jeudi 8 juin 2006 - par Bernard Dugué

Faut-il craindre les nanotechnologies ?


 

 

Tout récemment vient d’être inauguré à Grenoble Minatec, un immense centre de recherche dévolu aux nanotechnologies, le troisième dans le monde, paraît-il. Cet événement a suscité une importante contestation de la part de mouvements critiques, pour ne pas dire opposés à ces nouvelles technologies, ainsi désignées à cause de la taille des objets qu’elles manipulent, évaluée en nanomètres, soit la dimension de quelques dizaines d’atomes. Le philosophe Jean-Pierre Dupuy pense même que cette fronde contre les nanosciences prendra une ampleur largement supérieure à celle dirigée contre les OGM. Les nano-objets, à peu près personne ne sait exactement ce qu’ils sont, mais presque tous savent qu’ils suscitent des craintes, sans qu’on puisse déterminer si elles sont justifiées ou bien imaginées de toutes pièces, en raison notamment de l’impossibilité de pouvoir contrôler la diffusion de ces objets, invisibles, contrairement aux armes nucléaires et à leurs dispositifs de lancement. Le nano sous-marin capable de lancer des nano-missiles nucléaires n’est pas pour demain. Cela dit, la version injectable à visée thérapeutique a été conçue, sous forme de microcapsules susceptibles de délivrer un médicament sur une cible tissulaire. Si les nanotechnologies n’étaient qu’un bricolage à visée médicale, on en parlerait moins, et si crainte il y a, le mieux serait de déterminer avec précision ce dont il ressort. En premier lieu, expliciter comment ils sont conçus, puis comment ils fonctionnent ; ensuite, établir les dangers ou risques liés à leur utilisation. Dans ce contexte, doit-on prendre au sérieux le reproche des « anti-nano » à l’encontre des maîtres d’œuvre et d’ouvrage de Minatec qui auraient concocté leur projet à l’écart des débats publics ? A mon avis, la réponse est négative, car en matière de recherche, il faut laisser la liberté aux chercheurs (dans l’absolu, le chercheur idéal devrait être autant un créateur qu’un individu éthique, responsable, affranchi de la mainmise de l’Etat autant que de celle de la populace). Que ce projet fasse l’objet de financements publics est une autre affaire, qui concerne cette fois politiques et citoyens, parce que la société est demandeuse dans de nombreux domaines, et définir les priorités de financement nous concerne tous. Et c’est peut-être le gaspillage de l’argent public qu’il faut craindre, au cas où ces technologies n’apporteraient pas un avantage matériel proportionnel aux sommes allouées. Quelle que soit la question posée, on en revient aux interrogations basiques : c’est quoi, ces nanotechnologies ?

 

 

Les nano-objets sont des systèmes capables d’effectuer des opérations techniques à des échelles proches de l’atome. On pourrait imaginer des pinces moléculaires capables d’extraire quelques molécules membranaires en opérant sur une cellule. Cela relève de la biologie-fiction, mais dans ce domaine, on emploie déjà des micro-technologies, pour transférer par exemple un noyau d’une cellule à une autr, et des biotechnologies pour insérer un gène à partir d’un vecteur ADN dans une cellule. Une devise : toujours plus petit ! Elle est appliquée dans la méthodologie descendante consistant à réduire les échelles opératoires en miniaturisant les technologies existantes. C’est un classique. Il suffit de constater les progrès dans l’insertion des transistors sur les puces électroniques, ou bien dans l’art de façonner les disques durs d’ordinateur. De plus en plus de mémoire et de moins en moins de taille, pour le plus grand plaisir des amateurs de jeux vidéo et des accros à la musique, qui peuvent emporter des heures de chansons sur de minuscules I-pod. Sans oublier les usages en matière de surveillance policière et militaire...

 

L’autre méthodologie en matière de nanotechnologie est ascendante, autrement dit, elle consiste à produire des objets non pas en réduisant la dimension des opérations existantes, mais en assemblant des composants de plus petite taille et le cas échéant, des atomes. C’est cet aspect qui soulève à la fois fascination et craintes quant à un usage servant des fins peu éthiques. Mais nous n’en sommes pas encore à ce stade. Par ailleurs, ce qu’on appelle les nanosciences n’a rien de spécialement nouveau en ce début de XXIe siècle. En 1959, le physicien Feynman prononça un discours évoquant la possibilité prochaine de manipuler des objets de taille atomique. Le reste était affaire de progrès technique. Puis le microscope à effet tunnel permit d’observer le « nanomonde » et dans la foulée, de manipuler des atomes. La science est basée sur l’observation. Et donc une nanoscience observe des nano-objets. De ce point de vue, on aurait envie de dire "rien de neuf", puisque la physique et la biologie opèrent ainsi depuis des décennies ; alors pourquoi cet engouement, doublé de crainte, pour les nanotechnologies qui, dès l’année 2000, ont été placées au cœur des préoccupations de l’appareil scientifique d’Etat sous la présidence Clinton, alors que se faisaient connaître des groupes militant activement contre ces recherches au budget pharaonique ?

 

 

Reprenons les choses par le début. Les techniques d’assemblage de composants n’ont rien d’une invention humaine. C’est ce que fait le vivant depuis des centaines de millions d’années. L’homme ne le sait que depuis un siècle, grâce aux progrès de la biochimie. Il manque à la science une authentique philosophie de la vie. Adieu ère de l’homéostasie et des bouclages cybernétiques. L’idée d’une vie manipulant des informations pourra être conservée, mais la réalité, c’est que la vie coïncide avec une nanotechnologie qui s’est créée naturellement. La vie n’est que nanotechnologie. Pour s’en convaincre, il suffit d’apprendre la biologie. Prenons l’armature des cellules qu’on appelle cytosquelette. Rien qu’un assemblage hypercomplexe de nanotubules, eux-mêmes assemblés à partir de composants protéiques par des enzymes qui ne sont que des nano-opérateurs. La contraction moléculaire ? Rien qu’une contraction coordonnée de millions de myofibrilles, micro- ou nano-objets élaborés à partir de composants et notamment, d’une protéine contractile, la myosine. La nature maîtrise parfaitement les nanotechnologies, pour preuve les cils vibratoires de la paramécie. La nature s’y connaît en nano-chirurgie, nano-assemblages, créant des nano-machines pour se mouvoir et des nano-tubes pour échanger des informations entre cellules nerveuses, alors que l’ADN se présente comme le disque dur le plus performant en quantité de mémoire rapportée au volume de stockage. Au cours des dernières années, les biologistes ont découvert les protéines scaffold fonctionnant comme des connecteurs intracellulaires, ce qui confère aux cellules un dispositif dont le fonctionnement est calqué sur celui d’un central téléphonique ou d’un fournisseur d’accès à Internet.

 

 

Les nanotechnologies devraient être présentées en accolant le substantif artificiel, pour bien les distinguer de leurs homologues naturels et ne pas les confondre ; de la même manière qu’une motrice de chemin de fer ou une automobile n’a rien de commun avec le cheval, excepté le cheval-vapeur encore utilisé comme unité de puissance pour comparer les performances de ces moteurs artificiels fonctionnant à l’essence et non pas au glucose, carburant du muscle strié naturel. Si on admet que ces technologies ne sont que des productions artificielles calquées sur celles utilisées par le vivant, il n’y a pas lieu d’avoir peur. On verra alors dans ce phénomène de société un énième avatar du rêve prométhéen et des craintes suscitées. Après avoir reçu des dieux l’art du feu, généré par la foudre, les hommes ont reçu de leur science l’art des nanotechnologies, calqué sur celui du vivant, cependant différent dans son essence, car le plus souvent, il utilise des dispositifs physiques, comme ce microscope à effet tunnel ou ces champs magnétiques, la Nature ayant trouvé depuis bien longtemps la technique pour manipuler l’atome et les exemples sont légion, depuis la molécule de fer insérée dans la porphyrine, elle-même assemblée dans l’hémoglobine jusqu’aux fascinants canaux ioniques membranaires assurant le transport des atomes chargés un par un.

 

 

Si les nanotechnologies se présentaient comme des doublures artificielles de processus naturels, il n’y aurait pas lieu de s’inquiéter, hormis des questions banales - mais pas anodines - concernant l’impact de ces objets sur la santé humaine, le spectre de l’amiante étant évidemment présent. En fait, les principales craintes exprimées ne sont pas d’ordre sanitaire, mais social et politique. Les nanotechnologies présenteraient des dangers en matière de libertés publiques, renforçant les possibilités de contrôle et de surveillance. Qui dit surveiller dit observer, voir, transmettre. Nous voilà au cœur du problème. Si les nano-objets présentent un danger de ce côté, c’est parce qu’ils ont la possibilité de capter et de transmettre des informations, notamment par le biais du champ électromagnétique et des ondes utilisées. Ces objets peuvent communiquer avec des dispositifs centraux, terminal informatique, système d’espionnage, centrale policière, ou alors entre eux. Nous sommes tous habitués aux étiquettes magnétiques déclenchant l’alarme en passant un portique si le produit n’a pas été démagnétisé en passant à la caisse ; par contre, l’idée de pouvoir implanter une puce émettrice dans un individu paraît choquer, bien que ce ne soit là qu’une version améliorée du bracelet électronique en usage dans le champ de l’application des peines. Mais nous n’en sommes qu’au début d’un processus de conception d’outils inédits, dont on sait qu’ils intéressent de près les militaires et les pouvoirs politiques. Les sommes investies ne trompent pas sur les enjeux, laissant cependant indéterminées les fins. 450 millions de dollars, soit une moitié du total, ont été investis en un an aux Etats-Unis à des fins de « défense ».

 

 

Le champ des nanotechnologies, bien qu’imprévisible, doit faire l’objet d’une investigation philosophique. Comme le disait Deleuze, il appartient au philosophe de forger des concepts dès qu’une situation nouvelle se présente dans la société et le monde. Et c’est le cas de ces recherches qui, pourtant, ont déjà quelque ancienneté. Le problème ne se situe pas dans l’usage individuel des nanotechnologies mais dans le couplage de ces systèmes captant et échangeant des informations. Ce champ technologique artificiel se présente comme un monde métasensible, à côté du monde sensible au sein duquel les humains ont une expérience de plusieurs millénaires, partageant cet usage avec les animaux. Dans un monde naturel, les sens comme l’odorat, l’ouïe et surtout la vue, sont déterminants pour vivre, se nourrir, se reproduire et surtout échapper aux prédateurs. Ces mêmes sens ont été utilisés lors des guerres antiques, médiévales, modernes, y compris dans les deux grands conflits armés du premier XXe siècle. Mais peu à peu, l’usage d’instruments plus efficaces s’est généralisée. Pour la première fois, on a parlé d’un conflit virtuel pendant la guerre en Irak en 1991, en raison de la provenance des images obtenues par satellite. Au vu de la tendance actuelle, l’espèce humaine sera amenée à évoluer non seulement dans le monde naturel de ses ancêtres, mais dans un second monde sensible, avec des matériaux et des dispositifs invisibles mais pouvant communiquer, notamment par l’envoi de signaux hertziens, à partir de dispositifs macroscopiques comme les téléphones cellulaires, ou microscopiques comme les puces émettrices. De plus, des matériaux dit « intelligents » sont amenés à servir de second corps, artificiel, doué de fonctions relevant du sensible, mais produits de toutes pièces pour un usage spécifique.

 

 

Les craintes exprimées face aux nanotechnologies ne sont pas sans fondement, mais c’est à l’usage qu’on saura si elles se justifient, notamment quand le dispositif aura progressé pour prendre une forme avancée, susceptible de montrer la fulgurance de son efficacité. L’inquiétude est naturelle, elle correspond sans doute à la plongée dans un monde inconnu, avec ce sixième sens naissant, un sens de même nature que le visuel (avec lequel il partage l’usage du champ électromagnétique), mais invisible et supporté par un dispositif de reconnaissance intellectuel réalisé par ce qu’on doit appeler une matière cognitive artificielle. Un panoptique artificiel nous observe, sans que l’on soit mis entre quatre murs, comme dans la prison moderne, intégrant elle aussi un panoptique, ayant servi de matériau à Foucault pour décrire l’apparition des systèmes de surveillance. La différence étant que le panoptique était un objet visible, connu, intégré dans un système pénitencier, dont on pouvait connaître des gardiens, alors que l’hyper-panoptique cognitif ne se voit pas, et qu’on ne sait pas qui est derrière, enfin, disons qu’on soupçonne un système policier, mais rien de neuf hormis l’efficacité des instruments. Cela fait des décennies que nous sommes observés par des agences comme la NSA.

 

Pour l’instant, rien ne permet de dire si nos existences seront modifiées en profondeur avec cette utilisation d’un sixième sens matériel, à des fins pas forcément honorables, par quelques-uns, ce qui n’empêche pas les citoyens d’acquérir eux-aussi des objets pour contrer l’hyper-panoptique et jouer à la guéguerre cognitive. Je t’ai vue, puce électronique invisible, et je t’envoie un signal avec mon pistolet désactiveur acheté chez Car....ur ! A mon avis, l’humanité mérite un autre dessein, fait d’amour, d’art, de contemplation et d’inventions de situations littéraires, où se livrer est une dé-livrance et lire nous immunise du dé-lire.

 

 

D’où une question autrement plus subversive : peut-on se passer des nanotechnologies ? C’est la question qui arrive pour ainsi dire naturellement. Il est parfaitement concevable que ces technologies soient plus inutiles que dangereuses. Toute technique bénéfique à l’humanité se présente sous la figure de Janus, devenant maléfique si utilisée à mauvais escient. Mais dans un sens ou dans l’autre, cette technique apporte un progrès, dans l’exercice du bien ou du mal. Il n’y a donc rien à craindre des nanotechnologies, mais tout à craindre de l’homme qui les utilise ; inversement, ceux qui lancent ces projets ont tout à craindre du verdict final, le plus inquiétant qui soit pour ces scientifiques et politiques dévoués à l’utilitarisme ; les nanotechnologies sont inutiles ! Mais l’espoir est au rendez-vous, le système sait parfaitement persuader les usagers de l’utilité d’une multitude de gadgets supplétifs aux aptitudes techniques des humains. Enfin, s’il faut craindre quelque chose, ce serait plutôt les tendances politiques orientées vers la surveillance, l’asservissement, les velléités dominatrices et autres tyrannies contemporaines. Le principal danger pour l’humanité est l’homme, ne l’oublions pas.



201 réactions


    • faxtronic (---.---.183.158) 8 juin 2006 20:36

      M’enfin t’a deja vu un scientifique ??? Ect-ce que tu peux me decrire son boulot. Tu sais il vit dans le monde réel le scientifique, et souvent jusqu’au cou.


    • faxtronic (---.---.183.158) 8 juin 2006 20:42

      Remarque je reconnais que pour certain les avancées scientifiques et technologiques sont dénuées de sens. Avant j’etais ingenieur j’ai un célebre fabricant de téléphone portable. Puis mon oncle est mort d’un cancer du foie. Et moi cela m’a travaillé un max : « Quoi, j’ai des connaissance, et je fais des téléphones, je suis un abruti ». Alors j’ai décidé de faire de la recherche à la place. Je gagne moins d’argent mais je crois faire un boulot utile : je fais des organes artificiels mous, enfin j’essaye. OK. Je raconte cela à une amie qui me demandait sur quoi je travaillais. Réaction de cette amie « Ben quoi, quand on doit mouriri on meurt, pourquoi essayer de prolonger la vie, c’est pas naturel.... » Je suis resté pantois, Mon oncle est mort a 39 ans, laissant deux enfants, 6 mois entre le debut de sa maladie et sa mort. A la fin il etait gonflé comme une outre a force d’analgésiques (anti-douleurs).


  • zoï (---.---.58.60) 8 juin 2006 17:48

    Face à ce concert des arrogances, l’ignorantus que je suis vous pose une petite question d’ordre philosophique : fallait-il que nos ancêtres mesurent toutes les conséquences de la découverte du feu avant de se décider à utiliser ce dernier ? Autrement dit : pouvons nous anticiper toutes les implications d’une découverte scientifique et/ou technologique pour fonder une éthique de la prévention des risques ?


    • harmony (---.---.3.116) 8 juin 2006 18:37

      mais où vis tu toi pour réagir ainsi ??


    • faxtronic (---.---.183.158) 8 juin 2006 20:10

      Exact : Le feu a des consuqence nefaste, demandez donc a Jeanne d’arc, mais aussi des bénéfices. Il est desormais interdit de bruler vif quelqu’un. On maitrise la technologie d’apres par la science, puis par la loi.


    • Bernard Dugué Bernard Dugué 8 juin 2006 21:01

      J’ai répondu partiellement à cette question d’ordre philosophique, à travers l’évocation de la figure de Prométhée transposée au nanotechnologies


  • Hakim I. (---.---.29.92) 8 juin 2006 18:02

    Bonjour,

    Je lis dans ces commentaires autant de la crainte que de l’engouement envers la nanotech.

    Quelqu’un ici pourrait-il donner des exemples précis de produits nanotechnoloqiques et nous expliquer en quoi ils pourraient être bénéfiques ou néfastes ?

    Merci a tous.


    • José W (---.---.25.142) 8 juin 2006 18:39

      J’ai un exemple concret de produit nanotechnologique fabriqué par une importante société internationale implantée dans ma ville, et qui fait de la pub notamment sur France-info.

      Je pourrais donnner le nom de ce produit, ses atouts commerciaux et techniques et ses dangers non évalués, mais il parait que les opposants seraient des ignares, qui ne connaissent rien à rien. Alors puisqu’on ne connnait rien, je garde ce produit, ses avantages et ses inconvénients sous silence.

      Je donne tout de même un indice sous forme de charade du père Fourasse :

      - Mon premier est lisse et trasparent comme la glace.
      - Mon second peut être provoqué selon les scientistes chinois.
      - Mon tout est un matériau nanotechnologique présenté comme un produit inoffensif et presque écologique, alors que ses risques ne sont pas évalués, notamment sur la santé (micro-poussières pouvant se détacher, proches de l’amiante).

      J’ai d’autres exemples mais j’invite chacun à faire ses propres recherches : c’est aussi comme cela que l’on se forge une conscience, en forgeant.


    • faxtronic (---.---.183.158) 8 juin 2006 20:47

      du verre ? du quartz ?


  • Johan Johan 8 juin 2006 18:33

    Merci pour votre article.

    Les nano technologies ne vont elles finalement pas plus soulever de critique que les microtechnologies, j’en ai peur.

    Les abus seront les memes, a part que leur extreme discretion feront atteindre un nouveau niveau a l insidieuse infiltration de ceux qui ont les moyens d entrer dans nos vies.

    Comme la therapie genique, les nanotech qui permettront de modifier l ADN donneront un nouvel essor a ce vieux demon de l Homme que l on nomme eugenisme. D autant que le contexte politique de regain mondial du racisme devrait aplanir cette voie.

    Enfin, alors que les avancees technologiques en terme de genetique et de nanotech devraient permettre rapidement les cultures d organes compatibles pour une greffe, les trafics de foies, de reins, de cornees devraient s amplifier car les niveaux de vie sont de plus en plus disparates entre le Nord et le Sud, et que ce business devient toujours plus rentable alors que les technologies de pointe brevetees par le prive ne sont plus acceccibles qu aux plus riches parmi les plus riches.


    • Johan Johan 8 juin 2006 19:01

      Pour reagir precisement au sujet de la separation du scientifique et de l Etat et sur l abrutissement du citoyen lambda, j aimerais rappeler le pourquoi de la democratie.

      La democratie met sur un pied d egalie Aristote et l abruti du village. Tous deux ont un vote et un seul. Pouquoi cela ? justement pour eviter qu une minorite ne confisque le pouvoir a ses fins personnelles. St Simon nous mettait en garde contre la dictature des mediocres (plus nombreux que les brillants) qu engendrerait la democratie, et pronait une technocratie.

      Pourtant et je vais faire plaisir aux neo liberaux : de meme que le Marche (regule et veillant a une concurrence loyale et viable) n est pas parfait mais est le moins mauvais des systemes economiques, la democratie est le moins mauvais des regimes politiques, car elle met le bien etre et l opinion de chacun sur le meme niveau.

      Ceci a condition d elever toujours plus le citoyen, par l education et l information et afin de lui assure un esprit critique. Peu importe s il n est pas parfait, mais que chaque generation soit plus eveillee que la precedente.

      Rabelais disait que Science sans conscience n est que ruine de l ame. Il n y a qu un seul arbitre : le peuple. Et tous tachent de l abrutir a son avantage. Et ils n y parviennent qu en posant les jalons de leur propre destruction, qu en semant les germes de la mefiance, car demeure le bon sens, envers et contre tout et tous.

      Vouloir abstraire la Science au controle de l Etat qui quand il fonctionne represente seul le peuple, c est vouloir la voiler, la rendre irresponsable d elle meme, la mettre au dessus des lois, et au dessus de l Homme qui les a votees.

      Et ne laisser subsister, loin du Droit, que le plus brutal et le plus cynique des rapports de force.


    • faxtronic (---.---.183.158) 8 juin 2006 20:12

      rabelais ne parlait pas de science comme on l’entend aujourd’hui. Par science il appelle connaissance.


    • Bernard Dugué Bernard Dugué 8 juin 2006 21:05

      Même remarque que précédemment, ne pas confondre les nanotechnologies avec les biotechnologies qui sont très différentes dans leur méthodologie.

      Pour ce qui est de lu rapport entre l’Etat et les scientifiques, je voulais signifier que le scientifique doit aussi savoir prendre quelques distances avec l’Etat et rejoindre le citoyen, surtout que les hommes d’Etat sont assez ignorants de la science, autant dure qu’humaine


  • kub222 (---.---.199.89) 8 juin 2006 18:40

    Article fouillé et très intéressant. Le fait d’aborder des aspects techniques est indispensable. Merci de nous les rendre intelligibles ! L’aspect qui paraît faire le plus débat n’est pas de savoir si les nanotechnologies sont un danger ou progrès. Sur ce point, il est évident, comme le dit l’auteur, que le danger réside dans les usages que les acteurs économiques et politiques feront de ces nouvelles technologies de l’infiniment petit. La question centrale tourne à l’inverse, il me semble, autour du principe de précaution que nous, Français, avons décidé d’inscrire dans le marbre de notre constitution. Je rappelle que la loi constitutionnelle du 1er mars 2005 à intégrer la charte de l’environnement de 2004 au bloc de constitutionnalité. Cette charte de l’environnement nous dit que :

    "Le peuple français,

    Considérant,

    Que les ressources et les équilibres naturels ont conditionné l’émergence de l’humanité ; Que l’avenir et l’existence même de l’humanité sont indissociables de son milieu naturel ; Que l’environnement est le patrimoine commun des êtres humains ; Que l’homme exerce une influence croissantes sur les conditions de vie et sur sa propre évolution ; Que la diversité biologique, l’épanouissement de la personne et le progrès des sociétés humaines sont affectés par certains modes de consommation ou de production et par l’exploitation excessive des ressources naturelles ; Que la préservation de l’environnement doit être recherchée au même titre que les autres intérêts fondamentaux de la Nation ; Qu’afin d’assurer un développement durable, les choix destinés à répondre aux besoins du présent ne doivent pas compromettre la capacité des générations futures et des autres peuples à satisfaire leurs propres besoins,

    Proclame :

    (...)

    Article 5

    Lorsque la réalisation d’un dommage bien qu’incertaine en l’état des connaissances scientifiques, pourrait affecter de manière grave et irréversible l’environnement, les autorités publiques veillent, par application du principe de précaution et dans leurs domaines d’attributions, à la mise en oeuvre de procédures d’évaluation des risques et à l’adoption de mesures provisoires et proportionnées afin de parer à la réalisation du dommage.

    Article 6

    Les politiques publiques doivent promouvoir un développement durable. À cet effet, elles concilient la protection et la mise en valeur de l’environnement, le développement économique et le progrès social

    Article 9

    La recherche et l’innovation doivent apporter leur concours à la préservation et à la mise en valeur de l’environnement."

    Dès lors que le diagnostic émis par les observateurs (comme le rédacteur avisé de cet article) sur les nanotechnologies souligne un risque potentiel, n’est-il pas anti-constitutionnel que l’État finance des technologies comportant un risque pour l’Homme ? N’est-il pas contraire au principe de précaution d’investir des centaines de millions d’Euros aujourd’hui sur ce qui peut nous nuire demain ? Ou bien doit-on attendre les premières applications de ces technologies pour prendre les décisions qui s’imposent ?

    Il me semble que, dans les conditions prévues par la constitution, des recours contre la constitutionnalité des lois et règlements favorisant les projets dans ce champ d’études des nanotechnologies, devraient être entrepris. En effet, si l’on suit l’auteur de l’article (et je me fie à son jugement scientifique), « le champ des nanotechnologies est imprévisible. » De plus, comme nous le dit l’auteur, « au vu de la tendance actuelle, l’espèce humaine sera amenée à évoluer non seulement dans le monde naturel de ses ancêtres, mais dans un second monde sensible, avec des matériaux et des dispositifs invisibles mais pouvant communiquer, notamment par l’envoi de signaux hertziens, à partir de dispositifs macroscopiques comme les téléphones cellulaires, ou microscopiques comme les puces émettrices. » N’a t’il pas été démontré, même si le débat persiste, que l’exposition de l’homme à une multiplication de signaux hertziens, constituait un risque pour la santé ?

    N’y a t’il pas, in fine, des risques pour la santé humaine, qui justifient l’abandon de ces technologies ? Ou alors, serait-ce la définition du principe de précaution qu’il faudrait revoir ?

    Merci à l’auteur de l’article de nous éclairer et encore bravo pour la qualité de votre article !


    • Gnole (---.---.192.187) 8 juin 2006 20:20

      Il faudrait voir à ne pas confondre recherche et application. Faire des recherches et des découvertes dans el domaine des nanotachnologies (ou n’importe quel autre domaine) reste strictement de la recherche de labo qui n’a aucune raison de présenter de danger pour le publique autre que le relachement accidentel dans la nature qui est extrèmement rare, surtout dans les structures hyper modernes de recherche.

      L’invocation du principe de précaution n’est donc pas pertinante dans le cadre de la recherche en plus dans ce cas précis il se mrodrait la queue puisque pour évaluer le « risque » il faut faire des analyses or faire ces analyses serait provoquer un risque et donc ne pourrait être conduites... en gros c’est la fin de TOUTE la recherche médicale (entre autres) qui expérimente de nouvelles molécules potentiellement dangereuses.

      Ce n’est pas la recherche ou la découverte d’un produit ou d’une technologie qui est néfaste (et couvert par le principe de précaution), mais son utilisation au contacte de la population et UNIQUEMENT cela. Comment déclarer anticonstitutionnel ou illégal quelque chose qui n’existe pas ?

      Bref laissez donc les recherches se faire et attendons de voir réèllement les applications possibles, si c’est dangereux on ne pourra pas le savoir tant que ça existe pas. Protester contre des recherche est TOTALEMENT improductif puisque pas essence les protestataire n’ont pas d’arguments logique à opposer du fait que le produit de la recherche et ses implications n’est même pas connu ^^


    • kub222 (---.---.199.89) 8 juin 2006 20:55

      Je ne fais pas le procès de la recherche, je m’interroge simplement sur le concept devenu constitutionnel du principe de précaution. Je suis désolé, mais, d’un point de vue purement juridique, l’article 9 et certains principes énoncés en introduction de la charte de l’environnement de 2004, sont en contradiction avec la recherche sur les nanotechnologies. Il s’agit d’un constat pas d’un jugement de valeurs. S’il fallait respecter la lettre de cette charte, effectivement, il n’y aurait pas beaucoup de matières de recherche qui échapperaient à une censure. D’où mon interrogation, la charte répond t’elle aux besoins de la recherche fondamentale ?


    • Bernard Dugué Bernard Dugué 8 juin 2006 21:12

      «  »« ’y a t’il pas, in fine, des risques pour la santé humaine, qui justifient l’abandon de ces technologies ? Ou alors, serait-ce la définition du principe de précaution qu’il faudrait revoir ? »«  »

      Réponse claire, à mon sens, c’est le principe de précaution qu’il faut revoir, enfin, pas forcément, plutôt qu’il faut ne pas voir. Cette idée de développement durable est un concept presque vide, autant que la morale kantienne, et sont inutilité illustre à mon sens le règne le plus minable en politique, celui de Chirac mais c’est une autre question

      Pour ce qui est de la santé humaine, je ne crois pas au risques des nanotechnologies, mais sans expérimentation il n’y a pas de réponse définitive. Ce qui est plus dangereux, c’est le gaz sarin entre les mains de fanatiques sectaires.


    • kub222 (---.---.199.89) 8 juin 2006 21:43

      Nous sommes dans un état de droit. Ce n’est pas une idée vide, au contraire, la suprématie du droit sur l’individu est la base de notre démocratie. Je suis donc circonspect par la faible réaction des scientifiques et la quasi absence de débats à ce sujet. Je suis tout à fait d’accord avec votre jugement sur l’inutilité d’avoir donné au principe de précaution une valeur constitutionnelle. Mais, il ne faut pas se leurrer : dans une société démocratique où règne l’état de droit, ce principe de précaution, qu’il soit un non-sens scientifique ou une aporie philosophique, est un principe constitutionnel. Celà se retournera contre notre recherche fondamentale un jour ou l’autre, à moins que nous fermions les yeux sur une obligation constitutionnelle, ce qui est encore plus innacceptable et signifierait la mort de l’état de droit. Allons au bout de notre réflexion et nous verrons que sans retrait de la charte de l’environnement de notre constitution, nous fonçons droit dans le mur à moyen terme.


    • faxtronic (---.---.183.158) 8 juin 2006 22:06

      pas vraiment. La recherche peut se faire ailleurs qu’en farnce, d’ailleurs je travaille en Belgique. La seule consequence de cette charte est de priver les citoyens français, et uniquemnt eux, de pouvoir dire un mot, car la recherche ne se ferait pas en france. De toute façon ce n’est qu’une charte.


  • Ludovic Charpentier (---.---.68.100) 8 juin 2006 19:37

    Je vais réagir un petit peu...

    Déjà, certains soupçonnent l’espionnite aigüe avec les nanotech... Bon, ben, sans vouloir vous offenser, on a pas attendu les nanotech pour les affaires des écoutes téléphoniques de l’Elysée et l’affaire Schuller-Maréchal... Donc l’espionnite, ça existe déjà, c’est un mal humain.

    Ensuite, c’est évident que les scientifiques ne sont pas des surhommes idéaux, ceci dit, essayez de faire passer un contrat CNRS, vous verrez que ce n’est pas aussi facile de faire n’importe quoi en recherche... Certains ont la paranoïa des risques et dangers de la recherche : c’est vrai ça existe : le nucléaire nous a donné Hiroshima, Tchernobyl, des déchêts à stocker d’un côté, mais de l’autre, une énergie de substitution au pétrole, des outils d’analyse, etc... Toute découverte peut être exploitée dans un sens ou dans un autre.

    Il est clair qu’actuellement, la recherche est pas mal tourné vers le domaine militaire car la Défense reste l’un des seuls financiers publics. Ceci dit, les écrans Plasma ont d’abord été utilisé dans les avions de chasse avant de pouvoir être commercialisé à plus grande échelle...

    Il est vrai que le secret défense n’aid epas et fait un peu peur, mais d’un autre côté l’espionnage industriel est un fait, même après la guerre froide (on se souvient de la taupe du CEA qui vendait des infos aux services secrets de l’Est...).

    Maintenant, les critiques anarcho-anti-nano sont un peu confuse car elle sous-tendrait que les scientifiques ne font qu’aggraver notre qualité de vie en général. C’est faux : l’espérance de vie augmente, le travail est moins contraignant, les transports sont de plus en plus rapides et de moins en moins polluants, il faudrait arrêter de ne mettre que du mal sur le dos des scientifiques !!!!

    Toutefois, il est toujours bon d’avoir une opposition, mais le problème est que l’on ignore tout des débouchés scientifiques en question : faut-il avoir peur dès le début de la recherche sur ces technologies, avant même la commercialisation ?

    Si je prend le cas des OGM : je suis contre le principe de mise en vente d’aliments OGM. Mais pour les applications médicales. Alors qwu’on continue la recherche sous serre (pour ne pas contaminer l’extérieur), mais qu’on ne commercialise pas d’aliments OGM. (il me semble que c’est ce que la mère Voynet avait conclus mais entretemps, c’est un peu devenu n’importe quoi les cultures OGM... Mais ça ne justifie pas le saccage, si un individu bousillait mes travaux de thèse, il aurait eu intérêt à courrir vite...)


    • faxtronic (---.---.183.158) 8 juin 2006 20:19

      Beaucoup de peur sous-tend l’opposition. L’opposition doit demander pourquoi, et controller. Pas s’opposer comme un mur. En effet on a pas attendu la Science pour faire des massacre, je rappelle que linvasion de la chine au XIII siecle par les mongols a fait 30 millions de mort en 1 an. Tout cela à la lame. Sans rien connaitre du theoreme de Newton. Evidemment, nanotechnologie est un mot qui fait peur. La microtechnologie (technologie du micron) est bien maitrisé. PS : le processeur qui tourne dans vos becanes et dans téléphones est en 0.07um, c’est a dire 70 nanometres. C’est deja de la nanotechnologie. Cela ne vous a pas peter à la gueule non. A moins que vous n’ayez pas de PC...


    • Bernard Dugué Bernard Dugué 8 juin 2006 21:19

      Voilà quelques réflexions sages. Au bout du compte, il faut se méfier des oligarques, qui savent trop (enfin pas trop, l’utile seulement) et utilisent ce savoir pour confisquer le bien public et la « populace », qui pèche par défaut de savoir. Oligarques et populace sont parfois complices et surtout les adversaires des citoyens éclairés


  • Imaginus (---.---.68.94) 8 juin 2006 20:07

    Comme pour toutes les technologies y’en a toujours pour en faire n’importe quoi et les dénaturés.

    Appelons cela le syndrome « gros con ».


  • aurelien 8 juin 2006 20:13

    La science a perdu sa vocation première. L’industrie couplée à un modèle de société de consommation sous-tendue par une idéologie de croissance durable indéfinie cherche à produire toujours plus d’objets et de gagets perfectibles, sans cesse renouvelés, et donnant la parfaite illusion aux consommateurs drogués de high-tec et de nouveauté de combler le vide béant d’une vie sans signification, chaotique et violente à l’échelle collective.

    La diffusion d’éléments anarchiques dans l’environnement, dont les dimensions permettent des intéractions totalement hors de contrôle et imprévisibles avec les processus biologiques mêmes de l’homme et des organismes vivants, interférant avec les processus biophysiques à l’oeuvre dans le milieu et déjà perturbés par des pollutions macroscopiques, chimiques, nucléaires ainsi que des pollutions électromagnétiques et génétiques en pleine expansion sont les conséquences de ce dévoiement de la science au service de l’industrie et des égocentrismes particuliers fortement liés aux cultes nationalistes et groupals qui imprègnent la conscience collective politique et sociale.


    • faxtronic (---.---.183.158) 8 juin 2006 20:26

      La science n’a aucune vocation particulière, la science c’est la connaissance. En fait ce qu’il faudrait vous montrer, ce sont des applications sympas. Par exemple il y a 1 mois, un truc sympa de nanotech nous a été presenté (je travaille en biomedicale). Tu greffe sur une nanoparticule magnetique une molecule approprié, qui vient se fixer sur et seulement sur un cellule cancereuse. Donc tu magnetise ta cellule. Dans l’exemple ils nous montrait ensuite comment trier avec un aiment les cellules cancéreuses des non cancereuses. experience facile et rigolote. Ensuite ils nous presenté la meme chose mais avec une autre nanoparticule, qui focalise les rayons infra-rouge (chaleur), et donc tu envoie le rayon sur le bonhomme, et cela ne cramme que les cellules cancereuses. Rigolo non.


    • faxtronic (---.---.183.158) 8 juin 2006 20:26

      La science n’a aucune vocation particulière, la science c’est la connaissance. En fait ce qu’il faudrait vous montrer, ce sont des applications sympas. Par exemple il y a 1 mois, un truc sympa de nanotech nous a été presenté (je travaille en biomedicale). Tu greffe sur une nanoparticule magnetique une molecule approprié, qui vient se fixer sur et seulement sur un cellule cancereuse. Donc tu magnetise ta cellule. Dans l’exemple ils nous montrait ensuite comment trier avec un aiment les cellules cancéreuses des non cancereuses. experience facile et rigolote. Ensuite ils nous presenté la meme chose mais avec une autre nanoparticule, qui focalise les rayons infra-rouge (chaleur), et donc tu envoie le rayon sur le bonhomme, et cela ne cramme que les cellules cancereuses. Rigolo non.


    • aurelien 8 juin 2006 20:37

      Bonjour,

      Je ne suis pas contre les applications technologiques confinées, comme celles qui peuvent surgir de la recherche médicale. Je suis contre, en revanche, l’utilisation de la science et des nouvelles technologies pour la création de niches commerciales et le développement de marchés inondant la planète de produits non destinés à l’amélioration des conditions de vie globales de l’humanité et destinés à dévier l’attention des populations des véritables enjeux sociaux et de la situation du monde tel qu’il est avec son lot énorme de misères et d’inégalités de part le monde.


    • faxtronic (---.---.183.158) 8 juin 2006 21:10

      Quoi par exemple ?? Prenons par exemple le téléphone portable. Et bien par exemple au cambodge, il y a eu un saut technologique. Pas de téléphone fixe, mais le telephone portable partout. Je me souviens en été 2001 d’avoir vu un laboureur en pagne derriere son buffle (cétait la mousson, mais il ne pleuvait pas encore car cétait encore tot dans la journée), avec son téléphone accroché a son pagne. Typiquement le téléphone portable a une utilité au cambodge. Ensuite que Nokia sorte le dernier téléphone avec appareil photo intégére, désolé mais ce n’est pas de la science, c’est de l’ingénieurie (activité noble, que j’ai abandonné car souvent a application futile). Ce qui est de la science appliquée utile par exemple, c’est l’adsl. Ensuite utilisé par les ingénieurs dans les systemes. Ce qui est futile pour l’un ne l’ai pas forcement pour l’autre. Una utre exemple, la surveillance médicale à domicile des personnes agées.


    • faxtronic (---.---.183.158) 8 juin 2006 21:17

      Ce que doit faire un citoyen, c’est veiller à ce que sa société reste une bonne société. Les technologie de surveillance c’est bien si c’est bon surveiller un malade chez lui plutot qu’a l’hopital (on est toujours mieux chez soi qu’a l’hopital, le max que j’ai fait c’est un mois dans un hopital, j’etais pas heureux), la technologie se surveillance c’est mal si c’est pour surveiller le comportement des citoyens a des fins politiques. Mais bon staline ou bush n’ont pas attendu les nanotechnologie pour surveiller ces concitoynes, et Staliane avec une technologie infiniment plus sommaire a fait infiniment plus de mal que bush.


    • Aurélien (---.---.139.95) 9 juin 2006 07:33

      Monsieur, je doute que vous sachez vraiment de quoi vous parlez.


    • faxtronic (---.---.127.73) 9 juin 2006 09:24

      Mais dites moi a quoi vous pensez ??


    • aurelien 9 juin 2006 13:12

      Nous sommes gouvernés par des personnes très malades ainsi que nombre de dirgeants et tenants de pouvoirs industriels, médiatiques ou autres. Peu d’entre elles se sentent en mesure de rémédier à cela, et beaucoup se taisent. Nombre de chercheurs préfèrent ne pas publier leurs recherches pour ne pas que la folie médiatique et industrielle s’en empare.

      Peu de personnes ont le courage de témoigner de cette misère psychologique ambiante.

      Je ne suis lié à aucun mouvement intellectuel ou de pensée, mais voici un exemple flagrant parmi d’autres : Lituraterre : Groupe psychanalytique européen de recherche et de formation sur les causes de l’illettrisme.

      « Ne peut-on pas envisager l’horreur de ce qui se passe dans le monde comme étant à l’origine de l’ »épidémie« actuelle d’illettrisme ? »

      "Cette question nous plait beaucoup car à Lituraterre, nous nous la posons et nous pensons que le discours social est fou. Autant celui des politiciens que celui des divers spécialistes qui sévissent sur les ondes et dans les journaux. Nous pensons que le discours en vogue est inversé, est celui de la psychose, ce qui n’est pas sans poser problème à la jeunesse montante, laquelle sent bien qu’on la force à entrer dans des rails qui sont insensés. C’est sans doute la raison de sa colère partout répertoriée violence. Ils sont en colère et ils ont raison."


    • aurelien 9 juin 2006 13:13

      Excusez mes ’i’ manquants...

      i comme inconscient ou inconscience...


    • faxtronic (---.---.127.73) 9 juin 2006 14:53

      Oui, mais quel est le rapport avec la science. Pour etre franc, les société ne sont pas comme cela. Sinon cela ferait belle lurette que nous ne serions plus libres. Restons en psychologie, ou plutot psychophysiologie. Il est possible de pouvoir mesurer en temps réels les émotions des gens, autant qualitativement que quantitavement (c’est publié depuis belle lurette, Lyon), il est aussi possible d’influer les émotions humaines, notamment par electrodes cérebrale profonde, du moins chez le lapin et la souris. Bon, personne ne parle de neuro-camisole. Pourtant c’est techniquement possible. Parce que la société est la pour definir le bien du mal. Resultat les recherches sur les émotions ont debouché sur de capteurs pour prevenir l’endormissement au volan, et les electrodes cérébrales debouchent sur la prevention de l’epilepsie. La technologie est neutre, seul l’usage peut etre bien ou mal. et pour l’instant le bien l’emporte. Il ya pas de dirigeant fou a lier..... Par contre si un dirigeant fou a lier veniat a apparaitre, comme hitler ou staline,... Mais comme je dis ces deux derneirs n’ont pas attendu les hautes-technologie pour reduire la race humaine en une race d’esclave.


    • aurelien 9 juin 2006 20:28

      Faxtronic,

      Quel rapport avec la science ?

      Ce sont les hommes qui font la science, et celle-ci est étroitement dépendante des lobbies industriels et financiers, des complexes militaro-indutriels dont les ramifications sont tout bonnement inconnus des simples citoyens.

      Je te recommande cette vidéo qui pousse, à la réflexion : ne pas s’arrêter aux images, symboles et préjugés, bien sûr, mais voir que la distance entre les informations que l’on nous donne et la réalité des faits est bien souvent conditionnée par nos propres fantasmes et croyances sécuritaires :

      http://www.dailymotion.com/relevance/search/les_maitres_du_monde/video/1900 21


    • faxtronic (---.---.183.158) 9 juin 2006 20:47

      Je passe sur le coté complot qui me fait rigoler. D’accord pour la recherche du pouvoir, qui passe par la manipulation des masses. Tu es canadien ? Le film que tu m’a filé est fait par un quebecois. Si tu es americain, je comprends ton inquietude. Il n’empeche, la science et la société sont deux choses differentes. Tant qu’il n’y a pas de dictature, ce n’est pas la dictature. Et si les cityens ne sont pas capable de renverser le pouvoir, au risque de rivieres de sang, alors il ne merite pas de vivre libre. J’etais il y a 1 mois a une conference sur la securité. Un responsable anglais disait que la mise en place d’un réseau de camera à londres avait couté 10 millions de livres, et grace à cela il ont capturé 1000 petit delinquant. Finalement cela revient 10 000 livre par petit delinquant, donc hors de prix et le programme est un echec. Je ne suis pas pessimiste pour les technologie, je le suis pour les sociétés.


  • Adolphos (---.---.59.170) 8 juin 2006 20:23

    C’est tout de même dingue qu’il y ait des type ici qui soit contre la science !

    Pour des socialo qui parlaient avant à longueur de temps du « régne de la raison », ca fait bizare..

    Vous faites des dances de la pluie aussi ?


    • Ludovic Charpentier (---.---.68.100) 9 juin 2006 11:06

      Eh, ducon, Minatec, ce sont des socialistes qui ont lancé le projet...


    • Adolphos (---.---.59.170) 9 juin 2006 14:36

      « Eh, ducon, Minatec, ce sont des socialistes qui ont lancé le projet... »

      « Les socialistes font l’histoire, mais ils ne savent pas ce qu’ils font »..


  • Zicide (---.---.238.110) 8 juin 2006 21:18

    Je ne suis pas un scientifique.

    Il me parait évident que ces nano-choses sont une technologie qui ménent sur des routes aux destinations inconnues, avec autant de virages vers des applications militaires que médicales et civiles.

    Considérant que si on pouvait arréter la science avec des lois, ça se saurait depuis l’Inquisition, je pense qu’un miniumum de méfiance et de vigilance civique sur ce sujet seront nécessaire, pour éviter autant que possible les dérives. J’écouterais donc attentivement les explications des spécialistes pour essayer de saisir la maximum d’info, me faire une opinion juste, et je remercie l’auteur de l’article :)


    • (---.---.200.63) 8 juin 2006 23:03

      non, non, non

      ils nous parlent de science. Mais en fait ce n’est que de l’application ! Pas de la recherche fondamentale ! par un tour de passe passe médiatico-politique ; ils font passer ce qui n’est que de la recherche appliquée pour de la R E C H E R C H E.

      Rassurez vous, arrêtez ces fous, c’est redonner le pouvoir aux chercheurs et SCIENTIFIQUES dans le sens noble du terme.


  • fredleborgne (---.---.41.115) 8 juin 2006 23:06

    Pourquoi la recherche sur les nano-technologies devraient elles effrayer plus que les autres recherches (à part celle du bonheur, et encore, le bonheur des uns...) ?

    Je pense que cet article démystifie beaucoup, reconnait tout de même quelques dérives dans l’utilisation potentielle et rappelle que ce n’est pas la technologie, mais l’homme qui la détient qui peut être dangereux (pas toujours celui qui la conçue).

    Le débat sur le chercheur, ni savant fou ni homme parfait pouvant prétendre à une deité modeste, mais homme tout court est un peu parasite selon moi

    Au moins, une nano technologie ne risque pas de muter pour décimer ensuite la race humaine, comme peut le faire un microbe ou un virus... sauf dans une trés bonne nouvelle de science fiction reprise dans un épisode de « au delà du réel ». Malheureusement, je ne me souviens plus du titre ou de l’auteur.

    Par contre, ces outils microscopiques du genre pince à hélice dans un corps humain, ou seulement associations d’atomes pour le codage d’une information peuvent rendre de grands services, faisant ainsi echo à un proverbe bien connu

    « On a toujours besoin d’un plus petit que soi »


  • Joseph (---.---.53.133) 9 juin 2006 00:48

    Bien vu ! Mais il ne faut pas dire « faut il craindre ? » parce qu’il ne faut jamais avoir peur. Avoir peur c’est ne rien faire. Ne rien comprendre, rester bête, croire être protégé par son ignorance comme une autruche. Au contraire il faut compprendre pour ne pas se laisser développer des monstres technologiques, il faut comprendre pour ne pas être dépendant de techniques étrangères.


  • Grenoble VS Tucson Arizona (---.---.115.129) 9 juin 2006 00:48

    En Arizona on a officiellement developpe des chips en biotech mais en nano pas assez mesures [ils sont pas tres petites] pour les implanter dans les cerveaux des pilotes[ si leur visibilite chez les AF-22 est troublee par la force g ].Ont peut dans une extension de ce chip type Grenoble ameliore la surveillance des terroristes classiques et les Brigades de la Finance recevront ainsi un outil pour combattre la corruption.


    • faxtronic (---.---.127.73) 9 juin 2006 14:41

      Ok, on sait depuis 10 ans greffer des puces à des neurones. Bon et alors, un cerveau humain c’est au moins 1000 milliards de fois plux complexe que n’importe quel system artificiel. Personne ne prendra le controle de qui que ce soit. Je ne parle des cafards, que l’on peut en effet télécommander, mais un cafard, c’est 300 neurones...


    • Adolphos (---.---.59.170) 9 juin 2006 14:45

      « pour combattre la corruption. »

      On va équiper tout les fonctionnaires de puces anti corruption ????? Une répression adapté (c’est à dire maximal) me semble moins couteuse et plus respectueuse de la carcasse des fonctionnaire qui doit tout de même être respecter, non ?


  • axion (---.---.174.250) 9 juin 2006 08:06

    On pourrait poser une question plus générale : doit-on avoir peur du progrès ? Doit-on avoir peur des avancées scientifiques ?

    La bombe nucléaire est terrifiante. La météorite qui s’écrase sur terre est terrifiante. La bombe nucléaire peut supprimer la météorite.

    Doit-on avoir peur du progrès ?

    Mais contrôlons-nous notre peur ? NON

    NOUS AVONS PEUR DU PROGRES

    Et l’humanité aura toujours peur de n’importe quel progrès, en imaginant quelque application désastreuse du progrès en question.

    Le progrès est-il bien ou mal ? Et doit-on juger du bien ou du mal d’un progrès ?

    PAr essence, le terme « progrès » est positif. C’est donc les applications négatives d’une avancée scientifique qui fait peur, ou qui est mal.

    Doit-on avoir peur des nonatechs ?

    Mais nous AVONS peur des nanotechs.

    Sont-ils bien ou mal ?

    Tout dépend des applications.


    • Adolphos (---.---.59.170) 9 juin 2006 11:03

      « PAr essence, le terme »progrès« est positif. »

      Et l’essence, ca brule, donc ca prouve que le Progrés (qui est positif par définition) est aussi chaud (par définition).


    • marcel thiriet (---.---.204.231) 9 juin 2006 12:54

      Vite, le Samu pour Adolf, ça urge !...


    • Grety (---.---.39.214) 9 juin 2006 13:19

      @Adolphos

      Ceraines gens ne vous jugent plus que par votre pseudo quoique vous écriviez.

      Ils vous ont mis définitivement dans une petite case et vous n’en sortirez plus.

      Changez donc de pseudo.


    • Adolphos (---.---.59.170) 9 juin 2006 14:40

      Les préjugés, voila la plaie de notre époque ! Ce montre bien une faible intelligence, ou, en tous cas, de faible capacité neuronale.

      Cela dit, là, ce n’est pas moi qui raconte n’importe quoi !

      « A rose with any other name would smell as sweet », et là notre amis se laisse prendre au signifiant !


    • marcel thiriet (---.---.204.231) 9 juin 2006 12:53

      Tu es fatigué, Demian , prends des vacances...


  • marcel thiriet (---.---.95.143) 9 juin 2006 09:04

    Les nanotechnologies, c’est un sujet que très peu de physiciens maîtrisent vraiment pour l’instant. En faire une vulgarisation relève de la quasi-impossibilité, tout comme la théorie des quanta ou celle , plus récente, des cordes, car il faut des connaissances théoriques et mathématiques trés pointues ; l’intuition est toujours en défaut sur ce type de problèmes. C’est dire qu’il faut être trés modeste et réservé sur ces questions.

    Cependant, faire la différence nécessaire entre recherche fondamentale, applications possibles et choix sociétaux(politiques,économiques,médicaux, militaires) est à la portée de tout esprit ouvert.Il n’y a pas à condamner la recherche fondamentale, ce serait une absurdité. Par contre,il est possible de remettre en question certaines recherches d’application au service de projets discutables.C’est même une obligation citoyenne, pour qui a le souci de l’avenir (proche !)

    Or ,si on voit bien l’intérêt des nanotech en médecine, par ex.,on entrevoit déjà les applications potentiellelent perverses qui peuvent en être faites,entres autres, en matière de traçabilité des individus à des fins commerciales, policières, politiques, etc...

    Le problème est donc moins simple que ce certains pensent. Ni enthousiasme enfantin, ni diabolisation.Science et technique sont neutres en elles-mêmes. Le débat nécessaire se situe à un autre niveau et une nécessaire critique des FINALITES s’impose .Les techniques ne sont que des MOYENS . Comment saura-t-on les utiliser ?En fonction de quelle image de l’homme ? Pour quel type de société ? An nom de quelles valeurs morales ?

    C’est pourquoi j’estime qu’il est urgent de créer une sorte de comité des « sages », ou de vigilance, pluridisciplinaire ,où participent aussi des élus , des autorités morales...pour suivre de très près les démarches d’applications ,pour en tester l’intérêt ou la nocivité, et émettre des avis aux responsables directs ou indirects. Mais cette vigilance devrait s’inscrire dans un cadre élargi à l’Europe dans un premier temps.

    Voilà quelques remarques de bon sens , parfois déjà exprimées plus haut, qui devraient créer une certaine unanimité de principe. Pour la réalisation, c’est une autre histoire...Il n’y a que le pouvoir politique qui puisse prendre l’initiative, sous la pression des citoyens et des associations.Encore faut-il des institutions qui fonctionnent correctement.


    • faxtronic (---.---.127.73) 9 juin 2006 09:23

      bien dit, mais les ce sont de technologies. Personnes ne sait tout, car c’est un champ d’exploration. Nul ne sait sur quoi cela debouchera


  • (---.---.58.60) 9 juin 2006 09:11

    Autre question de ma part : l’imprévu n’est-il pas le plus fécond des paramètres en science ? Des disciplines que l’on juge de prime abord sans grande utilité peuvent, soudainement, devenir hyper féconde quand on les « croise » avec d’autres disciplines. Je pense aux mathématiques non-euclidiennes qui ont bouleversées les sciences physiques et astronomiques. Ne risque-t-on pas de stériliser les sciences par abus du principe de précaution ?


    • zoï (---.---.58.60) 9 juin 2006 09:13

      Précédent post par Zoï.


    • marcel thiriet (---.---.95.143) 9 juin 2006 09:31

      Encore une fois, ce ne sont pas les sciences qui sont en cause, car une connaissance est neutre, mais certaines de leurs applications et utilisations déjà partiellement perceptibles, qui,elles, ne le sont pas toujours...L’histoire nous en donne assez d’exemples.

      On ne peut faire abstraction des énormes intérêts industriels et financiers qui sont déjà en train de se concentrer sur ces nanotech., qui ne sont pas tous guidés par des visées positives , au Pentagone notamment...


  • marcel thiriet (---.---.95.143) 9 juin 2006 09:37

    PS : Je renvoie une nouvelle fois à l’article de Wiki, qui n’est ni complet ni parfait(il est en chantier) mais qui constitue une bonne base de discussion provisoire sur les aspects scientifiques et politico-moraux du problème.

    Merci à ceux qui pourraient faire part de références sérieuses en ce domaine,abordables et nuancées..


  • furness (---.---.74.222) 9 juin 2006 09:50

    Nanotechnologies : retablir la vérité et établir le dialogue

    Depuis l’inauguration du « Minatec », à Grenoble, le 2 juin dernier, la France possède un outil exceptionnel, unique en Europe, d’étude et de recherche dans le domaine stratégique des nanotechnologies qui sont en train de révolutionner, de manière transversale, l’ensemble des disciplines scientifiques et des secteurs industriels. En médecine par exemple, on prévoit que la moitié des médicaments produits dans les dix prochaines années relèveront des nanotechnologies.

    Pourtant on assiste depuis quelques mois à la montée en puissance d’un mouvement qui rejette violemment, de manière globale et parfois haineuse ces nanotechnologies, les accusant de tous les maux et mettant systématiquement en avant leurs risques réels ou supposés, sans jamais évoquer les avancées majeures que ces nanotechnologies sont en train de permettre dans l’ensemble des champs de la connaissance.

    A l’occasion de l’inauguration du Minatech, ces mouvements radicaux, au lieu d’essayer de s’informer de la nature exacte des recherches prévues dans ce centre et de dialoguer avec les chercheurs, ont demandé la fermeture pure et simple de ce centre de recherche et ont exprimé à l’égard des nanotechnologies un rejet dont la violence et le caractère irrationnel doivent interroger notre société.

    Ce mouvement est d’autant plus inquiétant qu’il s’inscrit dans le cadre d’un rejet plus global du progrès scientifique et d’une emprise grandissante des pseudo-sciences sur l’opinion publique. Nous devons certes rester lucides et critiques vis-à-vis des avancées scientifiques et veiller à ce qu’elles profitent au plus grand nombre et à ce qu’elles ne portent pas atteinte à nos libertés.

    Mais attention à ne pas jeter le bébé avec l’eau du bain et à ne pas tomber dans la technophobie systématique, le dogmatisme et de nouvelles formes redoutables d’obscurantisme. Comment ne pas être consternés quand on voit des parents refuser tout vaccin pour leurs enfants, sous prétexte que ceux-ci ne sont pas « naturels » ou quand on assiste à des saccages de champs dans lesquels sont expérimentés des OGM à visée uniquement médicale et qui ruinent des années de travail de recherche dont tout le monde peut vérifier qu’elles tentent de mieux combattre de graves maladies aujourd’hui incurables ?

    Cette technophobie ambiante grandissante est à la fois dangereuse et injustifiée et elle est exploitée de manière très habile par les sectes et mouvements extrémistes et intégristes mais aussi par certaines tendances de l’écologie radicale qui rejettent la rationalité scientifique pour imposer leur conception figée et naturaliste de l’homme qui ne serait finalement qu’un intrus dans une nature idéalisée. Attention donc à ne pas renforcer ce nouvel obscurantisme désolant qui est tout, sauf un progrès de la pensée.

    Devons-nous retourner à une conception fataliste du monde, basée sur un ordre immuable de la nature que nous devrions subir sans pouvoir essayer de le comprendre ou de le modifier pour améliorer le sort de l’humanité ? Ce serait oublier bien vite que tout ce qui vient de la nature n’est pas bon ou souhaitable (les catastrophes naturelles et les épidémies en sont l’exemple) et que, depuis la naissance des grandes civilisations l’homme n’a cessé d’agir sur son environnement pour le rendre moins hostile et pouvoir survivre.

    Refuser en bloc les nanotechnologies n’a pas de sens et me semble relever d’une ignorance inquiétante qui confirme hélas l’absence dramatique d’un minimum de culture scientifique chez une grande partie de notre jeunesse. Cette carence devrait conduire les pouvoirs publics à réhabiliter la place des sciences dans l’enseignement général. La vérité est que l’immense majorité des scientifiques a la conviction que les nanotechnologies sont en train de permettre des avancées majeures en médecine (lutte contre le cancer et connaissance de la cellule) et électronique (composants et puces nanométriques beaucoup plus petites et rapides), et en énergie (stockage de l’hydrogène pour les véhicules propres et panneaux solaires souples).

    Je crois qu’il faut expliquer à notre jeunesse qu’on ne peut pas arrêter le progrès scientifique mais qu’on peut et qu’on doit l’orienter pour qu’il bénéficie au plus grand nombre et respecte notre dignité et nos libertés. L’enjeu n’est pas de refuser en bloc les nanotechnologies ou telle ou telle nouvelle technologie, çà n’est ni possible ni souhaitable, mais de veiller à ce que toute technologie soit utilisée au service de l’homme.

    Pour ma part, et pour avoir suivi ces recherches depuis de nombreuses années, je suis persuadé, comme de nombreux chercheurs, que les nanotechnologies ouvrent la voie vers d’extraordinaires avancées scientifiques dans tous les domaines et d’abord en médecine ou, pour la première fois, elles sont en train de permettre en laboratoire de traiter des maladies jusqu’alors incurables. Les nanotechnologies, comme toute nouvelle technologie, ne doivent pas faire l’objet d’un rejet global mais d’un débat démocratique serein et d’un contrôle par les citoyens afin de s’assurer qu’elles sont orientées vers des applications utiles, qui améliorent la santé et le bien être de l’homme, comme celles que je viens d’évoquer.

    Face à ces nouvelles formes extrémistes de rejet passionnel du progrès scientifique et technique, Il me semble souhaitable et urgent que les organismes de recherche et les chercheurs intensifient leurs efforts d’information pour mieux faire comprendre au grand public la nature et les enjeux de leurs travaux. Enfin il convient de s’interroger sur le décalage conceptuel et cognitif grandissant qui existe chez notre jeunesse entre l’utilisation quotidienne d’objets technologiques toujours plus nombreux et l’absence d’une culture scientifique de base comportant la connaissance des lois, principes et concepts universaux qui gouvernent la matière, la vie et l’univers.

    Ceux qui s’opposent par principe, de manière globale et parfois violente, aux nanotechnologies servent sans le vouloir un nouvel obscurantisme et un dogmatisme idéologique dangereux. La peur se nourrit presque toujours de l’ignorance et je crois qu’il serait plus utile et plus constructif de définir une démarche éthique qui ne rejette aucune nouvelle technologie a priori mais repose sur un dialogue démocratique permanent avec les chercheurs et les pouvoirs publics, une information transparente et une vigilance civique dégagée des idéologies simplistes.

    C’est ainsi, je crois, que ces nouvelles technologies, appelées à bouleverser nos vies mais qui peuvent susciter de légitimes interrogations, seront socialement acceptées et pourront être utilisées au service de tous, à commencer par nos concitoyens les plus fragiles et les plus faibles.


    • marcel thiriet (---.---.204.231) 9 juin 2006 12:16

      Trés bonne mise au point ,Furness. Je souscrit à 100%... La peur est certes mauvaise conseillère, mais la crainte rationnellement justifiée est aussi le début de la sagesse...Réhabiliter les sciences, oui, mais aussi donner à la réflexion philosophique toute sa place, c’est aussi une urgence...Il faut revoir à ce sujet tout notre système d’enseignement...vaste programme !


    • Bernard Dugué Bernard Dugué 9 juin 2006 12:26

      Oui Marcel, je souscris à votre vaste programme, développer la double culture, scientifique et philosophique et je suis bien placé pour savoir ce dont il en retourne

      Furness, la technologie est un Janus, pour preuve, bien des sectes sont technophobes mais certaines sont technophiles, comme les Raéliens et le clonage. l’Etat peut aussi, quand il dégénère, devenir une secte technophile (suivez mon regard)

      Un Etat technophile, sans être forcément une secte, est appelé de ce doux nom de « complexe militaro-industriel », et les choses ne sont pas prêtes de changer, sauf l’industriel qui englobe des technologies plus douces en apparence


    • aurelien 9 juin 2006 13:33

      « Nanotechnologies : retablir la vérité et établir le dialogue »

      Quand on commence un discours par de tels mots, on ne peut que comprendre ce que j’ai montré plus haut.


    • faxtronic (---.---.127.73) 9 juin 2006 14:37

      bernard je comprends ce que tu dis. Société technophobe (j’en connais pas de vivante), société technophile (Raelien ???, ce sont des fous à lier), « etat technophile suivez mon regard ». Peux tu etre plus explicite, je ne comprends ce que tu dis !


    • faxtronic (---.---.127.73) 9 juin 2006 14:37

      Rectifictaion : Bernard, je ne comprends PAS ce que tu dis...


    • Bernard Dugué Bernard Dugué 9 juin 2006 15:04

      Faxtronic,

      dois-je comprendre que tu as lu de travers, il n’a pas été question de sociétés technophobes mais de sectes et groupuscules technophobes, comme cela est dit par Furness dans le commentaire initial


    • faxtronic (---.---.127.73) 9 juin 2006 15:20

      oui j’avais pas compris ce que tu avais dis. Sorry. Bof si ce n’est que des sectes, il n’y pas quoi fouetter un chat. Ce ne sont que des gens qui se masturbent devant les télétubbies :=)


    • aurelien 9 juin 2006 20:21

      Faxtronic,

      Il existe aux Etats-Unis des courants de pensée extrêmement influents comme le transhumanisme qui donne aux biotechnologies, nanotechnologies et aux nouvelles technologies en général un rôle majeur dans leur vision du développement de l’humanité.

      http://www.transhumanism.org/index.php/WTA/languages/C46

      Ce genre de courant de pensée s’inscrit dans la droite ligne des tendances actuelles qui permettent aux tenants des pouvoirs de décision de s’immiscer toujours plus intimement dans la vie des citoyens et nous pouvons voir par le biais de ces organisations naissantes dans la sphère publique l’accréditation et l’acceptation d’une idée de contrôle toujours plus grand des esprits, des comportements et des corps des populations par des technocraties de mieux en mieux organisées et tenant des liens très étroits avec les grands organismes financiers.

      L’idéologie technologique du transhumanisme est bel et bien en marche, il suffit de lire les nombreux journaux scientifiques de vulgarisation et de voir comment fonctionnent les politiques de recherche naissantes dans les pays occidentaux.

      La liberté d’esprit est gravement menacée de nos jours ;


    • marcel thiriet (---.---.79.234) 10 juin 2006 07:19

      Merci, Aurélien, pour ce lien .J’y suis allé faire un tour et il y a vraiment lieu de s’inquièter si ce courant de pensée a rééllement de l’influence.J’ai relevé juste un élément de projet déjà ancien :

      « David Pearce [1997] prevoit une ere post darwinienne au cours de laquelle toutes les experiences deplaisantes seront remplacees par differents niveaux de bien-etre se situant bien au dela des frontieres de l’experience humaine normale. Lorsque les modificateurs de l’humeur seront plus securitaires et sans effets secondaires et que les therapies geniques existeront, l’ingenierie d’un “paradis” de l’esprit deviendra une possibilite realisable »

      L’homme bionique, infiniment manipulable pour le meilleur et le pire...c’est aussi ce que nous promettent certains tenants inconditionnels des nanotech .


    • aurélien (---.---.195.143) 10 juin 2006 09:06

      Bonjour,

      Ce courant de pensée a été créé par les chefs de files de ces technologies nouvelles : nanotechnologies, informatique, génétique aux Etats-Unis. Le transhumanisme a depuis longtemps traversé l’Atlantique et on retrouve ces idées sur un site comme lesmutants.net.

      Encore une fois, ces idéologies s’inscrivent dans une réflexion dualiste et totalement réductrice de la complexité humaine. Ces personnes se placent à l’opposé du bioluddisme(mouvement associé à ce que certains appellent la technophobie) et entretiennent une vision dualiste de l’existence basé sur un idéal technologique associé à une idéologie politique extra-libérale.

      Ce genre de courant de pensée montre bien que si la science a apporté des progrès considérables à l’homme, les hommes qui font la science et l’utilisent pour conforter leurs propres idéologies autoritaires et croyances représentent des dangers graves pour l’humanité. La science n’est qu’un peitte parcelle de la pensée humaine qui a des effets majeures sur notre environnement. Baser ses actions sur des pensées fantasmatiques et égocentriques, et vouloir l’imposeraux populations relève de la dictature pure et simple. Il semble que « Le Meilleur des mondes » de Adous Huxley soit depuis longtemps dépassé dans certains esprits. Le transhumanisme apparaît comme une tentative dangereuse car ne voyant l’avenir de l’humanité que par l’intermédiaire de ses propres outils. Si l’homme n’opère pas un changement psychologique dans ses comportements, et ausein meêm de sa conscience, les technologies les plus pointues ne solutionneront jamais les crises humaines que nous pouvons observer dans le monde depuis des millénaires ;


    • aurélien (---.---.195.143) 10 juin 2006 09:12

      Devant de telles organisations, on ne peut que comprendre ce genre de réaction :


    • aurélien (---.---.195.143) 10 juin 2006 10:29

      Il est clair que ce ne sont pas les technologies qui sont à craindre, mais les organisations idéologiques (-ismes) qui les promeuvent et les utilisent


    • marcel thiriet (---.---.198.39) 10 juin 2006 11:17

      Bonjour Aurélien , Tes précisions sont intéressantes et font réellement progresser le débat en posant les bonnes questions. Ce n’est pas toujours le cas sur AV ,loin de là.

      A Propos, si tu as une minute, peux-tu expliquer à un débutant comme moi comment faire apparaître un lien permettant d’accéder directement à un site donné ?. Merci !


    • marcel thiriet (---.---.198.39) 10 juin 2006 11:33

      J’ajoute que si je suis d’accord avec toi sur un certain nombre de points, je ne pense pas que le « salut » viendra seulement de transformations individuelles. Le problème n’est pas seulement moral et psychologique, mais aussi institutionnel, politique, économique. Le délitement des liens sociaux et des règles me paraît bien la conséquence de la diffusion dans les esprits de la logique marchande , financière , individualiste,hédoniste ...qui caractèrise le modèle néolibéral en oeuvre depuis une trentaine d’années.La « conquête des esprits » est en bonne voie..Mais je n’ai pas le temps aujourd’hui d’approfondir.A+


    • Aurélien (---.---.138.115) 10 juin 2006 13:34

      Oui Marcel, la crise est globale et touche tous les domaines de la pensée. C’est pourquoi investiguer sur la nature de la pensée est une chose essentielle pour quelqu’un ne souhaitant pas se contenter de formules toutes faites, de propagande consciente ou non ou d’intellectualisme stérile.

      PS : pour faire figurer une adresse, la copier/coller et la placer dans la barre URL lors de l’élaboratoin du message. Mais il se peut que le lien n’aboutisse pas bien que l’adresse soit valide : je l’ai observé plusieurs fois. Je ne sais pas ce qui fait qu’un lien devienne valide ou non. De toute manière, il suffit de cpopier/coller l’adresse et la mettre dans la barre de navigation d’une nouvelle fenêtre pour pouvoir la consulter.


    • Daniel Milan (---.---.162.220) 10 juin 2006 13:37

      Tu penses Aurelien ?


    • Aurélien 10 juin 2006 13:59

      Sur la question, justement de la technique dans le cadre d’une réflexion à nature holistique, je vous conseille l’essai de René Fouéré qui permet de soulever des questions très intéressantes aussi :

      Du temporel à l’intemporel

      version word http://www.lequasar.net/foueretempo.doc

      Pour Daniel, merci d’être plus précis pour que je puisse vous répondre ;


  • José W (---.---.25.142) 9 juin 2006 11:08

    Si des parents refusent parfois des vaccins, comme celui contre l’hépatite B, c’est peut-être parce qu’ils ont dans leur entourage des personnes qui ont développé la sclérose en plaque suite à une vaccination... tout simplement.

    Car c’est la science qui est devenue obscure depuis qu’elle est aux mains des lobbies de tous poils.

    Le scientisme intégriste sait désormais qu’il n’est plus le seul maitre à bord et qu’il devra compter à l’avenir avec sur un contrôle démocratique et citoyen, n’en déplaise aux docteurs Mabuse !


    • faxtronic (---.---.127.73) 9 juin 2006 11:44

      Tu veux nous empecher de traviller, dresser de tibunaux pour juger si il est necessaire de trouver des connaissances. Tu te trompe de cible mon ami.


  • Bokan (---.---.217.77) 9 juin 2006 12:21

    Je suis vraiment étonné d’apprendre aujourd’hui que certaines personnes ont peur des nano-technologies. Bien que je trouve cela absurde, je suis rassuré d’un certain coté de trouver des réactions de la part du peuple. Je suis content de voir que certains se posent des questions. Cela n’empèchera pas les nanotechnologies d’éxister et impliquera, je l’espère, la création d’un comité d’éthique chargé de surveiller les dérives possibles.

    Il y a toujours eu des gens pour avoir peur de tout les progrés et d’autres pour accépter n’importe quoi. Le chemin de fer à essuyé les pires accusations alors qu’au début du XXeme on pouvait voir une publicité ventant les mérites d’un savon radioactif.

    Quasiment tout ce que nous connaissons aujourd’hui pourra bénéficier des nanotechnologies. Nous allons pouvoir réduire la taille des composants éléctroniques, en augmenter la performance, en diminuer la consomation éléctrique, économiser de la matière première, créer de nouveaux materiaux plus résistant plus légers... Et biensûr, il y aura des applications militaires.

    Mais plutôt que de concentrer leur efforts contre des recherches qui n’ont pas encore d’applications concrètes. Les anti progrés feraient mieux de s’attaquer vivement à ce qui est déjà utilisé ou en train de l’être et qui est prouvé comme dangereux : téléphone portable, réseau sur courant porteur, WIFI, gaz à effet de serre, hydrocarbures... La liste est longue.

    Il m’apparaît une fois de plus que l’éducation est primordiale et que la première des choses à enseigner est : « Quand tu ne sais pas, commence par te taire et renseigne toi ! ».


    • CP (---.---.226.6) 10 juin 2006 10:25

      Dans l’actuelle société, la recherche et la technologie sont au service du système. Un système de domination. Leurs « réussites » renforceront ce système.

      Depuis qu’elle existe, la science a invariablement servi les pouvoirs en place et leurs machines militaires. C’est toujours le cas, et on peut le constater à chaque nouvelle guerre.

      Il y a aussi les instruments de domination de la société civile, dont on évite de nous parler.


  • Casp (---.---.206.99) 9 juin 2006 12:55

    c’est lourd, c’est long, ca dit rien !! pas de doute, l’auteur de ce texte a eu ou aura une bonne note en philo au bac. Une fois de plus, les commentaires (certains en tout cas) sont beaucoup plus riches et intelligemment écrits que l’article principal. merci à eux


    • Adolphos (---.---.59.170) 9 juin 2006 14:42

      « Une fois de plus, les commentaires (certains en tout cas) sont beaucoup plus riches et intelligemment écrits que l’article principal. merci à eux »

      De rien.

      N’oublions pas que, le but finale, c’est tout de même de faire des nano usines ! Et ca, c’est bat !


    • faxtronic (---.---.127.73) 9 juin 2006 15:00

      des nano-usines. Et aussi en microtechnologie. Ouip cela s’appelle des micro-tas et cela existe depuis 10 ans aussi. nano-usines pour faire des nano-objet, pourquoi pas. Ce sont comme de glandes. Si cela existera, je serais hyper content, je pourrais faire des foies, des rates et reins artificiels, et terminer les cancer des organes mous si ravageurs et si foudroyant.


    • CP (---.---.226.6) 10 juin 2006 10:21

      « Si cela existera, je serais hyper content, je pourrais faire des foies, des rates et reins artificiels, et terminer les cancer des organes mous si ravageurs et si foudroyant. »

      Mais ce n’est pas à cette fin qu’on développe les nanotechnologies. Ls principaux objectifs sont MILITAIRES, comme ceux de la science et la technologie depuis qu’elles existent (machines de guerre, etc...).


  • Mizo (---.---.66.5) 10 juin 2006 11:26

    Je trouve tout de même assez incroyable qu’on cherche de cette façon à faire l’impasse sur l’usage réel qui a été fait du « progrès des sciences ».

    Depuis un siècle et demi, on nous promet que « le progrès » mettra fin à la misère, apportera un bonheur infini pour tous... Mais la réalité est que les moyens techniques de plus en plus sophistiqués ont tué beaucoup plus de gens que la médecine n’en a guéri.

    Et la misère est toujours là. La mort violente, les guerres, aussi...

    Ceux qui défendent le scientisme comme si c’était leur religion feraient mieux de lire l’ouvrage « IBM et l’Holocauste » d’Edwin Black

    Ce sui suit est tiré de la couverture de ce livre publié en 2001 par Robert Laffont :

    "Au cours de la Deuxième Guerre mondiale, les nazis ont exterminé six millions de juifs. Grâce à une organisation remarquable, les listes de noms étaient toujours prêtes, les trains toujours à l’heure et les chambres à gaz toujours disponibles au bon moment. Aujourd’hui, on utiliserait des ordinateurs. A l’époque, il n’y en avait pas.

    Mais les nazis avaient autre chose : des machines à cartes perforées. Elles étaient partout : dans les bureaux, dans les centres ferroviaires, dans les usines, mais aussi près des ghettos et dans les camps. La moindre information était saisie, traitée, triée, analysée. Toute la machine de guerre allemande, toute la logistique de l’asservissement et de l’extermination reposaient sur ces appareils. Et ceux-ci etaient la propriété d’une entreprise américaine : IBM.

    Ce livre raconte comment s’est nouée, dès 1933, l’alliance stratégique entre IBM et les nazis. Comment, avec l’aide de sa filiale allemande, la multinationale a fourni au IIIe Reich des solutions « clés en main ». Comment, en pleine guerre, IBM gérait ses filiales européennes par l’intermédiaire de son bureau à Genève. Comment, entre autres, les Juifs de Hollande furent les victimes de la technologie IBM et pourquoi les Juifs de France eurent davantage de chance. Comment, enfin, tout cela fut accompagné d’un effort systématique d’occultation.

    Certes, avec ou sans IBM, les nazis auraient entrepris d’exterminer les juifs. Mais les chiffres, eux, auraient été très différents...

    Edwin Black est le fils de survivants polonais de l’Holocauste. Après avoir été grand reporter au Washington Post, il est aujourd’hui journaliste d’investigation indépendant."


    • Daniel Milan (---.---.162.220) 10 juin 2006 14:14

      On ne peut trouver, effectivement, de référence plus prestigieuse !


    • Walid (---.---.162.214) 10 juin 2006 15:25

      @Mizo le troll

      « Certes, avec ou sans IBM, les nazis auraient entrepris d’exterminer les juifs. Mais les chiffres, eux, auraient été très différents... »

      Ridicule ; les turcs ont exterminés 1,5 millions d’arméniens en quelques mois sans aucune machine.

      Les hutus ont exterminés 1 millions de tutsis en 6 semaines sans faire de comptes.

      En plus c’est hors fil.

      Point Gowin atteint.


    • CP (---.---.226.157) 10 juin 2006 21:00

      C’est le nommé Walid qui est un troll, et plutôt douteux ! La phrase :

      « Certes, avec ou sans IBM, les nazis auraient entrepris d’exterminer les juifs. Mais les chiffres, eux, auraient été très différents... »

      n’est pas de Mizo, mais d’Edwin Black ou de l’editeur résumant la thèse de cet auteur.

      Si ça ne tenait pas la route, et si le dossier n’était pas très solide, IBM leur aurait sauté à la gorge. Il l’aurait déjà fait aux Etats-Unis, d’ailleurs, et il n’y aurait même pas eu de traduc française.

      Les nazis ont voulu perpétrer l’extermination des juifs en cachette et de manière très planifiée, à des endroit précis, etc... pour plusieurs raisons, et tout particulièrement parce que :

      - ils craignaient leur propre population, surtout que déjà la guerre n’allait pas bien pour eux ;

      - ils craignaient également l’opinion publique internationale à un moment où ils tentaient d’obtenir une paix négociée.

      Pour réaliser un tel plan, c’est évident que la technologie d’IBM les a considérablement aidés et la thèse de la couverture du livre d’Edwin Black paraît plus que crédible.


  • marcel thiriet (---.---.197.225) 10 juin 2006 17:23

    Une dernière pièce au dossier :

    Analyse L’infinie confusion des nanos, par Michel Alberganti LE MONDE | 10.06.06 | 13h37 • Mis à jour le 10.06.06 | 13h37

    anophobie et nanomanie se liguent pour enliser le débat sur les nanotechnologies dans l’infiniment confus. D’un côté, les manifestants de Grenoble contre l’ouverture du pôle Minatec, le 2 juin. La veille, un millier d’antinanos avaient répondu à l’appel du mouvement Pièces et main-d’oeuvre et de l’association Opposition grenobloise aux nécrotechnologies. Rapprochant leur combat du rejet du nucléaire et des OGM, ils dénoncent « la nouvelle guerre éclair que la techno-industrie mène au vivant » et le « nanomonde totalitaire ». Mouchards électroniques, obus intelligents, microdrones, homme bionique ou objets communicants sont mis dans le même sac de la « pacotille nano fashion ».

    De l’autre côté, les futurologues angéliques qui évangélisent les universités américaines afin de les convertir aux nanos, les commerciaux exploitant l’air du temps (iPod nano d’Apple) et les chercheurs tirant profit du label magique pour récolter sans peine des crédits pour leur laboratoire. Ces derniers, rompus à l’exercice, contribuent souvent eux-mêmes à rendre flous les contours des nanotechnologies.

    Ainsi, de proche en proche, tout est nano. Le mot devient synonyme d’invisible, d’envahissant, d’asservissant. Et la maîtrise de l’infiniment petit est associée au risque infiniment grand d’une technologie qui échappe à ses créateurs. La peur des nanos objets omniprésents se fond dans celle d’autres dangers impalpables : radiation nucléaire, ondes électromagnétiques, armes bactériologiques...

    Que les progrès de la science et de la technologie méritent réflexion et réglementation, rares sont ceux qui en doutent encore. Mais l’indispensable débat public qui peut donner la parole aux citoyens et conduire les scientifiques à expliquer leurs travaux en termes compréhensibles reste dans les limbes. Pendant la manifestation grenobloise, le ministre délégué à l’industrie, François Loos, a annoncé qu’il allait, avec son collègue de la recherche François Goulard, organiser « un vaste débat national où seront posées publiquement les questions qui inquiètent certains ». Et le président (PS) du conseil général de l’Isère, André Vallini, a demandé la création d’une instance internationale de contrôle des nanotechnologies.

    Les quatre années du chantier de Minatec (200 millions d’euros, 4 000 chercheurs) auraient pu être mises à profit pour amorcer la réflexion. Grenoble aurait pu devenir un lieu privilégié pour la vulgarisation des nanos et le dialogue avec la société sur ce thème. Histoire d’éviter le sentiment de la consultation a posteriori, mais aussi les écueils du passé, ceux de la culture du secret qui mine encore aujourd’hui le nucléaire ou du débat à retardement et bâclé, comme sur les OGM. Qui se souvient des résultats de la conférence de citoyens organisée, en 1998, sur ce thème par le ministre de l’agriculture Louis Le Pensec ?

    L’efficacité des grandes consultations populaires reste ainsi à démontrer. L’association Vivagora s’est lancée dans l’aventure en éclaireur sur les nanos. Elle a surtout révélé les ornières qui guettent une telle entreprise. Le pire, sans doute, réside dans la caricature et l’instrumentalisation. Faute d’un solide encadrement, le débat peut facilement s’emballer, ajouter à la confusion et servir certaines idéologies au lieu de s’en tenir à la pédagogie. Les modalités pratiques tout comme le moment opportun, ni trop tôt ni trop tard, méritent donc d’être déterminés avec soin.

    Les nanos offrent un terrain idéal pour expérimenter ce type de débat public, qu’il faudra, à l’évidence, multiplier à l’avenir pour accompagner les progrès de la science. La nécessité de tels échanges avec la société souligne sans doute les carences de l’éducation nationale et des médias en matière de vulgarisation scientifique. Mais peut-on acquérir des connaissances fondamentales lors d’une discussion publique ? La complexité, la diversité et la mondialisation du développement des nanos posent clairement la question. Seule certitude : l’urgence de sortir de la confusion.

    Michel Alberganti Article paru dans l’édition du 11.06.06


    • Garib (---.---.45.217) 12 juin 2006 03:57

      Il faut être très aveugle pour ne pas constater que l’usage de la science et de la technologie par les pouvoirs en place prend un tournant de plus en plus ouvertement orwellien. Mais ça n’a rien d’étonnnant, seulement on a obstinément refusé de tirer les conséquences de deux siècles d’expérience, Hiroshima et Nagasaki comprises !

      A cette omerta contribuent, entre autres, nombre d’intérêts financiers, industriels... et aussi CORPORATISTES et CARRIERISTES. Et si le corporatisme des chercheurs peut poser problème, celui des MANDARINS est bien plus redoutable. Quant aux « bien-pensants » qui cherchent à plaire par intérêt, ils sont légion.


    • flop (---.---.55.106) 28 juin 2006 23:14

      VOTEZ BOVE !!!


  • Garib (---.---.105.143) 12 juin 2006 01:50

    Pendant qu’ici on vient nous vendre les nanotechnologies, la répression frappe ceux qui sont contre :

    http://paris.indymedia.org/article.php3?id_article=62473

    http://paris.indymedia.org/article.php3?id_article=62560


  • Garib (---.---.106.60) 12 juin 2006 03:49

    Voici un exemple de ce qu’on peut trouver sur la Toile à propos de l’inauguration récente de Minatec :

    http://ogn.ouvaton.org/cp-OGN-20060602-zone_interdite_inauguration_policiere.html

    Grenoble, zone interdite, inauguration policière

    Aujourd’hui 2 juin 2006, à Grenoble le « techno-gratin » international a inauguré Minatec, premier centre européen pour les nanotechnologies, dans une ville en état d’urgence. Les nécrotechnologies montrent leur vrai visage...

    Ce qui s’est passé hier dans la rue, ce qui s’y est passé ce matin, est bel et bien une inauguration : celle du nanomonde sécuritaire où toute protestation est proscrite ; en témoigne également le bouclage du quartier autour de Minatec.

    Le stationnement était interdit dès hier 21 heures, dans un périmètre de sécurité à proximité de Minatec. Aujourd’hui, de 7h à 16h, la circulation a été interdite à tous véhicules à moteur, vélos et piétons. Pour accéder à leur domicile, les riverains ont dû présenter un justificatif de domicile. Des mesures dignes d’un couvre-feu.

    Jeudi 1er juin, la manifestation contre Minatec et son monde à laquelle appelait l’Opposition Grenobloise aux Nécrotechnologies (OGN),a était violemment dispersée par les forces de l’ordre, plusieurs personnes ont été interpellées et une manifestante a été grièvement blessée au visage par un éclat de grenade, alors qu’elle s’éloignait à vélo.

    Aujourd’hui, vendredi 2 juin, Grenoble était en état de siège : de 8h à 11h30, la police a encerclé La Bifurk, collectif d’associations sportives et culturelles, lieu d’accueil de ces quatre jours contre Minatec et son monde (rencontres et débats). Effectuant des contrôles d’identité musclés flash ball en main, accompagnés de fouilles des sacs systématiques et parfois de fouilles corporelles sur les personnes entrant ou sortant du lieu.

    Tout rassemblement de plus de cinq personnes était immédiatement dispersé, des dizaines de contrôles d’identités et de fouilles corporelles ont eu lieu. Un véritable harcèlement dans toute la ville, empêchant les opposants de s’exprimer.

    Six personnes ont été emmenées en garde à vue le matin, alors qu’elles distribuaient des tracts aux passants. Deux d’entre elles comparaîtront le 10 janvier pour port d’arme prohibé (couteau de cuisine...), outrages et rébellion Deux autres sont sorties vers 20h. Elles sont convoquées au tribunal le 19 juin pour :

    - avoir continué volontairement à partciper à un attroupement après sommations et dispersions

    - refus de prélèvement d’A.D.N

    Nous n’avons pas peur, nous sommes en colère. Aujourd’hui comme hier nous sommes dans la rue pour informer les grenoblois-es et manifester notre opposition. Ils ont inauguré leur bunker, nous continuerons à débattre dans la ville : rendez-vous demain samedi 3 juin, 14h, place félix poulat.

    FERMEZ MINATEC !

    Comité d’Opposition Grenobloise aux Nécrotechnologies ogn (at) ouvaton (point) org http://ogn.ouvaton.org/

    Correctif : ce n’est pas un « éclat de grenade » mais un tir de flashball qui a blessé une manifestante au visage.


    • namic (---.---.49.62) 13 juin 2006 14:13

      Pour qu’un tir de flash-ball ait blessé une femme au visage alors qu’elle s’éloignait de la manifestation, le projectile en question a du être tiré avec un sacré effet rétro ...

      C’est Zidane qui a tiré ?


  • Emile Red (---.---.203.8) 13 juin 2006 14:56

    Où sont les douces paroles angéliques de nos chercheurs à la lecture d’un tel exemple de barbarie policière.

    On ne les voit plus s’investir ici, preuve s’il en est que quelque part ils tentent de nous flouer en prétendant être indépendants des pouvoirs politiques et monétaires.

    Il en est des nano comme il en fut du nucléaire et de temps d’autres sujets bassements triviaux qui rabaissent les chercheurs au niveau des rats de labo au garde à vous de leurs supérieurs encasqués ou encigarés.

    Il y a des décennies que l’on nous fait croire à une science du bien mais nul avancées à l’horizon.

    Il fallu 40 ans pour passer du labo de M.Curie à la connaissance de l’atome mais seulement 6 ans pour développer l’arme fatale nucléaire.

    30 ans que des millions de gens attendent des médicaments anti-sida alors qu’il fallu à peine 10 ans pour développer les tri-thérapies qui ne sont qu’un pis-aller au rendement économique immense.

    Quand au cancer dont on nous rabache la défaite chaque année, on y va sur les pointes des pieds, quel gage économique que de guérir une maladie qui finance une grande partie des recherches de confort.

    Je ne reviendrai pas sur les prétextes qui se veulent les cautions des OGM mais pour l’instant le Brésil produit 80% du soja mondial en OGM et pas un kilo n’est destiné à une illusoire thérapie.

    Quand au désert fertilisé et devenu grenier à blé de la planète on n’en a toujours pas vu le moindre épi.

    Et que je sache l’eugénisme sous toutes ses formes est résultante d’une approche scientifique de la vie, qui, de la Suède aux camps, a montré les capacités scientifico-médicales à s’associer aux pires mésactions.

    Et si Raël peut se targuer de quelques recherches génétiques c’est bien que derrière il y a des scientifiques pour le conforter dans son délire.

    On pourrait aussi parler des recherches comportementalistes qui permettent le maintien en vie de centaines de prisonniers dans les geoles de la CIA et à Guantanamo en particulier, celles là même qui font d’un téléspectateur lambda un abruti prêt à gober le moindre bout de sucre illusoirement tendu.

    Messieurs les chercheurs, oui vous êtes nécessaires, mais non vous n’avez aucun droit philosophique, vous le savez et vos tentatives de vous disculper d’une quelconque dépendance ne trompe que vous même, et bien-heureusement.


    • Ludovic Charpentier (---.---.68.100) 13 juin 2006 16:28

      « Où sont les douces paroles angéliques de nos chercheurs à la lecture d’un tel exemple de barbarie policière. »

      Ils ne sont pas là car la source est assez peu fiable et de ce fait ce type d’article ne mérite pas trop de commentaires...


    • Marsupilami (---.---.190.206) 13 juin 2006 16:51

      @ Ludovic

      Ouaf !

      Le « scientifiquement correct ne vaut donc pas mieux que le  »politiquement correct" ???

      Parole d’anti-scientiste convaincu par les faits...

      Houba houba !


  • Yannick Comenge (---.---.102.41) 20 juin 2006 12:05

    L’expérience de chercheur que j’ai est assez enthousiasmante dans le sens ou j’apprécie infiniment le progres et que je vois beaucoup de nouvelles qui sont surement des grandes avancées dans un avenir plus ou moins proche. Neanmoins, les nanotechnologies sont arrivés dans une forme d’opacité totalement obscurcit par des slogans dogmatiques de quelques chercheurs. Alors que tout progres doit etre critiqué pour etre affiné et regulé, les nanotech n’ont pas accepté une remise en cause par différents publics. Hors ceci vient de la formation meme des chercheurs. Les physiciens purs savent que la critique de la société est bénéfique et permet à certains créateurs de ne pas produire de véritables usines à gaz qui soient dramatiques pour l’avenir de l’humanité. Le nucléaire ainsi est né avec Hiroshima et a réussi tout de meme à apporter des bénéfices substanciels à l’homme moderne. Pour les biologistes, souvent on constatera dans la formation des jeunes chercheurs le manque de culture livresque, le manque de recul ethique... le jeune chercheur et apres le chercheur confirmé sont confinés dans le huit-clot de leur paillasse. Ils s’accoutument à une réflexion solitaire et auto-centré pour finir par ne plus répondre vraiment aux soucis de la société. Ainsi, le chercheur qui a souvent une particularité comportementale, finit par produire une invention sans la penser dans un raisonnement de responsabilité vis à vis de son concitoyen... le probleme alors arrive... l’échec des « progres sans explication »... Les nanotech, faute de vrais debats, faute de scientifiques à l’écoute des autres et faute de culture au sens littéral du mot, seront difficile à incorporer à la vie quotidienne...


  • d a (---.---.118.199) 28 novembre 2006 00:21

    il faut surtout craindre les finaceurs et leurs ethiques ! et sortir l’humanité de la marchandisation des cellules souches ...


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