mardi 4 octobre 2016 - par ricoxy

Les séries télévisées

LES « SÉRIES » TÉLÉVISÉES

 

L'expression « série télévisée » est un calque de l'anglo-américain serial, TV series ou television series ; c'est un « produit culturel » moderne très apprécié qui inonde le monde entier. Cette expression est devenue synonyme d'une sorte de feuilleton télévisé, c'est-à-dire d'un téléfilm à caractère populaire, et divisé en un certain nombre d'épisodes. Nous allons essayer d'étudier des séries diffusées en France.

Posons d'abord les définitions : un feuilleton désigne une suite temporelle et logique d'épisodes d'une œuvre de fiction tournant autour d'un même thème, et avec les mêmes personnages ; une série désigne un genre un peu différent, où les épisodes ne forment pas forcément une suite temporelle ou logique, chaque épisode constituant le plus souvent une aventure à part. Les personnages restent en général les mêmes, même si quelques-uns changent au gré des lubies des acteurs ou des réalisateurs.

Prenons un exemple : Belphégor, avec Juliette Gréco. Version ancienne : Belphégor, ou le fantôme du Louvre ; L'Intégrale du feuilleton original (réclame publicitaire sur le site d'Amazon . fr). Et la nouvelle version : [...] allègrement le mythe de Belphégor, celui-là même qui éclipsa les élections municipales de 1965 et tenait la France en haleine devant l'insoutenable suspense de la série télé en noir et blanc (Écran noir . fr). Pour Bélphégor, c'est évidemment le mot « feuilleton » qui s'impose.

Les séries télévisées, puisque « séries » il y a, sont normalement destinées à divertir le grand public, mais on constate une dérive sociale ou socialisante. Et un grand nombre de séries – si ce n'est toutes –, diffusées en France, sont placées sous le signe du politiquement correct : pas un mot plus haut qu'un autre, pas une pensée plus haut qu'une autre. FR3 a même interrompu la série britannique Inspecteur Barnaby car son producteur se vantait du fait qu'il n'y apparaissait aucun homme de couleur. FR3, encore elle, a interrompu la série allemande Inspecteur Derrick car son principal interprète, Horst Tappert, avait été plus ou moins nazi durant sa jeunesse. Et pour répondre à l'exigence de « parité » par exemple, de nombreux chefs de services administratifs ou policiers sont maintenant des femmes. Dans les séries états-uniennes, on peut citer : Castle, Chase, Mentalist, N.C.I.S. (dans une première série d'épisodes), N-Y Police judiciaire, où le chef de service est une femme noire, double « discrimination positive », etc. Dans les séries françaises : Julie Lescaut, Une femme d'honneur, Le juge est une femme, Diane femme flic... Pour l'Allemagne, on note Alerte Cobra, où le chef de service est une femme. Le nombre de fliquettes, de commissairesses, de jugesses est en progression exponentielle (1).

(1) la finale en -esse, que l'auteur utilise, n'est pas du tout péjorative ; qu'on en juge plutôt : dieu - déesse, prince - princesse, duc - duchesse, comte - comtesse, etc.

Les séries policières ne veulent pas seulement divertir les téléspectateurs, mais encore elles ont pour ambition de montrer la société telle qu'elle est ou devrait être, et de faire la leçon aux citoyens. Et pour répondre à l'exigence de non-discrimination, de « diversité », de nombreux acteurs sont noirs ou arabes. Dans la série allemande Alerte Cobra, le héros principal Sami Garçan est joué par un acteur d'origine turque, Erdogan Atalay. Quelques homos apparaissent ça et là ou quelques asiatiques (Van Loc, flic à Marseille, avec le vrai commissaire Van Loc dans son propre rôle), mais ce n'est pas encore ça. Il manque les roux (mais il y a Les Experts de Miami, avec David Caruso), les nains (mais il y a Joséphine, ange gardien, avec Mimi Mathy) ; il manque les hémi- et tétra-plégiques (mais il y avait Robert Dacier, L'Homme de fer, avec Raymond Burr, cloué dans son fauteuil roulant). Il manque les gauchers (ah mais non ! il y avait George Bush père, vraiment gauche dans son grand opéra-bouffe Tempête du Désert, dont son bouffon de fils reprit la série dans une époustouflante « saison » 2.

Les séries dérivent donc de plus en plus vers le social, on y trouve la condamnation explicite de la pédophilie, du racisme, et la mise en avant de l'homosexualité et de l'homo-parentalité, voire de la trans-sexualité (Samantha oups !). Ce n'est pas là le rôle d'une série, destinée à divertir. Tout cela participe du grand lavage de cerveau généralisé, car les séries se vendent bien dans le monde entier. En fait, tout se passe comme s'il y avait une moralisation des séries.

Et dans un souci d'humaniser les héros de séries policières d'une part, et d'autre part pour les faire se démarquer d'Hercule Poirot, de Sherlock Holmes (les imagine-t-on amoureux ?), ou du commissaire Maigret, pour qui le comble de l'érotisme était une petite tape sur les fesses de sa femme (2), l'on rencontre maintenant des héros humains, qui rient, qui pleurent, qui baisent, qui ont des sentiments, qui ont des états d'âme, qui ont une famille, des enfants, qui ont des problèmes avec leur fille droguée ou avec leur père alcoolique – bref des personnes ordinaires. Le héros policier n'est plus une entité pensante, il ne se contente plus uniquement de « faire fonctionner ses petites cellules grises », comme Hercule Poirot. Il fait fonctionner tous ses sens. Les concepteurs de telles séries ont changé l'image du héros, ils l'ont même détruite, car le héros doit rester un être hors-norme, un exemple, un modèle.

(2) d'après les souvenirs de Jean Richard, qui incarna longtemps le commissaire Maigret à la télévision, ceci lui aurait été affirmé par Georges Simenon. Quand on sait que Simenon était surnommé « l'homme aux dix-mille femmes » !...

Les séries sont tellement nombreuses qu'on peut adopter un classement entre elles, une sorte de loi des séries. L'auteur, n'étant pas abonné à Canal+ d'une part, et ne passant pas son temps devant son téléviseur d'autre part, ne parlera pas de toutes les séries diffusées. La liste suivante n'est donc pas du tout exhaustive :

■ séries dites « policières  » où s'entremêlent assez souvent deux ou trois intrigues (intrigues croisées), prétextes à « faire » du social ou du politiquement correct. Ça dégouline de bons sentiments et de bien-pensance. L'intrigue classique : qui a tué, et pourquoi ? n'apparaît que secondaire, à la grande différence des vieux téléfilms comme Les Cinq dernières minutes, avec Raymond Souplex et Jean Daurand, Les Enquêtes du commissaire Maigret, avec Jean Richard, Navarro, avec Roger Hanin, Commissaire Moulin, avec Yves Rénier. Quant à la série Columbo, avec Peter Falk, elle connut un grand succès en France malgré des intrigues à contre-courant : on sait d'avance qui a tué ; comment Columbo va-t-il démasquer le coupable ?

Et qui se souvient encore d'Arsène Lupin, gentleman-cambrioleur, avec Georges Descrières, des Brigades du Tigre, avec François Maistre ? Tous ces vieux feuilletons télévisés étaient bien ficelés et gardent tout leur charme.

■ séries dites de « détectives  » ; un privé aide la police à résoudre une enquête. La police a toujours besoin d'aide, mais n'apprécie pas qu'on la lui apporte ; ça se passe donc souvent mal entre police et détectives. Angleterre : Les Aventures de Sherlock Holmes d'après Conan-Doyle, avec Basil Rathbone, et Hercule Poirot d'après Agatha Christie, avec Peter Ustinov ou David Suchet. En France, Nestor Burma, d'après Léo Malet, avec Guy Marchand. Ces séries s'appuyent sur des œuvres littéraires, ce qui est un gage de qualité.

■ séries dites de « profileurs  », comportementalistes ou psycho-flics. Grand succès. Ça donne l'impression qu'il peut y avoir des flics intelligents. Une des séries les plus connues est sans doute Esprits criminels, avec Joe Mantegna et Thomas Gibson. L'équipe de cette série pourchasse une espèce d'assassins qui connaît un énorme succès, à savoir les « serial killers » ou tueurs en série en français, dignes héritiers de notre brave Landru national.

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Illustration sur le fond d'un cendrier. Pour exorciser la réalité ?
(Signature – en bas à droite – illisible).

Parmi les tueurs en série, Dexter, avec Michael Hall, prend une place à part, car le héros, spécialiste des taches de sang à la police de Miami, est lui-même un tueur en série. Mais en France, on fait presque aussi bien puisqu'on a, dans un autre registre, des ministres du Trésor qui ont des comptes cachés à l'étranger…

■ séries dites d'« espionnage » comme Destination danger, avec Patrick McGoohan, ou encore Chapeau melon et bottes de cuir avec Patrick Macnee, série mi-espionnage mi-fantastique. Ces deux séries connurent un grand succès avec leur cachet très britannique (la « british touch »). On peut encore citer la série américaine Mission impossible, avec Peter Graves, aux relents de guerre froide.

■ séries dites d'« experts  », comme Les Experts de Las Vegas avec William Petersen, Les Experts de Miami avec David Caruso, Les Experts de Mahattan avec Gary Sinise, Les Experts Cyber avec Patricia Arquette. Ces séries mettent en jeu des experts de la police scientifique, héritiers de Bertillon et de Locard, avec leur arsenal de microscopes, de cotons-tiges, de pinces à épiler et – techniques de pointe obligent – de matériel scientifique dernier cri. La police délègue ainsi l'établissement des preuves au matériel scientifique. Les cotons-tiges et les écrans d'ordinateur remplacent les « petites cellules grises » d'Hercule Poirot. Gros succès, malgré des erreurs flagrantes. L'existence de toute une panoplie scientifique à la disposition de la police devrait normalement, selon Pierre Bellemare (Les Enquêtes impossibles), persuader les futurs criminels que « le crime ne paie pas ». Les Experts auraient-ils un côté disuasif, voire pédagogique ?

■ séries dites de « mentalistes  », ou manipulateurs mentaux travaillant avec la police, comme Mentalist, avec Simon Baker, ou Lie to me, avec Tim Roth. Ces séries s'inspirent des travaux de David Lieberman, spécialiste du comportement humain (livre « Never be lied to again » : On ne vous mentira plus jamais). Les héros sont censés déchiffrer les émotions et pensées cachées des suspects, grâce à la détection des « micro-expressions » et à des techniques d'inquisition mentale.

■ séries dites « judiciaires  » qui, comme leur nom l'indique, vous condamnent souvent à crever d'ennui, sauf votre respect, Votre Honneur [sic, comme on a de plus tendance à dire en France, en reprenant cet idiotisme anglais]. Certaines séries, comme N-Y Police judiciaire, avec Jerry Orbach et Sam Waterston, ou comme Les Cordier, juge et flic, avec Pierre Mondy et Bruno Madinier, mêlent l'aspect policier et l'aspect judiciaire. Le plus étonnant est le côté marchandage voire maquignonnage du système judiciaire états-unien dans N-Y Police judiciaire : si son client plaide coupable, l'avocat peut s'entendre avec le procureur sur la peine à subir.

■ séries dites « médicales  », décrivant la vie du personnel dans un hôpital, avec ses aventures, ses mésaventures. À crever d'ennui, sans espoir de recouvrer sa santé mentale. Beaucoup de femmes regardent Urgences à cause de l'acteur George Clooney, qu'elles trouvent “ sexy ” en diable. Quelques amis de l'auteur, médecins, ne se gênent pas pour dire que des séries comme Docteur House, avec Hugh Laurie, ou Grey's Anatomy, avec Ellen Pompeo, constituent un délire sur le plan médical. L'auteur leur laisse la liberté de ces propos.

■ séries dites « westerns  », comme Au nom de la loi, avec Steve McQueen le chasseur de prime, Zorro le justicier, avec Guy Williams, ou La Flèche brisée, avec Michael Ansara dans le rôle de Cochise. Ces séries sont tombées en désuétude, le mythe du far-west ayant vécu. Nos hommes politiques actuels préfèrent se tourner vers le near-east pour le bombarder à loisir.

Et même un chien jouait dans une série western, Rintintin. On pourrait d'ailleurs faire une étude sur les séries mettant en scène des animaux, surtout des chiens : Rintintin, cité ci-dessus, Belle et Sébastien, Rex chien-flic… Il y a aussi en France une série mettant en scène des perroquets, série visible tous les soirs à 20 heures sur toutes les chaînes ; elle s'appelle Le Journal télévisé.

■ séries dites « carcérales  » comme Prison break, où le téléspectateur est prisonnier d'un programme ennuyeux. À crever d'ennui.

■ séries dites « d'action », c'est-à-dire souvent de violence, comme Sons of Anarchy avec Ron Perlman, Nikita, d'après le film de Luc Besson, Chicago Police department, avec Jason Beghe, Blindspot, avec Jaimie Alexander, etc. À crever d'ennui, car la violence répétitive devient lassante.

Certaines séries tournent autour de la drogue comme On wire (Sur Écoute), série consacrée au trafic de drogue à Baltimore, ou Narcos (Les Trafiquants) qui tourne autour de la vie de Pablo Escobar. Ces séries, étrange paradoxe, arrivent à rendre presque sympathiques certains truands.

■ séries dites « sentimentales  » que les chaînes fourguent durant les heures creuses pour essayer d'anesthésier davantage les neurones de retraité(e)s en phase finale d'Alzheimer et qui, comme leur nom l'indique, sont à crever d'ennui.

■ séries dites « humoristiques  » qui, comme leur nom l'indique, sont à crever d'ennui, horripilantes à cause des « rires en boîte » [triste invention américaine] et de l'humour au ras de la moquette ; il est difficile, sinon impossible, d'avoir de l'humour à jet continu, et les rires en boîte interviennent surtout à des moments pas drôles du tout. On peut citer Friends, avec Jennifer Aniston. Il est à signaler qu'en France les responsables des programmes ne traduisent pas Friends, mot trop difficile à traduire ou à comprendre sans doute, alors que la télé bulgare le fait : Приятели (priyatéli : Les Amis). Il est évident que les Bulgares comprennent l'anglais aussi bien, sinon mieux, que les Français, cela ne les empêche pas de traduire le titre.

■ séries dites « musicales  » qui, comme leur nom l'indique (Glee), sont collantes comme la glu. À crever d'ennui. Il est à signaler que des chanteurs-brailleurs sont souvent invités en « guests stars » dans nombre de séries comme décor musical.

■ séries dites « fantastiques  » qui, comme leur nom ne l'indique pas, n'ont souvent rien de fantastique. On se souvient de L'Homme invisible, avec Tim Turner, ou d'X files, avec David Duchovny. Mention spéciale pour les vampires avec la série Buffy contre les vampires, avec Sarah Gellar. Ces vampires-là ne vampirisent que votre patience.

■ séries dites de « science-fiction ». À crever d'ennui. Parmi les plus connues : la série anglaise Doctor Who, mystérieux « docteur » qui voyage dans l'espace-temps, et Star trek, avec William Shatner (capitaine Kirk), et Leonard Nimoy (M. Spock) qui, à bord du vaisseau cosmique L'Enterprise, projettent le spectateur dans l'exploration de l'univers et de ses formes de vie étranges. Des admirateurs enthousiastes ont même recréé le langage des méchants Klingons.

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■ séries dites « médiévales  » ou « historiques », comme Kaamelott (légende arthurienne), avec Alexandre Astier, et à l'humour assez réussi par le décalage de la langue parlée, ou Game of thrones (cette dernière série serait inspirée de la suite romanesque française Les Rois maudits de Maurice Druon), que même le président Obama suivrait avec curiosité – c'est dire son manque total d'intérêt. Certains se rappeleront avec nostalgie Thierry la Fronde, avec Jean-Claude Drouot, ou Ivanhoé avec Roger Moore. Une façon de renouer avec le Moyen-Âge et l'histoire, qui disparaissent maintenant de plus en plus des manuels scolaires français.

■ On parlera peu des épouvantables épopées Dallas ou Dynastie, chroniques des riches familles états-uniennes, et qui ont dû décérébrer des générations entières de jeunes gens, pourtant promis à un brillant avenir. De telles séries brossent le portrait théorique de la société états-unienne avec des thèmes récurrents (l'argent, la prospérité, la rivalité entre familles, la sexualité…).

■ Quant aux séries érotiques (X-Femmes, Aphrodisia, Borgia), elles sont diffusées tard le soir sur certaines chaînes, les mystères de l'amour et de la reproduction humaine n'étant pas censés intéresser un public jeune.

Comble du raffinement, des séries policières classiques peuvent mêler des personnages appartenant à ces séries avec des personnages appartenant à des séries de comportementalistes ou d'experts. Ce sont les séries croisées en français, ou des cross-overs dans le langage technico-américain des branchés de la soap télévision. A ne pas confondre avec le véhicule appelé cross-over, issu du mariage pour tous entre une voiture de sport et une voiture de ville.

Quand une série a du succès, on peut en extraire un personnage pour recréer une série dérivée, que les États-uniens appellent « spin-off », c'est-à-dire adaptation ou produit dérivé. Exemple de ce type de resucée : Esprits criminels : unité sans frontières, où un personnage des Experts de Manhattan (Gary Sinise) devient chef d'une unité de profileurs travaillant sur des cas à l'étranger. Quant à la série N.C.I.S., par exemple, elle a donné deux séries dérivées  : N.C.I.S. Los Angeles et N.C.I.S. Nouvelle Orléans.On pourrait, finalement, créer autant de N.C.I.S. qu'il y a de villes aux États-Unis.

On remarquera que les séries notées « À crever d'ennui » sont les plus nombreuses. Il est donc à supposer qu'un grand nombre de téléspectateurs français sont crevés, ou en passe de l'être. La télévision dite française crée des zombies.

Les séries les plus diffusées en France – et donc les plus populaires – sont américaines d'abord, françaises, anglaises et allemandes ensuite. Les séries espagnoles sont peu représentées à la télévision française ; on peut citer Compte à rebours avec Dani Martin (Inspecteur Corso) ; même chose avec les séries canadiennes, parmi lesquelles on peut regarder avec plaisir Mensonges avec Fanny Mallette (l'enquêtrice Julie Beauchemin), Éric Bruneau (Max Moreli, son collègue et amant), et Sylvain Marcel (Bob), trio aux techniques d'interrogatoire efficaces – sans oublier le charme de l'accent canadien français. Parmi les séries suédoises on retiendra Commissaire Winter, flic aux méthodes originales, et Code 100, collaboration électrique entre un jeune enquêteur américain et un policier suédois plus âgé et anti-américain, pour résoudre une série de meurtres à Stockholm.

Le nombre étonnant de séries tournant autour de la violence traduit la fascination morbide des humains envers le sang et la mort. La chose la plus importante dans la vie serait-elle la mort ? Et puis par exemple, dans la Divine Comédie de Dante, ce qu'on apprécie le plus, c'est l'Enfer. On s'ennuie au Paradis. L'horreur et la violence empêchent de s'ennuyer. Et l'auteur, toute honte bue, avoue qu'il lui arrive de s'endormir en regardant une petite série débile à la télé ; c'est moins dangereux pour la santé que d'absorber des somnifères, se dit-il.

Les chaînes de télévision dites françaises livrent ces séries télévisées, tout comme beaucoup d'émissions d'ailleurs, sans daigner traduire la plupart du temps les titres anglais : Person of interest, Elementary, The Originals, How I met your mother, American dad, Once upon a time, Witches of East End, Blue bloods, Blindspot, etc. Encore un asservissement aux Anglo-Saxons, de telle sorte que la télé française apparaît nettement comme le cheval de Troie des Anglo-Américains. Notons au passage que la traduction des dialogues laisse souvent à désirer, et que les répliques sont farcies d'erreurs, d'approximations, d'anglicismes d'un très mauvais effet. Les sous-titrages sont souvent rédigés avec une orthographe et dans un français très approximatifs. Avec parfois des erreurs cocasses :

Série Esprits criminels : le personnage de gauche (l'« agent » Jennifer Jareau) évoque le souvenir de sa sœur disparue, qui aurait tant aimé vivre dans une ville dont elle dépose le symbole devant sa photo (image de droite). Elle ajoute : « Elle a toujours rêvé de vivre à Paree  ». Paree ? De quelle ville, diable, s'agit-il ?

Le fond sonore des séries états-uniennes modernes empêche le plus souvent d'entendre clairement les dialogues. Au reste, les dialogues sont souvent plats, les répliques – prévisibles, et l'humour éventuel – convenu. Les séries américaines sont réunies en des suites ou des séries d'épisodes appellées « saisons » ; elles sont habituellement composées d'épisodes de 40 à 45 minutes chacun, laissant place à 10 - 15 minutes de pub. Ce format impose ainsi un rythme trépidant, souligné par les différentes explosions de sons, martèlements tamtamesques et tapages divers – une débauche de décibels s'engouffrant dans les oreilles des téléspectateurs – que les États-uniens appellent non sans humour « musique » qui, non seulement accompagnent l'action, mais encore se substituent presque à elle en tenant le spectateur en haleine. Il suffit d'écouter l'introduction musicale des Experts de Miami pour s'en convaincre. Il s'agit d'une musique proprement « abruitissante », un déchaînement de violence sonore qui agresse et esquinte les oreilles et les cervelles. La violence sonore, ici, accompagne la violence de l'action.

Détail qui a son importance : les séries remplacent avantageusement les films ; les chaînes peuvent en fourguer plusieurs d'affilée dans une soirée ; elles ont l'habitude aussi de repasser en boucle les mêmes épisodes ad nauseam, pour bien imprégner notre mental de l'inénarrable esprit criminel propre aux Etats-uniens.

Les séries font désormais partie de la culture populaire mondiale et de l'imaginaire collectif. Elles imprègnent le conscient et l'inconscient des téléspectateurs. Des hommes politiques n'hésitent pas à faire référence à elles dans leurs interventions et discours. Les séries sont généralement diffusées à heures fixes, certains jours déterminés, afin de fidéliser les téléspectateurs, qui retrouvent avec plaisir la série à laquelle ils sont habitués, à laquelle ils sont accros. Les réalisateurs des séries se servent du pouvoir de l'image pour conditionner des millions de personnes, et les rendre dépendants (« addiction » télévisuelle). C'est la victoire de la politique dite de divertissement, pascalien ou non, que les États-uniens appellent entertainment. La plupart des séries, si ce n'est toutes, consacrent la victoire des bons contre les méchants, dans un éternel manichéisme simpliste et rassurant. Le Bon Dieu a toujours le dernier mot contre le Diable.

Les séries sont destinées à conditionner la façon de penser et de vivre du brave peuple ; c'est un formatage bas niveau, comme disent les informaticiens, formatage secondé par l'anesthésie des consciences et par les mensonges perpétrés par les journalistes présentateurs de journaux télévisés. Les séries sont destinées à ôter toute faculté intellectuelle à l'humanité actuelle, pour proposer un nouveau « prêt à penser » (nouvelles normes, nouveaux modèles, nouveaux « codes »), et un nouveau « prêt à dépenser » par l'intermédiaire des réclames publicitaires. On sait que le téléspectateur n'est plus que du « temps de cerveau disponible pour Coca-Cola » selon Patrick Le Lay. Les séries télévisées consacrent le triomphe de la lobotomie mondialisée et de l'uniformisation mentale et émotive des humains.

La grande majorité des séries diffusées en France et en Europe, d'origine anglo-américaine, donnent à penser que les responsables des télévisions nationales ont décidé que les Anglo-Saxons ont presque seuls le monopole des modèles de vie, et qu'il faut donc adopter leurs normes. En on peut affirmer sans se tromper que télévision, divertissement et publicité se conjuguent pour la promotion du soft power (pouvoir insidieux) états-unien (3). L'homme est réduit au plaisir de regarder, réduit à sa « pulsion scopique » où, en regardant une série, l'œil fait éprouver jouissance ou horreur, et par là-même on se persuade de vivre. Les séries donnent l'illusion de la vie. C'est finalement tout ce que les dirigeants attendent des citoyens en leur servant à grandes louchées la soupe populaire des séries : regardez, consommez, gavez-vous, vivez par procuration, mais défense de penser.

(3) ce n'est pas un hasard si une grande partie des publicités sont maintenant débitées en anglais, sur des « chansons » en anglais, dont on ne comprend pas un traitre mot.



118 réactions


  • howahkan 4 octobre 2016 09:33

    Merci, le pouvoir propose et la masse accepte.......... smiley


  • Francis JL 4 octobre 2016 10:19

     Intéressant et informatif. Merci pour le partage.

     
     Si vous ne connaissez pas, je vous conseille l’excellente série : « Les petits meurtres d’Agatha Christie », qui repasse actuellement sur France 2 le vendredi soir.
     
     Une série bien française et qui présente la particularité d’être interprétée d’une saison l’autre, par deux équipes différentes d’excellents comédiens jouant les rôles soit du commissaire Swan Laurence, sa secrétaire Marlène et la journaliste Alice Avril, soit du commissaire Larosière et de son adjoint Lampion (interprété par le fils de Coluche).
     
     Le seul reproche que je ferais à cette série, ce sont les scènes de crimes un peu trop détaillées ne permettent pas de laisser les enfants regarder, ce qui est regrettable étant donné la qualité d’ensemble.

    • ricoxy 4 octobre 2016 11:53

      ►JL
       
      Je retiens le conseil de regarder « Les petits meurtres d’Agatha Christie » le vendredi soir sur la 2. Mais ma femme aime regarder « N.C.I.S., enquêtes spéciales », série qui passe également le vendredi soir, mais sur M6. Vous allez être la cause de scènes de ménage...
       


    • Francis JL 4 octobre 2016 12:29

      @ricoxy,

       
      j’en suis désolé. 
       
       Vendredi prochain, il y a double dose, deux épisodes.
       
       A noter : « Meurtres au paradis », une série britannique qui suivra sur la même chaîne (le plus souvent sur France O) à 0H15, et qui ne manque pas de charmes, mais dont on se lasse assez vite.

    • Captain Marlo Fifi Brind_acier 4 octobre 2016 13:25

      @ricoxy
      Dommage que le vendredi soir, je regarde « Silence, ça pousse ! ».
      Ce que vous n’expliquez pas, ce sont les raisons de cette invasion de films, téléfilms et autres machins de téléréalité américains ? C’est lié au Plan Marshall : « Les accords Blum Byrnes » de 1946, pour imposer par le divertissement le modèle de vie américain.


      Puis au fait que sournoisement la CIA a infiltré la culture.

      Nos z’élites ont longuement hésité pendant la guerre, entre soutenir les nazis ou attendre les Américains... . C’est de Gaulle qui a été l’empêcheur de tourner en rond, tant qu’il a été là.
      Puis de Gaulle parti, nos z’élites ont suivi leur pente naturelle à toujours se soumettre à l’étranger....
      « Les élites françaises entre 1940 et 1944 », par Annie Lacroix Riz.
      Rien n’a vraiment changé depuis.

    • Abou Antoun Abou Antoun 4 octobre 2016 14:53

      @Fifi Brind_acier
      C’est lié au Plan Marshall : « Les accords Blum Byrnes » de 1946, pour imposer par le divertissement le modèle de vie américain.
      Parfaitement exact ! Mais cela va plus loin, les séries américaines sont également des outils de propagande. Il ne s’agit pas seulement de donner une image flatteuse du pays et de promouvoir « l’american way of life » mais également de faire partager les valeurs américaines et finalement de justifier la politique américaine. Ainsi on peut se demander quel est l’outil de propagande le plus efficace, le J.T. avec ses gros sabots où la série plus subtile et subliminale.


    • Captain Marlo Fifi Brind_acier 4 octobre 2016 20:59

      @Abou Antoun
      Je pense que tout ce qui dissimulé est bien plus efficace que « les gros sabots » !
      Cf PSYWAR- La guerre psychologique. Bien qu’à force de travestir les réalités sous des mots fluctuants, on peut se poser la question aussi sur l’influence des gros sabots...


      En France, les médias parlent de terroristes (qui contient le mot terreur), mais les mêmes, en Syrie, sont « des rebelles », connoté quasiment avec « révolutionnaires », et plus du tout avec le mot « terreur » ! Ils parlent de « Gouvernement américain », mais du régime d’Assad...

      Nous ne mesurons pas bien l’étendue du maillage tissé par les ONG et les Fondations, dans tout le domaine culturel... Ces organisations, qui n’ont de comptes à rendre à personne, disposent de moyens financiers énormes pour influer sur la culture. A part des réserves que je peux avoir sur le Mouvement Occupy ( il a été soutenu par Soros) , ce texte sur le rôle des ONG, et autres fondations, me semble dévoiler une face cachée de l’ingérence.
      « ONG, fondations, corporations et financements »

    • Abou Antoun Abou Antoun 4 octobre 2016 22:57

      @Fifi Brind_acier
      Enfin, le J.T. c’est aussi une sorte de série. Il y a le bon (Obama), la brute (Poutine), le truand (Sarkozy), et
      le benêt. Tous les jours une nouvelle aventure ....


    • ricoxy 4 octobre 2016 23:16

      ► Fifi Brind_acier
       
      N’oubliez pas non plus le plan AMGOT (Allied Military Government of Occupied Territories) auquel s’opposa de Gaulle.
       


    • Captain Marlo Fifi Brind_acier 5 octobre 2016 08:29

      @ricoxy
      Bonjour, oui l’ AMGOT, « Quand les Américains voulaient gouverner la France ».C’était une monnaie copiée sur le dollar, que les soldats américains ont distribué lors du débarquement. Cela ne touchait pas à la culture directement.


      C’est de Gaulle qui a fait retirer fissa cette monnaie de singe.
      Annie Lacroix Riz explique « Comment la France passa de l’ère allemande à l’ère américaine »
      On le voit en Syrie, quand ils ont une idée en tête, les Américains, vous les sortez par la porte, ils rentrent par la fenêtre... !!

    • chantecler chantecler 5 octobre 2016 09:09

      @Fifi Brind_acier
      Rassure toi !
      Je n’ai pas l’intention de répondre à tes commentaires en permanence ...
      Simplement te signaler que puisque tu te réfères à l’histoire , les choses sont autrement plus complexes que les résumer en quelques slogans .
      Qui exclut le contexte .
      Alors je suggère la lecture du livre d’histoire « De Munich à la Libération » de Jean-pierre Azéma .
      Coll. point H114 .
      Et de t’intéresser au chapitre 5 « les relèves » et au chapitre 6 « libérés et insurgés » .
      Qui décrit les problématiques et les rapports de force .


    • Captain Marlo Fifi Brind_acier 5 octobre 2016 17:44

      @chantecler
      Je me réfère volontiers à Annie Lacroix Riz, cela devrait vous convenir, non ?


    • chantecler chantecler 5 octobre 2016 19:15

      @Fifi Brind_acier
      Ca me convient mais ça ne me suffit pas .
      A.L.R est une historienne très controversée et vous le savez très bien .
      S’en référer est prendre le risque de ne pas être crédible .
      Et je doute qu’elle soit la tasse de thé de F. Asselineau .
      Ou alors c’est qu’il construit son discours en amalgamant tout ce qu’il trouve .


    • Captain Marlo Fifi Brind_acier 9 octobre 2016 11:49

      @chantecler
      Manque de bol, Annie Lacroix Riz a été invitée à l’Université de l’UPR en 2013, où elle a fait un exposé sur les origines de l’ Union européenne, et Asselineau l’apprécie beaucoup....


      Vous devriez vous souvenir que le modèle social français que l’ UE et le patronat veulent détruire, sont le fruit de l’association des Gaullistes et des Communistes..

      Enfin, je veux dire..... des Communistes d’avant Mitterrand.
      Parce que ceux d’après, ils ne savent plus vraiment où ils habitent ....

  • Etbendidon 4 octobre 2016 10:37

    Remarquable travail de compilation (un peu trop long ?)

    Excellent article que j’ai lu à défaut d’autre chose (vu le reste ...)

    Si votre titre avait été plus flashant je me serais précipité de suite. Par exemple « comment les séries télévisées nous lavent le cerveau « ou plus cru : « comment les séries télévisées nous rendent cons »

    BRAVO quand meme j’ai noté five stars

     smiley

    * Il me semble que vous avez oublié “poubelle la vie” sur FR3 que je n’ai jamais regardé !



    • ricoxy 4 octobre 2016 11:46

      ►Etbendidon
       
      Merci pour votre commentaire.
       
      « Comment les séries télévisées nous rendent cons » : Charlie Hebdo avait fait sa couverture avec « Hanouna, le virus qui rend con ». J’aurais évidemment pu proposer des titres invraisemblalbles : « Série, fais-moi peur », « Série, j’ai rétréci le cerveau des gosses »... Je me suis limité à un titre neutre et très conventionnel, même si le lavage de cerveau est finalement le but, avoué ou non, des séries télévisées.

       
      Quant au nombre des séries, il en existe des dizaines et des dizaines... Difficile de faire un choix, d’autant plus que je me suis limité aux séries diffusées en France et, surtout, que j’ai pu regarder. Pour étudier le phénomène, il faudrait une petite équipe.
       


    • Captain Marlo Fifi Brind_acier 4 octobre 2016 21:07

      @ricoxy
      Bonsoir, si ça rend cons, vous devriez vous abstenir de poursuivre vos travaux archéologiques dans les tréfonds de la médiocrité ...


    • ricoxy 4 octobre 2016 23:19

      ►Fifi Brind_acier
       
      Je suis immunisé : chaque soir j’avale plusieurs pages de Frédéric Dard trempées dans de l’armagnac.
       


  • Abou Antoun Abou Antoun 4 octobre 2016 10:52

    Bonjour ricoxy,
    Félicitations pour votre excellent travail. Un article comme celui-ci ne se pond pas en un quart d’heure sur un coin de table. Voilà un article comme on les aime, profond, documenté, porteur d’information.
    Un aspect qui n’est pas développé est l’aspect économique. La série c’est des heures de production à (très) bon marché. Un (vrai) film, même un nanar, coûte cher (scenar, décors, figurants, frais de tournage extérieurs, etc. etc.).
    La série est optimisée du point de vue des coûts de production. Pas de véritable scenario, il suffit d’inventer une à une les histoires de la famille Duraton du 21-eme siècle et de saupoudrer avec un peu de cul et beaucoup de bien-pensance. L’équipe d’acteurs est réunie une fois pour toute et signe un contrat au moins pour une saison. La majeure partie de l’intrigue se déroule ’en chambre’.
    Je soupçonne également de juteux contrats publicitaires avec les marques (bagnoles, costards, etc...). Si ça se trouve le tournage rapporte...
    A la différence du cinéma Il n’y a aucun risque dans la mesure où les séries sont souvent vendues aux chaînes télé avant même que d’être produites.
    Je reviendrai, si j’en ai le temps, sur certains des points que vous soulevez, le plus souvent pour abonder dans votre sens.
    Bonne journée.


    • ricoxy 4 octobre 2016 12:25

      ►Abou Antoun
       
      Merci pour vos remarques.
       
      J’ai, comme vous le signalez, omis de parler de l’aspect économique. Il est vrai que les séries télévisées, c’est un peu comme les grandes surfaces par rapport aux petits commerçants : on y trouve toutes sortes de produits, à des prix prétendument intéressants, mais dont la qualité laisse souvent à désirer. Quand on veut faire du chiffre, tout les moyens sont bons.
       
      « Je soupçonne également de juteux contrats publicitaires avec les marques (bagnoles, costards, etc...). Si ça se trouve le tournage rapporte... ». C’est sans doute vrai. J’ai été intrigué, par exemple, par le renouvellement constant des vêtements portés par les personnages de certaines séries françaises.
       


  • Taverne Taverne 4 octobre 2016 11:45

    C’est dommage que vous ne parliez pas des quelques (rares) bonne séries françaises : Borgia, Ainsi soient-ils (excellent), Kaboul kitchen, Loin de chez nous, Au service de la France, et éventuellement Un village français et Nicolas Le Floch, ainsi que deux ou trois autres qui méritent qu’on en parle mais que j’ai oubliées. Mais il y a longtemps que l’on aurait dû virer l’équipe fiction de France 2 qui ne produit rien de bon sinon un téléfilm correct de temps en temps. Les meilleurs producteurs étant France 5, Arte, Canal Plus...

    On ne fera plus aussi bien que ces vieilles Brigades du tigre !


    • Abou Antoun Abou Antoun 4 octobre 2016 12:05

      @Taverne
      Bien sûr, sans oublier ’Brie Comte Robert’ qui commence à dater, mais qui est intéressant d’un simple point de vue historique. Aujourd’hui impossible ....


    • velosolex velosolex 4 octobre 2016 12:49

      @Taverne
      A noter aussi cette excellente série italienne, « gomora » issue de l’oeuvre de Saviano, et qui correspond pour moi à un modèle du genre. Une série qui fait froid dans le dos, et qui montre le vrai visage de la psychopathie, en n’omettant pas de développer les mécanismes d’incorporation à la mafia, ses déclinaisons, ses conséquences, la paranoia concomittente, comme dans un shakespeare. On comparera avantageusement à « breaking bad », sans doute de qualité aussi, mais qui esthétise et justifie souvent la violence, dans un univers où la fiction est beaucoup plus prégnante il est vrai. 

      Roberto Saviano : « Tout ce que montre “Gomorra” est vrai » - Le

    • L'enfoiré L’enfoiré 4 octobre 2016 14:41

      @Taverne,


       Bien d’accord.
       Il n’y a plus que des séries américaines sur nos petits écrans.
       Alors, parfois, on sort une ou deux séries belges.
       Et nous l’avons en plus vendue à la télé française.
       Tu ne te souviens pas de « La Trève » qui est passée récemment sur vos écrans.
       Il y a une autre « Ennemi public » vous parviendra bientôt.
       mais comme toujours, il faut des sous pour produire. smiley

  • velosolex velosolex 4 octobre 2016 12:03

    Gros travail, ce qui vaut un coup de chapeau. Le sujet est riche, et amènerait bien plus de commentaires que ces quelques lignes. Quelques bémols : L’auteur semble se désoler du contrôle étatique, qui me semble indispensable : « Les séries dérivent donc de plus en plus vers le social, on y trouve la condamnation explicite de la pédophilie, du racisme, et la mise en avant de l’homosexualité et de l’homo-parentalité, voire de la trans-sexualité (Samantha oups !). Ce n’est pas là le rôle d’une série, destinée à divertir. »...La responsabilité des créateurs est évidemment importante, et appelle forcément une censure. Pour moi ce mot ne doit pas être tabou : Il va de soi que la mise en esthétisme de la violence et de la psychopathie peuvent engendrer à leur tour une autre violence, non virtuelle cette fois. Ce qui en devrait plus être à prouver, tant les exemples abondent, mais qui continue à être nié par le monde des créateurs, du moins certain, on devine lesquels....Mais pourtant chacun admettra que la publicité qui est une fiction agit sur les comportements, et l’impulsion....

    C’est pour cela que je suis très dubitatif quand je vois une certaine esthétisation de la violence. Des fictions, il y a toujours les bonnes, et les mauvaises. Chacun aura sa liste. Celles du passé offrent à les regarder un intérêt sociologique. Regarder « Belfégor », « l’homme du picardie », ou « Janique aimée », en apprendra autant que Bourdieu sur le début des années 60...« Belfégor » avait cela pour lui que la réalisation, la prise de vue, et le tempo sont admirables. 
    Ce feuilleton qui a fait date marque aussi une ambition, qui s’est développé, et a fait des émules, surtout de nos jours : La qualité de réalisation est parfois bien supérieure à des longs métrages. « Twin peaks » a fait date lui aussi. Un véritable chef d’oeuvre qui a marqué et influencé beaucoup...J’ai vu dernièrement sur arte « au delà des murs », qui est de la même veine. Une réalisation franco belge si je ne me trompe et que je recommande chaudement à tous. On y trouve des clins d’œil à des films comme « le tour d’écrou », « les autres », prouvant que fictions tv et cinéma se rejoignent et s’influencent. 

    • epicure 4 octobre 2016 16:47

      @velosolex

      Pour ce qui est de l’incitation à la violence, ce que tu dis est inexact.
      Les études montrent plutôt l’inverse, la violence télévisuelle ou cinématographiques ont un effet de catharsis.
      Sauf sur quelques individus « dérangés ».


    • velosolex velosolex 4 octobre 2016 19:25

      @epicure
      Bonsoir. Je suis très circonspect devant ce genre d’études, faites par les médias mainstream, qui sont juges et partis. De Leni Rifenstael qui filma les jeux de Berlin et fit la propagande des nazis, la violence peut être bien sûr encouragée par les promotions que sont certains films « esthétisant ». Rajoutez un peu de musique et c’est ainsi que les anciens envoyaient les troupes au front. Sur les écrans, cela donnera « Orange mécanique », qui sera déprogrammé dans certaines villes, en raison des passages à l’acte conséquents au visionnage...D’autres exemples sont légions. La censure n’a pas d’autre but que d’accepter de se confronter à sa responsabilité, quand bien sûr elle agit dans ce sens de protection et d’anticipation

       Bien sûr, les gens éclairés feront la différence, mais les gens dérangés, fragiles,comme vous dites, ou trop jeunes, ou parfois les trois, pourvu en plus qu’ils soient en bandes, s’identifieront aux héros....Pourquoi croyez vous que les publicitaires seraient appelés à grand frais, si les incitations qu’ils créaient, au delà des fictions incitatives, n’étaient pas entendus. 
      Les créateurs reconnaîtraient que l’image peut agir sur l’inconscient quand ça les arrange, et le refuserait quand cela les dérange, et atteint leur liberté...Un peu de logique et de cohérence, tout de même......Le problème vient donc de l’identification possible, des messages subliminaux, et il faut bien avouer que le standard du héros et du modèle a bien évolué depuis les années 50 : Du héros défendeur de la veuve et de l’orphelin, nous avons vu l’émergence du psychopathe, qui viole la veuve, tue l’orphelin après l’avoir torturé.
       Les jeux video sont de même compositions ambigus et manipulateurs, aptes à faire évoluer les individus vers une indifférenciation affective. Ainsi l’armée américaine avait remarqué que ces tireurs d’élite étaient moins performant quand ils tiraient à balle réelle sur des cibles simulant l’homme, que sur des cibles rondes. Les psychologues ont supposé que cette marge était due à une mauvaise conscience, à une limite morale devant ce qui s’apparente à un meurtre. Nous voici donc dans l’empathie, identification, amenant la contre performance. Obstacle que les cliniciens ont donc dépassé en faisant passer les soldats par une étape : Le jeu video, qui les désensibilisée, et les a rendu moins humains, mais plus performants, si l’on peut dire ainsi.

    • Captain Marlo Fifi Brind_acier 4 octobre 2016 21:02

      @epicure
      L’image absorbe le regard et neutralise la réflexion.


    • ricoxy 4 octobre 2016 23:36

      ►velosolex
       
      « Twin peaks » a fait date lui aussi »
       
      Je n’ai jamais vu Twin peaks, qui apparemment était diffusé sur La Cinq, la chaîne de Berlusconi, dans les années 90. D’après le synopsis, une étrange histoire autour de la mort d’une certaine Laura Plamer.
       


    • ricoxy 4 octobre 2016 23:38

      rectif :
       
      Laura Plamer
      = Laura Palmer
       


    • velosolex velosolex 5 octobre 2016 09:13

      @ricoxy
      Twin peaks est réalisé par David Lynch, ceci explique cela, à tout pour envouter : Un huit clos dans une vallée, hors de laquelle les caméras ne sont hasarderont pas. Une intrigue étrange sur fond d’ingénuité et de perversion, où le bien et la mal, version gore et fantastique, font un bras de fer permanent, comme dans « la nuit du chasseur », des seconds rôles formidables qui ne dépareraient pas dans « Alice au pays des merveilles », telle « la femme à la buche », qui se promène sans cesse comme avec un bambin avec son bout de bois, quelques beaux jeunes gens rappelant James Dean ou les héros de Sallinger, une étrange notion de temps immobile qui n’appartient qu’aux contes pour enfants, c’est ce mélange des genres accompli qui a fait recette, le tout sur une bande son qui ne vous quitte plus. 

      Vous avez de la chance de ne pas connaitre, il vous reste à découvrir ce bijou.

    • ricoxy 5 octobre 2016 14:01

      ►velosolex
       
      « La responsabilité des créateurs est évidemment importante, et appelle forcément une censure. »
       
      La censure, c’est comme l’alcool : il faut l’utiliser avec modération. Sinon, on tombe dans des travers détestables : pas un poil qui dépasse, tout doit être « correct ».
       
      « C’est pour cela que je suis très dubitatif quand je vois une certaine esthétisation de la violence. »
       
      La violence et l’agressivité sont inhérentes à l’homme, et cela lui a permis de dominer la nature. Mais quand on les érige en mode de vie normal, il faut s’attendre à des débordements suicidaires. En ce qui concerne le petit écran, la violence à la télévision occupe trop de place, même dans les programmes destinés aux jeunes (lire à ce propos TV Lobotomie, de Michel Desmurget ; c’est édifiant).
       


    • epicure 5 octobre 2016 16:07

      @velosolex

      pourquoi rattacher les études aux médias mainstream tout de suite ?

      Tu oublies que le jeux vidéo peut servir de soupape, de défouloir aux gens pour se décharger des pulsions violentes, plutôt que de les exprimer dans la vrai vie.
      Dans les sociétés anciennes, ceci n’existait pas, du coup on désignait une sorcière pour laisser se défouler la foule.

      Le fait est que les passages à l’acte sont très rares par rapport au nombre de gens qui regardent les films et séries, et jouent aux jeu vidéo.
      Pour un cas qui pète les plombs et fait la une des journaux, combien de millions de gens qui ne passent pas à l’acte.

      En fait ton discours serait valable si les pétages de plomb étaient plus courant, plus significatifs parmi les jeunes.
      Mais comme remarqué, je ne nie pas que des gens fragiles, puissent passer à l’acte.

      De toute façon, les manipulations pour désensibiliser les gens cela existe depuis longtemps. Et encore dans le temps ils combattaient face à face avec des armes blanches.
      Le fait que même à distance , les snipers aient des problèmes de conscience, montre comment nos sociétés ont évoluées, malgré les grosses imperfection, par rapport aux temps anciens.

      La question à se poser, est que se passerait il dans notre société conflictuelle, si les gens n’avaient pas l’effet catharsis de la télé, du cinéma et des jeux vidéos ?


    • velosolex velosolex 5 octobre 2016 21:22

      @epicure et ricoxy

      Plusieurs phénomènes sont surement en jeu dans les passages à l’acte : La perte des repères, la levée des inhibitions, les caractère psychopathique de certains individus, débouchant sur l’absence d’empathie, le fonctionnement en groupe...Tout cela me se centrifuger et marcher de concert. Alors oui surement que les jeux video la dedans ne sont que marginaux, autant que certaines œuvres de fiction, à ceci dit qu’elles servent d’exemple et d’identification à des gens fragiles...Ne manque plus que l’occasion, un pauvre clodo sur son sac de couchage la nuit qui va se faire agresser par quelques jeunes de bonnes familles ; avez vous lu « le diner » de Koch, par exemple. Une fiction la aussi mais qui fait réfléchir. Pour mon compte ayant travaillé en psychiatrie toute ma vie, je n’ai pas de certitudes absolue, j’ai juste rencontré des individus des deux bords. 
      Pour le reste je ne suis pas sûr que les snipers aient des problèmes de conscience ; plus vous vous éloignez de la cible et plus cela devient virtuel. Cela me rappelle le troisième homme, un vieux film, ou jouait orson wells, et qui parlait de ces choses liées au bien et au mal, et à la facilité de passage à l’acte de certains individus, qui se sentent autorisés, car supérieurs aux autres dans leurs vues...Mais le vrai psychopathe n’aura pas besoin de prétexte. Son manque d’empathie et d’émotion le privant de l’accès à l’’émotion naturelle, liée à la compassion et au partage, il ira chercher celle ci dans la souffrance des autres. 
      La question qu’on peut se poser est celle ci ; La psychopathie est elle inée, ou aquise, et alors comment se construit-elle. Des mécanismes culturels et sociétaux la développent elles aussi ?...

    • ricoxy 5 octobre 2016 22:58

      ►velosolex

      « Vous avez de la chance de ne pas connaitre, il vous reste à découvrir ce bijou. »
       
      Merci du conseil. Je vais essayer de trouver un site de streaming qui diffuse cette série.
       


    • velosolex velosolex 6 octobre 2016 10:59

      @ricoxy
      Le danger quand on attend trop, après des commentaires dithyrambiques, est d’être parfois un peu déçus. J’espère que cela ne sera pas votre cas, mais de « twin peaks », certains ne parviennent jamais à entrer dans cette petite ville étrange, figée quelque part dans le siècle d’avant. Surtout prévilégiez la version VO, celle en français étant insipide, le travail de la voix de certains acteurs, étant très important.


  • velosolex velosolex 4 octobre 2016 12:19

     « L’homme est réduit au plaisir de regarder, réduit à sa « pulsion scopique » où, en regardant une série, l’œil fait éprouver jouissance ou horreur, et par là-même on se persuade de vivre. Les séries donnent l’illusion de la vie.  »

    Oui, sans doute. Mais attention au mépris du petit écran, et à celui du téléspectateur, qui ne regarderait et apprécierait le monde, qu’à travers le prisme de la tv, comme un parfait Bidochon. On peut lire le livre et admirer son adaptation, ou non, comme pour la série de willander, par exemple. Les créations sont des tremplins vers les autres moyens d’exploration, sachant que le livre pour moi restera inégalable dans le sens où c’est le lecteur qui crée les images, à partir d’un texte qui ne lui appartient pas ; en ce sens, c’est lui le metteur en scène.
     Mais tous les metteurs en scène aiment aussi s’abandonner dans un fauteuil, et se laisser aller dans le courant des autres, prisonnier de la fiction. 
    Quand nous n’oubliez pas que c’est une fiction, et que vous devinez partout les cameras posés autour de vous, allez plutôt faire un tour en vélo, pour jouir du plus grand travelling du monde. 

    • ricoxy 4 octobre 2016 23:45

      ►velosolex
       
      Avec l’écran, grand ou petit, le spectateur est en quelque sorte pris en charge, bercé par l’image, qui l’infantilise. Le spectateur absorbe, passif, l’image ; il n’a pas à tout reconstruire comme dans la lecture, phénomène actif.
       


    • Captain Marlo Fifi Brind_acier 5 octobre 2016 08:32

      @ricoxy
      Vous ne voulez pas faire un article avec des listes de livres intéressants à lire, plutôt, pour relever le niveau ??


    • ricoxy 5 octobre 2016 14:05

      ►Fifi Brind_acier
       
      Merci du conseil ; je vais y travailler. Mais cela sera forcément subjectif, telle œuvre qui m’enchante ne trouvera aucun écho auprès d’un autre lecteur...
       


  • Abou Antoun Abou Antoun 4 octobre 2016 12:50

    Il arrive que le cinéma verse dans la série.
    James Bond, Star wars, Alien, Taxi, etc...
    Là encore les raisons sont économiques. Si un film trouve sa ’niche’ le tournage du numéro 2 est presque sans risque, si le 2 fonctionne on passe au 3 etc... jusqu’à ce que le public s’essouffle, se lasse.
    Grosse différence, les films ’séries’ sont souvent des films à gros budget, avec de vrais acteurs, des effets spéciaux et quelquefois un peu d’humour (James Bond).


    • ricoxy 4 octobre 2016 23:49

      ►Abou Antoun
       
      « et quelquefois un peu d’humour (James Bond). » Je ne vois pas trop l’humour avec Daniel Craig. C’est un peu Craignos..
       


  • Abou Antoun Abou Antoun 4 octobre 2016 12:53

    Il serait intéressant, d’un point de vue purement statistique, de voir le pourcentage de séries diffusées par chaque chaîne de grande écoute (TNT par exemple). Si j’ai le temps je m’y mettrai. il me semble que TF1 doit arriver dans le peloton de tête avec des séries presque exclusivement américaines.


    • ricoxy 5 octobre 2016 00:08

      ►Abou Antoun
       
      Ce soir, 4 octobre :
       
      Sur TF1, festval de séries américaines : Blindspot et Arrow.
      Sur M6  : série humour français avec Franck Dubosc (Dubosc ne m’a jamais amusé), puis En Famille, série française. A quand Sans famille ?
      Sur TMC  : Profilage, série française
      Sur Gulli (chaîne destinée aux enfants) : Chica vampiro, un truc de vampires, avec Dracula dans le rôle du papa. Série colombienne ; la Colombie n’exporte donc pas que de la drogue. Puis Zig et Sharko (une histoire de requin). Les enfants sont gâtés.
       


    • epicure 6 octobre 2016 18:34

      @ricoxy

      le mardi c’est soirée séries américaines sur TF1.
      Par contre,le jeudi ce sont des fictions françaises.

      Pour Fr2 c’est le lundi ( séries étrangères, belge récemment ) et le vendredi, respectivement.

      En fait si on regarde bien, chaque grande chaine a son créneau pour l’origine des séries, elles alternent.


  • Taverne Taverne 4 octobre 2016 12:56

    Cro Magnon, c’était 100% fonctions et 0% fiction. On est en train d’inverser complètement ce rapport. Les vies des gens se passent devant les écrans TV. Sur les réseaux sociaux et sur leurs CV, leurs vies sont fictions. La télé réalité est fiction. Même l’information comporte sa part de fiction.


    • ricoxy 5 octobre 2016 00:10


      ►Taverne
       
      « Cro Magnon, c’était 100% fonctions et 0% fiction »
       
      Nous voilà revenus au Mythe de la Caverne.
       


  • Gilles Mérivac Gilles Mérivac 4 octobre 2016 13:01

    L’étude semble être fouillée et pourtant l’article contient davantage d’énumération que de réflexion. Il n’est jamais dit, par exemple, quels sont les ingrédients qui font partie d’une série télévisée intéressante par rapport à une série « à crever d’ennui », si bien que les goûts de l’auteur paraissent arbitraires.

    Il est justement noté que les séries accompagnent et renforcent les évolutions sociales, jouant un rôle de caisse de résonance. A vrai dire, on ne voit pas comment il pourrait en être autrement puisque si l’audience diminue, la série est stoppée. Elles forment donc une histoire évolutive des mœurs qui serait intéressante à retracer, ce qui n’est pas fait ici.

    Enfin, il y a trop de jugements péremptoires que je ne partage pas. Par exemple, je considère que les scénaristes américains sont généralement bons, il suffit de comparer les dialogues avec ceux de nos propres séries. Ils n’éludent pas les questions polémiques ou dérangeantes, par exemple dans 24h chrono, doit-on torturer quelqu’un pour arrêter un attentat à la bombe nucléaire ? Et ils ont le courage de mettre en scène les événements récents, par exemple avec la série Homeland.


    • Abou Antoun Abou Antoun 4 octobre 2016 13:25

      @Gilles Mérivac
      quels sont les ingrédients qui font partie d’une série télévisée intéressante par rapport à une série « à crever d’ennui »
      Ce qui est intéressant, c’est quelque chose capable d’éveiller votre attention, donc nécessairement quelque chose d’inédit, d’inattendu, d’inhabituel. Il me semble que peu de séries trouvent grâce aux yeux de l’auteur. Je partage son sentiment que la plupart sont à ’crever d’ennui’.
      Les meilleures sont celles tirées de la littérature (Agatha Christie, Simenon, Henning Mankell, etc...). Mais peut-on alors parler de séries ? On a simplement recours au même acteur pour incarner le héros d’une série d’aventures, généralement déjà plébiscitées par le public lecteur.
      Vos réflexions concernant le rôle de ’caisse de résonance’ des séries sont intéressantes, mais vos arguments sont réversibles, les séries s’adaptent-elles aux opinions courantes, aux mœurs du moment, ou bien leur rôle est justement de les créer ou de les renforcer ?
      Je ne connais pas suffisamment les scénaristes américains pour discuter avec vous de ce sujet.
       
       


    • Abou Antoun Abou Antoun 4 octobre 2016 13:30

      Je ne connais pas suffisamment les scénaristes américains pour discuter avec vous de ce sujet.
      Cependant ce sont eux qui ont produit le pire (Dallas, Santa Barbara,,, les feux de l’amour, etc., etc.). Peut-être leur doit-on aussi le meilleur ? Homeland que vous citez, s’inspire d’une série israélienne, c’est un copié-collé.


    • L'enfoiré L’enfoiré 4 octobre 2016 14:47

      @Gilles Mérivac bonjour,


       Quels sont les ingrédients d’une série qui prouve qu’elle est réussie ?
       Du suspense, de l’originalité au départ, 
       Des commentaires entre personnes par après 
       Le problème des séries américaines, c’est qu’elles manquent souvent d’originalité ; même si prises une à une sont bien montées avec beaucoup de dollars à la clé.
       Les télés commerciales comme TF1 et RTL-TVI sont les plus friandes de ce genre de spectacles. 
       Je ne peux malheureusement pas beaucoup en parler, dès que je vois « séries » je zappe.
       Homeland, « 24h Chrono », jamais regardé.

    • ricoxy 5 octobre 2016 00:19

      ►Gilles Mérivac
       
      « si bien que les goûts de l’auteur paraissent arbitraires »
       
      J’avoue que je suis de parti-pris et d’une extrême partialité. Je suis, sans doute comme beaucoup de téléspectateurs, las des séries que les chaînes nous fourguent à longueur de temps. D’où un sentiment de dégoût. On nous gave comme des oies – libre à nous, bien sûr, de refuser de regarder la télé. Mais dans ce cas, à quoi sert de payer une « redevance » ?
       


    • Gilles Mérivac Gilles Mérivac 5 octobre 2016 09:10

      @ricoxy
      Je comprends ce sentiment d’indigestion. Le problème, est le même que celui des films. Dès qu’une série accroche le public, on en produit toute une flopée du même style mais de qualité pratiquement nulle, ce qui finit par écœurer le spectateur.

      C’est dommage, parce qu’il y a des séries intéressantes, bien que cela dépende beaucoup des réflexions de celui qui regarde.


    • ricoxy 5 octobre 2016 14:23

      ►Gilles Mérivac
       
      Morale de l’histoire : en toute chose, il faut observer la mesure, la modération. La politique qui consiste à diffuser quatre ou cinq épisodes d’une série dans une soirée, à en rediffuser quatre ou cinq autres de la même série une semaine plus tard, souvent de façon répétitive pour certains épisodes, est une façon de faire des économies sans doute, mais surtout de se moquer des téléspectateurs.
       
      A quoi sert l’argent des réclames publicitaires qui nous harcèlent ? Vélosolex a écrit qu’il fallait faire attention au « mépris du petit écran, et à celui du téléspectateur ». Ce sont surtout les chaînes qui méprisent les téléspectateurs (mensonges télévisés, non-respect des horaires, programmes débilitants d’où émergent rarement des perles...).
       


  • ecophilopat 4 octobre 2016 13:40

    Article intéressant, dommage que l’auteur se permette des commentaires ou des jugements de valeurs à propos de séries qu’il n’a manifestement pas regardées
    .
    Je ne suis pas un grand connaisseur mais je pense que la plupart des critiques faites dans cet article à propos des séries s’appliquent également au cinéma.
    .
    Je n’ai pas de tv, les série que je regardent je les téléchargent et après avoir visionné 2 ou 3 épisodes je jette ou je garde.
    .
    J’ai bien aimé, en vrac :
    Game of Thrones
    House of Cards
    Braking Bad
    Narcos, pas encore vue la saison 2
    Vikings
    Baron noir
    Black mirror (à contre courant total des critiques faites dans l’article)
    True detective, saison 1
    Tremé, pour les amateurs de Jazz et de R&B (malgré quelques faiblesses dans le scénario)
    Sur écoute (The Wire)


    • ricoxy 5 octobre 2016 00:26

      ►ecophilopat
       
      « True detective, saison 1 »

      Cette série (avec le personnage surnommé l’« inspecteur des impôts ») est intéressante, le suspense bien entretenu. Dommage que la deuxième « saison » soit moins réussie à mon goût.
       


  • ecophilopat 4 octobre 2016 13:45

    J’ajoute à ma liste précédente

    Le bureau des légendes, plongée intéressante dans le monde du renseignement.


  • Trelawney Trelawney 4 octobre 2016 14:10

    Article très intéressant avec une compilation de séries d’anthologie.

    Il manque toute fois

    Le prisonnier avec Patrick mac Gohan qui était la suite de destination Danger et ce passait dans le village de Portmeirion (Pays de Galles),

    Cosmos 99 où la lune avait quitté son orbite terrestre et voyageait dans l’univers

    La envahisseurs où comment Hollywood réglait ses comptes avec le FBI d’Edgar Hoover. Vous n’aviez pas remarqué que les envahisseurs ressemblait aux agents du FBI

    Mannix où comment la mafia finançait une série pour gérer son image à la télévision.

    La série française la plus regardée dans le monde : Engrenage


    • epicure 4 octobre 2016 16:55

      @Trelawney

      Oui des vielles séries, souvent cultes.

      En fait s’il fallait lister toutes les séries ayant exister, la liste serait longue.


    • ricoxy 5 octobre 2016 00:50

      ►Trelawney
       
      « Il manque toutefois Le prisonnier avec Patrick mac Gohan qui était la suite de destination Danger et ce passait dans le village de Portmeirion (Pays de Galles), »
       
      Cette vieille série avec Patrick McGoohan (le N° 6, si j’ai bonne mémoire), mi-espionnage, mi-fantastique, est une excellente série, comme savent le faire les Britanniques. Je ne sais pas si une telle œuvre, même modernisée, aurait autant de succès de nos jours.
       
      Pour répondre à votre objection, j’ai déjà fait remarquer qu’il existe des dizaines et des dizaines (et des dizaines) de séries, et qu’on ne pourrait parler de toutes. Il faudrait, dans ce cas, inclure « Papa a raison », portrait de la famille idéale américaine, que nous regardions le dimanche après-midi – une fois par semaine donc. Je me souviendrai toujours de l’accent affecté de la voix présentant les deux principaux acteurs : « Avec Robertt Yang et Jeïne Wouaillatt » (Robert Young et Jane Wyatt).
       
      « 
      où comment Hollywood réglait ses comptes avec le FBI d’Edgar Hoover. Vous n’aviez pas remarqué que les envahisseurs ressemblait aux agents du FBI  ».
       
      C’est vrai, je ne l’avais pas remarqué. A ma décharge, je vous avouerai que je n’ai jamais regardé cette série.
       


  • ELAA 4 octobre 2016 14:11

    Très cher Ricoxy,


    même si je partage ton opinion en ce qui concerne la très grande majorité des séries produites, il en est deux, notamment, qui sortent du lot de façon magistrale, et qu’il ne faut absolument pas mélanger à l’ivraie télévisuelle.

    Je veux parler tout d’abord de The Wire (Sur écoute), que tu cites rapidement, et qui pourtant est très nettement supérieure aux autres. C’est un travail d’investigation total, une description politique et sociale d’une immense profondeur de la part de ses auteurs (David Simon et Ed Burns, respectivement ex-journalite et ex-policier). Leur ambition : utiliser le storytelling pour faire bouger les choses (à Baltimore, chez eux) : « Je ne veux pas faire quelque chose qui ne sert qu’à occuper les gens dans leur temps libre » dixit David Simon.

    C’est, selon moi, la seule véritable série politique (toutes les autres, House of cards... ne mettent en scène que le « spectacle de la politique »... tout comme nos politiques bien sûr).

    The Wire est pour moi l’archétype de l’oeuvre de fiction qui dépasse le simple documentaire. Elle tente de montrer des idées innovantes (légaliser la drogue notamment), de dépeindre les travers à chaque échelon (même le truand se fait truander par les politiciens de la ville). Elle montre toutes les classes sociales, toutes les tranches d’âges, tous les milieux (75% des habitants sont noirs ? Eh bien, 75% du casting l’est également). Le portrait de la ville est des plus méticuleux, et à travers Baltimore, ce sont toutes les grandes villes américaines que l’on peut reconnaître, et à travers elles, toutes les grandes villes du monde : on touche bien sûr à l’universel. 

    C’est une série exigente, qui demande concentration (les épisodes sont longs, peu rythmés en comparaison avec le montage hyper saccadé des séries actuelles) mais elle nous en apprend plus en 5 saisons que n’importe quel documentaire, film ou livre sur le sujet. Alors oui, il existe des séries qui dépassent le simple divertissement. 

    Je te conseille de la revoir.

    La deuxième série que je place hors du lot, c’est Buffy contre les vampires (si si). 

    C’est une série pour adolescent, donc je ne te la conseille pas. Mais elle est très différente des autres. C’est une série « introspective », qui parle de l’humain à un moment crucial de la construction identitaire qu’est l’adolescence, aux difficultés et aux choix que l’on doit faire. Et pour en parler, elle utilise la métaphore fantastique assez finement.

    C’est une série qui remet au goût du jour les archétypes fondamentaux de la psyché humaine. Citons le rôle central du MENTOR : l’héroïne, dont le père est absent, rencontre son mentor, bibliothécaire dans son lycée, qui va la former et l’épauler tout au long de la série. 

    Ce mentor/bibliothécaire va surtout lui permettre de dépasser sa condition de « petite américaine superficielle » pour l’initier aux connaissances occultes ancestrales... par la lecture. Ainsi, d’épisode en épisode, la réponse se trouve toujours dans les livres. C’est tout simplement une ode à la bibliophilie.

    Chaque personnage (« bon » ou « méchant ») va ainsi évoluer de manière édifiante (et ça, c’est très très rare dans les séries). Ils vont « grandir » en affrontant leurs propres démons (incarnés par tout un bestiaire mythologique : et pas seulement des vampires). Nous voyons que la société américaine est littéralement (et physiquement dans la série) construite sur de multiples civilisations, ésotériques et ancestrales, aux racines extrêmement profondes (la ville de la série est ainsi construite sur l’une des « bouches de l’enfer », qui attire à elle tous les êtres surnaturels).

    A noter également : rien n’est vraiment manichéen, dans Buffy... L’ennemi d’hier, peut devenir l’allié de demain... et vice versa ! Il n’y a que dans la culture asiatique que l’on peut voir ce genre de thématique.

    Non, à bien y réfléchir, cette série devrait te plaire :) Tu ne devrais pas la juger si durement, du fait notamment de son titre français. Elle n’a strictement rien à voir avec une série (d’adolescent) classique.


    • ecophilopat 4 octobre 2016 14:23

      @ELAA

      Si tu a aimé « The Wire » tu devrais aimer « Tremé », même scénariste et même soucis du détail.


    • ELAA 4 octobre 2016 14:34

      @ecophilopat

      Bonjour, merci beaucoup : j’ai en effet regardé toutes les séries de David Simon. Il n’y a que « Show me a hero » qui m’a un peu déçue... Mais cela mérite peut-être un autre visionnage...

      Et Treme est excellente ! Ne serait-ce que pour la bande-son :D


    • epicure 4 octobre 2016 17:06

      @ELAA

      Tiens, une vision de buffy intéressante, et juste.
      Celui qui compte prévoir les évolutions des personnages en fonction de leur situation au début, ne peut être que déçu.
      Les relations entre les personnages sont complexes, parfois sur le fil du rasoir.

      Pour ce qui est de l’archétype, buffy c’est un peu frodon ou luke skywalker, une jeune ado (apparemment) sans histoire à qui se relève un grand destin, sous la conduite du mentor.


    • ricoxy 5 octobre 2016 14:46

      ► Très chère ELAA
       
      Merci pour ton commentaire intéressant et bien documenté.
       
      The Wire est une bonne étude sur le trafic de drogue à Baltimore (mais il n’y a pas que la drogue). Il s’y mêle bcp de personnages : truands et dealers ; le cousin des dealers, un brave jeune mec qui sera finalement sacrifié ; les polaks ; les politiciens ; le « Grec » ; l’ancien camé qui tue par erreur son ami, etc. etc. etc. Je ne sais pas si on touche à l’universel avec The Wire, on touche en tout cas aux problèmes de la drogue, de la délinquance, de la corruption, et effectivement ça se retrouve dans de nombreuses villes. J’ai pu suivre l’intégralité des épisodes en streaming, et je ne le regrette pas.
       
      Quant à Buffy, excuse-moi d’avance pour mon machisme, la seule chose que j’aie appréciée dans les quelques épisodes que j’ai pu regarder, c’est l’héroïne, que je trouvais tout à fait charmante. Au reste, il semble que les États-uniens soient fascinés par les histoires de vampires et de loups-garous. Un aspect de leur inconscient collectif, encore sauvage ?
       


    • ELAA 5 octobre 2016 16:13

      @ricoxy

      Non, The Wire n’est pas une « étude sur le trafic de la drogue » : tu n’as pas dû voir la série en entier (les 5 saisons forment une mosaïque qui dresse le portrait de la ville, faire l’impasse sur l’une, c’est tronquer le discours). 

      En fait, la drogue n’est que le point de départ de la série. Mais dès la deuxième saison, on parle de syndicalisme, de classe ouvrière contrainte pour survivre de fermer les yeux sur certaines pratiques (corruption, traite des blanches). La troisième saison tente de montrer que la légalisation de la drogue pourrait être une solution puis dans la quatrième saison, on s’attaque carrément au système éducatif et à la campagne électorale pour la mairie. Enfin dans la cinquième, on plonge dans l’univers des médias et leur rôle, notamment à travers un journaliste qui invente de toute pièce ses articles. Au final, un portrait fidèle, complet, morcelé mais cohérent.

      Et non, dans Buffy, il n’est pas uniquement question de vampires et loups-garous : ceux-là symbolisent seulement les pulsions « bestiales » des ados en pleine puberté. Mais tous les autres démons (il y en a plus de 200 recensés dans la série) ont chacun leur particularité, leur histoire et incarnent, à la façon des contes de fée analysés par Bettelheim, une fonction de l’inconscient collectif. C’est d’une grande richesse : c’est l’une des meilleures séries produites pour la jeunesse, et de loin.

      Les valeurs qu’elle défend, en particulier le fait ULTRA RARE que LES ARMES A FEU EN SONT ABSENTES OU DENONCEES, que la culture et la recherche est désignée comme pouvoir ultime, que les réponses sont également en soi, qu’une transcendance ésotérique est possible dans un monde moderne, qu’il peut y avoir plus d’un personnage féminin fort dans un casting, que rien n’est ni blanc ni noir, que les apparences sont trompeuses (la toute première scène de la série le dit d’emblée)... la liste est longue, et terriblement éloignée du discours habituel des séries américaines... dans lesquels, souvent, on se contente de dégainer son arme, proclamer son allégeance à la patrie, tuer sans se poser de question.

      Toutes ces séries-là sont un danger, Buffy est un remède contre l’obscurantisme américain. L’un des épisodes a même anticipé la tuerie de Columbine.

    • ricoxy 5 octobre 2016 23:15

      ► ELAA
       
      « LES ARMES A FEU EN SONT ABSENTES OU DENONCEES »
       
      Oui, que peuvent en effet des armes à feu contre des « non-morts », à savoir les vampires ? Je n’ai vu que quelques épisodes, donc je ne connais pas vraiment la série. Si elle milite en faveur d’une transcendance ésotérique, alors là, oui, c’est quelque chose de nouveau et d’intéressant, le plus grand pouvoir étant, bien sûr, celui de l’esprit. (Rien à voir avec l’aimable fantaisie qu’est Charmed).
       
      Quant à The Wire, je n’ai cité que quelques aspects d’une série qui contient de nombreux épisodes (j’ai visionné 5 « saisons » de 10-12 épisodes chacune). Je ne me rappelle pas tout, évidemment, car je n’ai pas pris de notes.
       


  • ecophilopat 4 octobre 2016 14:27

    Un OVNI que j’ai oublié dans ma liste, la mini série « le p’tit Quinquin » produite par Arte


    • Francis JL 4 octobre 2016 14:32

      @ecophilopat
       

       j’approuve : « Le pt’tit Quinquin », un OVNI  ; un régal. Mais qui n’a pas fait l’unanimité.

    • Francis JL 4 octobre 2016 14:58

      @ecophilopat,


       à noter que ce n’était pas une série, mais un feuilleton.
       
       J’ai eu la chance de le regarder bien que par principe, je ne regarde jamais les feuilletons.
       
       Ps. Je ne me souviens pas que c’était en 4 épisodes ; je croyais qu’il n’y en avait eu que deux.

    • ecophilopat 4 octobre 2016 15:12

      @JL

      Il y a bien 4 épisodes.

      Pour le plaisir :

      https://www.youtube.com/watch?v=DqhDtnEAJjM


    • Francis JL 4 octobre 2016 15:18

      @ecophilopat
       

       merci, j’ai effectivement vu les quatre.

  • Ixxeff (---.---.58.52) 4 octobre 2016 14:29

    Au secours, je ne reconnais que les vieux titres. Ça doit faire 25 ans que je ne regarde plus la télé, sauvez-moi !


    • Legestr glaz Ar zen 4 octobre 2016 14:51

      @Ixxeff

      Le « manège enchanté », les « shaddocks ».


    • Silwan (---.---.22.3) 4 octobre 2016 16:35

      @Ar zen

      « Nounours », « Aglaé et Sidonie », « Pépin la bulle », « Colargol ». Le top niveau du crunch de la old school pour les vieux croutons que nous sommes devenus aujourd’hui. Sniiifff !!!

    • epicure 4 octobre 2016 17:12

      @Silwan

      tu as oublié le manège enchanté.

      le roi des animaux ( dessin animé ), flipper le dauphin, skipy le kangourou, lassie avec rintintin (ça c’était pour la ménagerie)

      houlà tout ça c’est vieux


    • Silwan (---.---.22.3) 4 octobre 2016 17:48

      @epicure
      Point d’oubli, Margotte, Pollux et Zébulon, avaient été cités par Ar Zen un peu plus haut.


      Pour ce qui est de la ménagerie on se rappellera également de Daktari avec Clarence le lion qui louchait et Judy la gueunon intrépide. Etant gamins, pour rien au monde nous n’aurions raté un épisode qui passait sur la 1ere chaine de l’ORTF. 
      C’était le début de l’accoutumance á la téloche encore en noir et blanc á l’époque.

    • ricoxy 5 octobre 2016 14:47

      ►Ixxeff
       
      Il reste « Le temps des copains »
       


    • epicure 5 octobre 2016 16:24

      @Silwan

      au temps pour moi, j’ai réalisé après pour le manège enchanté.

      Ah oui daktari et clarence, je les avais oubliés.

      En faisant référence à la ménagerie, j’ai réalisé qu’il y avait, à l’époque, beaucoup de séries avec des animaux comme personnages principaux, ou importants, qu’on connaissait tous.
      Je vois rien de similaire actuellement, quand je tombe sur des émissions pour enfants en zappant.

      Oui, toutes ces émissions nous ont captivées, et génèrent toujours de la nostalgie.


  • tashrin 4 octobre 2016 15:31

    Je veux pas aller à l’encontre des commentaires, tant mieux si votre article plait
    Mais :
    1/ à voir les exemples utilisés (mettre sur le meme plan Game of Thrones et l’inspecteur barnaby c’est comment dire... drole !), on a pas la même définition de la série, et on est vraisemblablement pas de la même generation. ce qui ne veut pas dire que votre point ou le mien est plus interessant que l’autre, mais qu’on a pas les mêmes criteres de selection ni d’interet
    2/ Vous donnez des avis tranchés sur des programmes que manifestement vous n’avez jamais regardés, y compris certains dont la qualité a été universellement saluée par les telespectateurs comme par les professionnels.
    Ne vous en deplaise, les series actuelles n’ont plus rien à envier à l’industrie cinematographique, que ce soit en termes de qualité scenaristique, de moyens de production ou de nombre de telespectateurs. C’est un format different, qui permet au travers de nombreux episodes d’aborder beaucoup plus finement les traits psychologiques des personnages, de developper une intrigue, etc... et il ne vous aura d’ailleurs probablement pas échappé (ah si..) que les series les plus successfull du moment forment une seule et meme histoire, et non des episodes independants qu’on retrouve beaucoup plus sur la thematique policiere (game of thrones, house of cards, the walking dead, etc... suivent une seule trame scenaristique, pas des episodes independants)
    Comparer Esprits criminels dont le conducteur est strictement identique pour chaque episode, et où on se contente de changer vaguement les noms, les lieux, le contexte mais en conservant la meme structure, les memes dialogues (« c’est sa zone de chasse... hmmm il doit habiter à coté... il a 35 ans, c’est un homme il est blanc et il conduit un van ! ouah... ») avec des series fleuve dont 8 saisons de 12 episodes d’une heure (96h) suivent un seul et même scenario, c’est un peu comme comparer un monument du cinema avec un episode de bioman... ca n’a pas vraiment de sens


    • epicure 4 octobre 2016 17:19

      @tashrin

      tu as tout à fait raison, il parle de nombreuses séries sans trop les connaitre, sans connaitre l’avis des critiques, des spectateurs, etc...


    • ecophilopat 4 octobre 2016 17:43

      @epicure

      En fait on peut constater que ceux, à l’image de Léonard, qui aime cet article sont ceux qui n’aiment pas les séries, ils y retrouvent certainement des arguments qui les conforte dans leurs à priori.
      .
      J’en parle d’autant plus facilement que j’ai longtemps fait partie de ces gens qui se sont forgé une opinion sur cette mode des séries après avoir vu seulement un épisodes des« Feux de l’amour » ou de « Plus belle la vie ».
      .
      C’est après avoir fait l’effort de regarder une saison de Game of Thrones et les quatre épisodes de Black mirror que je me suis dit que finalement il pouvait y avoir des choses intéressantes.
      .
      Le fait de télécharger me permet de choisir mes séries plutôt que de les subir.


    • epicure 5 octobre 2016 16:30

      @ecophilopat

      oui maintenant il y a beaucoup de monde qui regardent les séries par téléchargement , vu que toutes les séries ne passent pas sur les chaines accessibles, ou alors il faudrait s’abonner à plein de chaines pour tout couvrir, on n’est pas limité au choix des diffuseurs nationaux, le choix des horaires, de la façon de les regarder. Et pour certains l’absence de pub, y fait encore plus.

      Bon les feux de l’amour et plus belle la vie sont des feuilletons interminables. Ce ne sont pas des références des séries.

      Mais encore en cherchant bien sur les différentes chaines TNT, on peut trouver un large choix de séries, d’origines diverses, pas qu’américaines, après cela dépend des périodes de programmation.


    • ricoxy 6 octobre 2016 10:27

      ►tashrin
       
      « Vous donnez des avis tranchés sur des programmes que manifestement vous n’avez jamais regardés »
       
      J’ai regardé au moins quelques épisodes de toutes les séries dont je parle sauf, je l’avoue, Dallas et Dynastie. Mais je ne crois pas que j’ai perdu grand’chose. Je n’ai pas, d’autre part, regardé toutes les séries diffusées sur nos chaînes de télévision ou dans les sites de streaming. Quant aux avis tranchés, certes ils le sont, car cette petite présentation ne prétend pas être une étude objective, scientifique, qui ferait l’objet d’un livre de 200 ou 300 pages. Ce n’est que mon avis – et je le partage, dirait monsieur Prudhomme.
       
      Commeje crois l’avoir écrit, cet article n’est qu’une protestation contre la diffusion massive de séries, qui est une phénomène de société. Le citoyen est devenu un « homo serialis » (un homme des séries).
       


  • Leonard Leonard 4 octobre 2016 15:37

    Même si je conspue les séries TV et qu’au début je ne souhaitait pas lire cet article, ce dernier est d’une rare qualité : excellent.

    Ainsi, je vous remercie pour votre participation qui prouve au combien les séries TV sont décérébrantes (ça fait toujours plaisir de ne pas écrire dans le vent).


    • ecophilopat 4 octobre 2016 17:57

      @Leonard
      Plus de 14000 séries référencées sur Allo Ciné, vous pensez vraiment qu’il n’y a rien d’intéressant dans toute cette liste.


    • ricoxy 6 octobre 2016 10:29

      ►Leonard
       
      Merci pour votre commentaire. Nous sommes au moins deux « serial killers » (tueurs de séries).
       


    • ricoxy 6 octobre 2016 11:31

      ►ecophilopat
       
      Je ne parle que des séries qui passent sur nos admirables chaînes de télé (et de quelques autres que j’ai pu voir en straming).
       
      Mais de toute façon, si on veut racoler (« fédérer ») le plus grand nombre de spectateurs, il faut bien se mettre à leur niveau.
       


  • Loatse Loatse 4 octobre 2016 15:40

    En parcourant cet article dont je félicite l’auteur pour la somme de travail que ça a dû représenter, une part des ressentis de celui ci a trouvé écho en moi...


    C’est peut être une impression, mais je les trouve de plus en plus violentes (violence gratuite comme dans « under the dôme » que le scénario à mon humble avis ne justifie pas et qui me semble vouloir combler l’ennui qui s’est installé au fil des saisons au point de nous laisser sur notre faim, en rade faute d’audience ou la panne de motivation/ d’imagination du scénariste - ...)

    et également stressantes...(la musique surtout qui fait parfois sursauter) comme si outre le fait de distraire le spectateur, il fallait également provoquer en lui une forte émotion..des poussées d’adrénaline.

    Parfois on est surpris.. un épisode et pouff plus de série, introuvable les jours et les semaines suivantes (ce fut le cas avec ce feuilleton dont j’ignore le nom et qui narrait l’intrusion des personnages dans une autre réalité ou ceux ci retrouvaient leur double, impactant par le biais de cette faille l’ordre des choses)

    je préfère donc aux séries policières américaines récentes, le fantastique.. (ghost wisperer, stargate, Medium...)

    je n’ai toutefois pas souvenir d’avoir éprouvé d’inconfort, de malaise, en regardant maigret, derrick, les brigades du tigre ou les incorruptibles.. sans doute ne cherchait on à l’époque qu’à distraire le spectateur, pas le formater ou « l’éduquer » comme c’est le cas avec certaines séries françaises visant à déconstruire certains euh préjugés...(le père de famille DOIT se réjouir à l’annonce que son fils se met en ménage avec un garçon ; Sa réaction à chaud de déception qu’il tente de dissimuler de son mieux « fruit d’un conditionnement archaique n’est ce pas » se DOIT d’être combattue, voire méprisée... Le con - son épouse « branchée » le lui fait savoir - rêvait d’une belle fille et de transmission de son patrimoine génétique familial sous forme de petits enfants qui lui aurait un chouia ressemblé, vous vous rendez compte de l’audace ! 

    on est dans une autre forme de violence là insidieuse...

    J’imagine sans peine les séries destinées à la famille dans un futur plus ou moins lointain : Ane loli, 10 ans, s’insurge que son grand père ne veuille pas recevoir aussi à sa table son amant du moment et encore moins visionner sa récente sex tape (en groupe, On est open, humaniste et partageur ou on ne l’est pas), Ane loli donc choquée, stigmatisée, traumatisée, en réfère aux autorités compétentes chargées de traquer et pénaliser le « déviant » :... la grand mère (toujours branchée et donc de plus en plus open) soufflant au passage dans les bronches de papy : « vraiment rien n’a changé ! si : tu es devenu un vieux con ! »

    in fine, je me demande si je ne devrais pas me mettre à écrire des scénarii moi zaussi en mode « quand la réalité rejoint la fiction »....

    ou pitêtre le cauchemar devrais je dire. ?




    • Abou Antoun Abou Antoun 4 octobre 2016 17:34

      .@Loatse
      in fine, je me demande si je ne devrais pas me mettre à écrire des scénarii moi zaussi en mode « quand la réalité rejoint la fiction »...
      Mon épouse, me dit aussi qu’elle devrait se mettre à écrire des paroles (ou des accords) de chansonnettes tant on est tombé dans l’indigence dans ce domaine.
      Pour ce qui concerne les trames, les histoires des séries, je sais par ma profession qu’il existe des programmes d’ordinateurs utilisant des ’grammaires d’histoires’, c’est à dire un ensemble de règles tout à fait comparable à ceux qui régissent les langages humains. Ces programmes ont pour but de générer des histoires qui serviront de trame à des romans, des films, des séries télévisées. je suppose qu’un grand nombre de ces productions relèvent de ce mode de fabrication tant elles sont stéréotypées.
      Si vous avez le temps.


    • ricoxy 6 octobre 2016 10:44

      ► Loatse (老子)
       
      « on est dans une autre forme de violence là insidieuse... »
       
      Merci, vieux maître, pour vos comentaires. Je suis tout à fait d’accord, la première des violences de ces séries s’exerce d’abord contre le spectateur, qui est la victime d’un conditionnement à jet continu. Le fait de culpabiliser celui qui regimbe contre les nouvelles règles est aussi une forme de violence. Où sont donc les vieux Maigret, Bourrel, voire Eliott Ness, qui ne faisaient pas de morale « citoyenne », mais qui ne faisaient que leur méier : trouver la vérité, pourchasser le crime ?
       


  • epicure 4 octobre 2016 17:36

    C’est vrai que les séries américaines actuelles sont tellement nulles que :
    de grands réalisateurs du cinéma y participent ( scorcese, spielberg, etc... ).
    Que les grands acteurs et actrices de cinéma jouent dans les séries, alors qu’à une époque, il y avait un mur entre la série et le cinéma pour les acteurs.

    Game of thrones tellement nul que c’est une production de qualité cinématographique, que c’est tiré de romans célèbres et acclamés, acclamé par les critiques et les spectateurs, et comble de la nullité étudié par des sociologues et autres, pour ses références historiques, ou sa description du pouvoir politique.

    Faut il parler de l’inculture musicale concernant la musique deux flics à miami, qui n’est autre que la musique d’un grand groupe de rock des années 60, The Who.

    Dommage cela aurait pu être un bon article sur les séries sans les critiques péremptoires, les considérations idéologiques déplacées, le manque de connaissance sur certaines séries.

    On dirait que l’auteur s’est endormi vers les années 80-90 et se réveille maintenant en décrétant que tout ce qui est sorti après sa période de sommeil est mauvais.


  • eau-du-robinet eau-du-robinet 4 octobre 2016 17:40

    Bonjour,
    .
    Le séries je n’en regarde jamais, car je le trouve lobotomisantes.
    .
    Je regrette qu’en France on à pas des émissions de télévision d’apprentissage, cours de mathématique, langues, etc. comme en Allemagne, en tout cas rien sur la TNT.
    .
    Depuis le 1er octobre 2016 ils ont supprimé deux chaines culturelles allemandes que j’ai regarde souvent, parmi d’autres chaines d’informations et documentaires ...
    .
    ZDF Kultur
    et
    Eins Plus
    ont été fermé !!!
    http://magazin.klassik.com/news/teaser.cfm?ID=12967
    .
    Bientôt la télévision allemande sera dominé entièrement par des programmes américaines .... tout comme la télévision française.
    .
    C’est seulement sur internet ou on trouve encore des informations, mais la aussi la censure fait sont effet , exemple : google.fr et youtube ....
    .


    • ricoxy 6 octobre 2016 10:52

      ►eau-du-robinet
       
      Quelquefois Arte diffuse des documentaires « culturels » (civilisation crétoise, Mayas...). Peut-être que ce genre de programme rebute les téléspectateurs qui préfèrent l’action, la violence et l’humour au rabais ? La tyrannie de l’image lobotomise.
       


  • Harry Stotte Harry Stotte 4 octobre 2016 17:44

    « Le nombre de fliquettes, de commissairesses, de jugesses est en progression exponentielle. »



    Et vous avez omis le nombre impressionnant de médecines (?) légistes, aussi bien dans les séries européennes que nord-américaines, Canada inclus.

    • ricoxy 6 octobre 2016 10:56

      ►Harry Stotte
       
      Exact, le nombre de médecins-légistes femmes est impressionnant, j’avais omis de le signaler. On trouve même une femme médecin-légiste et naine dans Battle Creek.
       


  • Jean Keim Jean Keim 4 octobre 2016 17:58

    A la louche, 9/10ème des séries sont des policiers, j’imagine la tête d’un E.T. qui captant nos émissions électromagnétiques pour se faire une idée de notre monde, constate que le dit monde est constitué de flics, de truants et de victimes, illico il appuie sur la pédale de frein, fait demi tour et va naviguer vers des espaces moins violents et plus accueillants, voila pourquoi nous sommes si isolés dans un univers qui n’en doutant pas grouille de vies.


    • tashrin 4 octobre 2016 18:12

      @Jean Keim
      Celles de base qui passent sur tf1 peut etre, mais faut se tenir informé, ca fait quelques années maintenant que le format a considerablements évolué
       - Walking dead : genre apocalyptique /zombie dont le traitement proposé va bien au dela de quelques macchabees qui se font ecraser la tronche : dynamique de groupe, education des jeunes dans un contexte dans lequel les reperes de bien/mal se sont estompés, l’espoir dans un contexte de fin du monde, la responsabilité du leader, la necessité qui fait loi, etc...
       - House of cards : mecanique du pouvoir, impact de la communication politique, intrigues de palais, realpolitik, ...
       - Game of Thrones : intrigues et quetes du pouvoir
       - Downtown abbey : fin de la noblesse anglaise debut XXe siecle, fin des privileges, evolution societale de l’epoque, role et independance de la femme, autorité du patriarche, description du systeme d’organisation sociale anglaise, ...
       - Dr house : contexte medical certes... mais pas que... traitement de la douleur persistante, gestion de la dependance à la pharmacopée, nature humaine, etc...

      Je vais pas les lister toutes yen a des milliers. On ne voit que ce qu’on veut voir, les series policieres US des années 90 (les experts, et tous les autres innombrables) ne sont qu’une petite partie de l’offre existante. Après effectivement, faut pas regarder n’importe quoi non plus, et les meilleures passent pas à la télé...


    • Captain Marlo Fifi Brind_acier 4 octobre 2016 21:37

      @tashrin
      Walking dead
      House of cards
      Game of Thrones
      Downtown abbey
      Dr house etc

      Vous savez que la langue officielle, inscrite dans la Constitution, c’est le Français ?
      Ils ne se donnent même plus la peine de traduire les titres, ni à la télé, ni au cinéma.
      Vous savez qu’il existe un cinéma africain, indien, sud américain, russe ?
      Mais ceux là, on ne les voit jamais.


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