pour le faire , en dehors des locaux , dans un café proche .

      à la fin de la formation plusieurs mois après , il m’ a assuré qu’ il n’avait plus jamais ramené ce genre de choses dans nos locaux pendant sept ou huit mois suivants , date de la fin de ce cycle de formation ; je l’ ai cru et je le lui ai dit .

       pourquoi portait il une arme ce jour là ? pourquoi cette réaction de sa part ? je ne le sais pas vraiment, encore à ce jour .

       j’espère seulement qu’il a entendu ce que je lui ai dit pendant notre discussion et que peut être il en a tiré profit pour la suite .

       on « dresse » des fauves ou on les tue quand la menace se fait trop pressante , évidente : on ne dresse pas des « petits d’homme » , on leur parle et, s’ils veulent bien comprendre, c’est le plus souvent suffisant .

      de plus, je n’ai aucun « conseil » à donner à qui que ce soit (sauf sans doute à moi même) , surtout pas : des avis à émettre peut être ,au grand maximum .

       bonne fin de journée !

       P.B.A

       


    • Surya Surya 4 septembre 21:20

      @philippe baron-abrioux

      Je précise tout de suite, car effectivement il y a eu incompréhension entre nous (et c’est ma faute car j’aurais dû préciser) que ce n’était pas de vous dont je parlais concernant l’histoire du fauve, mais de 421 (voyez les commentaires plus bas dans le fil des coms, vous allez comprendre). Toutes mes excuses si vous avez cru que je parlais de vous. C’est que je venais tout juste de lire le com de 421, et j’ai en fait répondu aux deux com, en bloc. 

      D’autre part, j’ai donc en effet mal compris la raison du « courage ». Bon, oui, courage pour qu’elle continue à expliquer et essayer de faire comprendre aux gens, personnellement j’ai parfaitement compris que c’est un métier dur, mais je crois que Rosemar va devoir comprendre que son métier ne consiste pas seulement à faire de grandes envolées lyriques sur l’étymologie des mots devant des élèves modèles, mais que cela consiste AUSSI à avoir des problèmes de discipline, à rencontrer les parents, à remplir des cahiers, à faire des tâches administratives, à faire l’appel, à faire des photocopies... 

      Si elle refuse d’accepter, ou qu’elle n’accepte plus, les différentes casquettes qu’elle doit porter, ou si elle est tombée des nues en arrivant dans l’enseignement en voyant qu’elle devait aussi faire des tâches plus « ingrates » (perso je ne vois pas en quoi c’est ingrat, mais bon...) elle va avoir des sacrés problèmes. Elle en a déjà vu qu’elle ne supporte pas d’être enseignante, puisqu’elle ne supporte pas de faire TOUS les travaux NORMALEMENT liés à sa fonction d’enseignante. 

      Ca « peut » être passionnant, dit-elle. Oui, mais visiblement cela ne l’est pas suffisamment pour que ces tâchez annexes ne soient pour elle qu’une formalité.

      C’est vrai qu’il semblerait qu’on leur demande de plus en plus de tâches administratives, et ça je veux bien comprendre que ça fasse râler les profs, mais si leurs conditions de travail (et donc de vie) se dégradent d’année en année, pourquoi continuer ? Surtout si on vit la rentrée comme un véritable « choc » !! 
      Il faudrait que Rosemar se renseigne un minimum sur ce qu’on demande, en terme d’investissement personnel, de tâches administratives, etc... aux professeurs japonais. Elle trouverait peut être alors que sa vie n’est pas si terrible que ça. Il y a sur Avox une intervenante très intéressante, dont malheureusement je ne me rappelle plus le nom, qui enseigne au Japon, et si elle est la première à dire qu’elle n’a aucune envie de revenir enseigner en France (à cause des problèmes de discipline comparé aux élèves japonais, et aussi je crois à cause de la paye qui est meilleure au Japon), si elle avoue également qu’elle même n’a pas tant de boulot que ça comparé à d’autres profs dans ce pays (mais c’est peut être déjà trois fois plus qu’en France), il faut lire ce qu’elle décrit au sujet de ce qu’on demande en général aux profs aux Japon. Là, je peux vous dire que le terme « sacerdoce » prend tout son sens...

      Ma position, c’est : si elle ne supporte même plus de faire l’appel, il est peut être temps pour elle qu’elle se pose des questions, voire même qu’elle envisage de faire autre chose de sa vie.

      Personne ne l’a forcée à devenir enseignante, mais si le métier ne correspond pas à ce qu’elle croyait trouver, qu’elle fasse autre chose. 


      Un « choc » !! (Décidément je m’en remets pas !!) 
      Honnêtement, quand je lis ça, que puis-je lui dire d’autre que « Dites, Rosemar, pourquoi ne changez vous pas de métier ? Vous seriez peut être mieux dans votre vie. »


      On a vraiment l’impression en lisant ses articles (et tout particulièrement celui là) qu’elle n’en peut plus, mais si on lui donne le conseil (si, si, je me suis permise de donner un conseil) de changer de métier, et je ne suis pas la seule à le dire, elle vient répondre que son article n’avait d’autre but que de faire comprendre aux gens la pénibilité du métier... Bref, elle met la tête dans le sable, et donc du coup je commence à être un peu agacée.

      Ca serait bien aussi qu’elle ne fasse oas une fixation sur le fait de vouloir informer et convaincre le monde entier de la pénibilité du métier d’enseignant. D’abord parce qu’elle aura toujours des gens qui viendront lui dire d’arrêter de geindre, et aussi il y aura d’autres gens qui viendront lui rappeler qu’elle n’est pas la seule à avoir un métier pénible et qu’elle arrête un peu de se regarder le nombril, et seulement le sien.

      D’un côté je ne fais que reprendre ce que je lis dans les coms mis sur ses articles, mais de l’autre, comme je suis assez agacée par son attitude, dès fois, ce soir je reprends ces méchancetés à mon compte, sans pour autant être fière de le faire, et moi aussi je dis :

      - Travailler dans une usine, avec le bruit, les gestes répétitifs et abrutissants, c’est pénible.
      - Faire du marteau piqueur toute la journée, c’est pénible.
      - Les mecs qui ont construit la Tour Eiffel, ils n’ont pas vécu une partie de plaisir.
      - Les infirmières qui ont des horaires irréguliers, qui sont seules dans le service et courrent à droite à gauche pour essayer de s’occuper de tous les malades, c’est pénible.
      - Etre mineur de fond, c’est pénible, surtout quand vous êtes coincé des heures là dessous parce que la mine s’est effondrée
      - Etre dans une entreprise privée et votre patron vous harcèle pour que vous atteigniez des objectifs irréalisables et vous assomme de travail au point que vous ne rentrez à la maison qu’à 21h30, c’est pénible
      - Les gamins des pays du tiers monde qui cassent des cailloux ou fabriquent des briques, qui font des tapis du matin au soir ou qu’on enferme dans des sacs d’amiante, c’est pénible.
      Et tant d’autres...

      Alors entendre Rosemar se plaindre de devoir faire l’appel au début des cours... et réclamer le « soutien » et la compassion des lecteurs d’Agoravox pour ça...

       smiley

  • bluerage 3 septembre 10:59

    Bonjour Rosemar

    Vous devriez changer de metier, à vous lire c’est l’impression que j’ai, sinon vous êtes bonne pour finir à la Verrière.

    Cordialement, un ancien de l’EN qui y a passé 9 ans bien pénibles...


  • onesime leufeross onesime leufeross 3 septembre 17:37

    J’ai passé 40 ans dans ce métier dans différents corps et grades....
    Tout ce que vous décrivez est juste sauf.........que vos habituelles jérémiades mielleuses produisent l’inverse de ce que vous prétendez atteindre.
    Quand dénoncerez vous les causes et les responsables avec les mots du combat et non de la fausse connivence dont vous ne vous départez jamais. ?
    ....
    Dans ce métier comme en d’autres hélas , les profs qui veulent plaire à tout le monde sont les agents de la bienpensance et de la soumission . La passivité de certains ne mérite que les mauvais traitements et les mauvaises manières qui leur sont faits.
    ...
    La morgue insolente de la hiérarchie et des petits marquis qui aspirent à en être ne peut être soulignée sans être dénoncée.
    ....
    Un exemple au passage....
    Quand les enseignants conscients de l’intérêt des enfants vont-ils réclamer le retour à la semaine de 5 jours en primaire et collège et de 5 1/2 jours au deuxième cycle ?

    Semaine scolaire que j’ai toujours connue dans une scolarité qui a toujours ignoré les programmes non terminés.
    Quand les enfants obtiendront-ils une journée courte dans une semaine longue ?


  • Le421 Le421 3 septembre 17:39

    Bonjour Rosemar !!
    Je ne veux pas vous décevoir, mais dans un pays de cons, il est évident que les enseignants sont mal vus !!
    Vous distribuez de la connaissance à des gens qui veulent et tiennent par dessus tout à n’apprendre qu’avec Facebook ou BFMTV, c’est vraiment pas bien.
    Et vous vous faites sacquer d’entrée !!
    Normal.

    Mais j’espère que vous êtes au-dessus de tout ça.

    Par contre, je n’aimerais pas être jeté dans la cage aux fauves qu’est devenue une salle de classe.
    Et ceux qui vous critiquent seraient bien en peine d’assurer en vérité le quart du dixième de votre travail...


    • rosemar rosemar 3 septembre 21:21

      @Le421

      MERCI pour ce message et ce soutien.

    • Surya Surya 4 septembre 09:56

      @rosemar

      Visiblement, cela ne semble pas trop vous gêner que 421 ait appelé vos élèves des « fauves ». Aucune remarque de votre part sur la question.

      Moi personnellement ça m’a vachement choquée.

    • Ciriaco Ciriaco 4 septembre 11:11

      @Surya
      Comme partout, on ne voit bien souvent que ce qui se montre. Les élèves calmes et discrets ont moins d’échos. Pour les autres c’est très alarmant.


    • Aristide Aristide 4 septembre 13:53

      @Surya


      Ajoutez y « pays de cons » et vous avez un exemplaire assez symptomatique de tous les insoumis ...

    • onesime leufeross onesime leufeross 4 septembre 15:38

      @rosemar
      Ça ne vous gêne guère que le sinistre 421 vous ait apporté son soutien en affirmant que les enseignants n’étaient pas payés pendant les vacances...........
      Cette contre vérité grotesque amène une question
      .
      Ignorance ou falsification ..........
      Ou
      Journalisme citoyen...


  • Ciriaco Ciriaco 4 septembre 09:35

    Le métier d’enseignant est excessivement dur. Pour le savoir, comme pour beaucoup de choses, encore faut-il en avoir une expérience. Cela n’a pas bon vent de le dire, mais pourtant l’approche des savoirs est la seule période de la vie qui soit vraiment intéressante. Dans notre société, c’est une période limitée. Connaissance et savoir sont ensuite classiquement séparés selon les critères généraux de la productivité.


    • Aristide Aristide 4 septembre 13:54

      @Ciriaco


      Dans notre société, c’est une période limitée. Connaissance et savoir sont ensuite classiquement séparés selon les critères généraux de la productivité.

      Vous croyez donc que la formation s’arrête à la sortie des études ? 

    • onesime leufeross onesime leufeross 4 septembre 15:56

      @Ciriaco
      « Connaissance et savoir sont ensuite classiquement séparés » 
      .
      Il ne surtout pas manquer d’applaudir une aussi amphigourique proclamation...
      C’est beau comme du Nabum


    • Ciriaco Ciriaco 4 septembre 18:19

      @Aristide
      L’esprit initial de l’Éducation Nationale est la formation des esprits à leur liberté. Une idée qui fut aussi fondatrice de l’Université. Ce qui ne signifie pas que la formation professionnelle ne soit pas aussi un acquis précieux.


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