mercredi 4 octobre 2006 - par Patrick Adam

Oublier Alger...

 

La sortie du film Indigènes nous a donné l’occasion de nous interroger, souvent assez grossièrement, sur un pan de notre histoire aussi glorieux qu’indigeste. Colonisation... Guerres d’indépendance... Repentance... Réparations... La machine à lessiver la mémoire, à fabriquer de l’incompréhension, puis de la haine, s’est remise à tourner. Mais que pouvait-on attendre de mieux d’un film présenté par son réalisateur et les principaux acteurs de façon aussi manichéenne ? Voyons plutôt s’il ne nous manque pas quelques rouages essentiels pour nous façonner le socle d’une mémoire apaisée, dont nous allons avoir grandement besoin dans les décennies à venir...

La guerre d’Algérie ne finira-t-elle donc jamais...

L’histoire des guerres ne s’écrit jamais dans la continuité. Elle dépend du miroir que chaque nation est disposée à brandir devant elle-même quand lui vient un coup de blues. Mais il faut prendre en compte un paramètre évident : à chacune de ces crises d’identité, le miroir est appelé à changer de nature, en fonction des maux intimes qui agitent cette nation, puisqu’il lui sert à la fois de modèle et d’exutoire. Le principe de base (parfois douteux du point de vue de l’efficacité) étant que le regard se doit de ne jamais contempler deux fois de suite le même reflet.

L’épopée napoléonienne a longtemps forgé notre imaginaire - au moins jusqu’à Edmond Rostand et même au-delà - avant de devenir synonyme de fourvoiement pour nombre d’historiens contemporains (ce qui reste à démontrer). La guerre de 1914, dite " La Grande Guerre", longtemps décrite comme héroïque et toute à la gloire des vainqueurs, est aujourd’hui complaisamment assimilée à une boucherie (vision des plus réductrices). Concernant la Seconde Guerre mondiale, chacun la lit à sa façon et dans le cortège de mythes usinés pour façonner l’âme des peuples. Cependant, les Américains apprennent chaque jour un peu plus à la voir avec moins d’angélisme que celui dont ils se gavaient jusqu’à présent. Les Anglais n’ont pas ce souci, même s’ils restent évasifs sur l’embarquement précipité de leur troupes à Dunkerque et sur les divers bombardements qu’ils ont programmés avec leurs cousins d’outre-Atlantique dans le seul but de rayer de la carte la plupart des grands ports du continent. Les Espagnols ont carrément zappé ce conflit majeur car ils n’ont pas encore pu digérer leur guerre civile, et ils sont trop occupés aujourd’hui à s’interroger sur ce qu’ils vont bien pouvoir faire de la vallée de Los Caïdos où s’élève un funeste mémorial à la gloire du franquisme. Pour ce qui est des Italiens, ils ne savent toujours pas si Pier Paolo Pasolini a été assassiné dans la banlieue romaine pour s’être intéressé d’un peu trop près et trop crûment à la sordide République faschiste de Salo. Quant aux Suisses de bonne compagnie, il leur reste le goût acidulé de leur "neutralité bancaire" en travers de la gorge, et les Norvégiens leur gouvernement de collaboration avec les nazis... Pas facile d’affronter l’histoire... Et s’il était question d’en douter, les Turcs nous en apporteraient aussitôt la preuve avec le génocide arménien.

Vu par la France, le vécu de la guerre de 1939/1945 a été encore plus difficile à écrire, car c’était un vécu propre à diviser la nation qui, sur le moindre sujet, ne demande que ça. Intoxication... Débâcle... Passivité... Pacifisme... Collaboration... Résistance... L’engagement dans l’une ou l’autre de ces voies remonte loin, jusqu’au plus profond des années 1930, et même à l’affaire Dreyfus, à Bismarck, à Fachoda, à Sedan, et pour ceux qui s’en souviennent à Maximilien Ier... La Résistance ayant été tout à la fois gaulliste, communiste, radicale, mais aussi l’apanage d’une certaine droite aristocratique, la Libération ne pouvait qu’aiguiser des règlements de compte qui ont perduré tout au long de la IVe République et qui, alors qu’ils commençaient tout juste à s’estomper grâce aux efforts de reconstruction, ont été brutalement ravivés par la Guerre d’Algérie.

La Guerre d’Algérie ne finira-t-elle donc jamais...

Dans l’excellente émission de Daniel Schneidermann "Arrêt sur image" en partie consacrée à la sortie du film Indigènes, l’historien Gérard Blanchard rappelait dimanche dernier que la mémoire des Français à propos du rôle des troupes d’outre-mer dans la libération de l’Europe, cette mémoire alimentée depuis le début du siècle par une quantité prodigieuse d’images et de littérature, s’est refermée brutalement quand les métropolitains ont vu les rapatriés d’Algérie descendre les passerelles des navires avec leurs vêtements fripés, les yeux hagards, une ou deux valises en carton à la main.

Faudra-t-il aussi réécrire ces pages d’histoire ? Il est significatif de constater que plus on parle de la colonisation, plus on s’efforce de passer à la trappe le sort des pieds-noirs, c’est-à-dire de ceux qui en étaient les principaux artisans et qui, eux-aussi, ont participé à la libération de l’Europe. D’autant que, toutes proportions gardées, on a compté plus de morts dans leurs rangs qu’au sein des troupes "indigènes". Définitivement associés au sort des harkis dans notre imaginaire reconverti dans la repentance, on dirait qu’il convient de rayer ces gens de notre mémoire qui lave plus blanc que blanc. Bien sûr, il n’y a pas à prendre parti pour eux. La page d’histoire a été tournée. Mais leur drame reste bien réel, tant dans l’exil que dans le racisme auquel ils ont été confrontés, à l’instant même où ils ont mis un orteil sur le continent. Les logements précaires. Les recasements douloureux. Les Port-Vendres où personne n’était là pour les attendre. Les Sarcelles sinistres. La solidarité perdue. Les regards envieux ou réprobateurs des métropolitains qui estimaient qu’on en faisait toujours trop pour ces "esclavagistes". Rappelons qu’en 1962, les bateaux qui les ramenaient à Marseille ont été accueillis par les dockers communistes brandissant des pancartes où il était écrit : "Les pieds-noirs à la mer".

La guerre d’Algérie ne finira-t-elle donc jamais...

Je n’avais que douze ans au moment de l’indépendance algérienne, mais je me souviens encore des discours qui enflammaient ma famille sur le déroulement de ce qu’on appelait alors des "évènements". L’idée même d’abandon faisait pendant à celui de la "débâcle" de 1940, et c’est bien ainsi que le FLN avait envisagé son combat pour l’indépendance, en avançant ses pions au moyen de sanglantes provocations ciblées destinées à saper le moral de la population musulmane, avant même de faire douter les Français. Après huit ans de conflit, il a fallu du temps pour panser les blessures. D’autant que le fait de voir l’Algérie anarchique et bourgeoise de Ben Bella, puis l’Algérie socialiste et doctrinaire de Boumedienne se jeter dans le giron de Khrouchtchev et de Brejnev n’était pas fait pour donner envie à de Gaulle d’étendre vers le sud une politique de réconciliation si bien entamée avec l’Allemagne. La base de sous-marins de Mers-el-Kébir était une épine dans le pied de l’Europe, avec une surveillance particulière de la part des Anglais installés à Gibraltar et des Américains qui attendaient depuis des décennies le moindre prétexte pour mettre la main sur le pétrole saharien... Qui se souvient de ce qui faisait alors l’actualité ?... Il faudrait parler ici de l’étrange mort de Conrad Killian, inventeur du pétrole saharien. Ce génial géologue français fut empoisonné, en 1943, par des Touaregs à qui les Britanniques avaient très certainement fourni la fiole de poison, mais il en réchappa, jusqu’à ce qu’on le retrouve suicidé-pendu, à l’espagnolette d’une fenêtre de chambre d’hôtel, en 1950. C’était à la veille des plus grandes découvertes de gaz et de pétrole sahariens...

Plus tard, quand Houari Boumedienne comprit qu’il ne serait pas le Nasser d’un Maghreb impossible à unifier et que les Russes étaient incapables de faire tourner convenablement les gigantesques complexes industriels qu’ils avaient implantés à grand frais dans le pays, il tenta de renverser la vapeur qui le menait au chaos, mais c’était un peu tard. Ce président droit et austère est mort avant d’avoir pu atteler cette nation encore en gestation au wagon de la modernité, comme comme l’avait fait Atatürk en son temps. Pourtant, il en avait montré clairement l’intention lors du débat sur la Charte nationale qu’il avait initié après avoir appris la gravité de sa maladie. Mais le peuple algérien ne l’avait pas suivi. C’est à cette date, fin 1978 et début 1979, que le pays a basculé, et que les Frères musulmans (associés à l’aile conservatrice du FLN) ont remporté leur première victoire. Après d’âpres combats au sein des principales instances représentatives du pays, l’Algérie n’était plus une "République socialiste". Elle était devenue une "République socialiste et islamique". Les barbus avaient franchi leur Rubicon. Plus rien ne serait comme avant en Méditerranée et dans le monde arabe. Au-delà, on se souvient mieux de ce qui s’est passé. Chadli Benjedid dépassé par les évènements et par les affairistes. Mohamed Boudiaf assassiné en quelques jours. Les élections court-circuitées. Lamine Zeroual et l’armée à toutes les leviers de commande. Le pays noyé dans le sang... Et Bouteflika sorti comme un lapin blanc d’un chapeau de prestidigitateur salement cabossé, en réincarnation de la face cachée de Boumedienne, et qui tente depuis de refaire l’unité du pays sur le dos des Berbères éternels frondeurs, des harkis toujours aussi copieusement bafoués, et des Français traités de génocidaires.

La guerre d’Algérie ne finira-t-elle donc jamais...

Aujourd’hui, on nous demande de tous côtés de "revisiter" notre histoire, de balayer dans les coins et dans les recoins, et même sous les tapis. Mais qu’on nous dise alors en quel temps l’Algérie a écrit la sienne. En cinquante ans, en a-t-elle jamais eu les moyens, et même l’envie ? A la voir amnistier des milliers d’assassins sur son sol, tout en continuant de pourchasser, hors de son territoire (tout au moins en paroles), ceux qui lui servent depuis des années de boucs émissaires institutionnalisés, on peut en douter.

Chez nous, les réactions qui se développent sur différents forums consacrés au film Indigènes montrent qu’une partie très importante des jeunes d’origine maghrébine l’utilisent comme une revanche de l’actualité sur l’histoire. Rien n’est plus dangereux. C’est ainsi que nous avons pu voir sur Canal + et ailleurs des images montrant le réalisateur et les principaux acteurs postés derrière une estrade, en Torquemada enflammés, prêts à jeter au bûcher le moindre contradicteur. Depuis qu’il est passé à "Arrêt sur Images", les insultes n’arrêtent pas de pleuvoir sur Gérard Blanchard accusé d’impartialité. Or, cet historien a été le conseiller officiel du film... Que lui reproche-t-on, sinon de ne pas porter les valises idéologiques qu’on aurait bien voulu le voir porter comme un laquais de l’histoire "équitable" ? Ceux qui ont bien écouté ses propos durant cette émission peuvent comprendre qu’il n’était pas loin d’estimer s’être fait manipuler par les principaux protagonistes, tout au moins dans la présentation du film, et qu’il tenait à rectifier le tir.

Colonisation... Immigration... L’amalgame n’est pas loin. Cachan... Sétif... Certains aimeraient nous faire croire que c’est pareil, avec les enfants en première ligne. Et dans la foulée de ces réflexions malsaines, la bien-pensance livre une fois de plus un combat d’arrière-garde, sans même se rendre compte qu’elle agit comme les instituteurs post-soixant’huitards qui s’accrochent désespérément à des méthodes débiles d’apprentissage de la lecture, bien qu’on sache pertinemment qu’elles ont ôté à leurs élèves toute possibilité de mener à terme le moindre raisonnement logique. Serons-nous obligés, dans trente ans, de revenir là aussi aux "bonnes vieilles méthodes d’avant" ? Celles qui avaient fait leurs preuves : le "qui fait quoi ?" en grammaire et, en histoire, le "qui a fait quoi ?"

La guerre d’Algérie ne finira-t-elle donc jamais...

De même que Palestiniens et Israéliens n’apprendront à se respecter qu’à partir du moment où ils assureront, de part et d’autre, un réel enseignement de connaissance, de compréhension mutuelle et d’acceptation de l’autre, de même Français et Algériens ne pourront à nouveau naviguer de conserve qu’en ajustant leur mémoire réciproque, et non en s’obstinant unilatéralement à insulter le passé. La France a fait des erreurs en Algérie. Elle les a reconnues. Mais elle n’a pas fait que des erreurs. A d’autres de le reconnaître.

L’Express en a fait sa couverture : "Faut-il avoir honte d’être Français ?" A l’aube du XXIe siècle, est-ce cette impression de nous-mêmes que nous voulons léguer aux jeunes qui en seront les maîtres, pour essayer de leur donner le goût de se comprendre avant même de pouvoir s’accepter ? On se croirait toujours scotchés dans les années 1960, à l’époque où nos intellectuels se demandaient s’il valait mieux avoir raison avec Sartre le théoricien plutôt qu’avec Camus le réaliste. On dirait qu’un demi-siècle ne nous a pas suffi pour reconnaître qu’à tout prendre, Camus connaissait quand même un peu mieux son "sujet" et son "terrain" que l’éternel enraciné au Flore.

Au lendemain de la bataille d’Alésia, les chefs gaulois sont rentrés chez eux (sauf ceux qui ont été fermement priés d’aller à Rome faire un triomphe à Jules César) et tout le monde a cherché à oublier au plus vite. Tant et si bien qu’au XIXe siècle, les historiens se sont rendu compte qu’on ne savait plus rien de l’emplacement de cette place forte dont la chute avait fait des Gaulois éparpillés en tribus querelleuses un peuple de Gallo-Romains... Et si dans nos banlieues où se développe un communautarisme chauffé à blanc par des mercenaires de l’histoire, on se disait enfin qu’il faut parfois savoir oublier... Oublier le "là-bas" mythique des mémoires torturées ou manipulées... Oublier un passé qui, depuis longtemps, n’appartient plus à personne... Oublier des racines qu’on voudrait étirer maintenant jusqu’au fin fond de la péninsule arabique... Oublier que les victoires ou les défaites qui ont le mieux servi les peuples sont celles où l’on a vu le futur, et non pas le passé, sortir vainqueur...

Notre mémoire pourra commencer à s’apaiser quand nous aurons commencé à oublier Alger...



671 réactions


  • Bulgroz (---.---.150.68) 9 octobre 2006 13:57

    J’ai tout bien relu Rocla, le cocker de l’autre enturbanné, islamo fasciste, Rocla fonctionne au sussucre, c’est passionnant :

    Demian West sort de ce corps ! par Rocla (IP:xxx.x09.16.34) le 5 octobre 2006 à 14H02 J’ ai rencontré dans la rue ,ce matin un bonhomme genre un peu malade , l’ avait un suppositoire pendu autour de son cou , qu’est ce , lui demandé-je ? ( c’ est quand-même beau le françois ) le type me répond ,ben je sors de chez le toubib ,y m’ a dit de suspendre le traitement .

    Rocla

    par Rocla (IP:xxx.x00.39.176) le 23 septembre 2006 à 11H20 Ben madame Euclide ,épouse d’ un célèbre savant de Marseille, qui en connaîssait un rayon dans les cercles complexes , a un jour prononcé cet axiome : si mon épouse n’ est pas Euclitoridienne , avec son fort pouvoir de déduction en a conclu ,ben qu’ elle donc vaginale . Alimentaire mon cher Donald Rocla > par Rocla (IP:xxx.x00.39.176) le 23 septembre 2006 à 11H23 J’ va m’ habituer à regarder la télé par l’ intérieur du corridor . Rocla > par Demian get outa this body (IP:xxx.x00.39.176) le 23 septembre 2006 à 11H25 Tout ça tu le dis depuis l’ intérieur de ton body-building ? Rocla

    par Rocla (IP:xxx.x00.39.176) le 23 septembre 2006 à 10H50 Z’y ont emmené un Pwepsakwoli ? avé oune paille ? Rocla

    > Demian West sort de ce corps ! par Rocla (IP:xxx.x97.176.86) le 25 septembre 2006 à 15H41 Et ce fut la révélation ,

    Pendant des années je me suis demandé ce à kwa pouvait être utile un gaz à effet de sert , ce matin en allant à la poste comme y avait beaucoup d’ monde , j’ me suis dit comment faire pour aller plus vite ,j’ ai fait un gaz assez gazant genre ça gaze,genre à effet de sert , l’ ambiance olfactive ,prequ’ irrespirable a fait fuir les 9 personnes devant moi ,et direct j’ étais devant le guichet ,le gaz a effet de sert , ça peu servir comme dégazement .

    Rocla

    par Rocla (IP:xxx.x09.16.34) le 5 octobre 2006 à 10H11 C’ est le genre de trucs cette pêtesse , plus tu frottes plus la tache ressort .

    Rocla

    > Pour l’interdiction de fumer dans les lieux publics par Rocla (IP:xxx.x94.1.162) le 8 octobre 2006 à 21H20 La prochaine étape ce sera la réglementation concernant la pénétration vaginale . Il y aura une limitation de vitesse de pénétration , une diminution de la vitesse en cas de pluie , une reglementation pour l’ utilisation du frein , en cas de changement en milieu de parcours obligation de signalement avec les clignotants , les meilleurs éléments seront sélectionnés pour des démonstrations aux débutants .

    Rocla.


  • Daniel prévaut ! (---.---.64.135) 9 octobre 2006 14:29

    Rocla c’est l’anagramme d’alcor !(le thon c’est bon) ! alcor est surement kabyle de ses mains pour poster mais il dans la saumure la plus compléte !La cervelle se conserve pas longtemps dans les casiers d’un bateau-usine sud-coréen essayant de rallier le rail d’ouessant par une nuit aussi noire et profonde que le cul de lepen l’amdassadeur à la Trinité et Sarko de l’ump !

    Continuons la lutte contre les trolls,les djinns et les dibbouks !


    • Daniel prévaut ! (---.---.64.135) 9 octobre 2006 14:31

      euh,lire « il NAGE dans la saumure la plus compléte »


    • (---.---.215.54) 9 octobre 2006 14:48

      Donc si on a bien compris, il faut lire :

      Daniel prévaut NAGE dans la saumure la plus compléte !

      Ok, c’est pas compliqué, nage, nage !


    • (---.---.64.135) 9 octobre 2006 15:02

      à IP:xxx.x54.215.54

      Visiblement les mots d’esprit,le second degré n’atteignent pas le neocortex de primates primaires au jugement primitif !

      La virulence de certains posteurs égale Ebola,le Sras,H5N1 . Puisse l’humanité en être immunisé !


    • Rocla (---.---.1.162) 9 octobre 2006 15:07

      Pour faire des mots d’ esprit , c’ est bien d’ avoir des mots et d’ avoir de l’ esprit . Pour les degrés on verra plus tard .

      Rocla


    • Alain Rey (---.---.64.135) 9 octobre 2006 15:18

      diarrhée verbale = logorrhée


    • Aïcha Qandicha (---.---.210.113) 9 octobre 2006 15:29

      Il faut lui pardonner, il n’est pas sorti par la voie normale !


    • Orphelin (---.---.64.135) 9 octobre 2006 15:37

      Merde,alors !

      Serais tu ma mère ?


  • Patrick Adam Patrick Adam 9 octobre 2006 14:49

    @ Bulgroz

    T’en as pas marre de ressasser toujours les mêmes trucs avec la hyène et toute sa meute ? Quel intérêt trouves-tu de les voir rabâcher toujours les mêmes choses. Alors, je t’en prie, ça ne sert à rien de poursuivre, tous les jours et sur tous les fils, ce genre de copier-coller qui ne mène à rien. Que ce soit Rocla, citadelle, l’indigène, la hyène ou le DW, il faudrait comprendre que ça ne sert à RIEN de leur répondre, sauf à les faire se rengorger. Ils sont nuls. Ils doivent donc être traites comme des nuls qui n’existent pas. Continuer à t’adresser à eux comme tu le fais, c’est te mettre à leur niveau. Il y a longemps que tu as fait passer ton message. On ne va pas vivre avec ça pendant des mois.

    Il est préférable d’avoir un fil avec peu d’interventions mais d’une certaine tenue, que cette diarrhée verbale que est strictement la même depuis le mois de février et qui fait fuir tout le monde..... Alors, je te le demande, cesse de leur répondre une bonne fois pour toutes. Tout le monde s’en portera mieux.

    Bien à toi. Tu as sans doute des choses plus intéressantes à dire que de t’accrocher à leurs basques. Patrick Adam


  • Visiteur Indigène (---.---.180.214) 9 octobre 2006 15:33

    Que nenni adam de sion ! Comment fermer les waters-closets d’agora ? Où s’épancher hormis sur le seul fil-poubelle de ce site. L’auteur, ses petits bras et ses écrits sont un merveilleux et puissant laxatif qui invite allègrement à un épanchement vif et épanoui.

    Je rote, je pète, rien ne m’arrête....tralali tralala...promenons-nous dans les bois d’agora...


  • vigie (---.---.186.161) 9 octobre 2006 17:02

    Bon j’y vois la une orientation sexo-vagino couillardo zpermatoidale en complète contradiction avec la pensée du prophète, ce qui nous vaudra un anathème cultural laiquo complexe en totale opposition avec la pensée agoravoxienne (et non-chienne) . Ce qui va nous éloigner du débat chianto-sionisto-islamo-laico-chrétien. Bref seul les exégèses y retrouveront leur petit. (Ouf je me la péte la !)

    Au secours,j’y comprends plus rien !


  • Patrick Adam Patrick Adam 9 octobre 2006 17:48

    @ wrysia

    Bien sûr la notion de blasphème n’est valable que pour un croyant. Il n’est donc pas question qu’une société laïque aborde un tel sujet. On ne peut que répondre : « Circulez ! Y a rien à voir ! ». Un musulman gêné de voir l’islam ou le Coran critiqué, voire vilipendé, devrait se sentir capable de surmonter l’épreuve. S’il ne l’est pas, c’est qu’il n’a rien compris à ce qu’est la religion : une relation qui ne peut être entamée par quelque évènement extérieur que ce soit. (Et c’est un athée qui parle...) Alors, bien sûr, l’imam qui pérorait hier à « Ripostes » a montré de façon éclatante qu’il n’avait rien compris au message dont il se prétend le porteur... C’est dérisoire, mais c’est aussi très dangereux d’entretenir sans cesse ce double langage.

    L’Occident était arrivé à un stade où il ne servait plus à rien de « haïr » les religions. Le travail de coupure ayant été accompli, nous commencions à nous en porter mieux. Ce qu’il y a de sinistre dans l’assaut de l’islam intégriste face aux démocraties, c’est qu’il nous replonge loin dans notre passé, et qu’au lieu de nous intéresser à des problèmes sociaux et culturels que nous devons apprendre à régler, il nous occupe à des discussions biaisées, dans lesquelles personne ne s’avance ouvertement.

    La loi française définit pafaitement ce qui est passible des tribunaux. Si les propos de Reddeker étaient tombés sous le coup de la loi, pourquoi l’UOIF ou la mosquée de Paris n’ont pas porté plainte ? Et le MRAP pourquoi se taisent-ils une fois encore ?

    Bien à toi. Patrick Adam


    • wrisya (---.---.1.82) 9 octobre 2006 18:26

      Bah oui c’est certain !

      Je me suis intérrogée sur cette raison mais je ne sais pas puisqu’effectivement l’UOIF a porté plainte contre Charlie Hebdo (ils ont du vite se rendre compte de l’impossibilité d’une telle démarche car cela voulait dire porter plainte contre France Soir, et puis aussi si on voulait être logique contre le journal Danois et partant contre tous les autres journaux européens qui ont publié ou même soutenu un discours dénoncé comme haineux à l’encontre des muslims).

      Alors soit effectivement, ils ont estimé le pour et le contre s’ils portaient plainte contre Redeker, soit ils ont estimé qu’il n’y avait rien de diffamant non pas pour l’islam en tant que religion, mais pour les muslims en tant que communauté.

      Peut-être se rendent-ils comptent de l’ampleur du problème : si c’est l’outrage à l’islam qui est dénoncé dans ce cas ils devront traquer le moindre « écart » des non muslims pour les faire censurer : la pièce à Berlin, les caricatures, mais aussi d’autres pièces de théatre, les Enfers de Dante... On se rend vite compte de l’impossibilité d’une telle démarche qui n’est pas critique mais relève uniquement de l’affect.

      En tous les cas, si ça me paraît bien compliquée cette histoire, il reste évident qu’à mon sens les muslims ne devraient avoir qu’une chose intelligente à faire : feindre l’indifférence et laisser coûler. Malheureusement, plus on réagit violemment, plus on nourrit ce rejet de l’islam qui va aller grandissant et de plus en plus se radicaliser et risque, par assimilation, de nous emporter au final...

      Donc, malheureusement les muslims et autres intellectuels croyants qui appellent à laisser couler se font eux-même lyncher par les autres « muslims », du coup c’est un dialogue triangulaire impossible...


  • Visiteur Indigène (---.---.180.214) 9 octobre 2006 19:28

    A Wrisya, Se présenter, comme vous le faites ici, masqué en Roleplayer est une insulte envers autrui et soi.

    Donc, vos leçons sont irrecevables.


    • wrisya (---.---.1.82) 9 octobre 2006 19:55

      La médisance en période de Ramadan : dévorez donc de la chaire morte cela reviendrait au même.é

      Le sceau sur votre coeur vous ferait certainement médire du bien aimé Prophète dans votre ignorance crasse et votre médisance bouffie d’orgueil.

      Faîtes du dhikr si vous savez seulement ce que ça veut dire, mais non vous préférez entretenir le diable dans votre coeur.

      Faire votre ramadan avec autant de médisance et d’orgueil... Ils ne récoltent que la fatigue, hein c’est bien ça ?

      Allez, vous me faîtes décidément trop pitié.


    • (---.---.75.179) 9 octobre 2006 22:57

      ben des fois...

      bon c’est trop compliqué...

      allez salut.


  • Visiteur Indigène (---.---.180.214) 9 octobre 2006 19:33

    Formule reprise à DW en son absence, mais toujours d’actualité pour la rénégate wrysia-françoise.


    • liberté chérie (---.---.252.50) 9 octobre 2006 23:02

      Un message pour DW,

      Ce midi, sur radio « Israël » (France Culture ainsi nommée par Daniel Milan), j’ai entendu une très belle voix, celle d’un homme tel que vous les méprisez - pouahhh ! un autodidacte comme vous les aborrez - pensez donc, il n’a pas de DEA de coloriage, ni de doctorat es fatuité...

      Il est simple, modeste, chaleureux, humain et...pourtant immense par le talent : Michel Bouquet. Il a été l’ami des plus grands intellectuels et artistes -au-then-tiques (et pas en toc, si vous voyez à qui je pense) du dernier demi-siècle...

      Avide de culture, il a beaucoup, beaucoup lu (Saint-Simon par exemple, qui n’est pas un écrivain facile ...). En artiste véritablement amoureux de l’Art, je l’imagine mal par exemple perdre son temps comme vous le faites continuellement en crachant un verbiage pénible et fielleux !

      N’est pas talentueux qui veut !


    • (---.---.75.179) 9 octobre 2006 23:05

      tiens encore un intermmitent de la culture, vivant à nos frais( impôts ) et qui nous fait chie..

      DW- démerde-toi pour vivre autrement qu’aux frais du contribuable, bordel, travaille un peu.


    • Copyleft (---.---.64.135) 10 octobre 2006 09:04

      le système d’intermittance ne fonctionne que pour « le spectacle vivant et les musiciens ».Les peintres,sculpteurs,plasticiens,écrivains peuvent effectivement aller se faire voir !

      Bientôt ,grace aux fermetures des mjc,la supression des subventions aux petites assos et théatres,l’arrêt du systeme d’intermittance ,au monopole privé de la sacem et de la loi davdsi la droite aura bouclé son programme d’installation de sarkozy !


  • Serpico (---.---.243.35) 10 octobre 2006 11:05

    A l’auteur : « La guerre d’Algérie ne finira-t-elle donc jamais... » 5 fois « Colonisation... Guerres d’indépendance... Repentance... Réparations... La machine à lessiver la mémoire »

    Tout le monde s’insurge contre cette mode de la repentance sauf en ce qui concerne les fautes de l’Etat français pendant la deuxième guerre mondiale. Là, la repentance est menée tambour battant.

    « La guerre d’Algérie ne finira-t-elle donc jamais ? ». Va savoir.

    La religion de la shoah nous emmerdera donc à jamais ?

    Pourquoi la France se repentirait-elle à la gueule du client ?


  • Patrick Adam Patrick Adam 10 octobre 2006 14:29

    @ Serpico

    Comparer la Guerre d’Algérie à la Shoah est totalement débile. Nous sommes là devant deux manifestations des conflits humains radicalement différents, pour ne pas dire antinomiques.

    L’une (la guerre d’Algérie) est un conflit courant de prééminence politique sur une terre. Ce qui le caractérise est l’utilisation systématique du terrorisme par le FLN ce qui entraîné des pratiques de torture qui ont eu cours dans de nombreux conflits (avant et après).

    L’autre (la Shoah) est la matérialisaiton d’une idéologie d’éradication d’un peuple en tant que tel, par tout moyen à disposition de celui qui était promoteur de ce projet, et ce jusqu’à concevoir des moyens industriels pour parvenir à ses fins.

    Si vous mettez ces deux faits historiques sur le même plan, c’est que décidément, vous n’avez rien compris à l’histoire en encore moins à la nature humaine et aux règles qui régissent les sociétés. Vous faites preuve de barbarie intellectuelle, on pourrait même dire de sauvagerie.

    Bien à vous. Patrick Adam


    • Serpico (---.---.148.229) 10 octobre 2006 18:07

      Je n’ai jamais rien comparé à rien.

      Votre procédé est d’une lâcheté extrème : je parle de la repentance française, phénomène qui n’indispose personne quand il s’agit de pointer du doigt la culpabilité française dans le martyre des juifs.

      Cela dit, il ne s’agit même pas de comparer : le penser est encore plus débile.


    • Serpico (---.---.148.229) 10 octobre 2006 18:36

      Vous pouvez parler de barbarie ou de sauvagerie intellectuelle, libre à vous.

      J’ai compris que vous brandissiez le tabou ultime, celui qui neutralise toute liberté d’expression.

      Vous utilisez le même chantage que les philosophes français de service : vous gesticulez vers le public pour signaler que je touche à la ligne rouge.

      On sature de ce terrorisme intellectuel qui voit des antisémites partout.

      Quant à votre façon, mine de rien, de charger le FLN au passage, c’est digne des pires réactionnaires.

      En somme, c’est à cause du FLN que l’armée française a torturé. Sinon, il ne se serait rien passé en Algérie

      C’est à cause des Palestiniens que l’armée israelienne est contrainte de tuer sauvagement comme se lamentait Golda Meir en leur disant qu’elle ne « leur pardonnerait pas d’avoir contraint les israeliens à devenir des assassins »..

      En quoi aurais-je pu comparer massacre des juifs et guerre d’Algérie ? La France n’est pas responsable de la « solution finale » que je sache ?

      Vous préférez dévier la question vers la culpabilisation de l’interlocuteur au lieu de répondre.


  • Aïcha Qandicha (---.---.215.126) 10 octobre 2006 14:42

    Il n y pas que l’Algérie, il y a le Maroc, la Tunisie,le Sénégal, la Côte d’Ivoire, l’Indochine... Au total : une sacrée Shoah de victimes de la barbarie colonialiste qui mérite des excuses officielles de la France. J’ai bien rigolé il y a 15 jours quand Chirac à dit à la Turquie que ça la grandirait de s’excuser du génocide des Arméniens. Comme quoi les conseilleurs ne sont vraiement pas les payeurs !

    P.S. Et puis comment dire pardon pour la colonisations, alors qu’on soutient tacitement d’autres colonisations, principalement l’occuaption juive en Palestine ? Penda,t ce temps-là, on pleure non-stop les victimes juives de la 2e Guerre mondiale.


  • mohand (---.---.166.28) 10 octobre 2006 15:45

    INDIGÈNES« • La presse algérienne dénonce une »grande supercherie" La projection en avant-première algérienne du film Indigènes, de Rachid Bouchareb, a suscité l’émotion - mais pas dans le même sens qu’en France. Les commentateurs estiment en effet que le scénario gomme la réalité historique du rapport de force colonial.

    « Si, au plan esthétique, le film de Rachid Bouchareb mérite les applaudissements, l’approche historique est, quant à elle, très discutable. On ne scelle pas l’amitié entre les peuples en racontant une histoire se voulant être l’Histoire. S’il y eut des Maghrébins qui ont combattu volontairement aux côtés de la France pendant la Première et la Seconde Guerre mondiale, ce n’était pas le cas de la majorité des mobilisés. La majorité des Algériens, des Tunisiens et des Marocains ont été contraints de s’enrôler et de combattre les Allemands", s’indigne La Tribune à la suite de la projection à Alger, samedi 7 octobre, du film Indigènes à l’Algeria, l’une des plus grandes salles de cinéma de la capitale.

    Le quotidien algérien revient donc sur « la mobilisation forcée de près de 130 000 indigènes des colonies françaises pour libérer la métropole et l’Europe ». D’ailleurs, poursuit le journal, pendant la Seconde Guerre mondiale, les Maghrébins en général et les Algériens en particulier avaient acquis assez de conscience politique pour ne pas « épouser la cause française avec allégresse et s’engager volontairement dans l’armée pour libérer la France ». A ce titre, les personnages du film Indigènes « sont loin d’être représentatifs ». Et La Tribune de rappeler au passage comment, en 1916,

    « l’administration coloniale a fait appel aux tirailleurs sénégalais comme force répressive » pour obliger « les populations des Aurès à s’enrôler dans l’armée française », ou encore comment, pendant la Seconde Guerre mondiale, « les forces armées coloniales avaient regroupé les notables des tribus et les avaient menacés de mort s’ils ne laissaient pas leurs enfants s’engager dans l’armée française ».

    Même son de cloche dans Le Jeune Indépendant, qui relève que « la première projection a suscité un débat controversé concernant le volontarisme des tirailleurs africains pour participer à la Seconde Guerre mondiale dans le but de sauver la ’mère patrie’. Et la réaction des spectateurs présents était unanime, tant la mémoire collective est présente pour démontrer une vérité indéfectible : le peuple algérien fut quasiment enrôlé de force, à coups de bâton et d’insultes. »

    Le journal reproche au réalisateur de s’être appuyé « seulement sur des témoignages de tirailleurs qu’il a rencontrés. Et les personnes qu’il a vues, en France, sont celles qui ont fui la misère. C’est dire que Bouchareb n’a pas eu la chance de recueillir les témoignages de ceux qui ont subi les affres du colonialisme. »

    Bouchareb aurait-il péché par omission ? Dans une interview publiée par El Watan, le réalisateur explique que « tout est dit dans le film à travers les dialogues », que « toutes les scènes du film sont réelles, chaque personnage existe », que « les témoignages recueillis sont véridiques, récoltés auprès de soldats ayant vécu cette poignante période ». De même, dans une interview publiée dans Liberté, Bouchareb précise : « Ce sont des gens que j’ai rencontrés en France, mais aussi en Algérie. »

    Selon lui, le plus important est que l’histoire de cette période, qui est plutôt ignorée, « soit mieux connue » par les Algériens mais aussi « par les jeunes issus de l’émigration, les jeunes de banlieue, qui ne connaissent pas grand-chose de l’histoire de leurs parents et grands-parents », et d’ajouter : « Si ces jeunes connaissaient le passé glorieux de leurs ancêtres et ce qu’ils ont fait pour la France, ils seraient plus fiers. »

    Le Quotidien d’Oran n’est pas non plus avare de critiques. Sous le titre « Indigènes : la grande supercherie ? » il se demande si Jacques Chirac a « réellement agi sous le coup de l’émotion après avoir regardé le film » ou si « son geste relève d’une opération de communication habilement préparée ». Le quotidien signale que le ministre français délégué aux Anciens Combattants, Hamlaoui Mekachera, d’origine algérienne et lui-même ancien militaire de l’armée française, travaillait depuis trois ans sur le dossier des pensions versées aux anciens combattants des ex-colonies françaises.

    Finalement, selon Le Quotidien d’Oran, « à quelques mois des élections présidentielles, la droite au pouvoir souhaitait faire un geste en faveur des vétérans issus des colonies [en alignant leurs pensions sur celles versées aux soldats français], mais la mesure, purement symbolique, ne devait pas avoir un impact négatif sur les finances françaises ».

    Par ailleurs, Le Quotidien d’Oran relève que le film a été financé en partie par « des proches » du roi du Maroc Mohammed VI et dénonce le lancement du film en France comme « une vaste opération de communication franco-marocaine » durant laquelle on a pu voir s’afficher « Jacques Chirac et Jamel Debbouze côte à côte, complices, à l’avant-première du film à Paris, à l’issue de laquelle le président français a annoncé sa décision concernant les pensions ».

    Pour finir, le journal n’hésite pas à charger l’acteur d’origine marocaine Jamel Debbouze, qui « a volé la vedette au réalisateur du film, d’origine algérienne, Rachid Bouchareb, auquel revient pourtant le mérite de la réussite du film ». A signaler que Jamel Debbouze n’a pas pu obtenir un visa pour l’Algérie afin d’assister à la projection. Les raisons de ce refus n’ont pas été indiquées par les autorités algériennes.

    Quant au film que Rachid Bouchareb projette de réaliser d’ici deux ans sur les massacres perpétrés par l’armée française à Sétif le 8 mai 1945, Le Jeune Indépendant espère qu’il « fera changer la position de la France à l’égard des crimes qu’elle a commis durant la période coloniale, en reconnaissant ses torts, comme elle sait le demander aux Turcs à propos du génocide arménien. Une influence qu’a déjà eue Bouchareb, avec Indigènes, sur la classe politique française, en poussant le gouvernement français à rouvrir le dossier de l’indemnisation des tirailleurs étrangers. »

    Après le Maroc, où le film a été présenté les 4 et 5 octobre, et l’Algérie, le film sera projeté cette semaine au Sénégal.


    • mohand (---.---.166.28) 10 octobre 2006 15:57

      La France révise son histoire avec l’Algérie à travers le cinéma

      Au moment où le film Indigènes est projeté en avant-première à Alger, le tournage d’un film français, qui retrace un épisode douloureux de la guerre d’Algérie, vient de se terminer dans les montagnes rocheuses de l’Atlas au Maroc. Après plusieurs années de censure et de blocage, la France autorise depuis quelques années une révision de son histoire à travers le cinéma. Mieux encore, elle autorise des cinéastes français à évoquer ouvertement dans leurs films la torture, les dépassements et surtout l’échec de la vision coloniale française en Algérie. Une autocritique qui était presque inimaginable il y a 7 ans, puisque plusieurs cinéastes français, dont le plus prolifique René Vautier, avaient été bannis de l’environnement cinématographique français seulement parce qu’ils avaient donné leur point de vue historique sur la guerre d’Algérie.

      Mais, depuis quelques années et après la reconnaissance officielle de la guerre d’Algérie au Parlement français, le sujet n’est plus tabou. Ainsi, après la réalisation du film de Philippe Faucon La trahison, qui retrace les rapports étroits entre un officier français et des supplétifs algériens, Mon colonel de Costa Gavras, qui va dans le même sens, un nouveau film français aussi poignant et aussi critique sur l’histoire de la présence coloniale française en Algérie vient d’être réalisé, il y a quelques mois. Il s’agit du film L’Ennemi intime de Florent Siri. Ce réalisateur fait partie de la nouvelle génération des cinéastes, il est surtout connu pour avoir réalisé des chefs-d’œuvre, tels que Nids de Guêpes ou encore Otage avec Bruce Willis. Le film qui est tourné avec des moyens techniques importants est adapté d’un documentaire de Patrick Rotman, qui retrace les atrocités de l’armée française en Algérie, et qui a été largement vendu en DVD en Algérie.

      L’histoire d’Ennemi intime se passe en Kabylie, en juin 1959. Le film se veut dur. L’histoire d’un officier pris dans la tourmente algérienne et qui va découvrir la guerre, les crimes les plus vils et la torture. Il va évoluer et découvrir que le pire ennemi dans ces conditions anormales, hors-la-loi des hommes, c’est peut-être soi-même... Siri reprend un de ses acteurs fétiches, et il faut le dire un des meilleurs du cinéma (tant il a la capacité de jouer des rôles différents) Benoît Magimel, pour incarner son “héros tourmenté”. Benoît Magimel va nettement trancher avec l’univers algérien dans lequel son personnage baigne. Face à Magimel, on retrouve le troublant Bernard Dupontel aussi à l’aise dans les compositions humoristiques que dans les rôles les plus noirs, actuellement à l’affiche avec son film Le président.

      Contrairement aux films La Trahison et Mon Colonel où les scènes ont été tournées entièrement en Algérie avec des techniciens et des comédiens algériens, L’Ennemi intime, dont le tournage vient de s’achever, a été filmé au Maroc, comme ce fut le cas pour le film de Rachid Bouchareb Indigènes, mais pas pour les mêmes considérations techniques et politiques. Le réalisateur explique dans la revue Ciné Live, qu’il aurait aimé tourner le film dans sa région d’origine : la Kabylie, mais la complexité du projet l’a dissuadé pour opter pour le Maroc. Cela n’a pas empêché le cinéaste de recruter et de faire venir d’Algérie des figurants et des comédiens originaires de la Kabylie, pour interpréter les rôles importants.

      D’ailleurs, le réalisateur a été frappé par la disponibilité et l’engagement de ses comédiens amateurs qui ont accompli leur rôle comme de vrais professionnels. “Même s’ils n’ont pas vécu cette guerre, ils connaissent parfaitement ses contours. Pour eux, c’est un devoir de mémoire et ils sont très impliqués dans le film”, affirme Florence Siri qui accorde une importance capitale à la psychologie des personnages. Il a été également très marqué par l’interprétation de Mohamed Fellag : “J’ai un immense respect pour cet humoriste algérien qui a joué une scène-clé du film et qui dépeint l’horreur de la guerre d’Algérie, lorsque l’on emmenait un prisonnier, dont on ne savait plus quoi en faire pour la corvée de bois et qu’en fait pour l’abattre dans la forêt.”

      Même si le film est centré autour du conflit idéologique entre les deux officiers français, il est tout de même truffé d’anecdotes qui retracent les atrocités de l’armée française. C’est le cas de cette scène où les militaires français prenaient les villageois un à un pour leur faire subir la gégène sur la scène publique ou encore cette scène où ils abattent un sourd-muet tout simplement parce qu’il ne comprenait pas ce qu’ils lui disaient. Une scène qui ressemble d’ailleurs à celle réalisée par Oliver Stone dans Platoon.

      D’ailleurs, le réalisateur ne s’en cache pas et affirme que trois œuvres l’ont inspiré pour réaliser ce film Platoon, La Bataille d’Alger et Apocalypse Now. Trois films qui dénoncent ouvertement les atrocités de l’occupant et qui ont été réalisés à contre-courant de la vision coloniale du pays producteur.

      Ennemi intime a le mérite de raconter un épisode de la mémoire effacée de la guerre de Libération, ceci au moment où les rapports entre l’Algérie et la France ont été détériorés par le vote au Parlement de la loi du 23 février, qui glorifie la colonisation française en Afrique du Nord.

      Le cinéma va-t-il rétablir les faits historiques comme il l’a fait avec le film Indigènes ? Ce n’est pas la prétention de Florence Siri qui affirme que le parti pris qu’il a choisi n’est pas de juger, même s’il se dit fondamentalement contre la violence, la guerre et la torture en général.


  • mohand (---.---.166.82) 10 octobre 2006 16:54

    1/2

    Par Mohamed ABASSA Etes-vous sûr d’aimer la France, Monsieur Sarkozy, plus que les autres Français d’origine étrangère ?

    Monsieur le Président de l’UMP, Monsieur le Ministre, vos déclarations aussi impulsives qu’intempestives sur les jeunes révoltés des banlieues (racaille, nettoyer les banlieues au Karcher, aimer la France ou la quitter et autres noms d’oiseaux variés) ainsi que votre dernière trouvaille de loi sur l’immigration, conduisent naturellement à penser que vous agissez contre les intérêts supérieurs de votre propre pays, la France. Elles trahissent en définitive un profond sentiment de désarroi et de rejet de cette même France que vous appelez d’autres à aimer sinon à la quitter. Cette singulière attitude n’est pas la meilleure des manières d’aimer la France et encore moins de la faire aimer. Voici pourquoi.

    Vous qualifiez les jeunes beurs révoltés de racaille, exactement comme les nazis de Hitler et leurs héritiers actuels ( Le Pen, de Villiers et consorts) qualifiaient les juifs de vermine. Cette insulte inqualifiable (racaille, vermine) dite par un ministre français en poste et président de parti, l’UMP, gaulliste de surcroît, prétendant déclaré à la présidence de la République Française, est humainement insupportable, vraiment insupportable, Monsieur Sarkozy. Elle conduit et appelle surtout à de plus violentes révoltes génératrices à leur tour de haines et de divisions entre les communautés, entre les religions, entre les citoyens d’un même pays. De fait, l’insulte que votre seule impulsivité n’explique pas, par sa défiance irresponsable et son caractère provocateur, atteint les jeunes et leurs familles, dans leur dignité d’êtres humains, dans leur amour-propre de jeunes et dans leurs droits républicains de citoyens français. Tout porte donc à croire que vous poussez volontairement la France minoritaire des banlieues, la France du ghetto, à plus de violences aux seules fins de d’effrayer l’autre France, la majoritaire, la France tranquille, celle qui vote et dont vous serez, naturellement, le seul et le plus grand défenseur ; on l’aura deviné.

    Ainsi, vous vous posez plus et mieux que Le Pen en défenseur autoproclamé des Français de souche, pur beurre, contre cette « barbarie française » des banlieues que vos discours suggèrent arabe, islamique et africaine et que, entre nous soit dit, vous avez vous-même contribué à créer, à provoquer ; vos diverses polices aidant. Agir ainsi, Monsieur Sarkozy, est-ce le meilleur moyen d’aimer la France ? Est-ce le meilleur moyen de paraître plus français que français ? Est-ce le meilleur moyen de rassurer ces centaines de millions de musulmans, d’Africains et d’Arabes qui entretiennent avec la France des rapports historiques et qui demandent, maintenant plus que jamais, à être assainis, clarifiés ?

    Car, pour mémoire, sachez Monsieur Sarkozy que pour devenir chancelier, Hitler avait agi comme vous, exactement comme vous le faites aujourd’hui ; faire peur au brave petit peuple et se poser en muraille infranchissable contre la « racaille » des banlieues arabes, islamiques et africaines qui menacent la quiétude du brave et grand peuple de France. Dans le même contexte argumentaire que développait Hitler contre les communistes allemands et la « vermine » juive. Vous connaissez la suite, Monsieur Sarkozy : 60 millions de morts. Cette même « racaille » que vous comptez nettoyer au Karcher dans les banlieues est issue, à son corps défendant, d’une autre « racaille » ces millions de Maghrébins, de musulmans, d’Africains qui ont fait tous vos champs de bataille, ont partagé vos souffrances, vos tranchées, vos défaites et aussi vos gloires.

    Le seul cas algérien est édifiant. Les Algériens se sont battus avec et pour la France pendant plus d’un siècle : en Crimée, au Mexique, à Sedan, à Verdun, à la Marne, au Tonkin, à Madagascar, en Indochine et même en Algérie contre leur propre peuple. Ils sont des centaines de milliers d’Algériens à avoir donné leur vie pour la France. Combien de Hongrois l’ont fait, Monsieur Sarkozy, combien ? Aucun je crois ; ils se battaient en face pour Hitler. Ces mêmes Algériens, morts pour cette même France que vous croyez incarner aujourd’hui, ont été également traités de racaille et de sous-hommes par vos pairs d’alors. Sinon pourquoi étaient-ils utilisés comme chair à canon, boucliers humains dans toutes les grandes batailles que la France a menées pour sa survie ? Le plus caustique et, aussi, le plus affligeant est que cette « racaille », les tirailleurs algériens et les tabors marocains s’étaient battus à Marseille et Monté Cassino (Mont Cassin en français) contre les Panzergrenadiers allemands soutenus par des volontaires hongrois et français de la division Charlemagne ; la vraie racaille de droite et d’extrême droite dont les héritiers actuels s’appellent Le Pen, de Villiers et bien d’autres qui ont admiré et servi l’Allemagne nazie.

    Au vu de vos inconduites, de votre ingratitude envers ces vaillants combattants, et de vos insultes fracassantes et récurrentes à l’endroit de l’immigration, je serais naturellement tenté de vous classer dans la seule rubrique de ceux qui semblent vous inspirer ; la racaille brune ; celle qui hait les Arabes, les Juifs et les Noirs Une seule raison m’interdit de le faire ; votre rang. De même, votre descendance juive par la mère aurait dû vous porter à mieux comprendre les souffrances humaines, celles des migrants, des exilés et des expatriés au lieu de prendre fait et cause systématiquement pour les bandits sionistes. Pourquoi ne pas entendre et rejoindre ces juifs français de cœur et d’esprit qui soutiennent et défendent leurs frères émigrés ? Parce que vous aussi, Monsieur Sarkozy, vous êtes un expatrié, un migrant et un exilé, de père légionnaire et de maman juive tout autant expatriée.

    Ce ne sont ni des tares ni des motifs de haine et de rejet de l’autre surtout quand cet autre, l’immigré, avec moins de réussite, partage en mieux votre histoire et vous ressemble. Monsieur Sarkozy, on n’échappe pas à son passé, à son histoire, en crachant sur tout ce qui vous ressemble, sur tout ce qui n’est pas suffisamment et correctement français. Sinon, que veut dire cette terrible boutade que même Le Pen n’a pas (encore) prononcée « aimez la France ou quittez- la ! » A qui s’adresse cette sentence aux relents odieusement racistes ? Aux Français de souche comme ne l’est pas M. Sarkozy ? Non. Aux Européens de l’UE vivant en France ? Non.

    Dans l’entendement du ministre français de l’Intérieur, la menace s’adresse seulement et exclusivement aux Français d’origine maghrébine, arabe, islamique et africaine. A vos yeux, Monsieur le Ministre, pour aimer la France, les Français de cette mauvaise origine, de cette mauvaise naissance diriez-vous, la racaille donc, selon vos propres dires, se doit d’être sage et soumise : n’envahissez pas le Stade de France pour dire votre mal-vie, ne brûlez pas les banlieues pour crier vos douleurs, vos misères, votre profonde solitude par l’exclusion organisée, ne manifestez pas vos colères contre le gouvernement de la France. Si vous le faites, c’est que vous n’aimez pas la France donc quittez la France. A-t-on dit cela aux révoltés de mai 68 ? Aux anti CPE ? Aux altermondialistes ? A José Bové ? Aux manifestants gay ? Dit-on à ces manifestants, à ces révoltés de quitter la France parce qu’ils ne l’aiment pas ?

    Les jeunes de banlieues aiment la France, c’est leur pays, mais ils n’aiment pas les gouvernements de cette même France qui les confinent dans des ghettos, dans la malvie, dans la non-vie ; si vous dites aïe, j’ai mal, j’ai très mal, c’est que vous n’aimez pas la France, alors quittez-la, dites-vous Monsieur Sarkozy. Est-ce vraiment le meilleur moyen d’intégrer, de rassurer, de gagner ces jeunes que votre système a exclus ? Est-ce le meilleur moyen de rendre service à cette France que vous croyez servir et aimer, Monsieur le Ministre ? Ces pratiques, par leur lecture profondément raciste, sont attentatoires à l’honneur et à l’image de la France, à cette France supposée laïque et républicaine.

    Monsieur Sarkozy, votre dernière loi sur l’immigration est à la fois choquante et amusante : Amusante : il y a quelques petits siècles, vos pairs choisissaient leurs émigrés, esclaves compris, selon des normes très proches de votre définition mise à jour de la racaille : analphabètes, costauds, forts et musclés, courageux, baroudeurs et combatifs. A l’époque, cette « racaille humaine », Monsieur Sarkozy, transformée par vos négriers et divers employeurs en bêtes de somme , en chair à canon, en harkis, en manœuvres et en divers OS, en main-d’œuvre bon marché qui a reconstruit à bas prix vos pays ravagés par vos seules et sales guerres, cette « racaille-là », dis-je, avait fait la prospérité et le bonheur de votre pays, la France.

    Pendant des siècles, cette immigration, esclaves compris, était la plus prisée, la plus recherchée, la plus aimée, parce qu’elle faisait vos guerres en mourant pour vous, sans gloire et sans pleurs, qu’elle transpirait dans vos chantiers sans protester, qu’elle souffrait la misère et la faim sans crier, sans haine, qu’elle acceptait son exclusion sans manifester et sans brûler les symboles de son aliénation, de son humiliation. Cette « racaille-là », Monsieur le Ministre, a fait des petits ; ils sont dans vos banlieues. Ils ne veulent pas, ne veulent plus subir le sort dégradant de leurs parents, de leurs aïeux. Ils veulent exister, travailler, chanter, aimer ; seulement cela, parce qu’ils aiment la France.

    Votre loi est choquante parce qu’elle introduit, encore une fois, des normes racistes et élitistes. Cette même logique raciste qui portait naguère vos pairs et vos systèmes à choisir, sélectionner vos migrants sur les seules valeurs marchandes de leur viande et de leurs muscles, les porte tout naturellement maintenant à les choisir sur son parfait contraire ; sur leurs performances intellectuelles, culturelles, techniques et scientifiques. Ce qui veut dire, en termes simples, que la France actuelle, celle de M. Sarkozy, le fils du migrant légionnaire hongrois, n’acceptera plus en France la racaille de la viande et des muscles, cette même racaille qui a sauvé la France à Verdun et à Monté Cassino ; ce glissement moral qui renseigne parfaitement sur l’amoralité de ses auteurs nous paraît, ici en terre d’Algérie, assez indécent et très choquant, Monsieur le Ministre ; vous en conviendrez, je l’espère.

    Et, plus grave encore, cette loi va tout naturellement pousser les cadres et élites du tiers-monde, africaines en particulier, à s’expatrier massivement pour venir enrichir la France des têtes, de l’immigration choisie pas subie ; le haut du panier ; on choisit les hommes comme on choisit ses patates ; du vrai racisme exprimé en loi et bien votée par une droite négrière et poujadiste à l’excès. Quand vous déclarez les cadres et élites africains éligibles à l’émigration par opposition à l’autre émigration dont vous ne voulez plus, la racaille subie dites-vous souvent avec insistance, quel but visez-vous ? Appauvrir encore et toujours l’Afrique ou enrichir la France ? J’affirme ici que, par cette loi, vous allez encore appauvrir l’Afrique sans enrichir la France. Parce que ces nouveaux migrants cultivés et en phase avec les nouveaux besoins de la France, rejoindront vite, très vite, les banlieues dans lesquelles elles seront obligatoirement casées.

    Est-il normal, moral, vous le prétendant au poste le plus élevé de France, président de la République, que vous appeliez, selon une procédure insidieuse et dangereuse, les derniers cadres africains à quitter leur pays pour venir s’installer en France. Hier vous aviez vidé l’Afrique de ses bras pour en faire des esclaves, aujourd’hui vous voulez la vider des rares élites pensantes qui lui restent ; c’est un autre crime qu’aucune loi ne saurait punir ici ou ailleurs. Que faites-vous Monsieur le Ministre de l’Intérieur contre ce racisme verbal ordinaire et banalisé par votre presse ? Pourquoi rappelle-t-on toujours l’origine étrangère d’un citoyen français d’origine maghrébine ou africaine.

    A suivre


    • mohand (---.---.166.82) 10 octobre 2006 16:58

      2/2

      Pourtant, plus de 50 % de la population française est d’origine latine autre que française (espagnole, italienne, portugaise). On n’entend et ne lit jamais dans votre presse « le Franco-Espagnol, le Franco-Italien, le Franco- Portugais, ou le Franco- Hongrois », jamais. Par contre, quand il s’agit d’actes répréhensibles commis par des citoyens français d’origine ...maghrébine on n’oublie rarement, dans la presse surtout, de rappeler l’origine étrangère du délinquant français. Dernier exemple en date, le Français Moussaoui est systématiquement qualifié de franco- marocain.

      Par contre, quand d’autres Français de mêmes origines réalisent des prouesses et forcent l’admiration, alors, là, on insiste pour rappeler qu’ils sont français et seulement français, le Français Zidane, la Française Leila Picard, le Français Djamal Bourras, le Français Noah, etc., etc. Le jour où Zizou jouera moins bien, soyez certain Monsieur le Ministre, votre presse parlera du Franco- Algérien Zidane. Cette discrimination terminologique au quotidien crée dans ces communautés des sentiments de frustration et de rejet. Vous conviendrez que cette France-là, raciste dans son ordinaire, ne soit pas aimée. Pour autant, faudra-t-il la quitter comme vous les y invitez ? Assurément non, Monsieur le Ministre, puisque ces gens-là aiment à en mourir une autre France qui n’est pas, ne peut pas être la vôtre.

      Ils aiment la France de l’Abbé Pierre, d’Henri Alleg, de Jeanson, de Garaudy, de Ferrat, de José Bové, de Bernard Thibault, de Marie-George Buffet, de Renaud, de Lang, de Martine Aubry, de Danielle Mitterrand, de Roger Hanin et de milliers d’autres Français de cœur, de talent et d’esprit qui sont la vraie France, la France des tolérances, la France des solidarités et des amours vraies, cette France-là est bien aimée par la « racaille » S’il vous plaît, Monsieur le Ministre, ne parlez plus des bienfaits de la colonisation. Au mieux fermez-la (la parenthèse coloniale). Je vous livre quelques petits extraits d’auteurs français (Lounis Aggoun et Jean Baptiste Rivoire sur les « bienfaits » de la colonisation en Algérie et, en particulier, les comportements de la légion étrangère que vous semblez si bien connaître.

      « En 1832, deux ans après le débarquement français en Algérie, une sombre affaire de vol commis par des membres de la tribu des Ouffas provoque la colère du gouverneur d’Alger, le duc de Rovigo, qui vient d’être nommé par la France. En représailles, il lance contre les Ouffas une attaque au cours de laquelle « tout ce qui y vivait fut voué à la mort ». « En revenant de cette funeste expédition, racontera le colonel Pélissier de Reynaud, plusieurs de nos cavaliers portaient des têtes au bout de leurs lances et une d’elles servit, dit-on, à un horrible festin [1]. » Simple dérapage d’un colonel français, ou massacre prémédité ? « Des têtes. Apportez des têtes, aurait demandé à l’époque le gouverneur d’Alger. Bouchez les conduites d’eau crevées avec la tête d’un Bédouin que vous rencontrerez. » Bilan, « il y eut douze mille morts chez les Ouffas. On trouva, les jours suivants, bracelets et boucles d’oreilles en abondance au marché algérois de Bab-Azoun. La devise de Rovigo était : « On m’a coupé trois têtes ; si dans 48 heures les coupables ne me sont pas livrés, j’irai chez vous et je prendrai trois cents têtes ; et il tenait parole » [2] . » Dès lors, et jusqu’en 1848, les troupes françaises engagées dans la conquête de l’Algérie multiplient les expéditions meurtrières.

      En 1834, une mission élémentaire dresse à son retour d’Algérie un sévère bilan de la conquête : « En un mot, nous avons dépassé en barbarie les barbares que nous venions civiliser et nous nous plaignons de ne pas réussir auprès d’eux [3] . » A partir de 1837 et l’arrivée de la Légion étrangère commandée par Achille de Saint-Arnaud sous la supervision du général Bugeaud, les massacres délibérés prennent une dimension effarante. L’objectif affiché, que l’on n’hésiterait pas aujourd’hui à qualifier de génocidaire, est de réduire les effectifs des populations algériennes, pour permettre à la colonisation de prendre ses aises. L’expression consacrée est : « Comprimer les Arabes » - elle est d’Alexis de Tocqueville, qui préférait cela à l’« extermination » des Indiens en Amérique.

      Pour Bugeaud, le but « n’est pas de courir après les Arabes, ce qui est fort inutile, il est d’empêcher les Arabes de semer, de récolter, de pâturer, [...] de jouir de leurs champs ». « Allez tous les ans leur brûler leurs récoltes [...], ou bien exterminez-les jusqu’au dernier [4] » : cela s’appelle la razzia. Et la razzia devient bientôt routine : « Nous tombions sur une portion de la tribu des Garabas qui a été surprise, gobée, dévalisée : neuf cent quarante-trois boeufs, trois mille moutons et chèvres, trois cents ânes, soixante chevaux, trois mulets, vingt chameaux, force poules, beaucoup de tapis, des tentes, de l’orge, du blé, de l’argent, etc., sept femmes et quelques hommes (ceux qui n’ont pas pu se sauver ont été tués), je crois qu’il est difficile de faire razzia plus complète. [...]

      Tant mieux, c’est très amusant », écrit le lieutenant-colonel de Montagnac, un de ces nombreux militaires français arrivés en Algérie avec le grade de lieutenant et repartis une quinzaine d’années plus tard avec celui de général. « Les femmes, les enfants accrochés dans les épaisses broussailles qu’ils sont obligés de traverser, se rendent à nous, continue de Montagnac. On tue, on égorge ; les cris des épouvantés, des mourants, se mêlent au bruit des bestiaux qui mugissent, bêlent de tous côtés. Chaque soldat arrive avec quelques pauvres femmes ou enfants qu’il chasse, comme des bêtes, devant lui [...]. Vous me demandez ce que nous faisons des femmes que nous prenons. On en garde quelques-unes comme otages, les autres sont échangées contre des chevaux, et le reste est vendu, à l’enchère, comme bêtes de somme. Parmi ces femmes, il y en a souvent de très jolies. »

      Je pense que ces témoignages produits par des Français de souche ou presque ne hanteront pas vos nuits. Sachez, enfin, que le plus grand génocide après celui des Indiens d’Amérique est algérien. HUIT MILLIONS D’ALGERIENS massacrés pour et par la France. Sachez aussi que les premières chambres à gaz ne sont pas allemandes, elles sont françaises. Des dizaines de milliers d’Algériens dont des enfants, des femmes et des vieillards ont été gazés à la paille ; il s’agit des tristement célèbres enfumades du Dahra organisées par le sanguinaire général Pélissier, une vraie ordure humaine qui se distingua par cette déclaration qui donne froid au dos « la peau d’un de mes tambours avait plus de prix que la peau de tous ces misérables ».

      Ce général a fait gazer les survivants de 15 grandes tribus du Dahra dont les hommes valides se battaient ailleurs contre Bugeaud. Il a fait gazer des vieillards, des femmes et des enfants sans défense des tribus des Ouled Riah, des Achâacha, Hachachta, Adjissa, Beni Zerroual, Tazgaït, Médiouna, Nekmaria et bien d’autres dans la seule région de Mostaganem. Il récidivera plus tard dans le Haut Dahra ; Ténès, Chlef, Miliana. Je vous conseille, Monsieur Sarkozy, de visiter ces grottes, elles racontent à ce jour les horreurs françaises. Alors, Monsieur Sarkozy, en attendant le procès, à titre posthume, de cette horde de barbares que sont vos maréchaux, généraux et colonels, Bugeaud, de Bourmont, Pélissier, Cavaignac, Saint Arnaud, Lamoricière, Rovigo, Montagnac et de bien d’autres racailles, de la vraie racaille celle-là, la peste brune qu’aucun criminel de guerre n’a su égaler à ce jour, en attendant donc ces procès posthumes qui tardent à venir, je vous conseille de la fermer (la parenthèse coloniale) sur les bienfaits de la colonisation.

      Pour ce motif, Monsieur Sarkozy, à partir de dorénavant, quand vous croiserez un franco-algérien des banlieues, qu’il soit descendant de moudjahid ou de harki, ayez l’élémentaire décence de baisser les yeux. Ayez aussi l’autre décence de prononcer secrètement et distinctement ces deux syllabes « PAR DON » Pour finir, je vous livre, Monsieur le Ministre, une opinion du réalisateur Mathieu Kassovitz : « Comme Bush, Nicolas Sarkozy ne défend pas un idéal, il répond aux peurs qu’il instille lui-même dans la tête des gens (...) Il sera impossible demain de dire que nous n’étions pas au courant (...) »

      M. A


    • (---.---.215.93) 10 octobre 2006 20:50

      kesed, votre vieille tactique coloniale pour diviser les kabyles des autres algériens sent le réchauffé. votre méthode nous la connaissons, elle demeure vaine hier comme aujourd’hui.


    • (---.---.215.93) 10 octobre 2006 20:57

      kesed, votre vieille tactique coloniale pour diviser les kabyles des autres algériens sent le réchauffé. votre méthode nous la connaissons, elle demeure vaine hier comme aujourd’hui.


    • (---.---.215.93) 10 octobre 2006 21:03

      bugeaud publia diverses « productions littéraires » traitant de l’Algérie. et même pelissier et montagnac... eux, je suis sure que vous ne le traiterez pas de propagandistes... pauvre padam...

      je me demande parfois si vous êtes sérieux dans vos réquisitoires. ce qu’a repris Mohand sur la colonisation en Algérie est tout droit sorti des mémoires militaires. c’est l’exacte vérité et c’est encore loin de ce que révèleront les archives quand elles seront accessibles. Evidemment que ça fait mal. mais si ça peut vous dédouaner, le vieux paysan raconté par padam plus haut avait raison, pour les algériens le passé est le passé.

      Sauf quand on les titille...


    • khelil (---.---.194.119) 24 mars 2007 06:29

      Bonjour Je suis l’auteur de l’article sur Sarko" Etes-vous sûr d’aimer la France... J’aimerai connaître les réactions à cet article Merci


  • CAMBRONNE CAMBRONNE 10 octobre 2006 18:24

    MOHAND

    Pardon , Monsieur Mohand . savez vous que votre prose de propagande est parfaitement indigeste et que vous ne convaincrez que les convaincus d’avance .

    J’avais d’autres mots qui me sont venus à l’esprit mais j’ai préféré respirer un coup et rester poli .

    Vive la France et si nous sommes si mauvais et si vous résidez parmi nous , ne vous génez pas ...


    • CAMBRONNE CAMBRONNE 10 octobre 2006 18:29

      PATRICK

      Un petit salut du soir .

      Si tu n’es pas trop énervé lis donc le copié collé du dénommé Mohand ! Voila encore un garçon qui nous aime .

      Salut et fraternité .


  • Visiteur Indigène (---.---.180.214) 10 octobre 2006 19:49

    Cela fait mal au fion Cambronne ? J’en suis moi-même estomaquée ! Pourquoi vous toussez tous ?

    Il serait grand temps que l’histoire Algerienne soit revisitée par la jeunesse banlieusarde....

    La colonisation Française et Américaine a eu lieu aux mêmes périodes, c’est un parallèle qui n’avait jamais été explorée....mêmes méthodes ?

    Mes ancêtres les Gaulois qu’ils disaient....


  • Patrick Adam Patrick Adam 10 octobre 2006 20:34

    @ Serpico

    Qui est lâche, sinon celui qui écrit :

    En me citant : « La guerre d’Algérie ne finira-t-elle donc jamais ? ». Va savoir. La religion de la shoah nous emmerdera donc à jamais ? Pourquoi la France se repentirait-elle à la gueule du client ?"

    Et sur le post suivant : « je n’ai jamais comparé à rien. »

    Ou vous êtes lâche, ou vous êtes débile. A vous de choisir.

    Patrick Adam


    • Patrick Adam Patrick Adam 10 octobre 2006 20:43

      @ Cambronne

      Salut. Non pour ce qui est de la prose du Mohand, ça pue trop la propagande. J’ai pas de temps à perdre avec ça. Tout ça c’est du fumier. Rien ne peut pousser là-dessus. Le fumier quand il y en a trop, ça brûle tout, même la terre nourricière.

      Maintenant je ne m’intéresse plus à ces délires verbaux qu ne mènent nulle part. Par contre je vais essayer de me consacrer à démontrer les mécanismes de pensée qu’ils sous-entendent. C’est dans ce sens que je suis aussi intervenu (et je t’ai répondu) sur le fil concernant Mahomet guerrier...

      Bien à toi. Patrick Adam


    • Serpico (---.---.143.219) 11 octobre 2006 14:52

      Je prends la débilité et je vous laisse la lâcheté.

      Vous bottez en touche comme un lâche qui ne se respecte même pas.

      Puisqu’il faut vous expliquer :

      Vous prétendez apprendre aux autres ce que sont les relations sociales. Pauvre de moi, je n’ai pas assez ingéré de culture occidentale pour commencer à voir des éléphants voler.

      Ce que vous appelez « relations sociales », c’est votre point de vue du monde que vous voulez imposer.

      Quand je vous parle de repentance à deux vitesses, je ne vise en rien à comparer shoah et guerres coloniales. C’est évident, sauf pour les fanatiques.

      Je compare deux attitudes de la France : vis a vis de deux crimes différents.

      J’estime que si la France doit faire repentance, c’est pour tous les crimes qu’elle a pu commettre.

      Bien sûr, il est évident que vous hiérarchisez les massacres. Mais bon, passons.

      Pour ce qui est de la shoah, en admettant que le gouvernement de Vichy ait parlé et agi pour tous les français, n’oublions pas que la France était un pays occupé et n’a donc de culpabilité dans le massacre de juifs qu’à titre de complice parfois volontaire (et je ne pense pas que ce fut fait au nom de l’Etat Français), parfois contrainte et forcée par l’occupant.

      Ce n’est pas le cas pour les colonies : la France était l’occupant.

      Par quelle rhétorique encore plus fumeuse allez-vous me démontrer qu’elle a moins de raisons de se repentir de ses crimes en tant qu’occupant que des crimes dont elle a été le complice parfois forcé ?

      C’est tout ce qu’il y avait à comprendre car la shoah était un crime européen. En tant qu’arabe, je ne me sens pas coupable.

      Arrêtez de participer au transfert de culpabilité.


  • Rocla (---.---.183.169) 10 octobre 2006 20:53

    En réalité toutes les paroles non prononcées par Padam et consort ,c’ est fumier et compagnie . Le progrès est en marche . Vive la diversité d’ opinion . Un joli monde en perspective . La vérité sous l’ angle de l’ amertume , de l’ animosité , de l’ aigreur , et de la rancune .

    Rocla


  • (---.---.215.93) 10 octobre 2006 21:06

    bugeaud publia diverses « productions littéraires » traitant de l’Algérie. et même pelissier et montagnac... eux, je suis sure que vous ne le traiterez pas de propagandistes... pauvre padam... qui ne sait se défendre qu’à travers insultes et immondices.

    je me demande parfois si vous êtes sérieux dans vos réquisitoires. ce qu’a repris Mohand sur la colonisation en Algérie est tout droit sorti des mémoires militaires. c’est l’exacte vérité et c’est encore loin de ce que révèleront les archives quand elles seront accessibles. Evidemment que ça fait mal. mais si ça peut vous dédouaner, le vieux paysan raconté par padam plus haut avait raison, pour les algériens le passé est le passé.

    Sauf quand on les titille...


  • Rocla (---.---.183.169) 11 octobre 2006 08:04

    Si ce qu ’ écrit mohand sur les exactions décrites est vrai , bonjour les analystes Cambronne , Adam ,Bulgroz , et tous ceux qui étayent dans leur sens . Donner des leçons de morale et de vertu après celà , entrez monsieur-dames c’ est par ici la foire aux gogols . Entrée gratuite pour les mal comprenants . Aujourd’hui - 50 % sur les articles suivants , Souvenirs trafiqués , haine globale , agressivité en tout genre , stupidité dans les réponses , bourrage de crâne , niveau 0,5 en compréhension , délires , parano , mégalo , mépris des autres , ta gueule j’ ai raison , si’j’tel’ dis c ’est que c’ est la vérité . etc... etc ..

    Rocla


  • Patrick Adam Patrick Adam 11 octobre 2006 08:22

    @ ceux qui veulent passer leur vie à s’envoyuer des cadavres à la figure

    La conquête algérienne s’est passée en 1830. C’est à dire moins de 40 ans après que les Français se soient affrontés en une guerre civile qui n’avait rien de tendre. Parler de bugeaud pour en faire un crime de guerre n’est pas contestable. En faire la méthode de colonisation de l’Algérie est d’une débilité profonde.

    Pour ce qui est des cadavres contre cadavres, rappelons ici, (pour le fun) la façon dont on se battait dans « l’Andalouise heureuse » au XIème siècle. Propos cité par l’historien arabe Ibn-el Athir : « Après chaque campagne, on dénombre les têtes coupées et, pour éblouir et terroriser les populations, on fait saler les têtes et on les envoie dans des couffins aux principales villes de l’Empire, où elles sont exposées en belle place. Après certaines batailles, elles formaient des tas tellement hauts que des cavaliers sur leurs montures pouvaient passer entre ces tas sans être vus. El Mansour, ayant battu les chrétiens de Léon, fit trente mille captifs et, par son ordre, les cadavres furent amoncelés et, du haut de ce tas sanglant, comme du haut d’un minaret, l’appel à la prière fut lancé par le muezzin... »

    Belle forme d’humanisme.

    Patrick Adam


  • Rocla (---.---.183.169) 11 octobre 2006 08:31

    Le lecteur comprendra où se situe la vérité .

    Rocla


  • Patrick Adam Patrick Adam 11 octobre 2006 08:40

    @ tous

    « Le lecteur » comprendra surtout où se trouve le vide sidéral...

    Patrick Adam


  • Patrick Adam Patrick Adam 11 octobre 2006 09:44

    @ IP:xxx.x53.90.75

    « ce n’est pas parce qu’un historien dit quelque chose qu’elle est vraie. »

    Aien sûr, alors il ne faut citer AUCUN historien. C’est ça que vous proposez ?

    Patrick Adam


    • (---.---.88.8) 11 octobre 2006 10:10

      Oui et non, il faut l’analyser. Cela demande du travail. Cela ne se balance pas comme ça dans un commentaire. C’est ce que nous te demandons tous Patrick : de la rigueur.

      cordialement

      Ton bobo.


  • Patrick Adam Patrick Adam 11 octobre 2006 10:17

    @ IP:xxx.x53.88.8

    Je suis preneur pour le cours d’analyse que vous voudrez bien nous donner, avec toute la « rigueur » qu’il convient en prime.

    Patrick Adam


    • (---.---.88.8) 11 octobre 2006 10:49

      patrick, je ne suis pas historien. je ne ferais donc pas semblant de l’être.

      dans mon domaine par contre, j’analyse et publie régulièrement sur Agoravox, mais pas dans le domaine de l’histoire.

      Désolé


  • (---.---.215.93) 11 octobre 2006 11:48

    j’ai toujours eu des doutes concernant votre probité intellectuelle.et comme toujours vos arguments sont si simples à détruire. on vous prend encore une fois en flagrant délit de mensonge et d’imposture padam, pourtant l’histoire que vous niez est connue de tous les historiens, surtout occidentaux.

    et on n’efface pas un délit par un autre, restez sur votre sujet..l’Algérie..que vous ne voulez absolument pas effacer de votre esprit puisque le Maghreb vous sert de fonds de commerce. et vous ne confondez un fait que pour pouvoir soutenir implicitement votre thèse. pour les arabes, il ne s’agit pas de cacher ou de dévoiler quelque chose. les faits sont dans la transparence et la publicité de la culture musulmane à toujours été de mise. Les choses que vous supposez que l’on vous cache sont accessibles à tous, bien que vous vous efforcez d’entretenir l’illusion du contraire. la tradition musulmane n’es pas hypocrite. elle assume la guerre. étrange qe vous ne l’ayez pas distingué.l’islam n’est pas ceci ou cela mais dans une situation en sa faveur il sait faire preuve de tolérance, toute l’histoire du moyen-orient ou de l’Andalousie le prouve malgré vos réticences et votre reniement. sinon il a raison de combattre tout ce qui le combat, c’est aussi simple que cela.la tradition dit qu’il faut intégrer la violence dans un systeme de valeurs, car toute l’hisoire de l’homme est faite de violence alors que l’europe n’a jamais invalidé ce postulat et ce, alors même que son histoire a engendré les plus grandes violences que la terre ait porté.

    donc padam, vous ne bénéficiez pas de l’autorité morale indispensable pour vous permettre votre agressivité. vous comprendre ? et puis les arabes dans votres esprit sont encore sauvages, mais vous qui êtes moderne qu’avez vous fait durant ce siècle horrible ? dois-je vous rappeler à chaque fois les crimes divers. et quitte à passer devant le tribunal de l ’histoire, l’islam s’en sort dignement avec la situation d’agressé qu’il vit depuis des lustres. Ghandi seul peut se permettre d’être juge et partie et et c’est pleinement justifié. alors arrêtez de penser avec vos yeux et bénéficiez de ce que la nature vous a donné : une tête.

    et pourriez vous répondre à une question : les arabes et africains ont-ils le droit de choisir librement leur destin sans que celui-ci soi entravé par les intérets des occidentaux au meme titre que les chinois, les russes, les polonais ou les canadiens ? ou tout ne continue parce que résidus de la question coloniale ?

    vous êtes extrême padam, et comme à leurs habitudes, les extrêmes se liguent et appellent de leur voeux le choc des civilisations que les néocons ont fabriqué. est-on absolument obligé de se ranger soit sous le drapeau des néocons soit celui de l’islamique ?

    et l’esprit critique dont vous vous vantez tant ? qu’en faites vous ? pourquoi ne servirait-il pas au dialogue et à la paix ? pourquoi sous votre plume ce dialogue est-il voué à disparaitre ?


    • liberté chérie (---.---.252.50) 11 octobre 2006 21:18

      Vous qui parlez de VIOLENCE, précisément les peuples arabes ou africains SE DEVRAIENT de prendre leur destin national en mains. Or ils ne le font pas, ils attendent que cela leur tombe tout cuit.

      C’est vrai qu’il y a des intérêts occidentaux en cause et du pillage de ressources, mais AUSSI AVEC LA COMPLICITE DES POUVOIRS EN PLACE...ce n’est pas seulement là le problème.

      Et s’il vous plait, arrêtez de vous plaindre que nous sommes responsables de tous vos maux... Le fait que nous vous renvoyons à la figure votre incapacité à vous prendre véritablement en charge ne vous autorisent pas à nous mettre dans le même sac des spolieurs et des colonisateurs.

      Et puis, l’argument éculé « colonisateur », de moins en moins crédible chaque fois que des gens de votre espèce l’utilise, est une aubaine pour vous ! Quelle cause il vous faudrait trouver alors ?? Sinon vous regarder dans la glace, et cette image vous renverrait trop à vos réelles insuffisances d’une culture religieuse/politique rétrograde...

      Il y a des gens en France ou ailleurs, qui luttent, qui s’engagent dans des actions de développement de ces pays...Ne croyez-vous pas qu’ils pourraient faire tout autre chose de leur temps, surtout quand on constate l’ingratitude de GENS comme vous !!

      Force est de constater que le temps n’est pas encore venu, que ces peuples ne sont pas MURS pour la démocratie, à cause de l’aspect fataliste de l’Islam (« Dieu le veut » !!) et de l’inexistence d’espace laïc : la religion (les femmes mises à l’écart, les rites archaïques...) et la politique sont étroitement mêlés, tout ceci fait l’affaire des imams au pouvoir, tellement corrompus et qui manipulent les foules immatures...et pas de démocratie en vue, le peuple n’est pas convoqué pour les affaires du pays...

      Alors, vous qui gueulez si fort, qu’attendez-vous pour aller les aider à renverser ces gouvernements indignes ?

      Croyez-vous que la démocratie, notre précieuse démocratie sans cesse attaquée au dehors comme au dedans, nous est tombée du ciel ?

      Croyez vous que nous n’avons pas chacun, chaque famille, nos problèmes de fin de mois ? de chômage ? Dans ce monde capitaliste où règne le profit ?

      Il a fallu des siècles de luttes, d’immenses sacrifices pour en arriver là...et ce n’est jamais fini surtout en ce moment où des gens de votre espèce nous attaquent pour des vieilles histoires complètement révolues, alors que de vos pays indépendants, vos ressortissants se déversent pas milliers sur nos côtes...

      Incapables et lâches que vous êtes de vous en prendre aux vrais responsables, aujourd’hui en 2006...

      Je ne suis pas optimiste quand je vous lis : il en faudra du temps, beaucoup de temps et de la VOLONTE, de la responsabilité, de la maturité...Et ce n’est pas apparemment pour demain !!


    • liberté chérie (---.---.252.50) 11 octobre 2006 21:27

      J’allais oublié ! Une autre colonisation est en marche, et permettez-moi, encore plus liberticie, en tout cas pas dans l’intérêt des africains du Nord ou noirs...

      Aujourd’hui, l’Europe, la France n’ont plus le vent en poupe en Afrique...

      Ce sont donc les USA ou la Chine qui s’installent...et vous n’êtes pas sans savoir que la démocratie américaine ne vaut qu’à l’intérieur de ses frontières... quant à la Chine, je ne vous fais pas un dessin...

      L’avenir nous dira ( smiley )si les peuples d’Afrique seront beaucoup mieux traités et pourront vraiment tirer leur épingle du jeu...

      Permettez-moi d’être pessimiste !


    • (---.---.215.93) 12 octobre 2006 23:48

      drôle car là ou vous voyez victimisation moi je pense état des lieux...

      j’apprécie votre leçon de géohistoire improbable mais inutile de vous le dire, je ne partage pas votre raisonnement...

      je n’ai pas de manière de voir trop précise, mais le monde dans lequel je vis m’impose une certaine réalité. Et vous me le reprochez ? comme tous les épiciers, vous avez choisi votre marchandise en fonction des intérêts qui sont les votres (ce que je ne vous reproche d’ailleurs même pas)..

      si vous vous torturez l’esprit sur la psychologie d’un prophète mort depuis 1400 ans je ne peux rien pour vous...si vous combattez les fondamentalistes en ne vous en prenant qu’à eux ou aux musulmans en général, je doute de votre efficacité ou de celles de vos amis. il se peut que les causes qui entretiennent les arabes dans l’illusion d’une solution religieuse de leurs problèmes soit plus difficile à combattre que vous ne le croyez. car ce’ n’est pas l’islam qui bombarde et tue des milliers de personnes depuis des années. si vous voulez résoudre les problèmes, prenez-vous-en aux causes vraies actuelles et passées, dont vous partagez, d’une certaine façon la responsabilité, indirecte bien sûr, par vos propos irresponsables.le reste est leur affaire...

      beaucoup de gens pensent nous clouer le bec en faisant témoigner contre nous la misère de nos pays du sud qu’ils ne cessent de comparer aux sociétés occidentales. juste constat peut-être mais faux raisonnement,car comparer la démocratie et ses obligations à ces régimes ne consolide pas votre charge mais la détruit.

      vous dites aussi que ces pays ne sont pas murs... vous savez, nombre de corrompus dans les pays dont vous parlez ont le même raisonnement que vous et estiment pour des raisons identiques aux votres que la démocratie pour eux et leurs peuples leurs feraient perdre l’avantage qu’ils tirent d’un système corrompu. autant vous dire combien l’humanité irait à sa perte si venait à se généraliser votre petit raisonnement qui vous parait si évident. car l’évidence comme explication méfiez-vous en, en général c’est la meilleure alliée de la bêtise.

      et puis puisque vous parlez de gens qui s’agrippent à vos côtes pour venir dans votre « paradis », jurez qu’à leur place vous n’en feriez pas autant ?. vous savez quand vous êtes dans la misère vous n’avez pas le temps de deviner que d’autres misères peuvent vous attendre dans ce même paradis. leur seul choix est de fuir sans penser aux conséquences du plus tard et de leurs enfants. mais cet état de faits ne vous autorise pas à leur renier leur droit à vous critiquer.

      entre autres, les sociétés pharmaceutiques dirigent dans l’obscurité une grande partie des pays industrialisés de la même façon que les compagnies pétrolières. Les médicaments sont leur apanage pour pouvoir dominer le monde sous le prétexte de les sauver. et les petits patients suivent envahis par ces sociétés au pouvoir invisible mais très réel. alors imaginez le chaos qu’ils peuvent généréer dans des pays comme l’Afrique.

      la france à cinq bases en Afrique qu’elle ne veut lacher sous aucun prétexte. bien sur comme le disait chirac, ces bases ne sont concevables qu’avec l’accord des pays hotes mais leur laisse-t-on le choix ? est ce par simple gnérosité que la France dépense des millions d’euros pour les garder et les fructifier ? est ce que ce ne sont pas encore les officers des services secrets français qui font la pluie et le beau temps dans ces pays ? mais selon votre belle formule ces pays ne sont toutjours pas murs ?

      je ne crois pas que vous soyez prête à concevoir que le luxe de nos « démocraties » nous ne l’avons qu’au détriment des peuples du sud. alors je vous en prie, trompez-vous dans l’usage abusif de votre loupe si vous voulez, mais n’essayez pas de nous aveugler petite maligne...


  • Patrick Adam Patrick Adam 11 octobre 2006 11:54

    @ IP:xxx.x53.88.8

    Je ne suis pas médecin mais il y a pas mal de bobos que je me soigne tout seul. Je ne suis pas mécanicien mais je sais réparer ma voiture. Je ne suis pas peintre mais je sais repeindre une maison. Et je pourrais ainsi te donner des milliers d’exemples que du haut de ta sommitude tu n’as peut-être jamais envisagés. Alors reste bien dans tes certitudes, tes généralités, tes bobolités, tes sentences qui sont toujours dirigées dans le même sens. Tu as la morgue empesée. Si l’histoire ne t’intéresse pas, personne ne te demande de lire ce que j’écris. T’as qu’à passer ton chemin de bobolitude, à moins qu’en t’adressant à moi comme tu le fais depuis quelques jours, tu recherches finalement une forme de reconnaissance... Je suppute....

    Désolé et amusé. Patrick adam


    • Patrick Adam Patrick Adam 11 octobre 2006 11:56

      @ 93

      Désolé. Trop tard. Je n’ai aucune envie de perdre du temps avec vous. Le rideau est définitivement baissé.

      Patrick Adam


    • (---.---.88.8) 11 octobre 2006 12:03

      Si tu soignes les bobos, tu es bobologue ! smiley

      Bienvenue dans notre club de bobolitude Patrick, smiley

      Bobo member


    • (---.---.215.93) 11 octobre 2006 12:08

      si vous estimez seul que le débat est clos alors cela prouve le raisonnement peut convainquant que vous teniez. mais cela je le savais déjà d’avance, vu la faiblesse générale de vos arguments.

      vous cristallisez toutes les haines et transpirez toutes les peurs de demain. ce qui est triste padam et un aveu de faiblesse pour le futur, car comment concilier votre « esprit » et celui de vos « amis » en démocratie ?


  • Rocla (---.---.183.169) 11 octobre 2006 12:37

    « Si l’ histoire ne t’ intéresse pas ,personne ne te demande de lire ce que j’ écris »

    Autrement dit lisez moi et fermez la .

    Il est bon pour l’ asile le Padam.

    Rocla


  • Patrick Adam Patrick Adam 11 octobre 2006 13:27

    @ 93

    Oui j’estime « seul » que ce débat est clos et puisque tu sais tout d’avance tu dois savoir aussi que je t’en ai rien à cirer de toi ; alors pas la peine de te fatiguer davantage.

    Patrick Adam


  • Rocla (---.---.183.169) 11 octobre 2006 14:57

    Oui, oui Père emptoire .

    Restez dans le cirage .

    Rocla


  • shemsi (---.---.166.61) 12 octobre 2006 13:28

    L’œuvre positive des colonisés « Saint Augustin, ce bougnoule » François Mauriac (écrivain français)

    Alger, - Longtemps occultée, la participation des populations coloniales aux efforts de guerre de la France est aujourd’hui un véritable enjeu de mémoire au coeur des luttes politiques et juridiques des anciens combattants et des sans-papiers. « En mettant écrit Emmanuel Blanchard l’accent sur la contribution de leurs aînés à la défense d’idéaux démocratiques, mis à mal par les gouvernements passés et présents de la France des colonies ou de la fermeture des frontières, ces derniers ont contribué à sortir de l’oubli des milliers d’hommes dont les sacrifices ne sont toujours pas reconnus. Il reste que l’image du tirailleur libérateur de la France occupée ne permet pas d’appréhender, dans toute sa complexité, l’histoire des troupes coloniales ».(1).

    Pour l’histoire et sans oublier que des Algériens furent recrutés dans les troupes françaises depuis 1837 (les fameux turcos) dans la guerre du Levant en 1865, il existe un cimetière au Liban portant des mechhed avec des noms commençant par Aït. Ensuite, ce fut la guerre de Crimée, la guerre de 1870 : parmi les plus braves, les Algériens qui arrivèrent à enlever une colonne Wissembourg, moins d’une centaine de rescapés sur les 800. Après le cauchemar de Verdun et du Chemin des dames, lors de la Seconde Guerre mondiale, les troupes coloniales furent, d’emblée, massivement intégrées aux plans de bataille et, placées en première ligne, elles payèrent un très lourd tribut lors des combats de mai et juin 1940.

    Plus tard, les troupes alliées, en débarquant en Italie, sont remontées petit à petit vers le nord. Elles furent cependant bloquées à Monte Cassino. On fit appel, une fois de plus, aux troupes coloniales françaises constituées de tirailleurs algériens et marocains. Elles défoncèrent, au prix de pertes très lourdes, les lignes allemandes le 22 mai 1944. Par la suite, sous le commandement du général de Lattre de Tassigny, 260.000 soldats, majoritairement nord-africains, débarquent en Provence et libèrent Toulon et Marseille le 15 août 1944. Il y eut 140.000 soldats algériens. Il y eut 14.000 morts et 42.000 blessés. Ce sont, en partie, ces soldats qui revinrent ensuite au pays, pour voir leurs familles massacrées un jour de mai 1945...

    Alors que sort sur les écrans français le film Indigènes et que le président Jacques Chirac annonce une revalorisation des pensions des combattants issus de l’ex-Empire français, on apprend que cette revalorisation était dans l’air depuis quelques mois. La sortie du film a été programmée selon un scénario qui fait dans le pathétique. On dit que le président Chirac touché par la sincérité du film aurait donné instruction au ministre des Anciens combattants de préparer un dossier de revalorisation des pensions des indigènes « cristallisés » dit-on depuis près de cinquante ans. Cette régularisation partielle de tous ceux qui on contribué à défendre la France et à la reconstruire a été dénoncée par des organisations. On lit dans un communiqué : « Si aujourd’hui la grosse artillerie politico-médiatique est sortie pour la reconnaissance des tirailleurs venus des colonies, il n’en est pas de même pour les ’’guerriers’’ du BTP, des mines ou de la sidérurgie... »

    La France n’arrive toujours pas à sortir de son hypocrisie coloniale. C’est trop facile de vouloir toujours réécrire l’histoire...Il est important de ne pas oublier de l’écrire au moment où elle se fait ! Cela devient insupportable qu’une telle omerta règne dans notre pays sur le sort réservé aux vieux travailleurs immigrés maghrébins...Certains ont le beau rôle et se refont une virginité sur le perron de l’Elysée sur le dos des « Indigènes ». Combien de parlementaires soutiendront la proposition d’une Allocation spécifique dite « exportable » pendant le débat parlementaire sur la loi de financement de la sécurité sociale ?(2).

    Le témoignage suivant, celui d’un Noir devenu Français, est un véritable cri de révolte ; il raconte d’une façon simple la tragédie du village où il est né. Ecoutons le : « Dans le village africain de mille âmes où je suis né, on compte douze anciens combattants de la dernière guerre mondiale ». Beaucoup des fils du village ne sont pas revenus. Ils peuplent encore les monuments du Soldat inconnu dans nos villes où on a déjà fait une croix sur leur sacrifice. Ce sont plutôt des soldats non reconnus qu’inconnus. En témoigne le dédain actuel adressé à leurs descendants, jugés, pour certains, inutiles, par M.Sarkozy. Ceux qui sont revenus sont traumatisés à vie et ne touchent qu’une maigre pension trimestrielle. On aimerait que M.Sarkozy, qui aime à chanter que « ceux qui n’aiment pas la France la quittent », nous dise combien d’âmes ont été sacrifiées dans son village d’origine, en Hongrie, en 1914-1918 et en 1939-1945 pour que lui-même mérite plus d’être bon Français que Moussa, Mohamed ou moi-même ? Soit dit en passant, il y a même des villages et des villes nombreuses en France même où on n’a pas payé le prix du sang pour la rédemption de la France. La seule différence entre Sarkozy, le Hongrois d’origine, et Moussa, Mohamed et moi, et qui ferait du premier un Français plus méritant, ne serait-ce pas sa couleur de peau et sa méritoire extraction aristocratique ?(3).

    A l’assaut des tranchées adverses, ployant sous un déluge d’obus, suffoquant sous l’effet des gaz mortels sur les champs de bataille brumeux et venteux du nord-est de la France, sous la glaciation hivernale des nuits noires de novembre, à des milliers de kilomètres de leur tropique natal, les grandes rasades d’alcool galvanisaient leurs ardeurs combatives à défaut d’exalter leur patriotisme..En ces temps-là, écrit René Naba « la chair à canon » carburait à la gnôle. Par un subterfuge dont la raison détient seule le secret, qui n’en révèle pas moins les présupposés d’un peuple, les ressorts psychologiques d’une nation et la complexion mentale de ses dirigeants, la revendication ultime préludant au sacrifice suprême -« Aboul Gnoul » apporte l’alcool- finira par constituer, par un dévoiement de la pensée, la marque d’une stigmatisation absolue de ceux qui auront massivement contribué, à deux reprises, au péril de leur vie, à vaincre, paradoxalement, les oppresseurs de leurs propres oppresseurs. « Bougnoule » tire son origine de l’expression argotique de cette supplique ante mortem.(4).

    Cependant, si l’on croit René Naba, il existerait une autre explication. Ecoutons-le : « Dans les ouvrages de référence de la société savante de l’élite française, le calvaire de leur dépersonnalisation et leur combat pour la restauration de leur identité et de leur dignité se résumeront à cette définition laconique : Le bougnoule, nom masculin apparu en 1890, signifie noir en langue wolof (dialecte du Sénégal). Donné familièrement par des Blancs du Sénégal aux Noirs autochtones, ce nom deviendra au XXème siècle une appellation injurieuse donnée par les Européens d’Afrique du Nord aux Nord-Africains. Synonyme de bicot et de raton ». Avare de précision, la définition, sibylline paraît quelque peu succincte. Masque-t-elle gêne, ignorance, indifférence ou volonté d’atténuation ? L’expression était-elle vraiment familière ? Serait-elle le fruit d’un paternalisme blanc de bon aloi envers de braves Noirs « bons sauvages » ?..Qui sont donc ces Nord-Africains à l’identité mal définie qui faisaient -qui font- l’objet d’une telle interpellation ? Le dictionnaire qui donnait la définition du Bougnoule date pourtant de 1979, une époque récente de l’histoire contemporaine.(5) Il se gardait bien d’identifier les Maghrébins, 30 ans après l’indépendance de l’Algérie, du Maroc et de la Tunisie, une nouvelle fois englobés dans le même sac de leur ancienne dénomination coloniale.

    En 1996, ce même dictionnaire, cédant sans doute à l’esprit du temps sous l’effet des revendications des mouvements associatifs et des succès remportés par les jeunes générations issues de l’immigration, en donnera une définition laconique en un style télégraphique qui masquait mal les connexions : « familier, péjoratif, injure raciste, Maghrébins, Arabes » sans qu’il soit précisé s’il s’agissait d’injures racistes proférées à l’encontre des Arabes et des Maghrébins ou des injures échangées entre eux par des Arabes et des Maghrébins. Un glissement sémantique du terme bougnoule s’opérera au fil du temps pour englober, bien au-delà de l’Afrique du Nord, l’ensemble de la France, tous les « mélanodermes », les « Arabo-Berbères et négro-africains » chers à Senghor, pour finir par s’ancrer dans le tréfonds de la conscience comme la marque indélébile d’un dédain absolu, alors que, parallèlement, par extension du terme raton qui lui est synonyme, le langage courant désignait par ratonnade « une technique de répression policière sanctionnant le délit de faciès ».

    « Curieux rapport que celui qui lie la France à sa mémoire, étrange rapport que celui qui lie ce pays à lui-même, à la fois Patrie des lumières et des Droits de l’homme » et patrie du Code Noir de l’esclavage, le code de l’abomination, de la traite de l’Ébène et du mépris de l’Indigène. Étrangement curieux le rapport qui lie ce pays à ses alliés de la période coloniale, les peuples colonisés d’Outre-mer. Par deux fois en un même siècle, phénomène rarissime dans l’histoire, ces soldats de l’avant, les avant-gardes de la mort et de la victoire, goumiers algériens, spahis marocains, tirailleurs tunisiens, sénégalais et soudano-nigériens, auront été embrigadés dans des conflits qui leur étaient, étymologiquement, totalement étrangers, avant d’être rejetés, dans une sorte de catharsis, dans les ténèbres de l’infériorité, renvoyés à leur condition subalterne, sérieusement réprimés aussitôt leur devoir accompli, comme ce fut le cas d’une manière répétitive pour ne pas être un hasard, à Sétif (Algérie), en 1945, cruellement le jour de la victoire alliée de la Seconde Guerre mondiale, au camp de Thiaroye (Sénégal) en 1946, et à Madagascar, en 1947, sans doute à titre de rétribution pour leur concours à l’effort de guerre français.

    Substituer, conclut René Naba, une sujétion à une autre, se faire décimer, au choix, sur les champs de bataille ou sur le terrain de la répression au retour au pays, avant d’être mobilisé à nouveau pour la relance de l’économie de la Métropole, que de conséquences traumatiques ils pâtiront de cette « querelle de Blancs ». Il n’était pas question à l’époque de « seuil de tolérance », d’overdose et d’émigration choisie mais de sang à verser à profusion. Beaucoup acquitteront leur tribut du sang en faisant l’apprentissage de l’ébriété, sans connaître l’ivresse de la victoire. Beaucoup survivront à l’enfer de Verdun ou de Monte Cassino avant de sombrer dans le désarroi de l’incompréhension au sein de la cohorte des alcooliques anonymes... Beaucoup, plus tard, bien plus tard, basculeront dans une révolte libératoire qui sonnera le glas de l’empire français...Que de colères contenues devant tant de désinvolture à l’égard de ce que l’un des leurs, Frantz Fanon, qualifiera de « damnés de la terre »(4)(6)...Léopold Sedar Senghor gratifiera ces victimes muettes de l’Histoire de la dignité de « dogues noirs de la République »

    Pour nous Algériens qui avons souffert dans notre chair pendant 132 ans, nous sommes, naturellement, plus que tout les autres interpellés par ce film, mais il ne nous apprend rien. Il est dommage que la France soit plus sensible au tapage médiatique qu’à regarder ses colonies dans les yeux en mettant tout à plat. Sait-on que -statistiquement- plus de 80% de ces tirailleurs bougnoules, ratons et autres indigènes, ne verront jamais le fruit de leur sacrifice puisqu’ils ne sont plus là. A bien des égards, les perturbations existentielles qui nous occupent, sont des répliques d’un tremblement de terre qui a eu lieu le 5 juillet 1830...

    Notre société qui a été profondément déstructurée n’a pas pu participer en son temps au mouvement de l’histoire et de la première révolution industrielle. Qui sait si nous n’aurions pas évolué d’une façon plus positive, s’il n’y avait pas eu l’invasion ! A bien des égards, notre gap technologique vient de notre état de colonisé pendant plus d’un siècle et trente ans. Nos interrogations sur le choix de société, pendant que les autres vont à la conquête de la science, nous vient du retard accumulé. Qui sait si nous n’aurions pas évolué comme les nations actuelles dites développées, si nous n’avions pas subi la colonisation inhumaine ! Qu’on se rende compte !

    Dans son ouvrage, La nuit coloniale, Ferhat Abbas, ancien président du Gpra, écrit : « Nous étions, en 1956, une vingtaine de pharmaciens, 75 médecins, 400 instituteurs, 3 ingénieurs ». Voilà le bilan de la présence des lumières et de la civilisation en 132 ans de colonisation en Algérie. Il est immoral que la France considère qu’elle a soldé ses comptes en 1962. C’est cela aussi la vraie dette de la France. Que dire des millions d’Algériens morts pendant la colonisation des suites des guerres infligées, des famines organisées, et des tortures institutionnalisées ? Et des milliers de morts pour la France dans tous les conflits ? Mieux encore, elle donne instruction aux enseignants d’inculquer aux écoliers la nostalgie de l’Empire et de l’oeuvre positive de la France perpétuant, ainsi, pour des générations, ce mythe de la race supérieure dont les chantres furent les Tocqueville, Renan et naturellement Jules Ferry, le père de l’Ecole républicaine. Il faut espérer que la France qui a mis quarante ans à reconnaître qu’il y avait une guerre en Algérie, regarde les Algériens comme des partenaires et non comme des sujets de l’Empire. Plus que partout ailleurs, l’histoire méditerranéenne a été mélange, syncrétisme, métissage...Le philosophe Michel Serre a raison de dire que « Le métissage crée la paix ». Nous y croyons.

    Alger le 12 oct


  • Patrick Adam Patrick Adam 14 octobre 2006 08:41

    @ Basta

    Tiens... ce matin en faisant un peu de ménage, je tombe sur ton post 5 octobre 2006 à 19H46 et je me marre... T’as une façon de défendre les « zôtres » qui me fait bien ri-go-ler... D’abord, dans la plus pure traditon colonialiste, tu les appelles « indigènes »... Bigre... T’as jamais lu du Deebbouze dans le texte on dirait. Et puis parler de « côté sordide » chez des gens envers lesquels tu déclares la flamme de ton « amour ».... Basta à la bobolitude qui se prend les pieds dans les pédales....

    Bien à toi. Patrick Adam


  • sihem (---.---.166.68) 16 octobre 2006 01:27

    1/2

    Voici ci-dessous le texte présenté par Rosa Amelia Plumelle-Uribe, auteur de « La Férocité blanche », le 15 juin à Berlin dans le cadre du Forum de Dialogue organisé par la section européenne de la Fondation AfricAvenir.

    Nous sommes réunis ici pour analyser ensemble le lien historique qui, comme un fil conducteur conduit de la barbarie coloniale à la politique nazie d’extermination. Il s’agit d’un effort visant à détecter au moins la plupart des facteurs qui, de manière directe ou indirecte, auraient favorisé le développement politique et l’épanouissement idéologique d’une entreprise de déshumanisation comme la barbarie nazie en Allemagne et au-delà de ses frontières. Cette contribution est utile à toute démarche qui voudrait mettre fin à toute sorte de discrimination d’où qu’elle vienne ; à commencer par cette discrimination qui consiste à trier parmi les crimes pour ensuite, suivant l’identité des victimes ou parfois l’identité des bourreaux, sélectionner le crime qu’il faut condamner. Cette hiérarchisation des crimes et donc de leur condamnation, demeure un handicap majeur dans la lutte pour la prévention des crimes contre l’humanité dont le crime de génocide.

    Il convient de préciser tout de suite que, les guerres de conquête et les crimes liés à la domination coloniale, ainsi que la réduction d’êtres humains en esclavage, étaient déjà une réalité dans les temps anciens. Par exemple, lorsque la domination des Musulmans arabes s’étend vers l’Europe, le commerce d’êtres humains est une activité millénaire parmi les Européens. Le règne de l’islam en Espagne, de 711 à 1492, a simplement dynamisé la traite d’esclaves intra européenne (1) faisant du continent un important fournisseur d’esclaves, femmes et hommes, expédies vers les pays de l’islam.

    Les prisonniers, majoritairement slaves, alimentaient le commerce d’hommes entre Venise et l’empire arabo-musulman du sud de la Méditerranée. C’est ainsi que dans les langues occidentales, le mot « esclave » ou « slave » se substitue au latin « servus » pour désigner les travailleurs privés de liberté. Autrement dit, pendant plusieurs siècles, des Chrétiens européens vendent d’autres Européens à des commerçants Juifs spécialisés dans la fabrication d’eunuques (2), lesquels étaient une marchandise très prisée et fort sollicitée dans les pays de l’empire musulman.

    Des chercheurs, spécialistes de l’esclavage en Europe au Moyen Âge, ont vu dans le système d’asservissement inauguré en Amérique par la domination coloniale, un lien de continuité avec les institutions esclavagistes de l’Europe. Jacques Heers dit que « C’est le mérite incontestable de Charles Verlinden, sur ce point véritable pionnier, que d’avoir marqué que la conquête et l’exploitation coloniales des Amériques s’étaient largement inspirées de certaines expériences toutes récentes en Méditerranée et s’inscrivaient en droite ligne dans une continuité ininterrompue de précédentes médiévaux » (3).

    J’ai néanmoins choisi d’aborder cette analyse, à partir de 1492 lors de l’arrivée des Européens dans le continent américain. Et j’ai fait ce choix parce que, malgré ce qui vient d’être dit, la destruction des peuples indigènes d’Amérique, l’instauration de la domination coloniale et le système de déshumanisation des Noirs sur ce continent, n’avaient pas de précédent dans l’histoire. Et surtout, parce que la prolongation de cette expérience pendant plus de trois siècles, a largement conditionné la systématisation théorique des inégalités y compris l’inégalité raciale dont les conséquences restent d’actualité.

    Les historiens du 20ème siècle, travaillant sur la conquête de l’Amérique, sont parvenus à se mettre plus ou moins d’accord pour estimer le nombre d’habitants du continent américain à la veille de l’invasion. Il a donc été retenu qu’à la veille du 1500, environ 80 millions de personnes habitent dans le continent américain. Ces chiffres furent comparés à ceux obtenus cinquante ans plus tard à partir des recensements espagnols (4).

    Il en ressort que vers 1550, des 80 millions d’Indigènes ne restent que 10 millions. C’est-à-dire, en termes relatifs une destruction de l’ordre de 90% de la population. Une véritable hécatombe car en termes absolus il s’agit d’une diminution de 70 millions d’êtres humains. Et encore, il importe de savoir que ces dernières années, des historiens sud-américains sont parvenus à la conclusion qu’en réalité, à la veille de la conquête il y avait en Amérique plus de 100 millions d’habitants. D’un point de vue européen, ces estimations sont inacceptables, et pour cause ! Si cela était vrai, nous serions devant une diminution de 90 millions d’êtres humains.

    Mais, au-delà du nombre d’Indigènes exterminés, le comportement collectivement adopté par les conquérants chrétiens a eu des conséquences qui perdurent. Par exemple, la justification postérieure de ce génocide a conditionné l’évolution culturelle, idéologique et politique de la suprématie blanche à l’égard d’autres peuples non Européens, et finalement à l’intérieur même d’Europe. La situation d’impunité dont bénéficiaient les conquistadores devait, fatalement, favoriser l’apparition très rapide de pratiques assez inquiétantes. Ainsi, la mauvaise habitude de nourrir les chiens avec des Indigènes et parfois avec des nourrissons arrachés à leur mère et jetés en pâture à des chiens affamés. Ou la tendance à s’amuser en faisant brûler vifs des Indigènes jetés dans des bûcher allumés pour les faire rôtir (5). Ce désastre fut la première conséquence directe de ce que les manuels d’histoire continuent à appeler ‘la découverte de l’Amérique’.

    Après d’avoir vidé le continent américain de sa population, les naissantes puissances occidentales ont fait de l’Afrique noire, une pourvoyeuse d’esclaves pour l’Amérique. Cette entreprise a désagrégé l’économie des pays africains et vidé le continent d’une partie de sa population dans ce qui demeure, la déportation d’êtres humains la plus gigantesque que l’histoire de l’humanité n’ait connue. Ici, il convient de rappeler la situation des pays africains au moment où ils sont abordés par les Européens.

    C’est un fait que, même si le mode de production en Afrique n’était pas fondamentalement esclavagiste, les sociétés y connaissaient certaines formes de servitude. Comme nous l’avons dit, au Moyen âge, l’esclavage ainsi que la vente d’êtres humains, était une pratique très généralisée et l’Afrique n’a pas été une exception. Depuis le 7ème siècle, l’Afrique noire, tout comme l’Europe depuis le 8ème siècle, approvisionne en esclaves les pays de l’empire arabo-musulman.

    Il semblerait qu’à l’époque, la dimension et les modalités du trafic d’esclaves n’auraient pas été incompatibles avec la croissance de l’économie dans les pays concernés par ce commerce d’êtres humains. Il est d’ailleurs couramment admis que c’est sous le règne de l’islam en Espagne que l’Europe a commencé à sortir des ténèbres du Moyen âge. Concernant l’Afrique, on notera qu’au 15ème siècle, malgré la ponction faite par la traite négrière arabo-musulmane, les pays de ce continent jouissent d’un bon niveau de développement social.

    Le dépeuplement du continent ainsi que la misère et l’indigence de ses habitants malades et affamés, décrits par les voyageurs qui abordèrent l’Afrique noire au 19ème siècle, contrastent avec les pays densément peuplés, l’économie fleurissante, l’agriculture abondante, l’artisanat diversifié, le commerce intense et surtout, avec le niveau de bien être social décrits par les voyageurs, géographes et navigateurs ayant abordé l’Afrique noire entre le 8ème et le 17ème siècle, et dont nous connaissons maintenant les témoignages grâce aux recherches de Diop Maes (6).

    Entre le 16ème et le 19ème siècle, les guerres et razzias favorisées par les négriers pour se procurer les captifs, ont provoqué la destruction quasiment irréversible de l’économie, du tissu social et de la démographie des peuples africains. Le caractère massif, voire industriel, de la traite négrière transatlantique, a causé en trois siècles, des ravages que le continent n’avait jamais connus malgré huit siècles de traite négrière arabo-musulmane. Ce nouveau désastre fut la deuxième conséquence de la colonisation d’Amérique.

    Dans le cadre de la domination coloniale sur le continent américain, les survivants indigènes, dépouillés de leurs terres furent refoulés et parqués dans des réserves. Dans le même temps, des millions de femmes, d’enfants et d’hommes Africains arrachés de chez eux et déportés dans l’Amérique, furent systématiquement expulsés hors de l’espèce humaine et réduits à la catégorie de bien meuble ou de sous-homme. L’infériorité raciale des non-Blancs et sa sœur gémelle, la supériorité de la race blanche, furent inscrits dans la loi, consacrées par le christianisme et renforcées dans les faits.

    Les puissances coloniales, Espagne, Portugal, France, Angleterre, Hollande, légiféraient pour se doter du cadre juridique à l’intérieur duquel la déshumanisation des Noirs devenait légale. En conséquence, chaque métropole avait un arsenal juridique pour réglementer sa politique génocidaire dans l’univers concentrationnaire d’Amérique. A cet égard, la codification la plus achevée aura été le code noir français (7). Promulgué en 1685, cette monstruosité juridique est restée en vigueur jusqu’à 1848 lors de la seconde abolition de l’esclavage dans les colonies françaises. Il est significatif que, au moins pendant les 16ème et 17ème siècles, pour autant que nous sachions, il n y eut pas une seule voix autorisée pour dénoncer et condamner l’expulsion légale des Noirs hors de l’espèce humaine. Même au 18ème siècle qui était pourtant le siècle des Lumières, aucun de ces grands philosophes n’a, formellement, exigé aux autorités compétentes la suppression immédiate, réelle, sans atermoiements, des lois qui réglaient ces crimes (8).

    On a l’habitude d’ignorer que grâce à la racialisation de l’esclavage dans l’univers concentrationnaire d’Amérique, la supériorité de la race blanche et l’infériorité des Noirs sont devenues un axiome profondément enraciné dans la culture occidentale. Il faut savoir que cet héritage pernicieux de la domination coloniale européenne, combiné aux effets néfastes de la manie des Lumières de tout ordonner, hiérarchiser, classifier, a stimulé l’émergence d’une culture plus ou moins favorable à l’extermination des groupes considérés inférieurs.

    Entre le 15ème et le 19ème siècle, toute la production littéraire et scientifique concernant les peuples indigènes d’Amérique, visait à justifier leur extermination passé et à venir. Après trois longs siècles de barbarie coloniale sous contrôle chrétien, un des principes validés par les catholiques espagnols, est la certitude que tuer des Indiens n’est pas un pêché (9). Cette conscience fut renforcée par les protestants anglophones, convaincus qu’un bon Indien est un Indien mort. Aussi, toute la littérature concernant la bestialisation des Noirs dans l’univers concentrationnaire d’Amérique, était une véritable propagande en faveur de la traite négrière et de l’esclavage des Noirs présentés comme un progrès de la civilisation.

    Lorsque finalement eut lieu le démantèlement de l’univers concentrationnaire d’Amérique, le changement provoqué par les abolitions de l’esclavage eut une portée assez limitée. D’abord parce que l’essentiel des structures et des rapports sociaux et économiques mis en place par la barbarie institutionnalisée, sont restés quasiment inchangés. Et aussi, parce que le triomphe de la pensée scientifique sur la foi religieuse a donné à la race des seigneurs et aux valeurs de la civilisation occidentale, une crédibilité dont la religion ne bénéficiait plus auprès des esprits éclairés. Désormais, la colonisation et les actes de barbarie qui lui sont consubstantiels, par exemple l’extermination de groupes considérés inférieurs, se feront ayant comme support un discours scientifique.

    Il serait utile une étude très serrée concernant le rôle des scientifiques occidentaux dans le développement de la culture d’extermination qui a prévalue au 19ème et au début du 20ème siècle dans les pays colonisateurs. Malgré son rapport étroit avec notre analyse, cela n’est pas le sujet central de cette communication. Mais, nous pouvons néanmoins dégager quelques pistes pour ceux qui voudraient reprendre le sujet et se renseigner davantage. Au milieu du 19ème siècle, les Associations scientifiques les plus prestigieuses semblent avoir été la Geographical Society et l’Anthropological Society à Londres et aussi, la Société de Géologie à Paris. Le 19 janvier 1864, eut lieu une table ronde organisée par l’Anthropological Society sur « l’extinction des races inférieures ». Il y fut question du droit des races supérieures à coloniser les espaces territoriaux considérés vitaux pour leurs intérêts.

    Suivra


    • sihem (---.---.166.68) 16 octobre 2006 01:38

      2/2

      Dans le “journal of the Anthropological Society of London, vol. 165, 1864” fut publié un compte rendu des débats de la Conférence. Il s’agissait de savoir si dans tous les cas de colonisation il serait inévitable l’extinction des races inférieures, ou si jamais il serait possible qu’elles puissent coexister avec la race supérieure sans être éliminées (10). A l’époque, l’Angleterre avait déjà commis, outre le génocide des Indigènes en Amérique du Nord, celui des Aborigènes d’Australie dont les Tasmaniens. En France, Albert Sarrut, tenant discours aux élèves de l’Ecole coloniale affirmait : « il serait puéril d’opposer aux entreprises européennes de colonisation un prétendu droit d’occupation [...] qui pérenniserait en des mains incapables la vaine possession de richesses sans emploi (11). » . De son côté, le sociologue français Georges Vacher Lapouge, soutenait qu’il n’y avait rien de plus normal que la réduction en esclavage des races inférieures et plaidait pour une seule race supérieure, nivelée par la sélection.

      On remarquera que la plupart des anthropologues allemands, même convaincus de leur supériorité raciale, ne partagent pas avec leurs collègues britanniques, nord-américains et français, la conviction que les races inférieures doivent nécessairement disparaître au contact de la civilisation. Le professeur Théodore Waitz par exemple, développe entre 1859-1862 un travail pour contester le bien fondée des théories propagées par ses collègues occidentaux, engagés dans la justification scientifique des exterminations commises par leurs pays. Par la suite, son élève George Gerland fait en 1868 une étude sur l’extermination des races inférieures. Il dénonce la violence physique exercée par les colonisateurs comme étant le facteur d’extermination le plus tangible. Et affirme qu’il n’existe aucune loi naturelle qui dit que les peuples primitifs doivent disparaître pour que la civilisation avance. Le plaidoyer de ce scientifique allemand pour le droit à la vie des races dites inférieures est un fait rarissime dans cette période de l’histoire.

      En 1891 le professeur allemand Friedrich Ratzel publie son livre « Anthropogeographie » et dans le dixième chapitre sous-titré « Le déclin des peuples de cultures inférieures au contact avec la culture », il exprime son hostilité concernant la destruction des peuples indigènes : « C’est devenu une règle déplorable, que des peuples faiblement avancés meurent au contact avec des peuples hautement cultivés. Cela s’applique à la vaste majorité des Australiens, des Polynésiens, des Asiatiques du Nord, des Américains du Nord et des nombreux peuples d’Afrique du Sud et d’Amérique du Sud. (...) Les Indigènes sont tués, chassés, prolétarisés et l’ont détruit leur organisation sociale. La caractéristique principale de la politique des Blancs est l’usage de la violence par les forts sur les faibles. Le but est de s’emparer de leurs terres. Ce phénomène a pris sa forme la plus intense en Amérique du Nord. Des Blancs assoiffés de terres s’entassent entre des peuplements indiens faibles et partiellement désintégrés » (12). Ce serait le dernier discours dans lequel le professeur Ratzel exprimerait un point de vue aussi peu favorable à l’extinction des peuples inférieurs.

      Les anciennes puissances négrières réunies à Berlin en 1884-1885, officialisent le dépècement de l’Afrique. L’Allemagne s’assure le contrôle du Sud-Ouest africain (c’est-à-dire la Namibie), de l’Est africain (correspondant aux territoires actuels de la Tanzanie, du Burundi et du Rwanda) et aussi le contrôle sur le Togo et le Cameroun. La rentrée de l’Allemagne dans l’entreprise coloniale marque un hiatus sensible entre le discours des scientifiques allemands avant les années 1890 et celui qu’ils auront après les années de 1890 sur le même sujet : l’extermination des races inférieures ou leur asservissement suivant les besoins des conquistadores et le progrès de la civilisation. En effet, en 1897 le professeur Ratezl publie son ouvrage « Géographie politique » dans lequel, l’auteur prend fait et cause pour l’extermination des races inférieures. Il affirme qu’un peuple en développement qui a besoin de plus de terres doit donc en conquérir « lesquelles, par la mort et le déplacement de leurs habitants, sont transformées en terres inhabitées » (13). La domination économique combinée à des méthodes racistes, a donné naissance à la suprématie blanche chrétienne. Son idéologie hégémonique règne sans partage sur la planète et connaît tout son splendeur entre la seconde moitié du 19ème et la première moitié du 20ème siècle. Même dans les anciens pays colonisés, l’extermination des races inférieures avait lieu de politique officielle.

      La plupart des pays d’Amérique sont devenus indépendants au 19ème siècle. Les classes dirigeantes de ces pays, se croient blanches parce qu’elles sont issues des aventuriers européens qui souvent violaient les femmes indigènes. Arrivées au pouvoir suite aux guerres d’indépendance, ces élites se sont toujours identifiées à leur ancêtre blanc. De fait, elles adoptèrent les méthodes d’extermination des Indigènes hérités de la colonisation. En avril 1834, les autorités d’Argentine, pays indépendant depuis peu, déclenchent la « Campaña del Desierto » (Campagne du Désert), dont le but est l’extermination des survivants Indigènes qui occupent la pampa. Dirigée par Juan Manuel de Rosas, devenu Président d’Argentine à partir de 1835, cette campagne fut coordonnée avec le gouvernement du Chili. Aussi, le premier gouvernement constitutionnel d’Uruguay, dirigé par Fructuoso Rivera, s’est joint à la Campagne qui devait transformer ces terres en espaces inhabités...

      Malgré la violence extrême de la ‘Campagne’, tous les Indigènes ne sont pas morts, au grand dam du président Rosas pour qui les Indiens se reproduisaient comme des insectes. Pour remédier à cet échec, en 1878, par initiative du Ministre de la Guerre Julio Argentino Roca, le Congrès National argentin vote et approuve la loi « de expansión de las fronteras hasta el Rio Negro » (expansion des frontières). C’est le point de départ de la seconde « Campagne du Désert » qui doit définitivement vider la Pampa de sa population indigène pour faire avancer la civilisation.

      La « Campagne » a lieu au moment où les survivants Indigènes sont traqués partout dans le continent. En Amérique du Nord ils sont massacrés et refoulés afin de libérer un espace devenu vital pour l’installation de familles civilisées, c’est-à-dire blanches. En Argentine, l’objectif avoué de la « Campagne » était le même : Remplacement de la population locale par une population civilisée pouvant garantir l’incorporation effective de la Pampa et la Patagonie à la nation de l’Etat Argentin. Quelques décennies plus tard, Heinrich Himmler défendrait le même principe de remplacement des populations lorsqu’il affirmait : « Le seul moyen de résoudre le problème social, c’est pour un groupe, de tuer les autres et de s’emparer de leur pays » (14). Mais, pour le moment, cela se passait en Amérique et au détriment de populations non-Européennes. Le Ministre Roca, qui est à l’origine de la seconde « Campagne du Désert », a même gagné les élections en 1880 et est devenu Président de l’Argentine.

      Bien sur ! Quelques voix se levèrent pour critiquer la barbarie des atrocités commises pendant la Campagne. Mais, dans l’ensemble, l’infériorité des victimes n’était pas contestée et le gouvernement de Julio Roca appelé le conquistador du Désert, est perçu comme le fondateur de l’Argentine moderne. L’histoire de ce pays a retenu surtout, que c’est sous la Présidence de Roca que le pays a avancé vers la séparation de l’église et l’Etat, le mariage civil, le registre civil des naissances et l’éducation laïque. Une des plus grandes villes de la Patagonie porte le nom de Roca. Il n’y a pas long temps, l’historien Félix Luna affirmait sans rire : « Roca a incarné le progrès, il a intégré l’Argentine dans le monde : je me suis mis à sa place pour comprendre ce qui impliquait d’exterminer quelques centaines d’indiens pour pouvoir gouverner. Il faut considérer le contexte de l’époque où l’on vivait une atmosphère darwiniste qui favorisait la supervivence du plus fort et la supériorité de la race blanche (...) Avec des erreurs, des abus, avec un coût Roca fit l’Argentine dont nous jouissons aujourd’hui : les parcs, les édifices, le palais des Œuvres Sanitaires, celui des Tribunaux, la Case du Gouvernement » (15).

      On remarquera que depuis le premier génocide des temps modernes, commis par les chrétiens en Amérique à partir de 1492, la situation des peuples non Européens en général et des Noirs en particulier, se trouve rythmée par les exigences de la suprématie blanche. Dans l’univers concentrationnaire d’Amérique, le Noir expulsé hors de l’espèce humaine en tant que sous-homme ou bien meuble, ne fut jamais réintégré ou réinstallé dans son humanité. Et les survivants indigènes étaient massivement massacrés pour rendre inhabitées leurs terres. En Afrique, le peuple congolais, sous l’administration de ce bourreau qui fut le Roi Léopold, est soumis à des formes d’asservissement causant la destruction de la moitié de la population qui est passée de vingt millions à 10 millions d’habitants (16). Dans ce même continent, l’Allemagne aussi, comme d’autres avant elle, appliquera les bons principes de la colonisation. Entre 1904 et 1906, soit en l’espace de deux ans, les Allemands exterminèrent les trois quarts du peuple Herero. Sans compter les morts des Nama, Baster, Hottentots, etc (17).

      Dans le cadre de la domination coloniale allemande en Namibie, le professeur Eugen Fischer va étudier en 1908, chez les Baster installés à Rehoboth « le problème de la bâtardisation chez l’être humain ». Les recommandations du chercheur sont sans détour. On lit dans son traité à propos des métis : « Qu’on leur garantisse donc le degré précis de protection qui leur est nécessaire en tant que race inférieure à la nôtre, rien de plus, et uniquement tant qu’ils nous sont utiles -autrement, que joue la libre concurrence, c’est-à-dire, selon moi, qu’ils disparaissent. (18) » Ce travail dans lequel le professeur Fischer considérait avoir démontré scientifiquement l’infériorité des Noirs, fit la gloire de son auteur dont le prestige alla au-delà des frontières du pays. Des années plus tard, lorsqu’en 1933 Adolf Hitler arrive au pouvoir en Allemagne, tout naturellement, le professeur Fischer mettra au service de la politique raciale du nouvel Etat le prestige et l’autorité que lui conférait sa condition de scientifique de renommée mondiale. En fait, ce fut le cas de l’establishment scientifique dans l’ensemble (19).

      C’est un fait vérifiable, à la fin du 19ème et pendant les premières décennies du 20ème siècle, l’extermination d’êtres inférieurs ou la programmation de leur disparition, était une réalité qui ne soulevait pas de grandes vagues de solidarité à l’égard des victimes. C’est pourquoi les dirigeants nazis s’appliquèrent à convaincre les Allemands que les Juifs, ainsi que les Slaves et autres groupes, étaient différents et en conséquence étaient inférieurs. C’est dans ce contexte si favorable à l’extermination des inférieurs, que les conseillers scientifiques du plan quadriennal chargé de planifier l’économie de l’Allemagne nazie, poussant la logique de l’anéantissement plus loin que leurs prédécesseurs, et dans une combinaison aussi terrible que sinistre entre les facteurs idéologiques et les motivations utilitaires, ont programmé l’extermination à l’Est, de 30 millions d’êtres humains.

      Dans leur essai « Les architectes de l’extermination », Susanne Heim et Götz Aly soulignent que les planificateurs de l’économie, choisis non pas en fonction de leur militance politique mais de leur compétence professionnelle, fondaient leur dossier sur des considérations purement économiques et géopolitiques, sans la moindre référence à l’idéologie raciale. Ils rapportent le procès-verbal d’une réunion pendant laquelle, les conseillers économiques ont expliqué en présence de Goebbels leur plan d’approvisionnement alimentaire.

      Ce dernier nota dans son journal le 2 mai 1941 : « La guerre ne peut se poursuivre que si la Russie fournit des vivres à toutes les forces armées allemandes durant la troisième année de la guerre. Des millions de personnes mourront certainement de faim si les vivres qui nous sont nécessaires sont enlevés au pays. (20) » En effet, ce plan devait faire mourir environ 30 millions de Slaves dans un premier temps. Mais cela devait assurer l’approvisionnement des vivres pendant une année et en plus, rendre inhabitées des terres où des familles allemandes seraient installées.

      Ainsi, Hermann Göring, dont le père fut le premier gouverneur allemand en Namibie, pouvait dire en 1941 à son compère le ministre italien des Affaires étrangères, le comte Ciano : « Cette année, 20 à 30 millions de personnes mourront de faim en Russie. Peut-être est-ce pour le mieux, puisque certaines nations doivent être décimées. (21) » Ceux qui, dans une association extrême de l’idéologie raciste et la motivation utilitaire, programmaient l’extermination de 30 millions de Slaves, pouvaient programmer sans état d’âme, l’extermination d’un autre groupe considéré aussi inférieur, dans l’occurrence les Juifs.

      Il n’est pas un hasard que le Professeur Wolfang Abel : « Chargé par le haut commandement des forces armées de réaliser des études anthropologiques sur les prisonniers de guerre soviétiques, proposa entre autres options la liquidation du peuple russe. (22) » Le professeur Abel fut l’élève du Professeur Fischer avant de devenir son assistant. Ensemble, ils formèrent les premiers experts scientifiques chargés de sélectionner ceux qui, coupables de ne pas être Aryens devaient être exterminés à Auschwitz ou ailleurs (23).

      Quant aux Soviétiques : « Au 1er février 1942, sur les 3,3 millions de soldats de l’Armée rouge fait prisonniers, 2 millions étaient déjà morts dans les camps allemands et au cours des transports, soit 60%. Si l’on enlève les trois premières semaines de guerre, au cours desquelles les premiers prisonniers purent puiser dans leurs réserves corporelles, ce chiffre correspondait à un taux de mortalité de 10 000 hommes par jour » (24).

      La très grande majorité des Allemands, heureuse de se trouver du bon côté, accepta le fait accompli, c’est-à-dire l’exclusion des non-Aryens, et en retira tout le bénéfice possible. Il va sans dire qu’à l’époque, la solidarité à l’égard des groupes considérés inférieurs ne faisait pas vraiment recette dans la culture dominante. Plusieurs siècles de matraquage idéologique pour justifier l’écrasement des peuples colonisés et asservis, n’avaient pas certainement favorisé l’humanité de ceux qui en profitaient (25).

      Comme le dit si bien Aly : « Le gouvernement nazi suscita le rêve d’une voiture populaire, introduisit le concept de vacances pratiquement inconnu jusqu’alors, doubla le nombre des jours fériés et se mit à développer le tourisme de masse dont nous sommes aujourd’hui familiers. (...) Ainsi, l’exonération fiscale des primes pour le travail de nuit, les dimanches et les jours fériés accordés après la victoire sur la France, et considérée, jusqu’à sa remise en cause récente comme un acquis social. (...)Hitler a épargné les Aryens moyens aux dépens du minimum vital d’autres catégories » (26). L’argent spolié aux Juifs d’Europe et aux pays sous occupation allemande a bien servi au gouvernement nazi pour financer sa politique sociale visant à favoriser le niveau de vie de la population aryenne. On comprend qu’après la guerre, tant d’Allemands pouvaient admettre en privé, avoir vécu la période la plus prospère de leur vie sous le gouvernement nazi y compris pendant la guerre...

      La domination coloniale sur d’autres peuples a toujours fourni les conditions indispensables pour la mise en place de systèmes d’asservissement et déshumanisation froidement réglés. Ce fut le cas dans l’univers concentrationnaire d’Amérique, où les puissances coloniales ont inventé un système juridique à l’intérieur duquel, la bestialisation des Noirs parce que Noirs, se faisait en toute légalité. Au 19ème siècle, la colonisation britannique en Australie a renoué avec le génocide commis en Amérique du Nord. En Afrique, les peuples congolais ont souffert leur Adolf Hitler incarné par le Roi des Belges qui non satisfait de faire mourir la moitié des populations, faisait couper la main à ceux qui chercheraient à fuir les travaux forcés (27). En Namibie, l’Allemagne coloniale a commis son premier génocide et, je peux continuer mais je peux aussi m’arrêter. Il y a assez pour comprendre que l’entreprise nazie de déshumanisation, s’inscrit dans une continuité, jalonnée sans interruption par la barbarie coloniale.

      A la fin de la guerre, les puissances coloniales, victorieuses, ont décrété que le nazisme était incompréhensible et effroyable parce que derrière ses atrocités il n’y avait aucune rationalité économique. La motivation utilitaire ayant toujours servi à cautionner les entreprises de déshumanisation menées contre d’autres peuples non-Européens, il fallait absolument que l’entreprise nazie de déshumanisation soit dépourvue de toute motivation utilitaire. De là, cet approche réductionniste qui a historiquement isolé le nazisme, et focalisé l’attention sur les atrocités commises par les nazis, en faisant abstraction des facteurs sans lesquels, chacun devrait le savoir, ce désastre effrayant n’aurait jamais atteint la disproportion que nous savons.

      Rosa Amelia Plumelle-Uribe

      Alger le 15 oct


  • Sihem (---.---.166.50) 16 octobre 2006 10:38

    17 octobre 1961 : pour que nul n’oublie

    • A la mémoire de Fatima Bedar noyée dans la Seine à l’âge de 15 ans • A la mémoire des martyrs du 17 octobre 1961 • A la mémoire de Marcel Manville décédé devant le juge d’instruction pendant qu’il défendait les victimes et ayants droit du 17 octobre.

    Il a fallu du temps et beaucoup de persévérance pour que les événements marquants de notre histoire contemporaine, notamment celle du colonialisme français dans notre pays, finissent enfin à s’échapper à l’amnésie et à la culture de l’oubli entretenus savamment par ceux que le devoir de mémoire dérange. C’est une tâche ardue et difficile à laquelle se sont livrés depuis longtemps des associations et des hommes, aussi bien en Algérie qu’en France. C’est le cas de la Fondation du 8 Mai 1945. Le combat n’a pas été facile. Les négociations et les falsifications de l’histoire ont opposé une résistance acharnée et des moyens, notamment politiques, inimaginables. La promulgation de la loi du 23 février 2005 en offre la meilleure preuve. Dès sa création en 1990 à Kherrata, la Fondation du 8 Mai 1945 a inscrit comme thème de travail « Les guerres de colonisation : crimes de guerre ou crimes contre l’humanité ? » Il s’agit pour elle et ses animateurs de recenser, d’étudier et de qualifier la nature des crimes colonialistes de 1830 à 1962. Les massacres du 17 octobre 1961 à Paris en font partie.

    L’image que l’histoire et la mémoire collective retiennent, d’ores et déjà, de cette journée, voulue pacifique par ses organisateurs (la fédération de France du FLN), et celle d’une « boulimie » de sang, de violence, de massacres et de racisme. Aussi, la Fondation du 8 Mai 1945, visait-elle, en premier lieu, la constitution d’un dossier solide pour se porter partie civile dans un procès à intenter devant une juridiction française contre Maurice Papon et autres pour crime contre l’humanité pour ces tueries racistes du 17 octobre 1961. Parallèlement à cette action, une autre affaire Papon faisait grand bruit en France. Il s’agit du procès engagé contre ce sinistre individu pour complicité de crime contre l’humanité pour son rôle dans l’interpellation et le transfert de plus de 1650 juifs dont des enfants, au centre de Drancy (en région parisienne), pour être conduits ensuite dans des camps de concentration. Dans cette assignation dont la procédure a duré plus de vingt ans, Papon a été condamné à 10 ans de prison et écroué après sa lâche tentative d’évasion.

    La plus belle illustration des causes de cette lenteur a été donnée, en automne 1994, dans une émission télévisée avec El Kabach, par François Mitterrand, le plus haut magistrat français de l’époque, qui n’a pas caché, qu’à l’instar de ses prédécesseurs, il avait personnellement donné des instructions au parquet pour freiner les procédures judiciaires engagées pour crime contre l’humanité lorsque les coupables sont français (cas Bousquet, Touvier...). Tout le monde reconnaît que les juifs ont été persécutés car ils sont juifs. Justice leur a été rendue dans ce cas précis, puisque Papon a été condamné ; tant mieux. Les Algériens, en octobre 1961, ont subi le même sort. Ils ont été tués, torturés, brutalisés, humiliés... Pourquoi ? Tout bonnement pour avoir voulu contrecarrer une mesure discriminatoire et raciste décidée par Papon avec l’aval des plus hauts responsables (Roger Frey, ministre de l’Intérieur, Michel Debré, Premier ministre...) De Gaulle lui-même n’ignorait nullement ce qui se passait.

    Cette mesure consistuait à interdire aux seuls Algériens de sortir la nuit. Le résultat : 1- plus de 300 morts, 23000 blessés, 10 000 arrestations dont 3000 maintenues. La Seine regorgeait de corps d’Algériens. 2- Sans aucune preuve de culpabilité, hormis le fait d’être Algériens et sans aucune décision légale de justice, ces mêmes algériens sont parqués à Boubertin, Vel d’Hiv, Vincennes... 3- La chasse aux faciès, au teint basané (la différence avec « nos ancêtres les Gaulois, cheveux blonds et têtes de bois » n’est pas difficile à faire). Inutile donc l’équivalent de l’étoile jaune. Jean-Paul Sartre écrivait à ce sujet : « Pogrom : le mot, jusqu’ici, ne se traduisait pas en français. Par la grâce du préfet Papon, sous la Ve République, cette lacune est comblée. Née à Alger, la ratonnade s’installe à Paris.

    Les juifs parqués au Vel d’Hiv sous l’occupation étaient traités avec moins de sauvagerie par la police allemande que ne le furent, au Palais des Sports, par la police gaulliste, les travailleurs algériens (...) Il n’y a jamais eu de terrorisme aveugle du FLN. Eut-il été décidé, les cadavres de policiers joncheraient les rues. » C’est pour le qualifié de musulman que ce sort infâme et inhumain leur a été réservé. Le sang n’a jamais autant coulé pour ce genre de marche populaire depuis la commune de Paris. André Frossart disait qu’un crime contre l’humanité, c’est quand on tue quelqu’un car il n’est pas comme soi. Le pouvoir français ne respectait même pas sa propre Constitution lorsqu’il s’agit des Algériens, pardon des Français musulmans.

    En son article 2 ; cette loi fondamentale énonce que la France « assure l’égalité devant la loi de tous les citoyens, sans distinction d’origine, de race ou de religion ». Si pour les juifs, Papon a tout essayé pour minimiser son rôle, par contre, pour les Algériens ces Français musulmans malgré eux, il le revendique avec cynisme. Rendre justice aux martyrs et aux victimes du 17 octobre et éterniser leur mémoire est un devoir sacré pour tout homme qui se respecte. Le 14 décembre 1995, Eric Conon de l’hebdomadaire L’Express termine ainsi son article sur « le dernier procès de Vichy » : « Le procès Papon et sa courte histoire ne manquent donc pas d’aspects curieux et choquants. On peut en rajouter un sur lequel personne ne s’attarde mais qui paraît très révélateur des rapports compliqués qu’entretiennent le temps, la mémoire et la justice : le fait que Maurice Papon ne soit pas l’objet de poursuites identiques pour le rôle — cette fois-ci essentiel - qu’il a joué en tant que préfet de police de Paris dans le massacre des Algériens, le 17 octobre 1961 ».

    C’est d’abord et avant tout un être abject qui a toujours manifesté ostensiblement son racisme, sa haine de l’Arabe, du musulman, du juif. Il a été un serviteur zélé du nazisme et du colonialisme le plus barbare et le plus inhumain. Dès le déclenchement de la Seconde Guerre mondiale, pour l’organisation TODT, chargée de la construction du mur de l’Atlantique pour prévenir et s’opposer à un éventuel débarquement des alliés, il propose aux forces allemandes une main-d’œuvre gratuite ; les prisonniers de guerre nord-africains. Il s’est distingué, comme nous l’avons dit, par sa participation à rassembler et à transférer dans les camps de concentration de la mort plus de 1650 juifs dont de nombreux enfants.

    En 1949, il arrive à Constantine comme préfet, sous Nuegelen, comme surtout pour ses élections truquées au vu et au su de tous. En 1951, il devient secrétaire général de la préfecture de Paris. Il y était encore quand un 14 juillet 1953, la police ouvrit le feu sur les manifestants algériens à Paris faisant 7 morts et 44 blessés graves. En mai 1956, il est de nouveau préfet de Constantine (tout l’Est algérien). Dès son arrivée, la torture va être généralisée surtout après les pouvoirs spéciaux accordés au socialiste Guy Mollet. Papon entreprend tout pour impliquer les musulmans contre les moudjahidine. « L’heure n’est plus où il faut distinguer les civils des militaires. Je demande à tous les civils de se conduire en soldats. » La répression n’a plus de limites : En 1956, 10 282 soit-disant rebelles ont été tués et durant les 8 premiers mois de 1957, 8032.

    117 000 personnes seront regroupées uniquement pour l’Est constantinois, dans des centres de regroupement. Des zones entières dites « zones interdites » ont été bombardées. La carrière se poursuit par sa nomination, en mars 1958, comme préfet de police de Paris, où la Fédération de France du FLN était bien implantée. La quasi-totalité des compatriotes s’était directement engagée dans le combat libérateur. Un événement important s’est produit en 1958, plus précisément le 13 mai, à Alger. Sous la houlette de Massu et autres, on pavoise, on « fraternise » sur le forum, on prépare le retour du général de Gaulle. Pour démontrer aux Parisiens et autres Français le succès de la « fraternisation », un défilé est organisé le 14 juillet 1958 sur les Champs Elysées. La Fédération de France a ordonné des actions armées avec instruction ferme de les diriger uniquement contre les engagés algériens et d’éviter à tout prix les appelés et les civils.

    Le quartier de Barbès (La Casbah parisienne) où souvent ces engagés aimaient se rendre (repos de guerrier oblige), plusieurs d’entre eux ont été tués. La colère de Papon était à la mesure de l’envergure des expéditions punitives menées. Le 25 août 1958, un autre événement unique dans l’histoire des luttes de libération contre le colonialisme se produisit en France : le FLN a décidé de porter la guerre au cœur même du pays colonisateur. Des objectifs précis contre des installations militaires, de police ou économiques névralgiques et sensibles ont été ciblés. Aucun civil, ni fonctionnaire ou policier non directement impliqués dans le cycle infernal de la répression n’ont été visés. Le 28 août 1958, ce même Papon multiplie les rafles des Algériens dans toute la région parisienne. Plus de 5000 d’entre eux sont entassés dans les centres (Beaujon, Japy, Vincennes...) Plusieurs exécutions s’en suivirent. Le 1er septembre 1958, il décrète le couvre-feu mais sans résultat face à la détermination des Algériens. Mais il créé le Centre d’identification de Vincennes (CIV). Sur simple décision, sans la moindre preuve de culpabilité, les « suspects » sont assignés à résidence dans des camps d’internement pendant de longues années (la plupart jusqu’à l’indépendance).

    La même décision frappe systématiquement les prisonniers au terme de leurs condamnations. Fort de son expérience à Constantine, il élabore un plan de subversion par la mise en place d’une police parallèle sans que la justice soit informée. Il crée également en mars 1961 une force de police auxiliaire composée essentiellement de harkis venus d’Algérie. L’objectif est clair : obtenir à tout prix des renseignements. La torture est généralisée. Instruits avec l’opération « crevettes » pratiquée en Algérie (elle consiste à couler dans du ciment les pieds des prisonniers ou des suspects et à les jeter à la mer), les sbires de Papon innovent dans les méthodes de tueries : la noyade. Bien avant le 17 octobre 1961, plusieurs corps d’Algériens ont été rejetés par la Seine.

    Mais, c’est le 17 octobre 1961 surtout que les Algériens, sortis en paisibles promeneurs décidés à dénoncer une décision inique et raciste, ont été assassinés par centaines (noyés dans la Seine, tués avec des armés à feu, coups de crosse, pendus...). Alors que la Fédération de France annonçait 600 morts, la bilan officiel français fait état de 2 morts. Plus tard, l’inspection générale de la police « parle » d’un chiffre pouvant atteindre 140 morts. Voilà l’homme, de triste mémoire, dont les Algériens demandent la comparution devant la justice pour crime contre l’humanité. Au procès de Bordeaux, excédé par les interpellations des journalistes, des témoins au procès dont Jean-Luc Einaudi et des manifestants pour qui justice soit rendue aux victimes du 17 octobre 1961, Papon reconnaît que le chiffre, officiellement de 2 morts, pourrait être plus élevé, qu’il est peut-être d’une vingtaine. Quand il s’agit de « bougnoules » ou de « bicots », l’exactitude des chiffres macabres importe peu.

    Mais avec la publication des rapports Mandelkern et Geronimi, l’ampleur du massacre commence, quoi que timidement encore, à prendre le chemin de la vérité. Dans son compte rendu, Mandelkern, membre du Conseil de l’Etat, parle de 275 morts en 1961 dont 32 en octobre, tandis que Geronimi, avocat général à la Cour de cassation annonce le chiffre de 246 dont 48 en octobre. L’Institut médico-légal a enregistré, de son côté, 288 morts. A signaler que les deux experts ont consulté les seules archives judiciaires. A titre indicatif, Geronimi publie, mois par mois, pour l’année 1961, le nombre des victimes de violence mortelle, la moyenne est de 10 par mois si l’on excepte septembre (37) et surtout octobre (105). Le même Geronimi précise que sur les 246 morts dont il parle : 110 corps sont repêchés dans la Seine 37 corps comportent des traces de strangulation 39 corps comportent des traces de violence 20 corps sans traces apparentes.

    Ce massacre, commis à ciel ouvert dans la ville lumière, capitale de la culture et de la proclamation des droits de l’homme et du citoyen, est accompagné d’une pratique horrible et indigne de la part d’hommes qui se disent civilisés : la torture. Torture pratiquée sans discontinuer dans les caves de la Goutte d’or dans le 18e arrondissement et de la rue Harvey dans le 13e arrondissement de Paris par les harkis et autres, sous les ordres de Maurice Papon.

    En 1961, Paulette Peju relatait avec force détails cette atteinte physique et morale à la dignité humaine, dans son fameux livre Les ratonnades à Paris Quelques rapides observations au sujet des crimes commis le 17 octobre 1961. J-L. Einaudi, dans son ouvrage La bataille de Paris a donné une liste de plus de 140 morts et disparus pendant cette tragique période. Et la liste est loin d’être exhaustive.

    Pourquoi ? 1 - Le rapport de la police fluviale (surtout s’agissant des noyés), s’il existe encore, n’est pas rendu public. 2 - Les archives concernant ces crimes ont disparu pour certaines ou sont classées d’une façon hétéroclite pour éviter leur exploitation en vue de dresser un bilan proche de la vérité. 3 - Il n’est pas évident que les corps repêchées en dehors de la région parisienne, notamment en Normandie (Rouen par exemple) aient été pris en compte. Au départ, l’intention de faire taire les faits était évidente. Dès 1961, Gaston Deferre, sénateur socialiste, interpellait Roger Frey pour lui demander l’ouverture d’une enquête parlementaire, aucun résultat. « Ou vous ordonnez une enquête, toute la lumière sera faite, ou vous refusez, vous avez des choses à cacher. »

    Un autre élu, Claude Bourdet, membre du conseil municipal de Paris et directeur de France-observateur n’a pas hésité à mettre à l’index, directement et personnellement, Maurice Papon, au sujet de 50 manifestants ramassés au Quartier Latin (Paris) et exécutés dans la cour de la préfecture. Aucune plainte déposée à l’époque pour violence ou disparition n’a abouti. Il a fallu près de 40 ans pour que cette affaire resurgisse grâce à une plainte déposée à l’initiative de la Fondation du 8 Mai 1945, par 14 plaignants, des victimes de sévices et des ayants droit des martyrs. La cour de cassation, à l’issue de la procédure, a rejeté, 3 ans après, cette plainte aux motifs que « les seules qualifications de droit commun que ces faits pourraient revêtir, entrent dans le champ d’application de la loi (...) portant amnistie des infractions commises en relation avec les événements d’Algérie ». Si en plein cœur de Paris, on réussit à travestir la véracité des faits, peut-on s’imaginer, un seul instant, ce qu’il en est des génocides commis pendant plus de sept ans ou durant toute la colonisation dans les mechtas et les djebels en Algérie ?

    Le mépris cessera-t-il un jour ? Difficile de l’envisager. Comment le peut-on quand l’Assemblée nationale française, poussant l’outrecuidance ridicule et l’audace inadmissible et impardonnable, adopte une loi, le 23 février 2005, encourageant l’enseignement de l’action civilisatrice de la colonisation ? Mais ce mépris, elle l’a déjà affiché un certain 10 juillet 2000 quand, à l’unanimité, elle a voté, « pour ne pas oublier » une résolution par laquelle « le 16 juillet de chaque année, est commémoré la journée de la honte et du deuil », en souvenir des 13000 juifs entassés au Vel d’Hiv. Mais aussi pour s’amender pour l’attitude « des Français qui ont secondé l’armée allemande ! » Curieuse façon de concevoir les choses si une même attitude n’est pas adoptée face à des faits similaires subis par un autre groupe d’hommes.

    La France manifesterait-elle sa honte face à l’attitude des autres Français, en l’occurrence les harkis, qui ont non seulement « secondé » l’armée française mais ont opéré avec un zèle inégalé pour tuer et torturer les patriotes algériens ? Par ailleurs, des faits authentiques de même nature de violence et d’injustice peuvent-il être appréciés différemment et donner lieu à des conclusions contraires ? En effet, plus de 10 000 Algériens ont été parqués dans le même lieu, les mêmes conditions, pour les mêmes raisons racistes d’ordre ethnique et religieux, sous la responsabilité de l’Etat français. Pas la moindre pensée, pas le moindre acte de regret et de contrition pour eux.

    Le général de Gaulle, lui-même, avait jugé en son temps la tuerie du 17 octobre 1961 « inadmissible mais secondaire. » « Inadmissible, c’est le moins qu’on puisse dire mais secondaire... » D’abord, secondaire par rapport à quoi ? Pour notre part, que des Français relevant de l’autorité officielle et légale tuent des êtres humains, sur la base de leur physique, de leur faciès mais également parce qu’ils veulent vivre libres, c’est loin d’être secondaire. C’est un crime contre l’humanité

    L’appel lancé le 20 octobre 1961 par des intellectuels français situe bien le problème. Ces derniers proclamaient : « Entre les Algériens entassés au Palais des Sports en attendant d’être refoulés et les juifs parqués à Drancy avant la déportation, nous refusons à faire une différence. » Quand la France cessera-t-elle donc de juger différemment ou partialement des faits d’une même nature, d’une même qualification, ayant entraîné les mêmes conséquences graves pour la morale et l’histoire ? Qu’ils se produisent en France ou ailleurs ou qu’ils soient le fait de Français ou d’autres. Pour notre part, notre action se poursuivra par devoir de mémoire pour nos chouhada (martyrs) et par devoir de vérité et également de respect afin que l’histoire s’écrive sans fioritures ni mensonge en se basant sur les faits et uniquement sur les faits.

    L’auteur est : Membre fondateur et secrétaire général de la Fondation du 8 Mai 1945

    Aouli MAKHLOUF


    • Sihem (---.---.166.50) 16 octobre 2006 10:42

      Par Malika el Korso, maître de conférences (Bouzareah)

      Fatima Bedar, 15 ans, la collégienne martyre du 17 octobre 1961

      Alger - On a beau noyer l’histoire de l’immigration algérienne dans les profondeurs de la Seine, elle finira bien un jour par remonter à la surface tel le corps de Fatima Bedar, jeune collégienne retrouvée quinze jours après son décès dans le canal de Saint-Denis.

      C’était le 17 octobre 1961. Les Français musulmans algériens (FMA) avaient occupé Paris le temps de dire au préfet de police, Maurice Papon, qu’ils étaient des Algériens ; que comme leurs frères, pères, sœurs et mères de la colonie en guerre, ils étaient avec le Front de libération nationale et pour la libération de leur pays du joug du colonialisme français. Pour eux aussi, l’indépendance de l’Algérie n’avait pas de prix.

      Les ouvriers algériens étaient sortis manifester pacifiquement contre le couvre-feu raciste imposé par Papon aux seuls Algériens à l’exclusion de toutes les autres populations vivant à Paris et sa banlieue. Plus qu’une commémoration, ce 45e anniversaire de la chasse au faciès, ordonnée par les plus hautes autorités de Paris, est celui d’un retour, celui du transfert de la France vers l’Algérie, des restes post-mortem de la jeune martyr Fatima Bedar.

      Née le 5 août 1946 à Béjaïa, elle n’a que cinq ans quand elle rejoint, avec sa mère et sa sœur, son père à Sarcelles. Fatima était l’aînée de quatre sœurs et deux frères auxquels s’ajouteront ultérieurement deux autres sœurs. Fatima ne les verra pas, car entre elle et eux des mains criminelles se sont interposées pour mettre fin à sa vie. Comme tous les Algériens qui vivaient dans la banlieue parisienne, son père Hocine, employé à Gaz de France, domicilié à Stains en Seine-St-Denis, avait tenu à répondre présent à l’appel de la Fédération de France du FLN.

      Il ne s’agit pas de faire ou refaire l’historique du 17 octobre 1961. D’autres en ont fait leur objet de recherche. Nous voulons tout simplement contribuer au devoir de mémoire en faisant revivre le temps d’un souvenir, qui se voudrait ineffaçable, la figure angélique de Fatima. La sortir de l’oubli, la restituer à son pays, à l’histoire de l’Algérie pour laquelle elle a fait don de sa vie. Tel est l’objet de ce modeste papier. Cette chahida, de 15 ans passés de 2 mois et 12 jours, ne constitue qu’une pièce d’un puzzle éclaté en mille morceaux dont la reconstitution exige des moyens appropriés et des sacrifices humains à la mesure des objectifs que s’assigne tout chercheur.

      Mais qui est Fatima Bedar ? Réponse courte à une question courte : une élève du collège commercial et industriel féminin sis rue des Boucheries, à Saint-Denis. Comment devient-on chahida quand on n’a que 15 ans et qu’on réside en France ? Y a-t-il d’abord un âge à cela ? Il faut inverser la question et se demander comment cette adolescente au regard doux, à la coiffure soignée, au sourire angélique, au visage serein, malgré des sourcils prononcés et une tenue vestimentaire simple mais de bon goût, a pu se retrouver le soir du 17 octobre 1961 au fond des eaux mortelles de la Seine ?

      Elle n’avait pourtant pas l’air d’une enfant revêche, elle n’était pas rebelle à l’autorité paternelle. Elle ne portait pas non plus en elle les signes d’une enfant travaillée par le militantisme et l’engagement jusqu’au sacrifice suprême. Pour répondre à ces questions et à d’autres qui se poseront par la suite, tout un travail d’enquête s’impose. On ne vient pas au militantisme comme on va faire ses emplettes un couffin à la main. Les dures conditions de vie et de travail imposées de fait à l’émigration maghrébine en France, particulièrement ceux vivant dans la banlieue parisienne, renvoyaient les ouvriers algériens de Renault-Billancourt, de Peugeot, du bâtiment, des mines... à un passé qu’ils avaient laissé loin derrière eux en Algérie.

      Saint-Denis n’était pas le ghetto de Nanterre, mais la misère humaine de ces ouvriers des colonies qui était partout la même. C’est dans ces foyers, parmi les ouvriers maghrébins qu’est née l’Etoile nord-africaine. Le nom, les idées du père du nationalisme algérien, Hadj Messali, faisaient partie des rudiments de la culture militante de chaque ouvrier. La photo du zaïm constituait un élément du mobilier familial, aussi modeste était-il.

      L’histoire mouvementée de l’ENA, du PPA et du PPA-MTLD, les incarcérations répétées du zaïm, les interdits en tous genres qui le frappaient et son exil faisaient partie de la culture historique diffuse des ouvriers perquisitionnés de nuit dans les meublés, dans les foyers nord-africains, dans les bidonvilles et autres espaces de regroupement de l’immigration algérienne. Vint le 1er novembre 1954, les premières cellules FLN en France, les attaques contre les harkis, l’incendie dans la nuit du 24 au 25 août 1958 par les commandos de la Fédération de France du FLN des raffineries de Mourepiane près de Marseille.

      La guerre d’Algérie avait franchi les portes de Paris et de la métropole. Le sigle FLN éclipse, non sans peine, le MNA qui livre une autre guerre à son rival. Les autorités françaises multiplient les contrôles d’identité, les rafles, les séquestrations, la torture des Algériens. Les disparitions par noyade, les pendaisons sauvages au Bois de Boulogne qui avaient commencé bien avant le 17 octobre, suscitaient l’inquiétude de certains journaux comme Le Monde ou Témoignage chrétien.

      Fatima a baigné dans ce climat d’angoisse, de terreur et de lendemains incertains, celui de ne pas voir revenir son père la nuit tombée. Fatima avait 8 ans en novembre 1954, 15 en 1961, un âge où la curiosité est la mère des écoles. Mais Fatima était connue pour son sens des responsabilités. Elle secondait sa mère dans les travaux ménagers en même temps qu’elle assurait le suivi scolaire de sa jeune sœur Louisa qui voyait en elle une seconde maman et accompagnait le petit Djoudi à l’école maternelle. Bref, c’était jusque-là une fille modèle avec en plus des responsabilités d’une jeune fille moderne.

      L’annonce du 17 octobre brouillera toutes les cartes. Tout change brusquement. En décryptant à partir de l’une de ses dernières photos les traits de cette collégienne tout à fait comme les autres, on découvre une autre Fatima. Elle paraît grave et surtout déterminée. Les Bedar gardent en mémoire deux 17 octobre. Celui d’une discussion animée entre Djida, la mère et sa fille et celui de la disparition de Fatima. Les parents ne voulaient pas que leur fille prenne part à la manifestation prévue le soir-même. Sa mère l’avait chargée de garder ses frères et sœurs.

      La détermination de Fatima était telle, qu’elle sortira en courant du domicile familial qu’elle quitta à jamais. Dans sa course vers l’inconnu et malgré la tension entre elle et sa mère, Fatima n’avait pas oublié de prendre avec elle son cartable. C’était mardi et elle avait classe. Le 18 octobre, son père signale sa disparition au commissariat de Saint-Denis Banlieue. Un procès-verbal daté du même jour en fait foi. Hocine et son épouse que suivait le petit Djoudi, la chercheront en vain jour après jour dans les rues de Stains. Les recherches prendront fin le 31 octobre avec la découverte par les pompiers, à la 7e écluse du canal de Saint-Denis de la dépouille d’une jeune fille qu’ils venaient de repêcher.

      Le corps était dans un état de décomposition avancé. Il était méconnaissable. Les Bedar ne l’identifièrent que grâce aux longues et épaisses nattes châtain foncé de leur fille disparue la nuit du 17 au 18. Quant au cartable, il sera remis le 1er novembre au père par le commissariat de police de Saint-Denis. Une porte venait de se fermer sur les Bedar et une autre allait s’ouvrir, celle du silence et le refus de dire.

      Djida rendra l’âme le 3 avril 2003 dans la douleur de la perte cruelle de sa fille aînée. Hocine Bedar, aujourd’hui malade, sa sœur Louisa et son frère Djoudi se souviennent des derniers moments qui opposèrent Fatima à sa mère. Ils gardent en mémoire le cartable restitué par la police, les recherches sans succès dans les rues de Stains dans l’espoir de trouver Fatima. Ils se souviennent du corps tuméfié découvert quatorze jours après sa sortie du domicile. Ils se souviennent de l’inhumation le 4 novembre 1961 de la chahida Fatima Bedar au cimetière communal de Stains.

      Ils se souviennent de tant et tant de choses. « Mais qui a tué Fatima Bedar ? », s’est interrogé Jean-Luc Einaudi. On ne le saura jamais. Mais ce que l’on sait, c’est qu’au commissariat de Saint-Denis et au poste de police de Stains, dépendant de Saint-Denis, des policiers avaient, depuis des semaines, pris l’habitude de jeter des gens dans le canal et dans la Seine.

      Références : 1- Jean-Luc Einaudi : La bataille de Paris. Seuil, Paris, 1991. 2- Idem. : Octobre 1961, un massacre à Paris. Fayard, Paris, 2001 ,385p. 3- Malika El Korso (sous la direction de) : Femmes au combat : hommage à Baya Hocine. Table ronde organisée par le laboratoire Encyclopédie des Figures historiques de la révolution algérienne (1954-1962) ; Centre national d’étude et de recherche sur le Mouvement national et la révolution du 1er Novembre 1954 ; 17 juin 2002. 4- Idem : Militants et militantes de la Fédération de France du FLN et le 17 octobre 1961 : hommage à Fatima Bedar ; idem ; 16 octobre 2002. 5- Fédération de France du FLN, section femmes : Les manifestations des femmes algériennes en France brochure octobre-novembre 1961, 63p. 6- Linda Amiri : La Bataille de France. La guerre d’Algérie en métropole. Laffont ; Paris 2004. 235p. Voir également : 1- Ali Haroun : La 7e Wilaya, la guerre du FLN en France 1954-1962, Seuil, Paris , 1986 ; Ed ; Rahma, Alger, 1992, 522p. 2- Olivier Le Cour Grandmaison (sous la direction) : Le 17 octobre 1961, un crime d’Etat à Paris. Ed. La Dispute, Paris, 2001, 282p.


  • fredeti (---.---.49.62) 20 décembre 2006 14:52

    Je n’ai rien lu des commentaires. Mais ils sont nombreux.

    On parle généralement peu de la guerre d’Indochine qui fut en grande partie à l’origine de la guerre d’Algérie.

    Cela plus les génocides ahurissants de Staline.

    Drôle de siècle que le XX siècle.

    J’ai de la chance, je m’en fous un peu car je suis né en 1963.

    Mais soyons responsable par rapport à mon pays et ses travers.

    Trop compliqué à analyser votre truc là.

    Compter les morts, les torturés avec nom, âge et adresse pour les vérifications par les historiens, serait plus efficace que tous ces discours de vengeance...

    Et de vous exciter sur Papon est con. Tout le monde sait que c’était une ordure.


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