L’humanisme euthanasié et la question de la mort
La France est décidément un pays archaïque, pour ne pas dire arriéré. L’exemple de cette dame, atteinte d’un mal incurable à qui on refuse un accompagnement pour mourir, en fournit un exemple édifiant. Quant aux responsables politiques, leur attitude n’a pas été à la hauteur d’une démocratie censée répondre à des problèmes cruciaux que rencontrent les Français. Au lieu de ça, le président nous a bassinés avec la publicité sur les chaînes publiques, comme si c’était urgent et répondait à une aspiration essentielle des Français. François Fillon et Rachida Dati ont dit niet, pas question de donner suite à cette demande ni de changer la loi. De toute façon, quel effet cela aurait-il pu avoir ? La réponse des juges, on la devine, elle sera négative car aucune loi ne permet d’assistance au vouloir mourir. Mais...
A moins qu’une interprétation de la loi Léonetti puisse être envisagée. Cette loi, faut-il le préciser, s’applique à des situations bien précises qu’on appelle fins de vie. Elle permet de passer d’une phase de traitement à une phase de soins palliatifs. Autrement dit, un patient en phase terminale du cancer peut se voir accorder le droit de ne plus avoir de traitements. Je précise : elle est censée le prolonger dans ses souffrances plutôt que de le soigner ; et donc l’arrêt de soins médicaux permet pour ainsi dire de gagner quelques semaines ou quelques jours sur la durée de cet état qui n’a plus rien de la dignité d’une existence humaine ; là encore, j’interprète l’esprit de cette loi ; du reste assez encadrée, spécifiant le rôle de chaque partie, l’équipe médicale, le patient, les proches. Dans le cas posé par Chantal Sébire, il n’est pas question d’arrêter des soins mais de prodiguer une aide qui, dans l’esprit, pourrait être considérée comme un soin médical si on admet que la mort est le seul remède pour mettre fin aux souffrances. Précisons que Chantal Sébire, atteinte d’une maladie incurable, déformant le visage, occasionnant des souffrances physiques insupportables, sans compter les souffrances morales, celles de la malade et de son entourage. Mais la loi Léonetti n’a pas été votée dans cet esprit-là.
La question juridique posée aux juges sera éminemment délicate. Il ne suffit pas de dire comme J-M Bougereau que la loi Léonetti permet d’administrer des doses croissantes de médicaments jusqu’à ce que le patient plonge dans le coma puis la mort. C’est en pratique ce qui se passe chez un malade en phase terminale de cancer. Il reçoit des doses de morphine progressives, entre dans un état comateux, et meurt faute de s’alimenter, par effondrement du métabolisme. C’est là le point juridique fondamental fixé par la loi Léonetti (qu’on peut lire dans le texte). Cette loi qui reconnaît qu’en ce cas, ce n’est pas un défaut de soins (on pourrait penser à une perfusion alimentaire) mais la maladie qui entraîne la mort. Admettons que Chantal Sébire soit mise dans un état comateux. Si elle n’est pas mise sous perfusion alimentaire, l’équipe soignante peut être convoquée devant les tribunaux, ayant manqué au devoir de soins et provoqué la mort par défaut d’assistance. Cette discussion de détails paraît scabreuse, mais si elle a lieu, c’est parce que la loi n’est pas adaptée à ce genre de situations.
La proposition de Nicolas Sarkozy de dépêcher une équipe de professeurs pour une expertise n’est pas stupide sur le fond mais sur un autre fond, celui juridique, c’est une absurdité car chaque fois qu’une situation de ce type va se reproduire, faudra-t-il convoquer le Collège de France pour un avis circonstancié ? Un texte de loi approprié serait le bienvenu. Et qu’on ne dise pas que le gouvernement est pris de court. Il y a eu l’affaire Humbert. Cela fait des années que la question se pose et qu’elle ne veut pas être discutée par le législateur. Nos gouvernants ont-ils peur de ce sujet tabou ? Ont-il l’esprit si mal placé au point d’envisager que dans la plupart des cas, un texte accordant le droit à l’aide au décès serait détourné par des enfants indignes pressés de toucher l’héritage de la vieille ? Ce sont plutôt les politiciens qui sont indignes dans leurs réactions.
L’humanisme euthanasié, c’est ce lent processus par lequel l’esprit du politique se délite et se détourne des valeurs fondamentales, traquant par exemple les RMIstes en considérant qu’un pauvre doit vivre comme un pauvre, se déplacer en bus et pas dans un véhicule personnel. Et puis... chacun pourra allonger cette longue liste de l’antihumanisme de droite, jusqu’aux réactions de madame Boutin ayant admis que cette atteinte d’un mal incurable pouvait être aimée de sa famille et que c’était là la solution. On voit bien que l’Etat français ne reconnaît pas au citoyen une liberté fondamentale, celle de décider en son âme et conscience quelle est sa voie, y compris de mourir quand la mort devient un acte thérapeutique. Indignes les réactions d’esquive de Fillon et Dati face à une urgence à réfléchir et légiférer. Liberté, ce mot colle de près avec l’humanisme. Un héritier de Foucault verrait dans ce qui se passe un abus du biopouvoir, avec un Etat interdisant au citoyen de prendre en charge une décision, celle de mourir en bénéficiant d’une aide, s’arrogeant alors le droit de suppléer à cet acte de conscience. La mort fait partie de la vie, comme la naissance. Les progrès de la science doivent servir toutes les étapes de l’existence, de la naissance à la fin de vie. En refusant ce débat, le gouvernement envoie un message fort à ceux qui souffrent et veulent en finir. Suicidez-vous ! Quant à madame Boutin, donneuse de leçon d’amour, je lui répondrai que quand on aime une personne qu’on voit souffrir intensément et qu’on sait être condamnée à court terme, si on l’aime, on ne peut que lui souhaiter de partir le plus rapidement pour de grandes vacances dans l’éternité.
En dernier ressort, on s’aperçoit que la mort reste encore une question qui, pour diverses raisons, ne parvient pas à être abordée avec toute l’intelligence d’une sagesse philosophique et humaniste.
165 réactions
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lerma
14 mars 2008 11:38
Oui,Mr DUGUE ,mon ouverture d’esprit me permet de voter pour des articles intelligents et faire abstraction d’idéologie politique comme d’autres qui censurent des articles
Je suis fière d’avoir voté pour une majorité des articles ici et d’avoir écarté ainsi des articles antisémites,révisionnistes ,anti-américain primaire et anti sarkozy primaire
Le débat d’idée doit etre un échange afin de lancer des débats et d’apporter des idées nouvelles
Cet article pose de vrais questions de société
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nick
14 mars 2008 11:55
1. tu n’as absolument aucune ouverture d’esprit ;
2."comme d’autres qui censurent des articles"...j’imagine que tu fais références aux tiens...saches qu’à mon humble avis, tes articles ne sont pas publiés uniquement parce qu’ils sont à chier...
scuse la vulgarité...
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mariner valley
14 mars 2008 12:14
Je suis souvent en desaccord avec lerma, qques fois je la soutiens. En l’occurence ici je soutiens.
Faut dire que tes arguments "nick" sont d’une persuasion fulgurante.
scuse de l’ironie.
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mariner valley
14 mars 2008 12:21
Cette dame ne demande pas à mourir, elle demande à ce que la société ritualise sa mise à mort (elle le disait ce matin à la radio : "oui, je veux faire la fête").
Je copie Dugue pas mieux
Moi j’ai une autre interprétation, cette dame veut exorciser sa mort et c’est indécent de lui prêter d’autres intention
Si nous ritualisons la mise à mort, nous laisserons quantité de personnes revendiquer la leur.
Chacun est libre de faire se qu’il veut de sa vie.
Pour moi, ça s’apparente aux sacrifices humains, qui étaient librement consentis dans de nombreuses sociétés païennes, dans une sorte d’exaltation de la mort et de sa violence : pas toujours imposés bien au contraire, choisis !
Des examples precis SVP.
Les païens tuent et sont tués dans leur aveuglement collectif, et ça ne leur donne sûrement pas une meilleure santé !
Les religieux de tout bords ont fait, fait et feront la meme chose.
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nick
14 mars 2008 12:45
ce ne sont pas des arguments, simplement mon opinion...je commence à le connaitre le Lerma, depuis le temps qu’il raconte des conneries...
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haddock 14 mars 2008 18:16Si cette femme demande effectivement et officiellement que l’ on mette fin à ses jours d’ une manière légale et si elle signe en bas de la page , et au vu de son état , il est inhumain de ne pas acceder à sa demande .
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Yohan
14 mars 2008 19:23
@ Mon pauvre Lerma, vas prendre tes comprimés.
Tu fais exactement ce que tu dénonces en permanence. Tu votes en fonction de tes convictions et pas en fonction de la qualité d’un article, éventuellement susceptible d’être proposé à la contradiction. De plus, tu en rajoutes dans la suffisance en écrivant des choses comme "en tant que modérateur, j’ai voté pour...." Donc tu es un censeur, doublé d’un sectaire, et triplé d’un âne bâté
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Bernard Dugué
14 mars 2008 20:20
La déclaration de vote de Lerma est cousu de fil blanc, je suis étonné que personne n’ai vu les grosses ficelles du mal aimé d’Avox, et qui ne doit son statut qu’à ses commentaires. C’est amusant, ça distrait de ce problème plus grave du droit à décider de sa fin de vie
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Pierre JC Allard
15 mars 2008 03:39
Le premier qui dit : "je m"en doutais " n’a plus aucun avenir politique...
PJCA
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Zenobia
16 mars 2008 12:49
Lerma est une femme ?... je me posais la même question... Ou bien sont-ce plusieurs personnes réunises sous un même pseudo-troll... Telle la déesse indoue aux multiples bras ????
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Fanfan1204
14 mars 2008 11:45
2ème scoop de la journée concernant Lerma. Outre que maintenant nul n’ignore sur AV que lerma est
devenu modérateur, on apprends que lerma est une nana (je suis fièrE...).
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Trashon
14 mars 2008 13:12
Je m’en doutais déja hier, et en voici la preuve.
En fait Lerma n’est plus en Argentine mais au Bresil ou il vient de recevoir une légère opération de chirurgie esthétique dont voici le résultat :
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SciFi
14 mars 2008 16:22
Vu le niveau d’orthographe habituel de lerma, il me paraît scabreux de se baser sur son commentaire pour déterminer son sexe.
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SciFi
14 mars 2008 16:48
Bernard Dugué,
Votre article met bien en évidence le fait que l’on n’a pas traité en France le problème de la mort volontaire, lorsque la seule "vie" possible est une longue souffrance sans possibilité de rémission ni soulagement, jusqu’à ce que mort s’en suive.
En laissant la personne souffrante en l’état, on peut considérer que la société approuve sa torture de tous les instants. Bien sûr, étant donné que personne n’est directement à l’origine de la souffrance, il n’y a pas de responsable. Et pourtant, n’est-ce pas condamnable ?
Il s’agit évidemment d’une hypocrisie, que vous décrivez bien au travers de l’expression "humanisme euthanasié".
Mais votre article oublie un point : celui de l’éthique médicale. Même à ce niveau, le problème est éludé.
En effet, le serment d’Hippocrate dit "[...]Je respecterai toutes les personnes, leur autonomie et leur volonté [...] Je ferai tout pour soulager les souffrances. Je ne prolongerai pas abusivement les agonies. Je ne provoquerai jamais la mort délibérément.[...]".
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Bernard Dugué
14 mars 2008 21:08
Le fond du problème est législatif autant que sa solution
J’aurais aimé mettre la photo de Badinter, un homme des plus respectables mais il se trouve qu’il n’est pas Ministre de la Justice alors, j’ai mis la photo qui s’imposait de droit dans ce billet, j’en avais parfaitement le droit et en plus, la légitimité !
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Pierre JC Allard
15 mars 2008 03:49
@ l’auteur : Le problème est législatif... mais nous savons tous que la vraie bataille oppose une vision laique et humaniste du monde aux vieux tabous religieux qui n’en finissent plus se nous hanter. Chaque cas pathétique comme celui de cette femme me rappelle qu’on n’a pas fini d’ écraser l’infâme.
Pierre JC Allard
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brieli67
16 mars 2008 07:40
faut que ça coûte moins à la soit-dite solidarité entre riches et pauvres - il y a des mouroirs de luxe et entre jeunes et vieux !
Les suicides des petits-vieux et petites vieilles sont toujours réussis. Ce ne sont pas des TDS des tentatives de suicides.
Ce n’est surtout pas législatif.
Des "passeurs" il y en a toujours eu. lES DRUIDES LES SORCIERS LES ECHANSONS DU ROI .....
Les sacristains les curés....
La santé et la mort n’est que depuis le siècle des lumières entre les mains de la profession médicale.
Encore un concept féodal que fait on des perdants : droit de cuissage ou esclavage ou mise à mort. :éburner :émasculer atrophier.
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Fanfan1204
14 mars 2008 11:51
Bonjour Zen

et Madame Lerma regarde dans sa boule de cristal pour savoir si un billet est bon et mérie d’être publié,
même pas besoin d’aller dans l’espace modération

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Fanfan1204
14 mars 2008 12:00
Bernard, désolée d’avoir (un peu) trollé votre billet. Il est vrai que la question de choix de fin de vie pour les
malades incurables est une vraie question qui mériterait un vrai débat. Ne parlons pas des ministres qui
ont opiné du chef comme le chef.
Le refus de légiférer l’euthanasie est hypocrite et donne la responsabilité de la mort au malade (sucide)
ou à l’entourage médical (tout le monde sait que cela existe) ou familial (cas Humbert).
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fleur
14 mars 2008 12:01
Cette dame ne demande pas à mourir, elle demande à ce que la société ritualise sa mise à mort (elle le disait ce matin à la radio : "oui, je veux faire la fête").
Si nous ritualisons la mise à mort, nous laisserons quantité de personnes revendiquer la leur. Pour moi, ça s’apparente aux sacrifices humains, qui étaient librement consentis dans de nombreuses sociétés païennes, dans une sorte d’exaltation de la mort et de sa violence : pas toujours imposés bien au contraire, choisis !
Il n’y aurait pas mieux pour que faire en sorte que les gens qui ont une religion, refusent tout contact social avec des païens meurtriers. Les païens tuent et sont tués dans leur aveuglement collectif, et ça ne leur donne sûrement pas une meilleure santé !
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Bernard Dugué
14 mars 2008 12:05
Votre commentaire fleure bon la vieille morale catho, Christine Boutin, sors immédiatement du corps de fleur
Moi j’ai une autre interprétation, cette dame veut exorciser sa mort et c’est indécent de lui prêter d’autres intention.
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Linda
14 mars 2008 12:21
C’est sûr qu’on n’a jamais vu de bons chrétiens s’entre tuer ni même de prêtres bénir des canons. C’est à se demander pourquoi l’Europe à connu tant de guerres vu que tous nos dirigeants étaient de bons chrétiens.
J’adore les discours à géométrie variable des "croyants" de tout poils et leur belles oeillères qui leur permet de toujours s’estimer supérieur et de prétendre décider pour les autres.
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Loukastre
14 mars 2008 13:54
Cette dame souffre physiquement et moralement. De plus, elle ne se supporte plus et ne supporte plus d’infliger son apparence à ses proches. Elle souhaite en finir officiellement sans que quiconque ne soit inquiété. Pourquoi ne pas lui fournir cette possibilité ? Pourquoi ne pas lui fournir la "pilule miracle" qu’elle utilisera à l’heure de son choix ? L’esprit est suffisament complexe pour que, lorsque l’on a la "solution" en poche, on soit rasséréné et, de ce fait, on retarde le moment de l’utiliser. De toute façon, le jour où elle en aura vraiment marre, elle passera à l’acte final mais sans la sérénité d’avoir choisi en toute conscience cette sortie.
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Bernard Dugué
14 mars 2008 21:25
Oui, je parle d’exorcisme, dans un sens précis, essayez d’être un peu plus intelligent, les notions anthropologiques dérivent parfois des notions forgées par les théologiens, qui étaient fort savants à une époque
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Linda
14 mars 2008 12:09
N’oublions pas que Rachida Dati cherche à se faire élire maire dans l’arrondissement le plus catho de Paris et que depuis elle est assidue à la messe !
Contraception, IVG, peine de mort et maitenant euthanasie, la France a toujours un train de retard parce qu’elle trouve toujours moyen de donner le pouvoir à des culs bénis qui se prosternent devant un instrument de torture (heureusement que Jesus n’a pas été pendu, on verrait partout des noeuds coulants !) et ont une fascination morbide pour la souffrance.
Quand on pense que la même Rachida Dati n’a que le mot victime à la bouche, c’est à vomir.
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Bernard Dugué
14 mars 2008 12:19
Je crois plutôt que les juges vont se déclarer incompétents. Ils ont des textes pour juger les faits mais là, on leur demande par anticipation ce qu’ils vont juger d’un fait pas encore commis, vont-il mettre en examen un tel ? Il faut dire que depuis que Sarko a demandé aux juges comment contourner la décision de non rétroactivité prononcée par le Conseil Constitutionnel... on est en pleine confusion
Demain, une mère de famille qui peut pas nourrir ses gosses écrira au juge pour qu’il l’autorise à piquer de la viande dans les rayons des supers
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Cris Wilkinson
14 mars 2008 12:18
Le droit a l’euthanasie pose un problème aux politiques, car si on autorise une personne à abréger sa vie, pourquoi ne permettront pas au peuple français d’abrégé la vie d’une personne.
Nous somme en démocratie, le peuple est souverain, dans un tribunal, se trouve la représentation du peuple souverain pour les jurés, si cela décide de l’élimination d’un criminel, c’est la volonté du peuple souverain qui doit s’appliquer.
Alors si on autorise à une personne le droit d’éliminer un être humain, pourquoi le refuse-t’on au peuple souverain.
Il y a autant de pitié à donner à la famille d’une personne en fin de vie, qu’aux familles de victimes d’assassins en série ou de meurtriers d’enfants.
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ronchonaire 14 mars 2008 12:18Le "niet" de Fillon et Dati est à rapprocher de la loi sur la rétention de sûreté : d’un côté, on se place soi-disant du côté des victimes et on cherche à créer une illusion de risque zéro ; de l’autre, on refuse à une VICTIME d’un mal incurable le droit de rester digne en arguant notamment que le risque zéro en matière sanitaire n’existe pas. Si quelqu’un trouve une quelconque logique là-dedans, je suis preneur.
Drôle de pays où on laisse des personnes en prison pour des crimes qu’ils n’ont pas (encore) commis et où on refuse le droit de mourir dignement à d’autres personnes qui souffrent. Pour ceux qui en doutaient encore, l’humanisme n’est définitivement pas la qualité première de ce gouvernement, et notamment de la fashion victim qui lui sert de garde des sceaux.
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5A3N5D
14 mars 2008 14:32
@ Ronchonnaire,
"Drôle de pays où on laisse des personnes en prison pour des crimes qu’ils n’ont pas (encore) commis et où on refuse le droit de mourir dignement à d’autres personnes qui souffrent. Pour ceux qui en doutaient encore, l’humanisme n’est définitivement pas la qualité première de ce gouvernement, et notamment de la fashion victim qui lui sert de garde des sceaux. "
A y bien réfléchir, les deux démarches participent du même principe suprême, celui du pouvoir rédempteur de la souffrance. Nous nageons en pleine religiosité. Pour moi, ces contradictions apparentes n’en sont pas. Le religieux doit revenir en force, et les lois sur la bioéthique sont bien pratiques comme ouvre-boîtes. Hier le débat sur le début de la vie, le foetus, aujourd’hui celui de la fin de vie.
Là où il y a une véritable contradiction, à mon avis, c’est que 80% des français sont, dans certains cas, pour la peine de mort mais contre l’euthanasie.
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lerma
14 mars 2008 12:38
Oui LERMA est bien un homme
Oui Silvia est bien la jolie blonde sur l’Argentine
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Harald
14 mars 2008 12:49
Sur la page d’accueil en lettrage Disney :
« Partir, Voyager, Découvir un pays »
Vous êtes pitoyable.

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Yohan
14 mars 2008 21:43
De notre envoyé spécial de Galavox !.
Lerma va t-il franchir le pas avec Sylvia ?. Qui mettra fin à cette insoutenable attente ?. Réponse en page 5 de votre magazine préféré.
En page 4 : "Non je ne suis pas une femme !" déclare Lerma.
En page 6 : Découvrez l’Argentine avec Sylvia. Ses ruisseaux tranquilles, ses cascades chuintantes
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ZEN
14 mars 2008 12:54
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claude
15 mars 2008 01:29
cher zen,
marci pour le lien : je suis écoeurée....
mme boutin est une erreur de la nature !
on n’aurait jamais du la laisser vivre celle-là !....
je ne lui souhaite pas de connaître de sort de marie humbert ou des enfants de Chantal Sébire...
tout le monde n’aspire pas au saint martyre ouvant les portes du paradis....
petite question : il n’y a pas de saison pour chasser "la boutin" ? si oui, comme elle a le cuir bien tanné par les années de mortification, il vaut mieux utiliser des cartouches pour le gros gibier... non ?
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Loukastre
15 mars 2008 12:19
La Boutin tient des propos inconsidérés... N’aurait-elle pas une tumeur évolutive qui l’empêche d’être simplement HUMAINE ???? Comprendre la souffrance des autres lui semble étranger... S’il lui reste quelque possibilité en ce sens, qu’elle essaie de réfléchir avant de sortir ce genre de commentaire..........
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lerma
14 mars 2008 13:32
La liberté de mourir quand on le décide est un droit qui n’existe pas à ce jour et nous n’avons pas à nous cacher pour exprimer des idées sur un sujet qui nous concerne tous un jour
Dans de nombreux hopitaux du personnel hospitaliers vont un choix d’accompagner une personne.
Le cas de cette personne est celui de pouvoir bénéficier des capacités de la science à résoudre ce mal qui l’a détruit et non de lui laisser le seul choix de sa mort
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Ornithorynque
14 mars 2008 13:44
Un étonnant plan media...
1 - Personne ne se pose de question sur l’ampleur et la perfection du plan media organisé autour de cette pauvre femme.
Il s’agit d’un plan de RP extrêmement bien ficelé, par une organisation possédant de très gros moyent (Association pour le droit à mourir dans la dignité n’haiste pas à faire paraitre des pages de publicité dans la presse quotidienne...)
2 - Tout le monde reconnait qu’il est extrêmement dangereux de faire une loi "à chaud", et sur le coup de l’emotion, or le travail de manipulation de la population sur ce sujet est constant, et sysstématiquement fondé sur des cas appellant l’émotion.
3 - D’où les sondages : à une femme dans une telle situation de détresse, qui pourrait refuser quoi que ce soit ?
4 - Des moyens, des leviers media, une puissance continue et insistante... tout celà demande des moyens considérables, et des relais. Je me pose la question de savoir à qui pourrait profiter une loi sur l’Euthanasie.
Les assurances, systèmes de retraites ou de fianncement de la santé ?
Je ne sais pas. Ce que je sais c’est que le cas Humbert a laissé entrevoir un travail d’enfermement et de manipulation extrêmement louche autour de Vincent et MArie Dominique. Le pauvre Kiné, et les soignants de Berck en sont encore ecoeurés.
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Bernard Dugué
14 mars 2008 13:56
Vos remarques n’ajoutent que de la confusion à cette question. Je n’attendais pas une loi à chaud mais un mot intelligent du Ministre laissant espérer qu’une étude de proposition de loi sera diligentée
Quant aux lois à chaud, le gouvernement n’hésite pas à en produire, quand il choisit les thèmes et après quelques faits divers ayant eu une résonance médiatique considérable.
De toute façon, ça fait des années que ça traîne, c’est aberrant d’en être encore là, l’affaire Humbert, ça date de 5 ou 6 ans et les gens iront en Suisse ou en Hollande se faire aider à mourir, comme en 1970, les femmes françaises allaient se faire avorter en Angleterre
Où sont les Simone Veil dont notre époque a besoin ?
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Ornithorynque
14 mars 2008 15:25
Pour ce qui est d’une loi veil de l’eutanasie...Je ne sais pas si j’ai envie qu’il y aie 200 000 euthanasies par an d’ici 3 ans, j’aurait trop peur d’en faire partie...
Et enfin, je ne vois pas le rapport entre "retard" et décision de ne pas valider un concept avec lequel on n’est pas d’accord. Tout ce qui n’est pas encore fait n’est pas un progrès.
Comme vous l’avez compris, je ne suis pas trop favorable à une loi autorisant l’euthanasie. Mais je n’ai pas les même moyens que mes adversaires... Je veux bien vous passer boutin, parce que comme prote parole.... merci bien !
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mariner valley
14 mars 2008 17:02
@Ornythorinque
Pourquoi devriez vous en faire partie des euthanasies vu que c’est un choix et non une contrainte
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Ornithorynque
14 mars 2008 19:20
C’est encore un choix...
Maisn comme pour l’avortement, il y a un moment où les pressions de l’entourage sont tellement fortes, que... comment dirai-je... le choix s’impose.
Et c’est là qu’est le danger.
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Ornithorynque
14 mars 2008 19:31
Au fond, au delà de l’appel à l’aide d’une personne qui souffre atrocement, que supportonns nous le moins ?
N’est-ce pas finalement le spectacle de la souffrance, de la mort ? et notre incapacité à y répondre, à y remédier ?
En proposant l’euthanasie, sommes nous surs de chercher le bien être de celui qui souffre ?
Ou plutot de chercher à faire cesser le spectacle d’une souffrance à laquelle nous ne trouvons pas de réponse ?
Parce que, ayant repoussé la question de la mort totalement à l’écart (on meurt à l’hopital entouré de tuyaux et d’infirmières dévouées...plutôt que chez soi, entouré d’amis et de parents), il reste cette question insupportable de la souffrance.
Notre société préfère éliminer les questions lorsque l’absence de réponse nous renvoie à notre mystère.
Et faire face à notre mystère peut être insupportable pour une société qui croit avoir tout expliqué...
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Bernard Dugué
14 mars 2008 20:05
Les pressions de l’entourage dites-vous... oui, mais dans le cas du mariage, il peut y avoir aussi des pressions. Certes, la mort est plus délicate mais que préférez vous, que l’Etat se substitue au cas d’un patient et d’un entourage et décide que la question est réglée. C’est ma foi le lot de tous les système totalitaires, comme le fut hélas l’Eglise catholique à une époque, et puis, relisez Herman Broch, ce qu’il dit sur la fonction du mythe, comme ouverture de la conscience face aux problèmes que le pseudo-mythe du nazisme voulait prendre en charge, tout prendre en charge,
Osons la liberté, quitte à quelques abus, un homme libre apprend, un homme encadré par la loi est privé de réflexion, de décision, il devient un âne
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Philou017
14 mars 2008 21:22
Tout à fait. Je vois dans le refus de l’état d’aborder la question une réticence à voir les gens prendre en main leur destin sur ce plan. Pourtant, l’opinion publique me semble mure.
Ceci dit, c’est aussi aux citoyens de prendre en charge le probleme et de faire pression sur les élus. Les politiques sont réticents à aborder ce sujet, car il n’est pas tres porteur et amenera des problemes avec les intégristes religieux, et même avec les instances religieuses traditionnelles comme l’Eglise catholique.
Courage fuyons.
C’est typiquement le probleme qui pourrait être pris en charge par un référendum populaire comme en Suisse. Hélas, notre démocratie n’en est pas là. Bientôt , ça risque d’etre Bruxelles qui décidera de ce genre de chose.
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Serge
14 mars 2008 14:03
Malheureusement la France reste « la fille aînée de l’église ». Par son intransigeance et sa froideur, l’état démontre que certains citoyens sont plus égaux que d’autres : les catholiques.
Je crois qu’il ne faut pas se laisser faire par ces sectaires et organiser notre mort avec les associations, qui du reste font un travail formidable pour faire évoluer ce pays d’attardés intégristes (ah ils peuvent rire de l’Islam les bons franchouillards cathos, pathétique !)
Cette femme a raison de réclamer : on a fait la révolution, ce n’est pas pour que l’état devienne moins libéral que Louis XIV et transpose les idéaux catholiques masochistes dans des lois absconses.
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Ornithorynque
14 mars 2008 15:27
Cher serge,
votre ton et votre ouverture d’esprit, mélée à un grand sens de la nuance et du dialogue font palisir à lire !!
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Trash Titi
14 mars 2008 15:42
La fin de non recevoir de Boutin est à hurler. Qu’elle ait le courage d’aller dire en face à Chantal Sébire (courageuse elle) ce qu’elle pense !
Il est urgent de traiter ce problème, certes complexe, qui revient régulièrement à la une. D’autres pays l’ont fait (Suisse, Hollande, à ma connaissance). Va t’on une nouvelle fois rester en arrière, scotché par notre incapacité et surtout notre manque de courage à aborder les questions difficiles ?
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Yohan
14 mars 2008 19:33
Si vous voulez savoir qui va faire les frais du prochain remaniement, vous le saurez en visionnant cette video
vue sur le dernier billet de MOmO : http://www.dailymotion.com/video/x1c5tv_sarkozy-contre-bush
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La Taverne des Poètes
14 mars 2008 17:01
"L’exemple de cette dame, atteinte d’un mal incurable" : j’ai cru un moment que vous parliez de Rachida Dati pour moquer son état d’esprit. Pardon, mea culpa ! Rachida Dati s’est prononcée en tant que garde des sceaux, de gardienne du Droit mais quelle serait sa position en tant que personne humaine face à une situation concrète qui conernerait un de ses proches ?
La liberté consiste à faire tout ce qui ne nuit pas à autrui, dit la Déclaration des Droits. Donc théoriquement, l’euthanasie est autorisable. Mais en généralisant officiellement une solution individuelle, particulière, il y a des risques de préjudices futurs à d’autres personnes qui dans l’avenir pourrait être euthanasiées par tout-à-fait sur décision de leur consentement éclairé. En fait, c’est une question éminemment délicate sur le plan juridique et politique.
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impots-utiles.com
14 mars 2008 17:13
je suis entièrement d’accord avec ornithorinque
beaucoup de gens ont trop tendance a croire que comme quelque chose n’a pas encore été fait, alors il faut le faire sous peine d’etre traité d’arriéré ou de conservateur .... et bien si vous élévez vos enfants de cette manière, bon courage...
y en a quelques uns qui ont du sauter leurs cours de philosophie à l’école...
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impots-utiles.com
14 mars 2008 17:18
le seul argument qui revient toujours dans la bouche des partisants de l’euthanasie est que "on a le droit de mourrir dignement"
il semblerait que la dignité soit un thème avec differents angles de vue ......
en ce qui me concerne , la dignité c’est d’attendre son heure comme tout le monde ... merci de ne pas me sortir les rengaines sur la douleur, on a tous accompagné des proches pdt leur maladie avant qu’ils partent, parfois c’est vrai que ça dure longtemps... mais pour moi ils sont partis avec dignité en attendant courageusement que la vie suive son cours, sans ceder à la facilité et au suicide ...
personnellement j’ai du mal a voir ou se trouve la dignité quand on choisit de piquer ses proches comme un vulgaire animal
libre à chacun d’avoir son opinion, mais je suis un fervent défenseur d’une certaine déontologie... on a vu pas mal de dérives à ce sujet , en suisse notamment
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SciFi
14 mars 2008 17:32
@Impot-utiles
"personnellement j’ai du mal a voir ou se trouve la dignité quand on choisit de piquer ses proches comme un vulgaire animal". Vous êtes totalement dans l’erreur. Il ne s’agit pas pour des proches de se libérer d’une personne qui souffre, mais d’avoir la possibilité pour une personne qui souffre de mettre un terme volontairement à ses souffrances.
"On a vu pas mal de dérives à ce sujet...". Comme chaque fois que l’on fait un choix ou que l’on prend une décision et c’est bien là le point délicat d’une législation.
C’est un appel au conservatisme (sans connotation politique) le plus profond que vous faites là. Cela revient à faire l’autruche plutôt que de prendre une responsabilité quelconque.
@Bernard Dugué. J’ai fait un commetaire sur votre article, qui s’est malheureusement accroché plus haut.
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impots-utiles.com
14 mars 2008 17:37
"personnellement j’ai du mal a voir ou se trouve la dignité quand on choisit de piquer ses proches comme un vulgaire animal". Vous êtes totalement dans l’erreur. Il ne s’agit pas pour des proches de se libérer d’une personne qui souffre, mais d’avoir la possibilité pour une personne qui souffre de mettre un terme volontairement à ses souffrances.
je n’ai jamais dis le contraire... seulement entre le choix du suicide et de la mort ... de quel coté se trouve pour vous la dignité ?
quant à votre remarque sur mon "conservatisme" , je vous laisse libre de relire mon précédent post ...
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SciFi
14 mars 2008 18:12
"Je n’ai jamais dit le contraire" : j’ai pourtant repris votre propos à la lettre.
Au sujet du conservatisme, j’ai relu votre post précédent : le problème ne consiste pas à faire quelque chose à tout prix, mais de traiter un sujet que l’on a éludé. Tout ce que vous proposez, c’est de laisser faire. Si une personne est atteinte d’une maladie non léthale qui est une torture de chaque instant, et qui a une espérance de vie normale, ce que vous proposez consiste à laisser souffrir des années durant ? Génial !
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mariner valley
14 mars 2008 17:32
On voit bien que vous (ni moi d’ailleurs) ni avait jamis ete confronte a cette douleur.
sans ceder à la facilité
Ca doit etre super facile de demander a mourrir plutot que de souffrir atrocement. C’est un choix (pas si facile que ca) fait par le patient souvent en accord avec l’entourage.
Tout depend ensuite de la definition du mot "vivre"> En se qui me concerne si je devais rester brancher a une machine qui me fait respirer, une maladie incurable douleureuse qui me detruit petit a petit. Je prefere avoir le choix de rester en vie ou de mourrir. Mais au moins avoir le choix
On n’est pas ici pour dire c’est bien ou pas bien mais pour savoir s’il faut donner un droit juridique aux personnes qui le demandent dans des conditions bien particulieres.
Apres tout n’est qu’une question de point de vue
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Icks PEY
14 mars 2008 17:36
Cette pauvre femme est malheureusement manipulée par des associations, ADMD en tête, dont l’unique objet est de susciter l’émotion pour faire passer leurs idées.
Honnêtement, si elle veut en finir, elle peut le faire : elle s’achète de l’héroïne, elle se fait une overdose et on n’en parle plus : elle partira dans un nuage de fleurs. Voir le film « les invations barbares » pour des détails sur le mode opératoire.
Non, elle veut faire de son cas, un cas d’école et c’est cela qui est regrettable : elle s’érige en force de loi et c’est cela qui est insupportable.
Après, sur le thème même de l’euthanasie, quoi dire qui n’a pas été déjà dit ?
Je dis juste mon intime conviction : on utilise la mort à des fins strictement personnelles et bien égoïstes. Une grossesse non attendue et inopportune : on avorte. Quoi de plus simple ? Un handicap qui se révèle en fin de grossesse : on avorte aussi. Un vieillard qui n’en finit pas de mourir : qu’il se suicide ! Et s’il ne peut pas y arriver, on va un peu l’aider.
Les hommes sont accorchés à leur petite vie comme des moules à leur rocher et bien peu supportent qu’un imprévu remettent en cause leurs vacances au club med ou leur trois semaines de camping pour voir tourner le Tour de France. Il suffit de penser à tous ces morts de la canicule que personne ne venait chercher pour songer à l’incroyable égoïste des français.
Alors bien sûr, sacrifier ses congés pour s’ocuper d’un parent malade, sacrifier ses parties de tennis pour aller visiter un parent handicapé, renoncer à une mutation professionnelle pour rester auprès de sa mère qui devient dépendante ... bien sûr ... cela ne se fait pas ... les gens qui nous encombrent, on les mets dans des centres, des maisons de retraite à lacampagne ... ils seront bien, là-bas ... loin de nous ... à moins que ce ne soit qui soyons mieux loin d’eux, non ?
Le cas de cette femme est la caractéristique d’une société où on n’accepte plus la fatalité dès lors que cela vient contrarier nos petites vies mesquines : alors, les gens qui nous gênent, ben finalement, ce ne serait pas plus mal qu’ils meurent.
La question de l’euthanasie, en fait, c’est la question du bonheur de l’euthansié ou la question du bonheur de son entourage ?
Icks PEY
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mariner valley
14 mars 2008 17:54
Le suicide est un cas particulier qui pour moi est different de l’euthanasie. c’est deux chose differentes.
Pour le suicide je trouve aussi que c’est un acte egoiste. Mais l’euthanasie est une methode pour eviter de souffrir atrocement durant des mois alors qu’il n’y a aucun traitement efficace qui peut vous sauver.
Effectivement elle fait parler d’elle alors qu’elle pourrait effectivement prendre un shoot a l’heroine et puis terminer.
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SciFi
14 mars 2008 18:23
Icks Pey,
"La question de l’euthanasie, en fait, c’est la question du bonheur de l’euthanasié ou la question du bonheur de son entourage ?". La seule question de l’euthanasie est de mettre fin à ses propres souffrances, sur la seule décision de la personne qui souffre. La seule question est de soulager une souffrance que la médecine n’est pas capable d’enrayer.
Ce n’est certainement pas une question de bonheur (quelle idée !) ou une assistance au suicide parce que la vie est triste. Ce n’est pas non plus une décision des proches.
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Bernard Dugué
14 mars 2008 18:46
Monsieur Icks, tout n’est que supputation et procès d’intention dans vos propos. Vous jugez la légitimité, en moraliste, avec une morale qui vous est personnelle, bricolée du reste, et d’autres ont des options morales différentes. Votre plaidoirie me donne raison en fait. Je défends la possibilité d’une légalité, indépendamment de toute moralité. Le droit inaliénable à posséder sa mort si on le désire, les hommes naissent et meurent libres et égaux en droit ! Mon camp est celui des Lumières, le votre, je ne sais pas ,mais au vu de la confusion de vos remarques, je dirais, le brouillard. L’Etat doit garantir la liberté, jusqu’à celle de décider de sa mort et d’avoir le choix pour trouver une assistance professionnelle, moyennant une loi qui sait protéger les abus. Je crois qu’il y en a assez de ceux qui s’opposent aux changements en prétextant des abus. Il y en a partout des abus, le RMI, le politique, etc. on ne va pas supprimer les Rmistes ni les élus à cause de quelques abus. Alors, à chacun de choisir son camp. J’ai opté pour les Lumières et la Liberté !
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Icks PEY
14 mars 2008 19:32
@ Dugué
C’est charmant d’échanger avec vous. Libre à vous de vous draper de Lumières et de Liberté, il n’en est pas moins que votre suicide assisté, ainsi que tout administration non naturelle de la mort, est un acte contraire à l’humanité.
Le fait de montrer cette femme à la télévision comme on exibe un animal de cirque est pitoyable et est un mauvais remake du film Elephantman mais en sens inverse. Car la leçon d’elephantman est lumineuse : l’amour est au dessus de tout, au dessus des peines, au dessus des souffrances, au dessus de la honte ... Aussi hideuse soit l’apparence de cette femme, aussi inéluctable soit sa mort, elle reste un être humain à aimer et à protéger, non à détruire. La souffrance morale et psychologique est d’abord du à un déficit d’amour et pas à autre chose.
Reste le problème de la souffrance physique : la médecine doit se mettre au service de la maitrise de sa douleur, c’est clair et incontestable.
Icks PEY
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Icks PEY
14 mars 2008 19:37
@ SciFi
Je ne suis pas d’accord avec vous et je reste convaincu que notre réceptivité au thème de l’euthanasie est souvent - pas toujours certes, mais souvent - une solution apportée à la douleur ressenti par l’entourage qu’à la douleur de la personne concernée.
D’ailleurs toutes les personnes âgées vous le diront, ce n’est pas tant leur situation qui les amène à vouloir se suicider mais le sentiment d’être une charge et un fardeau pour leur entourage.
Icks PEY
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Bernard Dugué
14 mars 2008 19:50
Monsieur Icks, en affirmant que sa souffrance résulte d’un manque d’amour, vous vous comportez en prête ecclésiaste et profanateur de la liberté humaine et du droit à avoir sa propre conscience. Vous êtes un prélat d’un autre âge mais au moins, votre témoignage archaïque est porteur de vérité. Une étincelle de vérité de la Révolution française transparaît en filigrane dans vos propos. C’est ma foi fort intéressant
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Philou017
15 mars 2008 00:16
Icks Pey
"Je ne suis pas d’accord avec vous et je reste convaincu que notre réceptivité au thème de l’euthanasie est souvent - pas toujours certes, mais souvent - une solution apportée à la douleur ressenti par l’entourage qu’à la douleur de la personne concernée.
D’ailleurs toutes les personnes âgées vous le diront, ce n’est pas tant leur situation qui les amène à vouloir se suicider mais le sentiment d’être une charge et un fardeau pour leur entourage."
C’est une remarquable tentaive pour détourner le probleme. Si je suis assez d’accord sur le cas de cette femme, votre diatribe sur l’amour manque de sens. une personne a le droit de disposer de sa vie. L’amour ne saurait faire accepter une existence sans intérêt, sauf à sacraliser la vie béatement. La vie n’a de valeur que celle qu’on lui donne.
Quand à votre argument sur l’entourage il est scandaleux. Vous ne connaissez certainement pas tous les cas. J’en ai connu qui correspondaient à l’inverse. D’ailleurs, je ne vois pas où est le probleme de penser à l’entourage. Pourquoi un entourage devrait supportet de soigner un cas désespéré sans espoir de rémission. La médecine procure la possibilité d’entretenir artificiellement la vie de quelqu’un qui ne suvivrait pas sans cela. Dans les cas désespérés, le probleme de l’euthanasie doit se poser.
Aimer quelqu’un, c’est aussi accepter de ne plus l’avoir aupres de soi si c’est le désir de la personne.
Le refus de l’euthanasie s"apparente trop souvent à la peur de la mort. Refuser ce choix, c’est aussi refuser d’assumer de le regarder en face.
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claude
15 mars 2008 01:12
@ Icks PEY
vous ne savez pas de quoi vous parlez.
personne ne désire voir mourrir une personne aimée.
les délires de mme boutin n’engagent qu’elle, car elle vit dans son monde de principes religieux où la douleur, tant physique que morale est sublimée.
mais dans la vraie vie, cela ne se passe pas comme ça.
la personne malade se sent envahie par la douleur, un peu plus chaque jour. la médecine a fait beaucoup de progrès, mais certaines douleurs sont toujours rebelles à la morphine dernière génération. la douleur vous envahit l’esprit, celui-ci se remplit de gris et à chaque battement du coeur, vous entendez "mal... mal.... mal"...
aucune position antalgique, aucun répit, et ce tambourinement incessant, lancinant dans l’organisme, "mal ... mal..mal..."
tout n’est que fatigue, le moindre geste la moindre parole... on veut que tout cela cesse ... le repos... la sérénité... le silennnnnnnnnnnceeeeeeeeeeee...
et puis, le corps qui lâche petit à petit, les gestes les plus simples deviennent de plus en plus ardus, puis impossibles à réaliser. vous pleurez alors de rage et de désespoir de vous voir ainsi vous déliter... vous commencez à avoir horreur de vous quand les fonctions les plus intimes ne peuvent se faire sans une aide extérieure.
et nous les proches, nous la voyons souffrir, lutter pour rester la personne que vous étiez... et c’est la même aiguille qui transperce notre coeur... c’est le même desespoir qui s’installe, augmenté par l’angoisse de la mort qui approche à grands pas..
on lutte, on tire, on pousse, on soutient...on invente des histoires de miracles qui n’existent qu’en rêve... on a envie de hurler sa peine, car on sait que l’achéance approche...
et puis arrive le moment où l’être aimé ne peut plus avancer ou reculer...plus rien ne peut l’aider à supporter ses souffrances...
que faire alors ?
précipiter son départ alors que nous tenons tant à la garder vivante ? faire passer notre besoin de sa présence physique avant son l’apaisement ? lui imposer de continuer à souffrir au nom d’une morale détenue par des gens qui ne sont pas concernés ?
ne pas respecter son besoin de continuer à conserver une image d’elle même, qu’elle veut digne ?
notre raison nous crie de la laisser partir alors que notre coeur se lamente de son départ et l’inverse....
et nous avons peur, peur du silence qui va s’installer, peur du moment où la respiration va devenir de plus en plus ténue pour ne plus être audible et enfin s’arrêter...
si quelqu’un que nous aimons demande à mourir dignement, il faut l’accepter, car c’est le plus grand acte d’amour que l’on puisse faire : on dépasse notre propre amour pour lui offrir une éternité sereine.
et cela se voit sur leur visage : il a retrouvé une peau lisse et détendue, apaisé, on penserait qu’il dort, parce que parfois, un léger sourire flotte sur leur lèvres...
alors mesdames et messieurs les donneurs de leçons, il ne s’agit pas de donner le feu vert à une mort programmée des grands malades, mais simplement de permettre, cas par cas, si c’est la volonté du malade et qu’il est sain d’esprit, de lui accorder l’immense soulagement de partir en paix.
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claude
15 mars 2008 01:21
j’ajouterais que mes pensées vont bien sûr à cette femme courageuse, qui j’en suis sûre devait beaucoup aimer la vie,
mais aussi à ses enfants et ses amis qui traversent une période éprouvante, qui les crucifie de douleur devant le choix de leur mère et amie...
je sais de quoi je parle.
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claude
15 mars 2008 14:11
bonjour fanfan,
mon commentaire ne plait pas à tout le monde...
et le vôtre non plus,

cette femme me boulverse, car en plus de sa maladie, elle est encore jeune et aurait encore plein de bonheur à vivre. cela doit être incroyablement difficile de prendre la décision d’abandonner la vie.
sans préjuger de ses sentiments, elle doit être profondément malheureuse de la douleur qu’elle va devoir infliger à ceux qu’elle aime et qui l’aiment.
cette attente est inhumaine, et pourtant quelque part, ce sont des petits morceaux de vie arrachés à la mort.
il est temps que la société et l’état prennent leurs responsabilité, et cessent d’être hypocrites, en facilitant le départ de ceux qui veulent mourrir dans la dignité, car en choisissant l’heure de sa mort, c’est encore rester maître de sa vie.
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Fanfan1204
15 mars 2008 14:21
Claude, je suis tellement d’accord avec vous. Avez vous lu le magnifique livre de Noelle Chatelet sur la fin
de vie de sa maman (fin de vie choisi). C’est un livre boulversant.
Je pense que cette femme mérite tout le respect car elle a dû passer par des phases bien difficiles, ainsi
que ses proches, pour arriver à l’acceptation de la mort comme meilleure solution.
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Fanfan1204
15 mars 2008 14:48
Claude, un autre livre magnifique, celui de Marie de Hennezel, "la mort intime" ou ceux qui vont mourir nous
apprennent à vivre. Le gendre de livre où arrivés à la fin on se sent différent, encore plus vivants, plus
humains.
Je vous le recommande.
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Icks PEY
15 mars 2008 15:47
@ Claude et indirectement à hihihi et Philou01
J’entends votre témoignage avec beaucoup de respect et de compassion. Néanmoins, permettez moi de vous dire que la situation que vous décrivez est déjà prise en compte par la loi Léonetti.
La loi en question permet tout à fait de lutter contre la douleur, même si ces moyens ont pour effet de réduire le temps de vie.
C’est ce qui a été proposé à cette femme : la mise sous coma artificiel pour qu’elle ne souffre plus et le décès aurait suivi. Cette procédure est possible et acceptée par la loi.
Cette femme est instrumentalisée et manipulée pour mettre en place des procédures de suicide assisté à des gens qui ne souffre pas dans leurs chairs mais qui ne supporte plus leur vie. Et vous conviendrez que c’est complètement différent. Et son cas est encore plus insupportable car elle donne l’impression de ne pas vouloir assumer son choix puisqu’elle ne souhaite pas se suicider elle-même. Elle voudrait qu’on la suicide, comme si cet événement lui était extérieur. Vous conviendrez que nous sommes loin de la situation que vous avez décrite.
Je vous rejoins donc totalement sur le thème de la douleur physique : voir un proche souffrir dans sa chair est insupportable.
En revanche, si on accepte l’idée que la douleur physique est écartée (c’est le cas de vincent imbert, par exemple, qui ne souffrait pas), reste le thème de la douleur phychologique.
Icks PEY
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Icks PEY
15 mars 2008 15:50
Et je me complète moi-même car j’ai oublié ma fin de phrase :
Reste la douleur psychologique et il serait contraire à l’éthique fondamentale que la société préconise l’administration de la mort en remède à une souffrance psychologique.
Icks PEY
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claude
15 mars 2008 16:34
merci fanfan,
je connais ces livres, mais je ne pourrais pas les lire.
même 10 ans après, le souvenir est trop douloureux : maman est décédée des suites de maladie de charcot, sclérose latérale amyoptrophique.
quand la maladie a commencé à gagner du terrain, nous avons longuement discuté, elle, nous et ses médecins, et promesse a été faite de la laisser partir le plus dignement possible.
et c’est là, la différence avec le suicide : si c’en était un, les malades le feraient à l’annonce de leur maladie ... mais même lorsque la maladie est mortelle à 100% , les malades se battent.
il faudrait vraiment que la loi soit revue et corrigée pour soulager au maximum les souffrances physiques et morales de ceux qui souhaitent partir à l’heure où ils l’auront décidé et en accord avec leurs proches.
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Fanfan1204
15 mars 2008 16:39
Claude, merci de ce témoignage encore une fois plein de dignité, de pudeur et d’amour pour votre maman.
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claude
15 mars 2008 17:05
@ ickx pey,
justement, c’est là où vous vous trompez, il n’y a pas que la douleur physique, tout aussi importante, sinon plus, il y a la douleur morale.
pour l’avoir vécu 2 fois dans ma vie, une fois en tant que partie prenante avec maman, la 2° en étant auprès d’un ami très proche, je peux vous dire que les malades ne veulent pas du coma assisté : ils veulent garder le contrôle sur leur vie, jusqu’au bout...
comment vous faire comprendre : ce N’EST PAS UN SUICIDE, mais une mort désirée comme étant la conclusion d’une vie que l’on terriblement aimée, et que l’on ne veut pas voir ternie par des moment insupportables pour le malade comme pour la famille.
l’euthanasie, veut dire "mort douce", "mort heureuse", elle est tout le contraire du suicide qui est un acte solitaire de désespoir.
quand le malade décide de partir, il est entouré par ses proches. il y a bien sûr cette crainte de l’ irréfutable, l’impossible retour en arrière, mais, au delà des larmes, on sait que celui qui s’en va a retrouvé la sérénité, la souffrance n’existe plus... alors vous, vous tenez la main, et vous essayez de masquer les larmes qui montent aux yeux, parce que le regard de l’être aimé est calme... la respiration régulière, sans à-coups... la main repose, confiante, chaude, au creux de la vôtre ... et vous vous accrochez à ces instants que vous voulez hors du temps...
vous avez envie de dire qu’il faut encore se battre, que vous l’aimez, que jamais malgré les dégradations du corps, il/elle ne sera laide, qu’on a tant besoin de sa présence...
et vous regardez ce pauvre corps brisé ... alors, enfin vaincu, vous acceptez de ne plus entendre sa respiration... ce qui est intrigant, c’est que c’est à ce moment là que le souflle se fait plus discret pour disparaître à jamais....
je vous assure, il n’y a aucune propagande, juste des situations vécues qui meurtrissent à vie : il n’y a rien de pire que la douleur morale d’une personne qui a été brisée par la maladie ou un accident. on n’a pas le droit de l’imposer aux gens que l’on aime, pour pouvoir les garder physiquement près de nous. nous, nous ne la voyons que quelques heures par jour, mais eux, la vivent 24/24...
on ne demande à mourir avec dignité, que lorsque l’on se sent prêt à partir et que l’on a tout mis en ordre. c’est une décision concertée, un acte d’amour mutuel...
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claude
15 mars 2008 17:27
merci fanfan,
10 ans après, je pleure encore, en écrivant. j’aimais beaucoup maman, j’ai eu de la chance dans ma vie d’avoir ce trésor : l’amour de ma famille, de mon compagnon et l’amitié de quelques uns.
je ne pouvais donc pas m’oppposer à son choix, quelque fussent mon désarrois et mon chagrin.
par mon témoignage, je cherchais simplement à faire comprendre ce qui est immatériel et subtil.
l’an dernier, le meilleur ami de mon compagnon, est décédé d’un cancer : sa démarche fut la même : choisir l’heure de sa mort, avant que son corps ne soit totalement dégradé. il est parti, entouré de sa femme, de ses plus proches amis et de ses parents.
dans les 2 cas, les médecins et le personnel hospitalier, ont été d’un grand secours et d’un dévouement discret. ce n’était pas facile pour eux non plus, d’accèder à la demande de leurs patients. c’est aussi pour ces personnes qui se dévouent, qui épaulent les familles, qui essuient les larmes des malades, qu’une avancée dans la législation serait la bienvenue. car eux aussi, vivent des moments traumatisants.
son visage s’était détendu et reposé : il avait ce même sourire discret sur le visage et semblait avoir 10 ans de moins. il était redevenu ainsi que je connaissais avant qu’il ne tombe malade.
on peut comprendre la levée de bouclier devant l’euthanasie, le mot et le geste ayant tellment été galvaudés, et salis.
on ne peut comprendre vraiment l’essence de la démarche, qu’en ayant vécu cette période. cela fait extrèmement mal de laisser partir ceux que l’on aime, mais cela n’a rien à voir avec la douleur de les voir se décomposer et souffrir corps et âme...
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SciFi
15 mars 2008 17:30
@Icks Pey
Je pense qu’il y a confusion. La seule et unique problématique est celle de douleurs avérées rendant la vie impossible pour laquelle la médecine est impuissante. Cela ne concerne donc qu’un petit nombre de cas.
Mais peut-être faut-il être passé par ce genre de douleur pour comprendre. Merci @Claude pour son témoignage. Je connais également, mais dans mon cas, il s’agissait de crises temporaires, d’une demi-heure à quelques heures par jour, tous les jours, mais pour lesquelles on a pu trouver une solution, la cause ayant été déterminée. Donc plus de problème.
Mais cela m’a donné à réfléchir. Les crises étaient incapacitantes aussi bien physiquement qu’intellectuellement. J’en ressortais à chaque fois vidé. Pendant les crises, chaque seconde s’étirait et il n’y avait rien d’autre que la douleur et l’impression que cela ne finirait jamais.
J’aime passionnément la vie. Mais pas dans ces conditions, en admettant que cela dure tout le temps sans possibilité de vivre normalement. C’est totalement insupportable.
Les proches ne peuvent pas et ne doivent pas être impliqués dans le circuit de décision. On peut penser à des dérives types gens intéressés, mais il y a également l’inverse : ma femme, par exemple, serait totalement incapable d’accepter que je puisse partir comme cela et refuse totalement d’en parler, bien que le problème soit résolu. Elle connait pourtant la souffrance que j’éprouvais, puisque cela se voyait sur mon visage, c’était impossible à masquer.
Etant donné qu’effectivement le nombre de cas est réduit, voire exceptionnel, peut-être faudrait-il envisager le problème sous un autre angle : plutôt que de créer une loi complexe à rédiger et dont l’existence pose un problème pour certains, on pourrait proposer une gestion par exception.
La proposition consisterait à créer un collège national qui examinerait les cas et aurait la possibilité de déroger à la règle générale. Ce collège pourrait être composé de médecins, afin de déterminer si l’on est bien dans le cas d’une impuissance de la médecine à soulager et non dans un cas de suicide assisté. Des psychologues pourraient chercher à s’assurer que le demandeur n’est influencé par personne, qu’il est apte à prendre la décision et qu’il n’est pas sous le coup d’une déprime temporaire. Enfin, la commission comprendrait également des juristes pour garantir qu’il n’y a pas d’abus juridique.
Les possibilités de dérive seraient ainsi vraiment limitées.
L’ensemble des commentaires que j’ai fait jusqu’à présent ne traitait que le problème général, pas le cas spécifique de Mme Sébire.
En ce qui la concerne, d’abord, il me semble que c’est elle qui s’est mise sous les projecteurs et non quelqu’un d’autre qui l’y aurait mise. Cela me parait d’ailleurs courageux étant donné son état et cela me parait tendancieux que de penser à une manipulation. Le coma qu’on lui propose, seule possibilité laissée par la loi n’est pas une solution en soi. Effectivement, on supprime implicitement la douleur, mais elle ne pourra pas être réveillée : elle mourra dans cet état. Cela aussi est une démission : on ne traite pas le problème de fond.
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Sébastien
14 mars 2008 18:37
En refusant ce débat, le gouvernement envoie un message fort à ceux qui souffrent et veulent en finir. Suicidez-vous !
Oui et alors ?
L’euthanasie devrait etre possible que pour ceux qui n’ont plus que quelques temps a vivre. Ceux qui connaissent a peu pres la date de leur mort et qui n’ont pas envie de moisir dans un lit d’hopital en souffrant et en faisant souffrir chaque jour leurs proches.
Cette dame n’est pas dans ce cas et ca me semble bizarre de solliciter l’aide de l’etat. Je comprends sa souffrance et je n’ose meme pas imaginer me trouver dans cette situation. Mais elle pourrait agir seule sans passer forcement a la tv.
Quant a la fin de votre article sur l’humanisme de droite, c’est delirant. Parce que la gauche aurait accepte ? Royal en personne serait venu lui administrer les derniers sacrements ? La gauche n’a pas le monopole du coeur...
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breizhnana 14 mars 2008 18:50Vous je sais pas, mais moi rien que l’air aimable de la Dati sur la photo, ça me donne des envies d’euthanasie...
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Fanfan1204
14 mars 2008 19:55
Had, nana bretonne, moi aussi je trouve qu’elle souffre et qu’on devrait faire qq chose pour abréger ses
souffrances

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haddock 14 mars 2008 20:04Fanfan ,
Je pense que beaucoup n’ ont pas la capacité de se mettre à la place de cette femme , je veux dire d’ une façon réelle , imaginer qu’ on a ce genre d’ aspect , de souffir comme elle doit souffrir , ensuite de subir le regard des autres en ayant un genre de pomme de terre à la place d’ un visage , ça doit être une terrible épreuve pour cette pauvre femme , de plus elle sait qu’ elle est condamnée .
Tergiverser veut dire allonger la souffrance de cette femme heure après heure , jour après jour , c ’est dégueulasse de ne pas accéder à sa demande .
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haddock 14 mars 2008 20:17Rachida , on dirait qu’ elle a une patate dans la bouche , elle la tient fermée , sinon elle tombe ( la patate )
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Fanfan1204
14 mars 2008 20:22
Had, arf ! sur la photo je la trouve toute maigre, elle a les joues creuses. Sur d’autres photos, quand elle
sourit, on dirait qu ’elle a plus que 32 dents. Elle a dû en bouffer qq uns pour être Ministre

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Kookaburra
14 mars 2008 19:19
Les initiatives en faveur de l’euthanasie se sont multipliées. Dans les faits, l’euthanasie peut recouvrir plusieurs formes :
- l’euthanasie active, c’est-à-dire l’administration délibérée de substances létales dans l’intention de provoquer la mort, à la demande du malade qui désire mourir, ou sans son consentement, sur décision d’un proche ou du corps médical ;
- l’aide au suicide, où le patient accomplit lui-même l’acte mortel, guidé par un tiers qui lui a auparavant fourni les renseignements et/ou les moyens nécessaires pour se donner la mort ;
- l’euthanasie indirecte, c’est-à-dire l’administration d’antalgiques dont la conséquence seconde et non recherchée est la mort ;
- l’euthanasie passive, c’est-à-dire le refus ou l’arrêt d’un traitement nécessaire au maintien de la vie.Lorsque des patients en phase terminale de maladie subissent des souffrances constantes et intolérables sans espoir de voir leur situation s’améliorer et qu’ils en font la demande de manière répétée, volontaire et mûrement réfléchie, certains médecins et d’autres membres du corps soignant sont prêts à mettre un terme à leur vie (« euthanasie active volontaire ») ou à les aider à mettre fin à leurs jours (« suicide assisté »). Les médecins peuvent aussi être amenés à décider d’interrompre un traitement de survie en sachant qu’ils provoquent ainsi le décès du patient (« euthanasie passive »). Ces pratiques médicales largement connues ont le plus souvent un caractère très discret, voire secret ; bien qu’illégales dans la plupart des Etats membres du Conseil de l’Europe, elles sont rarement sanctionnées. Je considère que c’est cette réalité qui comporte le plus haut risque d’entraîner des abus et qu’il faut combler l’écart entre la loi et la pratique si l’on veut maintenir le respect de la primauté du droit.
Ceci dit, dans le cas précis il n’est pas nécessaire d’ergoter sur une loi éventuelle. Dans ces cas extrêmes ne peut-on faire une exception ? Ne peut-on dire : Sans changer la loi, dans ce cas très exceptionnel on va accorder à cette pauvre femme une aide à mourir ? Dans un sens elle a tort de vouloir généraliser un droit à l’aide à mourir, mais dans un autre sens c’est bien noble de vouloir faire profiter d’autres de la possibilité d’une telle aide.
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Fanfan1204
14 mars 2008 19:39
Icks Pey, vous écrivez n’importe quoi ! "elle n’a qu’à s’acheter de l’héroine et elle mourra avec des petites
fleurs. ! ". Que savez-vous de ses convictions, c’est peut-être une catholique pratiquante ? elle souffre et sa
mort est inéluctable. Elle veut avoir le choix de choisir de partir dans la dignité. C’est pas compliqué.
Comme Bernard je pense qu’on ne doit pas légiférer "à chaud" mais depuis le temps qu’on en parle, le
débat aurait dû depuis longtemps être démocratiquement ébordé et même réglé.
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docdory
15 mars 2008 09:39
@ Fanfan 1204
Si elle ne se suicide pas parce qu’elle est catholique pratiquante , elle serait fort mal venue de demander à un médecin de la tuer , ce qui est contraire aux préceptes élémentaires d’une catholique pratiquante ( tu ne tueras point ... ) . Ca serait quand même un manque de cohérence intellectuelle : faire commettre à autrui un péché pour ne pas avoir à le commettre soi-même !!!!
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matilde, un point c’est tout.
14 mars 2008 21:36
Ce que je trouve dérangeant (entre autre) dans l’euthanasie, ce n’est pas uniquement la demande du malade en souffrance, c’est aussi le droit et la responsabilité morale de celui qui donnera le moyen d’arrêter la souffrance.
Il me semble que c’est un poids incommensurable que d’aider autrui à (lui donner les moyens de) mettre fin à ses jours ; est-ce qu’une loi sur l’euthanasie prendrait en compte cette dimension humaine ? Probablement. Mais de quelle façon ? Jusqu’à quel point ?
Comment entendre une demande d’euthanise ? Cette demande doit-elle être formulée plusieurs fois, à plusieurs interlocuteurs, et à des époques (en terme d’évolution de la maladie et de la souffrance) différentes, pour être "validée" ?
Comment y répondre ?
Qui doit ou peut, et de quelle façon, aider autrui à partir ?
Peut-on envisager des aides placébos et une aide effective (la balle à blanc du peloton d’éxécution) ?
Je ne sais pas.
Matilde.
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Bernard Dugué
14 mars 2008 21:49
Le mot euthanasie étymologiquement associe deux notion, le bien et la mort, il signifie abréger les souffrances quand la mort est proche. C’est toute une morale catho malsaine qui a galvaudé ce mot, avec la complicité du biopouvoir administratif et étatique. L’Etat et l’Eglise ont monopolisé le droit et la morale. Je ne lâcherai pas un pouce sur ce thème de l’euthanasie. C’est la liberté qui est en question. Et qui sur le thème de la mort, à ses droits et sa légimitités. Il n’est pas question de faciliter le suicide mais de libérer le choix d’une personne quand son issue fatale est proche. Lui refuser ce droit, c’est faire oeuvre de sadisme religiueux directement inspiré du dolorisme de l’Opus Dei. Ceux qui n’ont pas compris n’ont qu’à tout apprendre.
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docdory
15 mars 2008 09:56
@ Bernard Dugué
Etymologiquement , euthanasie signifie " bonne mort " . D’une certaine façon , les soins palliatifs , lorsqu’ils sont faits de façon consciencieuse et énergique assurent en général une fin de vie pas trop mauvaise aux patients . N’est-ce pas cela , la " bonne mort " ?
Ce que demande Chantal Sébire nécessiterait un néologisme : elle demande en fait une " tachythanasie " , c’est à dire une mort rapide . Est-ce du ressort de la société et du médecin de la lui procurer ?
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