mardi 12 janvier - par velosolex

L’autre Rimbaud. D’un frère à l’autre !

 

Arthur et son frère Frédéric aimaient à manœuvrer une petite barque attachée au bord de la Meuse, pas très loin du Vieux Moulin, et s'amusaient à la secouer en lui imprimant un mouvement de tangage, avant de s'absorber dans la contemplation du flot en train de s'aplanir. Est-ce là l’origine du « Bateau ivre », ce chef d’œuvre qu’Arthur écrivit à 16 ans  ?

      Si la poésie demeure, le frère a vite disparu de la mémoire. « Alors qu’on croyait tout savoir de la famille Rimbaud, il restait donc ce secret » nous dit on, en quatrième de couverture. La célèbre photo de Rimbaud enfant, a en fait été amputée de la présence de son frère Frédéric, plus âgé que lui d'un an. Est-ce que le fait de signer ses lettres en affirmant sa position sociale, qu'on jugera Frédéric encore plus méprisable ? «  Frédéric Rimbaud, conducteur d’omnibus à Artigny  » 

         De cette fatwa mémorielle, et ses causes, David Le Bailly a écrit un livre attachant : L'Autre Rimbaud. Le sujet était difficile, bien peu documenté, et le ton juste était certainement difficile à trouver.

       Pierre Michon, l'auteur des "vies minuscules" lors d'un passage sur France culture avait évoqué le sujet "Frédéric". Il avait eu l'idée de le traiter, puis y avait renoncé. David Le Bailly qui écoutait l’émission a pris la balle au bond.

        Cela se lit comme une travail journalistique, avec des questions qui resteront suspendues, comme tout ce qui touche à la famille Rimbaud. Il était difficile de faire un travail d’enquête complet tant d'années après les faits. Les interrogations qui subsistent ne gâchent pas le livre, bien au contraire, et aboutissent à une ambiance rappelant le monde de Patrick Modiano. Mais l'histoire redonne de l'humanité et de la consistance à cet homme repoussé sciemment dans l'ombre.

         Hors de l'histoire singulière des Rimbaud, le récit nous interroge sur le thème de la systémie familiale, et des souffrances qui y sont liées. C’est malheureusement assez banal, ces détestations familiales, qui prennent encore plus d'ampleur quand arrive la succession. Et chacun en feuilletant l’album photo de ses aïeux, pourra apporter ses propres échos.

       « Toi le frère que je n’ai jamais eu, sais tu ce que nous aurions fait ensemble ? » Avait chanté ainsi Maxime Le Forestier.

       L’émission de TV « Faites entrer l’accusé » nous a familiarisé avec les surprises en chaîne qui entourent les affaires célèbres, relevant les structures familiales souvent défaillantes. Mais il y a tant de crimes sans cadavres, de barrages contre le pacifique, d’enfants sacrifiés sans même que le sang ne coule ! L’auteur a été un fils unique, et le livre est aussi pour lui l’occasion de parler des fantasmes liés dans son enfance à cette absence de frère, qui a été pour lui une douleur, autour de l’objet manquant.. 

       Dernier secret de Rimbaud  ? L’histoire de la relégation de Frédéric, en fait, n’a pas été du ressort d’Arthur. Il est mort quand les choses les plus cruelles vont se jouer, autour de la succession de son œuvre. On peut douter aussi que cette histoire révélée, referme le couvercle des questionnements liés à sa trajectoire incandescente. Le questionnement est inhérent à l’œuvre du poète, et le reste de sa vie reste tout autant chargée en interrogations, qui renforce le mythe. 

        La voie qu’à choisi l’auteur est néanmoins originale, une première en ascension de la montagne Rimbaldienne. Il était intéressant de décentrer Rimbaud, pour mieux l’atteindre par les marges. Et comment ne pas être en sympathie avec ce frère attachant, dont le grand tort est d’avoir été piégé au jeu des comparaisons maternelles, préférant son benjamin, ce génie littéraire, qui malgré toutes ces fugues, ces incartades et ses outrages aux mœurs, restera le préféré ?

        Depuis 140 ans, de nombreux écrivains et biographes se sont lancés à la poursuite d’Arthur, mais ils ont ignoré l’enfance, sujet pourtant récurrent dans sa poésie fiévreuse. Sa courte vie comporte au moins autant d’étapes que le chemin de croix de Jésus sur le mont Golgotha : Paris, la commune, Londres, les amours avec Verlaine. Engagé dans les troupes Hollandaises, déserteur à Java, interprète dans un cirque Allemand, chef de chantier à Chypre, trafiquant d’armes en Éthiopie, négociant de comptoir africain, explorateur, cartographe, photographe…

        Il n'y a guère que Jacques Dutronc, dans sa chanson "Je suis un aventurier" pour inventer un héros présentant un tel inventaire à la Prévert de ses voyages : J'en ai vraiment vraiment beaucoup bavé.. Maintenant c'est terminé !"

        Une œuvre bouclée à 19 ans, en même temps que ses valises..L'homme pressé n'écrira plus que des notes de voyage, et des lettres, comme celle ci, qu'il envoie à sa famille, après avoir passé le col du saint Gothard. La qualité de l'écriture reste la même....On est loin des tweets consternants que nos contemporains envoient en série à leurs « followers » ornés de leur bobine en selfie.

       

        Extrait : "Au matin, après le pain-fromage-goutte, raffermis par cette hospitalité gratuite qu'on peut prolonger, aussi longtemps que la tempête le permet, on sort. Ce matin, au soleil, la montagne est merveilleuse. Plus de vent, toute descente, par les traverses, avec des sauts, des dégringolades kilométriques, qui vous font arriver à Airolo. L'autre coté du tunnel, où la route reprend le caractère alpestre, circulaire, et engorgé, mais descendant. C'est le Tessin... 

 https://bit.ly/3nDvsmJ

        La grande curiosité, l'exaltation, L'effort, l'épreuve attendue et dépassée, et autant ce rythme du marcheur passant le sommet du col, et basculant enfin de l'autre coté pour descendre vers la vallée. C'est comme un rêve Rimbaldien, passé aux travaux pratiques... : . "Je ne resterai pas en France. J'ai des fièvres. Il me faut le climat chaud du levant, à la recherche des pays de lumière, d'azur et de parfums, pour citer Théophile Gauthier" Avait-il écrit à son ami Delahaye..

        Frédéric a-t-il eu envie de mettre les bouts en lisant les lettres oblitérées de timbres étranges, qui tombaient avec une belle régularité  ? Elles sont vivement attendues par la famille.

     La mère, Vitalie, les lit bien sûr en premier. Isabelle la fille, ne peut sans doute pas s’empêcher de regarder par dessus son épaule... Les deux bigotes doivent ciller un peu quand Arthur égratigne le clergé, à moins qu'elle ne rient, pleines d'indulgence : " La nuit on entend les hôtes exhaler en cantiques sacrés, leur plaisir de voler un peu plus les gouvernements qui subventionnent leur cahute..."

        Elles pardonneront toujours tout au fils prodigue, comme elle l'ont fait avec l'homosexualité avec Verlaine. Mais Frédéric, qui travaille à la ferme, garde la marque de l'opprobre, le sceau du damné. Mais pourtant plus tard, on ne parlera que du poète maudit...

       Il est intéressant de revenir dans la scène originelle : C'est dans les rues de Charleville, que les deux frères inséparables, vécurent leur première expérience de liberté, habillés tous deux pareillement, au point de les confondre. Mais ils étaient deux. Bien des amateurs de Rimbaud comme moi ont du prendre connaissance de l’information, mais ont occulté son signifiant. Le sort lamentable de Frédéric a ému pourtant plus d’un passionné de l’œuvre. Ainsi « Julien » un internaute, écrivant en 2009 ce billet depuis « overblog » au sujet de l’enterrement du poète, et intitulé, « Tant de choses se passent sur la tombe de Rimbaud » https://bit.ly/35nzmtm

       Extrait : « Il ne sera publié aucun faire-part dans le journal local ; Vitalie veut que les obsèques se déroulent dans la plus stricte intimité. Même le frère aîné d’Arthur, Frédéric, n’est pas convié à ce triste événement. »

        Frédéric, le fils, ne fait donc pas partie du cercle de famille. On lit bien son nom dans la biographie du poète, mais il semble apparaître sur le point aveugle de la rétine, pour ainsi dire nul de toute signification ou d’intérêt. Avons nous été complices de cette disparition, et de ce qu’elle signifie, en terme d’aveuglement, nous laissant guider par des faussaires ? La lumière Rimbaldienne est si dense qu’on néglige de regarder sur les cotés. Rimbaud est autrement plus attentif à noter les détails quand il traverse le Saint Gothard. "Une montagne peut avoir des pics, mais un pic n''est pas la montagne !"

       Dans « La disparition  » George Perec fait disparaître une lettre aussi fondamentale que la voyelle E de son ouvrage, sans que beaucoup de lecteurs s’en aperçoivent. S’il est possible de faire disparaître de telles traces, alors ne sommes nous pas prêts à toutes les manipulations ? Où est la vérité ?

       Ne vous imaginez pas tout de même que c’est ce Frédéric qui aurait composé la moitié des poésies, là haut dans le grenier de la maison où ils se réfugiaient, rêvant dans un rayon de lumière tombant du vasistas.

       Les poésies auraient été une œuvre réalisée à quatre mains….. Frédéric aurait écrit d’abord « Sensation », et donné à Arthur ce voleur de feu et foutu provocateur, l’idée de prolonger ce récit par ceux d’autres tombés de sa main.…. Celui ci aurait tout signé sous son nom, en disant à Frédéric que cela passerait mieux ainsi, car il connaissait des vrais poètes, avec lesquels il buvait des coups, et qui adouberaient ces textes. Ils avaient fait serment « croix de bois, croix de fer » de ne rien dire à la mother, et ricanaient de la supercherie !

       Ce n’est qu’une rêverie, comme le reste de mes propos. Une illusion. Chacun est libre de choisir son bateau ivre, de se faire shaman, et de tirer les rallonges qu’il veut. Le sujet Rimbaud est propre à cela. La même boite à lettres qu'on trouve à Charleville, ou chacun peut adresser une bafouille, au poète d'outre tombe. https://bit.ly/2Ledwlt

       Les deux frères, qu’une seule année séparait n’avaient pas encore viré de bord, abandonnant leurs études avant le baccalauréat.

       Frédéric n’est pas très bon élève. Qui le serait en comparaison d’’Arthur, raflant tous les prix ? Mais il ira tout de même jusqu’en seconde, avant de mettre les bouts lui aussi. La première fugue, c’est Frédéric qui la fera, rejoignant le corps d’armée Française à Sedan..

       La seule rébellion contre madame Rimbaud, née Cuif, ce moloch antique, distribuant les rôles, c’est encore Frédéric qui s’y risquera. Au bout d’un combat homérique, il finira par obtenir de la justice la permission de se marier, à 33 ans, malgré l’opposition farouche et pathétique de sa mère. Un jugement qui rentrera dans les annales et fera jurisprudence. Si Arthur a apporté sa pierre à la poésie, il était dit que son frère insérerait la sienne dans la justice !

       Il semble pour les deux frères embarqués dans la même galère, que le bateau ivre se soit divisé en deux, au moment de l’adolescence. C’est le moment des quarantièmes rugissants d’Arthur. Son adolescence est furieuse. Promis aux plus grands espoirs, la bête de concours et de version latine brûle les ponts derrière lui.

       A Charleville, on dit qu’il a de mauvaises fréquentations, et qu’il tourne mal. Il boit plus que de raison, se fout de la raison, et veut se faire voyant ! Cela passe par le dérèglement des sens. Voilà sa théorie fumeuse, très rock and roll, sur fond d’absinthe, la fée verte, qu’il nomme « absomphe » !

        Il est absolument moderne ! On l’imagine en jean, en blouson noir, écoutant la musique des Doors, ou « Mister tambourine man » de Bob Dylan. Ses semelles de vent ont volé plus vite que la vitesse de la lumière. Il sait jouer des mots et croit naïvement qu’ils peuvent transformer la vie.

         Pattie Smith est la dernière à s’être reconnu en lui. Elle a acheté la maison de « Roche » et a brûlé de l’encens sur la tombe du poète, à Charleville. Tous les ados du coin, habillés en gothique, franchissent quand la nuit tombe, le mur du cimetière, pour confier leurs secrets à Arthur. Ils veulent une confrontation directe avec le poète, qui reçoit tous les jours un courrier d'enfer !. Savent-ils que la « mother » Cuif, placée dans le même caveau familial les écoute ?

        Sous le marbre, elle continue à tenir son fils à l’œil, et je ne serais pas surpris qu’elle vienne hanter de temps en temps la maison de Roche ! J’espère pour sa santé mentale que Pattie Smith a les nerfs solides si d’aventure elle veut dormir là bas !

    

   A 17 ans Rimbaud a fugué de la maison familiale pour rejoindre Paris, et tous ces poètes du « Parnasse contemporain », qui l’attirent comme une mouche dans un verre de lampe. Il a tant rêvé à cette rencontre. Ça se passera pas bien du tout, sauf avec Verlaine qu’il dévoya, en dépit de son jeune âge. Tous deux partiront à Londres et Bruxelles pour de nouveaux scandales. 

 

 Bientôt, lui dont Victor Hugo dira que c’était l’incarnation de « Shakespeare enfant » raisonnera de l’affreux rire de l’idiot. Plus tard on dira que ces provocations Parisiennes étaient dadaïstes. Mais à l’époque il passe simplement pour un sale petit con, un vrai voyou, en proie à tous les dérèglements moraux. Simplement, il est trop pressé et impatient, méprisant ceux qu’ils jugent dépassés et sans génie aucun ; des besogneux du verbe, enfilant leur rimes comme des perles sur un fil.

Publicité

      

 

       Ils ont souvent dix ans de plus que lui. Ils sont morts et ils ne le savent pas ! Il a tout l’air de se demander ce qu’il fout au centre de ces notaires, sur ce tableau célèbre peint par Fantin-Latour ! On le voit assis à coté de Verlaine. Une composition de fleurs a été mis en place pour palier à l’absence d’un des poètes qu’il a agressé.

         S’il vise alors la révélation, en mettant le réel sur l’établi, et en le cassant à grands coups de marteaux, beaucoup ne verront simplement qu’un dérèglement moral ! Arthur ne serait-il qu’un sale petit con, un enfant gâté, un mufle, voire un type dangereux ? Est-ce l’effet conjugué de l’adolescence, de l’absinthe, qui explliquent tous ces pétages de plombs qui le mettront à l’index ?

       Si l’homosexualité semble maintenant banalisée, et même représenter un plus au niveau de la modernité et de l’affirmation du genre, au point d’apporter un argument supplémentaire au niveau d’un projet de panthéonisation burlesque, ce n’était absolument pas le cas à l’époque.

      « Ils ont enrichi par leur génie notre patrimoine. Ils sont aussi deux symboles de la diversité. Ils durent endurer l’homophobie de leur époque. Ils sont les Oscar Wilde français.  » Ainsi commence cette pétition burlesque et outrancière. Décidément, avec le temps, les scandales sont comme les rides, et se déplacent. https://bit.ly/3q1nAgg

       Qu’à pu penser de lui son frère Frédéric qui est venu le voir à Paris, à l’époque ? Lui a-t-il fait quelques reproches, ou l’a-t-il mis en garde…. Ce sale gosse aux mœurs psychopathiques avait réussi le miracle de se mettre même ses logeurs à dos, jetant la vaisselle par la fenêtre puis vendant les meubles à la brocante !

       Ce qui est sûr c’est que Frédéric qui ira bien plus tard rentre visite à Verlaine, connaît tout des mœurs scandaleuses de son frère. Il sera vu comme un danger par la sœur, cette gardienne du tombeau, ayant choisi de transformer le poète maudit en saint repentant. Frédéric, n’apparait-il pas le témoin de trop, trop bavard avec les copains quand il se met à boire. Ce qui arrive un peu trop souvent !

       Le cher professeur Izambart, https://bit.ly/35qvhET son soutien de Charleville, à qui Arthur écrira « je m’encrapule le plus possible  ! » finira par prendre ses distances envers l'enfant génial, mais insupportable !. Un directeur d’école l’avait déjà jugé comme susceptible d’aller vers le meilleur, ou le pire. Qu’importe ! Comme Jack Kerouac, l’auteur de « sur la route » le fera un siècle plus tard, avec la même régularité d’horloge, Arthur rentrera chez maman dès que les circonstances se gâtent, ou que son paletot idéal devient trop misérable. Mais l'arrêt de la littérature, à pas 20 ans, semble le faire tout à coup grandir. Il bascule de l'autre côté du col, et descend alors vers l'Afrique. 

      En Abyssinie, bien des années plus tard, « La mother » informe par ses lettres Arthur, des dernières lubies de son frère . « Voilà que Frédéric veut se marier ! N’est-ce pas scandaleux ? » Elle lui confie son exaspération. .

      Les kilomètres ont dû opérer une grande distanciation. Les degrés celsius aussi. Tout cela est si loin. Il n'a aucune envie de s'opposer à sa mère, toujours si indulgente et prodigue avec lui ! Elle lui a envoyé un coûteux appareil photo, extrêmement rare à l’époque, et répond à ces demandes incessantes d’ouvrages techniques en tous genres. Il a mille autres intérêts que ce frère resté ataviquement accroché au pays. Sa réponse ne nous étonnera pas. Elle en dit plus sur lui même que sur son frère !

      « Je crois qu’il ne faut pas encourager Frédéric à venir à Roche, s’il a un tant soit peu de travail ailleurs. Il s’ennuierait vite, et on ne peut pas compter qu’il y resterait. Quant à l’idée de se marier, quand on n’a pas le sou, ni la perspective ni le pouvoir d’en gagner, n’est-ce pas une idée misérable ? »

       Peu à peu, une image projective du frère indésirable se détache, un peu flou, et en cela intéressante, Rimbaldienne. Comme ces clichés surexposés, ou mal développés, qu’Arthur fera lui aussi à Aden, arrivant même en ce domaine à laisser le spectateur incrédule et hésitant devant ce qu’il a sous les yeux. Mais comment saisir l'homme en mouvement, refusant de poser. Un jour il rêve de rentrer au pays, de se marier et d'avoir un fils ingénieur ; un autre il ne pense qu'à voyager de nouveau, s'étourdir de tant de toutes les beautés du monde. On dirait que Blaise Cendrars, cet autre grand poète, s'est étourdi de l'esprit de Rimbaud, quand il écrira plus tard ce poème manifeste "Tu es plus belle que le ciel et la mer", et qui commence par ce mantra récurrent à la vie d'Arthur : "Quand tu aimes, il faut partir !" https://bit.ly/3nxnrQ2

        Il faut beaucoup de talent pour ressusciter un homme disparu, tout autant que les témoins qui l’ont connu. Et d’imagination aussi. Sinon, on risque de le tuer une seconde fois. Et en cela je parle pour chacun des deux frères, chacun libre et maudit à sa manière. L’œuvre d’art, autant dire le cœur de l’humanité, est dans ce clair obscur, bien mieux que dans les essais trop bien étayés, sûrs de leur fait.

       Il semble bien qu’un mépris de classe ait facilité la marginalisation et l’ostracisme de Frédéric, auprès des grands écrivains ayant des préjugés sociaux ! Mais était-il vraiment un imbécile, craint déjà par sa mère, dont les emportements et les décisions jugées déraisonnables le marginalisèrent ?

       Assurément non ! Ses lettres montrent sa lucidité et sa très bonne maîtrise du Français. Son combat judiciaire contre l'autorité de la mère, afin de choisir sa vie et pouvoir se marier avec la compagne qu'il s'est choisie, sont là pour attester d'une bonne qualité d'esprit. Son exclusion de la sphère familiale sera affirmée davantage encore après la mort d’Arthur, et la captation de l’héritage littéraire, par sa sœur et le beau frère matois. Il s’en désintéressa à tort, malgré la hauteur d’esprit qui est tout à son honneur, surtout pour l’avenir de ses quatre enfants qui seront placés dans une institution religieuse par leur grand-mère, après le divorce de Frédéric.

       Nous sommes là dans une affaire assez glauque, qu’aurait pu inventer Georges Simenon, tant les personnages sont représentatifs des livres à l’ambiance lourde de la province que celui ci se plaisait à décrire : Un atavisme sournois des gens du cru, attachés à leurs biens et à leur réputation, cachant leurs lourds secrets derrières les portes closes. Un pays plus soucieux des voleurs de poules que des voleurs de feu !

      Dans la famille Simenon, il y eut aussi un autre frère. « L’autre Simenon  » https://bit.ly/3s77und a d’ailleurs été écrit il y a cinq ans par Patrick Rogiers, un écrivain Belge. Assouline avait déjà traité du sujet dans sa biographe de Georges Simenon. Christian Simenon aura une destinée moins glorieuse que son frère, l’écrivain reconnu mondialement. On peut dire de Christian que ce fut un salaud d’appellation contrôlée ! Devenu dès la fin 1941 chef de section au sein de l'état-major d’un parti d'extrême droite fondé dans les années 1930 par Léon Degrelle, il se sera alors égaré dans la collaboration la plus criminelle !.

      Dans la famille Rimbaud, les hommes s’enfuirent souvent, abandonnant leur charge, laissant femmes et enfants derrière eux. En tout cas leur père, militaire de carrière, ce beau capitaine était reparti, et les avait bel et bien abandonnés à l’âge où ils avaient tout juste celui des enfants des étrennes.

       La mère Cuif s’est consacrée à l’éducation de ses quatre enfants, et a su gérer d’une main de fer ses fermages. Une femme très bigote, et percluse de principes moraux ! Elle se déclarera veuve, pour pallier aux interrogations et à la rumeur infamante, autant que pour combler l’absence. Deux garçons séparés d’un an, deux filles, dont l’une ne va pas tarder à mourir à 17 ans d’une synovite. Cette femme est un roman à elle toute seule. .

       « La mother » comme dira Arthur. La formule lapidaire qu’Arthur émet sur elle dans sa jeunesse résume sa personnalité : « Aussi inflexible que 73 administrations à casquette de plomb  ». Avec le temps, on observe qu’Arthur malgré les kilomètres partage de plus en plus les points de vue et les objectifs d’arrivisme de la mère, la mème rectitude d’esprit. S’il n’a pas de casquette de plomb, il portera plus tard cette ceinture qui pèsera huit kilos de bon argent, dont il ne se défait jamais, comme une attache œdipienne, ou une ancre de marine.

        Les identifications familiales sont récurrentes aux deux frères. Du père, cet officier colonial qui les abandonnera dans leur enfance, l’influence sera certaine. Tous deux s’engageront dans l’armée, et tous deux iront en Afrique. Frédéric sera même le premier à fuguer, rejoignant l’armée Française, en quête d’héroïsme et d’engagement, à 16 ans, lors de la guerre de 70.

       Arthur, lui multipliera les errances, les expériences extrêmes, les allés retours à Roche, avant d’être « négociant » à Aden. Bien que cet éloignement la fasse souffrir, sa mère se console en se disant qu’il s’est assagi, soucieux maintenant de se faire une place, avant qu’il ne rentre, pense-t-elle, au pays.

        Cette femme de tête a eu une enfance difficile. Ayant perdu sa mère à l’âge de dix ans, elle s’est construite dans la ferme de Roche, entre son père, et ses deux frères. L’un d’entre eux, s’engage à 18 ans dans l’armée d’Afrique, l’autre se marie, et le père forcera sa fille à quitter la ferme, qui périclitera ensuite.

       Quand elle revient prendre possession des lieux, après un nouveau imbroglio, avec ses enfants, on peut imaginer son désir de revanche. Elle en a soupé, de l’apragmatisme des hommes, de leurs coups de tête, de leur alcoolisme, de leurs désertions !

        Elle place rapidement Arthur, élève brillant, promis aux plus grands espoirs, sur un piédestal. Le sort de Frédéric lui échoit peu. Sans doute voit elle en lui toutes les tares redoutées, et l’apragmatisme des hommes qui l’a mis en danger dans le passé. C’est une figure récurrente dans une famille, un ensemble d'indiviidus, de transformer un des membres en bouc émissaire, devenant porteur symbolique de tous les défauts du groupe.

       L’expression « bouc émissaire  », employée au sens figuré, renvoie à une personne sur laquelle on fait retomber les torts des autres. Le bouc émissaire est le synonyme approximatif du souffre-douleur. Il puise son origine dans la Bible. Au livre de Lévitique 16, où on peut lire que le prêtre d’Israël posait ses deux mains sur la tête d’un bouc, et qu’ainsi on faisait passer tous les péchés commis par les Juifs à cet animal. Ce dernier était ensuite renvoyé au désert d’Azazel pour servir d’émissaire et y perdre tous les péchés.

        Quels en sont les éléments moteurs ? Quels ont été les courants qui ont poussé Arthur vers la haute mer, et ceux qui ont fait dérivé Frédéric vers les marais de l’oubli ? Qui étaient les indiens de couleur qui les ont pris pour cible ? Le problème avec les frères Rimbaud, c’est quand en avançant à l’aveugle dans leur histoire, on répond à chaque question par deux autres. 

        Cela donne le vertige. Quelle est notre part de liberté. On a beau dire qu’il faut être absolument moderne, on ne parvient pas à faire table rase du passé ! A relire Rimbaud, on ne peut s’empêcher de frissonner ! Ces écrits semblent une préfiguration de ce qui va lui arriver ! Le voyant se fait prophète de son existence et de sa descente en enfer. A l’âge de 12 ans il jette sur un cahier d’écolier déjà cette vision qu’on retrouvera dans « la saison en enfer », et plus tard qui l’accompagnera en Afrique :

«  Ah ! saperlipotte de saperlipopette ! sapristi ! moi je serai rentier ; il ne fait pas si bon de s'user les culottes sur les bancs, saperlipopettouille ! »

        Il n’y a que des amputations dans cette histoire. Tout est divisé, psychotique, jusqu’au « je » qui est un autre aussi. Y mettre le nez ressemble à cette expérience que Joseph Conrad raconte dans « Au cœur des ténèbres », celle d’un cœur pur qui dans des conditions de vie extrêmes devient étranger à ce qu’il était, jusqu'à devenir paranoïaque. 

        « Les climats perdus me tanneront »…. La fin tragique, qui lui fera traverser le désert sur une civière avant d’agoniser à Marseille, est encore en concordance avec ses visions adolescentes.

 

 

« Il sent marcher sur lui d'atroces solitudes.
Alors, et toujours beau, sans dégoût du cercueil,
Qu'il croie aux vastes fins, Rêves ou Promenades
Immenses, à travers les nuits de Vérité
Et t'appelle en son âme et ses membres malades
Ô Mort mystérieuse, ô soeur de charité. »

        

 

Publicité

 L’œuvre d’Arthur a fait l’objet de pas mal de mythes, de légendes, et de falsifications. On recherche toujours un cahier qu’il aurait confié à Verlaine. Regardez bien dans votre grenier ! Quant au pistolet qui a servi à celui ci à tirer sur Arthur, il a été vendu une fortune aux enchères : 434000 euros. https://bit.ly/39dBvJt

         

     Une photo d’Arthur Rimbaud avec groupe posant sur un balcon, pris à Aden, a été trouvée dans une brocante, il n’y pas dix ans. https://bit.ly/2JXWgAd. Bien que les experts n’aient pas de certitude absolue sur les acteurs présents, elle a été vendue 150 000 euros. Des exégètes ont retrouvé l’air détaché et légèrement flottant du poète.         Après un verre d’absinthe bu cul sec, je dirais qu’il n’y a aucune hésitation à avoir sur l’authenticité de la photo !.

  

 

 

       Avec trois verres en plus dans le nez, Rimbaud descend du balcon et vient même s’asseoir à votre table, et vous fabrique un sonnet, à moins qu’il ne vous envoie son poing dans la gueule ! Comment faire confiance à ce type ! Les poètes du Parnasse contemporain avaient toutes les raisons de se méfier ! 

.        

      Même quelques cinq ou six dessins d’Arthur, reconnus forcément géniaux, ont été évalué à 150 000 euros. .https://bit.ly/2XnFLAt

 

        Tout ce fric obtenu en pendant sa peau au porte manteau, comme disait Louis Ferdinand Céline, lui aurait fait perdre l’esprit. C’est qu’il ne voulait pas rentrer au pays, avant de se refaire, devenir celui qu’il avait entrevu, à pas 20 ans. « Je reviendrai, avec des membres de fer, la peau sombre, l'œil furieux : sur mon masque, on me jugera d'une race forte. J'aurai de l'or : je serai oisif et brutal. Les femmes soignent ces féroces infirmes retour des pays chauds. Je serai mêlé aux affaires politiques. Sauvé.  »

 

         La ceinture qu’il trimballait constamment sur lui, contenant ses pauvres économies, fruit de plusieurs années de labeur d’une longue saison en enfer, et pesant huit kilos, n’était pourvu que de 16000 francs or. Bien peu pour ses projets de rentier, et d'éternel voyageur, allant toujours de l'avant, devant l'horizon mouvant.... Il aurait tant voulu mettre encore les bouts. Est ce lui qui a inspiré Blaise Cendrars, quand celui ci écrivit "Tu es plus belle que le ciel et la mer !https://bit.ly/3q9EmcX

 

        Il a semblé urgent à la famille d’arranger la légende Arthur. Et de bricoler aussi une réputation de quasi débile au frère. C’est à ces beaux ouvrages de dentellière, que s’est attelée Isabelle, la sœur bigote, parfaite héritière de la mère. Si Arthur à été trafiquant d’armes, Isabelle a trafiqué l’histoire familiale. Pas besoin d’aller se perdre en Afrique pour faire des affaires. C'est elle de loin la plus maligne. Elle a réussi à imposer l’image d’un Rimbaud se réconciliant avec la foi chrétienne sur son lit de mort.

       Avec l’aide d’un époux opportuniste et flagorneur, elle s’est évertuée à faire le ménage dans la correspondance de l’écrivain, arrangeant son parcours, afin qu’il apparaisse le plus conforme à son désir, et aux convenances morales de l’époque. De Claudel à Ségalen, moult auteurs accepteront de consolider la supercherie !

       Ne restait plus qu’à expulser Frédéric interdit de séjour de l’héritage. La facilité avec lequel celui-ci s’est soumis laisse songeur. Frédéric n’avait rien d’un arriviste ni d’un salaud, comme l’était Christian, le frère caché de Simenon.

       Curieusement, dans ce cas, toute la tendresse de la mère, elle aussi une personnalité cassante, ira non pas au génie littéraire, mais à ce proscrit, collabo, et condamné à mort par contumace. A un journaliste venu l’interviewer alors que la gloire de Georges était au zénith, lui disant qu’elle devait être fier de son fils, elle rétorquera "Voyez vous, c'est étrange, mais son frère Christian était bien plus doué ! "…. Elle en voudra toujours à Georges qui avait donné conseil a Georges de s’engager dans la légion pour échapper au peloton d’exécution, et qui trouvera la mort en Indochine en 47 .https://bit.ly/3s6BhfH

 

       Les fratries peuvent multiplier les questions, diviser les familles, ou potentialiser au fils des ans l'attachement profond, comme chez les deux frères Van Gogh. De l'histoire tragique d'Abel et Caîn, on peut opposer la complicité des Marx Brothers. Au bout du compte, on ne peut tirer de règles de tant de tant de cas singuliers.

        Le grand crime de Frédéric, c’ est de s’être révolté contre la mère. Il en paiera le prix fort ! Il gardera tout de même le nom de famille. Rimbaud. Un nom qui pendant des générations, confiera Jacqueline, l’arrière petite fille de Frédéric, sera porteur de souffre. « Il y a 50 ans, dans le pays, on avait encore honte d’être les descendants d’Arthur Rimbaud ! Son histoire avec Verlaine était mal vue !  »

      « Je ne m’occupe plus de ça !  » Disait sèchement Rimbaud à ceux qui lui demandait s’il écrivait toujours ! »

        Peut-être bien que ces deux répliques doivent être saisies ensemble. A cent ans de distance, ne sont elles signifiantes d’une vérité refoulée ? 

         Sans doute cela ne s'accorde pas avec ce paletot idéal aux poches trouées qu’on a accroché pour l’éternité au poète. Mais une vie d’homme contient plusieurs cahiers.. Le voleur de feu aurait-il supporté que l’on souffle sur les braises du passé enfui, pour l’immobiliser dans un statuaire, et en faire le symbole d'une cause ?

     Les alcooliques, une fois qu’ils ont renoncé à leur démon, savent qu'ils doivent trouver ailleurs que dans la boisson, la substance des rêves, s'ils veulent continuer à vivre. La transmutation ! N'est-ce pas là le dernier secret d'Arthur Rimbaud. ? 

      La poésie de Rimbaud est déclamatoire ! Elle s’accorde au pas du marcheur infatigable qu’il était, s’abrutissant de kilomètres, arpentant hier les Ardennes, le col du saint Gothard, et plus tard les déserts d’Abyssinie !

      Jamais, sa vie durant, il n’a pas arrêté de marcher. Et ainsi de composer d'une autre manière. Inutile d'en faire un homme de métier ; ou d'une cause. Il nous avait prévenu : ! "J'ai horreur de tous les métiers. Maîtres et ouvriers, tous paysans, ignobles. La main à plume vaut la main à charrue. Quel siècle à mains !

       Plus que la poésie, et les affaires, la marche, c’est le fil rouge de sa vie. Cette longue errance n’a pas eu besoin de carte ni de journal, juste du pas mesuré du randonneur, déplaçant le compas de ces longues jambes au rythme de son souffle, pour retrouver l’essence de la vie.

       Frédéric, à sa manière, parcourant tous les jours durant les petites routes des Ardennes, avec son cheval « Bijou » devant lui, n’était-il pas dans le même état d’esprit ? 

      L'envie me vient de les placer tous de nouveau dans le bateau ivre. Il pourrait avoir le nom de "Rosebud" peint sur les flans. 

      C’est ainsi, par les soirs bleus d’été, selon sa monture, ou ses chaussures, qu’on peut s’approprier au mieux du poème « Sensation » !

      Une vie réussie ne tient pas aux panthéons, aux consécrations factices, mais à cette capacité de s’émouvoir, d’être en concordance parfaite avec l’ineffable, à certains moments particuliers, et d’ouvrir ainsi le ciel.

https://bit.ly/3ov7J9r ( «  Sensation » chanté par Robert Charlebois )

 

--------------------------------------------------

Quelques émissions précieuses sur Rimbaud, sa famille, ses voyages...
Arthur Rimbaud en mille morceaux – série de podcasts à  https://bit.ly/2XvOu3x

Arthur Rimbaud à la croisée de la bibliothèque – série de … https://bit.ly/2XyS5xL

 



60 réactions


  • nono le simplet nono le simplet 12 janvier 09:22

    salut

    je dois avouer que je ne suis pas très versé dans la poésie mais ton article mérite le détour ... en tous cas le mien ...


    • velosolex velosolex 12 janvier 11:48

      @nono le simplet
      Merci. Ce livre m’a offert un prétexte à renouer avec Rimbaud, qui continue tous les jours à recevoir un courrier d’enfer, dans u
      ne boite aux lettres à Charleville.
      Le père Noël en est jaloux, Macron aussi. C’est comme pour le cochon. Tout est bon dans Rimbaud.
      On peut trier les bords qu’on veut. Je n’en fait pas pour autant un héros. Et c’est comme ça qu’on le trouve encore meilleur.
      Avant tout c’est un marcheur, pas un poète de salon. Mais il porte un sac trop lourd. Son problème, c’est qu’il ne connait pas ses limites. 


    • nono le simplet nono le simplet 12 janvier 13:54

      @velosolex
      ça vient juste de me revenir au réveil de la sieste ... ma mère, à qui je dois tant dans ma culture et ma curiosité, était une inconditionnelle de Rimbaud et avait toujours auprès d’elle un recueil de poésie qu’elle lisait comme d’autres lisent la bible ... les fleurs du mal, peut être ... sûrement même ... j’ignore ce qu’est devenu son petit livre rouge quand elle est partie mais c’est lui qui la représentait le mieux ... j’avais oublié ... elle se désolait qu’Arthur ne provoque aucun émoi chez ce fils ainé qu’elle savait sensible et romantique ... d’autres fleurs l’avaient envouté moins subtiles et délicates mais aussi enivrantes ...


    • Laconique Laconique 12 janvier 14:20

      @nono le simplet

      « Les Fleurs du mal »

      Hum hum.


    • nono le simplet nono le simplet 12 janvier 14:33

      @Laconique
      oups, bon dieu c’est bien sûr ... c’est Baudelaire smiley ... c’est dire si je suis nul ... du coup c’est Baudelaire que ma mère adorait ... mais bon, l’important c’est la poésie 


    • nono le simplet nono le simplet 12 janvier 14:36

      @nono le simplet
      ou bien c’était les illuminations ... j’ai oublié ...


    • nono le simplet nono le simplet 12 janvier 14:38

      @nono le simplet
      le vague souvenir que j’ai du livre de ma mère est qu’il n’était pas très grand ni très épais ... une cinquantaine de pages ? ...


    • Aita Pea Pea Aita Pea Pea 12 janvier 14:44

      @nono le simplet. C’était les vacances de Berurier sous fausse couverture...


    • pemile pemile 12 janvier 14:47

      @nono le simplet « le vague souvenir que j’ai »

      Une enquête familiale poussée me semble obligatoire !

      Avec un merci à velosolex au passage, un peu de lumière dans les ruelles obscures d’avox.


    • nono le simplet nono le simplet 12 janvier 15:18

      @pemile
      Une enquête familiale poussée me semble obligatoire !

      l’enquête va être rapide ... de la famille il ne reste que mon plus jeune frère ... plus de tontons, tatas, cousins premier degré ... enfin si , peut être une ou deux cousines pas vues depuis 50 ans ...


    • nono le simplet nono le simplet 12 janvier 15:22

      @Aita Pea Pea
      ma mère n’était pas adepte de l’humour gras de sana ... elle était croyante, gaulliste puis chiraquienne ... mais elle aimait quand même son fils qui était mécréant, anarchiste, et fan de sana


    • @Laconique

      il as juste confondu avec « le dormeur du val » c’ est crai que pour un nonobel ca sonne pareil smiley


  • Pauline pas Bismutée 12 janvier 10:14

    Oui merci pour cet article, ne suis pas calée en poésie non plus mais avait essayé de trouver son ancienne maison à Aden, au nom d’une vieille nostalgie ( Eluard, B.Dylan etc…) du mal à me faire comprendre, et ci et ça, bon une autre fois me suis-je dit…si j’avais su..

    « Il faudrait rallumer les étoiles » avait dit Apollinaire (pas sûre ?), Rimbaud en a fait danser quelques-unes pour nous..


    • velosolex velosolex 12 janvier 11:42

      @Pauline pas Bismutée
      La poésie, on la trouve surtout hors des livres de poésie, mais comme pour les règles de grammaire, il y a des exceptions....
      L’important c’est le transport.
      Cendrars, que j’aime beaucoup aussi, à un type qui l’accusait d’être menteur, mettant en doute le fait qu’il avait pris le transsibérien, lui rétorqua que le plus important était d’avoir permis aux lecteurs de le prendre !
      Il m’ait arrivé de rêver d’aller à Aden, moi qui n’a même pas été à Charleville. Mais maintenant il est trop tard. Il y a des voyages à qui à partir d’un certain moment à faire, de peur de ne plus trouver personne sur le quai, à l’arrivée
      J’ai quand même monté le Gothard à pied à demi, avant qu’un camion m’embarque dans sa cabine.
      Le paysage avait changé depuis qu’Arthur avait passé, mais le routier m’a filé un coup de gnôle. J’avais 20 ans, je rêvais de mauvaises fréquentations, et je filais vers les indes. 


    • velosolex velosolex 12 janvier 12:09

      @velosolex
      « Il y a des voyages à qui à partir d’un certain moment à faire, de peur de ne plus trouver personne sur le quai, à l’arrivée  »

      Je rectifie tout de même.. La phrase est trop boiteuse ; je devrais me relire...

      « Il y a des voyages, arrivé un certain moment, qu’on renonce, à faire, de peur de ne pus trouver personne sur le quai de la gare à l’arrivée. »


    • Pauline pas Bismutée 12 janvier 12:18

      @velosolex

      Oui, je me rappelle un de vos commentaires qui vous posait sur un des Bouddhas de Bamyan, en Afghanistan (j’étais « a cote » fin 1979, en Inde, mais les russes ont été plus rapides que moi…)

      Beaucoup de choses extraordinaires à raconter (mais n’ai pas le talent pour) ; je viens de découvrir un homme hors du commun (pardon de la digression, rien à voir avec la poésie), qui mériterait d’avoir sa statue dans chaque capitale du monde : Stanislav Petrov.

      Je mets le lien d’un film/documentaire (c’est en anglais)

      https://www.youtube.com/watch?v=8TNdihbV5go

      Que chacun ici qui lit son nom fasse une recherche sur lui : on lui doit au moins ça, chacun de nous.

      PS en tous cas merci de répondre aux commentaires, c’est sympa


    • Pauline pas Bismutée 12 janvier 12:23

      @velosolex

      Oui j’avais bien compris mais malheureusement pour Aden (et le reste du Yémen), c’est trop tard (ou trop tôt, essayons d’être optimistes....)


    • velosolex velosolex 12 janvier 13:15

      Merci du message et du lien que je vais explorer. C’est comme ça que j’entend internet. Comme dans le temps quand on se passait des bouquins, des romans sur lesquels on mettait notre nom, et qui faisaient le tour du monde. 

      Churchill disait qu’un rideau de fer est tombé sur l’europe après la guerre. C’est une chappe de plomb qui est tombée maintenant sur le monde, celui de la globalisation, de l’uniformité. Je ne parle donc pas que du virus, qui peut être même à la limite serait peut être un moyen de réenchanter le monde, demain, en rendant les voyages plus difficiles. Plus difficiles, je veux dire, cela veut dire moins désirable pour le tourisme lambda, qui a laminé la planète. Je me souviens que vous aviez dérivé en Abyssinie, un pays de rêve sans aucun doute, ceci dans la dimension extatique du terme. J’ai lu dernièrement un excellent livre sur le sujet ; Ethiopie-, fichisme italien-colonisation-, migrants , d’une très bonne auteur, Francesca Melandri, ; « Tous sauf moi ! »

      Auteure déjà d’un autre livre remarquable : Plus haut que la mer. 


    • Pauline pas Bismutée 12 janvier 13:49

      @velosolex

      Impossible de se procurer des bouquins et pas de bibliothèque ou je suis, mes « dérives » m’entraînant dans des situations .... intéressantes (bien malgré moi !)
      C’est pour ça que je peux traîner ici (rien a lire)
      Pour le reste, il y aurait beaucoup de choses a dire, mais bon.....ça me fatigue un peu, toutes ces démangeaisons du ciboulot...au moins ça me renoue avec ma langue (le français)
      Bonne soirée (n’ oubliez pas Stanislav Petrov)


    • velosolex velosolex 12 janvier 17:33

      @Pauline pas Bismutée
      Je n’oublie pas. Je pense pas que ça doit avoir avec un Petrov que m’avait filé un Bulgare. Je tenais un refuge dans les alpes, et je voyais ce gars perdu dans la tempète, accroché à sa tente de camping. J’ai été pour lui l’auvergnat de Brassens ce jour là. Mais son bouquin était celle d’un poète n’aillant touché qu’aux illuminations de Staline. C’était l’intention qui compte. Meilleurs vœux au désert


    • velosolex velosolex 13 janvier 11:28

      @Pauline pas Bismutée
      J’ai regardé le documentaire. Une histoire qui rappelle l’ambiance des romans de John Le Carré, un type dont la mort m’a attristé. John Le Carré n’avait rien d’un type carré. Un type qui avait eu une enfance difficile, et une trajectoire étonnante. En tout cas anti establishment. Petrov n’était pas de la nomenklatura militaire, c’est ce qui nous a sauvé. La destinée de ces vieux héros me rappelle celles qu’on peut trouver dans les très beau livre de Svetlana Alexievitch ont pour thème central la guerre et ses sédiments.. « La fin de l’homme rouge » m’avait scotché. Et faisait écho avec celui qu’elle écrivit sur Tchernobyl. 


    • Pauline pas Bismutée 13 janvier 12:39

      @velosolex

      Je ne connais John Le Carré que de nom, mais merci d’avoir regardé

      le documentaire (pas parfait, j’entends déjà d’ici quelques remarques, je vous laisse deviner lesquelles), malheureusement je doute que beaucoup l’aient fait...
      Ce qu’a fait cet homme devrait être enseigné dans toutes les écoles.
      Un documentaire sur Tchernobyl m’avait beaucoup marqué aussi, avec les volontaires qui ont été nettoyer, et en sont morts. Tous ces héros de l’ombre dont tout le monde se fout,à commencer par leurs propres gouvernements, et les autres,à part leurs familles, qui continuent leurs petites vies, avec leurs petites emmerdes, comme si de rien n’était..... alors qu’on devrait les honorer ces gens là, parce que justement on peut au moins les vivre, ces emmerdes....
      ’Paix aux hommes de bonne volonté’ St Exupéry
      Pardon, un peu long...
      PS Certains commentaires ont disparu, un bug de la matrice...Mandala effect ?


  • Gollum Gollum 12 janvier 10:39

    Bravo pour ce texte. Je passe juste pour cela : vous féliciter de cette digression sur Rimbaud texte qui va passer pour un OVNI sur ce site dédié dorénavant à la propagande QAnon-hyène de l’omniprésent et incontournable doctor maboul...

    alors qu’autrefois c’était la norme.


    • velosolex velosolex 12 janvier 11:28

      @Gollum
      Ce site est de plus en plus infesté de virus en bande organisée. J’a passé mon antivirus avast, mais ils sont toujours là, comme les doryphores dans le jardin. IL est vrai que la poésie, ici, c’est comme de tenter de faire un jardin de fleurs à Buchenwald. Je suis largué, avec ces conneries. Je n’avais pas conscience de la profondeur du gouffre. "T’es largué, m’a dit ma femme, quand je lui ai parlé que je venais de découvrir que Qanon était un réseau d’influence organisé. A prendre pour les gens pour des cons, on n’a jamais tort pour faire de l’audience. C’est pas mon truc. Je préfère heureux content de ce que je fait, et avoir l’avis de quelques personnes qui me vont droit au coeur, que les aboiements d’une meutre de 500 chiens. 


    • ZEN ZEN 12 janvier 12:42

      @velosolex
      Avast n’y peut rien, mon pauvre ami ! Merci pour ce papier, moi qui ai quitté ce lieu de doryphores.... Je le garde pour une lecture ultérieure. Cela demandera du temps. A+


    • velosolex velosolex 12 janvier 13:04

      @ZEN
      Merci
      Je crois moi aussi que je ne vais pas tarder à me tirer !
      Au moins de m’astreindre de tout commentaire superflu.
      De lire même la plupart des articles. Le titre suffit à se faire une idée de la propagande
      On ne peut faire barrage au pacifique, encore moins à une décharge qui déborde
      Il me semble que ce site devrait réfléchir à sa politique éditoriale. 

      Bien qu’il me permettre d’écrire. Ce qui est une occasion, au delà des livres qu’on lit, d’aller plus loin..
      « L’autre Rimbaud », est un de ces livres qui permet de tirer des rallonges. Et pour le sujet Rimbaud, elles sont nombreuses. J’ai découvert ainsi son courrier, celui d’un voyageur parfois extatique, en continuation avec le poète. Les podcasts proposés par france culture sont un ravissement


    • @Gollum

      sur ce site dédié dorénavant à la propagande QAnon-hyène de l’omniprésent et incontournable doctor maboul...alors qu’autrefois c’était la norme.

      c’ est des connerie Gollum , le site etait autrefois monopoliser par les gauchiasse bobocolo , la au contraire il se rééquilibre un peut ( c’ est d’ ailleur bien ce qui vous fait chier smiley


      Pase la bise au FUFU 



    • Gollum Gollum 12 janvier 17:03

      @velosolex

      Je crois moi aussi que je ne vais pas tarder à me tirer !

      Bien envie de faire pareil...

      Et laisser les frappa-dingues entre eux..

      Cela ferait p’têt baisser l’audience du site qui crèverait de sa belle mort ce serait pas plus mal puisqu’il n’y a plus rien à tirer de nos révolutionnaires d’opérette..

      L’idiot de Cyrus juste au-dessus qui pense que je fais partie de la bande à Fufu.. smiley

      Alors qu’il n’a pas cessé de m’assassiner à l’époque où il était là...

      Bon j’attends les beaux jours et je passerai à autre chose. Une cure d’absence de temps en temps ça remet les pendules à l’heure..


    • guepe 12 janvier 17:19

      @Gollum
      C’est bien ça, le problème. Les mabouls sont beaucoup plus patients que les personnes censées....

      Beau texte sinon , c est clair que ça change à ce que l’on voit d’habitude..


    • arthes arthes 12 janvier 17:28

      @Gollum

      Nieeeeeet : https://youtu.be/PWZCcE3dMa0
      (au énième degré hein smiley )

      L’audience, elle se trouve en cercle fermé désormais, ici, depuis peut être l’action du vivif ???? 

      Accompagnons ce navire jusqu’au bout de son voyage...ça partait bien pourtant :

      https://youtu.be/u6T4Id7UwVg  smiley


    • Gollum Gollum 12 janvier 17:31

      @guepe

      Oui le doctorix il a le feu sacré.. smiley

      Nous on a juste l’impression d’être des éboueurs d’ordure c’est pas très valorisant..

      Et puis être au contact de malades mentaux en permanence ça fout un coup au moral...

      Dommage que ce site soit devenu un dépotoir. Gros coup de blues.. 


    • Gollum Gollum 12 janvier 17:37

      @arthes

      Lol smiley

      D’une j’attends le printemps.. 

      Deux je reviendrai peut-être.. Histoire de venir faire chier le doctor fou et sa clique..

      Et puis trois : on sait jamais mon coup de blues peut passer... smiley

      ça fait des mois que j’ai envie de décrocher en fait.


    • arthes arthes 12 janvier 17:54

      @Gollum

      I stay here

      But, 
      Yessss, brother, you can go away, but don’t forget,that, finely : https://youtu.be/B6JVE2WHkQw smiley


  • Aita Pea Pea Aita Pea Pea 12 janvier 13:21

    Merci Vélo.


    • nono le simplet nono le simplet 12 janvier 14:00

      @Aita Pea Pea
      comment veux tu quitter Avx quand il reste des mecs comme lui ...


    • velosolex velosolex 12 janvier 17:51

      @Aita Pea Pea
      Encore une raison de partir un de ces quatre dans le nord ; Visitez Charleville, et peut être Roche, le patelin de la mère Cuif. 
      Pattie Smith me paiera t’elle un coup d’absinthe ?
      Sur la Meuse aller voir le coin de rivière où Arthur et Fredo allaient pousser leur bateau ivre dans le flot. 


    • @Aita Pea Pea

      Merci velo !.... c’est vite dit ; ce n’est pas parce que l’auteur dit que :
      « je ne parle donc pas que du virusse qui peut-être à la limite serait un moyen de réenchanter le monde » , qu’il faut en profiter pour déboiser l’Argoat


    • velosolex velosolex 12 janvier 18:29

      @nono le simplet
      As tu écouté le poème « sensation » interprété par Charlebois, que j’ai mis en lien à la fin ?...Il me sidérait d’émotion quand j’avais 16 ans. Tout Rimbaud est là, dans la marche.
      A 16 ans....Ces feuillets ont été miraculeusement réunis ensuite. Verlaine parlera après la mort de Rimbaud, d’un poème perdu, qu’il estimait le meilleur, et qui si je me souviens bien s’appelait « Le Guetteur »

      Il y aussi la légende d’un cahier disparu, laissé dans l’appart de Verlaine et que la femme de Verlaine aurait détruit. Mais rien n’est sûr là aussi. Il pourrait ne s’agir que de lettres, que les deux poètes scandaleux avaient choisi d’appeler une fiction, pour éviter que les lettres liées à leur relation les poursuivent d’une réputation déjà infamante, au cas où elles seraient retrouvées. 
      Mais de son vivant, Arthur n’aura rien connu de sa gloire naissante. seuls les cahiers des illuminations et de la saison en enfer furent publiés à compte d’auteur. Il en filera un exemplaire à son frère, tout de même.
      La relation entre les deux frères me semble d’une importance anecdotique, et est très compréhensible dans la dynamique différente du déroulement de leur vie. . Par contre celle de Fréderic au reste de la famille interroge. 


    • nono le simplet nono le simplet 12 janvier 18:32

      @velosolex
      pas vu ... étant un grand fan de Robert, j’ai un peu honte de ne pas l’avoir vu ... j’écoute desuite ...


    • velosolex velosolex 12 janvier 18:36

      @Armand Griffard de la Sourdière
      La marche et le vélo sont très liés.
      Tout marcheur ou cycliste impénitent se sent investi d’une mystérieuse force tout le long de sa déambulation. C’est pour cela que les « riders » sont plus portés à la compréhension rythmés des poèmes de Rimbaud, à la fois écho du mouvement de son corps, du souffle, et du rythme du monde.
      Rimbaud n’a jamais arrêté d’écrire, mais avec ses jambes par la suite. 
      Souvent, aux carrefours, il hésite sur la direction à prendre.
      Ses lettres gardent la même soif adolescente de parcourir le monde, encore et encore. Le monde est si riche et si varié dit-il......
      Mais le voilà ensuite qui veut rentrer au pays, comme un coureur au soir de l’étape songeant à abandonner le tour. Rien de pire pour un type comme lui, que de perdre une jambe. Je crois qu’il aurait préféré perdre la tête. Mais c’était déjà peut être fait. 


    • Philippe Huysmans, Complotologue Philippe Huysmans 12 janvier 18:39

      @nono le simplet

      pas vu ... étant un grand fan de Robert, j’ai un peu honte de ne pas l’avoir vu ... j’écoute desuite ...

      Lui aussi était un grand fan de toi, d’ailleurs ne m’avait-il pas confié une jour « Philippe » (oui, il m’appelait par mon prénom) « J’adore nono, mais il chante comme une casserole, et je ne sais trop comment lui dire ».

      J’ai gardé ça pour moi, mais puisqu’on parle de Robert...

      Sacré cuistre ! (là je parle plus de Robert).


    • nono le simplet nono le simplet 12 janvier 18:46

      @velosolex
      oh putain ! je l’avais oubliée celle là ... avec les images en plus j’ai eu des frissons partout ... quand ce couillon là rejoindra les Champs Élysées et que je serai toujours là j’irai de ma petite larme ... sacré Robert ...
      pour Arthur, outre la poésie, tu partages avec lui le goût du voyage dans ta jeunesse mais tu es rentré plein d’usage et raison vivre entre les tiens ...


    • velosolex velosolex 12 janvier 19:13

      @nono le simplets
      Tout ce qu’on fait dans la vie enrichit la possibilité de comprendre le monde, et de se mettre en empathie. 
      Je crois que d’avoir connu le voyage au long court, et l’errance m’ont mis en concordance bien plus que lors de le première lecture, adolescente.
      Je me souviens de la terreur de perdre mes papiers, et celle de Rimbaud, veillant jalousement sur son fric, me rappelle des jours passés, quand je n’avais plus un rond au bout du monde. Ce qu’il faut d’énergie pour survivre à certains moments, on ne le soupçonne pas avant de l’avoir vécu.
      Un peu. J’ai fait à l’époque la route de retour avec un migrant Ceylanais. Il rêvait d’aller travailler en Allemagne et de s’acheter une voiture comme James Bond. Pas moyen de le déniaiser. Faut jamais s’attaquer au rêve des gens quand ils leur permettent d’avancer. C’est quand même des souvenirs qui réchauffent par les jours gris. 


    • John  John 12 janvier 19:34

      @velosolex bonsoir,

      Je viens de lires tes lignes sur Rimbaud, Je connaissais un peu mais pas à ce point là ... J’ai apprécié !

      Puis pour ces mots → « Ce qu’il faut d’énergie pour survivre à certains moments, on ne le soupçonne pas avant de l’avoir vécu. » ... On dit souvent personne ne frappe aussi fort que la vie ! 


    • Pauline pas Bismutée 13 janvier 06:31

      @ John
      @ Velosolex

      « Ce qu’il faut d’énergie pour survivre à certains moments, on ne le soupçonne pas avant de l’avoir vécu »

      Oh oui ! et ce qu’il faut d’humour pour pouvoir en parler légèrement....


  • ZXSpect ZXSpect 12 janvier 14:29

    Merci pour cet article… il sera beaucoup pardonné à AgoraVox pour avoir publié cette respiration poétique


    • velosolex velosolex 12 janvier 17:46

      @ZXSpect
      Je suis parti d’une envie de faire juste une critique du bouquin, très bien, mais dont on ne peut éviter de tirer les rallonges ;
      J’ai écouté les podcasts de France culture, qui m’ont apporté des infos que j’ignorais aussi.
      La correspondance en ligne est disponible dans d’autres articles comme celui que j’ai trouvé sur la traversée du col du Gothard, dont j’ai mis le lien. Il y a énormément d’amateurs de Rimbaud. Ce type a laissé des interrogations derrière lui et c’est ce qui crée une légende, indépendamment de celle de la route. 


    • ZXSpect ZXSpect 12 janvier 18:20

      @velosolex
      .
      Il y a aussi un bouquin de Jean Teulé sur un autre grand poète « Je, François Villon » https://livre.fnac.com/a1929017/Jean-Teule-Je-Francois-Villon
      .

      dont je te cite la critique du Monde d’avril 2006
      .
      « Après Verlaine et Rimbaud, tous deux présents dès l’ouverture du livre en héritiers assumés de François Montcorbier, Jean Teulé poursuit son périple romanesque en terre de poésie par le plus risqué des modèles : François Villon. Ecolier turbulent, puis coquillard promis à la potence, l’auteur de la Ballade des dames du temps jadis, de la Ballade des pendus et du Grand Testament - un résumé assez éloquent des jalons d’une vie obscure et tumultueuse - donne à l’écrivain une liberté de ton et une santé qui tiennent du prodige. Pensez ! Ici l’on viole, vole, trahit, massacre, pille, torture et exécute avec une brutalité peu commune. Rien ne résiste ni ne retient, amour, amitié, reconnaissance ou gratitude. Et au fil d’une fresque sanglante à souhait, François apparaît dans l’évidence de sa création, matrice de toutes les sincérités loin des jeux savants des poètes de cour. Bousculant les Grands avec une impatience de jeune page, lançant un pont prévisible avec l’insouciance anarchiste de Brassens, Teulé réussit un portrait attachant, miraculeux même, puisqu’à force de citer les poèmes du réprouvé, il délivre comme une urgence la prescription de le (re)lire. »
      https://www.lemonde.fr/livres/article/2006/04/27/je-francois-villon-de-jean-teule_765965_3260.html


    • @ZXSpect

      Toi t’ est incapable de lire villon dans le texte , tu va immediatement hurler a la faute d’ orthographe ...

      c’ est bien de te donner un vernis , mais ca ne fait pas illusion...

      (bravo encore pour tes 66% de censure d’ article d’ auteur qui te deplaisent)


    • velosolex velosolex 12 janvier 18:57

      @ZXSpect
      Je me souviens avoir lu « un Raimbow pour Rimbaud », de Teulé. Pour le titre je ne suis pas très sûr, et j’ai la flemme de contrôler. Teulé avait aussi dans Charlie, dans sa première vie, quand il était dessinateur fait une sorte d’enquête sur la jambe de Rimbaud. Une autre façon d’aborder la montagne, que j’avais trouvé excellente.
      Villon est proche de Rimbaud, deux poètes iconoclastes de la route. Et Villon permet aussi de tirer des rallonges, car sa vie et sa mort restent des mystères. J’ai lu cette année un très bon roman qui met un Villon étonnant en scène, à coté de Léonard de Vinci, et justement de « la scène des apôtres ». Ca s’appelle « le judas de Leonard », et c’est très bon, comme tout de que Leo Perutz a écrit. Un auteur étonnant un peu oublié, mathématicien, spécialité de la théorie de jeux, et musicien averti. Bref un type semblable à Rimbaud, qui s’intéressait à tout, et dont ses romans mettent en jeu des mécanismes d’horlogerie, montrant que le destin est une sorte de machine inexorable. 
      Peut être que David Le Bailly le connait. Le lien qu’il fait de façon romancée ( du moins je le pense, n’ayant pas trouvé cette source historique) avec un clochard unijambiste que Frédéric et Arthur agressent quand ils sont enfants, rappelle étrangement les malices du destin de Perutz. Car la malédiction redoutée se déroulera. L’un mourra de cancer après avoir été amputé, et l’autre de septicémie après que la roue de son carrosse lui soit passé sur la jambe


    • Aita Pea Pea Aita Pea Pea 12 janvier 20:02

      @ZXSpect .Oui , je , François Villon ... Et tous les bouquins de Teule en fait...


  • nono le simplet nono le simplet 12 janvier 15:26

    petit passage pour répondre à pemile ... et petite remarque ... quasi absence d’étoiles, bonnes comme mauvaises ... et ça, ça fait plaisir de ne pas voir briller ces petits étrons jaunes ...


    • velosolex velosolex 12 janvier 17:48

      @nono le simplet
      Déjà gamins, dans la cour de récré, il se faisait des cercles qui voulaient s’échapper de la rumeur, et des concours de jeux et de billes, et de celui aussi de qui serait capable de pisser le plus loin. . 


  • Eliane Jacquot Eliane Jacquot 12 janvier 17:50


    Je souhaite poser ici , à propos de Rimbaud quelques phrases de la Lettre d’Arthur Rimbaud à Paul Demeny, dite lettre du « voyant » qui introduit le « je est un autre »

    Extraits 

    Je dis qu’il faut être voyant, se faire voyant...

    Et aussi 

    Le Poète se fait voyant par un long, immense et raisonné dérèglement de tous les sens. Toutes les formes d’amour, de souffrance, de folie ; il cherche lui-même, il épuise en lui tous les poisons, pour n’en garder que les quintessences. Ineffable torture où il a besoin de toute la foi, de toute la force surhumaine, où il devient entre tous le grand malade ...— Car il arrive à l’inconnu !

     

    Le « je »du poète n’est pas le « moi » . Il prête voix à ce qui d’ordinaire est silencieux : les désirs , les aspirations, les rêves et étend les domaines du possible .

    Ecrire de la poésie, c’est travailler sur le langage , le poète se sert de l’ensemble des potentialités d’une langue dans le rapport au sens de ce qu’il souhaite dire ou signifier ...au travers d’images ,de correspondances , de pensées saugrenues, voire surprenantes .

     

    Aube, Les illuminations 

    J’ai embrassé l’aube d’été ...

    En haut de la route, près d’un bois de lauriers, je l’ai entourée avec ses voiles amassés et j’ai senti un peu son immense corps.L’aube et l’enfant tombèrent au bas du bois.

    Au réveil il était midi. 



  • Eliane Jacquot Eliane Jacquot 12 janvier 18:06

    Je ne parvenais pas à écrire et à poster ces commentaires, dont la forme a été modifiée par la personne qui me suit en continu dans mon unité centrale et n’empêche de publier, qui détruit en continu mon matériel et mes logiciels informatiques depuis de nombreuses années dans l’indifférence totale des autorités  en charge de la cybercriminalité . Sans doute parce que je suis une personne physique, ordinaire et non médiatisée .

    Je m’excuse ici pour la forme du texte . 

    J’ai essayé en vain de déposer une plainte auprès du commissariat de police de mon arrondissement . j’ai accumulé un ensemble de notes et de captures d’écran constituant un faisceau de preuves pouvant se révéler utiles dans une procédure judiciaire éventuelle.  J’ai écrit à la direction générale de mon opérateur téléphonique , ainsi qu’a son service juridique, comme l’indique la procédure à suivre définie par l’ARCEP ( Autorité de régulation des Communications électroniques et des postes ) , je n’ai reçu aucune réponse . 

    Eliane JACQUOT


     ;



  • velosolex velosolex 12 janvier 18:13

    Merci pour votre témoignage. 

    Par un procédé singulier, Arthur s’était attaché à casser les modèles. Son dérèglement des sens passait par divers procédés, et expédients. 

    Tous les enfants cherchent à s’étourdir, sur un tourniquet. Seuls les plus ardents et fidèles avec ce que la nature donne en premier, gardent les même exigences. L’alcool, l’absinthe qui était très courant à cette époque, était un de ces moyens, d’arriver à ce dérèglement des sens . Dans ces lettres, il dira qu’il se donne un mal de chien afin de parvenir à cet état qui fera peur aux autres. Rimbaud est il un homme qui ne fait qu’expérimenter, ou se laisse aller à ses démons ? Le sait il lui même. 

    Le but,, dit il, est se faire voyant ; Afin de provoquer cet état second propice à l’affranchissement du réel, et à la création..... Il pense que les mots peuvent changer la vie. Les provocations et les passages à l’acte, ont néanmoins leurs limites !

    A Londres, Verlaine se moque encore une fois de Verlaine, alors que celui ci revient avec un poisson....Pour une fois, Verlaine décide de tourner les talons et le quitte. Rimbaud court après...Plus tard il y aura la scène du pistolet. Rimbaud prend une balle dans le bras. Mais quand il sort avec le bras en écharpe, Verlaine l’attend, et veut le descendre. Rimbaud va se réfugier près d’un policeman...

    Condamnation de Verlaine à deux ans de prison.....Rien de tel que l’expérience pour grandir. Mais Rimbaud s’est aperçu que la poésie ne peut pas changer la vie, du moins au point qu’il l’imaginait. Impossible de parler et de ressentir pour lui, mais tout est inscrit dans ces élans poétiques, mais aussi dans la vie qu’il met en accord avec le verbe. Désormais il écrira la poésie avec ces pieds ; Reste que son courrier garde la trace du fort en thème. Néanmoins, qui est amateur de vieilles cartes postales, sait très bien que la qualité de l’écriture de nos ancêtres étaient de très grande qualité. Je dis cela en amateur de ces cartes postales, qui sont un livre d’histoire. 

    L’héritage de Rimbaud est très important. Il a 50 d’avance sur les autres. Il devance les surréalistes et les dadaïstes, qu’il n’aurait sûrement pas supporté. C’est cette énergie et cette façon qu’il a de s’affranchir de la race des esclaves et des notaires qui continue à fasciner. 


    • velosolex velosolex 12 janvier 18:16

      @velosolex
      La tentative d’assassinat de Verlaine se passe à Bruxelles, et pas à Londres. Mon texte peut donner l’impression à certains que je ne maitrise pas le sujet. Mais je pense qu’il faut pour comprendre Rimbaud, refuser précisément de comprendre le sujet. 


    • Eliane Jacquot Eliane Jacquot 12 janvier 18:34

      @velosolex
      Merci à vous de nous faire partager vos passions hors du temps en ces temps incertains ...


  • Rimbaud Verlaine : 1992-2001. La fameuse route qui parte de Couvin en Belgique et rejoint Charles-ville Mézière. Je l’ai parcourue au moins 50 fois passant à côté du fameux Bunker (très ésotérique) d’Hitler à Bruly-les-Pesche. Lieu considéré comme le centre géographique de l’Europe. Une ballade que je conseille. Ce n’est pas Brocéliande, mais presque. C’est à Charles-ville Mézière dans une galerie où se trouvait un vieil antiquaire que je faisais le plein de cartes postales art déco. Amusant, une échange courrier amoureux coquin (Raphaël KIRCHNER) entre une demoiselle Neuville habitant Neuville et un parisien. J’y ai trouvé aussi : les ILLUMINTIONS. Dans tous les sens du terme...Je suis même allée dans le village de Neuville pour savoir s’il se rappelait d’une certaine demoiselle Neuville. Ah oui, c’était la pharmacienne. Que de souvenirs... Si vous êtes inspiré par la route, faites une halte au relais Verlaine : un endroit magique.... 


  • Henri Sztulman a beaucoup écrit sur son blog. http://henri-sztulman.fr/ Extrait : 

    Je vais donc vous parler de Rimbaud en récusant toute analyse psycho-biographique et en refusant toute évaluation structurale du fonctionnement d’ un homme, par ailleurs génie , qui écrivit « je suis caché et je ne le suis pas » .

    Je vous propose donc, d’écouter la lecture d’une lettre que j’ai re-trouvée, écrite par Arthur Rimbaud le jour de sa mort, ce jour pré-cis où personne ne peut jouer et où chacun doit assumer sa vie et la finitude de sa vie .

    Hôpital de la Conception.
    Marseille , le dix novembre mille neuf cent quatre-vingt onze, le jour de ma mort.

    Mon nom est Jean Nicolas Arthur Rimbaud. Je suis né à Charleville (Charlestown) le vingt octobre dix-huit cent cinquante-quatre, dans une famille sévère de paysans ardennais, robustes et gaulois .


Réagir