mercredi 29 mai 2013 - par Gabriel

De la morale en soi

   Qu’est ce qu’une morale, comment peut-on la définir, en faire une ébauche fiable, consensuelle afin de la construite pour quelle soit la plus juste et la plus universelle possible ?

   Faisons une synthèse des définitions communément utilisées. Une morale est un ensemble de règles cherchant à encadrer et guider l'action humaine. Ces règles reposent sur la distinction de valeurs : le juste et l'injuste, ou plus simplement le bien et le mal et c'est d'après ces valeurs que la morale fixe des principes d'action, qu'on appelle les devoirs de l'être humain, vis-à-vis de lui-même ou des autres individus, et qui définissent, en principe, comment il faudrait agir. Son but est d’inscrire ses règles dans les habitudes, les mœurs, les coutumes.

   La définition de Descartes, qui pensait que la morale découlait de la métaphysique et de la connaissance des autres sciences est pour le moins intéressante : « Ainsi toute la philosophie est comme un arbre, dont les racines sont la métaphysique, le tronc est la physique et les branches qui sortent de ce tronc sont toutes les autres sciences qui se réduisent à trois principales, à savoir la médecine, la mécanique et la morale, j’entends la plus haute et la plus parfaite morale, qui, présupposant une entière connaissance des autres sciences, est le dernier degré de la sagesse.

   Le premier problème rencontré c’est qu’il n’y a pas qu’une morale mais des morales et chacun sait que, ce qu’il y a de plus pénible avec la morale, c’est justement que c’est toujours celles des autres que l’on tend à vous imposer.

   Le second point est, doit on établir une morale en fonction de chaque culture ou une morale peut elle être générale en tenant compte que des principes généraux ?

   Le troisième point, et pas des moindres, c’est qu’elle est fondée sur une éthique et que ceux qui font l’éthique s’appuient généralement sur une religion. La morale religieuse est un ensemble de règles prit par l’autorité religieuse pour faire avancer ses ouailles vers l’objectif fixé par leur foi. Elle énonce ainsi divers préceptes d'actions, qui peuvent être relatifs aux rapports avec autrui, à l'emploi du temps, au régime alimentaire ou à des questions plus précises (comme la procréation). Par exemple : manger du poisson le vendredi, jeûner pendant le ramadan, ne pas avorter, respecter le repos dominical, avoir une attitude de non-violence, etc… Bien que les religions soient de manière générale des facteurs de cohésion sociale, il n’en reste pas moins que les morales qu’elles dictent sont, de par les lois qui régissent leurs dogmes, restrictives, sélectives et parfois contre nature. Il me semble que les fondements d’une morale devraient s’appuyer et s’indexer uniquement sur la nature et qu’elle évite d’être uniquement une machine à fabriquer de la culpabilité.

   Je ne dis pas par là que le contenu total d’une morale religieuse est à rejeter mais, peut-être, à épurer. Exemple : « Tu ne tueras point », cela semble socialement évident et en accord avec les principes fondateurs de la vie. Ce qui, en revanche l’est moins c’est : « Un seul Dieu tu adoreras » car là, nous tombons dans du sectaire, du restrictif et je ne vois pas en quoi un athée humaniste serait immoral parce qu’il se prosterne pas devant un Dieu quelconque.

   Nous devrions accrocher la morale à la réalité et non à la théologie. Le droit, ne doit pas descendre du ciel guidé par un dogme mais il, doit monter de la terre guidé par les hommes.

   La morale n’est qu’une règle du jeu vis-à-vis d’autrui, il faut la bâtir à partir d’un historique, d’un vécu, c’est un postulat. Il faut vivre à chaque instant comme si on vivait devant son miroir, c'est-à-dire faire son examen de conscience. Le fondement de la morale c’est le contrat. Dés l’instant où, deux parties sont d’accord, c’est éthique et c’est une morale et dans ce cas, un code d'honneur. Elle renvoie au respect de soi-même dans les normes que l'on s'impose à soi et donc aux autres.

   Quoi qu’il en soit, une morale reste nécessaire pour vivre avec un minimum d’harmonie et évité le chaos. Il faut des règles humanistes pour faire face à tant de malheur à la vertu et tant de prospérité aux vices. Le mal étant tous ce qui contribue à la désintégration sociale, il faut donc pour lutter contre en établissant des contrats entre individu qui peuvent se définir comme une morale. Il ne s’agit pas de s’affranchir des règles mais s’affranchit de la morale dominante afin de préserver la liberté qui n’est qu’un consentement à la nécessité donc à la nature.

   Certain se baserons sur le décalogue, d’autres sur le tetrapharmakon d’Epicure, etc… Personnellement je pense qu’on pourrait résumer tout cela en une seule règle : « Agit avec les autres comme tu aimerais qu’ils agissent avec toi. »

   Merci à vous lecteurs de vos avis



55 réactions


  • lulupipistrelle 29 mai 2013 10:37

    L’ignorance mène à la servitude... ce qui est nouveau c’est que cette ignorance est aujourd’hui organisée par l’Education Nationale... faites le tour des programmes d’Histoire, ou de Géographie, et vous comprendrez comment on prive le citoyen en devenir de tout repère... j’ai pris l’Histoire parce que l’ignorance dans ce domaine permet à rosemar d’affirmer que « L’Inquisition interdisait les autres religions »... sans que cela ne choque personne...


    De toute façon l’anachronisme est de rigueur dans l’enseignement ... surtout ne pas contextualiser les faits...

    Il en est de la morale comme du reste, elle évolue spontanément... sauf qu’à l’heure actuelle, on a besoin de tous les artifices d’un formatage institutionnel pour l’imposer à des têtes ni bien faites ni bien pleines. 

    • Gabriel Gabriel 29 mai 2013 11:48

      Bonjour lulupipistrelle, l’ignorance n’est pas organisée par l’Education Nationale mais est le fait d’une volonté politique secondée très efficacement par les médias. Pour la morale, je m’en remets au contrat. Merci de votre avis.


    • lulupipistrelle 29 mai 2013 12:12

      Une volonté politique sûrement avec l’Education Nationale comme courroie de transmission... 


      Sinon connaissez-vous le contenu des programmes ? moi j’ai les cours du CNED... et comme j’ai gardé tous mes bouquins d’une autre époque, que j’ai aussi ceux de mon mari, ceux de nos frères et soeurs, je compare. 

    • Gabriel Gabriel 29 mai 2013 14:46

      Le thème de l’article n’est pas l’ignorance mais une interrogation sur la morale. Il est vrai que l’ignorance ne peut pas produire de morale saine... 


    • Anaxandre Anaxandre 29 mai 2013 18:04

       Il existe bel et bien une certaine ignorance qui débouche sur une saine Morale ; le Discours sur les sciences et les arts, que beaucoup ont sans doute aussi vite lu qu’ils l’ont évacué par « commodité », est fort éclairant à ce sujet.


    • Gabriel Gabriel 29 mai 2013 18:32

      Anaxandre, le Discours sur les sciences et les arts de Rousseau s’agissant de savoir si le rétablissement de ceux ci a contribué à épurer les mœurs est une critique des pratiques de son temps. C’est une diatribe contre les sciences et les arts, qui bien loin d’épurer les mœurs éloignent les hommes de la vertu. Je pense que Rousseau valorise l’ignorance et la simplicité dans un but de provocation. Selon lui, les sciences et les arts n’ont fait que corrompre les mœurs en occupant les hommes à des futilités et en leur faisant oublier leur condition d’esclave. C’est vrai que comme provocation c’est du lourd mais à y regarder en sous couche, sous le fumier il y pousse toujours de belles fleurs.


  • lucille lucille 29 mai 2013 10:51

    Bonjour Gabriel, votre histoire n’est pas haute en fable.
    .
    il me revient deux mots empruntés au sujet de l’ignorance,
    l’un japonais et l’autre platonique, respectivement :

    « Celui qui confesse son ignorance la montre une fois,
    celui qui essai de la cacher la montre plusieurs fois.
     »
    .
    « L’opinion est quelque chose d’intermédiaire
    entre la connaissance et l’ignorance. »

    .
    Ce ne sont que des idées auto-réfutables autant fables,
    mais les ignorer serait source d’ignorance aux temps fables.

    Je retourne à votre récit où il est plutôt question de moralité,
    et de sage lecture où il est écrit par deux fois le mot « humaniste ».

    Lucille.


    • Gabriel Gabriel 29 mai 2013 11:50

      Lucille, peut-on bâtir une bonne morale sans humanisme ? Les deux choses me semblent indissociables. Mais comme vous le faites remarquer, mon ignorance sur le sujet est vaste, aussi mon article n’est qu’une longue interrogation le concernant. Cordialement.


    • lucille lucille 29 mai 2013 12:13

      Gabriel
      .
      je me surprend à croire que vos connaissances sur le sujet soient si légères,
      je me conforte à cette idée certaine, que moralité et Humanisme vont de paires.

      Je n’ose avancer cette idée comme acquise, mais elle serait un précepte non négligeable, en ces temps d’Humanité démoralisée quand cela lui chante.

      « Je suis homme, rien de ce que qui touche à l’humanité ne m’est étranger."  Térence


    • lucille lucille 29 mai 2013 12:45

      "peut-on bâtir une bonne morale sans humanisme ?"

      .
      C’est une question de fondations, en humanisant la morale peut-être...

      C’est une question universelle qui nous a fait ? Je vais y cogité.


    • Anaxandre Anaxandre 29 mai 2013 14:52

       L’ universalisme de l’humanisme, des droit de l’Homme, est avant tout pure idéologie : l’anthropologue sait que la signification du nom des tribus dites archaïques est très souvent « les Hommes » ; non pas qu’on nie l’humanité des autres groupes, des étrangers, mais ce sont des Hommes-autres. Pour utiliser une catégorie chrétienne, je dirai que mon « prochain », c’est d’abord et avant tout mon voisin et mon frère historique et culturel.

       « Tel philosophe aime les Tartares pour être dispensé d’aimer ses voisins ». (Rousseau)

       Cette réflexion convient tout à fait à nos apologètes de la nouvelle religion des Droits de l’Homme (Mondialiste par essence) qui conduit, en réalité, à la destruction de toute la Morale instinctive du clan, de la tribu, du peuple.

       La morale moderne n’est que la conséquence des idées libérales qui ne sont elles-mêmes que l’expression de l’individualisme, et en définitive de l’économie.

       Qu’on soit libéral ou marxiste, tout n’est plus en vérité qu’économie. Peu importe que nos chers objets manufacturés soient le fruit du labeur d’esclaves humains à l’autre bout du monde : notre indignation feinte est de courte durée. Peu importe mon misérable frère qui vit dehors comme les bêtes tant que j’envoi mon obole aux ONG du bout du Monde.

       La seule Vraie Morale est un Instinct géographique, historique et culturel. Tout le reste n’est qu’idéologie imposée par la propagande de masse qui, derrière les belles formules et les postures, aura bientôt détruit tout reste de Virtus en nous.

       La voilà la Grande Crise occidentale : ne plus êtres « les Hommes », mais des comptables...


    • Gabriel Gabriel 29 mai 2013 15:16

      @Anaxandre,

      Pas grand-chose à ajouter sur cette vision de notre monde actuel vis-à-vis de la morale qui, comme vous le dites, a transféré ses fondamentaux sur la finance. Les hommes ne sont pas seulement devenus des comptables mais aussi des consommateurs, de la matière première et une variable d’ajustement financière. Merci de votre analyse. 


    • Anaxandre Anaxandre 29 mai 2013 17:17

        "Elle (la morale) est comme l’irradiation sur tout l’être que donne une certitude, non pas une certitude acquise, une certitude apprise, mais une certitude qu’on a dans le sang, qu’on sait d’instinct. On est ainsi parce que les rapports réels de la fidélité impliquent ces conséquences. Car la fidélité ne repose pas seulement sur une parole qui n’engage pas moins d’un côté que de l’autre et selon laquelle l’un doit la protection, l’autre le service : ce n’est là qu’un résultat politique, balistique pour ainsi dire de serment de fidélité. La signification réelle de la fidélité est au-delà : elle est dans la solidarité, dans la fraternité profonde que ce parrainage affirme. Ce n’est pas une loi d’amour comme dans le christianisme, c’est une affiliation. Au contraire d’une déclaration universelle adressée à tous les hommes, la fidélité suppose un choix parmi les hommes. On se définit soi-même en s’engageant, parce que s’engager, c’est s’identifier. Et cette affirmation qu’on fait de soi, ce baptême qu’on reçoit parmi les hommes, engage pour la vie : on s’avance et l’on dit son nom. Et ce nom déclare ce qu’on est, proclame les frères, sépare les étrangers. On est quelque part sur une tige, sûr de soi, ferme dans son devoir, ayant à la fois une conscience et une sève, qui sont une seule voix. La fidélité, c’est la conscience du sang. On est ce qu’on est, certitude qui donne le calme, le sérieux, l’esprit de justice. C’est le seul baptême que puissent donner les hommes lorsqu’ils ne vous imposent pas sur le front le signe d’un Dieu."


    • Gabriel Gabriel 29 mai 2013 18:03

      Anaxandre, on dirait du Francis Bacon...


    • Anaxandre Anaxandre 29 mai 2013 18:24

       Précisez que vous parlez du vieux philosophe anglais, certains pourraient se méprendre et confondre !...
       C’est un extrait de Sparte et les sudistes.


    • Gabriel Gabriel 29 mai 2013 18:33

      Entre nous cela va de soi...


    • Anaxandre Anaxandre 29 mai 2013 18:40

        smiley


    • epicure 29 mai 2013 23:02


       @Par Anaxandre (---.---.---.118) 29 mai 14:52 

      la Morale instinctive du clan, de la tribu, que tu proclames est avant tout une pure idéologie.
      De toute façon, toute morale structurée est idéologique : elle repose sur une logique des idées.
      Ce n’est pas une morale universelle, donc ce ne peut être la Vrai morale, puisque dépendant des héritages arbitraires de chaque tribu.
      De plus cette morale en fait n’a aps d’objet concret come els morales modernes, mais repose uniqument sur la mise en avant de choses abstraites, symboliques, et non ce qui fait le coeur d’une vrai morale, les êtres humains, donc les individus.
      Donc c’est sûrt que la morale universaliste et humaniste, qui en dépend pas d’héritages arbitraire et repose sur les éléments concrets de la société, les indivdus, ne peut que réduire la morale du clan, tribale.
      Car la morale universaliste humaniste tend à appaiser els tensions entre les individus, là où la morale tribale donc archaïque favorrise les tensions entre gens différents. Cette morlale archaïque n’est pas faite pour des société modernes où cohabitent des gens d’origine, conditions trés diverses.
      La morale humaniste universaliste, par contre est justement la morale adapté au peuple d’une nation, pour permettre le but de la morale : la coexistence et la paix sociale.

      Après ton message n’est qu’un suite d’amalgame sans queue ni tête.
      La morale universaliste humaniste, si elle repose bien sur des bases individualiste , en plus de l’universalisme, elle est tout à fait détachée de l’aconomie, puisque la morale économique capitaliste va à l’encontre de la morale universaliste humanite.
      Une morale met en avant l’économie, la possession,l’échange de richesses, là où l’autre morale met l’humain d’abord , avant toute considération économique, surtout si elles vont à l’encontre du plus grand nombre des individus.
      De même que la mondialisation capitaliste n’est pas la conséquence de la morale universaliste humaniste, puisque reposant sur la compétition, les inégalités, et la défense des intérêts économiques sur les intérêts humanistes.

      Ce que tu décris avec tes peu importe, n’est pas la morale universaliste humaniste, mais la morale libérale égoïste, dponc qui n’est ni universaliste, ni tout à fait individualiste puisque elle met des considérations économiques au dessus des individus.

      Mettre en avant la morale tribale, c’est une belle comédie, puisque la morlale tribale se soucie peu des gens qui travaillent come des esclaves loin d’ici, elle a même entretenu l’esclavage quand cela servait la tribu, le clan. Qu’importe le sort des individus puisque seule la communauté compte avant tout dans ta morale clanique.
      Et puis quand on voit les mouvements idéologiques qui ont hérité de la morale tribale, clanique, on cherche où est la morale, puisque els idéologies racistes, xénophobes sont bien une continuation de la morale tribale.
      En fait les gros capitalistes détestent la morale universaliste humaniste, ils sont contre la protection sociale, le droit du travail, l’éducation, la santé accessible à tous etc...
      Par contre ils défendent les intérêts de leur clan, le clan des gros possédants.
      La seule différence , c’est qu’au lieu de tribus rabougries, leur territoire c’est la terre entière.


  • Henrique Diaz Henrique Diaz 29 mai 2013 11:07

    D’accord avec l’essentiel de l’article, d’autant plus que je soutenais à peu près les mêmes idées ici. Je soutiens qu’il existe en effet une morale universelle et pas que des morales qui dépendraient de l’histoire ou de la géographie. Je distingue en effet les moeurs ou les coutumes propres à un pays concernant ce qui peut effectivement être objet de croyance et concerner des questions qui ne peuvent engager toute l’humanité (ex. porter des jupes ou des pantalons pour les hommes) et la morale proprement dite qui découle de la logique, voire de ce qu’on pourrait appeler, dans le sillage de Descartes, une ontologie de la vie très simple : on ne peut vouloir une chose et son contraire, on ne peut pas vouloir ne pas être pour ne pas être ; être vivant, c’est vouloir être plus vivant etc. De ces principes découle par exemple qu’on doit vouloir la liberté pour tous et non pas seulement pour soi-même, ce qui exclut toute forme d’asservissement d’autrui comme de soi-même à un autre ou à une chose. La morale minimale qui peut être partagée où qu’on aille et avec qui veut bien discuter raisonnablement en s’engageant personnellement, c’est toujours : fais toujours ce qui renforce à coup sûr l’être humain, par exemple développer les connaissances ; évite tout ce qui affaiblit à coup sûr l’humanité, à commencer par développer l’ignorance.


    • Gabriel Gabriel 29 mai 2013 11:51

      Henrique, il est certain que tout mauvais comportement vis-à-vis d’autrui est très souvent le fait d’une grande ignorance, quant à une morale orientée sur le bien de la communauté plutôt que centrée sur soi, cela reste pour moi une évidence. Merci 


  • Kookaburra Kookaburra 29 mai 2013 11:07

    Bonjour Gabriel. J’aime bien vos réflexions mais je pense qu’il faut distinguer entre l’Eglise et le christianisme. Je m’explique :

    Que les préceptes de la morale sont raisonnables et peuvent donc se baser sur la raison est une évidence, mais dans notre civilisation ces préceptes ont été véhiculés par le christianisme - « fais aux autres ce que tu voudrais qu’on te fasse dans les mêmes circonstances » est bien la règle d’or chrétienne comme vous dites est qui est la base même de la morale. Les valeurs morales élucidées dans les Evangiles sont la base de notre conception du bien et du mal.

    Faire une distinction entre morale laïque et religieuse n’est qu’une soucie idéologique de se montré libre de toute influence pernicieuse de la religion, car il n’y a pas de différence. Mais ce refus vise la religion rituelle et les dogmes de lEglise, plutôt que le christianisme, quil faut comprendre comme le message des Evangiles de non-violence et de liberté, égalité et fraternité. Les révolutionnaires de 1789 navaient pas loin à chercher pour trouver leur devise. C’est un paradoxe de l’histoire que l’avènement de la laïcité, des droits de l’homme, de la liberté de conscience, de tout ce qui s’est fait au cours des siècles contre la volonté des clercs, s’est produit par un recours implicite ou explicite au message originel des Evangiles.


    • Gabriel Gabriel 29 mai 2013 11:58

      Kookaburra, je suis pratiquement d’accord avec votre réponse à ce post mais j’y mettrais cependant un bémol. Le Christianisme en soi est une excellente doctrine ce qui me préoccupe un peu plus c’est l’interprétation des évangiles que certains en font. Mais, nous sommes d’accord, le message de ce prophète reste un modèle d’humanisme et de vivre ensemble.


  • Loatse Loatse 29 mai 2013 13:14

    @Gabriel

    Toutes les règles (qu’elles soient laiques ou religieuses) sont par essence restrictives...

    vous dites :

    Bien que les religions soient de manière générale des facteurs de cohésion sociale, il n’en reste pas moins que les morales qu’elles dictent sont, de par les lois qui régissent leurs dogmes, restrictives, sélectives et parfois contre nature. Il me semble que les fondements d’une morale devraient s’appuyer et s’indexer uniquement sur la nature et qu’elle évite d’être uniquement une machine à fabriquer de la culpabilité.

    La nature a bien fait les choses, seulement si nous nous laissons aller à satisfaire tous nos instincts, la cohésion sociale en prendrait un sacré coup..

    En ce qui concerne la culpabilité, celle ci a son utilité...elle nous permet de prendre conscience du tort causé à autrui... les régles du judéo-christianisme permettent si elles sont suivies d’éviter tout dommage à notre semblable et donc de se sentir coupable...

    Ce commandement : « tu n’adoreras qu’un seul Dieu », est libérateur malgré son apparente exigence car il y a une foule d’idoles auxquelles l’homme sacrifie dans son quotidien (le dieu argent, les dieux du stades, les passions charnelles...) et qui le réduisent en esclavage alors qu’ils se croit libre...

    (L’athée est in polythéiste qui s’ignore) :)


    mais il y eu des malcomprenants rigoristes au point qu’il fallut expliquer le pourquoi du comment de ces régles :)

    un exemple :

    «  le shabat est fait pour l’homme et non l’homme pour le shabat ».. cet éclaircissement démontre bien la supériorité des régles divines sur les régles (ou la morale laique) qui n’exclut pas que l’homme puisse travailler sept jours sur sept si telle est son envie... généralement au détriment de sa santé, de sa famille...

    Donc rejetter ces régles c’est s’exposer à vivre dans un monde chaotique dans lequel paradoxalement l’humain au vu des conséquences de sa séparation avec Dieu veut établir sa propre morale...

    Celle ci ne peut être qu’imparfaite...



    • Gabriel Gabriel 29 mai 2013 14:38

      Loaste,

      La nature a bien fait les choses, seulement si nous nous laissons aller à satisfaire tous nos instincts, la cohésion sociale en prendrait un sacré coup..

      Il nous faut trouver un équilibre entre ces deux extrêmes, pas facile mais ne pas ignorer la nature tel qu’elle nous a fait et, si je suis votre raisonnement l’architecte de celle-ci c’est Dieu..

      Ce commandement : « tu n’adoreras qu’un seul Dieu », est libérateur malgré son apparente exigence …

      Permettez moi de laisser le choix à l’individu. De plus il y a plusieurs façon d’appréhender le concept de « Dieu » Etant Déiste la mienne diffère de la votre et j’admet qu’une tierce personne ne partage aucun de nos deux opinion.

      (L’athée est in polythéiste qui s’ignore) :)

      Là, vous faites une affirmation dont je vous laisse seul juge.

      « Le shabbat est fait pour l’homme et non l’homme pour le shabbat ».. cet éclaircissement démontre bien la supériorité des règles divines sur les règles (ou la morale laïque) qui n’exclut pas que l’homme puisse travailler sept jours sur sept si telle est son envie... généralement au détriment de sa santé, de sa famille...

      Encore une fois vous faites des affirmations selon votre croyance, que je respecte, mais vous ne pouvez en faire une généralité. Allez expliquer à un hindouiste ou à un musulman que le Sabbat est fait pour l’homme, je pense que vous aurez des échos différents. D’où, ne pas bâtir une morale sur les règles d’une religion.

      Donc rejetter ces régles c’est s’exposer à vivre dans un monde chaotique dans lequel paradoxalement l’humain au vu des conséquences de sa séparation avec Dieu veut établir sa propre morale...

      Il ne s’agit pas de rejeter ces règles en bloc mais d’être critique envers celles qui ne peuvent être universelle.

      Merci de vos commentaires.


  • soi même 29 mai 2013 16:19

    «  Je ne dis pas par là que le contenu total d’une morale religieuse est à rejeter mais, peut-être, à épurer. Exemple : « Tu ne tueras point », cela semble socialement évident et en accord avec les principes fondateurs de la vie. Ce qui, en revanche l’est moins c’est : « Un seul Dieu tu adoreras » car là, nous tombons dans du sectaire, du restrictif et je ne vois pas en quoi un athée humaniste serait immoral parce qu’il se prosterne pas devant un Dieu quelconque.

     Nous devrions accrocher la morale à la réalité et non à la théologie. Le droit, ne doit pas descendre du ciel guidé par un dogme mais il, doit monter de la terre guidé par les hommes. »

    Et bien il faut arrête de tourner autour du Pot, la morale vient que cela vous plaisez où déplaisez à votre pensé cartésienne de la pratique Religieuse.

    Il suffit de se penché sur le creuset qui sont les lois Mosaïques pour comprendre d’où vient d’un coté la morale et de l’autre les lois.

    Petit rappel : 

    « Le texte de l’Exode 20, 2–17, est, selon la traduction de Louis Segond, le suivant :

    20.2 Je suis l’Éternel, ton Dieu, qui t’ai fait sortir du pays d’Égypte, de la maison de servitude. 20.3 Tu n’auras pas d’autres dieux devant ma face. 20.4 Tu ne te feras point d’image taillée, ni de représentation quelconque des choses qui sont en haut dans les cieux, qui sont en bas sur la terre, et qui sont dans les eaux plus bas que la terre. 20.5 Tu ne te prosterneras point devant elles, et tu ne les serviras point ; car moi, l’Éternel, ton Dieu, je suis un Dieu jaloux, qui punis l’iniquité des pères sur les enfants jusqu’à la troisième et la quatrième génération de ceux qui me haïssent 20.6 et qui fais miséricorde jusqu’en mille générations à ceux qui m’aiment et qui gardent mes commandements. 20.7 Tu n’invoqueras point le nom de l’Éternel, ton Dieu, en vain ; car l’Éternel ne laissera point impuni celui qui invoque son nom en vain. 20.8 Souviens-toi du jour du repos, pour le sanctifier. 20.9 Tu travailleras six jours, et tu feras tout ton ouvrage. 20.10 Mais le septième jour est le jour du repos de l’Éternel, ton Dieu : tu ne feras aucun ouvrage, ni toi, ni ton fils, ni ta fille, ni ton serviteur, ni ta servante, ni ton bétail, ni l’étranger qui est dans tes portes. 20.11 Car en six jours l’Éternel a fait les cieux, la terre et la mer, et tout ce qui y est contenu, et il s’est reposé le septième jour : C’est pourquoi l’Éternel a béni le jour du repos et l’a sanctifié. 20.12 Honore ton père et ta mère, afin que tes jours se prolongent dans le pays que l’Éternel, ton Dieu, te donne. 20.13 Tu ne tueras point. 20.14 Tu ne commettras point d’adultère. 20.15 Tu ne déroberas point. 20.16 Tu ne porteras point de faux témoignage contre ton prochain. 20.17 Tu ne convoiteras point la maison de ton prochain ; tu ne convoiteras point la femme de ton prochain, ni son serviteur, ni sa servante, ni son bœuf, ni son âne, ni aucune chose qui appartienne à ton prochain.

    Ainsi la version catéchistique adressée aux catéchumènes actuellement recommandée par le Vatican5 est la suivante :

    • Premier commandement : Un seul Dieu tu aimeras et adoreras parfaitement.
    • Deuxième commandement : Son saint nom tu respecteras, fuyant blasphème et faux serment.
    • Troisième commandement : Le jour du Seigneur garderas, en servant Dieu dévotement.
    • Quatrième commandement : Tes père et mère honoreras, tes supérieurs pareillement.
    • Cinquième commandement : Meurtre et scandale éviteras, haine et colère également.
    • Sixième commandement : La pureté observeras, en tes actes soigneusement.
    • Septième commandement : Le bien d’autrui tu ne prendras, ni retiendras injustement.
    • Huitième commandement : La médisance banniras et le mensonge également.
    • Neuvième commandement : En pensées, désirs veilleras à rester pur entièrement.
    • Dixième commandement : Bien d’autrui ne convoiteras pour l’avoir malhonnêtement.

    La version de la tradition juive aussi donnée par le Vatican5 est :

    • Premier commandement : Je suis le Seigneur ton Dieu Qui t’ai fait sortir du pays d’Égypte.
    • Deuxième commandement : Tu n’auras pas d’autre Dieu que moi.
    • Troisième commandement : Tu ne prononceras pas le nom de Dieu en vain.
    • Quatrième commandement : Souviens-toi du jour du sabbat.
    • Cinquième commandement : Honore ton père et ta mère.
    • Sixième commandement : Tu ne tueras point.
    • Septième commandement : Tu ne commettras pas d’adultère.
    • Huitième commandement : Tu ne voleras pas.
    • Neuvième commandement : Tu ne feras pas de faux témoignage.
    • Dixième commandement : Tu ne convoiteras ni la femme, ni la maison, ni rien de ce qui appartient à ton prochain. »

    http://fr.wikipedia.org/wiki/D%C3%A9calogue

    Pourrait être résumer dans cette citation lapidaire :

     « Ne fait pas aux autres ce que tu n’aimerais pas qu’on te fasse ... » 

    « Tout ce que vous voulez que les hommes fassent pour vous, faites-le vous-même pour eux, car c’est la loi et les prophètes. »
    (Nouveau Testament, Matthieu 7.12)

    "Ce que vous voulez que les hommes fassent pour vous, faites-le pour eux pareillement."
    (Nouveau Testament, Luc 6.31)

    http://atheisme.free.fr/Religion/Regle_or.htm


    Ce que retrouve dans la « DÉCLARATION DES DROITS DE L’HOMME ET DU CITOYEN DE 1789

     

    Les Représentants du Peuple Français, constitués en Assemblée nationale, considérant que l’ignorance, l’oubli ou le mépris des droits de l’homme sont les seules causes des malheurs publics et de la corruption des Gouvernements, ont résolu d’exposer, dans une Déclaration solennelle, les droits naturels, inaliénables et sacrés de l’homme, afin que cette Déclaration, constamment présente à tous les membres du corps social, leur rappelle sans cesse leurs droits et leurs devoirs ; afin que les actes du pouvoir législatif, et ceux du pouvoir exécutif pouvant être à chaque instant comparés avec le but de toute institution politique, en soient plus respectés ; afin que les réclamations des citoyens, fondées désormais sur des principes simples et incontestables, tournent toujours au maintien de la Constitution, et au bonheur de tous. En conséquence, l’Assemblée nationale reconnaît et déclare, en présence et sous les auspices de l’Être Suprême, les droits suivants de l’homme et du citoyen.

    Article premier

    Les hommes naissent et demeurent libres et égaux en droits. Les distinctions sociales ne peuvent être fondées que sur l’utilité commune.

    Article II

    Le but de toute association politique est la conservation des droits naturels et imprescriptibles de l’homme. Ces droits sont la liberté, la propriété, la sûreté et la résistance à l’oppression.

    Article III

    Le principe de toute Souveraineté réside essentiellement dans la Nation. Nul corps, nul individu ne peut exercer d’autorité qui n’en émane expressément.

    Article IV

    La liberté consiste à pouvoir faire tout ce qui ne nuit pas à autrui : ainsi l’exercice des droits naturels de chaque homme n’a de bornes que celles qui assurent aux autres Membres de la Société, la jouissance de ces mêmes droits. Ces bornes ne peuvent être déterminées que par la Loi.

    Article V

    La Loi n’a le droit de défendre que les actions nuisibles à la Société. Tout ce qui n’est pas défendu par la Loi ne peut être empêché, et nul ne peut être contraint à faire ce qu’elle n’ordonne pas.

    Article VI

    La Loi est l’expression de la volonté générale. Tous les Citoyens ont droit de concourir personnellement, ou par leurs Représentants, à sa formation. Elle doit être la même pour tous, soit qu’elle protège, soit qu’elle punisse. Tous les Citoyens étant égaux à ses yeux, sont également admissibles à toutes dignités, places et emplois publics, selon leur capacité, et sans autre distinction que celle de leurs vertus et de leurs talents.

    Article VII

    Nul homme ne peut être accusé, arrêté, ni détenu que dans les cas déterminés par la Loi, et selon les formes qu’elle a prescrites. Ceux qui sollicitent, expédient, exécutent ou font exécuter des ordres arbitraires, doivent être punis ; mais tout Citoyen appelé ou saisi en vertu de la Loi doit obéir à l’instant : il se rend coupable par la résistance.

    Article VIII

    La Loi ne doit établir que des peines strictement et évidemment nécessaires, et nul ne peut être puni qu’en vertu d’une Loi établie et promulguée antérieurement au délit, et légalement appliquée.

    Article IX

    Tout homme étant présumé innocent jusqu’à ce qu’il ait été déclaré coupable, s’il est jugé indispensable de l’arrêter, toute rigueur qui ne serait pas nécessaire pour s’assurer de sa personne, doit être sévèrement réprimée par la Loi.

    Article X

    Nul ne doit être inquiété pour ses opinions, même religieuses, pourvu que leur manifestation ne trouble pas l’ordre public établi par la Loi.

    Article XI

    La libre communication des pensées et des opinions est un des droits les plus précieux de l’Homme : tout Citoyen peut donc parler, écrire, imprimer librement, sauf à répondre de l’abus de cette liberté, dans les cas déterminés par la Loi.

    Article XII

    La garantie des droits de l’Homme et du Citoyen nécessite une force publique : cette force est donc instituée pour l’avantage de tous, et non pour l’utilité particulière de ceux auxquels elle est confiée.

    Article XIII

    Pour l’entretien de la force publique, et pour les dépenses d’administration, une contribution commune est indispensable. Elle doit être également répartie entre tous les Citoyens, en raison de leurs facultés.

    Article XIV

    Tous les Citoyens ont le droit de constater, par eux-mêmes ou par leurs Représentants, la nécessité de la contribution publique, de la consentir librement, d’en suivre l’emploi et d’en déterminer la quotité, l’assiette, le recouvrement et la durée.

    Article XV

    La Société a le droit de demander compte à tout Agent public de son administration.

    Article XVI

    Toute Société dans laquelle la garantie des Droits n’est pas assurée, ni la séparation des Pouvoirs déterminée, n’a point de Constitution.

    Article XVII

    La propriété étant un droit inviolable et sacré, nul ne peut en être privé, si ce n’est lorsque la nécessité publique, légalement constatée, l’exige évidemment, et sous la condition d’une juste et préalable indemnité. » 

    http://www.assemblee-nationale.fr/histoire/dudh/1789.asp


    Que l’on rejet l’attitude abusive des religions d’imposés aux autre leurs convictions est une chose, ne pas reconnaître que tous ce qui découle de la Morale et de l’Éthique en découle est bien une autre par Thomas d’Aquin qui est bien un de nos penseurs qui donna corps à la morale qui nous à éduquez jusqu’à pressent, et qui a toujours sa validité ;

    « Car c’est oublier trop vite, que cela a été formuler par de grand penseur en autre Thomas d’Aquin dans sa Somme théologique (question 84, Prima secundae) au XIIIe siècle. Il y mentionne que certains d’entre eux ne sont pas en eux-mêmes à proprement parler des péchés, mais plutôt des vices, c’est-à-dire des tendances à commettre certains péchés.

    • L’Orgueil (superbia en latin) : attribution à ses propres mérites de qualités ou de comportements qui sont des dons de Dieu (intelligence, vertus, etc.).
    • L’Avarice (avaritia en latin) : accumulation des richesses recherchées pour elles-mêmes.
    • L’Envie (invidia en latin) : la tristesse ressentie face à la possession par autrui d’un bien, et la volonté de se l’approprier par tout moyen et à tout prix (à ne pas confondre avec la Jalousie).
    • La Colère (ira en latin) : produit des excès en paroles ou en actes : insultes, violences, meurtre.
    • La Luxure (luxuria en latin) : plaisir sexuel recherché pour lui-même.
    • La Gourmandise (gula en latin) : ce n’est pas tant la gourmandise au sens moderne qui est blâmable que la gloutonnerie, cette dernière impliquant davantage l’idée de démesure et d’aveuglement que le mot gourmandise. Par ailleurs, on constate que dans d’autres langues ce péché n’est pas désigné par un mot signifiant « gourmandise » (gluttony en anglais, par exemple) 5.
    • La Paresse, anciennement l’acédie (acedia en latin). Le Catéchisme de l’Église catholique définit l’acédie, terme disparu du langage courant, comme « une forme de dépression due au relâchement de l’ascèse ». Il s’agit en effet de paresse morale. L’acédie, c’est un mal de l’âme qui s’exprime par l’ennui, l’éloignement de la prière, de la pénitence et de la lecture spirituelle. » 

    http://fr.wikipedia.org/wiki/P%C3%A9ch%C3%A9_capital

    Et si vous faite une étude historique du Droit pénal, vous ferait comme il plonge ses racines dans cette éthique et comment il est toujours d’actualité quand il s’agit d’être éducatif.



    • Gabriel Gabriel 29 mai 2013 16:59

      soi même,

      Merci de me rappeler les dix commandements ou les droits de l’homme mais je ne les ignorais pas. Ceci dit, que cela me plaise ou pas n’est pas la question ou le propos de mon article. Nous savons que la morale est issue en grande partie de la religion judéo chrétienne en ce qui nous concerne par contre, je ne sais pas si les orientaux s’en accommodent. La lourdeur de la morale chrétienne, vu que vous faites référence à Thomas d’Aquin est plutôt sectaire. Vous citez par exemple : La colère, mais elle est parfois nécessaire et salutaire contre les injustices. La luxure n’est pas immorale si cela concerne deux adultes consentants. L’envie, bien qu’étant un sentiment inutile et consommateur d’énergie pour soi même, ne gène en rien le voisin, la paresse définie comme éloignement de la prière, de la pénitence et de la lecture spirituelle, ne concerne que les croyants, etc… Vous voyez on pourrait débattre longtemps sur certains paragraphes concernant votre morale religieuse que, je répète, je respecte mais de grâce, ne l’imposez pas aux autres comme une vérité inéluctable et indéracinable. Cordialement


    • soi même 29 mai 2013 20:39

      Toute la différence est ce que l’on en fait, il est plus facile d’être moraliste qu’être morale.
       Quand à la somme de Tomas d’Aquin, c’est un bon rappel quand on à la prétention de faire de l’auto éducation, la seul différence ce que tu t’impose à soit même ne doit pas être imposé aux autres, car de se fait nous perdons tous le bénefice de ses vertus.
      Quand aux autres cultures et en particulier le Taoïsme où le Confusionnisme, si tu cela tant faisait partie de ta culture comme aussi l’islam, tu le trouverais bien aussi lourd que notre bonne morale.

      Car il ne s’agit pas d’avoir sa morale à son goût personnelle, mais bien acquérir une morale libre qui discerne ce qui est essentielle de l’accessoire en exerçants les vertus Platonicienne

      1. La prudence dispose la raison pratique à discerner en toute circonstance le véritable bien et à choisir les justes moyens de l’accomplir ;
      2. La tempérance assure la maîtrise de la volonté sur les instincts et maintient les désirs dans les limites de l’honnêteté, procurant l’équilibre dans l’usage des biens ;
      3. La force, c’est-à-dire le courage, permet dans les difficultés la fermeté et la constance dans la poursuite du bien, affermissant la résolution de résister aux tentations et de surmonter les obstacles dans la vie morale ;
      4. La justice consiste dans la constante et ferme volonté de donner moralement à chacun ce qui lui est universellement dû.

      par exemple.

      C’est certainement en tenant compte de cela que l’on peut comprendre la phrase de Pascal.

      La vraie morale se moque de la morale.

      PASCAL - Pensées - I, 4)

       


    • Gabriel Gabriel 30 mai 2013 07:59

      @soi même

      Je faisais bien référence à une morale universaliste et non à une morale favorisant telle ou telle dogme, philosophie ou morale personnelle.


    • soi même 30 mai 2013 12:16

      @ Gabriel, la morale que j’ai es en rapport avec ma conception du monde, d’une part elle viens de mes parent, du milieux où j’ai vécus du village où j’ai vécus de l’instruction publique et de ma relation au monde.
      Cela fait la somme de la morale qui c’est forger au contact de la vie, par des expériences qui peuvent se résumé ainsi : au départ c’est une morale d’initiation, j’ai copié ce que mes parent était comme résultat, étape suivante cela a été une morale de moralisme scolaire et d’éducation religieuse tout en prenant conscience par les expériences la limite de ma moralité et pour finir au contact des autres de découvrir que la morale personnel est ce qui y a de plus suggestive ; Il y a la morale du groupe, du clan, professionnel qui est toujours en définitif une morale suggestive, cela indique juste que l’on se plie à certaine conventions et suivant les circonstances être oublieux de certains principes. Et puis suite aux petites expériences qui nous forge notre caractère, il se peut que nous vivions soudainement un malaise du résultat que l’on est, oui une honte, des actes que nous nous sommes vue faire où d’autres que soit nous ont fait remarqué nos manquements par des attitudes divers de désapprobations.. Et si cette honte est suffisamment forte peut tout simplement mener à une auto éducation de soi et c’est sans doute là que l’on apprend à devenir véritablement morale et souvent aussi que l’on rencontre la plus grande difficulté, car dans ce cheminement il nous est amener que l’on aime par dessus tous, nos travers et nos défauts et si la tendance est pas ce voir où dans trouver des excuses, on passe sont temps à incendier les autres de leurs erreurs à lors que l’on tellement de travail en ce qui nous concerne.

      Il convient que l’on ne peut être moral si soit même on ne prend pas en compte ce que la civilisation à forgé comme concept, car à ce moment là que veux dire si l’on s’autorire de voler où de mentir par rapport à l’exigence d’être morale ?

       
         


    • Gabriel Gabriel 30 mai 2013 13:28

      @soi même,

      Nous sommes d’accord sur le principal et la morale que vous vous êtes forgée est respectable mais reste néanmoins une morale individuelle qui vous est propre et ne pourra pas forcement s’appliquer à une personne ayant un autre vécu, une autre culture voir, une autre croyance. C’est pour cela que ma recherche s’orientait sur une « morale » plus universelle dans le respect de la nature et d’autrui. Merci de vos échanges.


    • soi même 30 mai 2013 14:24

      @ Gabriel, et pourtant si, car par exemple volé, connaissez vous en dehors de société primitive qui non eu que tardivement le contact avec notre civilisation qui ne soit l’objet d’un châtiment où d’un désapprobation morale, et bien c’est comme la sagesse elle est le propre de l’homme dans sa diversité de son expression, et pourtant elle se base toujours sur les mêmes fondamentaux, il en est de même avec la morale, il y a des fondamentaux que retrouve dans toute les cultures, c’est juste des nuances qui fait la différence.

      Une morale est avant tous le fruit que les hommes était religieux, < Religare - Religere signifiant « relire » et religare signifiant « relier ». Il est donc logique qui en découler une morale, lisser la Bhagavad-Gītā si vous êtes pas convaincus de ce que je dis, vous verrez comment ce monumental récit, et pleins d’enseignement sur le sujet, et il y a d’autres l’ Avesta par exemple sans parlé de la Bible où des textes Babyloniens.

      Une morale ne peut pas se crée sur du vent, elle est bien issue d’un expérience humaine qui nous est transmise et de l’autre ce qu’en fait notre conscience ?
      Il y a préjuger tenace à démasque de pensé que l’on peut devenir moral par sa auto illusion de soi même, il faut bien qu’il est des concepts qui nous indiques de quoi il retourne.
       Car dans ce cas, la morale du voyou est dans ces conditions, toute a fait licite, il ont aussi un code de l’honneur, qu’elle c’est cela qui doit prendre place car on n’accepte plus de se soumettre librement à une auto discipline ?


    • Gabriel Gabriel 30 mai 2013 14:49

      Soi même, pour achever cet enrichissant dialogue, bien que nous soyons en désaccord sur la forme, nous le serons très peu sur le fond. Je pense qu’il n’y a nul besoin d’une religion pour créer une morale (Je préfère le terme de contrat social). Cela peut se construire sur le vécu (l’histoire) et le présent. Une seule loi englobant tout le reste : « Agit avec les autres comme tu aimerais qu’ils agissent avec toi ». Il me semble d’ailleurs, qu’un prophète nommé Jésus, sauf erreur de ma part, prêchait ce concept.


    • soi même 1er juin 2013 03:18

      @ Gabriel, c’est vrait il y a pas besoin d’une religion, il suffit d’être religieux bien sur dans le sens laïque du terme, religarer.


    • philouie 29 mai 2013 19:40

      le désir et la castration du désir.

      c’est à dire le renoncement à la toute puissance qui ouvre la porte à la reconnaissance de l’altérité.


    • Gabriel Gabriel 30 mai 2013 08:00

      Bonjour Achéron,

      L’humour est toujours le bienvenu. La morale ne doit pas, par ses rigidités, être opposée au désir si celui-ci est sain et sans conséquences négatives pour autrui.


    • Gabriel Gabriel 30 mai 2013 08:01

      @philouie

      La différence de l’autre dans sa reconnaissance culturelle est prise en compte dans une morale humaniste donc universelle qui ne combat pas le désir mais l’encourage si il n’est point négatif pour autrui. 


  • Morpheus Morpheus 29 mai 2013 19:34

    La vraie morale se moque de la morale.

    PASCAL - Pensées - I, 4)


  • philouie 29 mai 2013 20:52

     Agit avec les autres comme tu aimerais qu’ils agissent avec toi

    Belle morale qui se pare de vertus mais cache un vice de fond : celui de favoriser la corruption, puisque pourquoi crier haro lorsqu’un pioche dans le pot alors que je voudrais qu’il se taise quand c’est moi qui le fait.


    • Morpheus Morpheus 29 mai 2013 21:11

      Une autre manière de le dire, c’est le principe du donnant-donnant : tu me fais du bien, je te fais du bien, tu me fais du mal, je te fais du mal.


    • philouie 29 mai 2013 21:19

      morale égoÏste donc,

      c’est à dire pour laquelle le moi est l’alpha et l’oméga.


    • Morpheus Morpheus 29 mai 2013 22:51

      Dans la théorie des jeux, la stratégie du « donnant-donnant avec réciprocité » est la stratégie la plus efficace, la plus stable et la plus équilibrée.

      Rien d’égoïste là-dedans. Juste du bon sens et un principe qui incite à être mutuellement bienveillant plutôt que malveillant, tout en se respectant soi-même, le respect de soi étant la base des bonnes relations.


    • Gabriel Gabriel 30 mai 2013 08:03

      @philouie

      Là, j’ai bien peur que vous en détourniez un peu le sens...


    • Gabriel Gabriel 30 mai 2013 08:13

      @Morpheus

      Une autre manière de le dire, c’est le principe du donnant-donnant : tu me fais du bien, je te fais du bien, tu me fais du mal, je te fais du mal.

      Ce n’est plus une morale mais la loi du talion appliqué à tous les actes… Il me semble que vous sortez la phrase de son concept moraliste en y incluant la notion d’action négative. « Agit avec les autres comme tu aimerais qu’ils agissent avec toi ». Si vous appliquez cela, je ne pense pas que vous aimeriez que quelqu’un vous fasse du mal donc pourquoi lui en feriez vous ?


    • Morpheus Morpheus 30 mai 2013 11:29

      @ Gabriel

      La loi du Talion c’est « Œil pour œil, dent pour dent ». C’est une loi, pas un principe moral, et c’est une loi qui s’applique dans le cadre d’un jugement qui concerne une agression.

      Le principe du donnant-donnant n’est pas une loi, mais une des stratégies développée dans la théorie des jeux (qui étudie tout de même des stratégies relationnelles de groupe, donc à vocation sociologique). La théorie des jeux est un dérivé du « jeu du prisonnier ».

      Vous n’aurez pas difficile de comprendre qu’une stratégie de « donnant-donnant avec réciprocité » incite à être mutuellement bienveillant, ce qui est nécessairement mutuellement avantageux : cela incite à l’entraide mutuelle, à l’échange profitable aux deux partis, à la solidarité et le cas échéant, au partage. L’aspect « tu me fais du mal, je te fais du mal » n’y est pas prépondérant, mais il incite ceux qui ont des stratégies agressives à y regarder à deux fois, parce que l’on est près à se défendre contre un agresseur. Cela fait partie du respect de soi autant que du respect des besoins naturels, besoins de base : se protéger contre les agressions. Cela n’a que très peu à voir avec la loi du Talion.

      Cordialement,
      Morpheus


    • Gabriel Gabriel 30 mai 2013 11:40

      Morpheus

      Evoquer et mettre en place un système de défense proportionnel à l’agression subit, pourquoi pas, cela semble naturel et, comme vous le spécifiez, fera réfléchir les éventuels agresseurs avant de commettre leurs mauvaises actions. Mais cela, et vous en conviendrez, n’a rien à voir avec une morale mais concerne plutôt un principe protecteur pour l’individu encadré par une loi. Pour le reste, nous sommes d’accord, nous l’exprimons juste différemment. Encore merci de votre participation. 


    • Morpheus Morpheus 30 mai 2013 12:46

      @ Gabriel

      Il est vrai que je suis plus pragmatique que moraliste, et donc je favorise une stratégie qui vise à harmoniser les rapports humains. Je ne considère pas que la bienveillance ou la malveillance sont des données innées, mais des réactions d’adaptation à un environnement socioculturel.

      Dans un contexte malveillant, les humains auront tendance à développer des attitudes malveillantes (ils s’adaptent), et dans un environnement bienveillant, ils développeront des attitudes bienveillantes. J’observe à travers l’histoire humaine que ni les lois, ni les interdits, ni les morales (car il n’y a jamais eut UNE morale, elle change au gré des âges et de l’évolution des mœurs) n’ont été des mesures pertinentes pour réellement harmoniser les rapports humains (ça ne fonctionne pas, notamment parce qu’il suffit d’émettre un interdit quelconque pour aussitôt susciter une envie de transgression).

      Je cherche donc les moyens permettant d’aboutir à un contexte socioculturel qui favorise la bienveillance plutôt que la malveillance, et cela en tenant compte du facteur « adaptation » (principe darwinien) de l’être humain. Et ce principe issu de la théorie des jeux me semble opportun et pertinent, puisqu’il semble fonctionner.

      Que cela soit moral ou non m’importe peu au final, pourvu que cela fonctionne, mais il me semble pourtant, en lisant la définition du mot « moral, ale, aux » dans le dictionnaire (Qui concerne les mœurs, les règles de conduite admises et pratiquées dans une société ; Théorie de l’action humaine ayant pour but le bien commun ; Ensemble de règles de conduite considérées comme bonnes), que le principe du « donnant-donnant » peu être un principe d’ordre moral au même titre que d’autres.

      Cordialement,
      Morpheus


    • Gabriel Gabriel 30 mai 2013 13:46


      Morpheus, le pragmatisme reste une base saine pour l’analyse des faits et la mise en place de solution. Le terme « Morale » est quelque peu galvaudé je vous l’accord et je lui préfère de loin celui de contrat social entre les êtres mais, dans les têtes et les coeurs il est encore très explicite et sert de repère à plusieurs groupes de pensées différentes qui en forgent le contenu d’après leurs dogmes. Cordialement


  • COLRE COLRE 30 mai 2013 13:58

    Énorme sujet Gabriel, courageux de vous y être lancé, mais je le pense insoluble. 

    • Premier problème. Les valeurs universelles existent-elles ? Or, leur recherche est biaisée par le conflit géo-politique. Les relativistes vous traiteront de « droits-de-l’hommiste », terrible formule, non ?

    Personnellement, je pense que ces valeurs universelles existent. Cet avis est fondé -ce n’est pas qu’une opinion- par un recours à la biologie, aux sciences cognitives, à l’éthologie animale (et notamment primatologique), aux constantes comportementales, au comparatisme ethnologique, aux récurrences des principes religieux… Et à la sortie : on a un petit lot de principes communs, partagés par bien des peuples. 

    • Deuxième problème. Même d’accord sur un socle commun de valeurs morales, comment les appliquer ? je me demande si ce n’est pas le plus difficile… Il faut en effet de la souplesse, du pragmatisme, de l’ouverture… en un mot : de l’intelligence pour adapter la synergie des contraires et laisser de la liberté dans le formatage… 

    Et là… smiley

    Et puis tant de choses à évoquer encore…



    • Gabriel Gabriel 30 mai 2013 15:00

      Bonjour COLRE et merci de cette intrusion intéressante dans le débat. Evidement tout cela est utopique, surtout sa mise en application une fois celle-ci définie. Prenons l’exemple de la constitution des droits de l’homme et du citoyen de 1789 dans sa forme la plus épurée, même ça, est chaque jour bafoué par les élites sensés la faire respecter alors, vous avez raison je suis dans le rêve mais cela n’empêche pas d’y réfléchir et plus la connaissance progressera et plus l’homme sans approchera. Suis je trop optimiste et avons nous seulement le choix ? 


    • COLRE COLRE 30 mai 2013 15:32

      Non vous n’êtes pas trop optimiste mais il faut avoir le cuir épais et suffisamment foi en ses valeurs du « vivre ensemble », pour accepter de subir les insultes des imbéciles et des cyniques, se faire railler et traiter de bisounours, de naïf, d’angélisme, d’utopisme niais… etc.

      On va vous redire un million de fois que l’homme est un loup pour l’homme, que l’égoïsme est le lot commun, que le prédateur est la norme et que la masse est moutonnière et doit obéir, que l’homme puissant est fait pour dominer les faibles, les femmes, les malades, les indigents, etc etc etc… que c’est comme ça. 

      C’est que Dieu commande, et on ne discute pas ses ordres, ses lois et sa parole, non mais !
      C’est comme ça… smiley


  • Philippe VERGNES 30 mai 2013 14:23

    Bonjour Gabriel,

    J’ai beaucoup aimé votre article et sa présentation qui touchent un sujet que j’aborde au travers d’un type de personnalité dont la particularité est justement d’être dénué de toute conscience morale et de transgresser perpétuellement ce principe de bon sens et du bien vivre ensemble. Véritable fléau de société la morale se perd. Nous nous en rendons compte de plus en plus de nos jours sans toutefois pouvoir en connaître les racines profondes.

    J’y reviendrais probablement dans d’autres articles, mais en attendant et pour étayer vos écrits, je vous conseille la lecture de ce lien qui recense l’énonciation de la règle d’or à travers le monde et les différentes religions.

    Cet article extrêmement instructif pourrait répondre à beaucoup de vos interrogations.

    Bonne journée


    • COLRE COLRE 30 mai 2013 14:34

      Bonjour Philippe,

      Merci pour votre référence qui offre un bon résumé des occurrences.

      De mon point de vue, la règle d’or est une autre façon de considérer l’empathie (base biologique). Se mettre à la place de l’Autre, ressentir et vivre ce qu’il vit comme s’il le vivait lui-même. 

      J’y vois un lien conceptuel avec une autre manifestation universelle : le fameux don / contre-don de Mauss qui est en fait une séquence ternaire : donner, recevoir, rendre.


    • Gabriel Gabriel 30 mai 2013 15:03

      Bonjour Philippe et merci pour ce lien. excellente journée à vous.


    • Philippe VERGNES 30 mai 2013 15:07

      Bonjour COLRE,

      Pour moi, l’empathie est au cœur de toutes mes théories, mais j’ai encore pas mal de boulot avant de m’attaquer à une présentation de ce « sentiment » humain (de ce « super » sentiment devrais-je dire à l’image d’un « sixième » sens centralisateur).

      Si les yeux sont le miroir de l’âme, l’empathie en est son décodeur.

      Sans empathie, pas de conscience morale, pas de respect d’autrui, pas d’humanisation et pas de contrat social = déchéance. Je crois que la période que nous vivons actuellement offre un très bel exemple de ce qu’il ne faut pas faire.


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