mardi 2 août - par Nicolas Cavaliere

Un Cosmos à rebours

Métaphysique de l’intuition.

Il est communément admis par les scientifiques qu’une étoile qui se situe à tant d’espace de distance ne renvoie son signal qu’au terme d’un certain passage dans le temps, ne laissant à l’œil lointain qu’une trace de son passé. Si nous appliquons le même raisonnement à n’importe quel évènement dont l’œil humain est le percepteur, cela signifie en pratique que cet évènement a toujours lieu dans le passé. Que chaque évènement a toujours lieu avant son observation. C’est donc à dire qu’une étoile doit se former, ou s’être formée, ou être sur le point de se former. Les éléments qui la composent ne peuvent que s’être agglomérés, que s’agglomérer, qu’être sur le point de s’agglomérer. Ce qu’implique cette connaissance du temps, c’est que l’intuition humaine soit toujours juste.

« Ce qu’il y a d’incompréhensible, c’est que le monde soit compréhensible », affirmait Einstein, qui ne parlait pas du cosmos. Rien n’a été exploré entièrement et ne le sera jamais. Non seulement le changement est toujours inattendu, mais nous n’avons aucune idée de ce qui est. Les étoiles sont représentées parfois comme des losanges, et il se pourrait bien qu’il en existe de cette variété géométrique. Il se pourrait bien également que nous n’ayons pas assez d’imagination pour nous figurer autre chose que l’espace et le temps. La sphère n’est pas la forme parfaite, sauf s’il s’agit de retourner au point de départ.

La suite des changements dont nous sommes témoins n’est pas la somme des mouvements que nous percevons. Il faut se figurer un enfant qui grandit. Même filmé(e), sa croissance échappe à la vue. Nous nous souvenons de lui bébé. Et c’est comme s’il avait toujours parlé. C’est même comme s’il avait toujours été là. S’il y a un sens à notre cohabitation avec lui, c’est parce qu’il a été généré. Et qu’il va prendre sa part à perpétuer l’ordre, chronologique au moins, des choses.

Ce que nous disent nos sens et notre intellect, qui n’ont jamais été qu’un et le même, c’est que l’ensemble perçu avance et ne recule pas. Seules les frustrations et les angoisses causées par notre passage éphémère nous encouragent à postuler l’inverse en fiction, et toujours temporairement, les personnages de notre création étant bien forcés de partir ou de mourir, ou l’univers de notre observation d’être désintégré. Malgré toutes les contorsions que nous faisons subir au temps dans nos réalisations littéraires ou cinématographiques, la narration est inaltérable, l’inaltérabilité de notre condition nous laissant impuissants à postuler un au-delà qui ne soit pas religieux. Nous ferions tout, imaginerions tout, pour rester reliés. L’obsession de la connectique est l’indice laissé par qui cherchent à construire un au-delà à domicile. Malheureusement, c’est un projet voué à la réussite. Le carcéral est comme le fœtal. Un crime à rebours.

Ce cosmos qui est déjà présent sans que nous en ayons conscience, toujours en devenir, toujours en potentialité, laisse rêver à un passé qui ne puisse pas être écrit ou calculé, né et enfermé. Ce cosmos des possibles s’oppose à l’intuition humaine, et celle-ci refuse de s’en laisser conter, déterminée à imposer son désir, ce désir qui adhère si bien à la matière qui l’entoure, cette matière prévisible, régulable, planifiable en mathématique. La nécessité que le temps commande n’est pas celle que l’homme commande, à moins que le temps ne soit instrumentalisé par un autre homme, ce dont le présent texte n’est certainement qu’une trace de plus.

Ne restent-il donc que l’espoir, le désir et le projet de connaissance ? L’expansion économique est-il le pendant terrien de l’expansion de l’Univers ? La mémoire n’existe-elle que dans la cervelle ? Pourquoi avoir élaboré la notion de karma ? La notion de résurrection ? Simples manipulations d’esprits par d’autres ? Torture de l’âme individuelle vouée à la disparition étendue aux corps qui l’acceptaient depuis des millénaires ? Projet de construction ou de destruction ? Les deux se confondent. Le moyen le plus sûr de bâtir une nouvelle maison, c’est de se poser sur un terrain où une ancienne a demeuré longuement. Les places sont chères.

Si demain une guerre nucléaire avait lieu, et que le petit caillou sur lequel nous nous débattons devait exploser, évidemment les répercussions à l’échelle cosmique ne nous concerneraient plus. L’intuition humaine aura été juste jusqu’au bout. Dans le fond, il n’est pas possible de ne pas se fier à notre intuition, pas possible de s’arrêter. Le mouvement ne peut cesser. Ce qui doit s’agglomérer doit s’agglomérer. L’Univers a besoin d’astéroïdes, et notre bonne vieille planète pourrait lui en donner quelques-uns.

L’épuisement des ressources, plus lent et pas moins grave pour la survie de l’espèce, rend la téléologie latente dans cette réflexion plus visible encore. Est-ce fatal ? Le Ciel pourrait-il au moment critique pourvoir à nos besoins en nous gratifiant d’un miracle ? L’équilibre dont nous avons besoin et que nous ne réclamons point par nos actes surviendra-t-il contre toute attente explicite ? Est-ce que quelque chose, in extremis, nous empêchera de disparaître ? Tant qu’il y a de la vie, il y a de l’espoir.

J’ai postulé au premier paragraphe, et par la suite, que les éléments s’aggloméraient pour en former d’autres, j’ai postulé une harmonie de principe qui permet l’existence d’êtres plus complexes, jamais plus simples. Je n’ai pas postulé le conflit, la résistance. Je n’ai pas postulé la constitution dans la douleur. Et j’ai surtout, surtout, postulé la destination. Y en a-t-il une ?

Mon intuition est optimiste. Le programmé et le spontané ne peuvent être distingués. Ils sont comme les vagues de la mer. Le plan élaboré sur le temps le plus long se réalise généralement dans le temps le plus court. L’action irréfléchie peut avoir des conséquences sur une durée infinie. Dans cet autre monde au-delà de l’espace et du temps, dépourvu de souffle et de matière, hors de ce cosmos à rebours théâtre de nos crimes et de nos amours, nos gestes auront la signification que nos consciences voudront bien leur accorder. Oracles.



35 réactions


  • Joséphine Joséphine 2 août 09:17

    Si un anéantissement nucléaire avait lieu, en l’espace de quelques secondes nous serions calcinés au firmament et nos poussières ne feraient plus qu’un avec le cosmos. Mais cela n’arrivera pas, ils vont épuiser l’humanité dans une guerre totale et sans fin. 

    Martin Amstrong, qui analyse les cycles financiers et politiques explique très bien que pour annuler leurs dettes, les états surendettés ont besoin de créer une guerre mondiale . 

    Voilà ce que dit Amstrong : 

    « C’est pourquoi ils font pression pour la guerre…. Ils pensent qu’ils peuvent créer un nouveau système monétaire, et pour ce faire, ils ont besoin de la guerre. Ils pensent qu’ils peuvent la garder juste conventionnelle. Ensuite, les Nations Unies peuvent apparaître comme le chevalier blanc et le pacificateur. Donc, nous avons un autre Bretton Woods. Vous pouvez redessiner toutes les monnaies, et quand vous faites cela, vous effacez toute la dette. C’est ce qui est à l’ordre du jour… Il n’y a aucun moyen pour eux de s’en sortir autrement que par un défaut de paiement. S’ils font défaut, ils s’inquiètent de voir des millions de personnes prendre d’assaut les parlements d’Europe… C’est vraiment une énorme crise financière à laquelle nous sommes confrontés. Ils ont emprunté année après année depuis la Seconde Guerre mondiale sans avoir l’intention de rembourser quoi que ce soit. »

    Ca ressemble à une mort réchauffée....Les choses vont sans doute se précipiter en 2023. 


    • Astrolabe Astrolabe 2 août 09:49

      @Joséphine
       
      Quelle référence en économie !
       

      Martin Arthur Armstrong est un prévisionniste économique autodidacte américain et un criminel condamné qui a passé 11 ans en prison pour avoir trompé des investisseurs sur 700 millions de dollars et caché 15 millions de dollars d’actifs aux régulateurs

      ...


    • Joséphine Joséphine 2 août 13:39

      @Astrolabe

      Peu importe les accusations contre lui, le fait est qu’il a créé un logiciel qui lit le futur économique et la CIA est très intéressée par ce personnage hors du commun. 


    • Astrolabe Astrolabe 2 août 14:48

      @Joséphine
       
      La CIA ?
      Oui, c’est vrai, mais pour le trompettiste  !
      Pas pour l’autre escroc.


    • Djam Djam 3 août 13:05

      @Astrolabe

      Je confirme l’information que vous transmettez sur le pseudo « oracle de génie » nommé A. Armstrong. 

      Ses dernières « prévisions » développées dans le docu intitulé « L’Oracle » (rien que ça !) se sont avérées toutes fausses. 
      Le mec est un petit malin qui a parfaitement compris que notre époque de paumés déspiritualisés avait besoin de nouvelles Pythies... phénomène qui surgit à chaque époque de profonde et grande crise civilisationnelle...

      C’est à ce point que nous en sommes depuis le début du Grand Glissement de la civilisation occidentale et plus largement de ce que nous nommons modernisme et technologisme smiley


  • Lynwec 2 août 09:55

    L’article commençait mal avec cette phrase, antithèse de la sagesse : « Il est communément admis par les scientifiques.... »

    Crois ce que tu as expérimenté par toi-même à de nombreuses reprises,dans des conditions différentes.... et non pas ce qui est dit par beaucoup de personnes, par des personnes à qui on attribue une réputation, ce qui est dit encore et encore ....

    Heureusement, l’essence de l’article s’avère de bien meilleure qualité que l’amorce.


    • Nicolas Cavaliere Nicolas Cavaliere 2 août 18:52

      @Lynwec

      La sagesse peut être de suivre aveuglément le troupeau, allez savoir. Et de s’en remettre aux sages qui sauront arrêter la catastrophe que dans notre sagesse nous laissons survenir.

      Dans la suite du texte, j’essaie d’ailleurs de remettre en question cette connaissance, annoncée avec la force du nombre et semble-t-il infaillible, de la science. J’essaie, je ne suis pas sûr d’y parvenir comme le note très bien Laconique dans son commentaire plus bas. J’essaie surtout en évitant le mysticisme traditionnel, en essayant de renouveler le recours rhétorique à ce qui est caché, car ce qui est caché est le seul moyen de déjouer le pouvoir des gens qui ne parlent que du visible ou plus largement du sensible. Le seul monde invisible/insensible est celui de la conscience individuelle, et il se constitue parce que le sujet qui la porte est capable d’une grande sensibilité. Il y a une impasse, il y a un mur. Je cherche non pas à le traverser mais à le contourner, et je suis trahi par les limites de mon langage...


    • Lynwec 2 août 19:08

      @Nicolas Cavaliere

      En suivant aveuglément le troupeau, vous ne pouvez compter que sur la chance, au mieux . Parler de sagesse à ce propos , c’est pousser le bouchon trop loin selon moi . Mon propos relatif à la sagesse ne traitait que de la phrase initiale, comme je l’ai dit, la suite de l’article est d’une meilleure veine .

      S’en remettre aux sages ... Proclamés sages par qui ? En vertu de quoi ? On les a vus, les sages, à l’action pour nous conseiller de nous faire injecter un truc inconnu pour une maladie dont 99,9% des gens guérissent .
      Soyez votre propre sage, ça prendra du temps, du travail, de la réflexion, vous ferez sans doute des erreurs, mais à terme , vous pourrez vous en remettre à un sage en devenir : vous ... Et au moins, ce sage-là ne cherchera pas à vous tromper .


    • Nicolas Cavaliere Nicolas Cavaliere 2 août 19:25

      @Lynwec

      On dit souvent « sage comme une image » et pourtant les images sont souvent trompeuses. Et le langage qui semblait être la planche de salut la plus solide devient de plus en plus friable (« la paix c’est la guerre » etc.). A quoi s’en remettre dès lors, c’est ça l’objet du travail et de la réflexion.


    • titi titi 2 août 21:12

      @Lynwec

      "S’en remettre aux sages ... Proclamés sages par qui ? En vertu de quoi ?

      « 

      Personnellement quand je monte dans un avion, je préfère qu’il soit piloté par le pilote que par l’hotesse de l’air.

       »Soyez votre propre sage,

      "
      Nous sommes dans un monde complexe.
      Même si vous y consacré toute votre vie vous ne connaitrez pas la médecine ET la chaudronnerie ET la maçonnerie ET les moteurs diesel

      La première sagesse c’est la modestie et de reconnaitre le talent des autres.


    • Sylfaën.H. Sylfaën.H. 5 août 15:47

      @titi
      S’en remettre ... au bon sens. Désolé, mais pas mieux.
      Pour ce qui est de TOUT savoir, ce n’est pas comme çà que tu accèdes à de La Connaissance. C’est une sélection de la Connaissance disponible à faire bases d’un système, qui se devra pouvoir offrir un transitionnel au système existant.


  • christophe nicolas christophe nicolas 2 août 13:01

    Si nous appliquons le même raisonnement à n’importe quel évènement dont l’œil humain est le percepteur, cela signifie en pratique que cet évènement a toujours lieu dans le passé. Que chaque évènement a toujours lieu avant son observation. 

    Non, vous concluez sur votre propre hypothèse donc vous faites une tautologie. Vous dites que le photon qui n’est pas un objet mais une particule d’interaction vit sa vie indépendamment de son émetteur et son récepteur or c’est votre hypothèse, celle d’une personne qui fait un déni de la propre science de son pays car un photon prend toujours le chemin le plus court (Pierre de Fermat) donc le photon sait à son départ, son point d’arrivé comme vous lorsque vous prenez votre voiture pour aller voir de la famille.

    Quoi !!! Il n’a pas le droit de réfléchir le photon ? Il va falloir que l’auteur se mette dans sa petite tête que ça fonctionne ainsi et pas comme il le prétend. parce qu’il vous trompe.

    Votre erreur n’est pas bien grave si vous êtes un garagiste qui s’en remet au Christ pour ses actions mais elle est fondamentale pour un athée qui se prétend scientifique parce que votre pensée va vous amener chez Satan si vous suivez votre logique.

    Si vous ne comprenez pas, respectez au moins les faits sinon vous êtes déjà chez Satan.


    • Nicolas Cavaliere Nicolas Cavaliere 2 août 18:41

      @christophe nicolas

      Je n’émets pas de jugement moral envers ce qui se passe. Ce n’est pas dans la nature de quoique ce soit de prendre le chemin le plus court ou le plus long (c’est la conclusion du texte d’ailleurs). Quant à ce que viennent faire Satan et le Christ dans cette histoire, je n’en sais rien. Merci à vous d’avoir introduit un peu de poésie dans votre commentaire, mais je ne vois vraiment pas le rapport.


    • Claude Simon Claude Simon 4 août 13:43

      Un photon va bel et bien prendre le chemin le plus facile pour lui, donc le plus court.
      Après, étant donné l’état de cette onde à l’instant où il pénètre le vide pour l’instant d’après, ainsi que l’état des fluctuations du vide, puis enfin son spin ou celui de son appareillé (cf intrication), peuvent influer cette trajectoire.
      Mais sa quantité d’énergie ne bouge pas, seule sa longueur d’onde sera impactée.

      Concernant les prémonitions auto-réalisatrices, il se dit que ceux sont des molécules produites par le cerveau en état de stress, proche des benzo-diazépines. Ou alors serait-ce un additif au tabac ou autre ?

      Et puis après tout, le cerveau n’est t’il pas le miroir biologique de l’univers ?


    • Sylfaën.H. Sylfaën.H. 5 août 15:50

      @christophe nicolas
      dans le dual cause-effet, oui, peut-être.
      Il y a d’autres point2vüe possibles, heureusement.
      Pour ce qui est de Satan, demande à Padre-Pio ; des faits, il en a bouffé smiley


  • Aita Pea Pea Aita Pea Pea 2 août 14:57

    Bon , la vague en haut de la photo promet , faut reculer devant pour pouvoir la prendre .


  • Laconique Laconique 2 août 16:37

    Malheureusement, on sent un certain désœuvrement derrière tout cela. Soit l’auteur tient vraiment à sa thèse, et alors il fallait adopter un style plus serré, plus humble, plus scolastique. Soit il souhaitait donner dans le lyrisme, dans la lignée de ses textes précédents. Et alors la question se pose : notre monde a-t-il besoin de lyrisme, et surtout de ce lyrisme-là ?


    • Nicolas Cavaliere Nicolas Cavaliere 2 août 18:34

      @Laconique

      Oui, pour qu’un jour quelqu’un d’autre puisse écrire (proposition) : « Je remplace la mélancolie par le courage, le doute par la certitude, le désespoir par l’espoir, la méchanceté par le bien, les plaintes par le devoir, le scepticisme par la foi, les sophismes par la froideur du calme et l’orgueil par la modestie. »

      Quant à moi, je vais m’arrêter quelque temps.


    • charlyposte charlyposte 2 août 18:59

      @Laconique
      Tu es pourtant plutôt laconique ! smiley


  • Xenozoid Xenozoid 2 août 20:00

    Les cris d’un milliard d’étoiles assassinées mentent à la paix de la nuit alors que nous nous accrochons désespérément aux rares pierres fragiles que nous appelons Mondes.
    Le ciel a brûlé, les étoiles ont criés et sous les cendres de l’infini, l’espoir a cicatrisé apres avoir respiré sont dernier saignement
    Le papillon veut son étoile


  • jjwaDal jjwaDal 3 août 12:38

    Je viens de traverser une nappe de brouillard épais. Par curiosité j’ai avancé jusqu’au bout pour voir ce qu’il y avait au delà et il n’y avait juste qu’un brouillard épais.

    « Ce qui se conçoit bien s’énonce aisément et les mots pour le dire arrivent aisément ».

    Je vais voir un ophtalmo, on n’est jamais trop prudent.


  • Djam Djam 3 août 13:28

    @ Nicolas Cavaliere

    J’ai beaucoup aimé votre article smiley 

    Belle réflexion, bonnes questions... sans réponse, ce qui rappelle à quel point notre époque est assez prétentieuse à vouloir répondre à tout par l’arnaque du tout-techno. 

    L’intuition est une compétence (un don, chez certains ?) précieuse. Elle ne trompe jamais (je peux en attester) si, et seulement si, on la laisse s’exprimer sans la moindre mentalisation intellectuelle. Sinon, ça foire. 

    La notion de temporalité est une invention des Modernes. Avant l’industrialisation, il n’y avait aucune horloge dans les églises... un jour, on en a accrochées au mur de la plupart. S’en était fini de la voie d’échappement, bien humaine par ailleurs, des spiritualités tournées vers le céleste où le temps n’existe pas... 

    Le Cosmos est fascinant. En vient-on vraiment comme l’affirment les astrophysiciens et autres scientifiques quelque peu pontifiant ? Personne ne le sait vraiment. En revanche, la petit sphère sur laquelle nous nous agitons stérilement, tourne et à permis de facto aux homoncules que nous sommes d’inventer le temps comme une mesure par tranches. 

    Partant de l’invention du Temps et de ses tranches à durée variable, des petits malins ont eu l’idée discutable de donner une valeur (!) aux tranches. « Time is monney » affirment les négociants de l’économie virtuelle. Plus on compresse les tranches de temps et plus on peut augmenter leur valeur-monnaie selon l’ambition du gain de celui qui impose le concept. C’est ainsi que l’on imposa aux laborieux qui bossent dans ces « cadres temporels » plus de travail avec « moins de temps ». Fallait y penser, ils l’ont fait !

    Ceux qui s’enrichissent sans limite ont tous un point en commun : ils ne travaillent jamais mais font travailler les autres et prennent leur taux de profit sur leur dos. Voilà pourquoi l’invention du Temps est l’indicateur de l’invention de l’économie moderne basée uniquement sur l’usure généralisée.


    • Nicolas Cavaliere Nicolas Cavaliere 3 août 18:24

      @Djam

      Merci. Ça fait du bien, je ne peux pas dire que mes derniers articles aient été bien reçus par ici.

      Tout à fait d’accord avec l’histoire que vous écrivez. Le temps décompté/chiffré est une organisation sociale rigide. On crée des souplesses autour de cette contrainte que tous tiennent pour acquise. De la même manière qu’il y a des communautés qui se regroupent autour d’autres devises ou concepts monétaires (type monnaie fondante) ou systèmes métriques, on pourrait imaginer des communautés qui pensent leurs horloges différemment, en changeant les heures et les minutes par d’autres mesures de temps. Ce serait une belle expérimentation !


    • Sylfaën.H. Sylfaën.H. 4 août 14:34

      @Nicolas Cavaliere
      Le temps est le linéaire sur lequel le système annône son sempiternel investir-crédit-dette. Il porte l’usure, nous assignant à supporter, rester gueux têtes bien baissés.
      TOUT est relatif, compris temps. Ecrire un système sur une durée, un tempus, te transporte sur le paradigme : PROVISIONNER. Une durée appelle une fin, donc un VERIFIER, pour éventuellement re-processé, ou pas.
      Le Progrès n’aime pas le temps-fini.


    • Djam Djam 5 août 13:55

      @Nicolas Cavaliere
      Oui, Nicolas, sur ce site il y a une « modération » (?) dont nous ne connaissons pas les critères de sélection. L’on passe l’article s’il reçoit un nombre suffisant de « ok », c’est vous dire si le comptage à atteint absolument l’intégralité de notre existence. 

      Un bon article n’a pas besoin de X « ok » pour être publié, son fond, sa forme (c’est bien quand c’est bien écrit smiley et son/ses hypothèses sont toujours intéressants à lire... idem pour les billets d’humeur dont l’objectif est comme son nom l’indique, un moyen accepté par principe de lâcher « un coup de gueule » ou « de joie ».

      Vous n’êtes pas souvent bien reçus sur AV ? Ne vous formalisez plus, ce site est devenu un espace que se sont approprié quelques auteurs avatardisés sur lequel chaque jour ils commentent mais juste pour vider leur fiel de la nuit... 

      Globalement ça se tire dans les claviers à coup de mots-balles en essayant, pour certains, de discréditer ou de blesser. La nature humaine n’a pas changé d’un iota depuis l’antiquité, ceux qui croient vivre dans des sociétés civilisées (sans rire smiley) sont souvent les plus fielleux.

      Continuer à écrire, moi je vous lis et avec plaisir de surcroît !


    • Djam Djam 5 août 14:01

      @Sylfaën.H.

      Très bon ajout ! Et l’on ajouter aussi que l’individu « moderne » GÈRE sa vie, son couple, ses vacances, ses projets, son agenda etc etc... ça lui permet d’oublier de vivre. Sa jouissance de vivre n’étant plus qu’au comptage des derniers picaillons qu’on lui laisse, il trouve normal d’envoyer sa progéniture dans des « grandes écoles de commerce », des formations « bachelor finance & gestion », des universités de mathématiques et commerce (de préférence américaines... ça fait bien dans le CV) afin d’espérer être retenu par le Grand Système Mondial de la Finance Virtuelle où l’on rêve de faire fortune sans bosser, sans métier, sans suer... juste en inventant une fonction rentable et usurière dans le Grand Dispositif de relance du taux de profit illimité. 


    • Sylfaën.H. Sylfaën.H. 5 août 16:01

      @Djam
       !belle ! smiley


    • Sylfaën.H. Sylfaën.H. 5 août 16:05

      @Nicolas Cavaliere
      « en changeant les heures et les minutes... »
      Le temps n’est pas un absolus. L’absolus humain est un tryptique : temps+espace+matiere, à écrire des systèmes. 3mots, pas pire, non ?
       smiley


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